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Jusqu’à 70 % de réduction sur les frais de saisie pour récupérer véhicules et marchandises

Les services municipaux ont commencé à appliquer les dispositions du circulaire conjoint n°12 du 6 mai 2026, signé par le ministère de l’Intérieur et le ministère des Finances, portant sur les modalités de régularisation des biens saisis et déposés dans les dépôts municipaux. Cette mesure intervient dans le cadre de l’application de l’article 82 de la loi de finances 2026.

Selon l’agence Tap, le dispositif prévoit des avantages financiers exceptionnels en faveur des propriétaires de véhicules et autres biens saisis, afin d’alléger la pression sur les dépôts municipaux, dont plusieurs ont atteint leur capacité maximale. Les autorités cherchent également à limiter la détérioration des biens stockés pendant de longues périodes et la perte de leur valeur marchande. Selon les nouvelles dispositions, les propriétaires concernés ne devront payer que 30 % des frais municipaux dus au titre de la saisie, calculés jusqu’à la date de régularisation et de récupération effective du bien. Les 70 % restants seront automatiquement annulés, à condition que la procédure soit finalisée avant le 31 décembre 2027. Ces mesures s’appliquent à l’ensemble des biens meubles saisis ou déposés jusqu’au 12 décembre 2025. Sont notamment concernés les véhicules, les embarcations, les animaux ainsi que diverses marchandises. Les modalités diffèrent selon la nature du dépôt. Les biens saisis par les municipalités peuvent être régularisés via un paiement direct, tandis que les biens déposés à la suite d’une décision sécuritaire ou judiciaire nécessitent la présentation d’un document officiel attestant de la “mainlevée” ou de la levée de saisie.

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Ce pays africain devient le premier exportateur mondial d’agrumes

L’Afrique du Sud est devenue en 2025 le premier exportateur mondial d’agrumes en volume, dépassant pour la première fois Espagne, leader historique du secteur. Selon les données de Trade Map et les informations relayées par l’Association sud-africaine des producteurs d’agrumes (CGA), le pays a exporté environ 3,23 millions de tonnes d’agrumes frais et secs, soit une hausse de près de 28% sur un an.

Cette progression s’inscrit dans une dynamique de croissance continue de la filière sud-africaine, dont les exportations ont plus que doublé en vingt ans. Le pays a bénéficié de conditions météorologiques favorables, de l’entrée en production de nouveaux vergers et d’une forte demande internationale, notamment pour les oranges et les citrons destinés à la transformation. La fin précoce de la saison dans l’hémisphère nord a également prolongé les opportunités de vente pour les exportateurs sud-africains.

De son côté, Espagne a exporté environ 2,98 millions de tonnes en 2025. Le recul du pays européen s’explique principalement par une campagne difficile marquée par la sécheresse, les fortes températures, les épisodes de grêle et le vieillissement des plantations, notamment dans la région de Valence. Selon l’USDA, la production espagnole d’oranges a atteint son plus faible niveau depuis seize ans. Malgré cette performance historique, les perspectives pour 2026 restent incertaines pour l’Afrique du Sud. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient perturbent déjà le transport maritime et augmentent les coûts logistiques vers cette région, qui représente près de 19 % des exportations sud-africaines d’agrumes.

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Djerba, Kerkennah, Zembra : les îles tunisiennes au cœur de la nouvelle stratégie touristique

La Tunisie accélère sa stratégie pour transformer son littoral et ses îles en moteurs du tourisme durable et de l’économie bleue. C’est le message porté par le ministre du Tourisme, Sofiene Tekaya, lors de l’ouverture du colloque national sur «le tourisme côtier durable dans l’espace méditerranéen», organisé mardi 12 mai 2026.

Devant des représentants de plusieurs ministères, des acteurs du secteur maritime et des experts du tourisme et de l’environnement, le ministre a affirmé que la Tunisie possède tous les atouts nécessaires pour développer un modèle intégré de tourisme côtier durable, grâce à sa position stratégique en Méditerranée et à la richesse de son patrimoine naturel et culturel.

Le ministère mise notamment sur les 1.300 kilomètres de côtes tunisiennes pour créer une nouvelle dynamique économique et touristique. L’objectif est de faire de chaque région un pôle touristique et de développement capable de valoriser ses spécificités naturelles, culturelles et maritimes, tout en renforçant le lien entre les zones côtières et l’intérieur du pays. Parmi les chiffres mis en avant lors du colloque, la Tunisie compte actuellement six grandes marinas offrant plus de 2.930 anneaux d’amarrage. Le pays dispose également d’un réseau important de centres de thalassothérapie et de tourisme de bien-être à dimension internationale, ce qui lui permet de conserver sa place parmi les destinations mondiales les plus reconnues dans ce secteur.

