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Sans garanties, sans intérêts : le crédit sur l’honneur peut-il tenir ses promesses ?

Le décret n° 2026-148 du 23 juillet 2026, publié au Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT), introduit un nouveau mécanisme des crédits sur l’honneur, prévu depuis la réforme des chèques de 2024 (article 412 ter du Code de commerce).

Le texte fixe trois plafonds selon le profil du bénéficiaire : 25 000 dinars pour les PME et sociétés communautaires, 10 000 dinars pour les porteurs de microprojets, 5 000 dinars pour les particuliers, remboursables sur deux ans au maximum. Fait notable : les banques n’ont pas le choix, elles doivent consacrer au moins 8 % de leurs bénéfices de l’exercice précédent à alimenter ces lignes, et statuer sur chaque dossier en dix jours ouvrables.

L’expert Mohamed Salah Ayari a d’ailleurs tenu à clarifier un point : la simple déclaration sur l’honneur ne suffit pas, un dossier reste nécessaire, et la banque conserve son droit de poursuite en cas d’impayé.

La gratuité, qui pour la payer ?

Le principal point qui pose problème concerne le taux, si ce dernier est nul pour l’emprunteur, quelqu’un doit absorber le coût. L’ancien cadre de la Banque Centrale de Tunisie, Sadok Rouai explique en ce sens que « le coût ne disparaît jamais, il change simplement de payeur ».

L’économiste Aram Belhaj redoute, de son côté, que les banques ne privilégient en pratique les dossiers qui présentent le moins de risques, ce qui viderait le dispositif de sa vocation sociale. Quant à l’enveloppe globale, qui est environ de 120 millions de dinars puisés dans les bénéfices bancaires de 2025, elle lui semble bien en deçà de ce qu’exigerait un tissu économique où les demandeurs potentiels de crédits se comptent par dizaines de milliers.

Un accès au crédit pour le petit entrepreneuriat

Pour les jeunes porteurs de projets et les micro-entreprises historiquement écartés du crédit bancaire faute de garanties suffisantes, ce mécanisme ouvre malgré tout une porte concrète vers un premier financement. Sa réussite dépendra, néanmoins, de la clarté des critères d’octroi entre banques et de l’accompagnement offert aux bénéficiaires pour transformer ce coup de pouce en activité pérenne.

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Énergies vertes: la Tunisie affine son vivier de compétences dans l’électricité et l’électronique

Un cursus de perfectionnement dédié aux nouveaux métiers verts, porté par le programme «THAMM Plus» et soutenu conjointement par Berlin et Bruxelles a été entamé cette semaine à Tunis. Au total, 275 compétences tunisiennes des secteurs de l’électricité et de l’électronique sont concernées par ce programme.

Dans un communiqué officiel, l’ambassade d’Allemagne en Tunisie a indiqué que l’objectif est de préparer les participants aux mutations du marché du travail. Au menu, des sessions de spécialisation en énergie solaire photovoltaïque, en calcul de l’empreinte carbone et en efficacité énergétique dans le bâtiment et les services, de quoi ouvrir des perspectives d’emploi aussi bien en Tunisie qu’en Allemagne.

Un montage à plusieurs partenaires

Le programme est piloté par l’Agence allemande de coopération internationale, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, l’organisation suisse de coopération technique, l’Agence tunisienne de formation professionnelle, l’ANETI et la fédération tunisienne de l’électricité et de l’électronique.

«THAMM Plus» prolonge en réalité l’initiative régionale «THAMM», dédiée à la mobilité sécurisée et légale des techniciens tunisiens, marocains et égyptiens vers l’Allemagne, l’Italie et la France.

Le plus pour l’investissement

Ce type de programme met en place, en amont, un vivier de main-d’œuvre qualifiée dans le solaire et l’efficacité énergétique. Pour les investisseurs et entrepreneurs positionnés sur la transition énergétique, la disponibilité de techniciens certifiés permettra d’accélérer l’implantation de projets verts et facilitera le développement de sous-traitants locaux dans ces métiers.

