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Nostalgies : Si tu es pressé, prends un détour

Lorsque j’ai des vêtements à repriser, je vais toujours à la rue des Tanneurs, chez un tailleur qui, devant sa machine à coudre, dans un minuscule atelier, rend des services inestimables. De bon matin, alors que ses voisins ne sont pas encore ouverts, je lui apporte un pantalon dont je voudrais prolonger la vie et que je reviendrai chercher dans quelques heures.

La rue des Tanneurs s’éveille à peine. Seul le marchand de beignets s’active et sert des clients qui attendent calmement leur tour et une ftira croustillante. Le plus ancien des bouquinistes de cette rue est lui aussi dans son antre. Alors que je suis à sa hauteur, il est en train de disposer des classiques Larousse sur un étalage. Je ne peux résister à la vue des petits fasicules qui fleurent bon le théâtre de Racine et de Moliére, les tragédies antiques, les petits caprices de Marianne, les noces trépidantes de Figaro ou les odieuses fourberies de Scapin. Je m’empare de quatre fasicules et demande au bouquiniste de m’en garder un cinquième que je viendrai récupérer en même temps que le pantalon.

Heureux de ma prise matinale, je me dirige vers l’Avenue, non sans avoir caressé du regard la façade de l’immeuble où a longtemps vécu l’école de danse Tramoni & Caparros. Je m’arrête ensuite quelques instants devant le restaurant l’Orient dont l’enseigne ayant perdu son apostrophe, annonce désormais une ville de Bretagne. C’est dans les cuisines de ce restaurant que travaillait le père de Habib Hentati que j’avais croisé la veille. Cuisinier à l’ancienne, ce dernier faisait lui-même son marché et pouvait rien qu’en jaugeant le contenu des couffins, deviner si la journée serait fructueuse.

Avec son associé de la famille Fendri, le chef Hentati avait fait de l’Orient une table appréciée, aux spécialités très recherchées. Avec le Bagdad et le Malouf, l’Orient était le porte-drapeau de la cuisine tunisienne au centre-ville et si on y dégustait une excellente sole farcie, on y sacrifiait surtout à la salade de poulpe et l’agneau servi dans une gargoulette. Dans le temps, le célèbre Nanou était le voisin de l’Orient et servait ses plats tunisiens et son inimitable casse-croûte au thon juste à côté, drainant une clientèle inépuisable. Aujourd’hui, Nanou n’est plus là depuis longtemps et l’Orient se maintient vaille que vaille dans un Tunis en perte de repères gourmands.

Ces quelques pas matinaux dans une ville encore déserte ont convoqué le souvenir de plusieurs enseignes des rues que je viens de parcourir. Je préfère les noter pour mémoire, afin d’y revenir plus tard. À la rue des Tanneurs, les gâteaux secs de Victor ; rue d’Alger, le Chantilly tenu par la famille Grech ; rue Saint-Jean, le Bosphore qui est toujours ouvert ; le Hungaria et la brasserie Guillaume Tell qui ont disparu de la rue Ali Bach Hamba alors que le Carthage est toujours là ; l’Orient enfin qui a gardé de beaux restes après le départ des fondateurs.

Ce bref détour par les rues du quartier me mène jusqu’à l’avenue Bourguiba dont je regrette l’effritement de certaines façades Art Déco qui mériteraient un ravalement. Je m’assieds quelques instants sur les marches du théâtre, mon carnet numérique à la main. Je prends quelques notes pour comme qui dirait, alimenter la chronique et nourrir les pages de ce journal extime. La ville continue à s’éveiller : l’équipe du Théâtre municipal est déjà à pied d’œuvre, accrochant des affiches et nettoyant les abords de la Bonbonnière. Comme j’ai le temps et quelques dizaines de minutes à tuer, je file vers la porte de service de la rue de Grèce et me dirige vers le bureau du directeur du théâtre.

Abbés Libirsou est déjà arrivé. Il organise la journée de travail et la soirée de représentation. C’est toujours avec nostalgie que je viens dans ce bureau où flotte le souvenir de mes amis Mohsen Ben Abdallah et Youssef Slama. Je profite de mon passage pour faire quelques pas sur scène, devant la salle vide puis je déambule dans les couloirs, admire les portraits des gens de théâtre et la silhouette en Caligula d’Aly Ben Ayed. Je suis comme dans un cocon, la matrice de tant de souvenirs liés à ce théâtre centenaire.

