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Ces Tunisiennes qui ont conquis le ciel avant Aziza Seddik

L’entrée d’Aziza Seddik dans l’histoire de l’aviation civile mondiale, en juin 2026, ne surgit pas de nulle part. Elle rappelle une histoire tunisienne plus ancienne : celle de femmes qui, depuis les années 1980 au moins, ont progressivement investi les métiers les plus techniques du secteur aérien.

Des cockpits de Tunisair aux avions militaires, des vols commerciaux aux centres de formation internationaux, plusieurs Tunisiennes ont contribué, chacune à sa manière, à faire évoluer la place des femmes dans un univers longtemps dominé par les hommes.

Les années 1980 : Alia Menchari ouvre la voie

Parmi les figures les plus emblématiques figure Alia Menchari, présentée comme l’une des premières femmes pilotes de ligne tunisiennes et arabes.

Dans les années 1980, elle rejoint Tunisair à une époque où la présence féminine dans les cockpits reste exceptionnelle, y compris dans le monde arabe et africain.

Son parcours marque une rupture symbolique : une Tunisienne peut non seulement intégrer l’aviation commerciale, mais aussi accéder aux commandes d’un appareil de ligne. Pour plusieurs générations de jeunes femmes, Alia Menchari devient ainsi un repère dans un secteur longtemps perçu comme fermé.

Années 1990 et 2000 : une présence qui s’installe

Entre les pionnières des années 1980 et les équipages féminins médiatisés des années 2010, les décennies 1990 et 2000 voient les femmes intégrer progressivement les formations et métiers techniques de l’aérien.

L’accès aux écoles de pilotage et aux cursus spécialisés se développe peu à peu, notamment autour de l’École de l’aviation de Borj El Amri. Les femmes pilotes deviennent alors une présence plus régulière au sein des équipages de la compagnie nationale.

Cette période, moins visible médiatiquement, a préparé l’émergence des parcours féminins plus médiatisés des années suivantes.

2013-2015 : les équipages féminins deviennent visibles

La présence féminine dans les cockpits tunisiens devient plus visible au cours des années 2010.

En août 2013, Tunisair met notamment en avant un vol Tunis-Paris opéré par un équipage entièrement féminin, sous les commandes d’Ines Hamza.

L’année suivante, le 13 août 2014, à l’occasion de la Fête nationale de la femme, la compagnie nationale programme six vols assurés par des équipages 100 % féminins. Les vols concernent notamment Paris, Bruxelles, Francfort et Rome.

Parmi les commandantes de bord citées figurent Ahlem Marrakchi, Selma Chetali, Meriem Ezzahi, Maha Kouki, Alia Menchari et Ines Hamza.

En 2015, Tunisair renouvelle l’initiative avec d’autres vols opérés par des équipages exclusivement féminins, notamment vers Paris, Marseille et Francfort.

Ces opérations ont une portée symbolique, mais elles montrent aussi une réalité plus profonde : les Tunisiennes ne sont plus seulement présentes dans les métiers d’accueil ou de cabine. Elles occupent également des fonctions de commandement, de pilotage et de responsabilité opérationnelle.

2016 : l’armée de l’air révèle ses pionnières

L’aviation militaire tunisienne a elle aussi connu ses pionnières.

En 2016, lors des commémorations de l’armée, les profils de deux officiers sont mis en lumière : la commandante Dorra Mzah, présentée comme première femme pilote d’hélicoptère de l’armée tunisienne, et la commandante Olfa Lajnef, première femme pilote d’avion de transport militaire, notamment aux commandes de C-130 Hercules.

Selon les données publiées à l’époque, elles faisaient partie d’un groupe d’environ quarante femmes pilotes au sein de l’armée de l’air tunisienne. Ce chiffre montre que la présence féminine dans l’aviation militaire ne relevait déjà plus de quelques cas isolés, mais d’une intégration collective dans des spécialités hautement techniques.

