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Agoa : deux années de répit pour les exportateurs africains

Le Sénat américain a voté à une large majorité la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’en décembre 2028. Un sursis pour 32 pays africains. Alors que le dispositif devait expirer fin 2026. Le texte doit encore être approuvé par la Chambre des représentants puis promulgué par Donald Trump.

Le vote, adopté par 90 voix contre 6, permettrait de maintenir l’accès préférentiel au marché américain pour plusieurs filières africaines, notamment l’automobile en Afrique du Sud, le textile au Kenya et au Lesotho ou encore la vanille à Madagascar. Le Nigeria, l’Angola et l’Éthiopie figurent également parmi les principaux bénéficiaires.

L’enjeu commercial reste toutefois limité à l’échelle du continent : environ 6 % des exportations africaines sont destinées aux États-Unis. Pour certains secteurs, l’AGOA demeure néanmoins essentiel, en réduisant les droits de douane et en facilitant l’accès au marché américain.

 

Lire aussi – Un an de plus pour l’AGOA : l’Afrique reste dans le jeu commercial américain

 

Cette prolongation intervient dans un contexte plus incertain, marqué par de nouvelles mesures tarifaires américaines depuis 2025. Certaines exemptions pourraient être maintenues grâce au renouvellement de l’AGOA.

Madagascar, entre soulagement et prudence

À Madagascar, le secteur textile suit le dossier de près. L’AGOA est crucial pour les entreprises des zones franches, fragilisées par l’incertitude entourant l’avenir du dispositif. Le vote du Sénat apporte une visibilité bienvenue, notamment grâce au mécanisme du « third country fabric », qui permet aux industriels malgaches d’utiliser des tissus importés de pays tiers tout en conservant l’accès préférentiel au marché américain.

Mais les acteurs du secteur restent prudents tant que le texte n’est pas définitivement adopté. Pour eux, l’enjeu est désormais de retrouver suffisamment de visibilité pour relancer les investissements, sécuriser les commandes et planifier leur activité sur plusieurs années.

L’AGOA offre donc un répit, mais pas encore une garantie définitive pour les exportateurs africains.

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Le Liban a officiellement aboli la peine de mort, une première au MO

L’histoire retiendra que le Parlement libanais a voté, mardi 11 août 2026, l’abolition de la peine de mort, une décision présentée comme une première au Moyen-Orient et saluée comme « historique » par le ministre de la Justice, Adel Nassar. 

Le texte prévoit que les crimes commis avant son entrée en vigueur seront désormais sanctionnés par la réclusion à perpétuité. Le Liban n’avait plus procédé à une exécution depuis 2004, rappellent les médias libanais.

Pour le ministre de la Justice, cité par RFI, cette réforme permettra également à Beyrouth de ne plus voir certaines demandes d’extradition rejetées par des pays ayant aboli la peine capitale.

L’ONG Human Rights Watch a salué une « étape monumentale » pour les droits humains au Liban, estimant que cette abolition marque une rupture avec une peine jugée « cruelle et arbitraire ».

La réforme intervient alors que le Parlement examine également plusieurs autres textes, dont un projet d’amnistie générale.

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ZLECAf : 2,7 milliards d’euros pour lever le verrou douanier africain

La ZLECAf veut accélérer le commerce intra-africain en s’attaquant à l’un de ses principaux freins : des systèmes douaniers encore fragmentés et sous-digitalisés. Un accord de 2,7 milliards d’euros doit permettre de moderniser les procédures aux frontières, avec des implications directes pour les pays d’Afrique du Nord, dont la Tunisie.

Le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a signé à Abuja un accord de concession de 20 ans avec Bergmans Security pour moderniser les systèmes douaniers du continent. D’un montant de 3,1 milliards de dollars, soit environ 2,7 milliards d’euros, le programme prévoit le déploiement de solutions numériques dans les administrations douanières nationales, comme le précise un communiqué de l’organisation.

L’objectif est de fluidifier la circulation des marchandises. Les nouveaux outils doivent améliorer le suivi des cargaisons, renforcer le partage des données et réduire les délais de traitement et les blocages aux frontières, ajoute la ZLECAf. Bergmans assurera le financement et l’expertise technique, en collaboration avec les administrations nationales.