Je me lance ensuite dans un tour de la ville pour glaner des émotions et des réminiscences et accessoirement récupérer un livre et un pantalon. Je profite de la matinée pour payer quelques factures et rendre visite à la rédaction de Tunis Hebdo. Je prends aussi quelques photos et, sans m’en rendre compte, me retrouve dans la médina.

J’arpente la rue Zarkoun, le souk Grana et arrive à la Hafsia. Je cherche à me procurer une veste et tombe sur une pépite de la marque Dockers qui ne me coûte qu’une poignée de dinars. Je reviens ensuite vers le souk du Cuivre puis la rue de la Kasbah et bifurque vers le Divan ottoman du seizième siècle. Je continue ma vadrouille impromptue qui n’est qu’une manière d’attendre en mouvement que mon pantalon soit reprisé. Je finis par aboutir à Bab Carthagène et me laisse aller jusqu’à mon point de départ. Je récupère livre et pantalon et poursuis mon chemin après ce long détour.

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Nostalgies : Comme si un peu de la Valette reposait à Tunis

J’ai vocation à retenir et garder telles quelles des traces ténues et tenaces. Car elles me fondent face à l’oubli et me ramènent toujours à celui que je fus dans le fuyant du temps.

Parfois, de simples patronymes  pourtant irrigués de significations peuvent conjurer l’effacement.

D’autres fois, ce sont des noms de magasins, ceux de grands professionnels de la presse,de la médecine ou du barreau, ou encore ceux de minuscules commerçants de proximité, des enseignes de bars et cafés qui eurent leur heure.

Tenter une énumération. Dire pêle-mêle ce qui revient : Sitruk,  Baranès, Kalfon, Galula, Sitbon. Alors réaliser que seulement cinq noms pourraient être les têtes de liste d’un inventaire inépuisable.

Cesser d’écrire. Méditer, chercher au fond de soi, aller vers celles et ceux qui comme des fantômes angéliques, nous habitent fussent-ils outre-tombe, fussions-nous à tire d’âme. Se taire. Laisser remonter le souvenir dans sa complexité.

Quand j’arpente le cimetière du Borgel, entre les tombes souvent délaissées, je ne peux m’empêcher d’être aspiré par le souvenir du registre d’appel de ma classe où beaucoup des noms inscrits sur les stèles figuraient.

Ces sépultures de personnes que je ne connais pas mais dont les noms me sont familiers me renvoient aussi aux enseignes de nos rues lorsque les noms de fantaisie jouxtaient les raisons sociales.

Sur des vitrines, je pouvais lire Borg, Schembri ou Sammut et sur les tombes, gravés dans le marbre, je relis les mêmes noms.

Ces fulgurances, je les ai ressenties pour la première fois en remontant l’avenue principale de La Valette. Toutes les enseignes que mon regard croisait portaient des noms familiers, ceux d’amis ou de relations : Mangani, Farrugia, Azzopardi, Grech, Cauchi, Tabone.

Puis, un jour, sur l’allée centrale du cimetière chrétien de Tunis, la même sensation troublante s’est imposée à moi. Les mêmes noms, comme si j’étais à la Valette. Ou encore comme si un peu de la Valette reposait à Tunis.

On écrit toujours contre la mort et ces tombes si nombreuses sont non pas des monuments en exil mais des repères inlassables pour ceux de la diaspora qui reviendront un jour.

Ces ancêtres devenus poussière nous fixent dans l’humus et où que nous soyons,  ils nous interpellent et nous rappellent à un sol aussi absolu que celui des poètes : mon sol natal, celui dont je m’exhume.

Toutes ces traces me fascinent. Qu’elles remontent au cours d’une conversation ou qu’elles reviennent à petits pas dans l’intimité d’un cimetière. Ces échos parfois lointains me remuent car je les assume et plus précisément, je voudrais m’emparer de leur continuité, les établir dans une présence diffuse mais bien réelle.

