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Bir Bouragba : un nouveau lycée accueillera plus de 650 élèves à la rentrée

Le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, a effectué, ce jeudi, une visite au nouveau lycée secondaire de Bir Bouragba, qui ouvrira ses portes aux élèves et au personnel éducatif au début de la semaine prochaine.

Réalisé pour un coût de plus de 8 millions de dinars, cet établissement, situé à proximité du collège et d’une zone résidentielle, contribuera à réduire la pression sur les établissements scolaires de la région ainsi que les problèmes liés au transport scolaire.

Plus de 650 élèves sont attendus le 15 septembre en cours avec des prévisions allant au double lors de la rentrée scolaire suivante.

Dans une déclaration à l’agence TAP, le ministre a souligné l’importance de ce nouvel établissement pour la région estimant qu’il contribuera à décongestionner les établissements scolaires voisins, notamment les collèges de Bir Bouragba et de Sidi Jedidi, ainsi que le lycée Boudhina à Hammamet.

« Le lycée secondaire de Bir Bouragba a été réalisé selon des normes modernes répondant aux besoins des enseignants et des élèves », a-t-il déclaré, citant notamment les salles spécialisées, les espaces culturels et sportifs ainsi qu’une salle de révision.

Il a ajouté que l’établissement dispose des conditions nécessaires pour appliquer le régime de la séance unique, déjà adopté dans plusieurs gouvernorats, compte tenu notamment de son rôle dans la lutte contre certains phénomènes dont notamment la violence.

Selon Nouri, le nouveau lycée de Bir Bouragba fait partie des 23 nouveaux établissements scolaires qui entreront en fonction dans les différents gouvernorats à l’occasion de la nouvelle rentrée.

« Ces nouvelles créations traduisent les orientations sociales de l’État et l’importance accordée par le président de la République à l’école publique », a ajouté le ministre de l’éducation.

Concernant les préparatifs de la nouvelle rentrée scolaire, Noureddine Nouri a indiqué que les efforts se poursuivent dans toutes les régions pour surmonter les difficultés et assurer le bon déroulement de la rentrée.

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Siliana : la Protection civile appelle au respect des consignes de sécurité face aux perturbations météorologiques

Les services de la direction régionale de la Protection civile au gouvernorat de Siliana ont appelé l’ensemble des citoyens à respecter un certain nombre de consignes en raison des perturbations météorologiques attendues.

Les consignes portent notamment sur la nécessité de s’éloigner des berges des oueds et des zones susceptibles d’être touchées par des ruissellements, et d’éviter de s’approcher des endroits pouvant connaître de forts écoulements d’eau, notamment à proximité des oueds et des ouvrages hydrauliques, lit-on dans un communiqué publié par la direction régionale de la Protection civile du gouvernorat de Siliana, sur sa page officielle Facebook.

Il a également été recommandé de ne pas prendre le risque de traverser les oueds et de vérifier les canaux d’évacuation des eaux pluviales autour des habitations et des commerces, afin d’éviter l’accumulation de l’eau ou son infiltration à l’intérieur.

La direction régionale de la protection civile de Siliana recommande par ailleurs de fixer les objets susceptibles d’être emportés par le vent, d’éviter de toucher aux poteaux électriques et de ne pas garer les voitures sous les arbres pendant les périodes de vents forts et d’orages.

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Météo : de fortes pluies attendues jeudi soir dans plusieurs régions du pays

Des cellules orageuses accompagnées de pluies abondantes sont attendues, jeudi soir, avec des chutes de grêle dans certains endroits au nord et localement au centre, a annoncé l’Institut National de la Météorologie (INM). Le ciel sera partiellement nuageux, sur la plupart des régions du pays.

Les températures seront comprises entre 22 et 27 degrés, au nord et dans les hauteurs ouest, et entre 28 et 32 degrés, ailleurs, pour atteindre les 34 degrés au sud ouest.

Vent du secteur nord au nord et du secteur Est au centre et au sud, relativement fort à fort, près des côtes et au sud avec des phénomènes de sable et faible à modéré, dans le reste des régions. Lors de l’apparition des cellules orageuses, le temps soufflera fort d’une vitesse qui dépassera, temporairement, les 80 km/h, sous forme de rafales.

La mer sera agitée à localement très agitée, au nord.

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Tozeur : distribution de 2 250 aides scolaires aux enfants issus de familles démunies

Le comité de solidarité sociale à Tozeur vient de lancer une opération de distribution de 2250 aides scolaires au profit des familles démunies, à l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027.

Le gestionnaire du comité, Mongi Mabrouk, a indiqué à l’Agence TAP que ces aides en nature consistent, notamment, en des fournitures scolaires, des vêtements et des chaussures.

Dans ce contexte, des aides financières seront éga

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Santé : le ministre appelle à recourir à l’intelligence artificielle pour améliorer les services de santé

Le ministre de la Santé, Moustapha Ferjani, a souligné ce jeudi à Hammamet, lors de sa participation à la deuxième édition du sommet AI Forward Summit 2026, la nécessité d’orienter l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé au service du patient et du médecin, tout en développant des solutions numériques répondant aux priorités réelles des patients et des équipes de santé et apportant des réponses concrètes à leurs besoins.

Ferjani a souligné, à cette occasion, l’importance de poursuivre le développement du dossier médical intelligent et du registre national de la santé, afin de permettre un meilleur suivi du patient et de faciliter le diagnostic précoce, tout en insistant sur la nécessité de garantir la sécurité et la protection des données de santé.

Le ministre a appelé les médecins, les chercheurs, les ingénieurs et les start-ups à développer des applications et des solutions pour traiter les problèmes auxquels est confronté le système de santé et le réformer, soulignant la capacité des compétences tunisiennes à innover des solutions locales qui améliorent la qualité des soins et les rendent plus accessibles aux citoyens, selon un communiqué du ministère de la Santé.

Ferjani a également souligné l’importance de recourir aux solutions numériques pour rapprocher les services médicaux des citoyens, en particulier dans les régions de l’intérieur, et pour réduire la pression qui pèse sur les établissements de santé.

Il a expliqué que l’hôpital numérique et la télémédecine peuvent contribuer à assurer la médecine spécialisée dans ces régions et à réduire les difficultés de déplacement pour les patients, tout en allégeant la pression sur les hôpitaux et en créant de meilleures conditions de travail pour les équipes médicales et les citoyens.

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Incendies : près de 400 enfants au Kef et à Jendouba bénéficient d’une caravane de solidarité

Une caravane de solidarité avec à son bord des enfants bénévoles est arrivée, mercredi, dans les régions de Sakiet Sidi Youssef (gouvernorat du Kef), et d’El Alayeg, relevant de la délégation de Fernana (gouvernorat de Jendouba).

La caravane a acheminé des cadeaux, des fournitures scolaires ainsi que des activités de loisirs au profit de près de 400 enfants issus des régions touchées par les incendies, selon un communiqué publié jeudi par le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées.

Organisée sous le signe « Les couleurs de l’espoir », la caravane a réuni près d’une centaine de bénévoles, pour la plupart des enfants venus de plusieurs gouvernorats.

Il s’agit d’une initiative conjointe de l’Union tunisienne de solidarité sociale, de l’Association tunisienne des villages d’enfants SOS et des Scouts tunisiens, sous l’égide du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées.

Elle vise à renforcer le sentiment d’appartenance nationale et l’esprit de solidarité chez les enfants, ainsi qu’à apporter un soutien psychologique et social aux enfants des régions touchées par les incendies et à leurs familles.

Elle vise également à les aider à retrouver leur équilibre et leur résilience psychologique à travers l’art, le jeu et les activités scoutes.

