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HawKar, 10 ans pour mettre une voiture tunisienne sur la route

Il aura fallu près de dix ans à HawKar pour passer de l’idée au véhicule. Le projet prend forme en 2015, après les études de sa fondatrice, puis entre dans une phase de développement en 2016. L’entreprise est finalement créée en octobre 2018. Depuis, la startup travaille sur un véhicule électrique destiné aux personnes à mobilité réduite, avec une particularité dès sa conception, l’accès direct en fauteuil roulant.

HawKar a fait le choix de développer son propre véhicule plutôt que de partir d’un modèle existant à aménager. Un choix qui a allongé le processus de mise au point. La conception d’un véhicule impose en effet des développements mécaniques et électroniques, des prototypes, des essais de résistance et de comportement sur route, ainsi que des démarches liées à la conformité et aux exigences de sécurité.

Le financement a également rythmé l’évolution du projet. Pour avancer d’une étape à l’autre, la startup a eu recours à des subventions, des concours, des financements d’amorçage et différents partenariats. HawKar s’inscrit aujourd’hui dans l’écosystème tunisien de l’innovation et indique bénéficier de la dynamique du Startup Act.

Son réseau de partenaires s’est constitué progressivement. ACTIA accompagne le projet depuis 2017 et le business angel Walid Charfi depuis 2018. Le CIPPH a rejoint le dispositif en 2021, suivi par la GIZ en 2022. En 2024, CTAMA est entrée au capital de HawKar.

Le passage aux essais pilotes

La startup a récemment présenté son véhicule final au Technopole d’El Ghazala. Elle se trouve désormais dans une phase de tests pilotes menée avec des partenaires institutionnels et stratégiques. Cette étape doit permettre de poursuivre la validation du véhicule avant son passage à la production.

HawKar prépare également une nouvelle levée de fonds. Les ressources recherchées doivent servir à financer les pilotes et à accompagner le passage du stade pré-industriel à une offre commercialisable de véhicules haut de gamme et personnalisables.

À ce jour, la startup ne communique pas de volumes de production ni de chiffres de ventes. Son activité reste donc principalement orientée vers le développement, les essais et la préparation de la phase commerciale.

Les prochaines priorités sont clairement identifiées. HawKar veut achever les pilotes en cours, renforcer ses partenariats industriels et financiers et préparer son lancement commercial en Tunisie. L’entreprise envisage ensuite une extension vers les marchés africains.

Ce positionnement répond à une difficulté que HawKar identifie dans la région MENA et en Afrique. Les transports collectifs et certaines infrastructures restent peu adaptés aux personnes à mobilité réduite, tandis que les véhicules aménagés importés peuvent représenter un coût important. La startup cherche à apporter une solution conçue spécifiquement autour de cet usage.

Pour sa fondatrice, le développement d’un projet industriel passe également par la capacité à réunir les bonnes compétences autour de l’entreprise. Elle insiste notamment sur l’importance de s’entourer d’experts lorsque les besoins dépassent ses propres domaines de compétence. Elle encourage par ailleurs les femmes entrepreneures à investir des secteurs comme l’automobile, la mécanique et la mobilité.

Après plusieurs années consacrées au développement du véhicule, HawKar entre ainsi dans une phase où les enjeux portent désormais sur les tests, le financement et le passage à la production. La prochaine étape sera celle de la commercialisation, d’abord en Tunisie, puis sur les marchés africains.

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Raya Holding prépare une acquisition de 60 millions de dollars dans les data centers

Raya Holding veut accélérer dans les infrastructures numériques. Le groupe égyptien a approuvé, sous conditions, un financement pouvant atteindre 60 millions de dollars pour soutenir l’acquisition de 100 % des droits de propriété d’une installation de data center en Égypte.

La décision a été prise par le conseil d’administration de Raya Holding lors de sa réunion du 23 septembre 2026. Le financement passera par une augmentation de capital de Raya Data Center Services, souscrite par Raya Information Technology, filiale détenue à 100 % par Raya Holding. Le montant maximal est fixé à 60 millions de dollars, soit environ 3 milliards de livres égyptiennes à titre indicatif.

Les fonds ne pourront être utilisés que pour financer la partie en capital du prix d’acquisition de l’actif ciblé. L’augmentation de capital pourra être réalisée en une ou plusieurs tranches, en dollars, en livres égyptiennes ou dans les deux devises, en fonction des besoins de la transaction. Le taux de change appliqué sera celui retenu par la banque au moment de chaque paiement.

La transaction n’est toutefois pas encore finalisée. L’autorisation donnée par Raya Holding reste conditionnée à la conclusion effective de l’acquisition, à la signature des accords définitifs ainsi qu’à l’obtention des différentes autorisations et à la satisfaction des conditions juridiques et réglementaires requises. Si l’opération n’aboutit pas, l’augmentation de capital et le financement ne deviendront pas effectifs.

Un secteur stratégique pour Raya

Cette opération prolongerait les investissements déjà engagés par le groupe dans les infrastructures numériques. Raya Data Center Services est active dans les data centers, le cloud et les services managés. Le groupe avait notamment annoncé un partenariat avec Africa50, qui avait investi 15 millions de dollars aux côtés de 10 millions de dollars apportés par Raya Information Technology, pour développer les capacités de son activité de data centers et un nouveau centre de données certifié Tier III en Égypte.

L’enjeu dépasse donc cette seule acquisition : pour Raya Holding, les data centers constituent désormais l’un des axes de développement de ses activités technologiques. Dans ses résultats du premier semestre 2026, le groupe avait enregistré 33,8 milliards de livres égyptiennes de revenus, en hausse de 22 % sur un an, tandis que ses activités technologiques continuaient de bénéficier de la demande liée aux infrastructures numériques.

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Pleine lune : est-elle vraiment responsable de vos nuits difficiles, de votre fatigue et de votre « bad mood » ?

Une nuit agitée, un réveil difficile, une irritabilité inhabituelle… Et si la pleine lune y était pour quelque chose ? La croyance est ancienne et largement répandue. Pourtant, les recherches scientifiques dressent un tableau beaucoup plus nuancé : la pleine lune n’a pas été démontrée comme une cause directe de sautes d’humeur, de crises psychologiques ou de comportements inhabituels. En revanche, plusieurs travaux ont observé des variations du sommeil autour de certaines phases lunaires.

C’est probablement là que se trouve le véritable sujet. Car lorsqu’une nuit est moins réparatrice, ses effets peuvent se prolonger dans la journée : fatigue, baisse de vigilance, irritabilité et moindre capacité à réguler ses émotions.