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Carburants verts: la stratégie double de la Tunisie pour une filière qui s’ouvre à l’investissement

La Tunisie avance sur deux fronts pour se tailler une place dans la course aux carburants verts: d’un côté, la recherche universitaire éclaire la voie technique; de l’autre, les grands groupes internationaux mettent déjà l’argent sur la table.

Le e-kérosène, un atout de compétitivité

Le professeur Mohamed Sadok Guellouz, chercheur en génie énergétique interrogé par la TAP en marge d’un atelier à Tunis, plaide pour trois chantiers prioritaires: développer les carburants verts, moderniser le réseau électrique et rapprocher davantage laboratoires et industriels.

Il ajoute que d’après une récente étude, la Tunisie pourrait, d’ici 2050, sortir de ses usines un e-kérosène facturé un quart de moins qu’en Europe et un cinquième de moins qu’aux États-Unis, un avantage tarifaire qui pourrait faire des ports et aéroports du pays des escales de choix pour l’aviation et le transport maritime en quête de décarbonation. Autre chantier évoqué: la STEG explorerait la piste d’un barrage-réservoir à Oued El Meleh, dans le gouvernorat de Jendouba, avec une capacité annoncée de 400 à 600 MW pour stocker l’électricité renouvelable sur de longues périodes.

Trois mégaprojets tournés vers l’export

Sur le terrain, la plateforme Attaqa recense trois initiatives d’envergure. Un groupe saoudien s’est engagé sur une capacité annuelle de 600 000 tonnes d’hydrogène vert, quasi entièrement dédiée à l’export. Autre chantier de taille: celui associant TotalEnergies et l’autrichien Verbund, qui doit démarrer en 2030 avec 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an avant de viser le million de tonnes; la facture s’annonce lourde, entre 8 milliards d’euros pour le lancement et jusqu’à 40 milliards une fois le projet à pleine puissance. Troisième pilier: l’ammoniac vert, avec une unité prévue dans la zone industrielle de Gabès.

À terme, Tunis vise l’exportation de 6,3 millions de tonnes d’hydrogène vert par an vers l’UE d’ici 2050, via un corridor transitant par l’Italie.

Un terrain accessible pour les investisseurs

Entre recherche appliquée et mégacontrats internationaux, la filière hydrogène offre un terrain encore largement accessible: électrolyse, stockage, infrastructures portuaires ou sous-traitance industrielle sont autant de niches où des acteurs tunisiens, publics comme privés, pourraient se positionner avant que le marché ne se referme.

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Transformer les fonds transférés par les TRE en investissements productifs, le pari de la CDC

Néjia Gharbi, directrice générale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), a affirmé dans la journée du mercredi 29 juillet 2026 qu’il est temps de mettre en place des mécanismes financiers innovants pour canaliser l’épargne des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE) vers des projets à impact dans les régions, capables de créer de la valeur et des emplois.

Néjia Gharbi s’exprimait lors des Journées régionales des Tunisiens à l’étranger, organisées par l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE). Pour la DG de la CDC, l’urgence est claire: il faut faire des transferts des fonds de ces derniers, aujourd’hui souvent captés par la consommation courante, un vrai moteur de développement économique.

La CDC se présente comme un investisseur public engagé dans la mobilisation de ressources pour corriger les écarts entre régions; concrètement, cette ambition s’appuie sur le programme «Watani», fruit d’une collaboration avec l’Agence française de développement (AFD) et Expertise France, qui vise à mieux informer la diaspora et à épauler les projets entrepreneuriaux porteurs d’impact.

Un écosystème à construire

Pour Gharbi, tout se jouera sur la capacité à bâtir un cadre financier accessible à tous les TRE, où ils pourraient trouver des produits d’investissement fiables, bien encadrés et faciles à comprendre, le tout appuyé par une meilleure articulation entre l’État et le secteur privé.

La rencontre de Tunis s’inscrit dans un cycle de quatre séminaires régionaux organisés par l’OTE du 23 juillet au 6 août 2026: après Tataouine (23 juillet) et Tunis (29 juillet), les prochaines étapes sont Bizerte (4 août) et Kairouan (6 août).

