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Affaire de « complot contre la sûreté de l’État 1 » : La Cour de cassation examine le dossier

La Cour de cassation examine, jeudi 3 septembre 2026, le dossier connu sous le nom de « complot contre la sûreté de l’État 1 », une affaire judiciaire majeure qui implique plus de 40 prévenus, parmi lesquels des responsables politiques, des hommes d’affaires et d’autres personnalités.

Cette audience intervient après les décisions rendues par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme auprès de la Cour d’appel de Tunis, le 28 novembre 2025. La juridiction avait alors prononcé des condamnations allant de cinq à 45 ans de prison, assorties, pour certains accusés, de l’exécution immédiate des peines.

Des mesures complémentaires avaient également été prononcées à l’encontre de certains condamnés, notamment la confiscation de biens ainsi que le placement sous contrôle administratif.

Une affaire ouverte en février 2023

Les investigations dans cette affaire ont débuté en février 2023 et ont progressivement concerné plus de 40 personnes. Le dossier a notamment impliqué des figures politiques et économiques, dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons d’atteinte à la sécurité de l’État.

Selon des déclarations antérieures du premier adjoint du procureur de la République près le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, ainsi que des sources judiciaires rapportées par l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), plusieurs chefs d’accusation ont été retenus dans ce dossier.

Lire aussi : « Complot contre la sûreté de l’État 2 » : L’examen de l’affaire reporté

Ils portent notamment sur le complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État, la constitution d’une entente terroriste en lien avec des infractions terroristes et l’adhésion à celle-ci.

Les accusations comprennent également des faits liés à des actes visant à modifier la forme de l’État ou à pousser la population à s’affronter par les armes, ainsi que l’incitation au désordre, au meurtre et au pillage sur le territoire tunisien en lien avec des crimes terroristes.

Le dossier comporte par ailleurs des accusations relatives à l’atteinte à la sécurité alimentaire et à l’environnement.

Une nouvelle étape judiciaire

L’examen du dossier par la Cour de cassation constitue une nouvelle étape dans une affaire qui a suscité une importante attention politique, judiciaire et médiatique en Tunisie.

La Cour de cassation n’est pas une troisième instance chargée de rejuger les faits comme une juridiction de fond. Son rôle consiste notamment à contrôler la correcte application du droit et la régularité juridique des décisions contestées.

L’issue de cette procédure pourrait donc déterminer la suite judiciaire réservée aux décisions prononcées en appel contre les différents accusés.

Le dossier reste particulièrement suivi en raison de la gravité des accusations retenues, de la durée des peines prononcées en appel et du nombre de personnalités concernées.

L’audience du 3 septembre intervient ainsi à un moment important de cette procédure, plus de trois ans après le début des investigations en février 2023 et près d’un an après les condamnations prononcées en appel le 28 novembre 2025.

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Migration clandestine : L’Algérie dépasse désormais la Tunisie sur la route de l’Italie

La carte des migrations irrégulières vers l’Italie est en train de changer. Alors que les arrivées par voie maritime ont fortement reculé depuis le début de l’année 2026, la Tunisie perd une place dans la hiérarchie des principaux pays de départ au profit de l’Algérie.

Selon les données du ministère italien de l’Intérieur reprises et analysées par Agenzia Nova, 19 601 migrants sont arrivés par mer en Italie au 1er septembre 2026, contre 43 346 à la même date en 2025. Le recul atteint ainsi 54,78 %, soit 23 745 arrivées de moins en un an.

La baisse ne s’est pas limitée au début de l’année. Entre le 3 juillet et le 1er septembre, 5 137 arrivées supplémentaires ont été enregistrées en Italie, contre 12 748 durant la même période de 2025, soit une diminution de 59,7 %. Autrement dit, la saison estivale, traditionnellement propice aux traversées de la Méditerranée, n’a pas inversé la tendance.

La Libye reste de très loin la première route

Malgré la baisse générale des arrivées, la Libye demeure la principale porte de départ vers l’Italie.

Au 1er septembre, 15 570 migrants étaient arrivés en Italie depuis les côtes libyennes, contre 38 232 durant la même période de 2025. La baisse atteint 59,27 %. Malgré cela, la route libyenne représente encore 79,43 % de l’ensemble des arrivées maritimes enregistrées en Italie.

La concentration géographique est également remarquable : environ 98 % des départs depuis la Libye proviennent de la façade occidentale du pays. Près de 78 % de tous les migrants arrivés par mer en Italie depuis le début de l’année sont donc partis de Tripolitaine.

Cette domination de la route libyenne relativise donc le changement observé entre l’Algérie et la Tunisie : il s’agit davantage d’un déplacement dans le classement des routes secondaires que d’un bouleversement de la principale route migratoire vers l’Italie.

L’Algérie passe devant la Tunisie

C’est néanmoins le changement le plus significatif pour la Tunisie. Les arrivées en provenance d’Algérie sont passées de 813 durant la même période de 2025 à 2 292 au 1er septembre 2026. Elles ont donc augmenté de 181,92 % et représentent désormais 11,69 % de l’ensemble des arrivées maritimes en Italie.

Lire aussi : Migration : Deux morts et douze disparus après le naufrage au large de Zarzis

Dans le même temps, les arrivées depuis la Tunisie sont tombées à 1 646, contre 3 290 un an auparavant, soit une baisse proche de 50 %. L’Algérie dépasse ainsi pour la première fois la Tunisie sur cette période de référence.

