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4e African ESG Summit: comment rendre l’ESG bancable pour les exportateurs africains ?

Pour un exportateur africain, la question ESG ne s’arrête plus à la conformité. Il peut désormais conditionner l’accès au marché, peser dans l’analyse d’un banquier et, au bout de la chaîne, décider de la capacité de l’entreprise à financer sa transformation. C’est tout le fil conducteur du panel “De l’ESG à la bancabilité: comment financer la transformation des exportateurs africains ?”, organisé lors de la 4e édition de l’African ESG Summit, jeudi 8 octobre à Tunis.

De g. à d.: Meriam Ben Boubaker (Modératrice), Gérard Sié Kambiré, Habib Karaouli, Riadh Naouar et à l’écran en visioconférence: Salma Frioui.

Meriam Ben Boubaker, vice-présidente de l’International CFO Alliance et modératrice de la rencontre, plante d’emblée le décor. “Il faut investir. Pour investir, il faut de l’argent. L’argent existe, mais il ne va pas aux entreprises qui ne savent pas prouver ce qu’elles sont en train de faire”, déclare-t-elle. Le panel est justement construit comme une chaîne :; Gérard Sié Kambiré apporte le regard sur le risque, Salma Frioui celui de la norme et de la preuve, Habib Karaouli celui du banquier et Riadh Naouar celui de l’institution de développement. Avec une question simple en toile de fond, quel maillon ne doit surtout pas lâcher pour que l’argent arrive jusqu’aux entreprises ?

D’après Gérard Sié Kambiré, Managing Partner ESG, Sustainable Finance & Climate Risk Expert, le premier verrou se trouve dans la gestion des risques climatiques. “Avant, on considérait la mesure du risque sur la base des données historiques. Mais aujourd’hui, au regard du changement climatique, on demande aux entreprises d’intégrer dans leur gestion des risques tout ce qui est gestion des risques climatiques”, explique-t-il. Par ailleurs, il distingue deux catégories. D’un côté, les risques physiques, comme les sécheresses en Tunisie ou les inondations en Afrique de l’Ouest. De l’autre, les risques de transition, liés notamment aux nouvelles exigences européennes, dont le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et le règlement sur la déforestation. Son exemple du cacao permet de comprendre rapidement où se situe le problème. Un exportateur qui ne peut pas démontrer que son produit respecte les exigences européennes risque de perdre ses clients. “Si je n’ai pas de client, comment est-ce que je peux payer le crédit que j’ai pris auprès de ma banque ?”, interroge-t-il. Le risque ESG devient alors un risque commercial, puis un risque financier. Les actifs eux-mêmes peuvent perdre leur valeur s’ils ne permettent plus de générer les revenus nécessaires au remboursement de la dette.

La banque, justement, n’a plus les yeux rivés uniquement sur les états financiers. Elle doit aussi regarder ce qui peut fragiliser le marché de l’entreprise. Dans le cacao ivoirien, cela peut aller jusqu’à la géolocalisation des plantations. L’objectif est de pouvoir tracer l’origine du produit et d’écarter les exploitations situées dans des zones ne respectant pas les règles de déforestation. “Les banques vont plus seulement regarder ce qu’on a fait, la performance financière, mais aussi la performance extra-financière”, souligne Gérard Sié Kambiré.

Reste alors une question: que faut-il réellement mettre sur la table ? C’est là que Salma Frioui, experte IFRS et reporting de durabilité, déplace le débat vers la donnée. Pour elle, le problème n’est pas forcément que les entreprises ne disposent d’aucune information ESG. Elles ont déjà leurs factures d’énergie, leurs données sociales, les questionnaires des donneurs d’ordre ou encore les éléments issus des certifications. “Le problème aujourd’hui, c’est comment transformer ces données ESG en une information financière qui est proportionnée, qui est fiable et qui est surtout orientée vers la décision”, explique-t-elle. Autrement dit, une donnée qui dort dans un fichier Excel ne vaut pas grand-chose pour un financeur si elle ne permet pas de comprendre le risque, la trajectoire de l’entreprise ou l’investissement à réaliser. “L’ESG devient bancable lorsqu’il est traduit en risque, en investissement, en trajectoire et en preuve”, résume-t-elle.

Pas question, pour autant, de demander aux PME exportatrices de reproduire les rapports des grands groupes. Salma Frioui propose plutôt un reporting minimum, construit autour de quelques blocs. L’activité et l’exposition de l’entreprise, l’énergie et le climat, les données sociales et opérationnelles, deux ou trois risques matériels et, enfin, la gouvernance et le plan de transition. Une PME pourrait ainsi documenter ses consommations d’électricité, de gaz ou de carburant, ses effectifs, ses accidents du travail, ses fournisseurs critiques ou encore les risques susceptibles de toucher directement sa production. Elle pourrait aussi fixer un objectif, par exemple une réduction de 30 % de sa consommation d’énergie, puis préciser les investissements nécessaires, le calendrier et les gains attendus. “La banque va financer une trajectoire, financer un projet”, insiste-t-elle. Le reporting ne servirait donc pas seulement à obtenir un crédit. Il pourrait également répondre aux demandes des clients, des donneurs d’ordre ou des bailleurs de fonds. Cette logique conduit Salma Frioui à défendre, en fin de panel, la création d’un “passeport ESG pour les PME”. Le principe : un format commun, proportionné et construit avec les banques, les bailleurs et les donneurs d’ordre, afin d’éviter que chaque financeur ou client réclame à l’entreprise un nouveau dossier.

Une fois le risque identifié et la donnée structurée, reste le nerf de la guerre: le financement! Habib Karaouli, PDG de CAP Bank, estime que le maillon le plus faible de la chaîne reste justement celui-ci. Il évoque plus de 2 000 milliards de dollars investis dans la finance durable à l’échelle mondiale, dont à peine 1 % orienté vers l’Afrique. Selon les chiffres avancés durant le panel, cette enveloppe resterait par ailleurs très concentrée sur quelques pays africains. Pour Karaouli, le problème est donc double : mobiliser davantage de capitaux et surtout faire en sorte qu’ils atteignent les entreprises qui en ont besoin. “La conformité a un coût et la question est : qui va assumer ce coût ?”, souligne-t-il, citant notamment les bilans carbone, les diagnostics et le suivi des recommandations.

Une entreprise qui arrive avec une démarche ESG structurée part toutefois avec un avantage. “Incontestablement, ce sont des facteurs positifs qui sont pris en compte” , affirme Habib Karaouli. Mais le banquier doit désormais composer avec une palette de risques plus large : évolution rapide des réglementations dans les pays de destination, changement climatique, tensions géopolitiques et fermetures de marchés. Il cite aussi les effets possibles du changement climatique sur certaines activités tunisiennes, notamment l’agroalimentaire et l’aquaculture. La hausse des températures de la Méditerranée devient ainsi, à ses yeux, un paramètre à intégrer dans l’évaluation d’un projet. Cette nouvelle donne change aussi le métier bancaire. “Les critères d’appréciation ont changé. C’est une question de veille”, résume-t-il. Une entreprise qui maîtrise déjà son exposition et dispose d’un référentiel clair bénéficie, selon lui, d’un ‘avantage favorable’ dans l’analyse et sera ‘servie avant les autres'”.

Pour sortir de cette logique où les PME doivent seules absorber le coût de leur mise à niveau, Habib Karaouli propose une ligne de financement à trois volets. Un premier consacré au renforcement des fonds propres, un deuxième aux crédits bonifiés d’investissement et un troisième au financement des études préalables, notamment les bilans carbone et diagnostics ESG. Une approche qui s’inspire, selon lui, du programme de mise à niveau tunisien lancé en 1996.

Le financement ne peut cependant pas se limiter à quelques entreprises déjà structurées. C’est précisément là que Riadh Naouar, Manager Upstream & Advisory Services FIG NWC chez IFC, élargit le débat. Il rappelle le rôle que peuvent jouer les banques régionales dans le financement du commerce et des exportations africaines, en prenant notamment l’exemple de Coris Bank, présente dans plusieurs pays du continent.

Pour lui, les PME exportatrices ne peuvent pas être considérées isolément. Une entreprise qui exporte peut dépendre de centaines, voire de milliers de petites entreprises en amont. “Il y a des PME qui sont liées à des chaînes de valeur. […] Toutes ces PME dans ta chaîne de valeur doivent se conformer”, explique-t-il.

Le problème devient alors celui de la donnée et du savoir. Les banques ont besoin d’informations suffisamment solides pour projeter les trajectoires climatiques de leurs portefeuilles. Or, ces données restent encore trop fragmentées dans plusieurs secteurs africains. Sans cette matière première, difficile de mesurer correctement le risque et donc de généraliser le financement vert.

D’où l’importance, selon Riadh Naouar, du rôle des donneurs d’ordre, des multinationales et des bailleurs. Les grandes entreprises qui imposent de nouveaux standards aux fournisseurs doivent aussi contribuer à leur transmission. “Les bailleurs, les donneurs d’ordre jouent un rôle important de vulgarisation”, estime-t-il, en prenant notamment l’exemple de la filière cacao.