Le sommeil : le principal lien observé

Une étude publiée dans Current Biology en 2013 avait trouvé, dans des conditions de laboratoire contrôlées, qu’autour de la pleine lune, l’activité cérébrale associée au sommeil profond diminuait de 30 %. Les participants mettaient également environ cinq minutes de plus à s’endormir et dormaient en moyenne 20 minutes de moins. Les chercheurs avaient aussi observé une baisse de la mélatonine, une hormone impliquée dans la régulation du sommeil.

Mais cette conclusion n’est pas devenue un consensus scientifique. Une étude beaucoup plus importante, portant sur 2 125 personnes, n’a trouvé aucune différence statistiquement significative de durée ou de qualité du sommeil entre les différentes phases de la lune.

Autrement dit, les résultats ne sont pas suffisamment homogènes pour affirmer que la pleine lune fait systématiquement moins bien dormir tout le monde.

D’autres travaux apportent néanmoins des éléments intéressants. Une étude publiée en 2021 dans Science Advances, basée sur des données recueillies dans plusieurs environnements, a constaté que les participants avaient tendance à s’endormir plus tard et à dormir moins longtemps dans les jours précédant la pleine lune, lorsque la lumière lunaire est disponible en début de nuit. L’analyse incluait notamment 463 étudiants américains et plusieurs populations vivant en Argentine.

Et cette impression d’avoir « moins d’énergie » ?

C’est ici qu’il faut distinguer perception et mécanisme biologique démontré.

Il n’existe pas de preuve robuste permettant d’affirmer que la pleine lune « vide l’énergie » ou augmente directement la fatigue. En revanche, une nuit plus courte ou plus fragmentée peut bel et bien modifier l’état émotionnel et les capacités cognitives le lendemain. Une vaste méta-analyse publiée en 2024 dans Psychological Bulletin a synthétisé 154 études expérimentales et 1 338 estimations d’effets, représentant 5 717 participants. Elle conclut que les différentes formes de privation de sommeil réduisent notamment les émotions positives et augmentent certains symptômes d’anxiété.

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Tunisie : la BCT veut passer de la résilience à la création de richesse

La Tunisie doit désormais accélérer le passage à l’investissement et à la création de richesse. C’est le message porté par le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhaier Nouri, lors d’une rencontre avec des responsables de la Banque mondiale et de la Société financière internationale (IFC).

Le gouverneur estime que le pays a jusqu’ici démontré sa capacité à absorber les chocs climatiques et géopolitiques. Mais cette résilience ne suffit plus. « Il est temps de passer d’une logique de résilience à une logique de création de richesse », a-t-il déclaré. Pour concrétiser ce changement de cap, la BCT met notamment l’accent sur l’accélération des projets et des investissements. Deux secteurs sont particulièrement cités : le phosphate et les énergies renouvelables.

Fethi Nouri a également appelé à relancer l’investissement privé, tout en rappelant les efforts consacrés à la préservation de la stabilité du taux de change et des réserves en devises. Pour la BCT, l’enjeu est désormais de transformer la stabilité macroéconomique en davantage d’activité économique et d’investissement.

La Banque mondiale et l’IFC veulent renforcer leur intervention

La Banque mondiale a confirmé son intérêt pour des solutions concrètes en matière d’infrastructures et de développement du secteur privé. Son directeur pays pour le Maghreb et Malte, Ahmadou Moustapha Ndiaye, a décrit le partenariat avec la Tunisie comme reposant sur trois éléments : les projets, les résultats et la recherche de solutions opérationnelles. De son côté, Ary Naim, directeur de l’IFC pour l’Afrique, a annoncé l’ambition d’augmenter significativement les financements destinés à la Tunisie. L’institution prévoit notamment de renforcer ses investissements dans les infrastructures et son soutien à l’internationalisation des entreprises tunisiennes. Concrètement, l’IFC entend mobiliser des instruments de financement pour aider les entreprises tunisiennes à accéder davantage aux capitaux et à se développer à l’international. Un enjeu directement lié à la capacité du secteur privé à prendre le relais dans la création de valeur et d’emplois.

 

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Au Maroc, Noor Ouarzazate transforme le désert en laboratoire géant de l’énergie solaire

Au sud-est du Maroc, le complexe solaire Noor Ouarzazate s’étend sur environ 3 000 hectares et affiche une capacité installée de 580 MW. Mis en service progressivement entre 2016 et 2018, il réunit quatre centrales et plusieurs technologies solaires, dont le solaire thermodynamique à concentration (CSP) et le photovoltaïque.

Présenté comme l’un des plus grands complexes solaires au monde, Noor Ouarzazate repose sur trois centrales CSP — Noor I, II et III — et une centrale photovoltaïque, Noor IV. Les trois premières concentrent le rayonnement solaire à l’aide de miroirs pour produire de la chaleur, puis de la vapeur destinée à entraîner une turbine. Noor IV, d’une puissance de 72 MW, fonctionne quant à elle avec des panneaux photovoltaïques équipés d’un système de suivi du soleil.

La particularité de Noor réside surtout dans le stockage thermique associé aux centrales CSP. Noor I dispose notamment d’une capacité de stockage de trois heures. Noor III, équipée d’une tour solaire de 243 mètres, utilise des sels fondus capables de conserver la chaleur afin de continuer à produire de l’électricité après le coucher du soleil. Les températures peuvent atteindre environ 565 °C.

Cette architecture permet donc de rendre une partie de la production solaire « pilotable » et de mieux répondre aux besoins du réseau lorsque la production photovoltaïque diminue en fin de journée. Il serait toutefois inexact de présenter l’ensemble du complexe comme une installation produisant de manière continue 24 heures sur 24 : Noor IV, notamment, est une centrale photovoltaïque sans stockage thermique.

Le projet constitue aussi un cas intéressant pour les entreprises et les investisseurs : son développement s’est appuyé sur des partenariats public-privé et sur le financement de plusieurs institutions internationales, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’AFD et la Banque européenne d’investissement. L’objectif dépassait donc la seule production d’électricité : il s’agissait aussi de réduire la dépendance du Maroc aux énergies fossiles et de développer une filière industrielle autour des énergies renouvelables.

Le complexe montre également les limites techniques du modèle. Noor III a été arrêtée en février 2024 après une fuite dans un réservoir de sels fondus et n’a repris son activité qu’en avril 2025. En 2026, un nouveau réservoir de stockage est encore au cœur d’un programme destiné à renforcer la fiabilité de l’installation.

Au-delà de son image de « cité solaire » au milieu du désert, Noor Ouarzazate est surtout un démonstrateur à grande échelle : celui d’un modèle énergétique combinant production solaire, stockage thermique, infrastructures de réseau et financement public-privé. 

