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Assad: marges solides et cure d’amaigrissement pour la dette à long terme

La société L’Accumulateur Tunisien Assad a publié ses indicateurs d’activité relatifs au troisième trimestre 2026.

Le trimestre a affiché un chiffre d’affaires de 22,809 MTND, une baisse de 20,9% en glissement annuel. Le marché local a montré une certaine stabilité, avec des ventes de 15,443 MTND, tandis que les exportations sont passées de 13,290 MTND sur le troisième quart en 2025 à 7,366 MTND durant la même période en 2026.

Sur les neuf mois, le chiffre d’affaires local a atteint 42,591 MTND, en légère hausse de 0,6%. Cette tendance confirme l’ancrage solide de la marque sur le marché domestique.

Par contre, le chiffre d’affaires à l’export s’est élevé à 21,369 MTND. Ce repli conjoncturel s’explique principalement par des contraintes réglementaires ayant pesé sur les flux d’importation de la filiale algérienne BAA durant la période, totalement indépendantes de la performance commerciale intrinsèque d’Assad. En global, et jusqu’à fin septembre, le chiffre d’affaires s’est établi à 63,960 MTND contre 80,150 MTND un an plus tôt.

Sur le plan industriel, le volume de production cumulé (exprimé en équivalent batterie standard) s’établit à 404 740 unités à fin septembre 2026, contre 593 314 unités sur la même période de l’exercice précédent. Le volume propre au troisième trimestre s’affiche quant à lui à 142 631 unités.

Parallèlement, la politique d’investissement de la société demeure ciblée, avec une enveloppe déployée de 0,939 MTND depuis le début de l’année. Aucun investissement financier n’a été enregistré sur la période.

En dépit d’un contexte international complexe, Assad a démontré une excellente maîtrise de sa rentabilité opérationnelle. Elle a maintenu un taux de marge brute supérieur à 40% au terme des neuf premiers mois de 2026, posant ainsi un socle sain pour son redressement.

L’endettement global s’est établi à 71,680 MTND, en baisse de 3,0% sur un an. La dette à moyen et long terme a chuté de 36,5%, à 9,217 MTND. La société a ainsi honoré l’intégralité de ses échéances sans recourir à de nouveaux financements à moyen et long terme.

Les crédits de gestion sont à 62,462 MTND, en hausse de 5,2%. Des fonds ont été mobilisés par anticipation pour constituer les stocks indispensables pour couvrir la demande et l’activité attendues au cours du quatrième trimestre.

Assad s’est montrée résiliente. Avec le récent règlement à l’amiable avec la douane, le management pourra se concentrer sur le redressement de son activité et ses équilibres financiers.

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Un troisième trimestre rassurant pour New Body Line

Les indicateurs d’activité révélés par New Body Line ont montré une progression de 1,8% de son chiffre d’affaires à 1,120 MTND. Depuis le début de l’année, les ventes ont totalisé 3,766 MTND, en recul de 32,6%.

Du côté de la production, la lingerie basique a connu une forte croissance de 60,9%, s’établissant à 29 943 pièces. Les revenus de ce segment ont déjà progressé de 76,4%, à 0,480 MTND, durant le troisième trimestre.

En revanche, la production de la lingerie intelligente a fléchi de 19,1%, à 60 701 pièces, avec un chiffre d’affaires trimestriel s’élevant à 0,640 MTND.

La part du chiffre d’affaires à l’export s’élève à 93% au troisième quart de 2026 (1,037 MTND), contre 84% (0,927 MTND) à la même période en 2025. Le marché local représente quant à lui 7% du total (0,083 MTND).

Tout en travaillant avec 16 clients sur la période (dont 3 locaux), New Body Line a réussi à conserver ses clients habituels grâce à des volumes stables et des cadences accélérées. La société mise activement sur le démarchage de nouveaux partenaires cherchant des approvisionnements plus proches et rapides, en phase avec la tendance actuelle des donneurs d’ordre visant des niveaux de stocks au plus bas et des réassorts très réactifs.

Sur le plan structurel, New Body Line maintient une gestion financière saine. Elle perpétue sa politique de rigueur en maintenant son niveau d’endettement à long et moyen terme à zéro.

Sur le marché actions, le titre sous-performe la place, mais nous pensons qu’il pourra reprendre une trajectoire positive si la société parvient à terminer positivement l’année.

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L’administration fiscale s’attaque aux ventes sur les réseaux sociaux

Dans le cadre de la poursuite des efforts visant à intégrer le secteur informel, à élargir l’assiette fiscale et à renforcer la transparence des transactions commerciales en ligne, l’article 66 du projet de loi de finances pour 2027 introduit des dispositions majeures régissant l’activité des prestataires de services de livraison et des plateformes électroniques. L’idée est de s’attaquer aux ventes à distance des marchandises provenant de circuits parallèles, un segment qui échappe souvent au contrôle.