Le financement de la transition passe donc aussi par le transfert de compétences. “L’accès au savoir est un élément clé”, insiste-t-il. L’enjeu n’est plus seulement de financer une PME ou mille PME, mais de pouvoir accompagner l’ensemble d’une chaîne de valeur.

Au terme du panel, les quatre intervenants livrent chacun leur solution. Riadh Naouar défend un écosystème réunissant régulateurs, financeurs, donneurs d’ordre et chaînes de valeur. Habib Karaouli revient sur sa ligne de financement à trois volets. Salma Frioui propose son “passeport ESG pour les PME”. Gérard Sié Kambiré, lui, revient au point de départ : les entreprises doivent apprendre à parler le langage des banques.

“Plus je comprends votre langage, je suis à même de vous satisfaire”, explique-t-il. Il appelle donc les PME à intégrer une véritable culture du risque, tout en demandant aux banques de jouer leur rôle dans cette mise à niveau. Car la chaîne ne peut pas fonctionner à sens unique : si l’entreprise doit prouver, mesurer et investir, le financement doit lui aussi être capable de suivre cette transformation.

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4e édition African ESG Summit: “Ne subissez pas la demande ESG européenne, transformez les données qu’elle exige en avantage commercial”, selon Steven Tebbe

Et si les nouvelles règles européennes n’étaient pas seulement une contrainte pour les exportateurs africains, mais aussi une occasion de renforcer leur position face à leurs acheteurs? C’est, en substance, le message porté par Steven Tebbe lors de la 4e édition de l’African ESG Summit.

Ancien Directeur général de CDP Europe et ancien collaborateur d’EFRAG, il a livré une lecture assez différente de la réglementation européenne. Pour lui, l’enjeu n’est plus seulement de savoir comment les entreprises africaines vont se conformer aux exigences européennes. Il faut surtout comprendre ce que les acheteurs européens doivent désormais obtenir de leurs fournisseurs pour pouvoir, eux-mêmes, respecter leurs obligations. “Je ne suis pas ici pour vous dire comment fonctionne votre marché. Vous le connaissez bien mieux que moi. Ce que je peux vous apporter, c’est une vision depuis l’intérieur de la salle où sont formulées les exigences qui vous concernent”, a-t-il annoncé.

Steven Tebbe connaît effectivement le sujet de l’intérieur. Il explique avoir consacré 10 ans au développement de l’activité de CDP Europe, organisation spécialisée dans la collecte de données environnementales auprès des entreprises et des investisseurs. Il a ensuite travaillé au sein d’EFRAG, impliqué dans le processus européen ayant conduit à l’élaboration des European Sustainability Reporting Standards (ESRS).

En effet, son premier constat est plutôt inhabituel dans un discours consacré à l’ESG. Après plusieurs années durant lesquelles les entreprises africaines ont été prévenues d’un durcissement massif de la réglementation européenne, Bruxelles a finalement engagé un mouvement de simplification. Le périmètre de la CSRD a été réduit et le cadre européen du reporting de durabilité a été révisé. “Beaucoup d’entre vous ont probablement passé trois ans à entendre qu’un mur de réglementation européenne arrivait”, a-t-il relevé. Selon Tebbe, cette évolution doit servir de leçon. Une entreprise africaine ne devrait pas bâtir sa stratégie commerciale uniquement sur l’hypothèse d’un durcissement continu des réglementations européennes. A dire vrai, “une règle qui arrive avant que quiconque ne veuille réellement les données qu’elle produit est une règle qui peut facilement être abandonnée lorsque la politique change”, estime-t-il. Cela ne signifie toutefois pas que la demande européenne en matière de données ESG disparaît. Certaines réglementations sont désormais suffisamment ancrées dans les échanges commerciaux pour modifier les relations entre acheteurs et fournisseurs. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), entré dans son régime définitif au 1er janvier 2026, concerne notamment le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les engrais, l’électricité et l’hydrogène. À cela s’ajoutent les exigences de traçabilité liées au règlement européen contre la déforestation, qui concernera notamment des filières comme le cacao et le bois. 

Quant aux entreprises africaines présentes sur ces marchés, ces dispositifs ne sont donc pas seulement une affaire de conformité. Ils touchent directement la relation commerciale avec l’acheteur européen. C’est précisément là que Steven Tebbe veut déplacer le regard. “Aucune de ces règles ne s’applique à vous. Chacune s’applique à votre acheteur, et votre acheteur ne peut pas satisfaire ses obligations sans vous”, explique-t-il. La nuance est importante! Juridiquement, c’est souvent l’entreprise européenne qui porte l’obligation. Mais pour remplir cette obligation, elle doit obtenir des informations de son fournisseur. Origine du produit, géolocalisation d’une parcelle, traçabilité, émissions incorporées, données de production… autant d’informations qui peuvent devenir indispensables à la poursuite de la relation commerciale. “Ce n’est pas une charge de conformité. C’est une dépendance”, résume Tebbe. Cette dépendance pourrait, selon lui, modifier le rapport de force. Un grand acheteur peut toujours envoyer un questionnaire à son fournisseur et lui demander de remplir une nouvelle série de données. Mais derrière chaque question se trouve un coût. “Il y a un questionnaire, un portail, une demande”Veuillez compléter ceci pour vendredi”. Ce qui est présenté comme une exigence fait alors supporter le coût au fournisseur”, observe-t-il.

Or, la donnée ne se produit pas toute seule. Cartographier des parcelles, mesurer les émissions incorporées ou assurer la traçabilité d’une chaîne qui relie des milliers de producteurs à un seul conteneur nécessite des outils, du personnel et des investissements.

“La cartographie coûte de l’argent. La mesure des émissions incorporées coûte de l’argent. Construire une traçabilité de mille producteurs jusqu’à un seul conteneur coûte de l’argent. Et quelqu’un devra payer”, souligne-t-il. Pour l’expert, c’est précisément sur ce terrain que les exportateurs africains peuvent reprendre la main. Plutôt que d’attendre que l’acheteur européen demande les données, ils devraient commencer par lui poser une question : de quelles informations a-t-il besoin pour remplir ses propres obligations ?

“Les exportateurs qui réussissent le mieux posent une question à leur acheteur au lieu d’attendre la demande. La question est simplement : qu’avez-vous à déclarer et de quoi avez-vous besoin de ma part pour le faire ?”

La différence peut sembler minime. Elle ne l’est pas. Elle permet de passer d’une logique de fournisseur qui subit une nouvelle exigence à celle d’un partenaire qui apporte une information dont l’acheteur a besoin. En fait, lorsqu’une donnée est indispensable à une transaction, qu’elle peut avoir une conséquence juridique et qu’elle coûte de l’argent à produire, elle acquiert une valeur économique. “Les choses qui ont ces trois propriétés ont un prix. Et les choses qui ont un prix peuvent être financées”, avance-t-il.

La traçabilité ne devrait donc plus être considérée uniquement comme une dépense supplémentaire imposée par l’ESG. Elle peut devenir un actif, à condition d’être structurée, fiable et disponible. Le même raisonnement vaut pour le calendrier réglementaire. Le report de certaines obligations européennes ne doit pas être interprété comme une raison pour attendre. “Le déplacement de la directive sur le devoir de vigilance à 2028 n’est pas un répit. Je pense que c’est une fenêtre”, dit Tebbe. Pour lui, le fournisseur qui prépare ses données avant que l’acheteur ne les réclame se trouve dans une position différente de celui qui doit les rassembler dans l’urgence. “Le fournisseur dont la documentation est prête avant qu’elle ne soit demandée négocie. Celui qui la rassemble sous une ligne rouge ne négocie pas”.

Le message de Steven Tebbe tient dans un changement de perspective. L’ESG n’est pas uniquement une histoire de règles européennes auxquelles les entreprises africaines doivent se plier. C’est aussi une question de valeur, de données et de rapport de force commercial. “Je dirais, exportez ce dont l’Europe ne peut pas se passer et comprenez clairement que ce dont elle ne peut pas se passer aujourd’hui, c’est la preuve qu’elle ne peut obtenir que de vous”. 

Le produit reste donc au cœur de l’exportation. Mais la capacité à prouver son origine, sa traçabilité ou son empreinte environnementale pourrait devenir tout aussi stratégique. Car, selon Tebbe, les acheteurs européens ne manqueront pas nécessairement de fournisseurs. Ils pourraient en revanche manquer de fournisseurs capables de documenter ce qu’ils vendent. Et ceux-là, justement, seront plus difficiles à remplacer.

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Chine-UE: Pékin refuse de freiner volontairement ses exportations de voitures hybrides

La Chine a rejeté la demande de l’Union européenne visant à limiter volontairement ses exportations de voitures hybrides vers le marché européen, selon le Financial Times. Ce refus intervient alors que Bruxelles et Pékin tentent, dans l’urgence, d’éviter une nouvelle escalade commerciale autour de l’automobile et du déséquilibre des échanges.