La Tunisie face au défi de l’intégration commerciale

Pour la Tunisie, qui dispose d’une position stratégique entre l’Afrique du Nord, l’Europe et le reste du continent, la modernisation des procédures douanières constitue un enjeu important pour renforcer son intégration aux échanges africains. Une meilleure interconnexion des systèmes pourrait notamment faciliter les opérations d’import-export et réduire les délais liés au passage des marchandises.

L’enjeu dépasse toutefois la seule Tunisie. La digitalisation des douanes est devenue une condition de réussite de l’intégration commerciale africaine. Entrée en vigueur en 2021, la ZLECAf compte 50 États ayant ratifié l’accord qui l’institue. Les échanges intra-africains ont atteint 220 milliards de dollars en 2024, en hausse de 12,5 % sur un an, selon Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAf. L’organisation vise à doubler le commerce entre pays africains d’ici 2035.

Le Nigeria comme laboratoire

Le choix de Bergmans repose notamment sur son expérience au Nigeria, où l’entreprise a participé à la transformation numérique des services douaniers. La ZLECAf entend s’appuyer sur ce modèle pour l’étendre à d’autres marchés du continent, rapporte La Tribune.

Le pari reste celui de l’exécution. Harmoniser les pratiques, connecter les systèmes nationaux et accompagner les administrations seront déterminants pour que l’investissement se traduise réellement par des frontières plus rapides et plus transparentes. Pour la Tunisie comme pour les autres économies africaines, cette transformation pourrait ainsi devenir un levier supplémentaire pour développer les échanges continentaux.

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Russie : le Maroc fournit de l’essence à Moscou, en pleine pénurie

La Russie, géant pétrolier frappé par des pénuries de carburant, se retrouve contrainte d’importer de l’essence du Maroc. C’est en tout cas ce que révèle RFI. Une première pour Moscou, qui a reçu en juillet une cargaison de 30 000 tonnes d’essence Al-92 en provenance de Tanger. Une situation pour le moins paradoxale pour un pays riche en hydrocarbures, mais dont les raffineries sont régulièrement ciblées par des drones ukrainiens.

La cargaison, transportée par un navire sous pavillon panaméen jusqu’au port de Mourmansk, rapporte la même source, aurait été fournie par le groupe russe Lukoil, selon Reuters. Cette importation s’ajoute aux approvisionnements en provenance de Biélorussie, du Kazakhstan et de l’Inde, décidés par Moscou pour tenter de stabiliser un marché intérieur sous tension.

Ces pénuries constituent l’un des effets indirects de la guerre en Ukraine. Les frappes contre les infrastructures énergétiques russes ont réduit les capacités de raffinage, poussant le Kremlin à limiter la consommation et à chercher du carburant à l’étranger.

Le choix du Maroc est également révélateur des limites des sanctions occidentales. Partenaire stratégique de Washington, Rabat continue de commercer avec Moscou, malgré les sanctions américaines contre la Russie. Pour le spécialiste des relations internationales Sébastien Boussois, cette transaction ne devrait pas provoquer de réaction américaine majeure : la coopération stratégique entre Washington et Rabat pèserait davantage que l’importation de quelques dizaines de milliers de tonnes d’essence.

Pour Moscou, l’ironie est toutefois difficile à masquer : le premier importateur mondial de brut et l’un des grands producteurs d’hydrocarbures doit désormais se tourner vers un pays qui n’est pas producteur de pétrole pour faire rouler ses voitures.

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Tunisie : des perturbations sur les paiements électroniques cette nuit

Monétique Tunisie annonce, dans un post LinkedIn, une interruption temporaire de plusieurs services de paiement dans la nuit du mardi 11 août. 

Liée à une opération de « maintenance technique », cette perturbation pourrait affecter les retraits aux distributeurs (DAB), les paiements chez les commerçants (TPE) mais aussi les transactions en ligne.

 

 

L’instance précise que l’intervention débutera à 2 heures du matin, dans la nuit du mardi 11 août, et devrait durer environ quatre heures. Durant cette période, les utilisateurs pourraient donc rencontrer des difficultés pour effectuer des retraits auprès des guichets automatiques bancaires (GAB), régler leurs achats via les terminaux de paiement électronique (TPE) ou réaliser des opérations de commerce électronique.

Monétique Tunisie indique que cette intervention s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de ses infrastructures. Ses équipes techniques seront mobilisées pendant toute la durée de l’opération afin de rétablir les services dans les meilleurs délais.