Ainsi, les prestataires de services de livraison de marchandises vendus via Internet et par les moyens de diffusion audiovisuels, les prestataires de services de mise en relation via des plateformes électroniques (entre les fournisseurs et les prestataires de services de livraison) sont désormais tenus de communiquer à l’administration fiscale une liste nominative de tous les fournisseurs de biens et de produits avec lesquels ils interagissent.

Cette déclaration doit être effectuée au cours des 15 premiers jours de chaque semestre selon un modèle préparé par l’administration fiscale et doivent inclure l’identité du fournisseur, son identifiant fiscal ou, à défaut d’identifiant fiscal, son numéro de carte d’identité nationale et le montant global des transactions réalisées.

Pour garantir l’efficacité de cette mesure, le non-respect des dispositions sont sanctionnées par une amende égale à 5% des montants des transactions non déclarées. Une amende de 200 dinars est infligée pour chaque information manquante, incomplète ou erronée qui ne concerne pas directement les montants des transactions.

En ciblant la chaîne logistique et les intermédiaires technologiques, cette disposition constitue un levier stratégique pour réduire l’économie informelle et garantir une concurrence loyale entre les entreprises. Certes, les fournisseurs vont tenter d’assurer eux-mêmes les livraisons, mais est-ce que c’est rentable pour eux? Dans les deux cas, ils vont perdre leurs avantages compétitifs prix. La meilleure solution est de lancer officiellement son projet et profiter des nouveaux avantages accordées dans ce projet de loi de finances.

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Une ligne de financement de 10 MDT au profit des startups labellisées

L’article 13 du projet de la loi de finances 2027 prévoit la mise en place d’une ligne de financement de 10 MDT, prélevée sur les ressources du Fonds national de l’emploi, active sur la période 2027-2028. Son objectif est d’octroyer des prêts participatifs sans intérêts destinés à renforcer les fonds propres des startups labellisées.

La Banque de financement des petites et moyennes entreprises est désignée comme gestionnaire de cette ligne de financement via une convention tripartite, engageant également les ministères des Finances et de l’Emploi.

La nature de l’aide, qui entre dans la catégorie des quasi-fonds propres, est une bonne nouvelle pour les jeunes entreprises. Le contexte est compliqué, avec un resserrement du crédit et des pressions sur la liquidité. Généralement, les startups en phase de démarrage font face à un obstacle structurel, celui de la difficulté d’accéder aux fonds propres et de la frilosité du secteur bancaire face à l’absence de garanties matérielles. Ce mécanisme jouera un effet de levier financier, nécessaire pour rassurer les investisseurs privés. Cet instrument contribuera, indirectement, à pérenniser des emplois hautement qualifiés pour les diplômés de l’enseignement supérieur.

La mesure est ciblée et démontre une volonté de pérenniser les acquis du Startup Act en s’attaquant au financement de l’amorçage et au renforcement du bilan des jeunes entreprises innovantes. Reste que son succès dépendra essentiellement de la célérité et de la souplesse des procédures de décaissement qui seront fixées ultérieurement. Le suivi est également exigé pour que les entités bénéficiaires n’assimilent pas ces financements à des dons.

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Dette publique en 2027: les chiffres

Le projet de loi de finances pour l’année 2027 a fixé les volumes d’endettement prévus pour l’exercice budgétaire à venir.

Du côté des revenus, les revenus s’élèvent à 54,280 milliards de dinars, tandis que les dépenses globales atteignent 68,895 milliards de dinars. Il y a un gap structurel qui met en lumière des besoins de financement colossaux à couvrir.

L’État sera autorisé à mobiliser des ressources s’élevant à 28,122 milliards de dinars. Cette enveloppe sera obtenue de plusieurs sources.

En interne, 19,845 milliards de dinars seront levés. Les emprunts extérieurs sont de 6,877 milliards de dinars. Les ressources de trésorerie diverses devraient générer 1,4 milliard de dinars.

Du côté des emplois, le remboursement de la dette représente une part considérable du budget. Le principal de la dette intérieure est de 6,823 milliards de dinars; celui de la dette externe, de 6,484 milliards de dinars.

Le financement du déficit budgétaire (y compris les dons extérieurs et les confiscations) est une autre priorité, avec un besoin de 14,615 milliards de dinars.

Par ailleurs, le ministre chargé des finances est autorisé à accorder la garantie de l’État pour contracter des prêts ou émettre des sukuk islamiques à hauteur de 9 milliards de dinars pour l’année 2027.

Mais le mécanisme qui devrait faire couler de l’encre se rapporte aux nouvelles facilités de la Banque centrale. À titre dérogatoire par rapport aux statuts de la BCT, l’institution est autorisée à accorder des facilités de caisse au Trésor public dans la limite de 9,8 milliards de dinars. Ces facilités seront accordées sans intérêts et remboursables sur une période de 15 ans, incluant 3 ans de grâce.

Le schéma fixé par l’État pour cette année nous donne déjà une idée claire sur la physionomie de l’exercice. L’endettement global devrait augmenter, notamment celui libellé en dinar. Le coût moyen de cette dette devrait reculer avec la hausse de l’encours des ressources obtenues directement et gratuitement auprès de la BCT. Mais qu’en est-il du coût économique? Les prochaines années nous apporteront une réponse.