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AKSA Composites investit 5 millions de dollars en Tunisie

La Tunisie accueille un nouvel acteur dans l’industrie aéronautique. La société turque AKSA Composites, spécialisée dans les matériaux composites avancés, a signé le 24 septembre 2026 un accord de bail industriel avec l’Ecopark de Borj Cédria, pour un investissement annoncé d’environ 5 millions de dollars.

Cette implantation constitue la première présence d’AKSA Composites en Afrique et la première implantation en Tunisie d’un acteur aéronautique turc, selon la FIPA-Tunisia. La société est une filiale du groupe turc Akkök. Le projet intervient dans un secteur où la Tunisie cherche à renforcer ses activités à plus forte valeur ajoutée. AKSA Composites travaille notamment sur les matériaux composites utilisés dans l’aéronautique et d’autres applications industrielles avancées.

Au-delà du montant investi, l’enjeu porte aussi sur les capacités industrielles qui pourront être développées localement: transfert de technologies, montée en compétences et intégration de fournisseurs tunisiens dans les chaînes de valeur internationales. Le projet n’est pas né avec la signature de septembre. Les premiers échanges entre AKSA Composites et l’écosystème aéronautique tunisien remontent au Hamburg Aviation Forum de 2025. Le GITAS indique que les discussions se sont poursuivies avec l’accompagnement de la FIPA-Tunisia avant d’aboutir à cette implantation.

En juillet 2026, la FIPA avait déjà annoncé que l’entreprise prévoyait de lancer prochainement ses activités à Borj Cédria. La signature du bail marque donc le passage d’un projet en préparation à une nouvelle étape industrielle concrète.

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Smart Tunisie: une action nouvelle pour dix anciennes

Smart Tunisie s’apprête à une augmentation de son capital par incorporation de réserves. L’opération a été autorisée par son Assemblée générale extraordinaire tenue le 29 avril 2026.

La recapitalisation a été fixée à 10 123 440 TND, permettant de porter le capital social de 50 617 215 TND actuellement à 60 740 655 TND après l’émission envisagée. Elle sera réalisée en deux tranches distinctes.

La première a été approuvée par le conseil d’administration du 10 septembre 2026. Elle portera sur 5 061 720 dinars. Il y aura l’émission de 1 012 344 actions nouvelles gratuites, d’une valeur nominale de 5 dinars chacune. Le détenteur de 10 actions anciennes aura droit à une action nouvelle gratuite. La société procèdera à l’acquisition et à l’annulation de 3 droits d’attribution rompus.

L’opération aura lieu le 1er octobre 2026 et les actions nouvelles porteront jouissance à partir du 1er janvier 2026. Elles seront négociées sur la même ligne de cotation que les actions anciennes. À l’issue de la réalisation de la première tranche, le capital sera porté à 55 678 935 dinars.

L’objectif de cette opération est double. D’une part, cela permettra de rémunérer les actionnaires. Les performances sont bonnes et les perspectives de hausse de cours sont réelles. Le premier semestre a été soldé par un bénéfice net de 16,078 MTND. D’autre part, ces opérations constituent le meilleur moyen pour soutenir le cours de l’action. Qui lâchera un titre qui va lui offrir un dividende et une action gratuite, surtout que le rendement annuel s’élève déjà à environ 79%?

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L’Égypte s’allie à Nvidia pour devenir le pôle régional de l’IA

Le géant technologique Nvidia compte faire de l’Égypte un pôle régional de l’intelligence artificielle (IA). Un protocole d’accord qui définira les domaines potentiels de coopération entre les deux parties sera signé dans les mois à venir.

Nvidia pourra porter énormément à l’Égypte en matière de développement des compétences numériques, de soutien à l’innovation pour les startups et les entrepreneurs, de recherche et développement, ainsi que de renforcement des capacités locales en matière d’informatique et d’IA.

Pour attirer ce géant, Le Caire a fourni des efforts et a lourdement misé sur l’investissement massif en data centers et infrastructures numériques. Nvidia va d’ailleurs fournir la technologie pour le premier centre de données égyptien souverain alimenté par l’IA, épargnant aux opérateurs économiques locaux le coût d’achat et de gestion de leur propre infrastructure.

Le bras opérationnel public, l’ADC, devrait lancer des installations pour fournir, entre autres, de l’hébergement, de l’interconnexion et de l’activation du cloud, avec une capacité initiale de 20 mégawatts au cours de ses trois premières années, avec des plans pour atteindre 200 mégawatts. Les IDE attirés seraient de l’ordre de 200 millions de dollars sur une enveloppe totale de 1 milliard de dollars. En 2030, l’IA pourrait contribuer à hauteur de 7,7 % du PIB égyptien.

Est-ce que la Tunisie pourra trouver une place dans cette nouvelle économie? La réponse est oui. Le marché mondial des centres de données est estimé à plus de 425 milliards de dollars en 2026 et devrait atteindre 902 milliards d’ici 2033. C’est une question de volonté.

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L’ATB migre à T24 et renforce son provisionnement

L’Arab Tunisian Bank (ATB) a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026. La banque a enregistré un PNB en progression de 9,2 % à 187,047 MTND. Cette hausse s’appuie sur une gestion dynamique des activités d’exploitation, surtout avec une hausse de la marge d’intérêt de 4,9 % en rythme annuel à 87,603 MTND.

En revanche, les six premiers mois de l’année se sont soldés par un déficit de 27,595 MTND. L’ATB poursuit sa politique d’assainissement de son actif, avec un coût du risque de 72,321 MTND contre 37,067 MTND fin juin 2025. Ce montant découle, en grande partie, de l’un des évènements majeurs de la période.

En fait, la migration vers le nouveau système d’information T24 a été réussie. Cette transition technique majeure a nécessité la mise en place de travaux de rapprochement, de justification et d’apurement des comptes de migration et d’équilibre. Ces travaux se poursuivent, avec une réduction significative des montants concernés et des incidences très limitées sur le résultat de la période.

En raison de la migration vers le système T24, la disponibilité de certaines données nécessaires à l’analyse individuelle et exhaustive des créances sur la clientèle a été temporairement restreinte. Pour pallier cette situation lors de l’arrêté des comptes au 30 juin 2026, la banque a eu recours à une méthodologie statistique rigoureuse afin d’estimer le niveau de couverture requis au titre du risque de crédit. Cette démarche a conduit à la comptabilisation d’une couverture supplémentaire de 78,484 MTND, incluant des provisions individuelles et des agios réservés, assurant ainsi la prudence nécessaire face aux risques encourus. L’analyse individuelle exhaustive, fondée sur des données complètes et fiabilisées, qui sera réalisée dans les mois à venir, pourrait conduire à un montant de couverture différent. Des reprises, comme de nouvelles dotations aux provisions sur créances, pourraient donc être observées.