Le dossier est désormais au cœur des négociations commerciales menées à Pékin par le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič. Bruxelles cherche à obtenir des engagements concrets de la Chine pour réduire la pression exercée par les importations chinoises sur l’industrie européenne. La demande européenne portait notamment sur un plafonnement des ventes de voitures hybrides chinoises autour de 15% du marché européen. L’enjeu est devenu plus sensible depuis que les droits compensateurs européens sur les véhicules électriques chinois, appliqués à partir d’octobre 2024, ont contribué à déplacer une partie de la dynamique commerciale vers les véhicules hybrides, qui n’étaient pas concernés par ces mesures. Pékin avait déjà rejeté publiquement le principe d’une limitation volontaire de ses exportations. En septembre, le ministère chinois du Commerce avait estimé que de telles restrictions seraient contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce et aux principes de concurrence. Il avait appelé l’UE à respecter l’ouverture des marchés et à créer un environnement équitable pour les entreprises étrangères.

Pour Bruxelles, le problème dépasse désormais le seul secteur automobile. L’UE cherche à réduire un déficit commercial avec la Chine, qui a atteint 360,6 milliards d’euros en 2025, selon les données citées par Reuters. La Commission européenne estime que l’augmentation des exportations chinoises dans plusieurs secteurs – véhicules, batteries ou produits chimiques notamment – alimente une nouvelle pression sur l’industrie européenne. La réponse européenne pourrait donc prendre une autre forme. Face au refus chinois, la Commission envisage désormais un mécanisme européen unilatéral permettant de plafonner les importations de véhicules hybrides chinois, notamment via un dispositif de sauvegarde. Selon le Financial Times, Bruxelles chercherait à maintenir les importations autour de 15% du marché européen, contre plus d’un tiers actuellement.

L’affaire est stratégique pour les constructeurs des deux côtés. Pour les groupes chinois, l’Europe reste un marché majeur à un moment où ils cherchent à accélérer leur internationalisation. Pour les constructeurs européens, la progression des marques chinoises renforce la pression sur les prix, les parts de marché et les capacités industrielles.

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Pieralisi veut faire de la Tunisie un hub pour son développement en Afrique

À l’occasion de sa visite en Tunisie, Aldino Zeppeli, CEO du Groupe Pieralisi, a rencontré Alessandro Prunas, ambassadeur d’Italie en Tunisie, ainsi que Bernard Prevete, directeur de l’ICE – Agence italienne pour le commerce extérieur en Tunisie.

Ces rencontres ont porté sur les perspectives de développement du Groupe Pieralisi en Tunisie, le renforcement des coopérations économiques et industrielles entre les deux pays et les opportunités d’élargissement de ses activités vers les marchés régionaux.

Au cours de ces échanges, Aldino Zeppeli a présenté les orientations du Groupe, son positionnement international et ses perspectives de développement à moyen terme. L’expansion internationale de Pieralisi et l’injection récente de nouveaux capitaux destinés à soutenir sa croissance sur ses différents marchés ont notamment été abordées.

Fort de son expérience historique en Tunisie et de sa connaissance de l’écosystème oléicole et industriel local, le Groupe entend renforcer progressivement sa présence dans le pays. Cette orientation passe notamment par la consolidation de ses activités locales, la valorisation des compétences tunisiennes, le développement du capital humain ainsi que le transfert de compétences et de savoir-faire.

L’objectif affiché est de renforcer les capacités locales et de créer davantage de valeur en Tunisie, tout en permettant au Groupe de mieux accompagner les évolutions des marchés régionaux.

Au-delà de l’oléicole, de nouveaux marchés à explorer

Si l’oléiculture reste au cœur de l’activité de Pieralisi en Tunisie, le Groupe envisage également d’élargir le champ d’application de ses technologies.

La Separation Systems Division (SSD) et les solutions destinées au secteur agroalimentaire figurent parmi les axes susceptibles d’être développés. Le traitement des eaux usées et des boues provenant des activités industrielles et agroalimentaires constitue également une piste évoquée lors des échanges.

Ces applications pourraient, à terme, permettre à Pieralisi d’élargir son offre technologique en Tunisie et de répondre à de nouveaux besoins industriels et agroalimentaires.

Un «Africa Excellence & Innovation Center» à l’étude

Parmi les perspectives évoquées figure également la création progressive en Tunisie d’un «Pieralisi Africa Excellence & Innovation Center», à vocation régionale.

Le projet est encore au stade de la réflexion et de la construction progressive. Il viserait à renforcer les activités liées à l’innovation, à la formation, au transfert de compétences et aux services industriels, tout en adaptant les solutions technologiques du Groupe aux besoins des marchés régionaux.

Cette orientation s’inscrit dans la dynamique de coopération entre l’Italie et l’Afrique, notamment autour des enjeux de développement des compétences, de transfert de technologies, d’investissement et de création de valeur.

Italie-Tunisie comme levier de coopération industrielle

Les échanges avec l’ICE ont également porté sur les moyens de renforcer les connexions entre Pieralisi, les entreprises tunisiennes et l’écosystème industriel italien.

L’objectif est notamment de faciliter les mises en relation et d’identifier de nouvelles opportunités de coopération, d’investissement et de création de valeur. L’ambassade d’Italie a, de son côté, souligné l’importance de rapprocher entreprises, investisseurs, institutions, centres de compétences et acteurs de l’innovation.

Les possibilités de mobilisation de l’écosystème italien dans les domaines du commerce extérieur, de l’industrie, de la recherche, de la formation et du financement ont également été évoquées, de même que le potentiel des partenariats public-privé pour accompagner certains projets structurants.
Avec 138 ans d’histoire industrielle, Pieralisi entend ainsi poursuivre son développement en s’appuyant sur ses marchés stratégiques, son expertise technologique et ses partenariats locaux et institutionnels.

La Tunisie se positionne, dans cette stratégie, comme un point d’appui potentiel pour le développement du Groupe vers les marchés régionaux, à la croisée de son expertise industrielle, des compétences tunisiennes et du renforcement des coopérations entre l’Italie, la Tunisie et l’Afrique.

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Coris Holding accélère sa transition vers la finance durable

La durabilité n’est plus seulement une question de gestion des risques pour Coris Holding. Le groupe bancaire panafricain veut désormais en faire un levier de transformation de son modèle d’affaires, avec la finance verte et climatique au cœur de sa stratégie.

C’est l’évolution du groupe qu’a retracée Isham Boris Sonny, responsable de la durabilité de Coris Holding, lors de la 4e édition de l’African ESG Summit, organisée ce 8 octobre 2026 par Managers. Son intervention a montré comment une démarche initialement imposée par un partenaire financier s’est progressivement transformée en une stratégie intégrée à l’échelle du groupe. L’aventure a commencé au sein de la filiale de Coris au Burkina Faso. À l’occasion d’un financement international, l’établissement a été invité à mettre en place une politique environnementale et sociale. À l’époque, la démarche était encore largement nouvelle pour la banque. «On découvrait ce que c’était une politique environnementale pour une banque», a expliqué Isham Boris Sonny.

La première politique mise en place est toutefois restée largement théorique. Une évaluation réalisée à la fin du financement a révélé que, hormis la liste des activités exclues du financement, la politique n’était pas réellement appliquée. Cette expérience a constitué un premier déclic pour le groupe. Coris a alors revu sa politique afin de l’adapter à ses propres activités et de l’intégrer au processus d’octroi de financement. Les demandes sont désormais soumises à une évaluation des risques environnementaux et sociaux, avec une classification selon trois niveaux de risque. Pour les projets présentant les risques les plus importants, des diligences environnementales et sociales sont menées afin d’identifier les risques et d’accompagner les clients dans leur réduction.

Mais la réflexion du groupe ne s’est pas arrêtée au financement responsable. En observant les évolutions sur d’autres marchés, Coris a progressivement élargi son approche à des enjeux de responsabilité plus larges, couvrant notamment l’éthique, les clients, l’environnement et le climat, les collaborateurs et les communautés.

Cette démarche a ensuite été portée au niveau du groupe avec la création d’une fonction dédiée à la durabilité. Celle-ci a été intégrée à la stratégie 2025-2027 de Coris Holding, faisant de la durabilité un axe à part entière de son développement. Le groupe cherche désormais à franchir une nouvelle étape, notamment sur le climat. Coris travaille sur l’évaluation de l’exposition de son portefeuille aux risques climatiques et prépare parallèlement une stratégie orientée vers les opportunités liées à la transition. Trois domaines sont particulièrement ciblés: la transition énergétique, l’agriculture durable ainsi que les villes, la mobilité et les infrastructures durables.

