❌

Lese-Ansicht

Kairouan : une campagne de dépistage d’Alzheimer bénéficie à près de 130 personnes

Près de 130 personnes ont bénéficié, samedi, d’une campagne de dépistage de la maladie d’Alzheimer organisée à l’hôpital universitaire Ibn El Jazzar de Kairouan, à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, célébrée le 21 septembre de chaque année.

Le chef de service de neurologie à l’hôpital, Slim Samet, a indiqué, à l’Agence TAP, que cette campagne cible notamment les personnes âgées de plus de 50 ans souffrant de troubles de la mémoire ou dont l’entourage constate l’apparition de troubles liés à celle-ci, précisant que les opérations de dépistage sont également ouvertes aux différentes catégories d’âge.

Il a ajouté que le dépistage repose sur des tests spécifiques permettant d’évaluer la mémoire et les capacités cognitives. Les personnes présentant des troubles sont ensuite orientées vers des examens plus approfondis, comprenant, selon les cas, des analyses médicales et une imagerie par résonance magnétique (IRM), avant d’être prises en charge dans les consultations externes spécialisées.

Samet a précisé que plusieurs cas détectés lors de cette campagne ont été orientés vers les consultations externes afin d’assurer leur suivi et leur prise en charge, soulignant l’importance d’un diagnostic précoce pour retarder l’apparition des complications de la maladie.

Il a également souligné l’importance du rôle de la famille et des accompagnants dans le suivi des patients atteints d’Alzheimer, ainsi que la prévention des facteurs de risque, notamment l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielle et les troubles liés aux triglycérides. Il a appelé à maintenir l’activité intellectuelle et sociale des personnes âgées, ce qui contribue au dépistage précoce et à la prise en charge des patients.

De son côté, le directeur régional de la santé, Jamel Mrabet, a indiqué que cette campagne est la première du genre dans la région et que l’affluence enregistrée a révélé une demande croissante pour les services de dépistage et de prise en charge des troubles de la mémoire chez les personnes âgées.

Il a indiqué qu’il est envisagé de créer une consultation externe spécialisée dans la prise en charge des patients atteints d’Alzheimer, à raison d’une séance hebdomadaire ou bimensuelle, ainsi que d’organiser régulièrement des journées de dépistage, en réponse à l’affluence enregistrée lors de cette initiative.

Il a, par ailleurs, fait savoir que la direction régionale de la santé prévoit d’organiser une journée scientifique en collaboration avec la société tunisienne de neurologie, consacrée à la formation des médecins de première ligne et des cadres paramédicaux sur l’identification précoce des troubles de la mémoire, l’orientation des patients et les modalités de prise en charge des personnes âgées.

L’article Kairouan : une campagne de dépistage d’Alzheimer bénéficie à près de 130 personnes est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

efroidissement durable : de nouvelles restrictions sur les équipements utilisant des gaz fluorés dès 2027

La Tunisie renforce sa stratégie d’élimination des gaz à effet de serre émis par le secteur du refroidissement, prévoyant l’interdiction d’importer ou de fabriquer plusieurs types d’équipements fonctionnant aux hydrofluorocarboures (HFC) à compter du 1er janvier 2027. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la célébration des dix ans de l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal lors de la Journée mondiale de l’ozone 2026.

Un projet de décret élaboré par les autorités tunisiennes prévoit d’interdire, dès le début de l’année 2027, la fabrication locale et l’importation de climatiseurs splits résidentiels au réfrigérant R-410A, ainsi que de distributeurs d’eau froide, congélateurs domestiques et réfrigérateurs à base de HFC, selon un document publié à l’occasion de la journée mondiale de l’ozone 2026. En conséquence, la production nationale de climatiseurs splits résidentiels reposera exclusivement sur le fluide R-32 à partir de 2027. Efficace et écolo, le R32 est un fluide frigorigène largement utilisé dans les climatiseurs et les pompes à chaleur pour transporter la chaleur et assurer le refroidissement.

Composé de deux atomes d’hydrogène et de deux atomes de fluor, il se distingue par ses bonnes performances énergétiques. Il n’abîme pas la couche d’ozone et il est facile à recycler, pour cela, il est bon pour la planète, selon les écolos.

Cette étape fait suite au gel de la consommation nationale de HFC effectif depuis le 1er janvier 2024, conformément au calendrier de l’Amendement de Kigali. Sur le plan industriel, la conversion d’une ligne de production de fontaines fraîches vers le réfrigérant naturel R-600a, s’est achevée en août 2026, permettant d’éviter au moins 5 720 tonnes équivalent CO2 d’émissions annuelles.