La banque est concentrée sur la fiabilisation et la modernisation de ses outils de travail pour consolider ses fondamentaux et améliorer sa compétitivité. Cela engendre nécessairement des coûts et peut affecter la profitabilité à court terme. À long terme, les résultats ne peuvent être que positifs.

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Ce pays africain veut faire baisser les prix des billets d’avion

Le gouvernement ghanéen met la pression sur les compagnies aériennes pour qu’elles réduisent leurs tarifs. Après la suppression des droits et taxes sur les pièces détachées importées par les compagnies aériennes domestiques, le ministre des Transports, Joseph Bukari Nikpe, a appelé les transporteurs à faire bénéficier les voyageurs de cette baisse des coûts.

La mesure vise à alléger les charges de maintenance des appareils. Mais elle intervient dans un marché où le prix du transport aérien reste fortement influencé par le carburant, les redevances aéroportuaires, les coûts de personnel et la disponibilité des avions.

Cette réforme fiscale intervient également alors que le Ghana fait face à des critiques concernant l’introduction, depuis avril 2026, de nouvelles contributions destinées au financement des infrastructures aéroportuaires. La CEDEAO estime que certaines de ces charges ne sont pas conformes à la dynamique régionale visant à réduire le coût du transport aérien. Celle-ci prévoit notamment une baisse de 25 % des redevances passagers et de sûreté.

D’autres pays ouest-africains prennent également des mesures pour réduire les coûts du secteur. La Côte d’Ivoire a appliqué la réduction de 25 % prévue par la CEDEAO pour les vols intra-régionaux. Au Togo, les frais d’installation d’une compagnie aérienne ont été ramenés d’environ 215 millions à 3,5 millions de FCFA.

Au-delà de la baisse des billets, l’enjeu est donc aussi celui de la compétitivité du marché : réduire les coûts d’exploitation et les barrières à l’entrée pour permettre aux compagnies d’augmenter leur offre et, potentiellement, de renforcer la concurrence.

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Burkina Faso, Mali et Niger accélèrent leur intégration numérique

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger veulent franchir une nouvelle étape dans leur coopération numérique. Les régulateurs des télécommunications des trois pays doivent signer, le 25 septembre 2026 à Ouagadougou, une convention prévoyant la création du Conseil des Régulateurs du Sahel (CRS), destiné à coordonner leurs actions au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le futur conseil servira de cadre permanent d’échange entre l’ARCEP Burkina Faso, l’AMRTP du Mali et l’ARCEP Niger. Leur coopération portera notamment sur l’itinérance communautaire, la cybersécurité, la protection des consommateurs et la gestion des fréquences. Les trois autorités prévoient également de faciliter la reconnaissance mutuelle des équipements homologués, de coordonner le développement des infrastructures et de mieux encadrer les activités postales transfrontalières. Elles souhaitent aussi coordonner l’introduction des technologies émergentes et rapprocher leurs positions dans les instances internationales.

Cette démarche s’inscrit dans une coopération numérique déjà engagée. En avril 2025, les autorités de protection des données personnelles des trois pays avaient créé un cadre commun pour harmoniser leurs pratiques, partager leurs expériences et renforcer la gouvernance des données.

Pour les opérateurs et entreprises numériques présents dans plusieurs pays de l’AES, l’enjeu est concret : une coordination accrue des règles pourrait faciliter le déploiement des équipements et services numériques, tout en réduisant certaines divergences réglementaires entre les trois marchés.

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Financements climatiques : la Tunisie veut accélérer les projets agricoles, hydriques et maritimes

La Tunisie veut mieux capter les financements internationaux dédiés au climat pour financer des projets capables de réduire la vulnérabilité de l’agriculture, des ressources en eau et des activités maritimes face aux effets du changement climatique.

Cette orientation était au cœur d’une séance de travail tenue le 23 septembre 2026 sous la présidence du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche. Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes du Fonds vert pour le climat (GCF) et du Fonds de réponse aux pertes et préjudices (FRLD), ainsi que sur les conditions d’accès à leurs financements.

L’enjeu est désormais de passer de l’identification des besoins à la constitution d’un portefeuille de projets suffisamment préparés pour être financés. Le ministère prévoit ainsi de sélectionner et de hiérarchiser des projets selon leur priorité, leur niveau de préparation et leur conformité aux critères des fonds internationaux.

Transformer les besoins en projets finançables

Les secteurs concernés sont directement exposés aux effets du dérèglement climatique : hausse des températures, baisse des précipitations, sécheresses, vagues de chaleur et inondations. Ces phénomènes accentuent la pression sur les ressources en eau et l’irrigation, les terres agricoles, les parcours et l’élevage, mais également sur les forêts, les écosystèmes marins, la pêche et l’aquaculture.

Dans ce contexte, les financements recherchés doivent soutenir des projets concrets d’adaptation, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de prévention ou de réponse aux pertes et dommages climatiques.

Le ministère insiste également sur la nécessité de fonder les projets sur des données scientifiques et des études techniques. L’objectif est notamment de mieux transformer les résultats de la recherche en projets opérationnels, avec des objectifs, des coûts et des modalités de mise en œuvre suffisamment définis pour répondre aux exigences des bailleurs.

Un rôle important est attribué à l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA), présentée comme une structure nationale accréditée auprès du Fonds vert pour le climat. Elle doit contribuer à la mobilisation des financements et accompagner les structures publiques ainsi que les porteurs d’idées dans la préparation de projets répondant aux critères des mécanismes internationaux.

La prochaine étape consiste à élaborer une portefeuille national de projets de financement climatique. Celui-ci devra notamment intégrer des notes conceptuelles et classer les projets en fonction de leur urgence, de leur maturité et de leur capacité à obtenir un financement.

Le ministère souhaite aussi renforcer les projets consacrés à la pêche maritime et à l’aquaculture, secteurs jugés particulièrement exposés aux changements climatiques. Parallèlement, il appelle à améliorer les systèmes de données, d’évaluation et d’analyse des pertes et dommages afin de disposer d’une base plus solide pour orienter les investissements.

 

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TeleHealth Connect 2026: la Tunisie accueille le directeur général de l’OMS

La santé est en train de changer de terrain. Consultation à distance, intelligence artificielle, données médicales et outils de diagnostic connectés s’installent progressivement dans les systèmes de soins, avec une promesse forte, celle de rapprocher le patient du médecin et de rendre les parcours de soins plus fluides. Mais derrière cette transformation se posent déjà d’autres questions, moins technologiques et beaucoup plus structurantes, sur la gouvernance, la sécurité des données et l’accès aux nouvelles solutions.

