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Photo Rétro : A prix très doux dans les restaurants des sixties

Voici le menu affiché à la devanture d’un restaurant des années soixante. Il s’agit d’une enseigne populaire difficile à identifier mais ce sont surtout les prix qui retiennent l’attention.

Glanée sur les réseaux sociaux, cette pancarte annonce un couscous au poisson à 150 millimes ou bien une soupe à soixante millimes.
On croit rêver mais que voulez-vous à chaque époque ses tarifs et son pouvoir d’achat !

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Cinéma : « La Poupée » bientôt sur nos écrans

Avec l’appui de l’Ambassade de Pologne, le film «La Poupée» (Lalka), réalisé par Maciej Kawalski, sera projeté à l’Agora vendredi 16 octobre à 18h30 dans le cadre du festival «Vues sur les Arts».

Sorti dans les salles polonaises le 30 septembre 2026, «La Poupée» est l’une des nouvelles adaptations cinématographiques du grand classique de la littérature polonaise de Bolesław Prus.

«La Poupée» nous plonge dans la Varsovie du XIXe siècle et raconte l’histoire de Stanisław Wokulski, partagé entre son amour pour une jeune aristocrate, ses ambitions et les barrières sociales de son époque.

À travers une reconstitution historique remarquable, le film établit un dialogue entre littérature, cinéma et arts visuels, tout en abordant des thèmes universels tels que l’amour, l’ambition, l’argent et les différences de classe.

D’une durée de 2h42, le film sera projeté en langue polonaise et sous-titré en anglais.

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Snapshot : Qu’est-ce qu’il vous a fait ce banc public ?

Lorsqu’une ville fait des efforts et dote ses espaces de mobilier urbain, ces efforts aussi louables que coûteux sont parfois anéantis par le vandalisme ordinaire.

Même les bancs publics n’échappent pas à ces comportements obscènes qui peuvent aussi bien cibler un arbre, un lampadaire ou un bus.

Et quand pareils comportements sévissent à Sidi Bou Saïd, c’est l’une des vitrines du tourisme tunisien (et un site du patrimoine mondial) qui est visée.

À la municipalité de réparer les dégâts mineurs qui additionnés génèrent de lourdes factures. Quant à l’incivisme, il court toujours sous toutes ses formes.

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Arts plastiques : Lamia Bouzouita entre Venise et Wonderland

Depuis le 3 octobre, la galerie Saladin accueille à Sidi Bou Saïd une exposition de Lamia Bouzouita intitulée « Venise et le pays des merveilles ». Cette exposition qui se poursuivra jusqu’au 25 octobre, offre au public une intéressante collection d’œuvres et plusieurs thèmes différents.

La série intitulée « Alice » se trouve au seuil de l’exposition et se décline en plusieurs œuvres inspirées par le personnage de Lewis Caroll. D’un seul tenant, les tableaux sont solidaires, ont été créés dans un seul élan et sont destinés à un unique collectionneur.

Un peu plus loin, le bal continue avec une deuxième série intitulée « Perdu dans le carnaval ». Ce sont cette fois des masques, des danses et des éclats de mémoire vénitienne qui sont à l’honneur. Avec aussi la touche onirique qui amplifie la peinture de Bouzouita.

Les fleurs, les etoiles et toujours les rêves sont au cœur des trois autres séries qui complètent la collection. Le regard peut alors chercher les flux et les fluides, la densité et la légèreté.

À sa manière, Lamia Bouzouita convoque le merveilleux, pétrit ses œuvres iconoclastes de vibrations plastiques et installe des atmosphères où la beauté ordinaire est irradiée par le surréel.

Contrepoint idéal, la géométrie qui jaillit des tableaux optiques de la série « Spazio » vient suggérer d’autres merveilleux qui se déploient jusqu’aux infinis des lignes et des ellipses. Entre tension poétique et rationalité euclidienne, le regard hésite et finit par choisir les deux faces du miroir que lui tend une Alice de toutes les tentations.

Artiste tuniso-italienne, Lamia Bouzouita, née en Tunisie, vit depuis vingt ans à Venise. Après l’Académie des Beaux-arts de Venise, elle a souvent exposé dans la cité des Doges. La galerie Saladin accueille sa première exposition en Tunisie.