Les utilisateurs sont ainsi invités à anticiper leurs opérations nécessitant un retrait d’espèces ou un paiement électronique pendant cette plage horaire.

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Libye : la démission surprise du gouverneur de la Banque centrale ravive les inquiétudes

Le gouverneur de la Banque centrale de Libye, Naji Issa, a annoncé sa démission lundi 10 août, sans en préciser les raisons. Nommé en 2024 dans le cadre d’un compromis politique qui avait permis de sortir d’une grave crise pétrolière et financière, son départ intervient alors que le pays reste profondément divisé entre les autorités de l’Ouest et celles de l’Est.

Le gouverneur de la Banque centrale de Libye (BCL), Naji Issa, a présenté lundi 10 août sa démission, sans en préciser les raisons. Nommé en septembre 2024 dans le cadre d’un compromis politique, il avait contribué à mettre fin à une grave crise liée à l’arrêt de la production pétrolière, rapportent des médias.

La nomination de Naji Issa et de son vice-gouverneur, Marii al-Barassi, avait été approuvée à l’unanimité par 108 députés du Parlement basé dans l’est du pays, avec le soutien de l’ONU. Ce compromis avait permis de sortir de l’impasse provoquée par l’éviction de Seddik el-Kebir, gouverneur de la BCL depuis 2012.

En réaction à cette éviction, les autorités de l’est de la Libye, contrôlées par le camp du maréchal Khalifa Haftar, avaient suspendu en août 2024 la production et les exportations de pétrole. La production nationale était alors passée d’environ 1,2 million à 600 000 barils par jour, provoquant d’importantes pertes pour un pays dont les recettes dépendent largement des hydrocarbures.

L’arrivée de Naji Issa avait permis de rétablir progressivement la situation et de relancer la production pétrolière. Mais la Libye reste profondément divisée entre deux pouvoirs rivaux : le gouvernement basé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, et les autorités de l’est soutenues par le clan Haftar.

L’annonce de la démission n’a pas encore suscité de réaction officielle du Parlement. Le président du Haut Conseil d’État, Mohammed Takala, a toutefois appelé Naji Issa à rester en fonction afin de préserver la stabilité financière et économique du pays et d’éviter d’éventuels abus dans l’utilisation des devises.

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Inflation en baisse, pouvoir d’achat sous pression : pourquoi les prix restent-ils élevés en Tunisie ?

Alors que le taux d’inflation en Tunisie ralentit progressivement, le sentiment d’une hausse persistante des prix demeure fortement ancré chez les ménages. Pour l’expert économiste Mouez Soussi, cette apparente contradiction s’explique notamment par l’écart entre l’évolution des prix et celle des revenus.

Leçon d’économie pratique pour ceux qui confondent baisse/recul de l’inflation et non baisse des prix!

Au-delà des chiffres officiels, il estime que la perte de pouvoir d’achat doit être appréhendée à travers un tableau de bord plus large, intégrant les salaires, les capacités de production et la qualité des données disponibles.

Pour Mouez Soussi, il n’existe pas de véritable contradiction entre le ralentissement de l’inflation mesurée par les statistiques officielles et le sentiment des ménages selon lequel les prix continuent d’augmenter. L’expert estime que les citoyens perçoivent directement la réalité économique à travers leur pouvoir d’achat et leurs dépenses quotidiennes. Il explique que l’indicateur déterminant pour comprendre ce ressenti réside dans la relation entre les revenus et les dépenses. Une baisse du taux d’inflation signifie uniquement que le rythme d’augmentation des prix ralentit. Elle ne signifie pas que les prix ont diminué.

Mouez Soussi

Selon lui, cette distinction est essentielle pour comprendre le décalage entre les statistiques officielles et l’expérience quotidienne des ménages. D’autant que les données permettant de mesurer clairement l’évolution des revenus des Tunisiens restent, à ses yeux, insuffisamment intégrées dans l’analyse.

En prenant comme référence le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), Mouez Soussi estime que son évolution reste nettement inférieure à celle des prix. Le même constat s’appliquerait, selon lui, au salaire moyen, dont le rythme de progression demeure moins élevé que celui des prix. L’économiste revient également sur la dernière révision salariale, fixée par la loi et concernant à la fois les secteurs public et privé. Il estime que les augmentations accordées, comprises entre 3,5 % et 4 %, n’ont constitué qu’une compensation limitée face à l’inflation enregistrée depuis le début de l’année.