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Météo : des pluies attendues cet après-midi sur le Nord et localement le Centre

Le temps sera marqué au début de cet après-midi, 10 septembre 2026, par des chutes de pluies provisoirement orageuses sur le Nord et localement sur le Centre, selon un bulletin de suivi publié jeudi par l’Institut National de la Météorologie (INM). Ces précipitations seront abondantes avec des quantités maximales oscillant entre 40 et 60 millimètres dans les gouvernorats du Kef, Jendouba,  Silana, Grand Tunis,  Nabeul,  Sousse et  Kairouan, atteignant localement 80 millimètres dans les gouvernorats de Béja et de Zaghouan avec des chutes locales de grêles et du vent fort lors de l’apparition des cellules orageuses.

Des chutes de pluies sont attendues également demain, vendredi 11 septembre, qui seront localement diluviennes sur les régions du Nord-Ouest et du Centre.

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SONEDE : reprise de l’approvisionnement en eau potable à partir de 18h dans plusieurs délégations de Bizerte

L’approvisionnement en eau potable reprendra progressivement, dans plusieurs délégations du gouvernorat de Bizerte, à partir de jeudi, 10 septembre 2026, à partir de 18h, a annoncé la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE).

La Société a rappelé qu’une perturbation et une coupure de l’approvisionnement en eau potable ont été enregistrées, lundi, à partir de 6 heures du matin, dans les délégations de Tinja, Bizerte Sud, Bizerte Nord, Menzel Jemil, El Alia, Ras Jebel, Ghar El Melh ainsi que les quartiers Ennajah, Chelaghmia et la Révolution dans la ville de Menzel Bourguiba, suite à une panne survenue le même jour, au niveau du canal principal de distribution des eaux, d’un diamètre de 1250 millimètres.

(D’aprés Tap)

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La Protection civile fait son bilan estival : des soldats du feu au four et au moulin

L’Office National de la Protection Civile (ONPC) a révélé, lors d’une conférence de presse organisée hier sous l’égide du ministère de l’Intérieur, les résultats enregistrés durant l’été 2026 en matière d’interventions pour faire face aux incendies ainsi que des opérations de secours sur les plages.

 «Au cours du mois de juillet 2026, des chiffres record, jamais enregistrés auparavant, ont été relevés en matière d’interventions de la Protection civile», a annoncé le lieutenant-colonel Khalil Mechri, président de la direction régionale des opérations et du suivi à la direction des opérations de l’ONPC.

Le lieutenant-colonel Khalil Mechri a indiqué que 23.416 interventions avaient été enregistrées, durant le mois de juillet, soit une moyenne de 756 interventions par jour et de 32 interventions par heure à l’échelle nationale. 

«Il s’agit d’un chiffre jamais atteint auparavant par la Protection civile», a-t-il insisté.

Durant le même mois, 5.532 interventions ont été consacrées à l’extinction de différents types d’incendies. «La situation a notamment atteint un niveau exceptionnel durant trois journées consécutives, les 21, 22 et 23 juillet 2026, au cours desquelles une moyenne de 300 incendies par jour a été enregistrée, un chiffre qui n’avait jamais été atteint auparavant», a-t-il révélé.

Par ailleurs, il a indiqué qu’en août 2026, une légère baisse du nombre d’interventions a été enregistrée. «Celui-ci s’est établi à 21.642 interventions, soit une moyenne de 700 interventions par jour», a-t-il affirmé.

Cette baisse reste toutefois à relativiser, dans un contexte marqué par des températures exceptionnellement élevées. À ce titre, le lieutenant-colonel a précisé que, les 26 et 27 août 2026, les températures avaient dépassé les normales saisonnières de12 degrés environ, atteignant un maximum de 49°C.

 

Du 1er juin au 6 septembre 2026 : 66.484 interventions enregistrées

S’agissant des statistiques relatives à l’activité opérationnelle de la Protection civile, du 1er juin au 6 septembre 2026, le lieutenant-colonel Khalil Mechri a annoncé que les équipes de la Protection civile ont assuré 66.484 interventions dans différents domaines, contre 56.640 interventions durant la même période de 2025, soit une hausse de 17%.

Dans le détail, 14.169 interventions ont concerné les incendies, tandis que 16.715 interventions ont été effectuées dans le cadre des opérations de secours sur les routes.

Par ailleurs, 30.396 interventions ont été consacrées aux opérations de secours et d’assistance, alors que 2.366 interventions ont concerné de fausses alertes.

À ces interventions s’ajoutent également 2.838 opérations de présence préventive assurées à l’occasion de différentes manifestations et événements.

Incendies de forêts : 15.027 hectares touchés en trois mois

Concernant les incendies de forêts enregistrés durant la même période, le lieutenant-colonel Khalil Mechri a indiqué que 256 incendies avaient été recensés, ravageant une superficie de 15.027 hectares.

«À titre de comparaison, 81 incendies de forêts avaient été enregistrés durant la même période de 2025, pour une superficie touchée de 12.500 hectares», a-t-il précisé.

Il a toutefois précisé que ces chiffres restent provisoires, certains incendies n’ayant pas encore été intégrés aux statistiques, notamment l’incendie de Bargou.

S’agissant des récoltes agricoles, le responsable a indiqué que la Protection civile avait assuré la sécurisation de la campagne agricole, tout en relevant une baisse du nombre d’incendies dans les oasis du Sud.

126 unités permanentes et 18 centres saisonniers mobilisés

En matière de mesures, le président de la direction régionale des opérations et du suivi à la direction des opérations de l’ONPC a indiqué que, outre le dispositif mis en place depuis le début de l’été, la Protection civile avait renforcé ses moyens d’intervention à travers 126 unités permanentes, auxquelles se sont ajoutés 18 centres saisonniers dédiés à la protection des ressources agricoles et forestières. Ce renforcement vise notamment à réduire les délais d’intervention et à assurer une meilleure couverture sur le terrain.

Par ailleurs, à la suite des alertes annonçant l’arrivée d’une nouvelle vague de chaleur, l’Office national de la Protection civile a adopté un dispositif exceptionnel afin de faire face aux risques liés aux fortes températures.

Dans ce cadre, les moyens humains ont été renforcés grâce à la mise en place d’un système de travail permettant de doubler les effectifs, afin de prévenir toute insuffisance en ressources humaines et de garantir la continuité des interventions.

De même, les officiers et les agents administratifs ont été mobilisés afin d’appuyer les unités opérationnelles et de renforcer les équipes déployées sur le terrain.

Sur le plan matériel, la réserve centrale a également été renforcée par 10 camions d’intervention et d’extinction, provenant des gouvernorats du Centre et du Sud qui n’étaient pas concernés par les incendies de forêts. Ces moyens ont été regroupés au niveau de l’École nationale de la Protection civile afin de pouvoir être déployés rapidement en fonction des besoins.

La Protection civile a également renforcé le recours au volontariat, en activant ce dispositif au niveau des unités régionales et en intégrant les volontaires au dispositif de renfort mobilisé pour faire face aux incendies de forêts dans le gouvernorat du Kef.

Secours sur les plages : une baisse de 15% des décès par noyade

Du côté des secours sur les plages, le lieutenant-colonel Khalil Mechri a indiqué que l’ONPC avait mis en place un plan préventif visant à assurer la sécurité des estivants sur l’ensemble du littoral tunisien.

Dans ce cadre, le dispositif déployé comprenait 310 points de surveillance, ainsi que 127 agents d’encadrement relevant de la Protection civile. Il a également mobilisé 1.451 nageurs-sauveteurs, 36 embarcations de sauvetage et 8 motos marines.

Concernant les résultats enregistrés depuis le 1er juin, le responsable a souligné que le nombre de décès par noyade avait diminué de 15%, malgré une hausse de 41% du nombre d’interventions. Parallèlement, le nombre de personnes sauvées a progressé de 80%. «Depuis le début de la saison estivale, 699 personnes ont ainsi été sauvées, tandis que 69 décès par noyade ont été enregistrés», a-t-il affirmé.