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Les Ciments de Bizerte poursuivent les efforts de redressement

La société Les Ciments de Bizerte a publié ses indicateurs d’activité relatifs au troisième trimestre 2026.

La production de clinker est restée à l’arrêt, l’entreprise s’approvisionnant en clinker externe pour assurer le broyage et la fabrication du ciment.

La production de ciment s’est établie à 38 947 tonnes, marquant une baisse de 6,2% en glissement annuel. Sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année, la production affiche, en revanche, une progression de 28,2%, à 105 851 tonnes. Un nouvel appel d’offres a d’ailleurs été lancé pour sécuriser les approvisionnements futurs.

La production de chaux a atteint 312 tonnes, contre 529 tonnes un an auparavant. Ce repli est en lien direct avec la contraction de la demande sur le marché national. Depuis le début de l’année, une hausse de 14,1% est enregistrée à 1 244 tonnes.

Les ventes locales et les revenus du quai se sont élevés à 10,604 MTND pour le troisième trimestre, enregistrant un repli léger de 2,3% comparativement à la même période en 2025. Sur les neuf premiers mois, le chiffre d’affaires totalise 27,713 MTND, en baisse de 11,8%.

Le fait marquant de ce trimestre réside dans l’avancement du plan de restructuration de l’entreprise. La phase de consolidation des dettes bancaires est quasiment achevée. L’endettement global s’élève à 120,744 MTND à fin septembre 2026, en légère diminution de 1,2% sur un an. Les efforts actuels se concentrent sur la finalisation de l’obtention de nouveaux crédits. Ceux-ci serviront à financer les travaux indispensables à la reprise de la production interne de clinker ainsi qu’à couvrir le besoin en fonds de roulement. Les crédits de gestion se sont établis à 26,798 MTND.

Pour le dernier trimestre de l’année, Les Ciments de Bizerte comptent maintenir le cap de leur redressement. La fin de l’année devrait apporter de bonnes nouvelles sur le plan opérationnel.

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MACF: le prix de la tonne d’équivalent CO2 est fixé à 82,32 €

Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) est bien plus qu’une simple exigence réglementaire. C’est un défi commercial stratégique qui exige une préparation précoce et des données fiables. Les émissions de carbone deviennent un facteur de plus en plus déterminant dans les coûts d’exportation, les marges bénéficiaires et la sélection des fournisseurs. La supervision du cours des certificats doit être mécanique.

Pour le troisième trimestre 2026, la Commission européenne a fixé le prix de la tonne d’équivalent CO2 à 82,32 €. Ce prix est en hausse par rapport aux 1er et 2e trimestres qui affichaient, respectivement, des valorisations de 75,36 et 75,28 €.

La hausse du prix s’explique par la formule même du dispositif. Le prix du certificat MACF est le reflet direct du marché réglementé des quotas d’émission de l’Union européenne. Cette dernière applique une réduction linéaire stricte du plafond global d’émissions autorisées. Moins de quotas disponibles aux enchères fait mécaniquement grimper les prix.

De plus, l’année 2026 marque le début de la suppression graduelle des allocations gratuites accordées jusqu’alors aux industriels européens pour faire face à la concurrence internationale. Les entreprises doivent donc acheter davantage de volumes sur le marché. Cela sans oublier que l’intégration totale du secteur maritime, contraint à couvrir l’intégralité de ses émissions cette année, et l’inclusion de nouveaux gaz accentuent la pression sur la demande globale de quotas.

Pour les exportateurs tunisiens, ils doivent anticiper dès aujourd’hui un déficit structurel de l’offre de quotas, orientant les cours à la hausse. Ils doivent tenir compte de cette tendance dans leur budget de l’année prochaine.

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Quoi de neuf dans la nouvelle norme ISO 9001: 2026?

La nouvelle version de la norme ISO 9001: 2026, publiée officiellement le 16 septembre 2026 et succédant à la version 2015, a introduit des évolutions structurantes pour mieux intégrer les défis contemporains des organisations. Certaines nouveautés sont à mentionner.

La première est la prise en compte des changements climatiques. Les exigences y relatives ont été explicitement enrichies. Ainsi, l’organisme doit désormais déterminer si des enjeux découlant des changements climatiques ont une incidence sur sa capacité à atteindre les résultats attendus de son système de management de la qualité.

Les besoins et attentes des parties intéressées pertinentes peuvent également inclure des exigences ou des préoccupations liées aux changements climatiques.

La deuxième est que la qualité n’est plus seulement perçue à travers des processus techniques, mais aussi à travers les valeurs partagées de l’organisme. La direction doit ainsi activement promouvoir une culture de la qualité et un comportement éthique, reflétés dans les valeurs partagées, les attitudes et les pratiques. L’environnement pour la mise en œuvre des processus doit également intégrer des facteurs sociaux et psychologiques, comme la prévention du stress, la protection des émotions, le climat non discriminatoire, et le personnel doit être sensibilisé à l’éthique et à la culture qualité de l’organisme.

