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Parité femmes-hommes : 20 ans d’efforts, 35 places perdues

Le World Economic Forum a dévoilé le 16 septembre 2026 la 20ᵉ édition de son Global Gender Gap Report. Verdict pour la planète : encore 120 ans avant l’égalité parfaite. Pour la Tunisie : un score qui s’améliore doucement, mais un classement qui, lui, recule inexorablement, un  signe d’un pays qui avance, certes, mais au ralenti pendant que ses voisins accélèrent.

Vingt ans de recul, c’est rare pour évaluer une politique publique. Voilà que le Global Gender Gap Report, fête sa 20ᵉ édition en suivant, de façon continue depuis 2006, un échantillon constant de 97 économies parmi les 145 couvertes en 2026.  Mais une chose est sûre: le constat global tient en une phrase : la parité mondiale s’est améliorée de 5,2 % en deux décennies, un rythme si lent qu’il faudrait encore 120 années pour l’atteindre pleinement. En tête du classement, l’Islande frôle la perfection avec un score de 93 %, suivie de la Finlande (87,2 %) et de la Norvège (85,7 %) — un trio scandinave qui n’a, une fois de plus, laissé aucune place à la surprise.

Un score qui grimpe, un rang qui chute

Il convient de noter qu’entre 2006 et 2026, le score du pays est passé de 62,9 % à 65,0 %, soit une progression de 2,1 points  avec un pic à 66,8 % en 2024. Mais dans le même temps, la Tunisie a dégringolé de 35 places au classement mondial, passant du 90ᵉ au 125ᵉ rang sur 145 pays.

La question qu’on sepose: Comment un pays peut-il progresser et reculer en même temps ? La réponse tient à la nature même de l’indice : un classement est une photographie relative. Si la Tunisie améliore ses scores, d’autres économies,  souvent partant de plus bas,  progressent plus vite encore, la reléguant mécaniquement plus loin dans le peloton. C’est un peu la course où l’on court plus vite qu’hier, mais où l’on finit quand même dernier parce que tout le monde a sprinté.

Dans sa région, le constat est similaire : la Tunisie occupe désormais la 3ᵉ place MENA, derrière les Émirats arabes unis et Bahreïn, alors qu’elle occupait la 2ᵉ position en 2006. Une régression de rang qui masque, là aussi, une progression réelle mais insuffisante.

Le grand écart entre le capital humain et le pouvoir réel

Le rapport détaille la performance tunisienne à travers quatre piliers, et la lecture qui en ressort est sans appel : deux Tunisie coexistent.
D’un côté, une Tunisie qui a fait ses devoirs. En éducation, le pays affiche un score de 97,4 %, avec une parité intégrale (100 %) dans les taux de scolarisation primaire, secondaire et supérieur. En santé, la performance est tout aussi solide : 96,8 %, portée par un ratio de masculinité à la naissance particulièrement favorable.

Sur ces deux fronts, filles et garçons, femmes et hommes, partent aujourd’hui à armes quasi égales.
De l’autre, une Tunisie qui peine à transformer cet essai. Le pilier participation économique plafonne à 51,9 %, plaçant le pays au 131ᵉ rang mondial. Le taux d’activité féminin  seulement 41,1 %  et le revenu du travail estimé (36,3 %) sont les maillons les plus faibles. Quant à l’émancipation politique, c’est la dimension la plus problématique : un score de seulement 14 % et un 109ᵉ rang, plombés par une représentation parlementaire des femmes qui ne dépasse pas 18,8 %.

Le message du rapport est limpide : le problème tunisien n’est plus un problème d’accès — aux bancs de l’école, aux soins de santé — mais un problème de conversion. Les filles tunisiennes sont scolarisées à parité parfaite, mais cette réussite éducative ne se traduit ni en emplois, ni en salaires, ni en sièges de décision.

Un phénomène qui dépasse les frontières tunisiennes

Ce décalage n’est pas propre à la Tunisie, il structure d’ailleurs le rapport mondial dans son ensemble. Selon les projections du WEF, la parité pourrait être atteinte en seulement 8 ans dans les domaines de l’éducation et de la santé, contre 129 ans pour la participation économique et… 194 ans pour l’émancipation politique. Le fossé se creuse précisément là où se jouent le pouvoir et l’argent.