Nouha MAINSI



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Questions scolaires : dans nos écoles, la langue de Molière agonise 

Il n’y a aucun doute que la langue française est en perte de vitesse dans notre pays, chez les jeunes en particulier. Elèves et étudiants trouvent de plus en plus de difficultés à suivre des cours dispensés en grande partie en français. En effet, depuis plusieurs années, on note que des milliers de candidats au baccalauréat obtiennent un zéro à l’épreuve de français. Cela ne doit pas nous surprendre, car depuis l’arabisation de l’enseignement instituée dans les années 80, cette langue n’a cessé de reculer dans notre système éducatif, mais aussi au profit de la langue anglaise qui s’impose de plus en plus dans nos écoles et dans notre société, en tant que langue internationale.

Le français, jadis considéré comme la seconde langue du pays, perd de plus en plus de terrain chez nous et devient carrément une troisième langue, tout comme les autres langues étrangères étudiées dans nos établissements (espagnol, allemand, italien, japonais, chinois…). Abstraction faite du statut dont jouit la langue française en Tunisie, peut-on encore parler d’un pays francophone où le niveau de cette langue chez nos élèves et dans les institutions officielles a baissé d’une manière vertigineuse depuis quelques années ? Aujourd’hui, il n’y a que des adultes ou des personnes âgées qui lisent encore les romans et les journaux et écoutent les informations du télé-journal en langue française. Que s’est-il passé pour que le français soit relégué au second plan dans nos écoles ?  

De l’usage du français par nos élèves

Nos élèves et nos étudiants bousculent la langue française : il suffit de voir leurs productions écrites ou orales lors des examens trimestriels ou nationaux. Leur français inquiète les profs qui sont confrontés quotidiennement aux multiples charabias et chinoiseries et toutes sortes d’amphigouris et de galimatias.  Le langage des SMS, adopté par la majorité des jeunes d’aujourd’hui, vient de donner le coup de grâce à la langue française dans nos établissements : mots mutilés, abréviations, transcription phonétique des mots, mélange de langues, vocabulaire familier et vulgaire. Et dire que le français est affecté du coefficient 4, le plus élevé par rapport à ceux des autres matières dans les collèges (7e, 8e, 9e de base) et jouit d’un volume horaire important (entre 4 h et 5 h par semaine).  Là où le bât blesse, c’est qu’à partir de la 1ère année secondaire, le français devient la langue véhiculaire de la majorité des matières enseignées (maths, physique chimie, technologie, informatique, économie, gestion…) ; c’est là que le besoin du français se fait de plus en plus sentir au secondaire, alors que la majorité des élèves n’y sont pas suffisamment préparés, ni au primaire ni au collège. Il va de soi que pas mal d’élèves ratent leurs devoirs à cause d’un déficit de langue, ce qui constitue un blocage chez l’élève au niveau de la compréhension des consignes et lors de la rédaction des réponses. 

Le français n’est donc plus la seconde langue d’antan, mais bel et bien une langue étrangère qui doit être enseignée en tant que telle. Or, il paraît qu’il y a un hiatus dans l’enseignement de cette langue entre les différents niveaux du cursus scolaire. En arrivant au collège, l’élève rompt complètement avec ce qu’il apprend au primaire pour entamer un programme qui, de l’avis de pas mal d’enseignants, n’assure pas de continuité. Le passage au lycée pose également un problème à l’élève qui se trouve du jour au lendemain obligé de suivre des cours dans plusieurs disciplines en français alors qu’elles ont été assurées en langue arabe au collège. Les étudiants sont eux aussi confrontés à ce déficit de la langue française, une fois appelés à rédiger un mémoire de fin d’études ou plus tard, à rédiger une lettre de motivation ou un C.V ou encore, à tenir une discussion en français avec le recruteur lors d’une entrevue. 

Les profs de français s’inquiètent

Personne ne peut nier le fait qu’un élève moyen en sixième année primaire ne peut pas prononcer correctement une phrase simple ou épeler un mot. A l’écrit comme à l’oral, il peut confondre entre «f» et «v», entre «m» et «n», entre «j» et «g» et entre «d» et «t». Les élèves du collège parlent un mauvais français et leurs productions écrites sont très médiocres. Ceux du lycée ne maîtrisent pas suffisamment la langue et rencontrent des difficultés à suivre et à comprendre les cours qui sont donnés en français. Ce sont là des témoignages d’enseignants de français qui sont conscients de la situation et qui font de leur mieux pour être au secours des élèves en difficulté. Pour remédier à ce problème, certains professeurs de français proposent d’adopter la méthode de la pédagogie différenciée, adaptée aux besoins spécifiques des élèves en difficulté, notamment à l’école primaire, cette méthode qui consiste à organiser la classe de manière à permettre à chaque élève d’apprendre dans les conditions qui lui conviennent le mieux. Il s’agit donc de mettre en place dans une classe ou dans une école des dispositifs de traitement des difficultés des élèves pour faciliter l’atteinte des objectifs de l’apprentissage de la langue française. Mais cela n’est pas encore possible dans nos établissements. 

Aversion pour la lecture d’ouvrages français

 Certes, on rencontre des élèves brillants en langue française, mais ce sont des oiseaux rares. Parmi eux, ceux qui ont la chance d’avoir des parents enseignants de français. Mais pour la majorité écrasante, ils se contentent du temps imparti à cette langue à l’école, ce qui est insuffisant. Ils doivent pourtant améliorer leur niveau en langue française et se perfectionner grâce au travail extrascolaire, surtout la lecture. 

Or, nos élèves ne lisent pas ; et c’est là que réside le mal. Allez demander à l’un de ces élèves quelles sont ses dernières lectures et vous ne serez que bien déçus de leurs réponses ! Les profs de français ont beau demander à leurs élèves de lire, en vain ! «Les élèves ne lisent pas en français, nous a affirmé un prof de collège, ils viennent me dire que dès les premières pages, ils s’ennuient. Pour peu qu’ils rencontrent un mot difficile, ils abdiquent. Ils ne prennent pas la peine de consulter un dictionnaire, d’ailleurs, la plupart ne savent pas y chercher un mot. C’est dommage qu’ils ne soient pas habitués dès l’école primaire à utiliser cet outil très précieux».

Ainsi, il s’avère que cette aversion pour la lecture est à la fois la cause et la conséquence de cette faiblesse généralisée en langue française chez nos élèves. Ajoutons à cela les causes inhérentes à la langue elle-même : en effet, le français passe pour une langue très difficile avec ses règles et ses exceptions et surtout son orthographe ardue et délicate, ce qui est assez démotivant pour l’élève, porté de plus en plus vers l’anglais, apparemment plus facile. Le temps est venu pour asseoir de nouvelles méthodes dans l’enseignement du français, basées sur les nouvelles technologies, d’autant plus que l’élève d’aujourd’hui a plutôt une prédilection pour les moyens audiovisuels et numériques. Des laboratoires de langue qu’il faut mettre à la disposition de nos établissements scolaires seront sans doute d’un grand apport.

Hechmi KHALLADI



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Gabès : 74 nouveaux bus prévus pour renforcer le transport scolaire

La Société régionale de transport de Gabès prévoit d’acquérir 74 nouveaux bus l’année prochaine : 50 dans le cadre d’un appel d’offres international et 24 via un marché spécifique, selon des informations présentées lors d’une séance de travail sur le transport scolaire tenue mercredi au siège de la gouvernorat sous la présidence du gouverneur de la région, Ridha Ncibi.

La société dispose actuellement de 88 bus prêts pour la rentrée, desservant différentes lignes scolaires et universitaires.

Le nombre d’abonnements attendu pour la nouvelle rentrée est estimé à environ 19 500. Nouveauté : le renouvellement des abonnements scolaires sera possible pour la première fois en ligne, via le site de la société.

La séance a réuni la déléguée régionale à l’éducation, des responsables de la société et de l’administration régionale, ainsi que des représentants des autorités sécuritaires.