La troisième est la distinction claire entre «risques» et «opportunités». Bien que déjà présents dans la version 2015, les notions de risque et d’opportunité font l’objet d’une distinction plus nette et d’un traitement séparé pour structurer la démarche proactive de l’organisme. Un article de la norme se concentre spécifiquement sur les actions face aux risques (effets indésirables, perturbations), un autre encadre distinctement les actions face aux opportunités (adoption de nouvelles pratiques, technologies émergentes, nouveaux partenariats).

La quatrième est le renforcement de la gestion des changements du Système de management de la qualité afin de garantir leur efficacité. L’organisme doit analyser l’objectif des changements, leurs conséquences possibles, l’impact sur la continuité du système, la disponibilité des ressources, la communication associée et la manière dont les résultats seront évalués.

Une période de transition de 3 ans est accordée aux entreprises certifiées. Les certifications selon l’ISO 9001: 2015 prendront fin en septembre 2029, les certificats actuels restent valides durant cette période.

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Le Lloyd Tunisien attribuera des actions gratuites

La Société tunisienne d’assurances Lloyd Tunisien a publié ses états financiers relatifs à l’exercice 2025. L’état de résultat technique Non-Vie affiche un chiffre d’affaires de 236,145 MTND. Les revenus de placements alloués à l’état de résultat se sont établis à 15,564 MTND, en hausse par rapport aux 11,393 MTND de l’exercice précédent.

Les charges de sinistres nettes ont atteint 96,430 MTND, contre 82,673 MTND en 2024. En parallèle, les frais d’exploitation se sont élevés à 31,081 MTND, augmentant de 19,9% en rythme annuel. Le résultat technique Non-Vie s’est établi à 1,549 MTND, en repli par rapport aux 4,396 MTND de 2024.

Par branche, l’Automobile reste la branche la plus contributrice avec un résultat technique de 8,698 MTND Les pertes techniques les plus importantes proviennent de la branche Groupe (-4,58 MTND) et Assurance Transport (-1,054 MTND).

Du côté de l’activité Vie, les primes acquises se sont dressées à 2,989 MTND. Le résultat technique Vie a enregistré une belle embellie pour s’établir à 1,220 MTND, contre 0,729 MTND une année auparavant. Le bénéfice net de l’exercice 2025 s’est établi à 7,263 MTND, en repli de 13,7%. Les capitaux propres avant affectation des bénéfices ont totalisé 82,985 MTND.

Le bilan fait ressortir des placements nets de 286,849 MTND. La plus-value latente globale est de 19,746 MTND, dont 18,151 MTND sur les actions et titres à revenu variable. Les provisions techniques brutes s’élèvent à 244,240 MTND.

Concernant l’exercice 2026, il est placée sous le signe du renforcement et du développement du réseau de distribution. Dans ce cadre, une cellule dédiée à l’accompagnement et à l’animation des agents stagiaires a été mise en place. Elle vise à favoriser leur intégration et leur montée en compétences. Outre le recrutement de nouveaux agents, l’assureur compte aménager 10 agences selon la nouvelle charte et le réaménagement de la succursale de Mégrine et le transfert de la succursale de Sfax vers un site mieux adapté à son activité.

Par ailleurs, les actionnaires vont se réunir aujourd’hui en une Assemblée générale extraordinaire pour voter une augmentation de capital de 20 MTND par incorporation du report à nouveau après affectation du résultat de l’exercice 2025. L’émission portera sur 4 000 000 d’actions nouvelles d’une valeur nominale de 5 TND chacune. Le capital social sera ainsi porté à 65 MTND. Les actions nouvelles seront attribuées gratuitement aux actionnaires existants à raison de 4 nouvelles actions pour 9 actions anciennes. Les actions nouvelles porteront jouissance à compter du 1er janvier 2026.

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STB: une nouvelle dette obligataire subordonnée de 150 MDT

Avec la fin de chaque année, le marché des émissions obligataires s’intensifie. Le moment est déjà opportun avec le record de collecte des véhicules d’épargne collective. Cette fois, c’est la STB qui se lance, avec un emprunt obligataire subordonné, sans recours à l’appel public à l’épargne, STB subordonné 2026.

L’Assemblée générale ordinaire, tenue en avril 2026, a autorisé la banque à émettre des dettes obligataires pour un montant global de 500 MDT, et ce, sur une période de cinq ans, qui expirera à l’issue de l’Assemblée générale ordinaire qui statuera sur les états financiers de l’exercice 2030.

L’émission décidée porte sur 150 MDT. Deux catégories sont proposées aux actionnaires, ayant une valeur nominale de 100 DT:

– Catégorie A: une durée de 7 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 9,05% ou variable à TMM + 2,15% brut l’an et un amortissement in fine.

– Catégorie B: une durée de 7 ans avec deux années de grâce, un taux d’intérêt brut fixe à 9,00% ou variable à TMM + 2,10% brut l’an et un amortissement constant à partir de la troisième année.