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Aux couleurs du Portugal : Deux guitares au palais Ahmed Bey

Avec beaucoup de délicatesse, le récital de la guitariste portugaise Marta Pereira da Costa a été décalé d’une demi-heure dans l’attente de l’appel à la prière d’Al Icha à partir de la mosquée voisine du palais Ahmed Bey à la Marsa. Une attention très appréciée par le public présent qui attendait de découvrir la musicienne portugaise et Francisco Sales qui l’accompagnait avec une deuxième guitare.

Marta Pereira da Costa n’est pas inconnue du public tunisien. Elle s’est déjà produite en 2009 à Ennejma Ezzahra et apporté l’énergie de sa présence et celle de sa guitare qui chante le fado, ce style musical portugais entre tous.

Concert acoustique donc, avec deux guitares qui dialoguent, deux guitares dont l’une porte l’autre, le tout se mariant à merveille. La première pièce a pris la forme d’un voyage au Portugal, un peu comme un prélude musical qui annonce la couleur et installe un univers sonore aux couleurs vives.

Avec « Mouvement », un second morceau plutôt impressionniste, la musicienne est venue rappeler sa culture classique et sa connaissance du piano. Dans un style qui évoque certaines études de Debussy, les deux guitares ont d’abord décrit le flux de l’eau avant un final impétueux, proche d’une farandole débridée.

Les pièces musicales allaient ensuite se succéder, tissées dans une vaste diversité sonore et une rencontre permanente entre les cultures et les sonorités. Une magnifique interprétation du mythique « Summertime » de Gerschwin allait éblouir l’assistance. Jeu épuré, tempo jazzy et guitares débridées pour un crescendo final transmuant une complainte en échappée belle.

Puis ce fut une invitation à danser, tous portés par un air entraînant aux effluves jaillis du nord du Portugal. À l’unisson, trois cents mains battaient la cadence, épousaient l’invitation des deux guitares et distillaient la joie du moment.

Quatre autres pièces de structure plus classique constitueront le second versant du récital. Au début, l’on dirait une Nocturne de Chopin mais imperceptibles, les couleurs portugaises reprenaient le dessus.

Le style de Marta Pereira da Costa est ainsi : un ancrage classique, des arpèges qui se déploient à l’infini de deux guitares puis des vibrations entre jazz et folklore. Deux moments idéaux allaient suivre. Imprégné de saudade, le premier reprendra un fado classique avec deux accords puissants et des libres variations.

Tout en émotion, le second est intitulé « Solo » et n’était autre qu’un retour aux sources puisqu’il s’agit de la toute première composition de l’artiste alors qu’elle venait de troquer son piano contre une guitare portugaise. Inspiré, de facture classique, avec de claires harmonies, ce solo de l’âme ouvrira le chemin d’un final aussi rythmé que vivement applaudi.

Avec quelques mots choisis, Marta Pereira da Costa remerciera le public et promettra de revenir bientôt et plus longuement. En partance pour la Pologne, après une tournée en Inde et un récital en Tunisie, elle laisse un sillage de grâce et déjà la trace d’un enchantement musical.

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Découverte : Toutes les saveurs de la gastronomie roumaine

Valentin Muntean, ambassadeur de Roumanie en Tunisie, a déployé beaucoup d’énergie pour faire connaître différents aspects de la culture roumaine en Tunisie. Lors de divers événements récents organisés par l’ambassade de Roumanie, ce diplomate chevronné a fait connaître la tradition séculaire de la blouse brodée que portent les roumains ou encore le cinéma de son pays.

Entre visites officielles et échanges de délégations commerciales, l’ambassadeur de Roumanie a également assuré la semaine écoulée, une soirée destinée à promouvoir la gastronomie et les vins de Roumanie.

Dans ce but, le chef Cristian Costescu était en visite en Tunisie où il a investi pour un soir, les cuisines du chef Mounir Arem. De cette complicité entre les deux maîtres-cuisiniers, un cocktail de spécialités roumaines a vu le jour et enchanté une soirée culturelle aux couleurs de la Roumanie.

Nous savons peu de choses de la cuisine roumaine. Peut-être certains d’entre nous savent-ils que nous utilisons le même mot pour désigner une soupe : Ciorba en roumain et Chorba pour les Tunisiens. Ainsi, cette initiative a permis de découvrir et mieux connaître les spécialités roumaines les plus réputées.