Parallèlement, la Tunisie a enregistré à la fin de l’année 2025 une réduction de 70 % de sa consommation d’hydrochlorofluorocarboures (HCFC, principalement le R-22) par rapport à son niveau de référence, évite ainsi l’émission de 917 670 TCO2éq. Le pays ambitionne d’atteindre une élimination totale des HCFC d’ici le 1er janvier 2030. Pour financer cette ultime étape, la Phase III du Plan de gestion de l’élimination des HCFC (PGEH 2026-2030) a été approuvée en juin 2026 par le Comité exécutif du Fonds multilatéral pour un montant de 1,33 million de dollars US, complété par une contribution italienne de 350 000 dollars.

Le programme comporte également un volet important de renforcement des compétences : 52 formateurs ont été formés en 2026 à la manipulation sécurisée des fluides frigorigènes naturels et inflammables, tandis que des formations ciblées ont été dispensées à 60 agents des douanes et 200 techniciens, dont la moitié sont des femmes.

Adopté en 2016 et ratifié par 174 pays à la fin août 2026, l’Amendement de Kigali vise une réduction de 80 à 85 % de la consommation mondiale de HFC d’ici 2047. Sa pleine mise en œuvre, associée à des gains d’efficacité énergétique des appareils, pourrait éviter jusqu’à 1 °C de réchauffement mondial d’ici la fin du siècle.

L’article efroidissement durable : de nouvelles restrictions sur les équipements utilisant des gaz fluorés dès 2027 est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Intempéries : appel à la vigilance du ministère de l’Intérieur

-Le ministère de l’Intérieur a appelé, samedi, les citoyens à respecter un ensemble de recommandations visant à assurer leur sécurité et à prévenir les risques liés aux perturbations météorologiques attendues, qui pourraient être accompagnées de précipitations importantes susceptibles d’entraîner une hausse du niveau de certains oueds et cours d’eau.

Dans un communiqué publié sur sa page facebook, le ministère a notamment appelé les citoyens à faire preuve de vigilance, à respecter les règles de sécurité et à éviter de traverser les oueds et les cours d’eau, quel que soit leur niveau ou leur débit.

Il les a également exhortés à ne pas prendre de risques en traversant les routes et les points d’accumulation d’eau et à éviter de s’approcher des oueds et des zones basses pendant les précipitations.

Le ministère a, par ailleurs, appelé les usagers de la route à respecter les règles de circulation, notamment en ce qui concerne l’utilisation des feux, dont les feux antibrouillard et les feux clignotants, et à ne pas stationner les véhicules sur les voies susceptibles d’être empruntées par les eaux de ruissellement.

Il a recommandé aux conducteurs d’adapter leur vitesse, de faire preuve de prudence au volant, de céder le passage aux piétons et de respecter les distances de sécurité. Il les a également appelés à faire preuve de calme et de patience, à respecter les indications des agents de police et à laisser libre passage aux véhicules et moyens de secours et d’intervention afin de ne pas entraver leur circulation.

Le ministère de l’Intérieur a également invité les citoyens à suivre les communiqués et alertes diffusés par les structures compétentes.

Il a indiqué avoir mobilisé les moyens humains et matériels nécessaires pour informer, orienter et assister les usagers de la route. En cas de besoin, les citoyens peuvent contacter :

Protection civile : 198

Police nationale : 197

Garde nationale : 193

L’Institut national de la météorologie avait indiqué, dans un bulletin de suivi, que les conditions météorologiques resteraient favorables aux précipitations dans la plupart des régions durant la journée de samedi et dimanche.

L’article Intempéries : appel à la vigilance du ministère de l’Intérieur est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Alzheimer : le Centre du Razi devient centre régional collaborateur de l’OMS

« Le Centre Alzheimer relevant du service de neurologie de l’hôpital universitaire Razi à la Manouba a obtenu, officiellement, l’accréditation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour devenir un centre régional collaborateur pour la région de la Méditerranée orientale, spécialisé dans la formation et la recherche sur les maladies neurocognitives, notamment la démence et la maladie d’Alzheimer », a affirmé, ce samedi, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani.

Dans une déclaration aux médias en marge d’une visite effectuée au Centre Alzheimer, Ferjani a souligné que cette reconnaissance internationale est une fierté pour la Tunisie signalant que le centre contribuera, dans le cadre d’un programme conjoint avec l’OMS, au renforcement des capacités des institutions nationales et régionales et à l’amélioration des services de santé et de la prise en charge des patients.