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Sociétés communautaires : en deçà des attentes, malgré un intérêt présidentiel accru

Par Kamel ZAIEM

En parallèle d’un intérêt présidentiel très particulier, l’Etat a mis du sien pour consolider les acquis des sociétés communautaires, surtout après l’annonce des nouvelles mesures et décisions entrées en vigueur depuis la publication, il y a près d’une année, du décret-loi n°2025-3 dont le texte redéfinit la gouvernance et officialise les multiples avantages dont bénéficieront ces nouvelles structures. Or, si les intentions sont bonnes, le passage à l’action demeure, curieusement, en deçà des espérances…

Les sociétés communautaires constituent un modèle économique et juridique propre à la Tunisie, conçu pour stimuler le développement régional décentralisé, créer des emplois et encourager une gestion participative des ressources locales. Porté directement par le Présidence de la République, Kaïs Saïed, ce modèle vise à instaurer une justice distributive à l’échelle des délégations et des gouvernorats.

Depuis l’année 2022, le Président de la République n’a jamais cessé de donner ses instructions pour lever tous les obstacles devant les promoteurs des sociétés communautaires, soulignant la nécessité de leur garantir l’accompagnement nécessaire.

Pour sa part, l’Etat, sur recommandation du locataire du palais de Carthage, a vite fait de publier le décret-loi n°2025-3 du 2 octobre 2025, modifiant et complétant le décret-loi n°2022-15 du 20 mars 2022 relatif aux sociétés communautaires.

Des avantages à profusion 

Ce texte vise surtout à simplifier les procédures, à encourager la participation locale et à ouvrir de nouvelles perspectives aux promoteurs de ces projets, comme l’a promis, à plusieurs reprises, le Chef de l’Etat.

En vertu de ce décret-loi, les sociétés communautaires sont classées en sociétés communautaires locales qui regroupent des participants résidant dans une même délégation et sociétés communautaires régionales qui regroupent les participants résidant dans plusieurs délégations du même gouvernorat.

Pour la première catégorie, le nombre minimum de participants est fixé à 10 tandis que pour la deuxième, il convient de réunir un minimum de 15 personnes. Toutefois, tous les participants doivent avoir la qualité d’électeur aux élections locales.

Côté finances, le capital d’une société communautaire ne peut être inférieur à cinq mille dinars pour les sociétés locales et à dix mille dinars pour les sociétés régionales, sachant que la société communautaire peut accepter les dons et les legs conformément à la législation en vigueur.

Un Registre national des sociétés communautaires, géré par le ministère chargé de ces nouvelles structures (ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle), sera mis en ligne sur une plateforme électronique centralisant les données, inscriptions et mises à jour. L’inscription à ce registre confère la personnalité morale et un identifiant unique à chaque société.

Selon le décret-loi cité, il est mis fin à la participation de tout participant lorsqu’il cesse de satisfaire aux conditions d’agrément de participation ou en cas de manquement aux principes fondamentaux de l’activité de la société communautaire et à ses modes de gestion.

Le texte redéfinit également la gouvernance. Ainsi, les conseils d’administration comprendront de trois à dix membres selon la taille de la société, élus pour trois ans renouvelables deux fois, avec des règles strictes d’incompatibilité pour éviter les cumuls de mandats.

Par ailleurs, un dispositif complet d’accompagnement, de suivi et d’incitation est mis en place. Les sociétés communautaires devront transmettre leurs rapports et procès-verbaux au ministère concerné, qui pourra émettre des réserves, convoquer des assemblées extraordinaires ou, en cas de manquements graves, dissoudre le conseil d’administration.

Et ce n’est pas tout, puisque le décret-loi prévoit plusieurs avantages aux sociétés communautaires comme l’exonération totale d’impôts et de taxes pendant dix ans à compter de la création, la suspension de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour certaines opérations, des taux d’intérêt préférentiels pour les prêts bancaires, une garantie du Fonds national de garantie pour les financements, la priorité d’accès à la location à long terme (jusqu’à 40 ans) de terrains domaniaux agricoles et non agricoles, avec exonération de loyer pendant cinq ans, outre la possibilité d’exploiter des produits forestiers non ligneux et de gérer des services de transport collectif régulier.

C’est dire que tous ces avantages, à présent confirmés et entrés officiellement en vigueur, vont donner de l’élan à ce grandiose projet, de plus en plus prometteur pour une population, pour la plupart rurale, à la recherche de nouveaux horizons pour aller de l’avant.

Les intentions, à elles seules, ne suffisent pas

Selon le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, on recense environ 1.200 intentions de création de sociétés communautaires après l’assouplissement du cadre réglementaire. A priori, il s’agit d’une accélération notable, mais encore éloignée du nombre d’entreprises effectivement opérationnelles.

Certes, avec environ 1.200 intentions de création de sociétés communautaires, un chiffre annoncé par le ministère le 7 septembre 2026, on constate une nette montée de l’intérêt pour ce genre d’entreprises après la révision avantageuse du décret-loi qui l’encadre, mais sur le terrain, nous sommes encore loin du compte. Car il s’agit, là, du nombre des intentions, ce qui ne veut pas dire que nous disposons, à l’heure actuelle, de 1.200 nouvelles entreprises créées. Il s’agit d’un portefeuille de projets potentiels, dont une partie seulement franchira les étapes de constitution, de financement puis de mise en activité.

Nous y verrons encore plus clair avec la prochaine publication de l’état des lieux de ce grandiose projet, mis en place et largement soutenu par le Chef de l’Etat, mais les derniers chiffres disponibles interpellent. En août 2025, le ministère recensait 255 sociétés communautaires disposant d’un identifiant fiscal, mais seulement 55 étaient effectivement en activité, soit un peu plus d’une sur cinq. L’objectif annoncé à l’époque était d’atteindre 300 sociétés avant la fin de 2025, ce qui n’était malheureusement pas le cas.

Encore loin du compte

Comment expliquer cette nette différence entre le nombre des intentions et celui des entreprises qui sont passées à l’action ?

D’après les experts en la matière, le passage de l’intention à l’activité dépend surtout de la capacité des porteurs de projets à obtenir des financements et à construire un modèle économique viable.

À fin décembre 2025, 63 sociétés avaient effectivement bénéficié d’un financement, tandis que 39 autres avaient reçu une notification favorable. Les enveloppes programmées au titre des différents mécanismes de soutien atteignaient 95 millions de dinars sur la période 2023-2026.

Des conventions ont été conclues avec des banques publiques et privées afin d’améliorer l’accès au crédit. La question sera désormais de savoir si ce dispositif pourra absorber une hausse rapide du nombre de projets sans allonger les délais de financement et de mise en exploitation.

Malgré tout cela, nous demeurons loin des prévisions du projet de Plan de développement 2026-2030, qui prévoit 800 sociétés communautaires à l’horizon 2030 et vise un taux de mise en activité de 80%.

Les 1.200 intentions constituent donc un indicateur de demande, pas encore un résultat économique. Le véritable test sera le nombre de projets qui deviendront des entreprises financées, opérationnelles et capables de créer durablement des emplois et des revenus.

Bien que l’intérêt pour ce modèle grandisse (notamment auprès des jeunes diplômés), l’écosystème fait face à un goulot d’étranglement : de nombreuses entreprises publient leurs statuts mais peinent à démarrer effectivement leurs activités sur le terrain en raison de lourdeurs techniques ou d’accès au financement. Pour y remédier, les autorités déploient la plateforme numérique «Al Ahlia» afin de dématérialiser et fluidifier toutes les formalités de constitution et d’octroi de foncier. Un Groupement national des entreprises communautaires est également en cours d’activation pour encadrer et former les nouveaux promoteurs. C’est dire que l’Etat fait tout pour assurer la réussite de ce modèle économique inédit. La balle est, logiquement, dans le camp de ces futurs promoteurs car toutes les modalités d’aide ont été déployées.