Autre chantier engagé: l’accréditation auprès du Fonds vert pour le climat. Coris Holding a soumis sa candidature en septembre 2026 et vise une accréditation en 2027. L’objectif est de pouvoir mobiliser davantage de financements climatiques au profit des économies dans lesquelles le groupe est présent. Cette transformation doit également se traduire par de nouveaux produits financiers. Coris envisage notamment le lancement d’un produit de finance islamique à composante durable en 2027, ainsi qu’une réflexion autour des green bonds. Le groupe travaille par ailleurs à la quantification de ses propres émissions de gaz à effet de serre. Une manière, selon Isham Boris Sonny, de ne pas demander à ses clients d’engager leur propre transition sans appliquer les mêmes exigences à l’institution financière elle-même.

Pour Coris Holding, le passage d’une logique de conformité à une logique de transformation reste néanmoins confronté à plusieurs obstacles. Parmi eux, l’absence, à ce stade, d’un cadre réglementaire bancaire suffisamment précis sur les enjeux de durabilité dans les marchés où le groupe opère, ainsi que les difficultés liées à la disponibilité et à la qualité des données. L’expérience présentée lors de l’African ESG Summit illustre ainsi une évolution plus large du secteur bancaire africain: la durabilité commence par la maîtrise des risques, mais tend désormais à toucher directement les choix d’investissement, les produits financiers et le modèle économique des banques.

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Manuel Bufala: “On veut aller encore plus loin” dans les partenariats franco-tunisiens

Avec 1 612 entreprises à participation française actives en Tunisie et plus de 170 000 emplois directs à la clé, les relations économiques entre les deux pays sont beaucoup plus qu’un simple voisinage commercial. Elles se sont profondément ancrées dans le tissu industriel tunisien. Et aujourd’hui, leur prochain chapitre pourrait bien s’écrire ailleurs que sur les seules lignes de production.

C’est précisément ce changement de cap qu’a évoqué Manuel Bufala, conseiller principal à l’ambassade de France en Tunisie, à l’ouverture de la 4e édition de l’African ESG Summit. “On veut aller encore plus loin”, a-t-il déclaré, en parlant de la coopération industrielle entre les deux pays.

Manuel Bufala à l’ouverture de la 4e édition de l’African ESG Summit.

Le mouvement est déjà visible. Depuis septembre, plusieurs entreprises françaises sont venues en Tunisie pour installer non plus des ateliers de production comme cela pouvait être le cas il y a une vingtaine d’années, mais des centres de recherche et d’innovation. Elles viennent notamment chercher les compétences des ingénieurs tunisiens dans la R&D, tout en créant de nouveaux emplois.

Le changement est loin d’être anecdotique. Au premier semestre 2026, les investissements directs français ont atteint 440,75 millions de dinars en Tunisie, avec 241 projets ayant permis la création de 2 680 emplois. L’industrie reste leur principal terrain d’implantation, notamment dans l’électrique-électronique, la mécanique-métallurgie, la plasturgie et le textile-habillement.

Pour lui, cette présence industrielle peut désormais gagner en valeur ajoutée. La question de l’ESG vient justement s’inscrire dans cette évolution, alors que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance prennent une place croissante dans les décisions des marchés et des régulateurs.

La coopération franco-tunisienne ne se joue donc plus uniquement autour de la production. Formation, innovation et compétences deviennent des pièces maîtresses d’un partenariat appelé à monter d’un cran. La France et la Tunisie travaillent déjà sur cette évolution. Depuis 2024, la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française s’intéresse notamment au modèle des entreprises à mission et à la manière de concilier objectifs économiques, sociaux et environnementaux.

Un autre rendez-vous devrait prolonger cette réflexion. Manuel Bufala a annoncé la tenue, les 8 et 9 décembre, à Tunis, sous réserve de confirmation, d’un forum organisé avec Expertise France autour d’une question très industrielle: comment augmenter la valeur ajoutée des partenariats entre entreprises françaises et tunisiennes? Formation et innovation devraient être au cœur des échanges.

Le cas de FigeacAero illustre déjà cette orientation. Depuis septembre, le groupe accélère la mise en place d’un centre de formation dans le pôle aéronautique de Mghira. Là encore, les compétences locales sont au centre du dispositif.

Pour le représentant de l’ambassade de France, l’objectif reste de construire des partenariats «gagnant-gagnant», mais avec une ambition plus large. Il ne s’agit plus seulement de produire en Tunisie pour exporter. Il s’agit aussi d’y développer des compétences, de concevoir, d’innover et de créer davantage de valeur.

“On a encore beaucoup de choses à construire”, confesse-t-il.

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Birgit Lamm: “On a besoin d’entrepreneurs courageux et d’investisseurs créatifs et optimistes”

Une technologie peut être prometteuse sans trouver son chemin jusqu’au marché. Entre une solution technique et un produit compétitif, il faut encore du capital, de la prise de risque et des entrepreneurs capables de porter le projet. C’est sur cette articulation que Birgit Lamm, country director Tunisie et Libye de la Friedrich Naumann Foundation (FNF), a insisté lors du lancement de la 4e édition de l’African ESG Summit, jeudi 8 octobre, à Tunis.

“Nous soutenons l’entrepreneuriat et l’économie de marché parce que ce sont les entrepreneurs qui développent la richesse d’une société”, a-t-elle souligné.

Ils prennent des risques, cherchent des investissements et créent des emplois. Pour la représentante de la FNF, cette dynamique garde toute sa place dans une période où les entreprises doivent revoir une partie de leurs modèles face aux changements climatiques.

Birgt Lamm lors de la 4e édition de l’African ESG Summit.

De surcroît, Birgit Lamm rejoint sur ce point le constat de Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers et fondatrice de l’African ESG Summit. “Cette année, je pense que tout le monde a appris et senti personnellement que le changement climatique est réel”, a-t-elle relevé. Désormais, le sujet se retrouve dans les chaînes de valeur et dans les méthodes de production. Les entreprises doivent adapter leurs activités et intégrer davantage la durabilité dans leurs choix économiques. Une évolution qui, selon Birgit Lamm, ne pourra pas se faire en reproduisant les mêmes modèles. “On ne peut pas continuer de la même manière comme on a développé le système économique depuis des années ou même des siècles”, estime-t-elle.

Encore faut-il que les nouvelles solutions puissent tenir sur un marché. Pour Birgit Lamm, une innovation ne peut pas rester au stade de la bonne idée ou de la prouesse technique. Elle doit pouvoir déboucher sur un produit, trouver des clients et afficher un prix qui lui permet de rester dans la course. Elle cite notamment les énergies renouvelables et la transition énergétique. Les ingénieurs ont déjà développé de nombreuses solutions techniques. Le travail se poursuit désormais sur leur application économique et sur la création de produits capables de rivaliser avec les offres existantes. “On doit également trouver des solutions économiques faisables dans les marchés avec des prix compétitifs et on doit chercher aussi l’investissement”, ajoute-t-elle.

D’ailleurs, ce point-là place les startups en première ligne. Elles peuvent tester de nouvelles solutions, prendre des risques et chercher des marchés encore peu explorés. Mais une idée, même solide, ne va pas très loin sans financement. Les investisseurs ont eux aussi leur rôle à jouer, notamment lorsqu’il s’agit d’accompagner des technologies ou des modèles économiques encore en phase de développement.

Birgit Lamm insiste ainsi sur la nécessité de rapprocher entrepreneurs et investisseurs. “On a besoin des startups et des entrepreneurs qui sont vraiment courageux et qui trouvent des investisseurs qui sont aussi créatifs et optimistes qu’on peut vraiment développer un marché pour ces produits dans le futur”, déclare Lamm.

Cette relation entre capital et innovation devient particulièrement importante dans les secteurs liés à la transition énergétique. Les solutions techniques existent, mais leur développement nécessite des moyens, des débouchés et une capacité à s’inscrire dans la durée. Le marché reste le passage obligé. Le raisonnement dépasse par ailleurs les frontières tunisiennes. Les chaînes de valeur sont devenues globales et les entreprises évoluent dans des marchés de plus en plus connectés. Pour Birgit Lamm, les réponses doivent suivre le même mouvement. “Le changement climatique, ce n’est pas seulement ici en Tunisie, les chaînes de valeur aujourd’hui sont globales. Alors on doit aussi trouver des solutions globales et régionales”, a-t-elle affirmé.

C’est aussi ce qui donne à l’African ESG Summit, selon elle, une portée particulière. Réunir les acteurs autour de l’ESG ne consiste pas seulement à parler de transition. Il s’agit aussi de faire circuler les idées, de rapprocher les porteurs de solutions des investisseurs et de créer les conditions permettant à ces innovations de trouver leur place dans les économies africaines.

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Entreprises: mesurer son empreinte carbone devient une question de business

Le bilan carbone n’est plus cantonné aux rapports ESG. Pour les entreprises qui travaillent avec l’Europe, il commence à toucher directement les achats, les fournisseurs, les produits et, à terme, la capacité à rester compétitives. C’est l’un des principaux enseignements du panel «Carbone, réglementation, exigences européennes: la nouvelle équation de compétitivité», organisé dans le cadre de la 4e édition de l’African ESG Summit du magazine Managers.