Un potentiel d’investissement sous-exploité

Ces initiatives ouvrent une fenêtre pour les entrepreneurs tunisiens: mieux orienter l’épargne de la diaspora vers des mécanismes financiers structurés – fonds dédiés, garanties d’investissement, produits d’épargne ciblés – pourrait donner accès à une source de capital jusque-là largement sous-mobilisée pour financer des projets régionaux, notamment dans les zones où l’accès au financement bancaire classique reste limité.

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Panneaux, onduleurs, batteries: la Chambre nationale de l’énergie photovoltaïque veut faire sauter les taxes

La Chambre nationale de l’énergie photovoltaïque, structure rattachée à l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), a présenté le 27 juillet 2026 une série de recommandations au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie pour donner un coup d’accélérateur à la transition énergétique tunisienne. La rencontre, tenue au siège du ministère, a réuni responsables publics et acteurs du secteur privé.

Moins de paperasse, plus d’avantages fiscaux

Parmi les demandes portées par la Chambre: la digitalisation complète des procédures d’autorisation, histoire de raccourcir des délais jugés trop longs, et un accompagnement renforcé des porteurs de projets sous régime d’autorisations ou de concessions. Sur le plan fiscal, l’organisation réclame carrément l’exonération des panneaux solaires, onduleurs et batteries des droits de douane et de la TVA, une mesure supposée alléger sensiblement le coût des investissements dans le solaire.

Autre pilier de la proposition: le programme «Citoyenneté énergétique», destiné aux abonnés STEG à faible consommation. L’objectif affiché est ambitieux: équiper un million de familles en cinq ans, pour 600 mégawatts de capacité additionnelle. La Chambre plaide aussi pour la suppression du plafond de 30% sur l’électricité excédentaire injectée au réseau, et pour une révision à la hausse du tarif de rachat, actuellement fixé à 80 millimes le kilowattheure.

Un signal pour attirer les investisseurs

Ces propositions, si elles sont retenues, permettraient d’avoir un cadre nettement plus incitatif pour les opérateurs du photovoltaïque et les industriels tentés par l’autoconsommation. La levée des surtaxes sur les équipements, combinée à un tarif de rachat plus attractif, réduirait le temps de retour sur investissement, un facteur clé pour convaincre bailleurs de fonds et entrepreneurs d’accélérer leurs projets dans un secteur pénalisé par les marges d’incertitude réglementaire.

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Près de 50 000 dinars de pertes par restaurant touristique : le bilan de la récente campagne de délestages de la STEG

Le président de la Fédération tunisienne des restaurants touristiques, Habib Ben Moussa a déclaré dans la journée du mardi que les coupures d’électricité à répétition coûteraient près de 50 000 dinars à chaque établissement du secteur, essentiellement en raison des denrées avariées faute de réfrigération.

Au cours de la récente vague de chaleur, plusieurs restaurants ont carrément dû fermer boutique pendant quatre jours d’affilée. Résultat : du matériel de réfrigération endommagé, des stocks perdus et des clients qui ne reviennent pas.

Face à cela, Habib Ben Moussa réclame un geste simple de la STEG : prévenir les restaurateurs par SMS avant chaque coupure programmée, pour qu’ils aient le temps de mettre leur matériel et leurs marchandises à l’abri.

Le solaire, une solution hors de prix

Se tourner vers le stockage de l’énergie solaire ? L’idée séduit, mais le porte-monnaie freine : quatre batteries sont nécessaires pour équiper une installation de 5,4 kW, ce qui représente une dépense proche de 10 000 dinars. Le responsable appelle, par conséquent, les autorités à alléger la fiscalité douanière sur ces équipements, avec l’objectif de faire baisser la facture dans une fourchette de 5 000 à 6 000 dinars.

Un secteur déjà sous pression

Avec 397 établissements classés et près de 20 000 emplois, les récentes difficultés énergétiques interviennent au pire moment pour le secteur. Un quart des recettes générées file tout droit dans les caisses de l’État sous forme d’impôts et de taxes diverses, et la marge bénéficiaire de certains services ne dépasse pas les 2 %, plombée par la flambée du coût des matières premières.