 

En prenant comme référence le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), Mouez Soussi estime que son évolution reste nettement inférieure à celle des prix. Le même constat s’appliquerait, selon lui, au salaire moyen, dont le rythme de progression demeure moins élevé que celui des prix.

 

Pour le secteur privé, cette situation aurait également réduit la marge de négociation dont il disposait auparavant pour obtenir des augmentations salariales plus importantes. Désormais, avec des hausses fixées par la loi, les salariés auraient encaissé des augmentations qui, selon lui, ont rapidement été absorbées par la hausse des prix.

Mouez Soussi considère ainsi qu’il est insuffisant d’opposer une « inflation officielle » à une « inflation ressentie ». Pour lui, il faut intégrer dans l’analyse l’évolution des revenus et des salaires afin de mesurer réellement la dégradation du pouvoir d’achat.

Un pouvoir d’achat sous pression

L’expert souligne que le comportement des consommateurs constitue un indicateur révélateur de cette situation. Il observe que les ménages peuvent aujourd’hui rentrer de leurs courses avec beaucoup moins de produits qu’il y a deux ou trois ans, alors même que leurs dépenses ont augmenté. Cette pression se traduit également par une réduction de l’accès à certains produits alimentaires. La viande rouge serait devenue inaccessible non seulement pour les catégories à faibles revenus, mais également pour une partie de la classe moyenne.

Mouez Soussi relève le même paradoxe concernant les poissons et les produits de la mer. Dans un pays disposant de plus de 1 200 kilomètres de côtes, ces produits ne figureraient pourtant plus systématiquement dans le panier de consommation de nombreux ménages. Pour l’économiste, ces situations illustrent une question plus profonde : pourquoi l’économie tunisienne en est-elle arrivée à ce niveau de tension sur les prix et le pouvoir d’achat ?

Le problème dépasse la question des « intermédiaires »

Selon Mouez Soussi, les difficultés actuelles ne peuvent pas être expliquées uniquement par la contrebande ou par le rôle des intermédiaires. Ces phénomènes existent, mais ils ne constituent pas, à ses yeux, le véritable cœur du problème. Le principal enjeu se situe davantage au niveau des capacités productives du pays. L’économiste estime que les structures productives ne parviennent pas à maintenir durablement un rythme de production stable, aussi bien en quantité qu’en qualité.

Il cite notamment la situation de la récolte céréalière. Il relève que les faibles rendements enregistrés ne constituent pas une surprise. La pluviométrie ne suffit pas à garantir une bonne récolte lorsque certains intrants nécessaires à la production ne sont pas disponibles à temps. Il évoque notamment l’absence ou l’insuffisance de produits tels que le DAP et d’autres engrais. L’explication est donc avant tout technique et montre qu’une analyse approfondie des chaînes de production permettrait de mieux comprendre les difficultés rencontrées.

Une inflation qui ralentit, mais une perte de pouvoir d’achat qui s’accumule

Mouez Soussi rappelle que la Tunisie a connu pendant plusieurs années des taux d’inflation supérieurs à 5 %. Le pays a même frôlé les 10 % au début de 2024 avant d’enregistrer progressivement un ralentissement pour atteindre aujourd’hui un niveau proche de 5 %. Cette évolution peut être interprétée comme un relâchement du rythme de progression des prix. Mais, pour les ménages, elle n’efface pas les pertes de pouvoir d’achat déjà subies. L’économiste estime ainsi que les citoyens encaissent une dégradation du pouvoir d’achat à chaque période de hausse des prix. C’est cette accumulation qui contribue à rendre la situation de plus en plus difficile pour les ménages.

« Le vrai problème est celui du diagnostic »

Pour Mouez Soussi, la maîtrise de l’inflation passe d’abord par une amélioration du diagnostic économique. Il considère que l’ordre des priorités en matière de politiques économiques n’est pas toujours conforme aux besoins réels du pays. Il appelle ainsi à rechercher les causes précises des difficultés de production plutôt qu’à intervenir de manière ponctuelle. Pourquoi certaines usines ne fonctionnent-elles pas continuellement ? Pourquoi la production d’électricité est-elle insuffisante ? Pourquoi certains intrants agricoles ne sont-ils pas disponibles à temps ? Pourquoi certains indicateurs de production évoluent-ils à la baisse ?