Le contraste est particulièrement net lorsqu’on compare avec l’année 2025 dans son ensemble : la route algérienne avait alors enregistré 1 812 arrivées, contre 4 841 pour la route tunisienne. En seulement huit mois, l’Algérie a donc déjà dépassé son total de l’année précédente, tandis que la Tunisie se situe à environ un tiers de son niveau de 2025.

La route tunisienne perd-elle durablement son poids ?

Ces chiffres semblent confirmer une tendance déjà observée depuis deux ans : la route tunisienne vers l’Italie a considérablement perdu de son importance après avoir constitué l’un des principaux axes de la migration en Méditerranée centrale.

Le recul intervient dans un contexte de renforcement des contrôles maritimes tunisiens et de coopération accrue avec l’Union européenne et l’Italie. Le Monde avait notamment consacré en mai 2026 une analyse au renforcement de la coopération européenne avec la Tunisie et la Libye pour contenir les flux migratoires.

Les données disponibles montrent toutefois que la diminution des départs depuis la Tunisie ne signifie pas la disparition du phénomène. Des tentatives de traversée continuent d’avoir lieu. Fin août, plusieurs naufrages au large des côtes tunisiennes ont encore fait des morts et des disparus, rappelant que la réduction des flux ne supprime pas le risque ni les motivations qui poussent certains candidats à la migration à prendre la mer.

Un déplacement des routes plutôt qu’une disparition des migrations

Le cas algérien mérite donc une attention particulière. L’augmentation de 181,92 % reste spectaculaire en pourcentage, mais elle porte sur des volumes relativement faibles par rapport à la route libyenne : 2 292 arrivées depuis l’Algérie contre 15 570 depuis la Libye.

Les deux routes présentent par ailleurs des profils différents. Les départs algériens se concentrent notamment dans le nord-est du pays et ont pour destination privilégiée la Sardaigne, tandis que la route libyenne constitue l’axe dominant vers l’Italie continentale.

Les données disponibles au deuxième trimestre allaient déjà dans le sens de cette recomposition. Au 28 juin, la Libye représentait 83 % des arrivées, tandis que l’Algérie et la Tunisie se situaient chacune autour de 8 %, avec 1 198 arrivées depuis l’Algérie contre 1 074 depuis la Tunisie.

Le phénomène semble donc s’être accentué durant l’été : la Tunisie ne constitue plus la deuxième route vers l’Italie ; l’Algérie lui est désormais passée devant.

Une baisse spectaculaire, mais un bilan humain toujours lourd

La baisse des arrivées ne doit enfin pas être interprétée comme une diminution proportionnelle de la dangerosité de la route migratoire.

Selon le Missing Migrants Project de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 914 personnes sont mortes ou portées disparues depuis le début de 2026 sur la route de la Méditerranée centrale. Ce chiffre est considéré comme un minimum, de nombreux naufrages pouvant ne laisser aucun survivant ni témoin.

Le constat qui se dessine est donc paradoxal : moins de migrants arrivent en Italie, la route tunisienne recule fortement, mais la migration irrégulière ne disparaît pas. Elle se recompose.

La Libye conserve une position écrasante, tandis que l’Algérie prend désormais la deuxième place et que la Tunisie, autrefois au cœur de la route vers Lampedusa, voit son poids diminuer fortement. Pour Tunis, le véritable enjeu sera de déterminer si ce recul traduit une transformation durable des flux ou simplement un déplacement temporaire des itinéraires empruntés par les migrants et les réseaux de passeurs.

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Délestages : La STEG annonce de nouvelles coupures ce mercredi dans plusieurs régions

La situation reste sous tension sur le réseau électrique tunisien. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé qu’elle pourrait procéder à des coupures tournantes ce mercredi 2 septembre 2026, entre midi et 17 heures, et ce, à intervalles intermittents.

Selon la STEG, cette mesure vise à préserver la sécurité et la continuité du système électrique, en fonction de l’état du réseau et de l’équilibre entre la production et la consommation. La reprise de l’alimentation électrique pourra intervenir sans préavis.

Cette nouvelle annonce intervient alors que les coupures tournantes se sont multipliées depuis plusieurs semaines, notamment durant les périodes de forte consommation électrique liées aux températures élevées.

Plusieurs régions concernées

Les interruptions peuvent concerner plusieurs zones du pays, notamment dans les régions habituellement intégrées aux opérations de délestage :

  • Grand Tunis : Ben Arous, Rades, Ezzahra, Hammam-Lif, Hammam-Chott, Boumhel, Mégrine, El Mourouj, La Nouvelle Médina, La Soukra, Ain Zaghouan, Les Berges du Lac, Le Kram, La Goulette, La Marsa, Mornag, Borj Cédria, Manouba, Douar Hicher et des zones de l’Ariana.
  • Cap Bon : Nabeul, Hammamet, Korba, Menzel Temime, Kélibia, Soliman, Grombalia, Takelsa, Béni Khiar, Dar Chaâbane et les zones environnantes.
  • Zaghouan : Zaghouan, El Fahs, Bir Mcherga, Jebel Oust et Ez-Zriba.
  • Bizerte : Bizerte, Menzel Bourguiba, Mateur, Ras Jebel, Ghar El Melh, Ghezala, Utique, Sejnane et les localités environnantes.
  • Centre : Sousse, Monastir, Mahdia, Kairouan et plusieurs zones rurales et industrielles.
  • Sfax : Sfax-ville, Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer, Sfax Ouest, Jebeniana, El Hencha et d’autres secteurs.
  • Sud : Gabès, Médenine, Djerba, Zarzis, Ben Guerdane, Tataouine, Kebili, Douz et plusieurs localités du Sud.
  • Sud-Ouest : Gafsa, Tozeur, Kasserine, Sidi Bouzid et les zones environnantes.