Les souscriptions à cet emprunt démarreront le 19 octobre 2026 et seront clôturées, au plus tard, le 13 novembre 2026.

La STB vise à consolider ses fonds propres et à améliorer ses ratios de concentration des risques. Pour rapport, la banque a terminé 2025 avec un ratio Tier I de 12,80%, un niveau confortable. Renforcer les fonds propres de base permettra à la banque de se prémunir contre toute dégradation de la qualité d’actifs dans un environnement marqué par la montée des risques.

Le placement, notamment à taux fixe, demeure une excellente opportunité d’investissement pour ceux qui veulent assurer un bon rendement à moyen et long terme.

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La Société Marja de développement de l’élevage et de l’agriculture augmente son capital

Les actionnaires de la Société Marja de développement de l’élevage et de l’agriculture -SMADEA ont été convoqués en une Assemblée générale extraordinaire le mercredi 28 octobre 2026. La principale résolution à voter est une augmentation de capital, pour le porter de 18 835 254 à 33 484 896 TND, et ce, par l’augmentation de la valeur nominale de 18 TND actuellement à 32 TND. L’opération sera réalisée par la transformation d’une partie des résultats reportés à la date du 31 août 2025, d’une valeur de 14 649 642 TND.

La SMADEA a pour vocation la création et l’exploitation des projets agricoles et industriels intégrés. Son domaine se situe à Bou Salem et s’étend sur une superficie de l’ordre de 4 070 hectares.

Lors de l’exercice 2025, la société a réalisé des revenus de 33,841 MTND, en hausse de 24,1% en glissement annuel. Cette performance repose sur l’activité de l’élevage (27,489 MTND), portée principalement par les ventes de lait qui ont totalisé 25,119 MTND. Les revenus de l’agronomie ont enregistré 6,347 MTND. Les charges d’exploitation ont augmenté de 11,3%, à 27,489 MTND. Grâce à cette dynamique, le résultat d’exploitation a quasiment doublé pour s’élever à 13,492 MTND. La société affiche une situation financière particulièrement saine, avec un endettement quasi nul. Les charges financières nettes ne sont que de 0,013 MTND. Le bénéfice net est de 11,525 MTND.

Pour rappel, la liste des actionnaires comporte, essentiellement, le Comité arabe d’investissement et de développement agricole (63,33%), la TSB (20,34%), la TSPI (9,66%) et la BTK Finance (3,78%).

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La Banque mondiale et le FMI alertent sur l’effet IA sur l’emploi des jeunes

Lors des travaux des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Bangkok, les deux institutions ont tiré la sonnette d’alarme. Elles ne se demandent plus si l’IA va frapper les emplois, mais pensent à la manière d’en amortir les retombées.

Les personnes qui inquiètent le plus sont les jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Ils sont censés occuper les emplois de routine et répétitifs, puis graviraient les échelons. Mais si ces métiers disparaissent, l’avenir devient compliqué. Les gouvernements sont vivement appelés à prendre des mesures de soutien pour insérer les jeunes dans le monde du travail. Il ne s’agit plus de décisions exceptionnelles, mais comme faisant partie de l’éventail des politiques structurelles. Il faut coopérer avec le secteur privé, qui génère déjà plus de 75% des emplois, et inciter les entreprises à embaucher de jeunes diplômés.

Le FMI estime que l’exposition est d’environ 60% dans les économies développées et de 23% dans les pays à faibles revenus. La pression est naturellement plus forte dans la technologie.

La seule bonne nouvelle est que les suppressions d’emplois induites par l’IA se produiront tâche par tâche, ce qui laisse du temps aux décideurs politiques. Il est également impératif que les employés puissent apprendre sur le tas et que les universités s’orientent vers une formation appliquée.

Pour nous, c’est l’ensemble de l’écosystème qui doit monter en compétence vers des activités à forte valeur ajoutée où le facteur humain et l’expertise locale restent irremplaçables. Il faut faire très attention, car en l’absence de réactions immédiates, la facture économique et sociale sera extrêmement salée.

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Le déficit commercial s’envole à près de 21 milliards de dinars

Les chiffres du commerce extérieur jusqu’à fin septembre 2026 ont confirmé la persistance de tensions structurelles sur les équilibres extérieurs. En dépit d’une dynamique appréciable des exportations, le creusement continu des importations a maintenu la balance commerciale sous haute pression.

Sur les neuf premiers mois de l’année, les exportations se sont établies à 50 400 MTND, soit une progression de 8,6%, tandis que les importations ont atteint 71 397 MTND, en hausse de 13,1%. Le déficit commercial s’est fortement alourdi pour s’établir à – 20 997 MTND contre -16 727 MTND un an auparavant. Le taux de couverture a reculé à 70,6%.