Investir dans l’autonomie énergétique, un pari encore hors de portée

Les difficultés soulevées par la Fédération constituent de réelles opportunités d’investissement pour les acteurs du solaire et du stockage de l’énergie en Tunisie : la demande existe, portée par un secteur touristique confronté à des pertes récurrentes, mais le coût initial reste dissuasif pour la majorité des exploitants.

Une baisse ciblée des droits de douane sur les équipements de stockage, comme le réclame Habib Ben Moussa, pourrait à la fois soulager les restaurateurs et ouvrir un marché plus large aux fournisseurs locaux de solutions solaires et de batteries.

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STEG: le flou le plus total entoure le nouveau générateur de la centrale de La Mornaguia

Une opération logistique peu banale s’est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche: un générateur électrique de taille impressionnante a quitté le port de Menzel-Bourguiba, à Bizerte, direction le Grand Tunis. L’appareil doit être installé à la centrale de la STEG de La Mornaguia, dans le gouvernorat de La Manouba.

Un convoi qui n’est pas passé inaperçu

Remorques surbaissées, itinéraire étudié, coordination sécuritaire renforcée; le transport n’a rien eu d’ordinaire. Le passage du convoi a carrément enflammé les réseaux sociaux, entre photos, vidéos et questions sans réponse: quelle puissance, quel coût, et pourquoi avoir fait transiter l’équipement par Menzel-Bourguiba, un trajet nettement plus long qu’en passant par Radès? Pour ce point comme pour les autres, aucune communication officielle.

Seule certitude à ce stade: l’équipement est de fabrication allemande. Capacité exacte, montant de l’acquisition, fournisseur, calendrier précis, tout reste flou. Une fois sur site, le générateur devra passer des tests techniques avant sa mise en exploitation.

Un signal pour l’investissement énergétique

Au-delà de l’anecdote logistique, cet épisode remet sur la table la nécessité d’investir dans le renforcement des capacités de production, pour absorber des pics de demande devenus une norme chaque été. Le flou entretenu autour du coût et du fournisseur de cet équipement est problématique par rapport à la transparence des contrats énergétiques, un paramètre que les investisseurs et les partenaires financiers du secteur suivent de près avant de s’engager sur des projets similaires.

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Gabès: 340 millions de dinars pour une nouvelle centrale solaire à El Mahamla

Le gouverneur de Gabès, Ridha Nsibi, a présidé le mardi 28 juillet une réunion consacrée à la future centrale photovoltaïque d’El Mahamla, dans la délégation de Menzel Habib. Objectif de la rencontre, qui a réuni les responsables de l’entreprise française spécialisée dans les énergies propres, Voltalia, et des responsables locaux: faire le point sur l’étude d’impact environnemental et social du projet.

L’enveloppe mobilisée pour cette centrale de 132 MW atteint 340 millions de dinars. Le coup d’envoi du chantier est prévu pour 2027, avec une centrale pleinement opérationnelle dans trois ans, en juin 2029.

L’installation produira chaque année de quoi couvrir la consommation électrique d’environ 200 000 habitants, tout en épargnant à l’atmosphère 120 000 tonnes de CO₂ chaque année. Sur le volet emploi, les porteurs du projet tablent sur près de 400 postes, directs et indirects, rien que pour le premier volet de mise en œuvre.

Autre info à noter: Voltalia doit également lancer prochainement, dans la même zone d’El Mahamla, un premier projet solaire distinct de 130 MW, doté de son propre poste de raccordement au réseau national électrique.

Une locomotive pour l’investissement régional

Ce type de projet, mobilisant plusieurs centaines de millions de dinars sur un même site, ouvre un terrain concret pour la sous-traitance locale: génie civil, maintenance, ingénierie électrique, et peut servir de vitrine pour attirer d’autres investisseurs dans les énergies renouvelables à Gabès, une région encore mal équipée en infrastructures solaires de cette taille.

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Droits de douane américains: l’huile d’olive tunisienne passe sous les radars de Washington

Depuis le 24 juillet 2026, Washington applique des surtaxes douanières additionnelles, 10 à 12,5%, pour une soixantaine de partenaires commerciaux. Ce sont des surtaxes qui concernent les pays qui ne luttent pas assez contre le travail des mineurs, ce qui est contraire à la réglementation américaine en la matière. La Tunisie ne figure pas sur cette liste, un avantage considérable sur ses principaux concurrents à l’échelle internationale.