C’est dans ce contexte que la Tunisie accueillera, du 29 septembre au 1er octobre 2026, le congrès international TeleHealth Connect Tunisia 2026, à l’hôtel Radisson Blu (ex Laico) à Tunis. Placée sous le haut patronage du président de la République, Kaïs Saïed, la rencontre réunira des responsables de la santé, des délégations arabes, africaines et internationales, ainsi que des experts autour des grandes mutations du secteur.

Le rendez-vous intervient alors que l’intelligence artificielle progresse plus vite que les cadres censés l’encadrer. Un constat particulièrement visible en Europe. Dans une analyse publiée en juillet 2026, l’Organisation mondiale de la santé indique que seuls 8 % des pays de sa Région disposent d’une stratégie spécifique à l’intelligence artificielle en santé, alors que près des deux tiers utilisent déjà l’IA dans le diagnostic. L’OMS relève également que moins de la moitié des pays ont évalué l’adéquation de leurs cadres juridiques à ces nouveaux usages.

Le sujet ne relève donc plus de la prospective. L’IA entre déjà dans les pratiques médicales, tandis que les systèmes de santé doivent encore définir les règles qui permettront de l’utiliser de manière sûre et responsable. C’est précisément l’un des enjeux qui traversera les discussions de TeleHealth Connect 2026.

La télémédecine figurera parmi les principaux thèmes du congrès. Plusieurs initiatives sont déjà engagées dans ce domaine, avec l’objectif de faciliter l’accès aux soins, notamment pour les patients éloignés des établissements et des spécialités médicales. Cette évolution ouvre de nouvelles possibilités pour le suivi et la prise en charge à distance, tout en posant des questions sur les infrastructures, la formation des professionnels et l’accès des patients aux outils numériques.

Les données de l’UIT illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, seulement 38 % de la population utilisait Internet en 2024, contre 68 % à l’échelle mondiale. L’écart entre les villes et les zones rurales reste particulièrement important, avec un taux d’utilisation de 57 % en milieu urbain contre 23 % en milieu rural. Dans ces conditions, la transformation numérique de la santé ne peut pas être pensée uniquement sous l’angle des technologies disponibles. Elle dépend aussi de la capacité à garantir une connexion, des équipements et des usages accessibles au plus grand nombre.

L’OMS souligne elle aussi les limites de cette transition. Dans son analyse régionale consacrée à la santé numérique et à la télémédecine, elle relève que 30 à 70 % des professionnels de santé interrogés dans différentes études déclarent ne pas disposer des compétences numériques nécessaires pour utiliser efficacement les technologies numériques. Elle constate également que les dispositifs de télémédecine restent encore insuffisamment évalués dans plusieurs pays.

Cette réalité donne une autre dimension au débat sur l’innovation. La question n’est plus seulement de savoir ce que la technologie permet de faire, mais dans quelles conditions elle peut réellement améliorer les soins.

La cybersécurité sera ainsi au cœur des discussions. À mesure que les données médicales circulent entre patients, professionnels, établissements et plateformes, leur protection devient un enjeu stratégique. Le développement de l’IA ajoute une couche supplémentaire à cette équation, avec des interrogations sur la qualité des données, les biais, la confidentialité et la responsabilité des décisions prises avec l’appui d’algorithmes.

L’OMS a d’ailleurs consacré en juin 2026 un document spécifique aux opportunités et aux risques de l’IA dans l’élaboration des politiques de santé. L’organisation met notamment en garde contre les biais liés aux données, les vulnérabilités en matière de cybersécurité et le risque que les outils numériques donnent davantage de poids aux informations facilement quantifiables au détriment de l’expérience des patients et des réalités locales.

C’est donc un débat de gouvernance autant qu’un débat technologique qui se dessine à Tunis. La santé numérique peut accélérer l’accès aux soins et améliorer certains parcours, mais elle oblige aussi les décideurs à revoir les règles, les compétences et les infrastructures qui accompagnent cette évolution.

Les bénéfices potentiels sont néanmoins considérables. Selon l’UIT, qui s’appuie sur des travaux conjoints avec l’OMS, le recours à des solutions numériques telles que la télémédecine, la messagerie mobile et les chatbots pour prévenir et prendre en charge certaines maladies non transmissibles pourrait permettre d’éviter plus de deux millions de décès et quelque sept millions d’événements aigus ou hospitalisations au cours des dix prochaines années, avec un gain économique estimé à 199 milliards de dollars.

Encore faut-il que cette promesse ne creuse pas les écarts existants. C’est là que la question de l’équité prend tout son sens. Une innovation médicale n’aura qu’un impact limité si elle reste inaccessible aux populations les plus éloignées du numérique ou aux territoires qui disposent des infrastructures les plus faibles.

L’ouverture de TeleHealth Connect Tunisia 2026 est prévue le 29 septembre à 9h, avec une allocution du ministre de la Santé, Mustapha Ferjani. Dans son message, il a présenté la santé numérique comme un moyen de “make digital health a bridge that brings care closer to every person” et appelé à la construction de partenariats pratiques et durables.

Les travaux se poursuivront le 30 septembre autour des différentes sessions thématiques. Le congrès réunira notamment des représentants du monde arabe et du continent africain, dans un contexte où les expériences de transformation numérique des systèmes de santé restent très diverses.

Le dernier jour devrait donner au rendez-vous une portée internationale supplémentaire. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, est annoncé à Tunis pour la clôture du congrès, ce qui constituerait, selon les organisateurs, une première en Tunisie. Sa présence doit également coïncider avec la signature d’un accord international présenté comme majeur. Son contenu et les engagements qui en découleront n’ont pas encore été précisés dans les informations communiquées.

Au fond, TeleHealth Connect 2026 pose une question qui dépasse la seule technologie. À mesure que l’intelligence artificielle et la télémédecine entrent dans le quotidien des systèmes de soins, le véritable enjeu sera de savoir comment transformer cette puissance numérique en progrès médical accessible, sécurisé et réellement utile au patient.

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Le CMF accélère sur l’ESG et prépare un nouveau cadre de reporting extra-financier

Le cadre tunisien de reporting ESG devrait encore évoluer. Le Conseil du Marché Financier (CMF) prépare en effet une décision générale consacrée au reporting extra-financier, avec l’objectif d’installer progressivement de nouvelles exigences adaptées aux réalités du marché tunisien. L’annonce a été faite jeudi 24 septembre à Tunis par Hatem Smiri, président du CMF, lors de la Journée annuelle des administratrices et administrateurs de sociétés organisée par l’Institut Tunisien des Administrateurs (ITA).