L’amélioration des exportations a été principalement portée par le secteur agroalimentaire, qui a bondi de +20,3% sous l’effet de l’envolée des ventes d’huile d’olive à 4 005,7 MTND, ainsi que par les industries énergétiques (+43,1%) stimulées par la reprise des produits raffinés (1 396,2 MTND). Les industries mécaniques et électriques ont également affiché une orientation positive de 9,9%, à 24 926,9 MTND.

À l’inverse, le secteur des mines, phosphates et dérivés a chuté de 16,5%, à 1 433,1 MTND. Idem pour le textile-habillement qui a baissé de 4,7%, à 7 894,1 MTND.

Du côté des importations, la hausse s’est généralisée à tous les grands agrégats, emmenée par les produits énergétiques (+32% à 13 309,9 MTND), reflétant la dépendance accrue du pays aux approvisionnements extérieurs.

L’analyse détaillée des soldes par groupes de produits met en lumière le rôle central de la facture énergétique, dont le déficit a atteint -10 480 MTND, représentant à lui seul près de la moitié du déficit commercial global et neutralisant largement les performances des autres secteurs. Hors énergie, le déficit se réduit de moitié pour s’établir à -10 517 MTND, le groupe des produits alimentaires demeurant l’un des rares secteurs excédentaires avec un solde positif de +919,8 MTND.

Sur le plan géographique, l’Union européenne demeure de loin le premier partenaire commercial de la Tunisie, absorbant 70,2% des exportations et fournissant 44,8% des importations.

Face à ces statistiques, la résilience de l’économie dépendra de la capacité à accélérer la transition énergétique et à libérer le plein potentiel de ses secteurs exportateurs à forte valeur ajoutée.

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La succursale offshore de la TFB met fin à deux années de pertes

La succursale offshore tunisienne de la Tunisian Foreign Bank (TFB) a publié ses états financiers pour l’exercice clos au 31 décembre 2025. L’établissement affiche un bénéfice net de 0,249 M€, mettant fin à deux années de pertes consécutives. Ce retour au vert est le bienvenu.

Le PNB s’est redressé pour atteindre 0,362 M€. Ce rebond s’explique par des mouvements importants et contrastés. Alors que les intérêts et revenus assimilés ont fondu à 0,220 M€ contre 0,749 M€ un an plus tôt, la banque a engrangé 0,478 M€ de gains nets sur son portefeuille commercial et ses opérations financières, effaçant la contre-performance financière de 2024 (-0,216 M€).

Par ailleurs, le coût du risque reste une bouffée d’oxygène. La banque a enregistré 0,294 M€ de reprises de provisions, confirmant une amélioration de la qualité de ses actifs. Ce matelas a permis d’absorber des frais de personnel (265 M€) et les charges d’exploitation (0,129 M€). Les crédits à la clientèle ont reculé à 7,475 M€ en net (pour un brut de 19,581 M€). Les dépôts sont à 3,785 M€, ce qui est cohérent avec le profil institutionnel de la succursale.

La banque dispose d’un gisement de croissance encore peu exploité, à commencer par le potentiel stratégique des Tunisiens résidents à l’étranger. Pour en tirer pleinement profit, elle doit impérativement innover dans son approche. Des actions concrètes sont là, comme l’opération de prospection effectuée au Sultanat d’Oman en 2026. C’est un travail de longue haleine, qui doit se baser sur une offre digitale robuste, des solutions d’épargne et de placement sur mesure et une politique tarifaire compétitive.

 

 

 

 

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Préserver le taux directeur à 7% est un mal nécessaire

Le conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie – BCT – a décidé de maintenir le taux directeur à 7%, et ce, pour le dixième mois consécutif. Les avis divergent, entre ceux qui plaident pour un assouplissement afin de soutenir une croissance exsangue et ceux qui redoutent qu’une baisse prématurée ne relance l’inflation et n’exerce de nouvelles pressions sur les réserves de change.

Le contexte actuel, marqué par une croissance qui ralentit autour de 2,3%, une inflation de 5,6% avec des tensions sur les produits frais, une facture énergétique lourde et des réserves en devises sous surveillance, l’option du statu quo s’impose.

L’instinct immédiat face à une croissance faible serait de baisser le taux directeur pour oxygéner l’économie, stimuler le crédit bancaire et relancer l’investissement. Cependant, chez nous, cette manœuvre comporte des périls majeurs.

Le premier est la flambée inflationniste par les coûts. La tendance actuelle est, en partie, alimentée par des facteurs exogènes. Injecter de la liquidité ou baisser le coût de l’argent risquerait d’aggraver la demande globale sans stimuler l’appareil productif bloqué, ce qui alimenterait une spirale inflationniste.

Le second est la pression sur le dinar et les réserves de change. Une baisse des taux réduirait l’attractivité de l’épargne en dinars et fragiliserait davantage les avoirs nets en devises. Il y a une très forte relation entre le niveau du dinar et celui du taux directeur.