 

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Météo : prévisions du jeudi 10 septembre 2026

Des pluies temporairement orageuses sont attendues, jeudi après-midi, sur le Nord et localement le centre, alerte l’Institut National de la Météorologie (INM) dans un bulletin de suivi. Ces pluies seront parfois intenses sur les gouvernorats de Bizerte, du Grand Tunis, de Nabeul, de Sousse, du Kairouan et du Kef où les quantités maximales varieront entre 30 et 50 millimètres.

Ces quantités pourront atteindre 70 millimètres sur les gouvernorats de Jendouba, Béja, Siliana et Zaghouan avec possibilité de chute de grêle localement. Un vent fort soufflera sous orages.

Ce temps pluvieux devrait se poursuivre, vendredi, sur le nord et localement le centre et seront parfois intenses sur les régions Ouest.

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Pouvoir d’achat : pourquoi l’alimentation continue-t-elle de peser aussi lourd ?

Faire ses courses est devenu, pour de nombreuses familles, un exercice d’arbitrage permanent. On compare davantage les prix, on renonce à certains produits, on réduit les quantités ou l’on attend les promotions. Pourtant, à première vue, les chiffres de l’inflation pourraient laisser penser que la situation s’est stabilisée. En août 2026, le taux d’inflation s’est établi à 5,4%. Un niveau très éloigné des fortes poussées inflationnistes observées il y a quelques années. Mais derrière cette moyenne se cache une réalité beaucoup moins favorable pour le portefeuille des ménages : l’alimentation augmente plus rapidement que l’indice général des prix.

C’est précisément ce décalage qui explique en partie pourquoi le sentiment de vie chère reste aussi présent. On peut reporter l’achat d’un vêtement, changer de téléphone moins souvent ou renoncer à une sortie. Il est beaucoup plus difficile de réduire certaines dépenses alimentaires. Or ce sont justement plusieurs produits très présents dans le panier quotidien qui enregistrent aujourd’hui les hausses les plus importantes.

Des hausses qui se voient directement dans le panier

Les dernières données de l’Institut national de la statistique sont particulièrement révélatrices. En août, les prix du groupe «Alimentation» ont progressé de 7,8% sur un an, contre 6,8% en juillet. La hausse est donc nettement supérieure à l’inflation générale, qui s’établit à 5,4%. Derrière cette moyenne alimentaire, les écarts sont encore plus importants selon les produits. L’ensemble «Alimentation et boissons» affiche une progression annuelle de 7,5%. La volaille coûte ainsi 16,5% plus cher qu’un an auparavant. La viande ovine augmente de 14,7%, les fruits de 14,4%, la viande bovine de 13,6% et le poisson frais de 10,9%. Seules certaines catégories évoluent dans le sens inverse, à l’image des huiles alimentaires dont les prix ont reculé de 4,3% sur un an.

Le mouvement s’est également accéléré à très court terme. Entre juillet et août seulement, les prix de l’alimentation et des boissons ont progressé de 2,4%. Les œufs ont enregistré une hausse de 12,9% en un mois, la volaille de 11,4%, les légumes de 3,9% et les fruits de 2,2%. Pour le consommateur, ce sont ces évolutions qui comptent davantage que le chiffre moyen de l’inflation. Lorsqu’une famille achète régulièrement des œufs, de la viande, du poulet, du poisson, des légumes et des fruits, une hausse simultanée de plusieurs de ces produits est immédiatement perceptible à la caisse. La distinction entre produits à prix encadrés et produits à prix libres permet également de comprendre cette pression. Sur un an, les prix des produits alimentaires libres ont augmenté de 8,5%, alors que ceux des produits alimentaires encadrés n’ont progressé que de 0,2%. Autrement dit, dès que le consommateur sort du périmètre relativement limité des produits dont les prix sont administrés, il se retrouve beaucoup plus directement exposé à la hausse.

Une inflation plus faible ne signifie pas un retour aux anciens prix

Une confusion persiste souvent autour de la notion d’inflation. Lorsque celle-ci ralentit, cela ne signifie pas que les prix reviennent automatiquement à leur niveau d’il y a deux ou trois ans. Cela signifie simplement qu’ils augmentent moins rapidement qu’auparavant. Un produit ayant connu plusieurs hausses successives peut donc rester durablement cher même lorsque le taux d’inflation général diminue. Pour retrouver son ancien prix, il faudrait une véritable baisse du prix de ce produit, et non simplement un ralentissement de sa progression.

C’est ce mécanisme qui nourrit une partie du décalage entre les indicateurs économiques et le ressenti des consommateurs. Les ménages ne raisonnent pas en taux d’inflation. Ils se souviennent plutôt du prix auquel ils achetaient leur viande, leurs fruits, leurs légumes ou leurs produits laitiers il y a quelques années. Lorsque le montant payé aujourd’hui reste nettement supérieur, l’amélioration statistique paraît beaucoup plus abstraite. La fréquence des achats alimentaires renforce encore ce phénomène. Un ménage est confronté aux prix de l’alimentation plusieurs fois par semaine, voire quotidiennement. Chaque passage au marché, chez l’épicier ou au supermarché rappelle l’évolution des prix. Une augmentation de quelques centaines de millimes peut sembler faible, prise isolément, mais multipliée par plusieurs produits et par plusieurs achats au cours du mois, elle finit par représenter une somme importante. À cela s’ajoute le caractère difficilement compressible de l’alimentation. Lorsque le budget se tend, les ménages peuvent certes modifier leurs habitudes, privilégier certains produits ou réduire leur consommation de viande et de poisson. Mais cette adaptation rencontre nécessairement des limites. Il faut continuer à nourrir la famille et assurer un minimum de diversité alimentaire.

Le pouvoir d’achat sous pression à l’approche de l’automne

La période actuelle est d’autant plus sensible qu’elle correspond à une accumulation de dépenses. Après les vacances d’été, arrive la rentrée scolaire, avec les fournitures, les vêtements, les transports et de nombreuses dépenses annexes. Les prix des fournitures scolaires ont d’ailleurs progressé de 1,4% entre juillet et août. Les dépenses alimentaires viennent donc s’ajouter à un budget de septembre déjà particulièrement sollicité. La question du pouvoir d’achat ne peut ainsi être réduite au seul niveau de l’inflation générale. Ce qui importe pour les ménages est la structure réelle de leurs dépenses. Plus les revenus sont modestes, plus la part consacrée aux besoins essentiels prend de l’importance et moins il existe de possibilités d’arbitrage.

Cette situation peut également modifier progressivement les habitudes de consommation. Comparer les enseignes, privilégier les marchés, acheter certains produits en plus petite quantité, remplacer une viande par une autre ou rechercher systématiquement les promotions deviennent des réflexes pour une partie croissante des consommateurs. Le risque est alors que l’ajustement ne se fasse plus seulement sur les dépenses de confort mais aussi sur la qualité et la diversité de l’alimentation. Les chiffres d’août montrent en tout cas que la question reste entière. L’inflation générale se situe à 5,4%, mais les produits alimentaires progressent à un rythme sensiblement supérieur. Surtout, certaines catégories essentielles enregistrent encore des hausses à deux chiffres.

C’est finalement là que se trouve le paradoxe du pouvoir d’achat actuel. Les indicateurs peuvent donner le sentiment d’une inflation davantage maîtrisée qu’au plus fort des tensions sur les prix, tandis que le quotidien des consommateurs raconte une histoire plus nuancée. Tant que les produits achetés chaque semaine continueront d’augmenter plus rapidement que l’indice général, la perception de la cherté de la vie aura peu de raisons de disparaître. Car pour les ménages, l’inflation n’est pas d’abord un pourcentage publié chaque mois. Elle se mesure au contenu du panier que l’on parvient encore à remplir avec la même somme.