2024 : Yomna Delaïli, première pilote de chasse tunisienne

Un nouveau cap est franchi en 2024 avec le lieutenant Yomna Delaïli.

Après un cursus entamé en 2016 à l’École de l’aviation de Borj El Amri et poursuivi à l’étranger, elle devient la première femme de l’histoire de l’Armée nationale tunisienne à piloter un avion de combat, un F-5.

Cette étape est importante car elle touche l’un des domaines les plus sélectifs de l’aviation militaire. Elle confirme que les Tunisiennes ne sont plus seulement présentes dans l’aviation civile ou le transport militaire, mais aussi dans les spécialités les plus exigeantes du pilotage.

2026 : Aziza Seddik et la reconnaissance internationale

Avec Aziza Seddik, l’histoire change encore d’échelle.

En juin 2026, la Tunisienne devient la première femme au monde à obtenir une accréditation internationale de formatrice certifiée dans le domaine de la sûreté de l’aviation civile, dans le cadre du Centre régional de formation de l’Organisation de l’aviation civile internationale à Tunis.

Lire aussi: La Tunisienne Aziza Seddik entre dans l’histoire de l’aviation civile mondiale

Son parcours ne relève pas du pilotage, mais d’un autre pilier essentiel du secteur : la formation, la sûreté et la gouvernance internationale de l’aviation civile.

Cette distinction montre que la présence tunisienne féminine dans l’aérien ne se limite plus aux cockpits. Elle s’étend désormais aux normes, à la transmission des compétences et à la sécurité du transport aérien mondial.

Des cockpits à l’espace : de la NASA à l’horizon 2029

L’influence des Tunisiennes ne s’arrête plus aux frontières de l’atmosphère terrestre. Dans les années 2020, plusieurs profils montrent que cette progression concerne aussi l’aérospatial et les programmes spatiaux internationaux.

L’ingénieure tunisienne Rania Toukebri participe à la mission Artemis 2 de la NASA, qui doit marquer le retour des vols habités autour de la Lune dans le cadre du programme Artemis. Son parcours illustre la place que peuvent occuper les compétences tunisiennes dans les grands projets spatiaux internationaux.

Lire aussi: Rania Toukebri, ingénieure tunisienne, participe à la mission lunaire Artemis 2 de la NASA

De son côté, l’ingénieure tunisienne Salsabil Houij a été sélectionnée pour participer à une mission orbitale prévue en 2029. Son profil inscrit cette nouvelle génération dans une continuité : après l’aviation civile, militaire et l’expertise aérienne internationale, des Tunisiennes s’illustrent désormais aussi dans l’aérospatial.

Lire aussi: Une ingénieure tunisienne sélectionnée pour une mission en orbite en 2029

Une histoire encore incomplète

De Tunisair à l’armée de l’air, des années 1980 à 2026, l’histoire des Tunisiennes dans l’aviation apparaît comme une progression par étapes : d’abord le pilotage civil, puis les vols commerciaux opérés par des femmes, l’aviation militaire, les avions de chasse et enfin l’expertise internationale.

Mais cette histoire reste encore partiellement documentée. Il manque notamment des données officielles récentes sur le nombre de femmes pilotes en Tunisie, leur part dans les effectifs de Tunisair, de l’aviation privée, de l’OACA ou de l’armée de l’air.

Cette liste n’est donc pas exhaustive. Elle rassemble les parcours les plus cités publiquement et les repères les mieux documentés. Elle montre toutefois une chose : l’exploit d’Aziza Seddik n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans une trajectoire tunisienne plus longue, où des femmes ont, depuis plusieurs décennies, gagné leur place dans le ciel.

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Banques tunisiennes : 1,6 milliard de bénéfices, négociations salariales bloquées

Le climat social se tend de nouveau dans le secteur bancaire et des assurances en Tunisie. La fédération des banques et institutions financières relevant de l’UGTT tiendra mardi 2 juin une conférence de presse au siège de la centrale syndicale afin de dénoncer le blocage des négociations salariales de 2025 avec les représentants patronaux du secteur.