La hausse du taux directeur est une solution si l’inflation l’était par la demande ou en train de s’emballer de manière hyper-inflationniste. Les entreprises tunisiennes souffrent déjà de contraintes de liquidité et de coûts de financement élevés. Relever le taux directeur renchérirait instantanément le coût du crédit pour les PME, paralysant l’investissement privé et aggravant la stagflation. Le tissu bancaire et les créances classées n’auraient pas besoin d’une onde de choc supplémentaire.

Le maintien du taux directeur à 7% s’avère la décision la plus rationnelle et prudente. Cela permet de ne pas alourdir le fardeau financier des agents économiques tout en envoyant un signal clair de vigilance face aux évolutions de l’inflation sous-jacente et des prix internationaux de l’énergie. Dans une économie ouverte et fortement dépendante de ses importations énergétiques et alimentaires, préserver la valeur de la monnaie et maintenir un matelas de sécurité en devises prime sur une relance artificielle par du crédit administré.

 

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L’IPC à 198,9. Le coût de la vie a-t-il doublé depuis 2015 ?

Entre 2015 et septembre 2026, le niveau général des prix à la consommation en Tunisie a presque doublé, atteignant un score de 198,9, soit une hausse d’environ 99% par rapport à l’année de base, 2015. Pour que l’indice atteigne 200, il manque environ 1,07 point d’indice. Au rythme actuel, cela pourrait être franchi dans les tout prochains mois.

Est-ce que cela signifie mécaniquement un doublement du coût de la vie pour les ménages? Pas nécessairement et pas pour tous les ménages. Si les chiffres macroéconomiques actent un quasi-doublement du niveau général des prix sur la décennie, l’impact microéconomique ne se répartit pas de manière uniforme.

L’Indice des prix à la consommation repose sur un panier moyen standard. Or, pour les ménages modestes et la classe moyenne inférieure, les postes budgétaires incompressibles (l’alimentation et le transport) absorbent une grande part de leurs revenus. Puisque ce sont précisément ces postes qui ont subi les hausses les plus importantes, l’inflation perçue par ces catégories sociales est nettement supérieure à la moyenne officielle de 99%.

Au-delà des biens de consommation courante, l’inflation s’est installée durablement sur les services de santé, les frais de scolarité et l’accès au logement. Ces dépenses contraintes ne peuvent être réduites à court terme, privant les ménages de marges de manœuvre et renforçant le sentiment d’asphyxie financière.

Par ailleurs, un doublement des prix n’a de sens qu’en le mettant en balance avec l’évolution du revenu nominal. Entre 2015 et 2026, si les prix ont grimpé de près de 100%, les salaires n’ont connu que des revalorisations fragmentaires et décalées par rapport à l’érosion du pouvoir d’achat. Le résultat direct est une contraction sévère du revenu réel. Ce constat nous rappelle, tous, que la stabilité des grands équilibres n’a de sens que si elle intègre la soutenabilité sociale du coût de la vie pour l’ensemble de la population.

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Société régionale de transport du Sahel: une situation financière lourdement fragilisée

La Société régionale de transport du Sahel (STS), l’une des 14 compagnies régionales placées sous la tutelle du ministère du Transport, a publié ses états financiers pour l’exercice 2021. La STS a enregistré une perte nette de -11,322 MDT, soit plus du double des -5,999 MDT affichés l’année d’avant. Cette dégradation de la performance s’inscrit dans un contexte marqué par les répercussions de la pandémie de Covid-19, notamment les confinements et les interdictions de circulation interurbaine.

La subvention publique a joué un rôle amortisseur important, totalisant 50,596 MDT. Le chiffre d’affaires généré par l’activité s’est élevé à 25,362 MDT, en hausse de 12,3% grâce à la hausse des tarifs des tickets décidée en juin 2021 et à la reprise graduelle de l’activité par rapport à 2020. Les produits d’exploitation ont fléchi de 4,1% pour s’établir à 78,347 MDT. Les charges d’exploitation de la société ont atteint 87,631 MDT, dont 48,829 MDT de charges de personnel.

Les capitaux propres sont profondément négatifs, à -59,807 MDT fin décembre 2021. Cette situation critique place l’entreprise sous le coup des dispositions légales de l’article 338 du Code des sociétés commerciales, nécessitant une décision de l’Assemblée générale extraordinaire pour statuer sur la poursuite ou non de l’activité. Les dettes envers les fournisseurs et les comptes rattachés s’élèvent à près de 33,789 MDT, auxquels s’ajoutent des passifs courants de l’ordre de 58,700 MDT comprenant notamment plus de 15,272 MDT d’arriérés dus à la Caisse nationale de sécurité sociale.

Sur les cinq années qui ont suivi ces chiffres, nous n’avons pas d’informations. C’est certainement la subvention de l’État qui maintient la société de transport en activité. L’amélioration de la flotte est en cours, ce qui devrait booster les revenus. Toutefois, une recapitalisation s’impose pour que la STS puisse jouer son rôle dans l’une des régions les plus industrialisées du pays.

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BTK Leasing émet un emprunt obligataire de 50 MDT

BTK Leasing compte émettre un emprunt obligataire, par appel public à l’épargne, BTK Leasing 2026-2.