Un avantage qui ne dit pas son nom

Pas de faveur négociée ou de statut particulier obtenu à Washington, la Tunisie est simplement restée en dehors du radar des enquêteurs américains. Ses exportations continuent donc de circuler au tarif douanier classique, alors que des rivaux directs comme le Maroc, l’Algérie, l’Égypte ou la Turquie, eux, écopent de surtaxes.

Du côté européen, la situation est tout autre: l’Espagne et l’Italie sont toujours plafonnées à 15% de droits de douane, un taux fixé depuis longtemps dans le cadre des négociations commerciales entre Bruxelles et Washington.

Un timing plutôt bon pour la filière

Entre novembre 2025 et juin 2026, les exportateurs tunisiens ont écoulé 352 000 tonnes d’huile d’olive, un bond de 56,7% par rapport aux 224 600 tonnes de la campagne précédente. Même dynamique côté recettes: 4,394 milliards de dinars engrangés (près de 1,29 milliard d’euros), en hausse de 45% sur un an. Sur ce volume, l’extra vierge domine largement, avec 83,4% du total.

Côté clients, rien ne change vraiment dans la hiérarchie: l’Espagne trône toujours en tête avec 32,4% des volumes, suivie de l’Italie à 19,7%, puis des États-Unis, qui grignotent 19,4%, toujours à la troisième place. Globalement, l’Europe capte encore l’essentiel des exportations tunisiennes (56,8%), loin devant l’Amérique du Nord (24,2%).

Le vrac, toujours le point faible

D’une campagne à l’autre, le principal point handicapant les exportations d’huile d’olive tunisienne est toujours le même: 86,3% de l’huile tunisienne est exportée encore en vrac, contre seulement 13,7% conditionnée. Une partie de cette production finit d’ailleurs embouteillée et commercialisée sous marques étrangères, notamment espagnoles et italiennes, la valeur ajoutée file donc à l’étranger.

Une fenêtre d’opportunité pour les investisseurs

Ce différentiel tarifaire ouvre un créneau concret pour les opérateurs tunisiens désireux de renforcer leur présence sur le marché américain, troisième débouché du secteur.

L’écart de compétitivité avec les concurrents espagnols et italiens, taxés à 15% aux États-Unis, plaide en particulier pour des investissements dans le conditionnement local et le développement de marques tunisiennes à l’export, un segment qui ne pèse aujourd’hui que 18,2% de la valeur totale exportée.

Néanmoins, cet avantage tarifaire n’a rien de garanti dans la durée: Washington conserve la possibilité d’élargir à tout moment la liste des pays concernés par ses enquêtes commerciales.

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Moody’s maintient la note souveraine de la Tunisie à «Caa1»: stable, mais vulnérable

Moody’s Ratings a bouclé sa revue périodique de la note souveraine tunisienne. Le verdict a été rendu public fin juillet et aucun changement n’est à signaler, la note de la Tunisie reste à «Caa1» avec perspective stable. Pas de surprise donc, mais l’agence en a profité pour dresser un état des lieux assez complet de la situation de l’économie tunisienne, pas très rassurante.

Des réserves qui tiennent, malgré la facture énergétique

D’après le rapport de Moody’s, entre janvier et mai 2026, la facture des importations d’énergie a grimpé de 38% sur un an, portée par la hausse des prix du pétrole. Les réserves en devises, elles, ont plutôt bien encaissé le choc: leur niveau se maintient autour de 3,3 mois de couverture des importations à fin juin. De quoi remercier, entre autres, la bonne tenue des exportations agricoles, un flux constant d’argent envoyé par la diaspora et des IDE en hausse de 14% sur un an au premier trimestre.

Autre fait marquant, le remboursement du dernier eurobond majeur le mois dernier avec lequel la dette extérieure tunisienne gagne un profil d’échéances nettement plus confortable pour les années à venir.