Cette nouvelle étape vient compléter les mesures déjà engagées par le régulateur en matière d’information liée à la durabilité. Le CMF a notamment demandé aux sociétés faisant appel public à l’épargne d’intégrer dans les notes aux états financiers les informations ESG significatives susceptibles d’avoir une incidence sur leur activité, leur situation financière, leur performance ou leurs perspectives. Le dispositif s’appuie notamment sur les normes IFRS S1 et S2. Hatem Smiri insiste toutefois sur une approche progressive. « Notre objectif est de bâtir un cadre cohérent, progressif et adapté à notre marché plutôt que d’accumuler des obligations sans nous interroger sur leur pertinence et sur leur applicabilité réelle », a-t-il déclaré.

Pour le président du CMF, la question de la gouvernance reste indissociable de cette évolution. Le régulateur entend notamment renforcer sa vigilance sur les processus d’élection des administrateurs indépendants et des représentants des actionnaires minoritaires dans les sociétés cotées. « L’indépendance ne saurait être une simple qualification inscrite dans un procès-verbal. Elle doit être une réalité pouvant être vérifiée », a souligné Hatem Smiri.

Le président du CMF a également placé la transformation technologique au cœur des enjeux de régulation. Intelligence artificielle, digitalisation des services financiers, automatisation des processus et nouvelles formes d’intermédiation transforment progressivement le fonctionnement des marchés. Pour Smiri, cette évolution doit s’accompagner d’exigences en matière de protection des données, de cybersécurité, de gestion des risques et de qualité de l’information destinée aux investisseurs.

Vers un réseau africain des administrateurs

La journée a également été marquée par une initiative à dimension continentale. Moez Joudi, président de l’ITA, a annoncé la création d’un Institut africain des administrateurs, porté avec plusieurs organisations professionnelles du continent. L’initiative réunit notamment l’ITA en Tunisie, le Club des administrateurs algériens ainsi que des organisations homologues de Guinée, de Côte d’Ivoire et du Mali. «L’objectif est de structurer une coopération africaine autour de la gouvernance des entreprises et des établissements financiers, mais aussi de la transparence et des enjeux ESG» déclare Joudi.

La prochaine étape consistera à établir une feuille de route pour préciser le fonctionnement de cette nouvelle structure et lui donner une portée continentale. Pour l’ITA, l’enjeu est notamment de renforcer les compétences des administrateurs et de favoriser la diffusion de pratiques communes en matière de gouvernance.

Cette initiative intervient alors que les entreprises africaines sont confrontées à des exigences croissantes en matière de gouvernance, de transparence, de durabilité et de transformation technologique. Pour les conseils d’administration, ces sujets ne relèvent donc plus uniquement de la conformité, mais touchent directement à la manière dont les entreprises sont pilotées, financées et évaluées.

 

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ESG en Afrique : des normes à adapter aux réalités du continent

Les normes ESG ne peuvent pas être transposées en Afrique sans tenir compte des réalités économiques, énergétiques et technologiques du continent. C’est l’un des principaux enseignements du panel consacré aux normes ESG pour l’Afrique, organisé jeudi 24 septembre à Tunis dans le cadre de la Journée annuelle des administrateurs de l’Institut Tunisien des Administrateurs (ITA).

Pour Christian de Boissieu, professeur émérite à la Sorbonne et président du Conseil scientifique de l’ITA, le contexte international actuel complique la progression des politiques ESG. Il cite notamment les tensions géopolitiques, l’évolution des prix de l’énergie et le changement d’attitude à l’égard des politiques climatiques. Mais au-delà de ces facteurs, il pointe surtout un problème de perception des normes ESG.

« Il y a eu quand même un manque de pédagogie des autorités sur ce sujet », estime-t-il. Selon lui, les entreprises ont parfois tendance à percevoir les normes ESG comme des contraintes plutôt que comme des opportunités. L’enjeu est donc de déplacer le regard vers le long terme : « Ce qui compte, c’est le long terme. Ce qui compte, c’est le rendement social, économique et financier de long terme. »

Cette réflexion conduit directement à la question de l’adaptation des normes au contexte africain. Pour Christian de Boissieu, l’Afrique ne doit pas reproduire automatiquement les réglementations conçues ailleurs. « Il n’y a pas de modèle. La France n’est pas un modèle, c’est une expérience. L’Europe n’est pas un modèle, c’est une expérience », souligne-t-il.

Il appelle ainsi les pays africains à s’inspirer des standards internationaux tout en tenant compte de leurs propres contraintes. 

L’énergie, un cas concret de cette adaptation

La question énergétique illustre particulièrement cette difficulté. Sofiane Gaied, directeur général de Panoro Energy, rappelle que l’Afrique doit poursuivre simultanément deux objectifs : réussir sa transition énergétique et permettre à sa population d’accéder davantage à l’énergie.

Le continent dispose d’un potentiel important en solaire, éolien et hydraulique, mais transformer ces ressources en énergie disponible nécessite des infrastructures, des réseaux, du stockage et surtout des financements.

« En Afrique, la solution est différente », souligne-t-il. Selon lui, les normes ESG doivent intégrer le niveau de développement énergétique du continent et ne pas uniquement reprendre les critères appliqués dans les économies développées. Cette différence apparaît notamment lorsqu’il est question des énergies fossiles. Sofiane Gaied appelle à éviter les approches trop tranchées. « Il faut faire l’équilibre et surtout regarder ce que ces énergies fossiles peuvent apporter en termes d’offre d’énergie, d’accessibilité à l’énergie et ce qu’elles remplacent. » Il cite notamment le cas d’une centrale à gaz qui, dans certains contextes africains, pourrait remplacer des solutions davantage émettrices. D’où son appel à intégrer les investissements de transition dans l’analyse ESG : « Ce sont des investissements qui ne sont ni polluants ni totalement verts. »

Il ajoute un autre critère : l’accès à l’énergie. «On ne peut pas traiter un projet en Europe qui ne tient pas compte de l’aspect social comme un projet en Afrique qui utilise, par exemple, le gaz pour donner accès à l’énergie à des gens qui n’en ont jamais eu». Pour Amine Oussedik, directeur général de MDI-Algiers Business School, les normes constituent à la fois une opportunité et une contrainte pour les entreprises africaines. Elles peuvent contribuer à attirer les investissements directs étrangers, soutenir la diversification économique et améliorer la gestion des ressources. Mais leur mise en œuvre implique aussi des coûts liés au reporting, à la conformité et aux nouvelles procédures.

Cette équation est particulièrement sensible pour les PME, qui constituent une large partie du tissu économique africain. « Introduire les normes ESG, c’est vraiment une révolution en interne sur le plan culturel », estime-t-il, soulignant la nécessité d’un accompagnement pédagogique et de la formation.