« Cette accréditation est une reconnaissance des compétences tunisiennes dans différents domaines médicaux et de l’expertise développée par le centre, qui joue un rôle important face à l’augmentation du nombre de personnes âgées atteintes de la maladie », a-t-il ajouté.

A cette occasion, le ministre a réaffirmé l’engagement de son département à soutenir les patients, à développer la recherche, les traitements et les médicaments et à renforcer les dispositifs de prise en charge.

Il a également souligné que les personnes atteintes d’Alzheimer ont besoin, en plus des soins médicaux, d’un accompagnement familial et d’un soutien humain et solidaire.

De son côté, le chef de service de neurologie, Riadh Gouider, a indiqué que cette accréditation, qui coïncide avec la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer (21 septembre) intervient après plusieurs années de coopération avec l’OMS.

Celle-ci a notamment porté sur l’adaptation et l’utilisation d’outils numériques en Tunisie, la recherche scientifique, l’enseignement ainsi que la participation à l’élaboration de lignes directrices pour la prévention de la maladie.

Dans le cadre de son nouveau statut, le centre renforcera ses activités de recherche, notamment sur les caractéristiques génétiques de la maladie dans la région et sur les mécanismes permettant un dépistage précoce.

Il pourra également participer à des essais cliniques destinés à évaluer l’efficacité de nouveaux traitements et leur adéquation aux patients tunisiens.

Le programme prévoit aussi la constitution de bases de données régionales reliant les différents établissements de recherche, ainsi que la mise en place d’un environnement scientifique dédié à la formation des professionnels de santé et des chercheurs.

Ces efforts devraient contribuer à l’élaboration de stratégies sanitaires et de plans de prise en charge durables à l’échelle nationale et régionale.

Selon Riadh Gouider, cette reconnaissance permettra également au centre de disposer de moyens plus avancés pour mener une étude épidémiologique en Tunisie et déterminer avec davantage de précision le nombre de personnes atteintes.

Elle favorisera par ailleurs le développement du diagnostic précoce et la recherche de traitements innovants susceptibles de ralentir l’évolution de la maladie et d’améliorer la prise en charge, y compris sa couverture par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).

« En l’absence de statistiques nationales précises, les estimations font état de 50 mille à 70 mille personnes atteintes en Tunisie », a-t-il indiqué.

Riadh Gouider a relevé que le vieillissement de la population contribue à l’augmentation de la prévalence de la maladie, dont les répercussions sont à la fois psychologiques, sociales et économiques pour les patients et leurs familles. Les dépenses liées à l’accompagnement, aux équipements et aux soins peuvent ainsi représenter plusieurs fois le salaire minimum.

Ouvert en septembre 2010, le Centre Alzheimer assure des consultations, un accueil de jour, des activités de formation et de recherche scientifique. Il dispose également de cinq lits d’accueil quotidien. Près de 9 mille patients ont bénéficié de ses consultations depuis sa création, dont environ 800 ont eu recours à l’accueil de jour.

Le chef du service a toutefois souligné la nécessité de renforcer les ressources humaines afin d’élargir le rayonnement du centre en Tunisie et dans la région et, à terme, de favoriser la création de structures similaires dans les différentes régions du pays.

L’article Alzheimer : le Centre du Razi devient centre régional collaborateur de l’OMS est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Intempéries à Béja : des dégâts importants touchent l’infrastructure routière

Les fortes pluies qui se sont abattues, vendredi soir, sur les villes de Thibar, Téboursouk et Béja ont fortement endommagé le réseau routier.

Des habitants ont souligné à l’Agence TAP que les unités de la protection civile sont intervenues pour débloquer, notamment, la route régionale N°75 Thibar-Téboursouk, rétablir la circulation au niveau de la route reliant Djebba à Thibar et évacuer les eaux de pluie accumulées dansi un centre hospitalier de la région.

Les quantités de pluie enregistrées dans le gouvernorat de Béja, vendredi soir, ont atteint 30 mm à Thibar et Téboursouk, 12 mm à Béja et 9 mm à Oued Zarga.

L’article Intempéries à Béja : des dégâts importants touchent l’infrastructure routière est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Rémunération : l’ATGEC appelle à renforcer l’égalité entre femmes et hommes

La présidente de l’association tunisienne de la gouvernance et de l’égalité des Chances entre les femmes et les hommes dans les postes de décision (ATGEC), Amel Sammoud Khammari a appelé à la nécessité de renforcer l’égalité effecive en matière de rémunération salariale et de parcours professionnels, estimant que l’égalité salariale constitue un droit fondamental ainsi qu’un élément fondamental de la justice économique et sociale et du développement durable.