Les îles tunisiennes occupent aussi une place centrale dans cette vision. Djerba a été présentée comme un exemple de combinaison entre tourisme, culture et durabilité. Le ministre a également évoqué les opportunités offertes par les îles Kerkennah, Kneiss et Zembra pour développer l’écotourisme, le tourisme scientifique et les activités liées à l’économie maritime locale. Le ministère du Tourisme veut désormais faire des îles tunisiennes des laboratoires d’innovation pour le tourisme durable, à travers le développement des énergies renouvelables, du transport maritime durable et de la gestion intelligente des ressources. Les autorités souhaitent également encourager davantage les initiatives locales et les projets portés par les jeunes investisseurs.

 

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Les avocats tunisiens annoncent une série de grèves dans les tribunaux à partir du 18 mai

Le Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie a annoncé une série de mouvements de protestation dans plusieurs tribunaux du pays, en dénonçant la dégradation des conditions de travail dans les juridictions tunisiennes et l’absence de réponse du ministère de la Justice à leurs revendications.

Dans un communiqué publié le 13 mai 2026, l’Ordre des avocats a indiqué que ces actions interviennent après les discussions tenues lors de la session périodique du Conseil ainsi qu’à la suite de la mobilisation observée lors de l’assemblée générale exceptionnelle du 1er mai 2026. Les avocats estiment que les tribunaux connaissent une détérioration importante liée notamment au manque d’infrastructures, à l’absence d’équipements adéquats et à la pénurie de ressources humaines dans plusieurs juridictions. Le communiqué évoque également des difficultés touchant le fonctionnement du service judiciaire et les conditions d’exercice de la profession.

L’Ordre national des avocats affirme avoir privilégié le dialogue afin de trouver des solutions pour réformer le service public de la justice, mais considère que ses demandes n’ont pas obtenu de réponse concrète. Face à cette situation, une série de grèves régionales a été décidée. Les avocats porteront également le brassard rouge dans les tribunaux à partir du lundi 18 mai 2026 pour exprimer leur rejet de ce qu’ils qualifient de « marginalisation des revendications de la profession».

Le calendrier annoncé prévoit :

  • Une grève générale présentielle dans les tribunaux du Grand Tunis, Nabeul et Zaghouan le mardi 19 mai 2026.
  • Une grève dans les tribunaux de Bizerte, Béja, Jendouba, Le Kef et Siliana le jeudi 21 mai 2026.
  • Une grève dans les tribunaux de Sfax, Gafsa, Tozeur et Sidi Bouzid le lundi 25 mai 2026.
  • Une grève dans les tribunaux de Médenine, Gabès, Kébili et Tataouine le lundi 1er juin 2026.
  • Une grève dans les tribunaux de Sousse, Monastir, Mahdia, Kairouan et Kasserine le lundi 8 juin 2026.

L’Ordre des avocats a également annoncé une grève nationale générale dans l’ensemble des tribunaux de la République le jeudi 18 juin 2026, avec un rassemblement prévu au Palais de justice de Tunis.

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Tunis : plusieurs routes fermées cet après-midi autour de la Kasbah

Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé des perturbations de circulation prévues ce jeudi 14 mai 2026 dans plusieurs axes du centre de Tunis et autour de la Kasbah.

Dans un communiqué publié mercredi 13 mai, le ministère a précisé que la circulation de tous les types de véhicules sera interdite à partir de 16h00 dans plusieurs rues et avenues de la capitale. Sont concernés par ces restrictions l’avenue du 2 Mars en direction de la place de la Kasbah ainsi que toute l’avenue Bab Jedid, l’avenue Sidi El Béchir en direction de la place de la Jazira à partir de la place Bab Alioua, la rue de la Jazira à partir de la place de la Victoire ainsi que l’avenue Jamel Abdel Nasser à partir de la place de l’Indépendance. Le ministère a également indiqué que les automobilistes souhaitant rejoindre la banlieue ouest pourront emprunter l’avenue Habib Bourguiba puis l’avenue de Carthage. Par ailleurs, l’arrêt et le stationnement ont été interdits depuis mercredi soir sur l’avenue Bab Jedid, dans sa portion comprise entre la place de la Jazira et la rue Souk El Asr au niveau de la Banque Amen. Les autorités appellent les usagers de la route à respecter le Code de la route ainsi que les consignes des agents de la circulation afin d’assurer la sécurité de tous et de limiter les perturbations du trafic.