Ceci, je voudrais le dire et le revendiquer. Je suis un chercheur de traces dans la fuite du temps. Chaque éclat, chaque tesselle, chaque bribe sont mon horizon à rebours et le socle de mon regain.

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Snapshot : C’est tendance, le poisson de l’étal au grill du marché !

Que ce soit à Bizerte, Kélibia, La Goulette ou Djerba, la dégustation de poisson frais associe de plus en plus le marché et le grill du coin.

Comme l’indique, cette pancarte, il suffit d’aller acheter le poisson à l’étalage et se rendre au grill le plus proche pour savourer la marée du jour à prix doux.

C’est une bonne recette anti-crise car elle offre à tous un accès à prix raisonnable au meilleur du poisson. Ce qui explique que ce mode de consommation est plus que jamais tendance !

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Everyday Tunisians : Adel et la légende du père

Icône de la poterie tunisienne, Romdhane Ben Mahmoud a reçu dans son atelier de Guellala des milliers de visiteurs. Aujourd’hui, son fils Adel continue la saga familiale.

Potier par tradition, le père s’était forgé une véritable légende. Romdhane Ben Mahmoud a en effet voyagé partout dans le monde pour faire connaître l’art des potiers tunisiens.

Jusqu’en Australie et en Asie, il a rappelé la fameuse phrase de Georges Duhamel venu à Djerba à la recherche de potiers et s’étant retrouvé devant des poètes.

Romdhane Ben Mahmoud

Décédé il y a vingt-deux ans, Romdhane a passé le flambeau à son fils Adel qui maintient une tradition d’un demi-millénaire en attendant de la transmettre à ses propres fils.

Ponctuel, attentif et efficace, Adel raconte le quotidien d’un potier à Djerba. Avec des mots sobres et des gestes amples, il décrit les objets, explique la dialectique de la glaise et de l’eau et souligne l’ancrage immémorial de son métier.

Dans l’atelier des Ben Mahmoud, on marche sur du sable, toujours à l’ombre vive des patriarches. Ici, le savoir-faire est en mouvement et la continuité toujours de mise.

Après tout, ne sommes-nous pas à Guelalla dont le nom même signifie  » potiers  » ?

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Rétro Photo : Un anniversaire d’un siècle et dix-huit ans, ça se fête !

Notre photo représente l’Omnia Pathé, la première salle de cinéma à avoir ouvert ses portes en Tunisie.

L’inauguration de ce cinéma qui se trouve à la rue Amilcar et a gardé de beaux restes, a eu lieu le 16 octobre 1908. Ce qui donne une profondeur historique de 118 ans à ce lieu de mémoire.

Un tel anniversaire se doit d’être célébré et, dans cet esprit, il est bienvenu à la veille des Journées cinématographiques de Carthage de réveiller la longue mémoire du cinéma en Tunisie.

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Nostalgies : Flâner dans le souvenir de tant de souvenirs

À chaque rue jaillissaient des réminiscences et flottaient les souvenirs d’amies comme Adriana et Paola Designi, le bijoutier Sarfati, l’artiste Bellagha ou le libraire Soufiane.

Notre promenade nous a menés partout, de Sidi Mahrez à la Zitouna, de Dar Lasram à Dar Monastiri et de la Kasbah à Bab Bhar.

Chaque pas que nous faisions me nourrissait des souvenirs de mes quatre compagnes d’un jour : pêle-mêle, mes amies évoquaient le souvenir de l’atelier mécanique du cousin Jaques Casubolo, la figure de duégne de madame Giudice au Cercle italien, la finesse des escalopes de madame Garcia au Paradiso, l’ancêtre radiologue des Designi, les citronnades chez Bébert et les croquants chez Nathan, les rues de Tunis entre Massicault, Bordeaux et Jean le Vacher, le souvenir de tant de souvenirs que parfois elles égrenaient en chœur.

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Photo : Pierre Gassin à l’Alliance française de Djerba

Sous le regard vigilant et engagé de Yassine Hamrouni, directeur de l’Alliance française de Djerba, Pierre Gassin expose sa collection intitulée « Résilience » jusqu’au 25 novembre.