Dans un communiqué publié vendredi, la structure syndicale accuse le conseil bancaire et financier ainsi que la fédération des assurances d’avoir interrompu les discussions, alors que les salariés continuent de subir une dégradation du pouvoir d’achat dans un contexte marqué par l’inflation et le coût élevé du crédit.

Un bras de fer social qui dure depuis des mois

Cette nouvelle montée de tension s’inscrit dans le prolongement du conflit social engagé depuis plusieurs mois dans les banques, les institutions financières et les compagnies d’assurance.

En novembre 2025, le secteur avait déjà connu une grève générale de deux jours après l’échec des discussions salariales entre syndicats et organisations patronales. Malgré plusieurs tentatives de reprise du dialogue depuis, aucun accord durable ne semble avoir permis d’apaiser les tensions.

Lire aussi: Devant l’UGTT, les agents bancaires manifestent leur colère : une grève suivie à 80%

Selon la fédération syndicale, les propositions patronales actuellement sur la table — évoquées entre 70 et 100 dinars d’augmentation mensuelle — restent largement insuffisantes au regard des performances financières affichées par le secteur bancaire.

Des chiffres 2025 qui renforcent l’argument syndical

Les résultats annuels 2025 publiés par plusieurs grandes banques tunisiennes donnent du poids aux revendications syndicales. La BIAT a clôturé l’exercice avec un bénéfice net de 385 millions de dinars et un PNB de 1,59 milliard de dinars. La Banque de Tunisie affiche, pour sa part, un résultat net individuel de 190,2 millions de dinars.

Ces performances s’inscrivent dans la continuité d’un secteur déjà très rentable. Selon le dernier rapport de supervision bancaire disponible de la Banque centrale de Tunisie, le résultat net sectoriel avait atteint 1,6 milliard de dinars en 2024, en hausse de 11,9%, avec un Produit net bancaire global de 8035 millions de dinars.

La remontée des taux d’intérêt et la progression des revenus liés aux bons du Trésor ont fortement soutenu la rentabilité du secteur bancaire ces dernières années.

Pour les syndicats, ce niveau de rentabilité rend difficilement acceptable une proposition d’augmentation limitée à 70-100 dinars par mois.

L’article 412 au cœur des désaccords

Le communiqué syndical évoque également un autre point de friction : l’application de l’article 412 du Code de commerce relatif aux crédits accordés aux employés des banques.

La fédération accuse certaines parties patronales de refuser des mesures qui permettraient d’alléger les charges financières supportées par les salariés du secteur, malgré les bénéfices enregistrés par les établissements bancaires.

Une nouvelle escalade sociale en vue ?

Le ton employé par la fédération syndicale traduit une nette montée des tensions. Le texte parle d’une situation « dangereuse » et accuse certaines parties influentes de chercher à imposer leurs choix malgré les difficultés sociales.

Aucun appel officiel à une nouvelle grève n’a encore été annoncé, mais la conférence de presse prévue mardi pourrait marquer le début d’une nouvelle phase de confrontation sociale dans un secteur stratégique pour l’économie tunisienne.

Au-delà des revendications salariales, cette crise remet aussi au centre du débat une question sensible : celle du partage de la valeur dans un secteur bancaire régulièrement critiqué pour ses marges élevées alors que ménages et entreprises continuent de subir le poids du crédit et de l’endettement.

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Exportations : Les recettes des dattes tunisiennes dépassent 725 MD

Les exportations tunisiennes de dattes ont poursuivi leur progression durant la campagne 2025-2026. Selon les données publiées par l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), les quantités exportées au cours des sept premiers mois de la campagne ont augmenté de 5,6%, atteignant 113,9 mille tonnes à fin avril 2026. Les recettes ont suivi la même tendance pour s’établir à 725,6 millions de dinars, confirmant le poids stratégique de la filière dans les exportations agricoles tunisiennes.