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Après plusieurs années d’arrêt, la Siphat relance la production de médicaments liquides

La société tunisienne des industries pharmaceutiques Siphat poursuit sa relance industrielle. Le ministère de la Santé a annoncé la remise en service de la chaîne de production des médicaments liquides, restée à l’arrêt pendant plusieurs années.

Cette reprise concerne notamment la fabrication de médicaments sous forme de sirop, dont Hexabain, ainsi que des antiacides et plusieurs autres produits pharmaceutiques. Selon le ministère, cette relance doit permettre d’améliorer la disponibilité des médicaments essentiels sur le marché tunisien et de renforcer les capacités nationales de production. Les autorités précisent que cette remise en marche a été réalisée conformément aux normes internationales de qualité et de sécurité pharmaceutique.

Cette nouvelle étape intervient après la reprise progressive de plusieurs autres lignes de production au sein de la Siphat, notamment celles des formes sèches, des suppositoires et du sérum physiologique. Le gouvernement cherche ainsi à redonner à cette entreprise publique son rôle stratégique dans l’industrie pharmaceutique tunisienne. Dans son communiqué, le ministère de la santé a également salué les efforts des cadres, techniciens et ouvriers de l’entreprise, mettant en avant leur engagement dans ce processus de redressement. Créée pour soutenir la souveraineté pharmaceutique du pays, la Siphat tente aujourd’hui de retrouver progressivement sa place parmi les principaux acteurs nationaux du secteur du médicament.

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Santé : partenariat tuniso-français pour renforcer le diagnostic et le traitement du cancer

L’Institut Salah Azaïz a signé, ce mardi 12 mai 2026, un partenariat avec Gustave Roussy, l’un des principaux centres mondiaux spécialisés dans la lutte contre le cancer. L’accord vise à renforcer la prise en charge des cancers rares et complexes en Tunisie entre 2026 et 2029.

Cette convention a été conclue dans le cadre des efforts du Ministère de la Santé pour moderniser le système national de lutte contre le cancer et améliorer la qualité des soins, de la formation médicale et de la recherche scientifique. Selon le ministère, ce partenariat prévoit un renforcement de la coopération entre les équipes tunisiennes et françaises dans plusieurs domaines, notamment le diagnostic et le traitement des cancers complexes, le développement de la recherche clinique, la formation des équipes médicales et l’utilisation de technologies avancées comme la biologie moléculaire et la médecine de précision. L’accord prévoit également un échange d’expertises entre les deux institutions ainsi qu’un appui aux réunions multidisciplinaires afin d’améliorer le parcours du patient, du diagnostic jusqu’au suivi médical. Le ministre de la Santé a déclaré que cette convention représente “une étape concrète” pour permettre aux patients tunisiens d’accéder à des expertises et techniques avancées sans que le recours aux soins à l’étranger soit la seule option pour les cas complexes.

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Énergie solaire: des projets très débattus bientôt soumis à validation

Le Conseil national des régions et des districts examinera cinq projets de loi. Et ce, prévu le 13 mai 2026.  Ils portent sur des conventions de concession pour la production d’électricité solaire. Ces projets concernent plusieurs zones de Sidi Bouzid, Gafsa et Gabès, notamment El Khobna, Mezzouna, El Ksar, Segdoud et Menzel Habib.

“Ils s’inscrivent dans la stratégie nationale de transition énergétique”, selon les propos relayés par l’agence TAP. L’objectif est de développer la production d’électricité à partir des énergies renouvelables.

Le dossier a déjà été examiné au niveau de l’Assemblée des représentants du peuple. Le vote n’a pas été unanime. Un sujet a également fait l’objet de discussions importantes au sein des institutions et entre les acteurs concernés.

En amont de la prochaine étape, une journée d’étude a été organisée avec des experts en énergie et en ingénierie. Elle a permis d’approfondir les aspects techniques et juridiques des projets.

Le président du Conseil, Imed Derbali, a indiqué que ces projets visent à renforcer la souveraineté énergétique du pays, selon la même source. Ils doivent aussi attirer les investissements et soutenir le développement des régions.

Il a souligné la nécessité d’un cadre légal adapté à la transition énergétique. Ce cadre doit encourager l’investissement privé tout en préservant l’intérêt national.