Dans une déclaration à l’agence TAP, à l’occasion de la journée internationale de l’égalité de rémunération célébrée chaque année le 18 septembre, la présidente de l’association a indiqué que la Tunisie a adhéré, depuis des décennies, au processus international en faveur de l’égalité salariale, rappelant qu’elle a ratifié, en 1968, la Convention n° 100 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) relative à l’égalité de rémunération entre les travailleurs et les travailleuses pour un travail de valeur égale.

Selon elle, le défi consiste aujourd’hui à passer d’une égalité consacrée par les textes de loi à une égalité effective en matière de rémunération et de parcours professionnels, notamment en ce qui concerne le recrutement, la promotion, la formation et l’accès aux postes de responsabilité et de décision.

Pour elle, la notion de l’égalité ne devrait pas se limiter au principe « travail égal, salaire égal », mais elle devrait également englober l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, sur la base de critères objectifs et transparents d’évaluation des emplois, des compétences et des responsabilités, appelant, à cet égard, à renforcer la production et la publication de données et de statistiques classées par sexe, secteur, profession et niveau de responsabilité, afin de permettre de mesurer avec précision les écarts de rémunération, d’en identifier les causes et de mettre en place les politiques appropriées pour y remédier.

Khammari a souligné, dans ce contexte, que la réduction des disparités doit aller de pair avec le parcours professionnel des femmes, notamment en ce qui concerne l’impact de la maternité et des responsabilités familiales sur leur accès à la formation, à la promotion et aux postes à responsabilité.

Elle a, dans ce sens, suggéré d’étudier la possibilité de mettre en place un mécanisme institutionnel afin de consacrer l’égalité dans les administrations et les institutions tunisiennes, à l’instar d’autres pays.

La présidente de l’ATGEC a encore mis l’accent sur l’importance de renforcer la transparence des systèmes de rémunération et des mécanismes de fixation des salaires et d’adopter des critères objectifs pour évaluer les emplois et les travaux de valeur égale, afin de garantir l’égalité des chances en matière de recrutement, de promotion, de formation et d’accès aux postes à responsabilité.

Elle a aussi jugé indispensable de développer des mécanismes permettant de mesurer et de publier les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, afin de veiller à ce que le congé de maternité et les responsabilités familiales n’aient pas d’incidence négative sur le parcours professionnel, l’ancienneté et les chances de promotion.

Elle a, enfin, recommandé d’instaurer un mécanisme d’égalité au sein des administrations afin de suivre les questions liées à la discrimination et à l’égalité, d’accompagner les femmes dans leur parcours professionnel et de mettre en œuvre des programmes de réinsertion, de formation et de mise à jour des compétences après les périodes d’interruption liées à la maternité ou aux responsabilités familiales.L’objectif étant de favoriser la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, considérées comme faisant partie intégrante des politiques en faveur de l’égalité économique.

L’article Rémunération : l’ATGEC appelle à renforcer l’égalité entre femmes et hommes est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Congélation des ovocytes : quand la médecine rencontre le désir de retarder la maternité

Par Mona BEN GAMRA 

Dans la pénombre tamisée d’une salle d’attente à Tunis, Nadia, 29 ans, réajuste le pli de son écharpe, les doigts tremblants. Il y a encore deux semaines, son quotidien oscillait entre ses responsabilités de cadre administrative et ses projets de vie. Puis le verdict est tombé, brutal, sans appel : cancer du sein. Un diagnostic qui glace le sang, mais qui s’est immédiatement accompagné d’un second choc, plus sourd et plus intime. Avant d’engager la chimiothérapie, son oncologue l’a mise en garde : les traitements toxiques risquent de détruire irréversiblement sa réserve ovarienne.

« On m’a parlé de survie, de protocole, de rémission. Mais au milieu de cette tempête, la seule pensée qui m’a accrochée à la vie, c’est l’idée de pouvoir être mère un jour », confie Nadia, la voix nouée par l’émotion. « Quand le médecin m’a expliqué qu’on pouvait congeler mes ovocytes avant de démarrer la chimie, j’ai vu une lueur d’espoir. Puis est venue la douche froide : les démarches, les incertitudes, la bureaucratie et le sentiment de courir contre la montre alors que mon corps se bat déjà contre la maladie. »

Le parcours de Nadia n’est pas un cas isolé. Il incarne le drame silencieux de milliers de jeunes femmes tunisiennes prises au piège entre les avancées technologiques de la médecine moderne, l’évolution rapide des structures sociales et un cadre juridique qui peine à épouser son époque.