La STEG rappelle toutefois que la liste des zones concernées peut évoluer en fonction de la situation du réseau. Les coupures sont effectuées de manière intermittente afin d’éviter une dégradation plus importante du système électrique. Des annonces similaires ces derniers jours ont déjà concerné de nombreuses zones du Grand Tunis et plusieurs régions du pays.

La société invite ainsi les citoyens à prendre les précautions nécessaires, notamment pour protéger les appareils électriques et les équipements sensibles contre les variations de tension lors du rétablissement du courant.

Lire aussi : Pénuries d’eau et coupures de courant : La Tunisie face au risque d’une crise d’image ?

Cette nouvelle journée de coupures tournantes illustre la persistance des tensions sur le système électrique national, après un été marqué par plusieurs épisodes de délestage et de fortes sollicitations du réseau.

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Tunisie – Eau potable : Perturbations dans l’approvisionnement dans plusieurs gouvernorats après une panne

La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) a annoncé des perturbations et des interruptions dans l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs zones du Grand Tunis et des gouvernorats de Zaghouan et Nabeul, à la suite d’une panne technique soudaine sur l’axe d’adduction alimentant le sud du Grand Tunis.

Selon la SONEDE, cet incident intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué au cours de la période écoulée par un pic de consommation d’eau lié à la vague de chaleur qui a touché la Tunisie. La combinaison de la forte demande et de la défaillance technique affecte notamment les zones situées en altitude.

Les perturbations concernent plusieurs localités

  • Dans le gouvernorat de Tunis : les quartiers Ennour et Bouhajer, dans la délégation d’El Kabaria.
  • Dans le gouvernorat de Zaghouan : les délégations de Bir Mcherga et Jebel Oust.
  • Dans le gouvernorat de Nabeul : la délégation de Soliman.
  • Dans le gouvernorat de Ben Arous : les délégations de Mohamedia, Fouchana, Mégrine, Radès, Hammam-Lif, Hammam Chott, Mornag et Bou Mhel.

Lire aussi : Pénuries d’eau et coupures de courant : La Tunisie face au risque d’une crise d’image ?

La société publique précise que les opérations de réajustement des réseaux de distribution et des réservoirs se poursuivent sans interruption, avec la mobilisation de ses équipes techniques sur le terrain.

Un retour progressif annoncé dans la soirée

La SONEDE prévoit une reprise progressive de l’approvisionnement à partir de 22 heures, ce mercredi 2 septembre 2026. Le retour à un fonctionnement normal pourrait toutefois être progressif, le temps de procéder aux ajustements nécessaires au niveau des réseaux et des réservoirs.

L’entreprise appelle ainsi les habitants des zones concernées à tenir compte de la nature temporaire de ces perturbations et présente ses excuses aux abonnés pour les désagréments occasionnés.

Cet épisode intervient alors que la question de la sécurité de l’approvisionnement en eau potable reste particulièrement sensible en Tunisie, après un été marqué par une forte pression sur les ressources hydriques et par plusieurs perturbations dans la distribution.

Pour la SONEDE, les équipes techniques restent mobilisées « jour et nuit » afin d’accélérer les interventions sur les réseaux et de rétablir le rythme normal de distribution dans les meilleurs délais.

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Pénurie d’eau minérale : Les grandes surfaces du Grand Tunis distribuent plus de 2,3 millions de bouteilles par jour

La crise de l’eau minérale en bouteille enregistrée cet été en Tunisie a mis en évidence les fragilités du système d’approvisionnement face à l’explosion de la demande durant les périodes de forte chaleur. Alors que les rayons des grandes surfaces ont connu des tensions répétées, les volumes distribués dans le Grand Tunis ont atteint des niveaux particulièrement élevés à la fin du mois d’août.

Le président de la Chambre nationale des propriétaires des grandes surfaces commerciales, Hédi Baccour, a indiqué, lors d’une intervention téléphonique dans l’émission « Sabah Ennes », que plus de 2,3 millions de bouteilles d’eau minérale conditionnée étaient distribuées quotidiennement dans les grandes surfaces des gouvernorats du Grand Tunis entre le vendredi et le lundi 31 août.

Un chiffre qui donne la mesure de la pression exercée sur le marché au cours de cet été marqué par des températures élevées et une demande exceptionnelle en eau embouteillée.

Les grandes surfaces ne représentent pourtant que 5 % de la consommation

Malgré ces volumes considérables, les grandes surfaces commerciales ne constituent qu’une partie limitée du circuit de distribution.

Selon Hédi Baccour, leur part dans la distribution de l’eau minérale conditionnée durant la saison estivale n’a pas dépassé 5 % de l’ensemble des quantités consommées quotidiennement à l’échelle nationale.

Autrement dit, les plus de deux millions de bouteilles distribuées chaque jour dans les grandes surfaces du Grand Tunis ne représentent qu’une fraction du marché national. Cette donnée permet également de relativiser l’idée selon laquelle les grandes surfaces seraient, à elles seules, à l’origine des tensions observées dans l’approvisionnement.