Selon lui, la Tunisie dispose d’un fort potentiel solaire. Son exploitation peut réduire la dépendance énergétique et créer des emplois, surtout dans les régions de l’intérieur.

La commission de l’investissement et de la coopération internationale a mené plusieurs auditions avec les ministères concernés et l’organisation CONECT afin d’enrichir l’examen de ces projets.

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La part de l’Etat dans les bénéfices de la BCT dépassent 907 Mtnd

Chaque année, la structure des ressources de l’État, majoritairement dépendante de la fiscalité, fait l’objet de vives critiques. Une solution durable résiderait dans la diversification par le développement des recettes non fiscales.

Pour 2026, ces recettes sont estimées à 4 437 Mtnd, un montant qui ne représente qu’une part marginale des recettes fiscales. Pour les dynamiser, le levier le plus significatif est celui des revenus des participations, qui constitue déjà 37 % de cette enveloppe (1 664 Mtnd). Le premier contributeur demeure toujours la Banque Centrale de Tunisie grâce au versement de son dividende.

Le premier contributeur à ces revenus est la Banque Centrale de Tunisie. En 2026, elle distribuera un dividende de 907,902 Mtnd à son actionnaire unique, l’Etat. La banque, en tant qu’institution monétaire, ne génère pas ses bénéfices comme une banque commerciale classique : ses excédents proviennent principalement des opérations de change, de la gestion des réserves internationales, et des opérations d’open market.

Pour les prochaines années, il est fort probable que ce rendement soit revu à la baisse. Le financement octroyé au gouvernement ne rapporte quasiment rien à l’institution d’émission. Il est vrai que les autres activités demeurent soutenues, mais nous pensons que cette manne devrait se normaliser progressivement, tout en restant le principal contributeur aux revenus de participations publiques.

En parallèle, il faut que les autres entreprises améliorent leur profitabilité. Certes, elles ne peuvent toutes générer des bénéfices du jour au lendemain. C’est un long processus qui passe, dans une première étape, par atteindre l’équilibre.

 

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Kerkennah, l’île qui doit s’adapter, sinon…

Face à la montée des eaux, l’archipel tunisien cherche son modèle de survie touristique et écologique.

À quelques encablures de Sfax, l’archipel de Kerkennah flotte entre deux destins. Ses eaux turquoise, ses chaussées romaines affleurant la mer, ses pêcheries traditionnelles en roseau: autant de cartes postales qui pourraient, sans intervention urgente, n’être plus que des souvenirs. Car ici, le changement climatique ne se conjugue pas au futur. Il est déjà là, palpable dans le recul du rivage, dans les sebkhas inondées à longueur d’année, dans la salinisation progressive qui ronge la végétation et jaunit les palmiers. Kerkennah est, selon les mots d’Amel Jrad, conseillère en environnement, «le canari dans la mine du littoral tunisien».

Le premier chiffre dit tout: l’altitude moyenne de l’archipel est inférieure à deux mètres. Dans un contexte de montée du niveau de la mer, Kerkennah ne peut pas se payer le luxe de l’inaction. L’étude d’évaluation de la vulnérabilité multidimensionnelle (MVA) conduite par ONU-Habitat Tunisie confirme l’ampleur des risques: érosion du littoral, stress hydrique croissant, submersions lors des tempêtes, avancée de la mer sur les terres cultivées. Si aucune mesure sérieuse n’est prise, l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (APAL) n’exclut pas la disparition de plus de 60% de la superficie des îles d’ici à 2100.

«Il n’existe pas encore de chiffres publics précis pour 2035, reconnaît Amel Jrad, mais la tendance est déjà visible». D’ici cet horizon pourtant proche, elle affirme que l’on parlera «d’accentuation de l’érosion, de submersion lors des tempêtes, et de perte de plages». Un diagnostic sombre pour un territoire qui n’a, géographiquement parlant, aucune marge d’erreur.

Le dérèglement ne touche pas seulement le trait de côte. Sous la surface, le réchauffement des eaux et la modification de leur salinité perturbent en profondeur la biodiversité marine kerkennienne. Certaines espèces de poissons et d’oiseaux sont menacées de disparition locale, tandis que d’autres, invasives, s’installent. Le crabe bleu, espèce venue d’Amérique du Nord, en est l’exemple le plus frappant: présent désormais dans tout le bassin méditerranéen, il bouleverse les chaînes alimentaires et concurrence directement les pêcheurs locaux.