Une médecine de pointe face au défi du temps

La technique existe pourtant bel et bien sur le sol national, bénéficiant d’une expertise reconnue à l’échelle régionale. « La congélation des ovocytes, c’est une procédure médicale pour conserver des ovocytes pour les utiliser par la suite pour concevoir », rappelle le Dr Béchir Zouaoui, ancien professeur agrégé en gynécologie-obstétrique. « Le concept s’est développé avec l’évolution technologique de la vitrification, c’est-à-dire le choc de froid pour conserver les ovocytes. Donc la vitrification passe d’une température ambiante à une température qui est très basse, rapidement. Ça permet de conserver la qualité des ovocytes, et la dévitrification nous permet de récupérer les ovocytes tels qu’ils ont été congelés. Et c’est le grand avantage ».

Sur le plan purement sanitaire, la préservation de la fertilité pour motif médical constitue une pratique validée. « Ce qui est nouveau, c’est la préservation de la fertilité qui existe depuis quelques années, une dizaine ou 15 ans, dans les hôpitaux et le secteur privé », précise le Dr Zouaoui. « Ce sont des femmes dont la fertilité risque d’être touchée par les traitements de la maladie, essentiellement le cancer du sein, les hémopathies… C’est une prise en charge documentée, réglementée. Les centres de PMA le font, cela dépend du médecin, ce n’est pas interdit par la loi. Je le fais dans mon centre de PMA pour certains cas ».

Cependant, le facteur biologique demeure impitoyable. Comme le souligne le spécialiste : « On congèle ce qu’on a recueilli. La femme ne peut donner que ce qu’elle a. Si elle a une bonne réserve ovarienne, on peut stimuler. Tout dépend de son âge et de sa réserve. À 45 ans, c’est déjà trop tard. L’idéal est d’avoir environ 20 ovocytes par cycle pour espérer un bébé. La procédure en elle-même est assez courte, et la conservation d’année en année reste limitée à 5 ans, sans frais supplémentaires ».

 

Le dilemme juridique : entre indication médicale et choix sociétal

Si Nadia entre théoriquement dans le cadre dérogatoire de l’exception médicale, l’accès à la congélation d’ovocytes se heurte à des verrous réglementaires stricts, particulièrement pour les femmes célibataires. Maître Habib Salaani, avocat, apporte un éclairage précis sur l’état du droit tunisien : « La législation tunisienne en vigueur ne prévoit pas, à ce jour, la possibilité pour une femme non mariée de procéder à une autoconservation de ses ovocytes pour convenance personnelle, en l’absence d’une indication médicale. La loi tunisienne n° 2001-93 du 7 août 2001 relative à la médecine de la reproduction encadre en effet la conservation des gamètes dans un cadre médical et thérapeutique. La question demeure donc posée pour les femmes qui souhaitent préserver leur fertilité en raison de leur âge, de leur parcours personnel ou de leur projet de vie, sans pathologie ni traitement médical susceptible d’altérer leur fertilité ».

L’article 6 de la loi de 2001 autorise certes une personne non mariée à congeler ses gamètes à titre exceptionnel en cas de traitement gonadotoxique (chimiothérapie ou radiothérapie). Mais même dans ce cas, ces ovocytes ne pourront être ultérieurement réimplantés que dans le cadre d’un mariage légalement reconnu.

Face à ces limites, le corps médical a pris l’initiative d’impulser le changement. C’est durant son mandat à la présidence de la Société tunisienne de gynécologie-obstétrique (STGO) que le Dr Béchir Zouaoui s’est imposé comme l’un des principaux instigateurs d’une refonte législative. « En Tunisie, on est parmi les premiers dans la PMA dans le monde arabe, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne », rappelle-t-il. « La loi de l’assistance médicale à la procréation a été mise en place il y a environ 25 ans. Donc l’évolution technologique a évolué et l’évolution sociétale a changé. On a fait le projet de loi en janvier 2022. Cela a pris environ un an ou un an et demi, il a été validé par le Ministère, et on attend l’approbation par l’ARP ».

Ce projet de texte entend adapter les pratiques tout en instaurant des balises éthiques : « Ce qu’on a demandé dans la nouvelle loi, c’est de mettre des garde-fous pour toutes les procédures, surtout les idées sensibles. On a fixé des limites d’âge : à partir de 27 ans pour demander une préservation, et jusqu’à 45 ans comme limite supérieure », explicite le docteur Zouaoui.