Consacrées aux îles Kerkennah où réside Pierre Gassin, cette série de photographies est une plongée dans le quotidien de l’archipel et de la relation des Kerkenniens avec la mer.

Sublimées par le noir et blanc, les photos de Gassin témoignent également d’une esthétique maîtrisée et d’un art accompli.

L’ouverture de l’exposition aura lieu samedi 17 octobre dans les locaux de l’Alliance française de Djerba.

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Everyday Tunisians : A Tijma, Dalila et ses sœurs

Elles sont trois et depuis l’enfance, elles sont restées inséparables. Dalila et ses deux sœurs vivent à Tijma, près de Matmata, dans une maison troglodyte.

Leur demeure est ouverte aux viisiteurs qui y dénichent une multitude d’objets et sont accueillis selon les codes généreux de l’hospitalité tunisienne.

Dans ces maisons séculaires, c’est toute une histoire qui bruit de chaque chambre, chaque objet, au point où les récits de vie croisent la lointaine mémoire familiale.

Dalila est tout espoir pour un avenir meilleur. Entourée par ses sœurs, elle décline les tâches du quotidien et savoure une vie simple et les bienfaits oubliés qu’elle offre.

Entre Tijma et Tamazret, tant de modestes familles apportent ainsi une contribution – modeste mais si décisive – au tourisme tunisien.

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Snapshot : Les jerrycans de la Deuxième guerre mondiale

Dans plusieurs régions du sud tunisien, de Mareth à Ghomrassen en passant par Matmata, des jerrycans des différents corps d’armée – notamment américain et britannique – sont préservés comme des reliques.

De fait, ces bidons destinés à l’essence sont disséminés un peu partout, là où les combats avaient eu lieu entre forces de l’Axe et Alliés.

Toutefois, dans le sud tunisien, ils sont exposés comme des pièces de musée. Parfois intacts, souvent recouverts d’une couche de peinture, ces bidons restituent quelques éclats de la Campagne de Tunisie entre novembre 1942 et mai 1943.

Certains parmi nous se souviennent que ces jerrycans ont longtemps servi pour les corvées d’eau devant les fontaines publiques. À ce dernier titre, ils sont indissociables de notre mémoire urbaine quand l’eau courante n’était pas encore dans toutes nos maisons.

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Snapshot : A la sortie de Kairouan, jusqu’à quand ce scandale va-t-il durer ?

En sortant de Kairouan, en allant vers la direction d’El Djem, le même triste spectacle est au rendez-vous depuis des années.

Oui, depuis des années, cette décharge sauvage occupe le lit d’un oued et ses abords, souillant le paysage et témoignant d’une inqualifiable incurie.

Sachets plastiques en décomposition et gravats de toutes sortes continuent à s’accumuler et, depuis des années, tout le monde regarde ailleurs. Jusqu’à quand ?

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Everyday Tunisians : Les incomparables beignets de Kairouan

Ce n’est qu’à Kairouan que les marchands de beignets continuent à officier à l’ancienne, assis en tailleur devant leur établi.

Entre la pâte à dompter et les éclats de l’huile de friture, ils sont impassibles, répétant des gestes précis, saluant les clients et veillant à la cuisson des beignets.

Aussitôt sortis de l’huile, les anneaux luisants sont placés sur un égouttoir puis, après un temps toujours trop long pour les gourmands, enveloppés dans du papier.

À Kairouan, le maître ftairi travaille à l’ombre des aïeux et, très tôt le matin, il attend sa clientèle et offre à qui le désire ses beignets croustillants, gages d’une journée qui commence à l’aune d’un petit-déjeuner immémorial.

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Danse : Une chorégraphie pour Didon et Énée à la Cité de la culture

Le Théâtre de l’opéra de Tunis accueille samedi 17 octobre à 19h un spectacle chorégraphique qui célèbre la légende de Didon et Énée.

Interprété par les danseurs du Ballet de l’Opéra de Tunis sur une chorégraphie de Mathieu Geffré et une dramaturgie d’Andrew Gardiner, le spectacle sera également porté par la musique baroque d’Henry Purcell.

À découvrir pour les amateurs de la danse et de la grande musique ainsi que les férus d’histoire.