À terre, la salinisation détruit le couvert végétal. Les palmiers dépérissent. Les sebkhas voient leur végétation s’appauvrir sous l’effet d’inondations prolongées. Et au-delà du biologique, c’est le patrimoine immatériel qui s’effrite. Amel Jrad souligne à cet égard «l’érosion du patrimoine immatériel lié à la pêche traditionnelle», une perte culturelle qui s’ajoute aux destructions écologiques et qu’aucun indicateur économique ne sait vraiment mesurer.

Parmi les victimes silencieuses du dérèglement climatique, les chaussées romaines de Kerkennah occupent une place particulière. Ces levées de pierre qui courent dans la mer peu profonde, construites il y a deux millénaires pour faciliter la circulation sur l’archipel, constituent aujourd’hui l’un des attraits touristiques les plus singuliers de la Tunisie. Leur submersion progressive lors des épisodes de tempête n’est pas seulement une perte patrimoniale: c’est une perte économique directe. Amel Jrad est explicite sur ce point: «La perte de plages, c’est la perte de l’actif touristique numéro un». Et avec la submersion des chaussées romaines et des sites d’écotourisme, c’est toute la singularité de Kerkennah qui se trouve menacée.

Protéger sans bétonner 

Face à ce tableau, Amel Jrad plaide pour une approche hybride qui refuse l’opposition factice entre nature et infrastructure. D’un côté, les «solutions vertes»: restauration des herbiers de posidonie, ces prairies sous-marines qui font office de brise-lames naturels, piègent les sédiments et servent de nurseries aux poissons. De l’autre, des interventions ciblées: brise-lames submergés sur les tronçons les plus exposés, rechargement sableux raisonné sur les plages touristiques prioritaires, surélévation des chaussées d’accès aux sites patrimoniaux.

La restauration des charfia – ces pêcheries fixes en roseaux héritées de la tradition kerkennienne – illustre à merveille ce double dividende. Selon la conseillère, elles «cassent la houle et les fortes vagues» tout en constituant «un produit touristique en soi dans le cadre d’un programme de tourisme de pêche artisanale». «C’est exactement le type de solution que nous devons mettre en avant, affirme-t-elle. Elle protège, elle crée du revenu, elle préserve l’identité».

Mais aucune stratégie technique ne pourra fonctionner sans une gouvernance locale forte. Amel Jrad insiste: une planification stratégique «ne peut réussir sans une gouvernance locale efficace qui met en œuvre une approche pluridisciplinaire et systémique pour ne laisser personne pour compte». L’étude MVA le confirme: les acteurs locaux – pêcheurs, habitants, élus – doivent être associés à chaque étape.

De la plage à l’expérience…

Si la menace est réelle, elle n’est pas fatale. Et c’est peut-être dans la transformation du modèle touristique que réside la plus grande opportunité pour Kerkennah. Amel Jrad résume l’enjeu en une formule: il faut «passer du tourisme balnéaire subi au tourisme expérientiel maîtrisé». Le tourisme de masse, concentré sur les plages en été, est précisément le modèle le plus vulnérable et le plus destructeur pour les écosystèmes à préserver.

L’alternative qu’elle dessine est celle d’un tourisme ancré dans le territoire: sorties en mer avec les pêcheurs sur les embarcations traditionnelles, observation ornithologique sur les voies migratoires qui traversent l’archipel, accueil de chercheurs et d’universitaires venus étudier les herbiers ou documenter l’érosion, tourisme chez l’habitant pour valoriser la cuisine kerkennienne et son patrimoine social unique. Cette diversification permettrait aussi de désaisonnaliser une destination qui se vide hors juillet-août, en misant sur les douceurs d’avril-mai ou de septembre-octobre.

L’idée la plus audacieuse est peut-être celle-ci: faire du changement climatique lui-même un argument touristique. Amel Jrad propose de créer un circuit «mémoire du climat» pour «expliquer l’élévation du niveau, montrer les ouvrages de protection» et transformer chaque visiteur en témoin engagé. Elle suggère également un label «Destination résiliente» qui permettrait de «communiquer sur les actions de restauration de posidonie, sur la charfia» et de faire du touriste «un acteur de la préservation». Une manière de retourner la menace en récit, et le récit en attractivité.

La résilience de Kerkennah a un coût. Et il ne peut pas être supporté par les seuls habitants de l’archipel ni par le seul budget de l’État tunisien. Amel Jrad est sans ambiguïté sur ce point: «L’adaptation nécessitera beaucoup de temps, de moyens techniques et de ressources financières, avec un engagement ferme de l’État».