La difficulté est plutôt liée à l’équilibre général entre production, stockage, transport et distribution, dans un contexte où la consommation peut augmenter brutalement en quelques semaines.

Un stock de 40 à 50 millions de bouteilles épuisé dès la mi-juillet

L’un des principaux enseignements de cette crise concerne surtout les capacités d’anticipation du marché.

Hédi Baccour a révélé que le stock disponible d’eau minérale conditionnée, estimé entre 40 et 50 millions de bouteilles, avait été entièrement écoulé dès la mi-juillet.

Cette situation signifie que les réserves constituées avant le pic de la saison estivale n’ont pas permis d’absorber la hausse de la demande. Une fois ces stocks épuisés, le marché s’est retrouvé davantage dépendant de la production quotidienne et de la capacité des industriels à réapprovisionner rapidement les différents circuits de distribution.

Lire aussi : Crise de l’eau en bouteille : Quand le stockage des ménages aggrave la situation

Le problème n’est donc pas uniquement celui de la disponibilité de l’eau à la source. Il concerne également la capacité du secteur à constituer des réserves suffisantes avant les périodes de forte consommation.

Vers une nouvelle organisation de la distribution

Face aux tensions enregistrées, une réunion avec le ministère du Commerce a débouché sur la mise en place d’un mécanisme de distribution « correctif » entre les différentes régions du pays et les différents circuits de distribution, selon le responsable professionnel.

L’objectif est notamment d’éviter qu’une concentration excessive des volumes dans certaines régions ne provoque des ruptures dans d’autres zones du territoire.

Cette réorganisation intervient alors que la demande reste fortement influencée par les conditions climatiques. Les épisodes de chaleur intense peuvent en effet provoquer, en quelques jours, une augmentation considérable de la consommation d’eau embouteillée, mettant sous pression l’ensemble de la chaîne logistique.

Le secteur appelé à revoir ses stocks avant les prochains étés

Pour Hédi Baccour, la situation de cette année doit surtout servir de signal d’alerte aux producteurs. L’épuisement des stocks dès la mi-juillet impose, selon lui, aux industriels de réfléchir à la constitution de réserves plus importantes afin d’éviter la répétition d’une crise similaire lors des prochaines années.

La question dépasse ainsi le seul été 2026. Elle renvoie à la capacité du secteur à anticiper l’évolution de la demande dans un pays confronté à des épisodes de chaleur de plus en plus importants et à une pression croissante sur ses ressources hydriques.

L’eau minérale en bouteille est ainsi devenue un révélateur supplémentaire d’une équation estivale de plus en plus difficile : lorsque la température augmente fortement, la demande progresse rapidement, tandis que les capacités de production, de stockage et de distribution doivent suivre dans des délais très courts.

L’enjeu pour les prochaines années sera donc moins de gérer les pénuries une fois qu’elles apparaissent que de parvenir à les anticiper : constituer des stocks suffisants, mieux répartir les volumes entre les régions et renforcer la coordination entre producteurs, distributeurs et autorités publiques.

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Pénuries d’eau et coupures de courant : La Tunisie face au risque d’une crise d’image ?

Ce qui, il y a quelques semaines encore, pouvait être perçu comme une succession de difficultés locales est désormais devenu un sujet suivi par la presse internationale. Coupures d’électricité, interruptions de l’approvisionnement en eau, pénurie d’eau en bouteille et températures extrêmes : la crise vécue par les Tunisiens durant l’été 2026 a franchi les frontières et commence à poser une question beaucoup plus sensible pour le pays : quel impact sur l’image de la Tunisie et, surtout, sur son attractivité touristique ?

La multiplication des articles consacrés à la situation tunisienne est révélatrice. Le phénomène n’est plus seulement rapporté par les médias tunisiens. Des médias internationaux comme Le Monde, Associated Press, Reuters, Al Jazeera, le Financial Times ou encore Euronews ont consacré des reportages ou des articles aux conséquences des coupures d’électricité et d’eau.

Le sujet change ainsi de dimension. Il ne s’agit plus uniquement de savoir comment les Tunisiens vivent une période de fortes chaleurs, mais de savoir comment cette situation est perçue depuis l’étranger.

Le Monde : de la crise quotidienne à la crise de l’image

Le Monde a particulièrement documenté la situation. Le 3 août, le quotidien français publiait un reportage consacré à l’impact des coupures d’électricité et d’eau sur le secteur touristique tunisien. Son titre est à lui seul révélateur : « Les touristes viennent ici pour se détendre, mais il devient très difficile de leur offrir cette tranquillité ».

Le choix de cet angle est important. La question n’est plus seulement celle de l’accès aux services publics pour les citoyens. Elle concerne directement l’expérience des visiteurs étrangers.

Lire aussi : Coupures d’eau et d’électricité : Paris alerte les voyageurs à destination de la Tunisie

Or, dans une destination touristique, l’eau et l’électricité ne sont pas des services secondaires. Ils constituent une partie invisible mais fondamentale du produit touristique : climatisation, douches, piscines, restaurants, hôtels, réfrigération des aliments, fonctionnement des équipements et confort général.