Les Crostini sont à ce titre des entrées parmi les plus emblématiques et sont préparés de diverses manières. Poivrons, œufs farcis et fromages tressés sont également des spécialités typiques de la cuisine roumaine. Une autre préparation prisée par le chef Cristian Costescu est proche du répertoire tunisien puisqu’il s’agit de boulettes de poisson à l’image de notre kefta.

De manière classique, le chef Cristian Costescu a choisi de mettre aussi en exergue la présence du chou dans la cuisine roumaine et aussi celle du goulasch de bœuf, un autre incontournable de la région.

Cette dégustation a également valu par les desserts proposés par le chef roumain. Semblables aux yoyos tunisiens, les Papanași sont des beignets frits servis avec un coulis, mêlant ainsi textures et couleurs.

Cette soirée se voulait également une vitrine pour les vins roumains des domaines Zaig et Englelhardt, des crus qui soulignent aussi bien la qualité des terroirs que la diversité de la production entre la légèreté d’un Chardonnay et le velours d’un Merlot.

Enfin, la musique roumaine était présente grâce à un fond musical évocateur de l’hospitalité d’un pays de haute tradition. Très disponibles durant toute la soirée, l’ambassadeur Muntean et son épouse étaient aux petits soins, expliquant une recette ou éclairant un trait culturel. Quant au chef Costescu, il était pleinement investi aux fourneaux mais a bien sûr pris le temps de saluer les convives et livrer ses impressions tunisiennes et aussi un pan de son savoir-faire roumain.

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Prix Michael Philip Cracknell : Qui seront les trois lauréats ?

C’est au musée national du Bardo que sera présenté le palmarès de la première édition du prix Michael Philip Cracknell. La cérémonie de remise du Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement se tiendra jeudi 8 octobre à 18h.

Créé en hommage à Michael Philip Cracknell, cofondateur d’Enda et profondément engagé en faveur de l’environnement et du développement, le prix consacre un héritage fait d’engagement, de responsabilité et d’action concrète.

Doté d’un montant global de 100.000 dinars, le Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement distingue des initiatives tunisiennes déjà à l’œuvre, capables d’apporter des réponses concrètes aux défis environnementaux, de démontrer leur impact et de franchir une nouvelle étape dans leur développement.

La soirée mettra à l’honneur les dix finalistes de cette première édition et sera marquée par l’annonce des trois lauréats. Elle sera également l’occasion de présenter : Le Manuel du Citoyen du Monde.

Œuvre de Roberto Savio, économiste et journaliste italo-argentin, fondateur de l’agence de presse Inter Press Service (IPS) et activiste international engagé en faveur de la citoyenneté mondiale et de la justice sociale. La présence de l’auteur sera une occasion de mettre en relief son parcours et sa vision de la citoyenneté et de la paix dans le monde.

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Lee Tae-Won, ambassadeur de Corée : « Dans le domaine de la santé, la Tunisie est une puissance régionale »

Alors que la Tunisie et la Corée approchent du soixantième anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques en 1969, les indicateurs soulignent une coopération bilatérale en plein essor dans plusieurs domaines. Nous avons rencontré M. Lee Tae-Won, ambassadeur de la République de Corée en Tunisie, pour faire le point.

La dimension régionale de la Tunisie

Dans quel domaine se développe la coopération entre la Tunisie et la Corée ?

Depuis mon arrivée en Tunisie il y a deux ans, j’ai pu constater un grand potentiel dans le domaine médical. La dextérité des médecins tunisiens est remarquable. Elle vaut à la Tunisie d’avoir l’image d’une puissance médicale qui rayonne sur la région et continue à progresser. Des projets en matière de chirurgie robotique et de numérisation des services médicaux ont vu le jour en Tunisie avec un partenariat de la Corée.

Sur un autre plan, la Tunisie possède une industrie de haut niveau en matière de composants automobiles. Plusieurs visites de compagnies coréennes ont permis de mettre en valeur ces capacités. Récemment, une délégation de la Korean Autopart Manufacturing Association a permis de renouveler ce constat. En effet, dans ce domaine également, la Tunisie peut se prévaloir d’une dimension régionale et d’une pleine coopération avec la Corée.