 

La transition démographique et la mutation des modèles matrimoniaux

L’urgence d’une révision législative s’inscrit dans un paysage démographique en pleine mutation. Au lendemain de l’indépendance, la Tunisie avait été pionnière en matière de politique de limitation de la natalité et de planification familiale. Cependant, la réalité sociologique contemporaine impose un changement radical de paradigme : la politique publique doit désormais passer d’une logique de restriction à une politique d’accompagnement actif de la fertilité et des choix reproductifs des jeunes couples.

Les chiffres attestent de ce basculement historique. L’indice synthétique de fécondité en Tunisie est tombé à 1,7 enfant par femme en 2023, alors qu’il s’élevait encore à 2,4 en 2016. Cette chute vertigineuse, en deçà du seuil de renouvellement des générations (fixé à 2,1), s’explique par la combinaison du recul significatif de l’âge au premier mariage — qui dépasse aujourd’hui 29 ans pour les femmes — et des transformations structurelles des modes de vie.

Ce phénomène s’aligne sur des tendances globales observées à l’échelle internationale. Lors de la Journée internationale de la population, le Dr Rym Fayala, cheffe de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) a présenté une étude d’envergure menée dans 73 pays auprès de 100 000 internautes âgés de 18 à 39 ans. Les conclusions sont éloquentes : 90 % des jeunes interrogés déclarent que la stabilité matérielle et la santé constituent leurs objectifs prioritaires dans la vie. Ils expriment un désir réel de se marier et d’avoir des enfants, mais exigent de le faire dans des conditions d’épanouissement optimales.

Najet Araari, chercheuse en sociologie spécialité genre et sexualité à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis (Université de Tunis), analyse cette dynamique : « S’il n’existe pas aujourd’hui d’études formelles démontrant que la société a pleinement intégré cette évolution, la congélation des ovocytes est une solution qui mérite d’être envisagée au regard de la hausse de l’âge moyen au mariage et du choix de certaines femmes de différer leur union ».

Selon la sociologue, cette question touche directement à l’autonomie reproductive : « Il s’agit de donner aux femmes et aux couples la possibilité de disposer d’une vraie marge de choix quant au moment de leur mariage et de leur maternité ». Dans un contexte marqué par le vieillissement progressif de la population tunisienne, permettre de concrétiser un projet d’enfant à un âge plus avancé représente une réponse démographique pertinente, alignant l’épanouissement individuel et l’intérêt collectif.

 

Justice reproductive et accessibilité : Le combat féministe

Au-delà des aspects techniques et sociologiques, la préservation de la fertilité pose la question fondamentale de la justice sociale. Dans le secteur privé, les protocoles de stimulation et de vitrification coûtent plusieurs milliers de dinars, rendant l’intervention prohibitive pour une grande partie des femmes. L’opération peut coûte, en effet,  environ 6000 DT dans le secteur privé et environ 250 DT  à l’hôpital Aziza Othmana . 

Le Dr Hedia Belhadj, présidente du Groupe Tawhida Ben Cheikh (Recherche et Action en Santé des femmes), pose le débat sur le terrain des droits humains et de l’égalité des genres :

« Le Groupe Tawhida Ben Cheikh, une association féministe qui milite pour l’exercice des droits sexuels et reproductifs et le droit de disposer de son corps, fonde son argument sur le droit inaliénable de toutes les femmes de décider quand et combien d’enfants elles souhaitent avoir durant leur vie reproductive. De la même façon que le droit d’avoir accès à des services de qualité de contraception et de bénéficier d’un avortement sécurisé lorsqu’elles le désirent, toutes les femmes ont le droit de concevoir au moment où elles le désirent. La femme, à la différence de l’homme, ne développe plus d’ovocytes après un certain âge et les ovocytes sont de meilleure qualité à un âge jeune, par conséquent la congélation des ovocytes rentre dans le cadre de l’égalité entre les sexes ».

Interrogée sur la nécessité d’une ouverture du cadre légal au-delà de l’indication médicale stricte, le Dr Belhadj se montre catégorique :

« Absolument, la congélation des ovocytes est un outil de l’exercice du choix de la personne de disposer de son corps, qu’elle soit en union ou pas. La restriction de la condition du mariage doit absolument être revue. À l’avenir, si l’âge au mariage continue à augmenter, la procédure devrait être disponible et abordable financièrement à toutes les femmes quel que soit leur statut matrimonial. La Tunisie a des personnes compétentes et des laboratoires qualifiés pour assurer ce service à moindre coût, pourvu que le conditionnement de la congélation soit assuré sur le temps. Une fois ratifiée, la réforme de la loi devrait être mise en pratique dans le cadre des services publics remboursés par la sécurité sociale ».