Quelques semaines plus tard, Le Monde est revenu sur la crise avec un article publié le 1er septembre consacré à la pénurie d’eau en bouteille. Le quotidien français décrit des rayons vides, des files d’attente et des consommateurs cherchant désespérément à s’approvisionner. Il souligne également que la situation a été aggravée par les coupures d’électricité qui ont perturbé la production dans les usines d’embouteillage.

Le détail est loin d’être anodin : le reportage évoque notamment une vidéo tournée à Hammamet, l’une des principales stations balnéaires du pays, montrant une altercation autour de la vente d’eau.

Autrement dit, même les lieux associés à l’image touristique de la Tunisie se retrouvent désormais présents dans les récits internationaux consacrés aux pénuries.

Quand la crise devient une histoire internationale

Le Monde n’est pas le seul média à avoir porté cette situation à l’attention d’un public international. Associated Press a également décrit un été marqué par des températures pouvant atteindre 50 °C, des pénuries d’eau et d’électricité et une montée de la colère sociale. L’agence américaine explique notamment que les coupures d’électricité ont affecté les stations de pompage de l’eau et le fonctionnement des usines.

Al Jazeera a, de son côté, consacré un reportage à la situation en reliant directement les températures extrêmes aux difficultés d’approvisionnement en eau et aux tensions sur le système électrique tunisien.

Le Financial Times a également analysé les coupures comme un problème dépassant la simple conséquence de la canicule. Le quotidien britannique a mis en avant l’état du réseau électrique, les difficultés d’investissement et les conséquences économiques et sociales des délestages.

Le phénomène est donc particulièrement significatif : plusieurs médias internationaux, avec des lignes éditoriales et des publics très différents, convergent désormais sur le même récit.

Une nouvelle image de la Tunisie ?

C’est là que se trouve l’enjeu pour la destination. La Tunisie vend à l’étranger une promesse touristique fondée notamment sur le soleil, la mer, les plages, les hôtels et le dépaysement. Mais la même chaleur qui constitue un argument touristique devient désormais une source de vulnérabilité lorsqu’elle s’accompagne de coupures d’électricité et de problèmes d’approvisionnement en eau.

Le paradoxe est brutal : le soleil est l’un des principaux atouts de la destination, mais les températures extrêmes peuvent simultanément mettre sous pression les infrastructures nécessaires à l’accueil des touristes.

Lire aussi : Tunisie : Août est fini, les délestages maintenus et le calvaire se prolonge après l’été

Une panne d’électricité de quelques heures n’a évidemment pas le même impact pour un habitant que pour un hôtel accueillant plusieurs centaines de touristes. Dans un établissement touristique, une coupure peut affecter la climatisation, les ascenseurs, les systèmes de pompage, les chambres froides, les cuisines, les piscines ou encore les équipements sanitaires.

Pour un touriste étranger, notamment dans un hôtel quatre ou cinq étoiles, l’accès permanent à l’eau constitue une attente élémentaire. La répétition des coupures peut donc transformer un incident technique en mauvaise expérience touristique.

Le risque n’est pas forcément une chute immédiate des arrivées

Il faut toutefois éviter une conclusion trop rapide : la médiatisation internationale de la crise ne signifie pas automatiquement que la Tunisie va connaître une baisse de ses arrivées touristiques.

Le tourisme dépend de nombreux facteurs : prix, proximité géographique, climat, qualité des plages, infrastructures hôtelières, sécurité, connectivité aérienne et perception générale de la destination.

La Tunisie conserve des avantages considérables, notamment pour les marchés européens. Une partie importante des touristes réserve également ses vacances plusieurs mois à l’avance, et une crise estivale ponctuelle ne suffit pas nécessairement à modifier immédiatement les flux.

Mais le véritable danger pourrait être ailleurs : dans l’évolution progressive de la perception de la destination.

Si les articles sur les coupures d’eau, les pénuries et les problèmes d’électricité continuent à se multiplier, la question pourrait finir par s’installer dans l’esprit des voyageurs et des professionnels du tourisme.

Le problème de la réputation

Dans le tourisme contemporain, l’image d’une destination se construit autant sur les réseaux sociaux que dans les brochures des agences de voyages.

Une photographie d’une plage tunisienne peut promouvoir la destination auprès de millions de personnes. Mais une vidéo montrant des touristes confrontés à une coupure d’eau ou des files d’attente pour acheter des bouteilles peut circuler tout aussi rapidement.

C’est précisément ce qui rend la situation actuelle différente des crises précédentes. Les touristes ne sont plus seulement des consommateurs de l’information produite par les médias traditionnels. Ils produisent eux-mêmes des images, publient leurs expériences et peuvent transformer un incident local en contenu viral.

La pénurie d’eau en bouteille fournit un exemple particulièrement parlant. Le Monde rapporte que des images de tensions entre consommateurs et commerçants ont circulé sur les réseaux sociaux.

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Eau : Six nouveaux barrages bientôt ajoutés au réseau tunisien

La Tunisie dispose aujourd’hui de 37 barrages en exploitation, mais l’augmentation des capacités de stockage ne suffit pas, à elle seule, à résoudre les difficultés structurelles liées à la disponibilité de l’eau. Alors que les réserves des barrages du Nord et du Nord-Ouest se sont nettement améliorées grâce aux précipitations enregistrées en 2025 et au début de 2026, le Centre du pays reste confronté à une situation beaucoup plus tendue.