Le conseil d’administration dispose d’une autorisation accordée par la dernière Assemblée générale ordinaire des actionnaires, tenue le 6 avril 2026, lui permettant d’émettre un montant total de 200 MDT d’emprunts obligataires, et ce, jusqu’à fin 2027.

La nouvelle opération porte sur 50 MDT. Deux catégories sont proposées aux actionnaires, ayant une valeur nominale de 100 TND:

– Catégorie A: une durée de 5 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 8,65% l’an et un amortissement in fine. Cette catégorie cible la collecte de 30 MDT.

– Catégorie B: une durée de 5 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 8,40% l’an et un amortissement constant. Cette catégorie cible la collecte de 20 MDT.

Les souscriptions à cet emprunt démarreront le 22 octobre 2026 et seront clôturées, au plus tard, le 30 novembre 2026.

L’ouverture des souscriptions à cet emprunt reste, cependant, tributaire de la publication par l’agence de notation Fitch Ratings sur son site de la notation définitive de l’emprunt. L’agence a attribué, en date du 9 septembre 2026, une notation provisoire à long terme «BB (EXP)(tun)» audit emprunt.

La BTK vise à financer son activité qui s’est inscrite sur une tendance haussière ces dernières années.

Le placement est une bonne opportunité qui s’offre aux investisseurs qui ont une aversion pour les risques. Il est émis par une institution financière ayant une signature fiable et qui est soutenue par une banque, la BTK.

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Ce que les crédits sur l’honneur nous ont appris

L’engouement pour les crédits sur l’honneur, accordés sans intérêts, ainsi que pour les crédits des caisses sociales par le passé, révèle deux réalités.

La première est qu’il existe un besoin vital de liquidités au sein des ménages et des petits entrepreneurs. Pour les ménages, ces crédits constituent souvent une bouffée d’oxygène leur permettant de faire face à la cherté de la vie et de constituer un capital de précaution contre les imprévus. Au-delà de la simple survie quotidienne, ces financements peuvent également représenter une opportunité pour lancer des microprojets, souvent informels, pour obtenir une source de revenu complémentaire.

La seconde est que la majorité de la population active se trouve exclue de fait du système bancaire en raison des conditions d’octroi de crédits particulièrement strictes. Ces exigences constituent autant de barrières infranchissables pour une grande partie des employés et des petits entrepreneurs.

Lorsque ces ménages ou petits entrepreneurs tentent de se tourner vers le marché bancaire, le coût total du crédit devient un obstacle. Les taux débiteurs, dont les origines remontent au niveau du taux directeur fixé par la Banque centrale, pèsent lourdement sur le budget des emprunteurs. S’endetter aux taux actuels signifie voir une part excessive de leurs revenus absorbée par le remboursement des intérêts, rendant l’opération financière non viable et menaçant directement les équilibres économiques de base.

Pour les petites structures, cette impossibilité d’accéder à un financement à coût modéré bloque la transition de l’informel vers le formel, entrave la croissance des activités existantes et freine la création d’emplois locaux. L’exclusion financière alimente un cercle vicieux qui prive l’économie de tout un potentiel de dynamisme et d’innovation.

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L’Africa Credit Rating Agency officiellement lancée

L’Union africaine donnera naissance aujourd’hui à la première agence de notation de crédit du continent, l’AfCRA (Africa Credit Rating Agency). Le projet était en préparation depuis près de dix ans, sa création approuvée en 2018. L’objectif est d’offrir une alternative aux trois géants mondiaux dont les évaluations ne font qu’alourdir le fardeau de la dette sur de nombreuses économies africaines. L’agence sera basée à Port-Louis, capitale de Maurice.

L’AfCRA notera les emprunteurs souverains, les institutions financières et les entreprises privées. Elle devrait accroître la couverture, 23 économies du continent ne disposant pas d’une notation de la part des trois grandes agences. L’indépendance sera garantie, le financement étant assuré par le capital des actionnaires et ses activités. La liste des actionnaires demeure, toutefois, inconnue.

L’UA affirme que l’agence devrait aider à améliorer l’accès des pays africains aux marchés de capitaux et fournir aux investisseurs des évaluations plus équilibrées et adaptées au contexte des économies du continent. Le service annuel de la dette extérieure du continent a grimpé à 163 milliards de dollars en 2024, contre 61 milliards en 2010. Dans de nombreux pays, les paiements d’intérêts ont dépassé les budgets annuels de secteurs sociaux clés tels que la santé et l’éducation.

Tout cela demeure néanmoins théorique. Pour que l’Agence africaine de notation ait un réel impact, elle devra gagner la confiance des investisseurs et des marchés. À défaut de cela, ses rapports resteront lettre morte aux yeux des opérateurs économiques mondiaux. En définitive, ce sont les bailleurs de fonds européens et américains qui sont visés. Si ces derniers perçoivent un écart trop important avec les évaluations des grandes agences, les analyses de l’AfCRA risquent de ne jamais dépasser le stade du papier.

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