Pour Myriam Elloumi, présidente de la TAA, les industriels tunisiens sont déjà confrontés à cette réalité. Très intégrée aux chaînes de valeur européennes, l’industrie automobile doit répondre à des exigences qui ne concernent plus uniquement ses propres opérations. Les clients européens demandent également des informations sur les émissions associées aux fournisseurs et aux autres partenaires de la chaîne de valeur.

Cette évolution oblige les entreprises à revoir leur organisation interne. Le calcul d’une empreinte carbone par produit nécessite de réunir des données provenant de plusieurs fonctions. Chez Coficab, Myriam Elloumi explique avoir dû mobiliser une équipe d’environ 15 personnes issues de différents départements pour travailler sur le sujet. Pour Noureddine Hajjaji, professeur associé à l’ENIG, il faut par ailleurs distinguer le bilan carbone de l’entreprise de l’empreinte carbone d’un produit. Le premier permet notamment de mesurer les émissions de l’organisation, tandis que la seconde permet d’attribuer des émissions à un produit donné. Cette distinction devient stratégique lorsque les exigences environnementales sont intégrées aux relations commerciales.

Le sujet dépasse désormais la seule conformité. Warrick Fuchsloch, Global Lead Sustainability for Corporates chez S&P Global, souligne que la progression du reporting du Scope 3 modifie déjà les comportements d’achat. Lorsqu’un grand donneur d’ordre ne dispose pas des données d’émissions de son fournisseur, il doit recourir à des estimations ou à des facteurs d’émission. Les données directement fournies par les fournisseurs deviennent donc plus précieuses.

Le mouvement peut aussi peser sur le financement. Selon Fuchsloch, les investisseurs regardent davantage les entreprises et les projets capables de démontrer leur performance environnementale, dans un contexte où les émissions et les trajectoires de décarbonation prennent une place croissante dans les décisions d’investissement. Pour les entreprises tunisiennes, l’enjeu est donc moins de produire un nouveau document ESG que de construire une véritable capacité de mesure. Données fiables, traçabilité des fournisseurs et connaissance des émissions deviennent progressivement des outils de gestion. Dans les chaînes de valeur européennes, le carbone est en train de passer du statut d’indicateur environnemental à celui de donnée commerciale.

L’évolution européenne va dans le même sens: les règles de reporting de durabilité continuent de structurer les demandes d’informations au sein des chaînes de valeur, même si l’Union européenne a engagé en 2026 une simplification du dispositif et réduit son périmètre pour certaines entreprises.

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Investissement: un conglomérat omanais s’intéresse au marché tunisien

La Tunisie pourrait bientôt compter un nouvel investisseur venu du Golfe. Le groupe omanais Suhail Bahwan, connu sous le nom de SB Holding, s’intéresse aux opportunités offertes par le marché tunisien et envisage d’y développer ses activités. Le groupe voit également dans le pays un point d’appui pour élargir sa présence en Afrique du Nord, d’après un communiqué de la Fipa.

Cette piste a été évoquée mercredi 7 octobre, lors d’une rencontre entre le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et une délégation de SB Holding conduite par Salem Saad Bahwan, vice-président du conseil d’administration du groupe.

Source: Fipa.

Au fil des échanges, la délégation omanaise a présenté les activités du groupe ainsi que ses projets développés à l’étranger. SB Holding, fondé en 1965, intervient notamment dans l’énergie, les infrastructures, la santé, la logistique, les produits chimiques, les engrais et les énergies renouvelables. Des secteurs qui figurent parmi les domaines dans lesquels le groupe cherche à développer ses investissements. Il est également présent, avec plus de 30 sociétés et plus de 7 000 employés, dans plusieurs marchés du Golfe, d’Afrique du Nord et d’Asie du Sud. 

Pour le pays, l’idée est désormais de convertir cet intérêt en projets. Samir Abdelhafidh a présenté à la délégation les atouts du pays et les conditions offertes aux investisseurs étrangers. Le ministre a, dans le même temps, assuré que son département et les structures concernées étaient prêts à accompagner le groupe dans ses démarches et à faciliter la mise en œuvre de ses éventuels projets.

À ce stade, aucun investissement précis ni montant n’ont été annoncés. La rencontre reflète néanmoins un premier échange autour de nouvelles possibilités de coopération, avec en ligne de mire les secteurs industriels et énergétiques.

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African ESG Summit: coup d’envoi de la 4e édition sous le signe de l’export durable

Le climat n’attend plus. C’est, en substance, le constat fait par Sahar Mechri, directrice exécutive du magazine Managers et fondatrice de l’African ESG Summit, à l’ouverture de sa 4e édition. Le rendez-vous se tient aujourd’hui, 8 octobre, au Sheraton Tunis, sur le thème “Exportez durablement”. Après trois éditions à parler des risques climatiques à venir, le constat a changé. Les entreprises commencent désormais à en subir les effets.

“Nous avons parlé du risque climatique au futur. Cet été, ce futur s’est conjugué au présent”, a déclaré Sahar Mechri à l’ouverture du sommet.

Dans les entreprises comme dans les usines, les conséquences du changement climatique se font déjà sentir. De quoi rendre nécessaire, selon elle, un “recalibrage” des modèles économiques.

Sahar Mechri

À vrai dire, cette évolution concerne directement les entreprises exportatrices. Pendant longtemps, le prix, la qualité et le délai ont constitué les trois critères de référence. Désormais, un quatrième entre dans l’équation: la preuve!

C’est justement là que se situe, d’après Sahar Mechri, le véritable changement de regard sur la durabilité. “Nous parlons le langage de la valeur et pas celui du sacrifice”, insiste-t-elle au fil de ses propos. Et d’ajouter: “Mesurer son empreinte carbone, documenter ses pratiques ou améliorer sa traçabilité ne relève donc plus seulement d’un engagement environnemental. Cela peut aussi permettre à une entreprise de protéger ses marchés, de faciliter son accès au financement vert et de conserver sa place dans des chaînes de valeur qui se recomposent”. Et le mouvement ne s’arrête pas aux frontières européennes.

“La Chine, le Japon, la Malaisie ou encore le Nigeria ont eux aussi adopté des normes de reporting de durabilité”, rappelle-t-elle. Autrement dit, ces nouvelles exigences concernent progressivement plusieurs marchés. Pour les entreprises africaines, il devient dès lors nécessaire de s’y préparer plutôt que d’attendre qu’elles s’imposent à elles.

En outre, la fondatrice a également placé la donnée au cœur de la relation entre donneurs d’ordre et fournisseurs. “En effet, les grands groupes qui ont pris des engagements climatiques doivent agir sur leurs propres émissions, mais aussi sur celles générées par leurs chaînes d’approvisionnement. Les achats deviennent ainsi l’un des principaux leviers sur lesquels ils peuvent agir”.

Qui plus est, “la donnée devient une monnaie d’échange”, souligne-t-elle. De fait, un fournisseur capable de documenter ses émissions, la traçabilité de ses produits ou encore ses pratiques ESG dispose de plus d’arguments face à son client. La donnée ne sert donc plus uniquement à satisfaire une demande de conformité. Elle peut aussi peser dans la négociation. Cette question prend une autre ampleur avec l’évolution du cadre européen sur le devoir de vigilance. Les grands groupes sont appelés à concentrer leurs contrôles sur les zones où les risques sont les plus importants. Pour leurs fournisseurs, la qualité des informations disponibles devient alors déterminante. À défaut de données propres à l’entreprise, des références sectorielles ou géographiques pourraient servir de point de comparaison.

“Une moyenne ne rend jamais justice au meilleur”, précise Sahar Mechri. Le risque, pour une entreprise performante qui ne documente pas ses résultats, est donc de voir ses efforts dilués dans une moyenne qui ne reflète pas sa réalité. C’est dans cette logique que la traçabilité prend une nouvelle dimension. Elle ne constitue plus seulement une réponse aux exigences réglementaires. “C’est votre carte de visite”, a-t-elle lancé aux entreprises présentes au sommet.

Les échanges de cette 4e édition porteront précisément sur ces nouveaux enjeux. Au menu: le carbone et son intégration dans les décisions et les prix, la traçabilité, la logistique, le financement, la maîtrise des risques ESG, mais aussi l’IA, qui s’installe progressivement dans les outils de collecte et d’analyse des données.

Mais le sommet ne se limite pas aux discussions. Il cherche aussi à créer des passerelles entre les entreprises et les opportunités d’affaires. Les sessions B2B occupent ainsi une place importante dans le programme. Lors de la précédente édition, 149 rencontres avaient été organisées, avec à la clé une soixantaine de transactions. “Des contrats, de la valeur et des emplois”, résume Sahar Mechri.

Dans le même esprit, les Sustainability Awards mettent en avant les entreprises qui passent à l’action. Cette édition accueille également un hackathon organisé avec STAR Assurances, autour du sport comme levier d’inclusion.

Le travail se poursuit enfin au-delà du sommet avec African ESG Intelligence, une newsletter lancée il y a quelques mois à destination des décideurs. Son ambition est de leur permettre de suivre les évolutions réglementaires, de comprendre leurs implications pour l’entreprise et de repérer les nouveaux financements et opportunités d’investissement.