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Nabeul : Un admirable musée archéologique

Le musée archéologique de Nabeul compte parmi les pépites mettant en valeur l’histoire antique de toute la région du Cap Bon. Plusieurs merveilles en mosaïque et de nombreux artefacts font de ce musée une destination de choix.

Organisé selon les régions du Cap Bon, ce musée rassemble des mosaïques de Kélibia, de Nabeul – notamment celles de la villa du Sphinx – et de Hammamet. On y trouve également une collection d’objets et de statues en provenance de Kerkouane et Thinissut.

Très didactique et déployé avec beaucoup de pédagogie, ce musée de Nabeul permet également de s’initier à l’exploitation antique du murex et du garum.

Avec une seule salle et un déambulatoire parfaitement organisé, ce musée démontre que la richesse des collections n’est pas seulement dans le nombre des pièces mais aussi dans leur qualité et leur état de conservation.

Le musée archéologique de Nabeul apporte en effet que les musées en région recèlent de véritables trésors qui attendent plus de visibilité.

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Snapshot : Chaud, chaud, le prix des bananes !

A trente dinars le kilo (et parfois plus que ça), les bananes sont clairement hors de prix malgré la vigilance des autorités quant à la commercialisation de ce fruit à ranger au rayon de l’exotique.

Faudra-t-il acheter les bananes à l’unité ou plus prosaïquement fermer les yeux pour regarder ailleurs ?

Décidément, quand les prix s’envolent de la sorte, on ne sait plus quoi faire du côté des consommateurs. La balle est clairement chez les responsables concernés pour juguler cette spirale bananière.

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La Marsa : Du nouveau au palais Ahmed Bey

Depuis sa restauration, le palais Ahmed Bey rayonne sur la ville de la Marsa et brasse désormais les manifestations publiques, privées et familiales.

Avec beaucoup de persévérance, Mahmoud Redissi, l’animateur des lieux, n’en continue pas moins son travail de sauvegarde et de mise en valeur comme en témoignent plusieurs nouveaux espaces désormais accessibles.

À ce stade, le palais Ahmed Bey donne l’image d’un lieu dont la restauration est pleinement maîtrisée et en constante progression.

Hier à l’abandon, ce palais accueille aujourd’hui des manifestations culturelles, des réceptions diplomatiques, des rendez-vous d’entreprises et aussi des événements familiaux.

Un must pour la Marsa et toute la banlieue nord de Tunis.

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Entre Tunisie et USA : Le grand retour de Jo Ann Morning

L’artiste américaine Jo Ann Morning est sur le point de présenter sa nouvelle collection à la galerie Saladin de Sidi Bou Saïd. Le vernissage de l’exposition aura lieu le 31 octobre en présence des collectionneurs d’art, de la famille des plasticiens tunisiens et des amis de la galerie chère à Ridha et  Amine Souabni.

Jo Ann Morning est une artiste de premier plan qui excelle dans plusieurs techniques et vit en Tunisie depuis plusieurs années. Ses expositions récentes et ses résidences artistiques l’ont menée en Europe et aux États-Unis d’Amérique. Ses collections réalisées en France, en Égypte et au Maroc figurent dans des collections internationales aux côtés de ses œuvres tunisiennes.

La nouvelle exposition de Jo Ann Morning est intitulée  » From Trees to Dreams  » ( Des arbres et des rêves ). Elle y présente plusieurs séries réalisées ces derniers mois, notamment des tableaux utilisant des pigments naturels issus de fleurs et aussi des œuvres représentant des allégories du mouvement intime de la nature.

Cette collection est articulée autour de travaux sur papier, une méthode dans laquelle Jo Ann Morning excelle.

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Tunisie-Argentine : 65 ans de relations diplomatiques

L’Argentine et la Tunisie ont célébré dimanche l’anniversaire des soixante-cinq ans de leurs relations diplomatiques, établies par un accord signé le 11 octobre 1961, dans le contexte de la guerre froide et des luttes pour la décolonisation.

Quelques années plus tard, en 1974, l’Argentine avait ouvert son ambassade à Tunis, provisoirement installée à l’hôtel Africa.