Bientôt, Yura installera une sixième unité

On annonce la prochaine installation d’une sixième usine Yura

En effet, la compagnie Yura continue à développer sa présence en Tunisie. Une cinquième unité vient de voir le jour à Kairouan et une sixième unité est actuellement planifiée. Depuis une décennie, cette compagnie poursuit son développement en Tunisie et produit des pièces importantes pour les voitures électriques.

Entre commerce et culture

Existe-t-il une chambre de commerce tuniso-coréenne ?

Jeune et ambitieuse, la Chambre de commerce tuniso-coréenne est de création récente. Elle a constitué la cheville ouvrière lors de l’organisation de visites de délégations coréennes en Tunisie et travaille à promouvoir les atouts de la Tunisie auprès des entreprises coréennes.

On constate un intérêt accru des jeunes Tunisiens pour la culture coréenne.

En effet, les demandes d’études en Corée progressent dans le monde. De même, l’apprentissage de la langue coréenne a trouvé des vecteurs en Tunisie. Il existe une tendance globale autour de la culture coréenne. Elle se matérialise à travers l’attractivité de la K-Pop et son rayonnement international. Depuis toujours, nous avons considéré la culture comme un facteur de coexistence pacifique.

En Tunisie, un meeting annuel est organisé avec des performances de chant et de danse par des jeunes Tunisiens et Coréens. L’ambassade de Corée vient d’organiser un festival destiné à faire connaître la K-Street Food. Beaucoup de jeunes y sont venus pour découvrir la nourriture populaire coréenne et ont participé à des jeux et des ateliers. Ce sont de bons signaux qui soulignent que la culture coréenne est attractive et présente en Tunisie.

En 2029, le soixantenaire des relations diplomatiques

Quels horizons pour la coopération ?

Il existe un grand potentiel dans plusieurs domaines qui concernent l’économie, le développement ou la culture. Nous travaillons à promouvoir davantage notre coopération. En 2029, le deuxième Sommet Corée-Afrique constituera un rendez-vous multilatéral important. Au niveau bilatéral, nous célébrons également en 2029 le soixantième anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre la Tunisie et la Corée.

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Tourisme culturel : « Petit Pays », l’exposition photo qui devient un voyage dans le patrimoine

L’exposition photo « Petit Pays je t’aime beaucoup » est de retour du 22 au 25 octobre à Djerba. Cette exposition prend désormais l’envergure d’un événement qui conjugue les œuvres des photographes avec une plongée dans le patrimoine.

En effet, les participants à cet événement au départ de Tunis pourront découvrir plusieurs aspects du patrimoine djerbien à travers des visites dans des musées, des mosquées et des huileries.

Des activités liées au patrimoine culinaire sont également au programme. De plus, un concert live à la marina de Houmt-Souk ajoutera une touche festive finale à cet itinéraire culturel de quatre jours.

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Journées Musicales de Carthage : L’Espagne sous le signe du flamenco

Le guitariste flamenco Dani de Moròn sera le 10 octobre à 15h sur la scène des Journées Musicales de Carthage pour un concert qui aura lieu au Théâtre des jeunes créateurs à la Cité de la culture.

L’Ambassade d’Espagne en Tunisie poursuit ainsi sa collaboration avec les Journées Musicales de Carthage, véritable espace de rencontre entre les scènes musicales tunisienne, méditerranéenne, arabe, africaine et européenne. Cette participation espagnole bénéficie également du soutien de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, renforçant ainsi les échanges culturels et les liens entre les scènes européennes et tunisiennes.

Dani de Morón est l’un des guitaristes flamencos les plus reconnus et influents de sa génération. Originaire de Morón de la Frontera, l’un des hauts lieux de la tradition de la guitare flamenca, Dani de Morón s’est formé dans l’entourage de Matilde Coral.

Il a depuis développé une remarquable carrière aux côtés de grandes figures du flamenco telles que José Mercé, Antonio Canales, Concha Buika et Patricia Guerrero, et a notamment accompagné Paco de Lucía lors de sa tournée Cositas Buenas, une expérience qui a contribué à renforcer sa projection internationale.

