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Quand les mots changent de visage : la langue à l’épreuve de notre époque

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Une langue qui ne change pas est une langue morte.  Cette idée, souvent rappelée par les linguistes, nous invite à regarder l’évolution du langage non comme une anomalie, mais comme un phénomène naturel. Pourtant, derrière cette transformation permanente se cache aujourd’hui une question essentielle : assistons-nous simplement à une adaptation de la langue aux réalités nouvelles ou sommes-nous en train d’assister à un appauvrissement progressif de notre manière de penser et de communiquer ?

La langue n’est jamais un simple outil de transmission. Elle porte une mémoire collective, une histoire, une vision du monde. Les mots que nous utilisons révèlent notre rapport aux autres, notre niveau de réflexion et notre manière d’interpréter la réalité. Lorsque les modes d’expression changent, c’est toute une culture qui évolue avec eux. Le phénomène que nous observons aujourd’hui est profond : la rapidité des échanges, la domination des écrans et la transformation des habitudes culturelles ont bouleversé notre rapport aux mots.

Il suffit d’observer une conversation quotidienne, notamment chez les jeunes générations, pour constater l’apparition d’un nouveau langage : phrases raccourcies, multiplication des abréviations, mélange des langues, utilisation massive d’images et de symboles. Certains y voient une créativité nouvelle, une capacité d’adaptation remarquable. D’autres y perçoivent le signe d’une perte progressive de richesse linguistique. Entre ces deux visions, une interrogation demeure : quelle place voulons-nous accorder à la langue dans une société où tout doit aller toujours plus vite ?

La révolution numérique, moteur principal de la transformation linguistique

La première cause de cette évolution est sans doute la révolution numérique. Les réseaux sociaux ont profondément modifié notre façon de communiquer. Autrefois, écrire nécessitait du temps, de la réflexion et une certaine organisation de la pensée. Aujourd’hui, un message doit être rapide, immédiat et facilement consommable. La logique du numérique privilégie souvent la brièveté : quelques mots, une image, un symbole ou une réaction remplacent parfois des phrases entières.

Cette transformation n’est pas sans conséquences. Lorsque l’expression devient essentiellement instantanée, la nuance risque de disparaître. Une idée complexe demande du temps pour être formulée et comprise. Or, les nouveaux espaces de communication favorisent souvent les réactions rapides au détriment de la réflexion approfondie.

Cependant, il serait injuste de considérer les nouvelles formes d’expression uniquement comme une menace. Les jeunes générations inventent aussi de nouveaux codes, développent une créativité linguistique et explorent des façons originales de transmettre des émotions. Les emojis, les détournements de mots ou les expressions issues d’Internet constituent une nouvelle forme de langage. La véritable question n’est donc pas de condamner cette évolution, mais de savoir si elle vient enrichir la langue ou remplacer progressivement ses formes les plus élaborées.

La mondialisation et le recul des frontières linguistiques

Une autre cause majeure de cette évolution est la mondialisation culturelle. Jamais les langues n’ont été autant en contact les unes avec les autres. L’anglais, notamment, occupe aujourd’hui une place dominante dans les domaines de la technologie, de l’économie, de la science et de la culture populaire. Cette influence transforme les pratiques quotidiennes dans de nombreux pays.

L’apparition de mélanges linguistiques est devenue courante. Dans de nombreuses sociétés, les conversations intègrent naturellement des mots étrangers, particulièrement ceux liés aux nouvelles technologies ou aux tendances internationales. Ce phénomène peut être vu comme une ouverture culturelle, car les langues ont toujours évolué par les échanges. Le français lui-même est constitué d’apports multiples venus de différentes périodes historiques.

Mais le danger apparaît lorsque l’emprunt devient une substitution systématique. Lorsqu’une société abandonne progressivement ses propres mots au profit de termes étrangers, elle risque de perdre une partie de son identité culturelle. Une langue ne disparaît pas uniquement lorsque ses locuteurs cessent de l’utiliser, elle s’affaiblit aussi lorsque ses propres ressources deviennent oubliées.

La crise de la lecture et la transformation de la pensée

L’évolution des modes d’expression est également liée à une transformation plus profonde : le changement de notre rapport à la lecture. Pendant longtemps, la lecture représentait un exercice central de formation intellectuelle. Elle développait la concentration, enrichissait le vocabulaire et permettait de construire une pensée structurée.

Aujourd’hui, la place du livre semble concurrencée par une multitude de contenus courts et rapides. Beaucoup de personnes passent davantage de temps à parcourir des informations fragmentées qu’à lire des textes longs. Cette nouvelle consommation culturelle modifie forcément notre manière d’écrire et de réfléchir.

Une société qui lit moins risque progressivement de disposer d’un vocabulaire plus limité. Or, la richesse des mots est aussi une richesse de la pensée. Plus une personne possède de mots pour exprimer une idée, plus elle est capable de comprendre les nuances du monde qui l’entoure. La pauvreté du langage peut alors devenir une pauvreté de la réflexion.

Il ne s’agit pas de regretter un passé idéalisé où la langue aurait été parfaite. Toutes les époques ont connu leurs transformations linguistiques. Mais chaque génération porte une responsabilité : transmettre un héritage tout en acceptant l’innovation.