Des exportations en hausse malgré la quasi-stagnation des prix

D’après les chiffres de l’ONAGRI, les recettes générées par les exportations de dattes ont atteint 725,6 millions de dinars entre octobre 2025 et avril 2026, soit une hausse de 5,6% par rapport à la même période de la campagne précédente.

Cette progression intervient alors que les prix moyens sont restés quasiment stables. Le prix moyen des dattes exportées s’est établi à 6,37 dinars le kilogramme, en légère hausse de 0,04%.

La variété Deglet Ennour continue de dominer largement les exportations tunisiennes avec 83,9% du volume total exporté. Son prix moyen a atteint 7,12 dinars le kilogramme.

L’Europe reste le principal marché des dattes tunisiennes

L’Union européenne demeure la première destination des dattes tunisiennes avec 47,5% des exportations totales. L’Asie arrive en deuxième position avec 21,4%, suivie par l’Afrique avec 19,9%, illustrant la diversification progressive des débouchés commerciaux de la filière tunisienne.

Par pays, le Maroc reste le premier importateur de dattes tunisiennes avec 14,6% des volumes exportés. L’Italie occupe la deuxième place avec 12,1%, devant l’Allemagne qui représente 10,4% des exportations.

Les dattes biologiques poursuivent leur progression

Le segment des dattes biologiques affiche également une croissance soutenue. Les exportations de dattes bio ont atteint 6284 tonnes durant les sept premiers mois de la campagne, en hausse de 16%.

En valeur, les recettes générées par ce segment ont progressé de 32,7% pour atteindre près de 64,9 millions de dinars.

Le prix moyen des dattes biologiques s’est établi à 10,33 dinars le kilogramme, un niveau nettement supérieur à celui des dattes conventionnelles.

L’Allemagne reste le premier marché des dattes biologiques tunisiennes avec 34% des exportations du segment, devant les Pays-Bas et la Belgique.

Une filière clé pour les exportations agricoles tunisiennes

La filière dattes demeure l’un des principaux moteurs des exportations agricoles tunisiennes, particulièrement grâce à la variété Deglet Ennour, considérée comme l’un des produits agricoles tunisiens les plus présents sur les marchés internationaux.

La montée des exportations biologiques traduit également une orientation croissante vers les produits à plus forte valeur ajoutée, dans un marché international de plus en plus sensible aux critères de qualité et de traçabilité.

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Bizerte : Après seize mois d’attente, la plateforme pétrolière échouée quitte enfin les côtes tunisiennes

La plateforme pétrolière échouée depuis janvier 2025 au large de Bizerte a finalement quitté les eaux tunisiennes dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mai 2026, mettant fin à plus de seize mois d’opérations techniques, de procédures administratives et de tractations entre les différentes parties impliquées.

Le ministère du Transport a annoncé que la structure avait quitté la zone d’El Houichat à 1h du matin, après l’achèvement de « toutes les procédures juridiques et administratives » avec les autorités concernées. Cet épisode maritime, qui a mobilisé durant plus d’un an d’importants moyens humains et logistiques, aura durablement marqué le littoral nord tunisien.

Une opération délicate

Dans un communiqué publié tard dans la soirée, le ministère du Transport a indiqué que l’ensemble des intervenants avaient coordonné leurs efforts afin d’assurer le départ de la plateforme « dans les meilleures conditions ».

L’Office de la marine marchande et des ports (OMMP) a notamment joué un rôle central dans les opérations de renflouement et d’éloignement de la structure de la zone rocheuse d’El Houichat, où elle était immobilisée depuis son échouement.

Le ministère a également mis en avant l’utilisation du nouveau remorqueur maritime « Mekteris », récemment entré en exploitation au port de Menzel Bourguiba. Selon les autorités, cette intervention démontre l’importance des investissements engagés pour renforcer les capacités techniques et opérationnelles de l’OMMP dans la gestion des opérations maritimes complexes.