Invité mercredi 2 septembre 2026 sur les ondes de la Radio nationale, le directeur adjoint de l’exploitation et de la gestion des barrages au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Mehrez Rajeb, a indiqué que le réseau tunisien compte actuellement 37 barrages réalisés.

Cette infrastructure devrait être renforcée par six nouveaux barrages actuellement en cours de construction. Selon le responsable, certains de ces ouvrages sont désormais proches de leur achèvement, tandis que d’autres se trouvent encore au début des travaux.

60% dans le Nord, seulement 9% dans le Centre

L’amélioration de la situation hydrique n’est toutefois pas homogène sur l’ensemble du territoire. Les précipitations enregistrées durant l’année 2025 et au début de 2026 ont permis aux barrages de bénéficier d’apports importants, dépassant les niveaux habituellement enregistrés, notamment dans les régions du Nord et du Nord-Ouest.

Dans ces régions, le taux de remplissage atteint environ 60 % de la capacité de stockage. Une situation qui traduit une amélioration significative après plusieurs années marquées par la sécheresse et la pression croissante sur les ressources hydriques.

Mais cette amélioration masque une réalité beaucoup plus contrastée. Dans les barrages du Centre, le taux de remplissage ne dépasse pas 9 % de la capacité.

Le contraste est donc particulièrement important : une partie du pays dispose de réserves relativement confortables tandis que d’autres régions restent confrontées à une disponibilité très limitée de l’eau.

Ce déséquilibre géographique constitue l’un des principaux défis de la politique hydraulique tunisienne. La question n’est plus uniquement celle de la quantité globale d’eau disponible dans les barrages, mais également celle de sa répartition dans l’espace et dans le temps.

Construire davantage, mais surtout mieux gérer

Pour le responsable du ministère de l’Agriculture, la politique de l’eau ne peut pas être pensée uniquement en fonction de la situation immédiate. Mehrez Rajeb a insisté sur la nécessité d’adopter une approche de gestion des ressources hydriques sur deux à trois ans. Autrement dit, une bonne saison pluviométrique ne doit pas conduire à considérer la crise de l’eau comme définitivement résolue.

Cette approche est particulièrement importante dans un pays soumis à une forte variabilité des précipitations et à des épisodes de sécheresse de plus en plus difficiles à anticiper.

Une année relativement pluvieuse peut rapidement améliorer les réserves, mais plusieurs mois de déficit pluviométrique peuvent à nouveau exercer une forte pression sur les barrages, les nappes phréatiques et les réseaux d’approvisionnement.

La gestion des barrages doit ainsi être pensée comme une stratégie de sécurisation de la ressource et non comme une réponse ponctuelle à une crise.

Les six nouveaux barrages ne régleront pas tout

La construction de six nouveaux barrages représente un renforcement important des infrastructures hydrauliques tunisiennes. Mais l’augmentation de la capacité de stockage ne constitue qu’une partie de la réponse.

Le pays doit également faire face à la baisse des ressources disponibles, à la surexploitation des nappes, aux pertes dans les réseaux de distribution, à l’augmentation de la demande et aux effets du changement climatique.

La problématique est donc double : mobiliser davantage d’eau et préserver celle qui existe déjà.

Dans ce contexte, chaque mètre cube stocké dans un barrage devient une ressource stratégique qui doit être gérée avec une vision dépassant la seule saison en cours.

Le véritable défi : passer de la gestion de crise à la gestion du risque

Le discours sur les barrages révèle ainsi un changement nécessaire dans la politique tunisienne de l’eau. Pendant longtemps, la réponse aux pénuries a principalement consisté à rechercher de nouvelles ressources ou à gérer les situations d’urgence. Mais la répétition des épisodes de sécheresse impose désormais une logique différente : anticiper les déficits, constituer des réserves suffisantes, améliorer la distribution et adapter la consommation aux ressources réellement disponibles.

Le taux de remplissage de 60 % dans le Nord constitue certes une amélioration, mais il ne doit pas être interprété comme un retour à une situation normale à l’échelle nationale. Le taux de 9 % enregistré dans le Centre rappelle que la vulnérabilité hydrique demeure fortement territorialisée.

La Tunisie se retrouve ainsi face à un paradoxe : elle peut connaître simultanément une amélioration sensible de ses réserves dans certaines régions et une situation critique dans d’autres.

Une bataille qui se joue aussi dans la consommation

La construction de nouveaux ouvrages hydrauliques devra donc être accompagnée d’une politique plus ambitieuse de maîtrise de la demande.

Agriculture, consommation domestique, industrie, tourisme : tous les secteurs sont concernés par la nécessité d’utiliser la ressource de manière plus efficace.

Lire aussi : Eau potable cet été : 58 MD et 81 projets pour limiter les coupures

L’agriculture, qui représente une part importante de la consommation d’eau, constitue notamment un enjeu central. L’amélioration de l’irrigation, la réduction des pertes et l’adaptation des cultures aux conditions hydriques deviennent des leviers essentiels.

Dans les villes également, la réduction des pertes dans les réseaux de distribution et une meilleure maintenance des infrastructures peuvent permettre de préserver des volumes considérables.

Le défi est donc désormais moins celui d’une simple course au stockage que celui d’un modèle global de gestion de l’eau.