Lauréat de deux Giraldillos de la Bienal de Flamenco de Sevilla et nommé aux Latin Grammy Awards 2018 dans la catégorie « Meilleur album de flamenco » pour 21, Dani de Morón développe un langage musical personnel, à la croisée de la tradition flamenca, du jazz et des musiques du monde.

Son concert à Tunis sera l’occasion de découvrir une guitare flamenca à la fois profondément enracinée dans sa tradition et ouverte à de nouveaux horizons musicaux.

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De Djerba à Douz : Ksours, troglodytes et dunes de sable

Je choisis de rejoindre Médenine par la chaussée romaine non sans laisser mes yeux s’imprégner de la solitude de Borj Kastil au mitan des eaux. Vital, le pipe-line serpente le long de la route antique, acheminant l’eau si précieuse jusqu’à l’île de Djerba.

Un chapelet de villages tout au long de la route qui file parmi les oliviers : Rsifet, Khalfallah, Loubigla, El Ghrabat, Hessi Amor et toujours des mosquées, des épiceries, des cafés et des garages. Je traverse rapidement la ville de Médenine pour rejoindre Ksar Metameur où m’attend Mabrouka pour partager le pain, l’huile et le miel. Depuis plusieurs années, Mabrouka accueille les voyageurs dans la vaste cour du ksar désaffecté, à l’ombre des mausolées de Sidi Ahmed Lahjel et Sidi Hassen Ben Kmala. Elle me raconte la chronique du village et ses dernières semaines à la tâche.

J’ai toujours refusé le sort qui est celui de ces ksours amazigh dont le délabrement relatif souligne notre désaffection pour ce pan de notre patrimoine et aussi nos contentieux avec l’histoire. Comment sauver ces monuments qui sont partie intégrante de notre mémoire mais ne sont pas considérés comme tels ? C’est en me reposant cette sempiternelle question que je quitte Mabrouka.

Assis à même le sol, des hommes jouent aux dominos au seuil d’un café. Je discute un moment avec eux. Des généralités et la saison décisive de l’automne. Je prends ensuite la route de Matmata. Les villages s’égrenent devant moi : Allamet Machlouch et ses cafés assoupis ; la bifurcation vers Beni Khedache et Bir Soltane ; Al Saykha puis Dkhilet Toujane et Ouled Mhelhel qui marquent le début de l’ascension.

Arrêt devant le village fantôme de Toujane où vivent quelques âmes dont on reconnaît les maisons blanchies à la chaux au milieu des vestiges de couleur terre. Plus loin, je reconnais Tounine qui se cache dans les replis montagneux, la route de Zmerten qui va vers nulle part, Meztata au fond de la vallée et les chemins invisibles de Techine et Hafi Rassou.

À peine arrivé à Matmata, je me rends à Tijma pour retrouver Myriam qui me régale d’une chakchouka dont le rustique de la préparation se conjugue à la saveur des terroirs et dans laquelle je trempe mon pain tabouna encore chaud.

La route vers Douz. Rectiligne et précédée par quelques villages troglodytes qui commencent à Haddege passent Ksar Beni Aissa et Bou Dhafer puis arrivent au triangle amazigh entre Tamezret, Taoujout et la lointaine Zraoua dont les vestiges massifs réveillent une mémoire occultée.

Sinon une transversale qui mène jusqu’à Ksar Ghilane, aucune route ne s’élance du long tapis de bitume qui mène jusqu’à Douz. Parfois, un troupeau de chameaux ou des dunes de sable rompent la monotonie minérale.

L’arrivée à Douz. Nouail et El Faouar sont à quelques kilomètres. Après l’incontournable halte sur la grand-place, je mets le cap sur Jbil et El Hessi. Le sable a envahi une partie de la route mais la dune se maintient plutôt bien. Le silence règne absolument et le soleil s’apprête à se fondre dans la nuit naissante. L’instant est simplement modelé par la beauté des éléments et l’élévation n’en dévient que plus naturelle.

Inspiré, en éveil et aberrant, je suis la course toujours renaissante du jour et de la nuit. Au bout du crépuscule, alors que l’obscurité hésite encore, la lune dans sa plénitude, illumine le ciel étoilé. Et moi, jouant avec le sable, au seuil d’une nouvelle anabase.

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