Sur les écrans du sommet, une autre initiative est venue illustrer cette volonté de passer des échanges aux opportunités concrètes. Il s’agit de WAGANE, le Club Export by Managers, lancé en septembre avec un premier chapitre à Dakar. Le club entend créer de nouvelles passerelles entre les PME tunisiennes et les marchés africains, en misant notamment sur les rencontres B2B et un accompagnement au plus près des opportunités.

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Le Sénégal veut transformer 720 millions de dollars d’importations technologiques en production locale

Le Sénégal veut désormais capter une plus grande partie de la valeur créée par son marché numérique. Le pays importe chaque année environ 419 milliards de FCFA de matériel informatique, selon le ministère des Télécommunications et du Numérique. Pour réduire cette dépendance, Dakar vient de conclure un partenariat de 150 millions de dollars, soit environ 88 milliards de FCFA, destiné à développer une capacité locale d’assemblage et de production d’équipements technologiques.

L’accord a été signé le 6 octobre à Dakar par le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, avec le Conseil mondial des investissements et des affaires pour l’Afrique (CMIA) et l’entreprise indienne Blue Cloud Softech Solutions. Il s’inscrit dans le huitième programme du New Deal technologique, baptisé «Sénégal Digital Factory: de l’idée au produit». Le dispositif couvr e notamment l’assemblage, le contrôle qualité, la fourniture d’accessoires, la certification et la propriété intellectuelle. Quelque 200 startups sénégalaises doivent également être mobilisées.

Le premier chantier industriel annoncé doit prendre forme à Diamniadio, avec un complexe d’assemblage dont le démarrage est prévu en décembre 2026. Les premières productions annoncées concernent les ordinateurs, smartphones et tablettes. Le projet doit également intégrer le transfert de technologies et la formation de jeunes Sénégalais, avec l’objectif de faire évoluer progressivement le pays d’un marché essentiellement consommateur de technologies vers une économie capable de les concevoir, assembler et produire localement.

L’enjeu est surtout économique. Avec 419 milliards de FCFA de matériel informatique importé chaque année, le Sénégal dispose déjà d’un marché suffisamment important pour tenter de construire une chaîne de valeur nationale. Une partie de cette dépense pourrait ainsi être transformée en activité pour des assembleurs, fournisseurs, développeurs, entreprises de services, centres de formation et startups locales. Le CMIA doit notamment contribuer à la mobilisation de capitaux privés et à la connexion des écosystèmes sénégalais avec des réseaux régionaux et internationaux, tandis que Blue Cloud Softech apporte son expertise technologique.

Le projet ne part toutefois pas de zéro. Début octobre, le ministère avait mis en avant l’expérience de SunuCorp, qui assemble à Keur Ndiaye Lo des ordinateurs portables, des unités tout-en-un, des écrans interactifs et des totems à partir de composants importés. Son site pilote affiche une capacité d’environ 7 500 ordinateurs par an, tout en servant de support à des formations destinées notamment aux étudiants des écoles d’ingénieurs et aux élèves des lycées techniques.

Cette première expérience illustre la logique recherchée par Dakar: il ne s’agit pas encore de fabriquer localement tous les composants électroniques, mais de faire remonter progressivement davantage d’étapes de la chaîne de valeur au Sénégal. L’assemblage, le contrôle qualité, la certification, la formation, les accessoires et, à terme, la propriété intellectuelle constituent autant de niveaux auxquels les entreprises locales peuvent prendre position.

Le pari est aussi social. Une initiative liée à la Digital Factory indique que 54% de la population sénégalaise reste privée d’équipements informatiques et mobiles, notamment en raison de leur coût. Dans ce contexte, la production et l’assemblage locaux sont présentés comme un moyen potentiel de réduire les coûts d’accès aux équipements et de limiter la fracture numérique.

Cette stratégie s’appuie sur un programme plus large lancé en avril 2026 avec l’UniPod de Diamniadio. Le Sénégal Digital Factory doit rapprocher innovation, prototypage, entrepreneuriat et production, avec l’ambition annoncée de générer 150 000 à 200 000 emplois directs et indirects sur cinq ans, pour un investissement global estimé à 100 milliards de FCFA. Le PNUD confirme le lancement du programme et son articulation avec l’écosystème d’innovation de Diamniadio.

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Capacités productives: la Tunisie 5e en Afrique, mais…

Avoir des ressources naturelles ne suffit pas à produire davantage de richesse. En Afrique, seuls quatre pays dépassent la barre des 50 points dans le nouvel Indice des capacités productives d’ONU Commerce et Développement. Maurice arrive en tête du continent, devant les Seychelles, l’Afrique du Sud et le Cap-Vert. La Tunisie se classe cinquième en Afrique et 99e au niveau mondial.

Publié le 14 septembre 2026, le Productive Capacities Index (PCI), 3e génération, évalue 195 économies sur la période 2000-2024. L’indice ne se limite pas à mesurer ce que les économies produisent déjà: il cherche à déterminer dans quelle mesure elles disposent des ressources, des compétences, des infrastructures et des connexions nécessaires pour produire davantage et monter en gamme.

Pour établir son classement, ONU Commerce et Développement s’appuie sur 43 indicateurs répartis entre huit dimensions: capital humain, capital naturel, énergie, transport, technologies de l’information et de la communication, institutions, développement du secteur privé et transformation structurelle. Les données sont normalisées sur une échelle de 0 à 100, puis agrégées pour obtenir un score global.

Maurice en tête, la Tunisie dans le top 5 africain

Avec 55 points, Maurice occupe la première place africaine et le 56e rang mondial. Ses performances sont particulièrement élevées dans les institutions, les TIC et l’énergie. Le pays illustre ainsi un point central de l’indice: une économie peut renforcer ses capacités productives sans disposer d’un important stock de ressources naturelles, à condition de développer ses infrastructures, ses institutions, ses compétences et son environnement économique.

Les Seychelles arrivent en deuxième position africaine, devant l’Afrique du Sud et le Cap-Vert. Ces quatre économies sont les seules du continent à franchir le seuil de 50 points dans cette édition. La Tunisie, pour sa part, occupe la 5e position africaine et le 99e rang mondial, devant le Maroc, le Botswana, la Namibie, l’Algérie et l’Égypte. Le pays figure ainsi parmi les économies africaines disposant des capacités productives les plus développées, selon cet indicateur.

Le top 10 africain est complété par le Maroc (101e mondial), le Botswana (116e), la Namibie (122e), l’Algérie (125e) et l’Égypte (129e). À l’échelle mondiale, le Danemark arrive en première position avec 70,9 points, devant les États-Unis, l’Australie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. L’intérêt du PCI pour les entreprises et les investisseurs est justement de déplacer le regard du seul niveau de richesse vers les fondamentaux qui permettent à une économie de créer davantage de valeur. Institutions, capital humain, énergie, infrastructures de transport, technologies, secteur privé et transformation de l’économie constituent ensemble les conditions nécessaires à la diversification et à la montée en gamme.

La nouvelle édition introduit notamment un indicateur consacré au transport maritime, rendu possible par de nouvelles données disponibles au niveau des pays. ONU Commerce et Développement a également revu son traitement des données manquantes et répété les calculs avec différents points de départ afin de rendre les résultats plus robustes. L’organisation souligne toutefois une limite à garder en tête: 22,9% des observations utilisées dans le PCI sont manquantes, avec des lacunes particulièrement importantes dans les pays les moins avancés. Le classement doit donc être lu comme un outil de comparaison et de diagnostic plutôt que comme une mesure absolue de la performance économique.

Pour les économies africaines, le message est donc moins une question de ressources disponibles que de capacité à les transformer en valeur. Le retard mesuré par le PCI renvoie notamment aux infrastructures, aux compétences, à l’énergie, aux institutions et à la capacité du secteur privé à s’inscrire dans une transformation structurelle durable.

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Société régionale de transport du Sahel: une situation financière lourdement fragilisée

La Société régionale de transport du Sahel (STS), l’une des 14 compagnies régionales placées sous la tutelle du ministère du Transport, a publié ses états financiers pour l’exercice 2021. La STS a enregistré une perte nette de -11,322 MDT, soit plus du double des -5,999 MDT affichés l’année d’avant. Cette dégradation de la performance s’inscrit dans un contexte marqué par les répercussions de la pandémie de Covid-19, notamment les confinements et les interdictions de circulation interurbaine.

La subvention publique a joué un rôle amortisseur important, totalisant 50,596 MDT. Le chiffre d’affaires généré par l’activité s’est élevé à 25,362 MDT, en hausse de 12,3% grâce à la hausse des tarifs des tickets décidée en juin 2021 et à la reprise graduelle de l’activité par rapport à 2020. Les produits d’exploitation ont fléchi de 4,1% pour s’établir à 78,347 MDT. Les charges d’exploitation de la société ont atteint 87,631 MDT, dont 48,829 MDT de charges de personnel.