Deux ou trois années pour éviter une nouvelle crise

Le message du ministère est finalement clair : la situation hydrique doit être évaluée sur plusieurs années. Les précipitations de 2025 et du début de 2026 ont offert un répit à une partie du pays. Les nouveaux barrages devraient, à terme, accroître les capacités de mobilisation de la ressource. Mais ces avancées ne dispensent pas la Tunisie de préparer les prochaines années.

Car derrière les chiffres de remplissage se trouve une question beaucoup plus stratégique : comment garantir de l’eau lorsque les pluies deviennent plus irrégulières, que les besoins augmentent et que certaines régions restent chroniquement déficitaires ?

Pour la Tunisie, la véritable sécurité hydrique ne se mesurera donc pas uniquement au niveau des barrages après une bonne saison des pluies. Elle se mesurera à la capacité du pays à conserver ses réserves, réduire ses pertes, mieux répartir la ressource et anticiper plusieurs années de déficit.

Les six barrages en construction constituent une réponse infrastructurelle. La gestion de l’eau sur deux ou trois ans, évoquée par le ministère, pourrait constituer la réponse stratégique.

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Crédits sur l’honneur : La BCT fixe les règles de dépôt des demandes

Les demandes de crédits et de microfinancements « sur l’honneur » entreront dans une nouvelle phase à partir du 1er octobre 2026. La Banque centrale de Tunisie impose désormais aux banques concernées de mettre en place des plateformes numériques dédiées, par lesquelles les clients devront obligatoirement déposer leurs demandes.

Cette nouvelle procédure découle de la circulaire publiée par la Banque centrale le 1er septembre 2026, en application du décret n°148 de 2026 daté du 23 juillet. L’objectif affiché est de mettre en place une procédure uniforme pour l’ensemble des banques concernées et surtout de garantir un traitement des demandes selon leur ordre d’arrivée.

Une demande en ligne et un ordre de priorité basé sur la date de dépôt

À partir du 1er octobre, le dépôt des demandes devra se faire exclusivement à travers les plateformes numériques mises en place par chaque banque.

Chaque plateforme devra automatiquement enregistrer la date et l’heure exactes du dépôt et délivrer au client un accusé de réception laissant une trace écrite. Ce mécanisme permettra de déterminer avec précision l’ordre de priorité des demandes et de calculer les délais impartis aux banques pour les examiner et statuer.

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La Banque centrale entend ainsi éviter les différences de traitement entre clients et renforcer la traçabilité de l’ensemble du processus.

Le passage au numérique constitue également une réponse à l’enjeu de transparence soulevé par la mise en œuvre de ce nouveau dispositif de financement. L’objectif est que le client puisse disposer d’une preuve formelle du dépôt de sa demande et de son rang dans le processus de traitement.

Une nouvelle étape pour les crédits sur l’honneur

Le dispositif des crédits et microfinancements sur l’honneur avait été introduit par le décret n°148 de 2026 avec l’objectif de faciliter l’accès au financement pour certaines catégories de demandeurs, notamment pour des besoins de consommation ou le lancement de petits projets.

La nouvelle circulaire ne modifie pas les principes juridiques du dispositif, mais précise surtout la manière dont les demandes doivent désormais être reçues et traitées par les banques.

La digitalisation doit ainsi permettre de passer d’un dispositif juridique à une procédure opérationnelle standardisée.

Les banques devront informer les clients avant le lancement

Avant le 1er octobre, les banques devront également mener des campagnes d’information sous la supervision de la Banque centrale.

Des contenus explicatifs seront prochainement diffusés afin de présenter aux clients les conditions d’accès aux crédits et microfinancements sur l’honneur, les modalités de dépôt des demandes, les différentes étapes de leur examen ainsi que les délais de traitement.

Cette phase d’information vise notamment à éviter que le lancement des plateformes ne crée une nouvelle source de confusion ou de déplacements inutiles pour les demandeurs.

Protection des données et sécurité informatique

La généralisation du dépôt numérique s’accompagne également d’exigences en matière de protection des données personnelles et de sécurité informatique.

Les plateformes devront respecter les dispositions légales et réglementaires applicables à la protection des données ainsi que les exigences de sécurité liées au traitement des informations bancaires et personnelles des clients.

Le choix du 1er octobre comme date de démarrage doit, selon la Banque centrale, permettre aux établissements bancaires de finaliser les dispositifs techniques et les procédures nécessaires avant leur entrée en fonctionnement.

Le véritable enjeu : éviter une nouvelle course aux guichets

Au-delà de la digitalisation, le nouveau mécanisme répond à une question centrale : comment garantir un traitement équitable des demandes lorsque le nombre de candidats au financement risque d’être important ?

En enregistrant automatiquement la date et l’heure du dépôt, les banques disposeront désormais d’un critère objectif pour établir la priorité entre les demandeurs.

Le système pourrait ainsi remplacer une éventuelle course aux agences par une course numérique, avec toutefois une différence essentielle : chaque demande sera horodatée et son dépôt pourra être prouvé.

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Crise de l’eau en bouteille : Quand le stockage des ménages aggrave la situation

La crise des eaux en bouteille en Tunisie ne se résume plus à une rupture ponctuelle dans les rayons. Elle révèle désormais un déséquilibre beaucoup plus profond entre une consommation estivale qui explose, des capacités de production mises sous pression et une demande des ménages amplifiée par les craintes de pénurie.