Le budget, lui, marque une pause

Côté finances publiques, Moody’s évoque carrément une année blanche pour la consolidation budgétaire, plombée par la hausse de la masse salariale publique et le démarrage des premiers projets du Plan national de développement 2026-2030.

Les subventions énergétiques, qui sont à 20% des dépenses publiques en 2025 (6,8% du PIB), restent le point de fragilité numéro un; la structure des dépenses publiques, trop peu flexible, ressort même comme la vulnérabilité centrale du profil financier tunisien.

Ce que ça change pour les investisseurs

Pour les acteurs économiques, cette confirmation de note, sans dégradation ni relèvement, envoie un signal de stabilité à court terme, sans lever pour autant les incertitudes de fond. Le maintien d’une perspective stable, adossé à la résilience des réserves et à la dynamique des IDE et des transferts de la diaspora, offre un cadre prévisible pour les opérateurs déjà engagés sur le marché tunisien.

La rigidité budgétaire et le poids de la dette publique continuent en revanche de peser sur le coût et l’accès au financement extérieur, un paramètre à surveiller de près pour tout projet d’investissement à moyen terme. Moody’s rappelle également que la note de la Banque centrale de Tunisie, chargée d’émettre et de rembourser la dette pour le compte de l’État, est inchangée à «Caa1», perspective stable.

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STEG : l’entrepreneuriat tunisien passe à l’action devant les tribunaux

Le ton monte d’un cran entre la STEG et les entreprises tunisiennes. Le président de l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE), Yassine Gouiaa, a annoncé, dans la journée du samedi 25 juillet, le dépôt prochain d’une plainte contre l’opérateur national de l’électricité en Tunisie. En cause : les préjudices subis par plusieurs entreprises en raison de la récente campagne de délestages.

Plus de 30 avocats mobilisés

L’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) avait déjà annoncé la mise en place d’une cellule juridique pour accompagner les entreprises touchées. Gouiaa a précisé les contours du dispositif : plus de 30 avocats se sont portés volontaires pour suivre le dossier. Leur mission, accompagner la constitution des dossiers, la collecte des preuves et le démarrage des procédures. Les entreprises concernées devront transmettre factures, rapports techniques et tout document permettant d’évaluer les dégâts matériels et les pertes constatées.

Cliniques, restaurants, cafés en première ligne

Yassine Gouiaa cite plusieurs secteurs particulièrement touchés : cliniques privées, restaurants et cafés. Selon lui, plus des deux tiers des établissements de café auraient vu leur activité perturbée. Un constat qui se recoupe avec celui de la Chambre nationale des propriétaires de restaurants, où un établissement sur deux, voire davantage, a subi des pertes par rapport aux denrées périssables avec des interruptions de service et des réservations annulées durant la vague de chaleur.

Un dispositif de crise réclamé aux pouvoirs publics

Au-delà du volet judiciaire, l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) proteste contre la gestion structurelle du dossier. L’organisation évoque une absence de vision de long terme dans le pilotage du réseau électrique national, incapable, selon elle, d’assurer un approvisionnement continu. Elle réclame quatre mesures : garantir en priorité l’alimentation des zones industrielles, créer une cellule nationale de crise, mettre en place un mécanisme transparent de déclaration des dommages et instaurer un dispositif d’indemnisation pour les pertes dûment établies. L’organisation, qui existe depuis 2020, fédère un large spectre d’acteurs économiques : petites entreprises, artisans, commerçants et professionnels de l’agriculture, de l’industrie et des services.

Ce que ça change pour les entreprises et les investisseurs

Cette mobilisation judiciaire n’est pas qu’un bras de fer ponctuel. Elle pose la question, beaucoup plus large, de la fiabilité du réseau électrique comme facteur de risque pour l’investissement. Pour les porteurs de projets qui évaluent l’implantation ou l’extension d’une activité en Tunisie, la multiplication des recours contre la STEG et la pression pour un mécanisme d’indemnisation pérenne pourraient, à terme, clarifier le partage des responsabilités en cas de défaillance du réseau ; un point qui pèse directement dans le calcul du risque opérationnel, notamment pour les secteurs à forte dépendance énergétique.