Les capitaux propres sont profondément négatifs, à -59,807 MDT fin décembre 2021. Cette situation critique place l’entreprise sous le coup des dispositions légales de l’article 338 du Code des sociétés commerciales, nécessitant une décision de l’Assemblée générale extraordinaire pour statuer sur la poursuite ou non de l’activité. Les dettes envers les fournisseurs et les comptes rattachés s’élèvent à près de 33,789 MDT, auxquels s’ajoutent des passifs courants de l’ordre de 58,700 MDT comprenant notamment plus de 15,272 MDT d’arriérés dus à la Caisse nationale de sécurité sociale.

Sur les cinq années qui ont suivi ces chiffres, nous n’avons pas d’informations. C’est certainement la subvention de l’État qui maintient la société de transport en activité. L’amélioration de la flotte est en cours, ce qui devrait booster les revenus. Toutefois, une recapitalisation s’impose pour que la STS puisse jouer son rôle dans l’une des régions les plus industrialisées du pays.

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BTK Leasing émet un emprunt obligataire de 50 MDT

BTK Leasing compte émettre un emprunt obligataire, par appel public à l’épargne, BTK Leasing 2026-2.

Le conseil d’administration dispose d’une autorisation accordée par la dernière Assemblée générale ordinaire des actionnaires, tenue le 6 avril 2026, lui permettant d’émettre un montant total de 200 MDT d’emprunts obligataires, et ce, jusqu’à fin 2027.

La nouvelle opération porte sur 50 MDT. Deux catégories sont proposées aux actionnaires, ayant une valeur nominale de 100 TND:

– Catégorie A: une durée de 5 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 8,65% l’an et un amortissement in fine. Cette catégorie cible la collecte de 30 MDT.

– Catégorie B: une durée de 5 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 8,40% l’an et un amortissement constant. Cette catégorie cible la collecte de 20 MDT.

Les souscriptions à cet emprunt démarreront le 22 octobre 2026 et seront clôturées, au plus tard, le 30 novembre 2026.

L’ouverture des souscriptions à cet emprunt reste, cependant, tributaire de la publication par l’agence de notation Fitch Ratings sur son site de la notation définitive de l’emprunt. L’agence a attribué, en date du 9 septembre 2026, une notation provisoire à long terme «BB (EXP)(tun)» audit emprunt.

La BTK vise à financer son activité qui s’est inscrite sur une tendance haussière ces dernières années.

Le placement est une bonne opportunité qui s’offre aux investisseurs qui ont une aversion pour les risques. Il est émis par une institution financière ayant une signature fiable et qui est soutenue par une banque, la BTK.

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Le CMF saisit la justice

Le Conseil du Marché Financier (CMF) vient d’annoncer, dans un communiqué publié ce 7 octobre 2026, avoir saisi le ministère public après la diffusion sur les réseaux sociaux des états financiers de la société cotée Universal Auto Distributors Holding (UADH), avant leur publication officielle.

Selon le régulateur, les documents ont été diffusés sur une page de réseau social baptisée “InfoBourse TN”, alors que le processus de contrôle préalable des états financiers par le CMF n’était pas encore achevé. Ils n’avaient pas non plus été publiés dans le bulletin officiel du Conseil ni mis à la disposition du public par les voies réglementaires prévues.

Interrogée par le CMF sur les circonstances de cette diffusion, UADH a indiqué avoir mis ses états financiers à la disposition de ses actionnaires avant la tenue de son Assemblée générale ordinaire, conformément aux dispositions légales applicables. La société a toutefois précisé ne pas connaître l’identité de la personne ayant diffusé les documents sur les réseaux sociaux avant leur publication officielle.

Face à cette situation, le CMF a saisi le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Tunis. Le régulateur évoque dans le même communiqué une éventuelle infraction pénale pouvant relever de l’article 81 de la loi n° 94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier. La justice devra ainsi permettre d’établir les circonstances des faits, de déterminer les responsabilités éventuelles et de donner les suites prévues par la législation.

A dire vrai, le CMF rappelle également les règles qui encadrent la circulation de l’information financière. Les informations doivent rester confidentielles tant qu’elles n’ont pas fait l’objet d’une publication par les canaux officiels. Le régulateur souligne que le respect de ce circuit vise notamment à garantir aux investisseurs et au public un accès à l’information dans des conditions de sincérité, d’égalité d’accès, de transparence et d’intégrité du marché.

Le CMF précise enfin que la mise à disposition des documents financiers aux actionnaires dans le cadre de la préparation d’une assemblée générale ne doit pas entraîner leur diffusion ou leur circulation en dehors des canaux et procédures officiels.

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Aéronautique: Pursuit Aerospace agrandit son site de Tunis de 40%

Un troisième bâtiment, 40% de superficie supplémentaire et plus de 1 000 emplois à terme. Pursuit Aerospace accélère le développement de son implantation tunisienne, spécialisée dans la fonderie de précision pour l’industrie aéronautique. Lancé le 3 septembre, le projet doit être achevé au second semestre 2027.

Le site de Tunis dépassera alors 140 000 pieds carrés, soit près de 13 000 m². L’extension doit surtout augmenter les capacités de production en fonderie et permettre au groupe d’ajouter plusieurs opérations directement sur place. 

Source: US Embassy.

Pursuit Aerospace fabrique à Tunis des composants complexes en alliages de nickel et de cobalt selon le procédé de fonderie à cire perdue, ou investment casting. Ces pièces sont destinées notamment aux motoristes aéronautiques, un marché où les exigences de précision et de qualité sont particulièrement élevées.

Pour accompagner l’augmentation des volumes, le nouveau bâtiment accueillera davantage de fours et de capacités sur les lignes de fabrication des carapaces céramiques. Le groupe pourra ainsi répondre aux besoins de ses clients actuels et prendre en charge de nouvelles productions.

L’extension va également modifier le périmètre des opérations réalisées en Tunisie. Pursuit Aerospace prévoit d’y intégrer l’usinage des pièces après la fonderie ainsi que certains traitements spéciaux. Une partie supplémentaire du processus de fabrication sera donc effectuée sur le site de Tunis.

Ben Adams, président et directeur commercial de Pursuit Aerospace, indique que ces investissements doivent permettre d’augmenter les capacités de fonderie du site et d’y développer de nouvelles compétences techniques.

Cette expansion intervient alors que le groupe poursuit également son développement dans la fonderie à l’international. En août 2026, Pursuit Aerospace a finalisé l’acquisition de Creasey Castings Limited au Royaume-Uni, spécialisée dans la fonderie de précision de pièces en magnésium et en aluminium. Cette opération porte à six le nombre d’acquisitions réalisées par le groupe depuis 2023.

 

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Voici les lauréats du prix Nobel de chimie 2026

Le Français Henri B. Kagan et le Japonais Kenso Soai sont les lauréats du prix Nobel de chimie 2026. L’Académie royale des sciences de Suède les récompense pour leurs travaux sur les « effets non linéaires et l’autocatalyse dans la synthèse organique asymétrique ». Leurs recherches ont permis de mieux comprendre comment une réaction chimique peut favoriser une seule des deux formes miroir d’une molécule, un phénomène appelé chiralité.

Cette découverte dépasse largement la chimie fondamentale. Elle touche directement des secteurs comme la pharmacie, les arômes, les parfums et certaines applications liées aux matériaux et aux produits agrochimiques. La raison est simple : deux molécules qui sont des images miroir l’une de l’autre peuvent avoir des comportements très différents dans l’organisme. Pour les fabricants de médicaments, pouvoir produire la bonne forme avec une grande précision constitue donc un enjeu majeur.

Henri B. Kagan, né en 1930 à Boulogne-Billancourt, a travaillé à l’Université Paris-Sud. Ses recherches menées dans les années 1980 ont montré qu’il était possible d’amplifier l’asymétrie d’une réaction chimique. En 1986, il a notamment démontré l’existence d’« effets non linéaires » : la proportion des deux formes miroir présentes dans le produit final ne correspond pas nécessairement à celle utilisée au départ. Cette avancée a donné aux chimistes un nouvel outil pour obtenir des molécules chirales plus pures. Kenso Soai, né en 1950 à Hiroshima, a poursuivi cette piste à la Tokyo University of Science. Ses recherches ont conduit à une avancée encore plus spectaculaire : une réaction chimique capable de s’auto-amplifier. Dans ce processus, une petite différence initiale entre les deux formes miroir peut être progressivement amplifiée jusqu’à faire largement dominer l’une d’elles. La réaction dite de Soai peut ainsi aboutir à un produit contenant jusqu’à 99,99 % d’une seule forme.

Une découverte qui intéresse directement l’industrie

L’intérêt industriel de ces travaux se situe notamment dans la capacité à mieux contrôler la fabrication de molécules complexes. Dans l’industrie pharmaceutique, par exemple, les chercheurs cherchent à obtenir la forme moléculaire qui produit l’effet recherché, tout en limitant la présence d’une autre forme susceptible d’avoir un comportement différent.