Le phénomène a pris une ampleur spectaculaire au cours des dernières semaines. Selon la Chambre des propriétaires des grandes surfaces, les eaux conditionnées représentent actuellement entre 50 % et 70 % de la distribution assurée par ces enseignes, contre environ 20 % en temps normal. Plus révélateur encore : durant les quatre derniers jours, elles ont représenté entre 85 % et 90 % du total des ventes enregistrées dans les grandes surfaces.

Autrement dit, les consommateurs ne se contentent plus d’acheter davantage d’eau : ils modifient temporairement leurs habitudes d’achat, au point de faire de cette matière l’essentiel de l’activité commerciale des grandes surfaces.

Quatre fois plus d’eau consommée en juillet

À l’origine de cette tension, un choc exceptionnel de demande. Le directeur des recherches économiques au ministère du Commerce, Samir Khalfaoui, a indiqué que la consommation d’eau conditionnée avait été multipliée par quatre en juillet par rapport à son niveau habituel.

Cette explosion intervient dans un contexte particulièrement contraignant. La vague de chaleur historique a poussé les besoins en eau à des niveaux inhabituels, tandis que les interruptions de distribution d’eau potable ont incité davantage de ménages à se tourner vers les bouteilles.

À cela s’est ajouté un autre facteur : les coupures d’électricité. Plusieurs unités de mise en bouteille ont connu des perturbations de leur production, au moment même où la demande atteignait son pic.

Le résultat est un effet de ciseaux : la demande augmente brutalement alors que l’offre subit elle-même des perturbations.

Le stock de sécurité épuisé plus tôt que prévu

La conséquence la plus significative concerne le stock régulateur national. Celui-ci, qui devait normalement permettre de couvrir les besoins jusqu’à la fin du mois d’août, avait été épuisé dès la mi-juillet.

Cette situation montre surtout que les prévisions de consommation ont été dépassées par la brutalité du phénomène climatique.

La Tunisie compte aujourd’hui 31 stations de conditionnement d’eau en bouteille. Le secteur doit faire face à une concentration très forte de la demande pendant l’été : environ 40 % de la production nationale annuelle est consommée entre juin et septembre.

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La consommation quotidienne passe ainsi d’environ 7 millions de litres pendant le reste de l’année à près de 10 millions de litres durant cette période. Cette saisonnalité rend le marché particulièrement vulnérable lorsqu’un épisode climatique exceptionnel vient perturber les prévisions.

Le paradoxe : plus les consommateurs stockent, plus la tension s’accentue

Face aux rayons vides ou aux difficultés d’approvisionnement, les ménages ont adopté un réflexe classique en période de pénurie : acheter davantage que leurs besoins immédiats.

Les autorités appellent pourtant à éviter le stockage domestique, affirmant que l’approvisionnement est désormais quotidien et que les unités de production ont retrouvé leur rythme normal.

C’est ici que se trouve l’un des paradoxes de la crise : la peur de manquer peut elle-même contribuer à créer le manque.

Lorsqu’un consommateur achète plusieurs packs « au cas où », il retire du marché une quantité d’eau qui aurait normalement été consommée progressivement. Si des milliers de ménages adoptent simultanément ce comportement, la demande apparente devient artificiellement supérieure aux besoins réels.

Les grandes surfaces se retrouvent alors avec des stocks qui disparaissent beaucoup plus rapidement, alimentant à leur tour la perception d’une pénurie.

Une crise amplifiée par les pratiques spéculatives

La tension sur le marché a également créé un terrain favorable aux pratiques spéculatives. Les services de contrôle économique ont saisi, au cours du mois d’août, plus de 700 000 litres d’eau conditionnée pour des infractions liées notamment à des hausses excessives des prix, à l’accaparement et à la spéculation.

Le phénomène ne relève donc plus uniquement d’un problème industriel. Il touche également la chaîne de distribution et les comportements des acteurs du marché.

La multiplication des achats dans les grandes surfaces peut d’ailleurs contribuer à déplacer la pression : lorsque l’approvisionnement y devient plus visible et plus régulier, une partie de la demande se concentre dans ces circuits, expliquant pourquoi les grandes surfaces assurent actuellement jusqu’à 70 % de la distribution dans certaines zones, contre seulement 20 % avant la crise.

Une crise de l’eau… mais aussi une crise de confiance

Au-delà des chiffres, la crise pose une question plus structurelle : pourquoi une interruption de l’eau du robinet se traduit-elle aussi rapidement par une ruée vers l’eau en bouteille ?

Les coupures répétées de l’eau potable ont contribué à renforcer le recours aux eaux conditionnées comme solution de substitution. La bouteille n’est donc plus seulement un produit de consommation estivale ; elle devient, pour une partie des ménages, une forme de sécurité face à l’incertitude de l’approvisionnement.

La crise actuelle met ainsi en évidence une double vulnérabilité : celle du système de production d’eau conditionnée face aux pics climatiques et celle des ménages face aux perturbations du réseau public.

Les autorités assurent que les capacités de production ont désormais retrouvé leur niveau normal et anticipent une amélioration importante de l’approvisionnement dans les prochains jours. Mais l’épisode de cet été pourrait laisser une question durable : si les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses, le modèle actuel de consommation d’eau en bouteille pourra-t-il absorber de nouveaux pics de demande ?

La crise actuelle fournit, en quelque sorte, un test grandeur nature de la capacité de la Tunisie à gérer simultanément trois pressions : le changement climatique, la fragilité des infrastructures et l’évolution des comportements de consommation.

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