S’agissant de la baisse de la fécondité et des réticences institutionnelles, elle rappelle la ligne d’action du mouvement :

« La loi n’autorise pas la congélation d’ovocytes pour des raisons sociales pour des motifs de carrière ou en l’absence de partenaire. Mais vu l’augmentation de l’âge au mariage, le droit reproductif se pose pour une partie de la population. La question est donc d’actualité vu le taux de fécondité qui baisse ; toutefois, notre Groupe ne l’aborde que sous l’angle de la justice reproductive et du choix et droit des femmes de décider de la contraception, de l’avortement et de la conception. Le cadre légal actuel se focalise sur les couples mariés mais il est de plus en plus contesté. Le Groupe Tawhida continuera à travailler avec nos partenaires publics et de la société civile pour faire avancer le plaidoyer, l’information et l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive ».

 

Donner du temps à l’espoir

Pour Nadia, l’urgence ne s’embarrasse pas de débats théoriques. Entre deux rendez-vous médicaux, son calendrier se mesure en jours. Dans quelques semaines, la chimiothérapie commencera. Pouvoir congeler ses ovocytes représente son ancre dans la tempête, l’affirmation que la maladie ne dictera pas seule le cours de son existence. Mais il existe aussi d’autres cas de femmes qui préfèrent retarder leur fertilité  alors qu’elles ne sont pas encore mariées. Et c’est là que la médecine et la loi rencontrent le désir de la maternité.  

Alors que le projet de loi révisé dort dans les tiroirs de l’Assemblée des Représentants du Peuple en attente de sa ratification officielle, la réalité du terrain, elle, n’attend pas. Entre la chute des naissances, le désir d’émancipation professionnelle des jeunes femmes, les obstacles économiques et les urgences oncologiques, la Tunisie se trouve à la croisée des chemins. L’exigence est claire : moderniser sa législation sur la santé reproductive pour transformer une prouesse médicale d’exception en un droit accessible, équitable et protecteur de l’avenir de sa jeunesse.

Mona BEN GAMRA 



L’article Congélation des ovocytes : quand la médecine rencontre le désir de retarder la maternité est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Météo : vigilance face aux fortes précipitations attendues cet après-midi

Des chutes de pluies seront attendu, samedi, sur la plupart des régions où elles seront temporairement orageuses et parfois abondantes l’après midi sur les régions de l’Ouest surtout sur les gouvernorats de Gafsa, Kasserine et Sidi Bouzid, selon le bulletin de suivi publié par l’institut National de la Météorologie (INM).

Ces précipitations s’étendront progressivement vers les régions de l’Est surtout sur les régions de Sfax, du Sahel, du Cap Bon, le Grand Tunis et Bizerte où les quantités pluviométriques maximales oscilleront entre 20 et 40 mm, atteignant localement 60 mm avec le soufflement d’un vent fort lors de l’apparition des averses orageuses.

Les pluies continueront, dimanche 20 septembre 2026, sur la plupart des régions et seront parfois diluviennes sur les régions du Nord et de l’Ouest, selon la même source.

L’article Météo : vigilance face aux fortes précipitations attendues cet après-midi est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Tunis : un colloque consacré à la gouvernance des entreprises publiques

Les directeurs généraux des entreprises et établissements publics se sont réunis, vendredi, à Tunis, autour d’une question centrale : Comment mieux gouverner.

Contexte : Colloque sous le signe de « Gouvernance des entreprises publiques : leadership responsable et performance efficace », dont les travaux ont été présidés par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari.

Dans son allocution, le ministre a souligné que la réforme de la gouvernance exige une transition vers un modèle institutionnel fondé sur la clarté des objectifs, la rapidité dans la prise des décisions, l’anticipation des risques et l’évaluation des performances, précisant qu’une bonne gouvernance implique nécessairement une définition précise des responsabilités, cite un communiqué du ministère de l’Industrie.

Zouari a en outre décliné les priorités de son département : Il est question de renforcer le rôle stratégique des conseils d’administration, de déployer des indicateurs de performance couplés à un système d’alerte précoce, de revaloriser la fonction d’inspection et d’ancrer la transparence dans une logique de redevabilité.