Leila SELMI


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Météo : des pluies temporairement orageuses attendues jeudi et vendredi

Des pluies temporairement orageuses sont attendues, jeudi après-midi, sur le Nord et localement le centre, alerte l’Institut National de la Météorologie (INM) dans un bulletin de suivi. Ces pluies seront parfois intenses sur les gouvernorats de Bizerte, du Grand Tunis, de Nabeul, de Sousse, du Kairouan et du Kef où les quantités maximales varieront entre 30 et 50 millimètres.

Ces quantités pourront atteindre 70 millimètres sur les gouvernorats de Jendouba, Béja, Siliana et Zaghouan avec possibilité de chute de grêle localement. Un vent fort soufflera sous orages.

Ce temps pluvieux devrait se poursuivre, vendredi, sur le nord et localement le centre et seront parfois intenses sur les régions Ouest.

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Changement climatique : il est temps d’envisager la proclamation d’un «état d’urgence», selon l’expert Hamdi Hached

Les effets du changement climatique ne relèvent désormais plus d’un scénario exceptionnel, ils s’imposent progressivement comme une réalité concrète de notre quotidien. Partout dans le monde, les signes du dérèglement climatique se multiplient, avec une hausse des températures, une fréquence accrue des épisodes de chaleur extrême et des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité climatique. L’été 2026, marqué par des températures exceptionnellement élevées, des épisodes de chaleur intense et une demande énergétique record, en a apporté la preuve.

Une interrogation s’impose désormais, si les effets du changement climatique sont déjà perceptibles aujourd’hui, que nous réservent les prochains mois et, surtout, les prochaines années ?

Face à ces interrogations, Hamdi Hached, ingénieur en environnement, a estimé dans une interviewaccordée au journal «Le Temps», que l’inquiétude suscitée par l’ampleur des bouleversements climatiques actuels est parfaitement légitime.

«Même en tant qu’expert, je dois reconnaître que je suis quelque peu préoccupé par les évolutions auxquelles nous sommes confrontés et, surtout, par leurs impacts. Ce qui m’inquiète davantage, c’est l’absence, jusqu’à présent, d’actions suffisamment concrètes et visibles pour faire face à cette situation», a-t-il relevé.

Un été 2027 potentiellement plus chaud et plus intense

S’agissant des perspectives pour les prochains mois et les prochaines années, l’ingénieur estime que l’été 2027 pourrait être difficile, voire «historique», avec un risque de températures encore plus élevées que celles enregistrées durant l’été 2026. Les vagues de chaleur pourraient également être plus longues et plus intenses que celles observées cette année.

«Mais le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans l’évolution des températures. Il concerne surtout leurs conséquences et l’ampleur des impacts qu’elles pourraient avoir sur la population, les ressources naturelles, les infrastructures et les différents secteurs», a-t-il souligné.

À court terme, les effets des épisodes de chaleur enregistrés durant l’été pourraient également se faire sentir au cours des prochains mois.

L’expert met notamment en garde contre les mois de novembre, décembre et janvier, qui pourraient connaître des épisodes climatiques particulièrement marqués. Ceux-ci pourraient prendre différentes formes, allant de précipitations très importantes à des périodes de chaleur inhabituelle durant l’hiver.

Selon lui, il ne s’agirait pas nécessairement de vagues de chaleur au sens strict du terme, mais plutôt de températures exceptionnellement élevées par rapport aux normales saisonnières. Autrement dit, même durant les mois d’hiver, la Tunisie pourrait connaître des épisodes de chaleur inhabituels, avec des températures supérieures à celles généralement enregistrées à cette période de l’année.

Au-delà de ce constat, Hamdi Hached appelle à renforcer la réponse institutionnelle face à l’urgence climatique. Il estime ainsi qu’il est désormais temps d’envisager la proclamation d’un «état d’urgence climatique» en Tunisie. «40 pays à travers le monde ont déjà proclamé un état d’urgence climatique», a-t-il indiqué.

Une telle décision, d’après lui, permettrait notamment de faciliter et d’accélérer les procédures administratives nécessaires au développement et à l’adaptation des infrastructures, afin de mieux répondre aux nouvelles contraintes imposées par le changement climatique.

«Les changements observés ne relèvent pas d’un phénomène temporaire»

«Malheureusement, les changements observés aujourd’hui ne relèvent pas d’un phénomène temporaire. Cette évolution s’inscrit dans une tendance qui a commencé à se manifester plus nettement dès 2021-2022, avec ce que l’on peut qualifier d’accélération climatique», a expliqué Hamdi Hached.

Il a indiqué que la période de la Covid-19 a pu, dans une certaine mesure, retarder certains effets du dérèglement climatique. «Depuis 2021, nous observons une augmentation progressive de l’intensité des phénomènes extrêmes», a-t-il ajouté.

Il ne s’agit donc plus d’événements isolés ou exceptionnels, mais d’une évolution qui semble s’inscrire dans la durée et à laquelle les sociétés devront désormais apprendre à s’adapter.

«Cette situation n’est pas irréversible et peut être mieux anticipée et gérée, à condition de s’y préparer dès aujourd’hui. Cela passe notamment par le renforcement de la sensibilisation, mais aussi par une meilleure compréhension des phénomènes et des risques auxquels nous sommes exposés», a-t-il ajouté.

«La réponse doit avant tout être scientifique»

Face à cette nouvelle réalité, Hamdi Hached plaide pour une approche fondée sur les données scientifiques. Selon lui, il est essentiel d’observer les évolutions à l’échelle mondiale, de s’appuyer sur des données fiables et d’exploiter les informations disponibles afin d’identifier des solutions concrètes et de les mettre en œuvre.

L’objectif est ainsi de s’appuyer sur les connaissances scientifiques disponibles pour orienter les décisions et adapter progressivement les politiques publiques, les infrastructures et les comportements à une réalité climatique en pleine évolution.

«Moi, comme d’autres experts, nous sommes au service de l’État et, surtout, de la société», insiste-t-il. L’enjeu est désormais de mettre l’expertise scientifique au service de l’action publique, mais aussi d’accompagner la société dans la compréhension des changements en cours et dans la recherche de solutions concrètes.

Adapter les infrastructures, changer les comportements

Face à l’ampleur des défis à venir, la question n’est plus seulement de constater les effets du changement climatique, mais de déterminer concrètement ce qui peut être fait pour en limiter l’impact.

Pour Hamdi Hached, l’adaptation doit être pensée comme une responsabilité collective, impliquant à la fois les pouvoirs publics et les citoyens, chacun devant agir à son niveau.

Du côté des autorités, plusieurs leviers peuvent être mobilisés. Il s’agit notamment de renforcer et de développer les infrastructures, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité et de l’eau, mais également dans celui de l’assainissement. L’extension des espaces verts, ainsi que l’entretien et la préservation des forêts doivent également occuper une place centrale dans cette stratégie d’adaptation.

Dans cette même logique, les campagnes de reboisement et de plantation d’arbres ne devraient plus être considérées comme de simples initiatives ponctuelles. Elles doivent, selon le spécialiste, s’inscrire dans une politique durable et devenir progressivement une véritable culture collective.

Mais l’adaptation ne peut reposer uniquement sur les décisions publiques. Elle suppose également une évolution des comportements et des habitudes quotidiennes, notamment en matière de consommation énergétique. Il devient ainsi essentiel d’ancrer une véritable culture de l’économie d’énergie.

À l’échelle individuelle, les citoyens disposent eux aussi de plusieurs leviers d’action. L’ingénieur évoque notamment une utilisation plus rationnelle de l’énergie et de l’eau.

Selon Hamdi Hached, cette adaptation concerne également la manière dont nous concevons et aménageons nos bâtiments. Le recours, autant que possible, à des experts et à des solutions adaptées aux nouvelles conditions climatiques devient de plus en plus nécessaire. «Parmi les pistes évoquées figure notamment l’ombrage des bâtiments, qui peut contribuer à réduire sensiblement la chaleur à l’intérieur des habitations», a-t-il souligné.