Les outils issus des recherches de Kagan et Soai peuvent également être utiles dans la conception de nouvelles substances destinées aux parfums, aux arômes, aux produits agricoles ou à certains matériaux. L’enjeu est donc aussi celui de la précision, de l’efficacité et de l’optimisation des procédés chimiques. Leurs travaux apportent par ailleurs des éléments à une question beaucoup plus ancienne : comment la vie en est-elle venue à privilégier une seule forme de certaines molécules? Les acides aminés, par exemple, existent sous deux formes miroir, mais les organismes vivants utilisent essentiellement une seule de ces formes pour construire leurs protéines. Ce phénomène est appelé « homochiralité ».

Le Nobel de chimie 2026 distingue ainsi deux étapes complémentaires : Kagan a montré comment une asymétrie pouvait être amplifiée dans une réaction, tandis que Soai a démontré qu’une molécule chirale pouvait participer à la production de nouvelles molécules ayant la même chiralité. Ensemble, leurs travaux ont apporté une réponse à un problème qui occupait les chimistes depuis plus d’un siècle.

Henri B. Kagan et Kenso Soai se partageront le prix de 12 millions de couronnes suédoises. La cérémonie officielle de remise du Nobel se tiendra à Stockholm le 10 décembre 2026.

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Viandes rouges : l’Espagne ne veut plus seulement vendre de la viande à l’Algérie

L’Espagne veut renforcer sa présence sur le marché algérien des viandes rouges, mais avec une ambition qui dépasse désormais la simple exportation. Deux accords de coopération ont été signés le 5 octobre à Alger entre les organisations espagnoles INTEROVIC et PROVACUNO et des acteurs algériens de la filière. Ils portent notamment sur les échanges de savoir-faire, la logistique et le développement de la filière.

Le premier accord lie l’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR), filiale du groupe AGROLOG, à INTEROVIC et PROVACUNO. Le second associe ces deux organisations au Syndicat algérien des importateurs de viandes rouges, selon l’Agence Algérie Presse Service (APS). Cette démarche intervient dans le cadre d’une mission commerciale menée en Algérie du 4 au 6 octobre par INTEROVIC, avec la participation de PROVACUNO et d’entreprises espagnoles. Pour Madrid, l’objectif est de consolider les échanges avec un marché considéré comme stratégique et de créer des relations commerciales plus durables.

L’intérêt pour les entreprises espagnoles est désormais plus large que la vente de viande. Les besoins algériens concernent aussi les abattoirs, l’élevage, la logistique, la chaîne du froid et les technologies destinées à améliorer la production. Sofiane Bahbou, porte-parole du Syndicat algérien des importateurs de viandes rouges, a notamment évoqué auprès de l’APS des perspectives d’implantation d’entreprises espagnoles en Algérie dans la modernisation des abattoirs et le développement de l’élevage intensif dans le Sud, avec un apport en technologies et en savoir-faire. Pour les opérateurs espagnols, l’enjeu est donc de se positionner sur plusieurs maillons de la chaîne de valeur, alors que l’Algérie cherche à augmenter sa production nationale.

Alger veut produire davantage, mais continue d’importer

L’Algérie cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance aux importations de viandes rouges. En décembre 2024, le ministère de l’Agriculture avait installé une commission nationale chargée notamment de renforcer les cheptels bovin et ovin, d’augmenter la production locale et de réduire les importations.

Mais les importations restent nécessaires pour répondre à la demande. Pour l’Aïd el-Adha 2026, l’Algérie avait notamment prévu l’importation d’un million de moutons. Le gouvernement a également élargi les pays fournisseurs, avec l’Espagne, la Roumanie, le Brésil et l’Uruguay. La loi de finances 2026 maintient par ailleurs, jusqu’au 31 décembre 2026, un droit de douane réduit à 5 % pour certaines catégories d’ovins et de bovins vivants destinés à l’abattage ainsi que pour certaines viandes bovines et ovines fraîches ou réfrigérées.

Cette situation crée une fenêtre pour les fournisseurs étrangers, mais aussi pour les entreprises capables d’apporter des solutions à la filière locale. L’Espagne dispose déjà d’un accès renforcé au marché algérien. Depuis avril 2025, l’Algérie autorise notamment l’importation d’ovins vivants espagnols destinés à l’abattage. La nouvelle étape consiste donc à transformer ces échanges commerciaux en partenariats plus structurés. Pour les entreprises espagnoles, le marché algérien pourrait ainsi représenter non seulement un débouché pour leurs viandes, mais aussi une opportunité dans l’élevage, les équipements, les abattoirs et la logistique. Pour l’Algérie, l’enjeu est différent mais complémentaire : utiliser les partenariats étrangers pour renforcer une production locale appelée à prendre davantage de place dans l’approvisionnement du marché.

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Phosphate: le groupe tunisien STUDI investit 1,4 million de dollars dans PhosCo

La compagnie minière australienne PhosCo renforce son projet de phosphate de Gasaat en Tunisie. Elle vient de signer un protocole d’accord avec le groupe tunisien d’ingénierie STUDI International, qui prévoit également un investissement de 1,4 million de dollars de STUDI dans le capital de PhosCo.

L’accord porte d’abord sur les prochaines études du projet. STUDI International doit accompagner PhosCo dans la réalisation de l’étude de préfaisabilité (PFS) et de l’étude de faisabilité bancable (BFS). La collaboration pourrait ensuite se poursuivre lors des différentes étapes du développement du projet, notamment l’ingénierie détaillée, l’approvisionnement, la construction et la mise en service.

Le groupe tunisien pourrait également intervenir sur plusieurs infrastructures liées au projet, notamment l’énergie, l’eau, les routes, le transport ferroviaire et les installations portuaires. Les questions environnementales, l’urbanisme et les systèmes d’information géographique font aussi partie du périmètre envisagé.

En parallèle, une filiale africaine de STUDI doit souscrire à 9,52 millions d’actions nouvelles de PhosCo au prix de 0,15 dollar par action. L’opération permettra à la compagnie minière de lever 1,4 million de dollars avant frais. Elle prévoit aussi l’attribution de 9,52 millions d’options, à raison d’une option pour chaque action souscrite. Ces options pourront être exercées à 0,20 dollar jusqu’au 29 juin 2029.

PhosCo indique que les fonds serviront à poursuivre l’exploration et les études sur le projet de Gasaat, ainsi qu’à financer les démarches liées aux permis et les besoins généraux de la compagnie.

Ce partenariat intervient alors que le projet entre dans une nouvelle phase d’études. STUDI apporte de son côté une expérience dans l’ingénierie et les infrastructures en Tunisie et sur le continent africain. Le groupe, créé en 1970, est présent dans plus de 40 pays africains.

L’accord reste pour l’instant un cadre de collaboration non contraignant. Il est prévu pour 24 mois et pourra être renouvelé. Les différents travaux feront ensuite l’objet de contrats spécifiques entre les deux parties.

La prochaine échéance annoncée par PhosCo est la publication de l’étude de cadrage actualisée du projet de Gasaat, attendue plus tard ce mois-ci. Cette étude doit apporter de nouveaux éléments sur les perspectives de développement du projet.

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L’australienne PhosCo poursuit ses découvertes de phosphate dans le Nord tunisien

PhosCo poursuit ses travaux d’exploration dans le nord-ouest de la Tunisie. La compagnie australienne vient d’annoncer dans un communiqué de nouveaux résultats de forage à DOH, où une découverte de phosphate avait déjà été identifiée, ainsi qu’à Sekarna Nord.

À DOH, les deux premiers forages du nouveau programme ont permis de retrouver de la minéralisation phosphatée. Le forage GADD-36 a traversé une zone de 8,1 mètres à une profondeur de 64,9 mètres. De son côté, le forage GADD-37 a recoupé 9 mètres de phosphate à partir de 22 mètres de profondeur.

D’après un communiqué, les premières recherches menées à Sekarna Nord donnent également des résultats positifs. Cette zone, détenue à 100% par PhosCo, se trouve à environ 10 kilomètres au nord-est de Gasaat. Les deux premiers forages exploratoires ont rencontré du phosphate. Le SKDD-01 a recoupé 6 mètres de minéralisation à 46,5 mètres de profondeur, tandis que le SKDD-02 a identifié 7,4 mètres à partir de 25 mètres.

En effet, ces résultats viennent élargir la zone où PhosCo identifie une présence de phosphate. Pour la compagnie, ils renforcent le potentiel du bassin phosphaté du Nord et sa stratégie visant à développer un pôle régional dans le secteur des engrais.

Il faudra toutefois attendre les analyses des échantillons pour avoir une idée plus précise de la qualité du phosphate découvert. Les résultats des tests sont encore attendus pour les quatre forages.

PhosCo prévoit également de publier plus tard ce mois-ci une nouvelle étude de cadrage sur Gasaat. Ce document devrait apporter davantage de précisions sur les prochaines étapes du projet.

Ainsi, PhosCo s’allie à STUDI International pour accélérer son projet de phosphate en Tunisie. 

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