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TIC : la Tunisie sixième en Afrique, le réseau est solide, la facture est salée

L’Union internationale des télécommunications (UIT) a publié son dernier rapport sur l’Indice de développement des TIC (IDI) : la Tunisie y décroche la 6e place africaine, avec un score de 80,1 points, largement au-dessus de la moyenne continentale, qui est à 59 points.

Le mobile porte le score, le portefeuille freine

L’objectif de ce classement est de savoir s’il est possible, partout dans le monde, de se connecter à Internet sans trop de contraintes : un coût raisonnable, une connexion stable et un accès fiable. Il repose sur dix indicateurs, classés en deux grandes familles ; l’accès de base d’un côté, la qualité réelle de la connexion de l’autre. Côté infrastructure, la Tunisie coche presque toutes les cases : 99 % de la population est couverte par, au moins, un réseau 3G, et neuf Tunisiens sur dix possèdent un téléphone mobile. Le point faible de la Tunisie réside ailleurs, selon l’UIT, un forfait mobile combinant données et voix coûte 98,6 % du revenu national brut par habitant. Il s’agit de l’équivalent de presque un mois de revenu moyen. Un poids qui plombe l’inclusion numérique, malgré une infrastructure solide.

Le Maroc en tête, l’Angola en bas de tableau

Au classement africain, le Maroc domine avec 89,2 points, porté par sa couverture haut débit et ses investissements dans les infrastructures. Juste derrière, l’île Maurice avec 89,1 points, puis l’Algérie (87,8) et l’Afrique du Sud (86,4). La Tunisie devance quant à elle le Cap-Vert (79,8), l’Égypte (79,6), l’Eswatini (78,9) et le Botswana (77,7). En queue de peloton, l’Angola ferme la marche avec 55,4 points, plombé par un accès limité aux infrastructures et de fortes disparités régionales. À l’échelle mondiale, l’Arabie saoudite trône en tête avec 99,2 points, devant la Finlande, l’Estonie, le Koweït et le Qatar.

Un signal pour les investisseurs télécoms

Ce classement dessine, en creux, une carte des priorités d’investissement. La couverture réseau tunisienne est déjà mature ; c’est sur l’accessibilité tarifaire qu’il faut agir. Pour les opérateurs et les acteurs du numérique, l’écart entre infrastructure et pouvoir d’achat représente de réelles opportunités ; offres low cost, modèles de financement des terminaux et partenariats sur la data. L’objectif est d’attirer des capitaux vers un segment encore sous-exploité du marché tunisien.

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La Tunisie et le Japon s’associent pour une meilleure croissance des startups en Afrique

L’Agence japonaise de coopération internationale JICA a annoncé la signature du procès-verbal du programme « Partenariat pour booster l’écosystème africain des startups ». Ce dispositif triangulaire, porté conjointement par le ministère tunisien des Technologies de la communication, Smart Tunisian Technoparks (S2T) et la JICA, doit s’étaler de 2026 à 2028 et vise à renforcer les écosystèmes de startups en Afrique.

Huit pays représentés dès la première session

Concrètement, le programme réunira chaque année des participants de plusieurs pays africains, appelés à monter en compétence sur le développement et la gestion d’écosystèmes startups. La première session est fixée pour décembre 2026 ; huit pays africains y seront représentés.

Le Startup Act tunisien comme socle

Le programme s’appuie explicitement sur l’expérience tunisienne, à commencer par le Startup Act, le cadre juridique qui organise le soutien aux jeunes pousses dans le pays. L’objectif est de promouvoir l’innovation, d’accélérer la transformation numérique et de favoriser une croissance économique plus inclusive à l’échelle africaine. Le dispositif doit également servir de plateforme de réseautage entre acteurs de l’innovation africains et tunisiens et experts japonais.

Ce que cela signifie pour l’écosystème régional

Pour les porteurs de projets africains, ce partenariat permet d’élargir le vivier de startups formées et structurées, dès la première promotion de huit pays. Pour ce qui est des investisseurs et des fonds régionaux, une meilleure structuration juridique des écosystèmes, sur le modèle du Startup Act, réduit une partie du risque perçu et facilite le repérage d’opportunités entrepreneuriales sur des marchés encore peu explorés.

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