Une courte vidéo diffusée par le ministère montre d’ailleurs la plateforme remorquée au large depuis le navire chargé de l’opération.

Un échouement provoqué par une tempête

L’affaire remonte à la nuit du 11 au 12 janvier 2025. La plateforme pétrolière, tractée par un remorqueur turc en direction de la Turquie, avait dérivé après la rupture des câbles de remorquage dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles.

Livrée aux courants et aux vents violents, la structure avait fini par s’échouer sur la plage d’El Houichat, dans la région de Bizerte Nord, entraînant une importante mobilisation des autorités tunisiennes.

Une enquête ouverte et des craintes environnementales

À la suite de l’incident, le ministre du Transport, Rachid Amri, avait ordonné l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les causes exactes de l’accident et d’identifier les éventuelles responsabilités.

Les autorités tunisiennes avaient également exigé de l’opérateur responsable qu’il organise le retrait rapide de la plateforme.

Même si aucune fuite de carburant ou pollution majeure n’avait été détectée lors des inspections effectuées par les équipes environnementales, les autorités avaient exprimé leurs inquiétudes concernant les risques potentiels pour l’écosystème marin et le littoral bizertin.

À l’époque, Hatem Fekih, directeur général du transport maritime et des ports commerciaux, avait notamment évoqué une importante « pollution visuelle », la plateforme restant visible depuis les côtes pendant de longs mois.

Plus d’un an de procédures

Le 5 mai 2026, les autorités tunisiennes avaient annoncé que la structure avait enfin été dégagée de la zone rocheuse d’El Houichat au terme d’une opération de sauvetage particulièrement délicate.

Plusieurs structures tunisiennes avaient été mobilisées, notamment l’OMMP, l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), la Garde maritime ainsi que la Marine nationale.

Les équipes techniques étaient alors parvenues à remettre progressivement la plateforme à flot avant de la remorquer vers le large. Des réparations techniques ainsi que plusieurs formalités administratives restaient toutefois nécessaires avant son départ définitif vers la Turquie.

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Dattes tunisiennes : Exportations en hausse, Deglet Ennour toujours en locomotive

Les exportations de dattes tunisiennes poursuivent leur progression durant la campagne 2025/2026, atteignant 94.100 tonnes sur les cinq premiers mois, selon l’Observatoire National de l’Agriculture. Ce volume marque une hausse de 4,2% par rapport à la même période de la saison précédente. En valeur, les recettes suivent la même tendance, confirmant la solidité de la filière.

Deglet Ennour en moteur, recettes en progression

La dynamique des exportations reste largement dominée par la variété Deglet Ennour, qui représente à elle seule 85,2% des volumes écoulés à l’international. Cette spécialisation continue de structurer l’offre tunisienne sur les marchés étrangers.

Sur le plan financier, les recettes générées ont atteint 607,8 millions de dinars, contre 581,8 millions un an plus tôt, soit une progression de 4,5%. Le prix moyen s’établit à 6,46 dinars le kilogramme, en légère hausse de 0,2%. La Deglet Ennour se distingue avec un prix moyen de 7,15 dinars/kg, confirmant sa valeur ajoutée supérieure.

L’Europe en tête, le Maroc premier client

L’Union européenne demeure le principal débouché des dattes tunisiennes, concentrant 44,2% des exportations. Elle est suivie par le continent africain (23,3%) et l’Asie (22,5%), illustrant une diversification progressive des marchés.

Par pays, le Maroc s’impose comme premier importateur, absorbant 17,1% des volumes exportés. Il devance l’Italie (11,9%) et l’Allemagne (9,7%), qui confirment leur place parmi les partenaires commerciaux majeurs de la Tunisie dans ce secteur.

Le bio en forte croissance

Le segment des dattes biologiques affiche une progression remarquable. Les exportations ont atteint 4716,1 tonnes pour une valeur de 48,6 millions de dinars, en hausse respective de 26,1% en volume et de 38,9% en valeur sur un an.