Les sources de financement existent néanmoins, à condition de savoir les activer. À l’international, ONU-Habitat, qui a déjà financé l’étude MVA via le programme Soumoud/Rise Up avec l’appui de la coopération espagnole, est un partenaire naturel pour la suite. Le Fonds vert pour le climat et le GEF financent précisément les projets d’adaptation dans les zones côtières vulnérables. Selon Amel Jrad, «Kerkennah coche toutes les cases», et l’étude MVA «sert justement à monter des projets bancables». L’Union européenne, via son programme Environnement-Énergie doté de 33 millions d’euros, constitue un autre levier à prolonger.

Du côté privé, des pistes innovantes émergent. Les hôtels et tour-opérateurs pourraient cofinancer la restauration des herbiers de posidonie, qui protègent précisément leurs plages, une logique de paiement pour services écosystémiques qui aligne intérêts économiques et préservation environnementale. La conseillère propose également un «Fonds Kerkennah 2050» alimenté par «un euro par nuitée reversé, géré localement, pour financer replantation et brise-lames»: un mécanisme simple, transparent, et directement connecté aux enjeux du territoire.

Un laboratoire pour le monde

Ce qui se joue à Kerkennah dépasse les frontières de l’archipel. Amel Jrad le souligne avec conviction: «L’archipel de Kerkennah et le changement climatique, c’est un véritable cas d’école et d’expérimentation pour les solutions d’adaptation et de résilience». Et d’ajouter: «Ce qui sortira de notre territoire est très valorisant et sera très impactant». Des centaines d’îles à travers le monde – Maldives, Kiribati, Tuvalu, mais aussi des dizaines d’autres en Méditerranée – font face aux mêmes défis, souvent dans des conditions encore plus précaires. Kerkennah, choisie comme territoire pilote par ONU-Habitat, peut devenir pour elles un modèle de référence.

À condition, bien sûr, de ne pas attendre, car selon Amel Jrad, une conclusion s’impose avec clarté: «Kerkennah n’est pas condamnée, mais elle est le canari dans la mine du littoral tunisien. Sa survie touristique dépendra de sa capacité à transformer la menace climat en produit touristique: venir voir l’île qui s’adapte».

Le temps, justement, est la ressource la plus rare.

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Voici le nouveau SMIG en Tunisie

Publié ce mercredi au Journal Officiel, le décret n°67 de 2026 fixe les nouveaux montants du salaire minimum garanti (SMIG) dans les secteurs non agricoles. Une revalorisation en trois étapes, immédiatement applicable et rétroactive au 1er janvier dernier. Pour les salariés payés au mois et soumis au régime de 48 heures hebdomadaires, le SMIG passe à 554,736 dinars dès janvier 2026, puis à 582,400 dinars en 2027, pour atteindre 611,520 dinars en 2028. Les salariés au régime de 40 heures ne sont pas oubliés: leur plancher grimpe à 470,251 dinars cette année, avant de progresser jusqu’à 517,571 dinars en 2028. Pour les travailleurs payés à l’heure, le taux horaire minimum s’établit à 2,667 dinars en régime 48 heures et à 2,713 dinars en régime 40 heures, des montants qui évolueront également chaque année jusqu’en 2028. Sur l’ensemble de la période, la progression totale avoisine 10%.

                                                                                                                                

Qui est concerné ?

Le décret s’applique à tout salarié âgé d’au moins 18 ans dans les secteurs non agricoles soumis au Code du travail. Les travailleurs rémunérés à la pièce, à la tâche ou au rendement sont également inclus : leur employeur est tenu de compléter leur rémunération pour atteindre le nouveau plancher légal. Deux catégories restent cependant à l’écart. Les travailleurs de moins de 18 ans ne peuvent percevoir moins de 85% du SMIG adulte. Quant aux salariés dont la rémunération globale — salaire de base, primes et indemnités confondus — dépasse déjà le nouveau minimum, ils ne peuvent prétendre à une augmentation supplémentaire au titre de ce décret. Cette hausse du SMIG se répercute automatiquement sur les pensions versées par la CNSS. Les retraités dont la pension est indexée sur le salaire minimum verront donc leur allocation revalorisée dans les mêmes proportions.

Par ailleurs, les employeurs qui ne respecteraient pas ces nouveaux planchers s’exposent aux sanctions prévues par l’article 3 du Code du travail. Le décret abroge par ailleurs toutes les dispositions antérieures contraires, mettant fin à tout flou juridique sur les anciens montants.

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