Nouha MAINSI

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Kaïs Saïed reçoit le nouveau secrétaire général de la Ligue des États arabes

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu mardi, au palais de Carthage, le nouveau secrétaire général de la Ligue des États arabes, Nabil Fahmy, auquel il a adressé ses félicitations à l’occasion de sa prise de fonctions.

Selon un communiqué, le président Saïed a souhaité plein succès au nouveau responsable de la Ligue arabe dans l’accomplissement de ses missions, dans un contexte marqué par une période particulièrement délicate dans la région arabe et par une situation internationale « sans précédent », caractérisée par de profondes mutations et des changements rapides.

Le chef de l’État a notamment évoqué les principales étapes de l’histoire de la Ligue arabe depuis sa création, le 22 mars 1945, ainsi que les efforts engagés pour réviser son traité fondateur et réformer les institutions de l’action arabe commune.

Il a également rappelé le transfert du siège de la Ligue du Caire à Tunis en 1979, avant son retour dans la capitale égyptienne en 1990.

Il a estimé qu’un nouvel ordre humain était en train d’émerger et que les défis communs auxquels le monde est confronté imposaient davantage d’action collective et solidaire, ainsi qu’un renforcement de l’action arabe commune et une modernisation de ses mécanismes.

Le président Saïed a insisté sur la nécessité de préserver les intérêts et les droits arabes, notamment le droit du peuple palestinien à établir un État indépendant, pleinement souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al-Qods comme capitale.

Il a également appelé à renforcer la coopération arabe dans les domaines économique, sécuritaire et scientifique, selon de nouvelles approches, et à s’engager pleinement dans la révolution des communications afin de permettre au monde arabe de faire entendre sa voix et de participer à la prise de décision internationale.

Le président Saïed a par ailleurs plaidé pour que les pays arabes prennent l’initiative afin de faire face aux tentatives de division et de fragmentation et de contrer, selon ses termes, les projets visant à imposer de nouveaux arrangements de type « Sykes-Picot » dans la région.

Il a enfin souligné la nécessité de redonner à l’État national sa place et son rôle afin de permettre au citoyen de vivre dans la dignité et de renforcer la confiance des jeunes en eux-mêmes et en leur avenir.

 

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Nafti rencontre le nouveau secrétaire général de la Ligue arabe

Le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a reçu, mardi soir, au siège du département, le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Nabil Fahmy, en visite en Tunisie les 8 et 9 septembre 2026, selon un communiqué du ministère.

Lors de cette réunion, Nafti a présenté les résultats de la 166e session du Conseil de la Ligue arabe, tenue sous présidence tunisienne du 5 au 8 septembre 2026, réaffirmant la volonté de notre pays de renforcer l’action arabe commune à travers la concertation et le rapprochement des positions, pour faire face aux défis régionaux dans un esprit collectif.

Il a insisté sur l’impératif de resserrer les rangs arabes pour défendre les causes de la nation arabe et sa sécurité nationale, dont en premier lieu, la cause palestinienne.

De son côté,  le secrétaire général de la Ligue arabe a salué les efforts ainsi que les initiatives tunisiennes visant à promouvoir l’action arabe commune notamment à travers l’instauration de méthodes de travail novatrices fondées sur une approche stratégique globale et un plan d’action centré autour de questions d’intérêt commun politiques et économiques couvrant le développement durable, les changements climatiques, la sécurité hydrique, l’intelligence artificielle, l’éducation, la santé et le tourisme.

La réunion a également porté sur les questions régionales et internationales ainsi que sur les moyens permettant de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région arabe.

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Digitalisation de la gestion des établissements éducatifs : entre bugs répétitifs et rejet, «Vie scolaire» dans la tourmente

À la veille de la rentrée scolaire, un nouveau bras de fer tendu se profile à l’horizon entre le ministère del’Éducation et la Fédération générale de l’enseignement secondaire. Au cœur de cette vive controverse : l’adoption de la nouvelle plateforme numérique «Vie scolaire», destinée à numériser la gestion administrative et pédagogique des établissements. La fédération syndicale relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a lancé un appel au boycott total de ce nouvel outil numérique, dénonçant «une démarche précipitée, une improvisation dangereuse et une infrastructure technique défaillante».

Cette position intervient au lendemain de l’appel lancé par le ministère de l’Éducation à l’ensemble du corps enseignant et des cadres éducatifs à créer activement leurs comptes et à adhérer à la plateforme numérique «Vie scolaire». Selon le ministère detutelle, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la modernisation des services éducatifs, visant à rationaliser le travail administratif et à fluidifier les suivis pédagogiques.

Pour le corps enseignant et le cadre administratif, la plateforme permet notamment aux enseignants de consulter la liste des élèves répartis par classe, d’accéder à leur emploi du temps et d’assurer la saisie des absences. D’autres services, tels que la saisie directe des notes, devraient s’ajouter prochainement.

Dysfonctionnements, pannes et blocages

Indiquant de prime abord qu’il ne rejette en aucun cas la numérisation, le syndicat a cependant remis en question la pertinence d’imposer un système qui n’a pas achevé ses tests techniques, et dont la préparation demeure largement incomplète.

«Le ministère de l’Éducation persiste à pousser les établissements scolaires et le personnel administratif à adopter une nouvelle plateforme numérique, pour laquelle d’importants fonds ont été alloués sous prétexte de numérisation, de développement des services et de facilitation du travail administratif et pédagogique, alors que la réalité montre qu’elle n’est pas encore prête et qu’elle est toujours en phase d’expérimentation. Cela soulève de nombreuses questions quant à l’opportunité de l’imposer à ce moment précis et sur la capacité de cette plateforme à supporter la charge de la rentrée scolaire», a-t-il indiqué.

La fédération a également estimé que les conditions de réussite manquent cruellement sur le terrain. Les enseignants et le personnel administratif font face à des perturbations majeures dès les premières opérations : erreurs dans le suivi administratif, dysfonctionnements dans la distribution automatique des élèves et problèmes dans la répartition pédagogique.

Elle a fait remarquer dans ce cadre que la véritable numérisation exige une préparation rigoureuse, une stabilité technique et la mise à disposition de tous les moyens nécessaires.

«Comment peut-on demander au personnel administratif d’assurer une rentrée scolaire organisée et dans de bonnes conditions, pour ensuite le pousser à faire face à un système chargé de dysfonctionnements, de pannes et de blocages, comme si les établissements et le personnel administratif étaient tenus d’être un champ d’expérimentation ouvert pour tester un système qui ne remplit pas les conditions de préparation ?», s’est notamment  interrogée la fédération, notant que «l‘administration et le cadre éducatif ne sont pas responsables des lacunes techniques».

L’antécédent des «couacs» subis par les parents

Cette crispation syndicale trouve un écho profond chez les usagers du système éducatif, à commencer par les parents d’élèves. La crise actuelle rappelle en effet les cuisants revers subis lors des campagnes d’inscription en ligne précédentes. Dès le coup d’envoi des inscriptions en ligne pour la 1ère année de l’enseignement de base, la plateforme du ministère avait été le théâtre de multiples «couacs» techniques particulièrement pénalisants.

À l’époque, les familles s’étaient heurtées à des pannes répétées, à des lenteurs de connexion paralysantes et à des bogues d’affichage qui avaient transformé une démarche administrative censée être simple en un véritable parcours du combattant. De nombreuses zones rurales ou enclavées s’étaient retrouvées marginalisées, en raison d’un manque d’accès adéquat au réseau Internet et de l’incompatibilité de la plateforme avec les équipements modestes des foyers. Ces défaillances récurrentes n’ont fait qu’éroder la confiance des parents et des enseignants envers les promesses de numérisation du système éducatif.  