Malgré cette croissance soutenue, le bio ne représente encore que 5% du volume total des exportations. Le prix moyen y est nettement plus élevé, à 10,31 dinars/kg, avec des variations selon les catégories : 9,13 dinars/kg pour les dattes standards, 10,90 dinars/kg pour les produits dérivés et 4,53 dinars/kg pour les dattes à usage industriel.

L’Allemagne domine ce segment spécifique, captant 35% des exportations de dattes biologiques, suivie par les Pays-Bas (13%) et la France (9%).

Une filière stratégique

La production tunisienne de dattes pour la campagne 2025-2026 est estimée à plus de 400.000 tonnes, contre 347.000 tonnes lors de la campagne précédente. Sur ce volume, environ 120.000 à 140.000 tonnes sont destinées à l’exportation, plaçant la Tunisie parmi les principaux acteurs mondiaux.

Si l’Union européenne demeure le premier bloc d’exportation tunisien, le Maroc apparaît régulièrement comme le premier client pris isolément, illustrant l’importance stratégique des échanges agricoles intramaghrébins.

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Le Maroc absorbe près d’un quart des dattes tunisiennes exportées

En seulement cinq mois de la campagne 2024-2025 (octobre-février), 22,8% des dattes tunisiennes exportées ont été destinées au Maroc, loin devant l’Italie (9,9%) et la France (6,9%), selon les données officielles de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI).

Ce positionnement place le Royaume en tête des importateurs individuels, confirmant une dynamique qui dépasse la simple conjoncture.

Une tendance confirmée sur plusieurs campagnes

La place du Maroc ne constitue pas une surprise ponctuelle. Au terme de la campagne complète 2022-2023, le Royaume représentait déjà 17,7% des volumes exportés (22 900 tonnes), se classant premier parmi les destinations.

En début de campagne 2025-2026 (octobre-janvier), le Maroc demeure en tête avec 16,8% des quantités exportées, soit près de 13 000 tonnes sur un total de 77 000 tonnes écoulées à l’international.

La répétition de ces niveaux sur plusieurs saisons confirme une position structurelle plutôt qu’accidentelle.

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Pourquoi le Maroc importe malgré sa production locale

Le Maroc est lui-même un producteur important de dattes, avec une production annuelle oscillant généralement entre 100 000 et 150 000 tonnes, concentrée notamment dans les régions oasiennes du sud-est. Il est particulièrement réputé pour la variété Majhoul, positionnée sur un segment premium.

La Tunisie, de son côté, domine le marché de la Deglet Ennour, variété qui représente plus de 85% de ses exportations et constitue le cœur de sa compétitivité internationale.

Cette différence de spécialisation explique en grande partie la stabilité des flux commerciaux entre les deux pays. Il ne s’agit pas d’une dépendance, mais d’une complémentarité variétale : le marché marocain absorbe la Deglet Ennour tunisienne pour répondre à une demande intérieure soutenue, notamment lors des pics saisonniers, tout en poursuivant ses propres exportations de Majhoul.

Une filière tunisienne fortement tournée vers l’export

La production tunisienne de dattes pour la campagne 2025-2026 est estimée à 404 000 tonnes, en hausse par rapport à la saison précédente. Sur ce volume, environ 120 000 à 140 000 tonnes sont destinées à l’exportation, plaçant la Tunisie parmi les principaux acteurs mondiaux.

Sur la période octobre-janvier, 77 000 tonnes ont déjà été exportées, générant plus de 500 millions de dinars de recettes, avec un prix moyen de 6,50 dinars le kilogramme.

Si l’Union européenne demeure le premier bloc d’exportation tunisien, le Maroc apparaît régulièrement comme le premier client pris isolément, illustrant l’importance stratégique des échanges agricoles intramaghrébins.ne pour sa part le marché de la Deglet Ennour. Cette spécialisation différenciée explique en grande partie la stabilité des échanges commerciaux entre les deux pays.

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