C’est dire, une feuille de route rigoureuse assortie d’une approche concrète fondée sur la trilogie : définir les responsabilités, fixer les délais et assurer le suivi.

Les échanges ont mis en lumière les tensions que vivent ces structures, dont notamment, la concurrence accrue, les finances publiques sous pression, le déficit de confiance entre l’État et ses entreprises.

Le colloque a également permis de plancher sur les leviers pour y remédier, plaidant pour le développement des capacités productives, l’amélioration de la compétitivité économique et la promotion de la qualité des services publics sans esquiver les obstacles liés à la mise en oeuvre des principes de gouvernance.

De son côté, le secrétaire d’État chargé de la transition énergétique, Wael Chouchène a exhorté les participants à puiser dans les réussites internes plutôt que de chercher des modèles ailleurs, recommandant d’accélérer les projets, de pérenniser le service public et de miser sur l’efficacité de la gestion

Le colloque a réuni le président du Haut comité du contrôle administratif et financier, Imed Hazgui, le président du comité général de la fonction publique, Hatem Aïchaoui, ainsi que les directeurs généraux et hauts cadres des établissements et entreprises publics sous tutelle.

L’article Tunis : un colloque consacré à la gouvernance des entreprises publiques est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Météo : prévisions du samedi 19 septembre 2026

Le ciel sera marqué par des passages nuageux sur la plupart des régions, parfois plus denses sur le littoral oriental. Les températures maximales oscilleront entre 28 et 31 °C sur le Nord et le Sahel, et varieront de 32 à 36 °C sur le reste du territoire. Le vent soufflera de secteur nord, relativement fort près des côtes orientales, tout en restant faible à modéré ailleurs. La mer sera agitée le long des côtes de l’Est et peu agitée à localement ondulée au Nord.

L’article Météo : prévisions du samedi 19 septembre 2026 est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Alzheimer : une mobilisation nationale pour agir dès les premiers signes

 Le samedi 19 septembre 2026, des journées portes ouvertes seront organisées dans plusieurs gouvernorats afin d’informer, de dépister et d’orienter les personnes concernées

Sous l’égide du ministère de la Santé et avec le soutien des Directions régionales de la Santé, la Fédération Tunisienne de Neurologie et de Neurosciences organise, en collaboration avec l’Association Alzheimer Tunisie et avec l’appui des Laboratoires Médis, une journée nationale de sensibilisation à l’occasion de la Journée Mondiale de la Maladie d’Alzheimer, célébrée le 21 septembre de chaque année.

Placée sous le slogan « Si vous commencez à oublier, nous sommes avec vous… et nous ne vous oublierons pas », cette mobilisation se déploiera dans près de vingt centres de soins publics et privés répartis sur : le Grand Tunis, Bizerte, Béja, Jendouba, Zaghouan, Nabeul, Sousse, Kairouan, Sidi Bouzid, Monastir, Mahdia, Sfax, Gafsa, Médenine et Gabès.

L’objectif est de rapprocher l’information et le dépistage des citoyens, mais aussi d’encourager les familles à consulter dès l’apparition de signes inhabituels.

▪ Reconnaître les signes qui doivent alerter

Un oubli occasionnel ne signifie pas nécessairement Alzheimer. En revanche, des troubles de la mémoire qui se répètent, des difficultés à s’orienter ou à accomplir des gestes familiers, ainsi que certains changements de comportement doivent conduire à demander l’avis d’un spécialiste.

Tout au long de la matinée, les participants pourront mieux comprendre la maladie, ses symptômes et ses facteurs de risque. Les neurologues et les médecins de première ligne présents répondront aux questions du public et apporteront des conseils sur la prévention, le diagnostic précoce et l’accompagnement du patient et de sa famille.

Le Pr Riadh Gouider, président de la Fédération Tunisienne de Neurologie et de Neurosciences a déclaré dans ce cadre :

Plus les premiers signes sont repérés tôt, plus nous pouvons orienter rapidement le patient et aider sa famille à mettre en place un accompagnement adapté. Nous invitons toutes les personnes qui s’interrogent sur leur mémoire ou celle d’un proche à ne pas attendre et à venir nombreuses profiter de cette journée de dépistage, rencontrer les neurologues et poser leurs questions. »

 Cette journée s’adresse aux personnes qui constatent des troubles de la mémoire, mais également aux familles, aux aidants et à tous ceux qui souhaitent mieux connaître la maladie d’Alzheimer.

Mohamed Sahbi RAMMAH

L’article Alzheimer : une mobilisation nationale pour agir dès les premiers signes est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  
❌