Au-delà de la critique purement technique, la Fédération générale de l’enseignement secondaire dresse un constat alarmant sur la réalité des établissements publics tunisiens. Le syndicat s’interroge avec amertume sur la hiérarchie des priorités ministérielles : comment imposer une plateforme numérique coûteuse et défaillante à des écoles qui souffrent d’un délabrement avéré de leurs infrastructures de base ?

Manque d’équipements informatiques de base, pénurie de ressources humaines, dégradation des locaux, hausse vertigineuse du coût des fournitures scolaires grevant le budget des familles… Autant de maux structurels qui, selon la partie syndicale, devraient primer sur la gestion numérisée des établissements scolaires. Imposer un outil virtuel dans un quotidien scolaire miné par le manque d’eau potable, de blocs sanitaires ou de matériel pédagogique élémentaire relève d’une déconnexion totale par rapport à la réalité du terrain, d’après la même source.  

Walid KHEFIFI

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Enrayage du taux d’inflation : l’Etat fait de son mieux, mais d’autres intervenants sont tenus de se surpasser

Par Kamel ZAIEM

Après quelques mois de stabilité et même de recul, le taux d’inflation est reparti légèrement à la hausse en août 2026 (5,4%) après 5,1% en juillet, poussénotamment par une accélération des prix de l’alimentation qui progressent de 7,8% sur un an. Toutefois, cette légère hausse ne doit pas trop inquiéter car la politique économique du pays tend toujours à stabiliser ce taux et à contenir les prix, une action qui exige, en plus des efforts de l’Etat, un meilleur engagement de la part de toutes les parties concernées, notamment les banques…

Le taux d’inflation a atteint 5,4% au mois d’août 2026, contre 5,1%, en juillet 2026. Cette hausse est expliquée par l’accélération du rythme de progression des prix du groupe «Alimentation» (7,8% en août 2026 contre 6,8% en juillet 2026), des prix du groupe «Boissons et eaux minérales» (3,7% en août 2026 contre 3,1% en juillet 2026), ainsi que par la hausse des prix du groupe «Santé» (3,4% en aout 2026 contre 2,7% en juillet 2026), a annoncé l’Institut National de la Statistique (INS), dans une note publiée samedi dernier.

En glissement annuel, les prix du groupe «Alimentation et boissons» ont augmenté de 7,5%, suite à l’accroissement des prix de la viande de volaille de 16,5%, de la viande ovine de 14,7%, des fruits de 14,4%, de la viande bovine de 13,6% et du poisson frais de 10,9%. Les prix des huiles alimentaires ont, cependant, diminué de 4,3%

En ce qui concerne les services, leurs prix ont enregistré une progression de 4,3% sur un an. Elle est due principalement à l’augmentation des prix des services d’hébergement de 15,6%.

L’Institut a précisé, en outre, que le taux d’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) a connu, au mois d’août 2026, une légère hausse pour s’établir à 4,9%, contre 4,8% au mois de juillet 2026. Pour ce qui est des prix des produits libres (non encadrés), ils ont augmenté de 6,5% sur un an, alors que les prix des produits encadrés ont évolué, quant à eux, de 1,3%.

Le suivi constant du Président de la République

Il est vrai que toute hausse, aussi limitée soit-elle, inquiète un tant soit peu, mais il faut rappeler que ce taux dépassait les 6% il y a moins d’une année et il semble beaucoup plus contrôlable ces derniers mois.

C’est que le Président de la République, Kaïs Saïed,met toujours en avant une politique de souveraineté et du «compter-sur-soi» pour stabiliser les grands équilibres et contenir les prix, tout en appelant régulièrement les autorités monétaires et gouvernementales à intensifier les efforts pour réduire l’impact de la cherté de la vie.

Suivant de très près le mouvement de ce taux très significatif, Kaïs Saïed n’hésite pas, à chaque fois que le taux tend à s’élever, à appeler à œuvrer davantage pour le réduire et pour consolider les réserves en devises.

«Les réserves en devises indiquent les prémices d’une relance de l’économie tunisienne, dont les retombées devraient bénéficier à tous», dit-il souvent.

Le Chef de l’Etat insiste également sur «la nécessité pour toutes les banques, publiques et privées, de s’engager dans l’effort national visant à stimuler l’investissement et à simplifier les transactions financières».

Entre satisfaction et interrogations

Malgré une croissance de 2,5%, une inflation maîtrisée, des réserves en devises en hausse et le remboursement des dettes dans les délais, les Tunisiens ne perçoivent toujours pas les retombées de ces performances économiques. C’est ce que pensent les citoyens, confrontés chaque jour à la fièvre des prix de certains produits essentiels de consommation. Kaïs Saïed partage, pour sa part, ce même constat et il l’a exprimé lors de sa récente rencontre avec le Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

A ce propos, il a rappelé que la Banque centrale bénéficie d’une autonomie monétaire tout en étant soumise aux politiques étatiques. Tout en mettant en avant le contrôle de l’inflation comme preuve des choix nationaux efficaces et en appelant à intensifier les efforts pour de meilleurs résultats. A cet égard, il a déclaré : «La BCT demeure soumise aux orientations de l’État et doit contribuer au soutien de l’économie nationale».

«Les performances affichées par l’économie tunisienne ne suffisent pas si elles ne se traduisent pas par une amélioration du quotidien des citoyens». C’est le message plein de responsabilité et de réalisme qu’a délivré le Président de la Républiquequi a réaffirmé le rôle de la Banque centrale dans le soutien à l’économie nationale, estimant que la Tunisie avait démontré la pertinence de ses choix nationaux à travers plusieurs indicateurs économiques favorables.

Tout en saluant ces résultats, Kaïs Saïed a reconnu qu’ils ne se reflétaient pas encore dans la vie des Tunisiens. Il a souligné que la population n’avait pas bénéficié de ces performances, ayant surtout supporté les charges liées à l’endettement.

Pour le Chef de l’État, les indicateurs macroéconomiques ne constituent pas une finalité. Leur véritable valeur réside dans leur capacité à produire des effets concrets sur les conditions de vie des citoyens, dans toutes les régions du pays.

Il a ainsi insisté sur le fait que les résultats économiques ne prennent tout leur sens que lorsqu’ils sont ressentis par les Tunisiens dans leur quotidien, au-delà des chiffres et des statistiques.

La baisse ne reflète pas la réalité du quotidien

En Tunisie, malgré un léger repli du taux d’inflationces derniers mois, à l’exception du mois d’août, le pouvoir d’achat des ménages demeure fortement sous pression. Comme l’a expliqué Elyès Asmi, directeur central des statistiques de la conjoncture et des études économiques à l’Institut national de la statistique (INS).

Le taux d’inflation annoncé chaque mois correspond en effet à une moyenne nationale, qui ne traduit pas les disparités entre les profils de consommation. Tandis que certains foyers consacrent une part importante de leur budget à l’alimentation, d’autres sont davantage affectés par les coûts de l’éducation, du transport ou de l’énergie. Pour établir ces indicateurs, l’INS procède à plus de 120.000 relevés mensuels de prix sur l’ensemble du territoire, couvrant divers secteurs.

Les prix stables sont observés chaque mois, tandis que ceux sujets à de fortes fluctuations, comme les fruits et légumes, font l’objet d’un suivi quotidien. Les agents de l’institut, équipés de tablettes et d’un système d’alerte automatisé, veillent à la fiabilité des données avant d’élaborer le calcul final du niveau général des prix.

C’est dire que ce taux d’inflation occupe une place de choix dans le travail de l’INS pour mieux informer le citoyen et surtout pour mieux orienter le travail du gouvernement qui doit tout prendre en considération pour établir une politique efficace des prix qui tienne compte du pouvoir d’achat du citoyen. Le Président de la République l’a compris et n’a jamais cessé d’appeler à faire profiter ce citoyen de la baisse éventuelle du taux d’inflation pour qu’il ne reste pas un simple chiffre à classer dans les tiroirs des ministères concernés.

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