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Attijari bank Tunisie : Les créances classées bondissent, leur couverture chute

Attijari bank Tunisie bénéficie d’un renforcement important de son partenariat avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Le plafond de la facilité de partage des risques passe de 20 à 70 millions d’euros, soit une multiplication par 3,5.

Cette annonce intervient alors que les comptes 2025 de la banque font apparaître une détérioration sensible de plusieurs indicateurs liés à la qualité de ses actifs.

91 millions de dinars de créances classées supplémentaires

Selon les états financiers d’Attijari bank, le montant brut des créances classées a atteint 493,9 millions de dinars fin 2025, contre 402,9 millions un an auparavant.

La hausse atteint ainsi près de 91 millions de dinars, soit 22,6 % en une année.

Le taux d’actifs classés est passé dans le même temps de 3,44 % à 4,54 %. Plus significatif encore, leur taux de couverture a reculé de 60,10 % à 44,58 %, soit une baisse de plus de 15 points.

Les créances sur la clientèle ont parallèlement reculé à 7,136 milliards de dinars fin 2025, contre 7,346 milliards un an auparavant, selon les états financiers individuels publiés par la banque.

La banque conserve néanmoins des ratios prudentiels supérieurs aux exigences réglementaires, ce qui ne permet pas de parler d’une situation de difficulté financière. La progression des créances classées et surtout la contraction de leur couverture constituent en revanche des indicateurs à surveiller.

La BERD porte son partage des risques à 70 millions d’euros

C’est dans ce contexte que la BERD a annoncé l’augmentation de sa facilité de partage des risques avec Attijari bank Tunisie, de 20 à 70 millions d’euros.

Ce dispositif permet à l’institution européenne de partager une partie du risque associé à certains financements accordés par Attijari bank aux entreprises tunisiennes.

Selon la BERD, ce partenariat a déjà permis de financer 25 projets représentant environ 400 millions de dinars.

Une nouvelle facilité de 10 millions de dollars est également accordée afin de soutenir des investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance réalisés par les entreprises clientes.

La simultanéité entre le renforcement du dispositif de la BERD et la hausse des créances classées mérite attention, mais aucun lien de causalité ne peut être établi entre les deux.

La BERD ne présente d’ailleurs pas sa décision comme une réponse à la détérioration de ces indicateurs. Elle explique l’opération par sa volonté d’élargir l’accès au financement des entreprises tunisiennes.

Reste que les comptes d’Attijari bank font ressortir deux évolutions significatives : une progression de près de 23 % des créances classées en un an et une chute de leur taux de couverture à 44,58 %.

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Canicule : Les jeunes médecins alertent, leur président évoque 13 décès en 24 heures

La vague de chaleur qui frappe la Tunisie continue de mettre les structures hospitalières sous forte pression. L’Organisation tunisienne des jeunes médecins alerte, ce samedi 29 août 2026, sur une hausse « sans précédent » des décès et des hospitalisations, tandis que son président, Wajih Dhakkar, affirme que l’organisation a recensé 13 décès au cours des dernières 24 heures. Les deux informations proviennent toutefois de deux prises de parole distinctes.

Dans un communiqué publié ce samedi, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins fait état d’une augmentation sans précédent des décès et des hospitalisations en raison des coups de chaleur et de la hausse des températures.

Elle signale également des décès de détenus admis dans plusieurs services d’urgence et décrit des médecins et infirmiers confrontés à une pression dépassant, selon elle, les capacités du système de santé.

L’organisation ne fournit cependant aucun bilan chiffré dans ce communiqué. Elle affirme que les services compétents du ministère de la Santé recensent les décès, les personnes victimes de coups de chaleur ainsi que les capacités d’accueil des services de réanimation, tout en déplorant qu’aucun chiffre officiel n’ait encore été rendu public.

Wajih Dhakkar : 13 décès recensés en 24 heures

Dans une publication distincte sur sa page Facebook, Wajih Dhakkar livre un bilan beaucoup plus précis.

Le président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins affirme que celle-ci a recensé 13 décès au cours des dernières 24 heures. Sa publication n’établit toutefois pas que ces 13 décès sont tous directement imputables à des coups de chaleur.

Son témoignage se concentre ensuite sur la situation à l’hôpital Habib-Bourguiba de Sfax, où il décrit un service d’urgence en état d’alerte maximale.

Selon Wajih Dhakkar, 21 cas de coups de chaleur nécessitant une réanimation ont été enregistrés durant la seule journée de vendredi. Il fait également état de six décès, dont celui d’un détenu.

Le responsable affirme par ailleurs qu’environ 40 patients se trouvaient dans la salle de déchocage des urgences, alors que sa capacité serait limitée à 16 patients.

Un bilan repris à l’étranger mais pas encore confirmé officiellement

L’alerte a rapidement dépassé les frontières tunisiennes. Al Jazeera a repris ce samedi le chiffre des 13 décès en l’attribuant aux données publiées par Wajih Dhakkar dans la nuit de vendredi à samedi. Le média rapporte également les 21 cas de coups de chaleur nécessitant une réanimation et les six décès signalés à l’hôpital Habib-Bourguiba.

L’agence allemande DPA a également diffusé le bilan de 13 décès attribué au président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, tout en apportant une précision essentielle : elle indique ne pas avoir pu faire confirmer ces chiffres auprès de sources officielles.

Cette absence de bilan officiel est également au cœur du communiqué des jeunes médecins.

Une divergence sur la situation à Sfax

Les déclarations de Wajih Dhakkar interviennent alors qu’une divergence apparaît sur l’ampleur des conséquences de la chaleur à Sfax.

Dans son post, le président des jeunes médecins conteste directement les déclarations du directeur régional de la Santé, auquel il attribue le démenti de tout décès, avant d’avancer les chiffres recueillis par son organisation.

Une distinction reste néanmoins indispensable : les autorités sanitaires ont évoqué l’absence de décès directement imputables à un coup de chaleur, tandis que les 13 décès avancés par Wajih Dhakkar ne sont pas tous explicitement présentés comme ayant été provoqués par un coup de chaleur.

L’absence d’un bilan détaillé du ministère de la Santé ne permet donc pas, à ce stade, d’établir combien de ces décès sont directement ou indirectement liés aux températures extrêmes.

Les jeunes médecins réclament l’état d’urgence sanitaire

Face à cette situation, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins formule une demande claire dans son communiqué : « Déclarez immédiatement l’état d’urgence sanitaire ».

L’alerte intervient au lendemain d’un appel du Conseil national de l’Ordre des médecins à la « plus grande vigilance » face à la vague de chaleur exceptionnelle. Le CNOM a notamment recommandé de limiter les déplacements au strict nécessaire, d’éviter l’exposition au soleil aux heures les plus chaudes et de s’hydrater régulièrement.

À ce stade, le ministère de la Santé n’a pas publié de bilan national permettant d’établir le nombre de décès directement imputables à l’actuelle vague de chaleur.

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