Pour l’enseignant universitaire, ce sont ces questions concrètes qui devraient être placées au centre des politiques économiques. Il estime qu’il faut « remonter la chaîne » afin d’identifier les causes profondes des dysfonctionnements et les résoudre. Il met également en garde contre les décisions prises sans diagnostic suffisamment précis. Selon lui, certaines mesures peuvent produire des effets pervers ou inverses à ceux recherchés et faire perdre un temps précieux.

La question des données au cœur du diagnostic… mais des réformes qui ne répondent pas toujours aux besoins de l’économie

Mouez Soussi insiste par ailleurs sur l’importance des données fiables. Il affirme que l’État ne dispose pas toujours des informations nécessaires pour établir un diagnostic précis de la situation économique. Il estime que la production de ces données devrait s’appuyer sur un partenariat entre les structures publiques et privées. Lorsque l’administration ne dispose pas des moyens ou des capacités techniques nécessaires, elle pourrait, selon lui, faire appel à des bureaux spécialisés ou à un appui technique.

L’économiste cite plusieurs domaines dans lesquels il estime que les données disponibles sont insuffisantes. Il évoque notamment la difficulté à connaître précisément le nombre de têtes de bétail dans le pays, ainsi que certaines informations relatives au domaine de l’État et à son exploitation.

 

Mouez Soussi critique une approche qui consisterait à considérer que les problèmes économiques peuvent être résolus essentiellement par des réformes législatives, des décrets ou des décisions administratives. Il cite à cet égard plusieurs exemples, dont celui du crédit personnel sans garantie et celui de la loi sur le chèque. Selon lui, certaines mesures adoptées pour résoudre un problème peuvent, lorsqu’elles ne sont pas suffisamment adaptées aux réalités économiques, créer de nouvelles difficultés.

 

Il mentionne également la question des déchets : connaître les quantités produites quotidiennement, les capacités de traitement, de recyclage ou d’enfouissement serait, selon lui, indispensable pour établir des politiques adaptées. Pour l’expert, cette faiblesse des données se retrouve ainsi dans plusieurs secteurs de l’économie et complique la mise en place d’un diagnostic pertinent. 

Mouez Soussi critique surtout une approche qui consisterait à considérer que les problèmes économiques peuvent être résolus essentiellement par des réformes législatives, des décrets ou des décisions administratives. Il cite à cet égard plusieurs exemples, dont celui du crédit personnel sans garantie et celui de la loi sur le chèque. Selon lui, certaines mesures adoptées pour résoudre un problème peuvent, lorsqu’elles ne sont pas suffisamment adaptées aux réalités économiques, créer de nouvelles difficultés.

Concernant la loi sur le chèque, il estime que les changements intervenus ont contribué à un recours accru à la liquidité. Cette progression de la monnaie liquide pourrait, selon lui, constituer l’une des causes susceptibles d’alimenter l’inflation. L’économiste considère ainsi qu’une meilleure adéquation entre les décisions publiques et les besoins réels de l’économie aurait permis de réduire davantage le rythme de l’inflation.

Revenir aux fondamentaux

Pour Mouez Soussi, la lutte contre l’inflation ne peut donc pas se limiter à observer l’évolution mensuelle de l’indice des prix. Le ralentissement de l’inflation constitue certes une évolution positive, mais il ne signifie pas que les prix ont retrouvé leur niveau antérieur ni que le pouvoir d’achat des ménages s’est rétabli.

 

La maîtrise de l’inflation reste un défi majeur et que le chemin pour y parvenir demeure lent. Mais pour l’économiste, une première étape s’impose : identifier précisément les problèmes avant de chercher à les résoudre. Un problème correctement ciblé constitue déjà, selon lui, le début d’une solution.

 

La priorité devrait, selon lui, être donnée à un diagnostic fondé sur des données fiables, à une hiérarchisation pertinente des problèmes et à la réhabilitation des structures productives. Il estime que la maîtrise de l’inflation reste un défi majeur et que le chemin pour y parvenir demeure lent. Mais pour l’économiste, une première étape s’impose : identifier précisément les problèmes avant de chercher à les résoudre. Un problème correctement ciblé constitue déjà, selon lui, le début d’une solution.

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