La technologie peut justement faciliter cette transformation, estime Alexandre Grux, CTO de DiliTrust. Son premier apport est de permettre aux entreprises de mieux mesurer et documenter leurs performances. Dans le cadre des nouvelles exigences environnementales, la donnée devient un élément de preuve permettant notamment aux entreprises de faire valoir leurs performances réelles plutôt que d’être évaluées sur des valeurs par défaut. Mais cette dépendance croissante aux technologies crée aussi de nouveaux risques. « La technologie est un accélérateur, un facilitateur, mais avec des conditions bien évidemment d’avoir une bonne infrastructure », rappelle-t-il.

Pour les entreprises africaines, il identifie notamment trois enjeux : la souveraineté des données, la cybersécurité et la disponibilité de données suffisamment représentatives des réalités locales. « Il faut vraiment faire ce travail de captation de vos données d’activité, données d’infrastructure, données de risque », insiste Alexandre Grux.

Car ces données serviront aussi demain à alimenter les systèmes d’évaluation et les modèles d’intelligence artificielle. L’enjeu pour les entreprises africaines n’est donc plus seulement de respecter les normes ESG, mais aussi de disposer des données permettant de démontrer concrètement leurs performances et leurs risques.

Au terme du débat, une idée ressort : l’enjeu pour l’Afrique n’est pas de choisir entre normes internationales et spécificités locales, mais de construire un cadre capable de tenir compte des deux. 

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Huile d’olive tunisienne: quels sont les principaux marchés à l’export?

L’huile d’olive tunisienne continue de gagner du terrain sur les marchés extérieurs. Sur les dix premiers mois de la campagne 2025/2026, soit de novembre 2025 à août 2026, la Tunisie a exporté 381,2 mille tonnes, pour des recettes de 4,78 milliards de dinars. Par rapport à la même période de la campagne précédente, les volumes ont progressé de 50,8 %, tandis que les recettes ont augmenté de 41,2 %, selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), rapportées par la TAP.

Cette hausse des exportations s’accompagne toutefois d’une réalité qui reste bien connue du secteur. L’essentiel de l’huile tunisienne vendue à l’étranger part encore en vrac. Sur les 381,2 mille tonnes exportées, 55,4 mille tonnes seulement étaient conditionnées, soit 14,5 % du total. Le vrac représente ainsi 85,5 % des volumes.

Le conditionné progresse néanmoins. Ses exportations ont augmenté de 48,7 % sur un an. Mais cette évolution ne se traduit pas encore par une part équivalente dans les recettes. L’huile conditionnée ne représente que 19,3 % des revenus générés par les exportations. Autrement dit, la majeure partie de la valeur reste encore réalisée sur des volumes exportés en vrac.

Dans le détail, l’huile extra vierge domine largement les expéditions tunisiennes. Elle compte pour 83,5 % des volumes exportés sur la période.

Des marchés toujours concentrés sur l’Europe et l’Amérique du Nord

Côté débouchés, l’huile d’olive tunisienne poursuit son implantation à l’international. Elle a été exportée vers plus de 82 pays à fin août 2026. L’Union européenne reste de loin le principal marché, avec 56,6 % des volumes. L’Espagne arrive en tête avec 31,9 %, devant l’Italie avec 19,8 %.

L’Amérique du Nord constitue le deuxième grand débouché, avec 24,4 % des exportations. Les États-Unis absorbent à eux seuls 19,3 % des volumes, tandis que le Canada en représente 5,1 %.

L’Asie concentre pour sa part 11,5 % des exportations, portée notamment par l’Arabie saoudite et la Jordanie, avec respectivement 4,9 % et 3 %. Le marché africain reste plus limité, à 3,7 % des volumes, dont 3,1 % pour l’Égypte.

Sur le front des prix, le mois d’août 2026 affiche une évolution favorable. Le prix moyen à l’export s’est établi à 13,31 dinars le kilogramme, contre 12,42 dinars un an auparavant, soit une hausse de 7,1 %. Selon les catégories d’huile, les prix se sont situés entre 8,41 et 17,12 dinars le kilogramme.

Le bio reste un créneau à forte valeur

L’huile d’olive biologique occupe également une place dans cette dynamique. Les exportations ont atteint 53 mille tonnes sur les dix premiers mois de la campagne, pour une valeur proche de 699,7 millions de dinars.

Là encore, le conditionnement reste minoritaire. Seulement 6,3 % des volumes d’huile d’olive biologique exportés étaient conditionnés.

Le bio affiche toutefois des niveaux de prix qui méritent l’attention. Le prix moyen s’est établi à 13,20 dinars/kg, avec 12,96 dinars pour l’huile en vrac et 16,74 dinars pour l’huile conditionnée.

L’Italie constitue le premier marché de l’huile d’olive biologique tunisienne, avec 39 % des volumes exportés. Elle est suivie par l’Espagne avec 26 %, les États-Unis avec 23 % et la France avec 8 %.

Ces chiffres montrent ainsi une progression nette des volumes exportés, mais aussi le poids encore important du vrac dans le modèle d’exportation tunisien. Le conditionné gagne du terrain, sans représenter encore la majorité de la valeur générée par les ventes à l’étranger.

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Les risques de défaut de paiement restent élevés

Si les statistiques relatives aux chèques attirent l’attention en premier lieu, la compréhension globale de l’évolution du risque de défaut de paiement impose d’élargir l’analyse à l’ensemble des moyens de paiement.

Au cours des six premiers mois de 2026, les montants rejetés cumulés, tous instruments confondus (prélèvements, virements, chèques et lettres de change), ont totalisé 4 291,881 MTND. À titre de comparaison, ce montant s’élevait à 4 776,988 MTND sur la même période en 2025, et à 3 553,760 MTND à fin juin 2024. Bien entendu, ces chiffres concernent des incidents de paiement lors du traitement de l’opération pour la première fois. Une grande partie de ces transactions pourra donc faire l’objet d’une régularisation ultérieure.

L’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation sur le chèque a profondément perturbé le marché. Face à un cadre plus strict, de nombreux opérateurs économiques ont délaissé ce moyen de paiement au profit d’alternatives, générant des tensions de liquidité en cascade. Cette transition difficile explique la flambée des risques observée en 2025, qui a marqué un record absolu des montants rejetés alors que la somme totale des opérations avait reculé de 9,6% pour s’établir à 105 808 MTND.

En 2026, le volume global des transactions a connu un rebond de 3,6%, tandis que les montants rejetés ont reculé de 10,1%, pour s’établir à 4 291,881 MTND. Globalement, le montant des rejets reste structurellement supérieur aux niveaux d’avant 2025, prouvant que la tension sur la trésorerie des agents économiques ne s’est pas dissipée.

De plus, le report du risque vers d’autres instruments s’est confirmé. Le changement de comportement des entreprises face au chèque a entraîné une réorientation des flux vers d’autres moyens de paiement (lettres de change, virements, prélèvements) qui ont vu les sommes concernées par des rejets augmenter. Les difficultés de recouvrement se trouvent ainsi disséminées dans l’ensemble de la chaîne financière, maintenant une pression constante sur le fonds de roulement des entreprises.

