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Rachat de Deoleo par Dcoop: naissance imminente d’un géant espagnol de l’huile d’olive

Les actions du groupe espagnol Deoleo, propriétaire de marques grand public renommées telles que Bertolli et Carbonell, ont bondi de plus de 20% ce matin sur fond d’intensification de la bataille pour le rachat du premier embouteilleur et distributeur d’huile d’olive au monde.

Ce mouvement boursier intervient alors que, selon plusieurs informations, le groupe coopératif agroalimentaire espagnol Dcoop aurait proposé 470 millions d’euros pour acquérir Deoleo, prenant ainsi la tête d’une course multinationale au rachat qui implique des entreprises italiennes, françaises et australiennes. Selon le journal espagnol El Economista, Dcoop devance les sociétés italiennes Coricelli, Bonifiche Ferraresi et Newlat Food, l’entreprise française Lesieur (groupe Avril) et l’australien Cobram Estate Olive. La vente n’est pas encore finalisée, mais elle serait dans sa phase finale, avec une conclusion initialement attendue en septembre.

Si elle aboutit, cette opération renforcerait le leadership de l’Espagne dans un secteur stratégique en créant un nouveau géant de l’huile d’olive, regroupant un large portefeuille de marques. Cela crée un acteur intégré verticalement, contrôlant la production, le conditionnement et les canaux de distribution internationaux.

Cela ajouterait une nouvelle couche de pression sur le vrac tunisien. La Tunisie exporte encore l’écrasante majorité de son huile d’olive en vrac vers l’Espagne et l’Italie. Face à un méga-acheteur ibérique qui contrôle ses propres approvisionnements, les exportateurs tunisiens risquent d’avoir un pouvoir de négociation réduit. Un géant ibérique surpuissant consolidera ses parts dans la grande distribution européenne, américaine et asiatique, rendant la pénétration des marques tunisiennes plus difficile. Une opération à ne pas sous-estimer.

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Industrie : entre embellie agroalimentaire et essoufflement de l’amont productif

Au terme du premier semestre de l’année 2026, l’appareil productif tunisien affiche une évolution positive avec une progression de l’Indice de la Production Industrielle (IPI) de 2,9 % en glissement annuel. Cette orientation favorable se confirme également sur le deuxième trimestre, qui enregistre une hausse de 1,5 % par rapport à la même période de 2025.

L’examen de la trajectoire mensuelle met en évidence un profil cyclique classique, caractérisé par un point bas au mois de mars suivi d’une nette accélération au cours du deuxième trimestre pour atteindre un indice de 96,7 en juin.

Toutefois, ce tableau d’ensemble masque de fortes disparités sectorielles et révèle une croissance tirée par un nombre restreint de moteurs conjoncturels plutôt que par une dynamique manufacturière homogène. La performance globale du semestre repose principalement sur la vigueur de trois branches d’activité. En premier lieu, les industries agroalimentaires signent une hausse remarquable de 9,3 % sur les six premiers mois (+2,6 % au deuxième trimestre), portée en grande partie par l’envolée de la branche des huiles et corps gras (+44 % sur le semestre).

Parallèlement, le secteur du raffinage de pétrole enregistre un bond exceptionnel de 123,4 % en glissement semestriel, consécutif à la reprise normale des activités après les arrêts techniques majeurs subis au cours de l’année précédente. Enfin, les industries mécaniques et électriques (IME) confirment leur statut de pilier industriel avec une croissance robuste de 4,0 % sur le semestre et 3,8 % au deuxième trimestre, soutenue par le dynamisme de la fabrication de matériel électrique (9,5 %) et des équipements de communication (9,6 %).

À l’opposé de cette embellie, plusieurs secteurs stratégiques traversent une phase de contraction marquée qui pèse sur l’équilibre productif national. Les industries chimiques accusent un recul significatif de -9,2 % sur le semestre (-6,4 % au second trimestre), directement imputable à l’effondrement de la production des produits chimiques de base (-29,6 %). Cette contre-performance s’articule avec les difficultés persistantes du secteur minier, dont l’activité fléchit de -3,5 % sur le semestre et plonge de -9,9 % au deuxième trimestre, affectée par la baisse d’extraction des minéraux destinés aux engrais.

Dans le même temps, le secteur textile, habillement et cuir demeure sous pression avec un repli de -3,4 % sur le semestre, tandis que les matériaux de construction et céramiques cèdent -4,1 %, traduisant l’atonie persistante de la demande dans le secteur du bâtiment.

L’analyse de ces chiffres met en exergue des enseignements fondamentaux sur la structure de l’économie industrielle tunisienne. Les filières manufacturières intégrées à l’export ou valorisant les campagnes agricoles maintiennent un niveau d’activité soutenu, tandis que l’amont minier, énergétique et chimique continue de faire face à des contraintes structurelles d’exploitation et d’approvisionnement.

La part déterminante jouée par l’effet de base du raffinage et la saisonnalité oléicole indique que la croissance sous-jacente reste modérée. Dès lors, la consolidation de cette reprise nécessitera impérativement la levée des goulots d’étranglement logistiques dans le bassin minier et la relance des investissements industriels afin d’élargir les bases de la valeur ajoutée locale.

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