Un signal supplémentaire, glissé dans le rapport, mérite l’attention : les femmes restent sous-représentées dans les entreprises spécialisées en intelligence artificielle, et ce à tous les niveaux hiérarchiques, un déséquilibre qui, s’il perdure, pourrait hypothéquer la participation économique féminine des prochaines décennies, au moment même où ce secteur redessine le marché du travail.

Ce que ça dit et ce que ça ne dit pas

Le tableau régional replace enfin la Tunisie dans son contexte. Sur le continent africain, elle recule du 14ᵉ rang (sur 23 pays mesurés en 2006) au 32ᵉ rang (sur 38 pays en 2026)  un déclassement à nuancer toutefois : sur les 31 économies africaines qui la devancent aujourd’hui, 14 n’étaient tout simplement pas mesurées il y a vingt ans, et seuls quatre pays effectivement présents dans les deux échantillons:  Cameroun, Angola, Nigeria, Burkina Faso,  l’ont réellement dépassée sur la période.

Reste un chiffre qui résume, à lui seul, le défi qui attend le pays : entre acquis éducatifs et sanitaires quasiment consolidés d’un côté, et participation économique et politique à la traîne de l’autre, la Tunisie a construit le capital humain de la parité,  il lui reste à en récolter les fruits.

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Quand la pluie n’a pas dit son dernier mot

Grêle, rafales, routes noyées : le Grand Tunis a plié sous les orages jeudi. Mauvaise nouvelle, la météo n’a pas dit son dernier mot.

Il est important de noter que la situation ne devrait pas se résoudre rapidement. D’après les informations collectées par lachaineemeteo.fr, de puissants orages ont frappé le nord et le centre de la Tunisie jeudi après-midi, avant de se déplacer vers l’est du pays.

Tunis sous le joug d’une crise hydrique

Les précipitations, dont la concentration dans le temps a été extrêmement élevée, ont atteint 30 à 35 mm en moins d’une heure sur l’agglomération tunisoise. Dans la banlieue sud, à Boumhel, Ezzahra, Hammam-Lif et Hammam-Chott, plusieurs axes routiers ont été submergés en quelques minutes. En raison de conditions climatiques défavorables, les rues de la ville ont été le théâtre d’un ruissellement intense, entraînant une paralysie de la circulation et d’un nombre important d’automobilistes. Face à cette situation, les services de la Protection civile ont été sollicités pour procéder à des opérations de déblaiement et de désencombrement.

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Inondations à Tunis : un peu de pluie, et tout part en vrille

L’après-midi du mercredi 17 septembre 2025, l’arrivée du froid et des pluies intempestives a de nouveau transformé plusieurs rues de la capitale en torrents. En quelques dizaines de minutes, des accumulations d’eau importantes, des véhicules immobilisés et une circulation fortement perturbée ont révélé, une fois de plus, la fragilité des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.

Un an après les inondations qui avaient touché un grand nombre de régions du pays, la question se pose : existe-t-il de véritables mesures de précaution ? Face à cet épisode, le ministère de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a gardé le silence. Qu’en est-il cette année ?

Interventions municipales et appel à la responsabilité

Au lendemain des intempéries, la municipalité de Tunis a renouvelé, vendredi 18 septembre 2026, son appel aux citoyens à ne pas jeter déchets, gravats et résidus de chantier dans les avaloirs et les conduites d’évacuation. Ses équipes ont constaté l’obstruction de plusieurs ouvrages, en partie due à l’accumulation de matériaux de construction.

Les services municipaux ont poursuivi leurs interventions durant la nuit : pompage et évacuation des eaux infiltrées dans les logements, débouchage et nettoyage d’avaloirs, ainsi que rétablissement de l’écoulement dans plusieurs zones touchées. Cela dit, cela aurait dû être fait bien avant…

Il convient de noter que l’Institut national de la météorologie avait annoncé des pluies temporairement orageuses et localement intenses, avec des cumuls pouvant atteindre 30 à 50 mm dans certaines zones du Grand Tunis, mettant en garde contre des accumulations rapides et des débordements des réseaux d’assainissement.

Pourtant, il aura suffi d’un peu de pluie pour que tout parte en vrille. La persistance des inondations montre que les mesures de prévention restent insuffisantes face à des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents. Et par-dessus tout, l’incivisme des citoyens, qui jettent leurs déchets et leurs mégots dans la rue, ne fait qu’aggraver la situation.

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