Voici un fac-similé de la toute première communication officielle de l’ambassade, adressée, comme le voulait l’usage, au Doyen du Corps diplomatique pour lui annoncer son ouverture.

Un document pour l’histoire et une première trace argentine dans les relations entre nos deux pays.

Screenshot

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Nostalgies : Parfum d’automne et fruits de saison

L’automne prend ses marques et les premières pluies sont au rendez-vous. L’été n’est plus qu’un songe désormais que les marchands d’azeroles et de jujube sont de nouveau dans les rues pour quelques brèves semaines et si les figues ont disparu des étalages, les coings et les grappes de raisin sont partout.

Chez nous, l’automne a toujours de belles couleurs que viennent aussi raviver les fruits de saison. La palette chromatique des figues de Barbarie semble infinie et toute en nuances. Quant au ciel, il est traversé par de lourds nuages gorgés d’eau et parfois, des éclaircies révèlent un bleu fragile ou les taches d’un arc-en-ciel. En un mot, tout invite à la contemplation, la méditation et pourquoi pas, une promenade en bord de mer.

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Institut Cervantes : Morisques Andalous et patrie perdue

Le cycle des conférences reprend à l’institut Cervantes de Tunis. Ainsi, l’institut accueille ce mercredi 14 octobre à 18h30 une conférence du professeur Houssem Eddine Chechia, historien et spécialiste des Morisques et des diasporas sépharades en Méditerranée.

Intitulée « Les ambassadeurs de la patrie perdue », cette conférence s’intéresse à la diplomatie de la « survie » telle que vécue par les Morisques Andalous.

Le conférencier se penchera sur la manière dont les Morisques ont défendu leur cause avant leur exil à partir de 1609 et permettra à l’auditoire de découvrir les soubassements d’une période historique qui relie l’Espagne et la Tunisie du dix-septième siècle.

L’intervention du professeur Chachia sera présentée en langue espagnole. Des synthèses en arabe et en français seront mises à la disposition du public.

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Sur les routes : Mosquées de Kairouan et basiliques de Sbeitla

J’ai passé ces deux dernières journées à rayonner autour de Kairouan, entre Africa latine et Ifriquiya arabe, entre vestiges romains de Thysdrus, sanctuaires chrétiens de Sufetula, sépulture lybique de Dougga et lieux de mémoire islamique.

Je suis passionné par les mosquées de Kairouan. À mes yeux la majestueuse mosquée d’Okba n’a jamais caché la forêt fervente des lieux de culte qui sont disséminés dans les rues tortueuses de la médina.

Dès que je le peux, j’arpente toute la ville et ses mosquées les plus anciennes m’évoquent les premiers pas de l’Islam tunisien. Partout dans Kairouan, des oratoires aux minarets bleu ciel accueillent les fidèles et, à l’aurore, l’appel des muezzins jaillit de chaque quartier, comme au temps de Bilel.

J’ai toujours une tendresse particulière pour la mosquée Al Ansar dont les murs recouverts de henné lui valent le surnom « Al Mhennia ». La mosquée Zitouna qui à Kairouan se trouve près de Bab Djedid, m’aimante tout autant et je ne manque jamais de m’y asseoir à l’ombre d’une colonne, pour méditer. J’ai à l’esprit tant de mosquées kairouanaises qu’il m’est difficile de les compter mais aujourd’hui, c’est un ami, vivant très loin d’ici, qui habite mon cœur.

Il y a quelques jours, alors que je marchais à Sbeitla sous un soleil ardent, je ressentais la présence de Keith. J’aurais pu lui montrer ces sites archéologiques qui résument mon pays pluriel. Surtout à Sbeitla où les basiliques byzantines et leurs baptistères témoignent des siècles chrétiens.

J’aurais aussi tant aimé lui montrer les trois capitoles de Sbeitla et celui de Dougga qui, de son podium, observe les champs de blé dans la plaine. Et les mosaïques d’El Jem que j’ai passées en revue comme si son regard m’accompagnait. Et l’amphithéâtre où je lui aurais peut-être raconté les gladiateurs et le sable qu’on répandait dans l’arène avant les combats. Et la route entre steppes et éternité.

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