Cette persistance des impayés conforte l’aversion pour le risque des banques. Dans ce contexte, l’accès au financement pour les sociétés risque de rester contraint, pesant durablement sur la relance de l’investissement productif et consolidant un climat d’attentisme économique.

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Le Sénégal devient un nouveau terrain d’export pour les acteurs tunisiens du numérique

Du 15 au 19 décembre 2026, Dakar accueillera les Rencontres Tuniso-Sénégalaises du Numérique, dans le cadre de la Tunisia Tech Week. L’événement doit mettre en relation des entreprises et startups tunisiennes des technologies de l’information avec le marché sénégalais.

Cette initiative revient au Centre de promotion des exportations (CEPEX), qui bénéficie du concours de l’ambassade de Tunisie au Sénégal. Le dispositif poursuit quatre objectifs : présenter l’offre tunisienne aux décideurs et aux donneurs d’ordre sénégalais ; organiser des rencontres qualifiées entre entreprises, avec des clients et partenaires potentiels ; repérer des relais locaux (intégrateurs, distributeurs, partenaires de co-développement ou de représentation) ; favoriser l’insertion dans l’écosystème du pays.

La mission s’adresse aux acteurs tunisiens du numérique, en particulier dans la cybersécurité, la digitalisation des services publics, la finance numérique, le commerce en ligne, le cloud, la donnée et l’intelligence artificielle, les logiciels et progiciels de gestion intégrée, la santé numérique et les technologies éducatives. Elle inclut également l’agriculture connectée, les villes intelligentes, le tourisme digital et l’industrie 4.0.

Un contexte porteur

Le Sénégal déploie le New Deal Technologique 2025-2034, doté d’environ 1 105 milliards de francs CFA (près de 1,7 milliard de dollars américains). Ce programme prévoit la numérisation complète des services publics, le renforcement de la souveraineté numérique (cloud, cybersécurité, intelligence artificielle) et la structuration d’un vivier de start-up et de compétences.

Le pays dénombre plus de 11,5 millions d’internautes, soit une pénétration voisine de 61 %, pour une couverture 4G d’environ 85 %. Le secteur de la finance numérique dispose d’une certaine maturité, et la demande de digitalisation émane des administrations, des banques, des assurances, des opérateurs télécoms et des grands groupes.

Le Sénégal offre en outre un accès à trois espaces régionaux : l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Pour une entreprise tunisienne, cette présence permet de valider son offre auprès d’une demande institutionnelle et privée avant d’élargir sa zone d’activité. Le choix du partenaire local constitue, dans cette perspective, un facteur décisif.

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NuRAN Wireless expérimente le satellite pour connecter les territoires africains isolés

La société canadienne NuRAN Wireless va tester la connectivité satellitaire Starlink comme solution de backhaul pour ses réseaux mobiles ruraux au Nigeria. L’objectif est de vérifier si cette technologie peut apporter davantage de capacité aux sites isolés, là où les infrastructures terrestres sont difficiles ou coûteuses à déployer. Le test doit être mené avec Infratel, partenaire de longue date de NuRAN.

Le pilote sera réalisé sur un site rural de NuRAN au Nigeria. Il s’agit de la première intégration de connectivité LEO dans le réseau de NuRAN, selon l’entreprise. La société utilisera un service Starlink licencié fourni par l’intermédiaire d’un prestataire tiers. Un point important à préciser : NuRAN n’a pas de relation contractuelle ou commerciale directe avec Starlink ou SpaceX dans le cadre de ce projet. La connectivité satellitaire sera donc intégrée au réseau de NuRAN via un fournisseur de services tiers.  Le choix du satellite répond surtout à un problème très concret : le backhaul, c’est-à-dire la liaison qui transporte les données entre une station mobile et le reste du réseau. Dans les zones rurales, cette liaison peut être limitée par la distance, la géographie ou le coût des infrastructures terrestres. NuRAN continuera ainsi à utiliser des solutions terrestres, notamment les liaisons micro-ondes et le TV White Space, lorsque les conditions le permettent. Le satellite serait utilisé dans les zones où ces technologies sont difficiles à mettre en œuvre ou économiquement moins intéressantes. 

Au-delà de la couverture mobile

L’enjeu pour NuRAN ne se limite pas à améliorer la couverture 4G. L’entreprise veut également mesurer l’impact de cette capacité supplémentaire sur l’économie de ses sites ruraux et sur de nouveaux services, notamment le edge computing, l’intelligence artificielle exécutée localement et les solutions énergétiques. NuRAN indique avoir plus de 5.000 sites sous contrat en Afrique, ce qui ouvre la possibilité, si le pilote est concluant, de reproduire le modèle dans d’autres marchés où les services Starlink sont autorisés. L’entreprise cite notamment la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire et le Bénin, tandis que le Cameroun est encore en cours de procédure selon ses informations. 

Le cadre réglementaire nigérian confirme par ailleurs l’existence de licences liées aux services Starlink dans le pays, notamment pour Starlink Internet Services Nigeria Limited et Africa Mobile Network Communications. 

 

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Forbes 2026: deux banques tunisiennes dans le classement mondial

Forbes et Statista ont lancé en 2026 leur premier classement des 500 banques les plus performantes dans 89 pays. L’évaluation repose principalement sur leurs données financières et leurs états financiers audités, et non sur la satisfaction des clients.

Les banques sont évaluées selon quatre critères: rentabilité (30 %), solidité du capital et du financement (25 %), qualité des actifs et efficacité (25 %), croissance et qualité des résultats (20 %). Pour comparer des établissements de taille comparable, elles sont réparties en six catégories d’actifs, de 3 à 10 milliards de dollars jusqu’aux banques dépassant 500 milliards de dollars.

Dans le classement 2026, on trouve;

  • Tier 1 : plus de 500 Md$ d’actifs

  • Tier 2 : 100 à 500 Md$

  • Tier 3 : 50 à 100 Md$

  • Tier 4 : 20 à 50 Md$

  • Tier 5 : 10 à 20 Md$

  • Tier 6 : 3 à 10 Md$

Deux banques tunisiennes figurent dans la première édition du classement World’s Top Performing Banks 2026. La BIAT se classe 28e dans le Tier 5, qui regroupe les établissements affichant entre 10 et 20 milliards de dollars d’actifs. La Banque de Tunisie (BT) arrive, pour sa part, à la 52e place du Tier 6, réservé aux banques dont les actifs se situent entre 3 et 10 milliards de dollars. Le classement distingue au total 500 banques dans 89 pays, réparties selon six catégories d’actifs.

 

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