Préserver la langue sans refuser l’évolution

Face à ces changements, deux attitudes extrêmes seraient à éviter. La première consiste à rejeter toute nouveauté et à considérer toute évolution comme une dégradation. Une langue vivante doit évoluer, accueillir de nouvelles expressions et accompagner les transformations de la société.

La seconde attitude, plus dangereuse encore, serait d’accepter sans réflexion la disparition progressive des formes riches d’expression. Une langue n’est pas seulement un moyen pratique de communication, elle est un patrimoine culturel. Elle mérite d’être protégée, enseignée et cultivée.

La solution ne consiste donc pas à opposer tradition et modernité. Il faut plutôt construire un équilibre. Les nouvelles technologies peuvent devenir des outils extraordinaires de diffusion culturelle si elles sont accompagnées d’une véritable éducation linguistique. Les écoles, les familles et les institutions culturelles ont un rôle essentiel à jouer pour maintenir le goût des mots, de la lecture et de l’expression élaborée.

Au fond, l’évolution de la langue reflète l’évolution de la société elle-même. Nos mots changent parce que nos vies changent. Mais une question reste ouverte : voulons-nous simplement communiquer plus vite ou voulons-nous encore communiquer mieux ? Car une société qui perd la richesse de ses mots risque un jour de perdre une partie de sa capacité à penser, à débattre et à imaginer son avenir.

 

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UGTT : les agents municipaux entament une grève de deux jours

La commission administrative du secteur municipal a décidé d’observer une grève générale sectorielle de deux jours, dont la date sera fixée ultérieurement par la Fédération générale des agents municipaux, en coordination avec le département de la fonction publique de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).

Selon la motion professionnelle publiée, hier vendredi, par le département de la fonction publique, la commission administrative du secteur municipal, réunie le 1er août courant, a dénoncé le blocage des négociations et la non application des accords précédemment signés.

En effet, les agents municipaux revendiquent le lancement d’un programme national de renouvellement du parc automobile, des engins et des équipements des municipalités, la mise à disposition de moyens de protection individuelle et collective, ainsi que l’adoption d’un plan national de prévention des accidents du travail.

La motion appelle également à réviser et à actualiser l’application de la circulaire relative à la santé et à la sécurité au travail, afin de tenir compte des nouveaux risques au sein des municipalités et dans le secteur des déchets.

Elle réclame aussi la mise en œuvre des accords antérieurs, notamment la promulgation du statut général des agents municipaux, le versement de l’indemnité spécifique, l’instauration d’une Journée nationale de l’agent municipal et la révision du Code des collectivités locales.

Les revendications portent en outre sur l’accélération de la publication des textes d’application relatifs à la nouvelle loi interdisant la sous-traitance, la mise en place d’une stratégie nationale intégrée pour la réforme des secteurs municipal et des déchets, ainsi que la publication du décret organisant le statut des secrétaires généraux des municipalités.

La motion demande aussi l’octroi à ces derniers d’une indemnité pour charges supplémentaires, le versement de leurs arriérés, ainsi que la garantie d’une protection juridique dans l’exercice de leurs fonctions.

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Club Africain : Mohamed Ali Chouchane signe un contrat professionnel de cinq ans

– Le Club Africain a annoncé, samedi, sur sa page officielle, la signature d’un contrat professionnel de cinq ans avec le jeune joueur Mohamed Ali Chouchane.

Le club de Bab Jdid s’était imposé vendredi en amical face au PS Sakiet Eddaïer, nouvellement promu en Ligue 1, sur le score de 3-2.

Champion sortant, le Club Africain entamera la défense de son titre à l’extérieur face à l’ES Métlaoui, lors de la première journée prévue les 22 et 23 août courant.

De son côté, le PS Sakiet Eddaïer recevra la JS Omrane lors de cette même journée inaugurale.

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Réinventer l’instituteur tunisien : la première école commence par celui qui enseigne

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

L’école primaire est le premier grand rendez-vous entre l’enfant et le savoir. C’est à ce moment précis que se construisent les premières représentations de l’apprentissage, de l’effort, de la réussite et même de la confiance en soi. Avant les programmes, les manuels ou les équipements, il existe un élément humain qui demeure au cœur de toute réussite éducative : l’instituteur. Celui qui tient la main de l’enfant lors de ses premiers pas dans le monde de la connaissance n’est pas seulement un transmetteur de savoirs, il est un modèle, une référence et parfois une véritable source d’inspiration qui accompagne l’élève durant toute sa vie.

En Tunisie, la question de la formation et du recrutement des enseignants du primaire mérite aujourd’hui une réflexion profonde. L’enseignement primaire accueille des enseignants issus de parcours universitaires variés. Certains possèdent une formation scientifique, d’autres une formation littéraire ou dans différentes disciplines, mais beaucoup n’ont pas bénéficié d’une véritable préparation pédagogique adaptée aux exigences de cette profession particulière. Or, connaître une matière ne signifie pas automatiquement savoir l’enseigner. La maîtrise d’un contenu scientifique ou littéraire constitue une base importante, mais elle ne suffit pas pour comprendre l’enfant, construire une démarche pédagogique efficace et transmettre le savoir avec patience et passion.

Former un instituteur est une responsabilité qui dépasse largement l’acquisition de quelques techniques d’enseignement. Il s’agit de préparer une personne appelée à influencer les premières années intellectuelles et humaines de milliers d’enfants. Une erreur commise dans cette étape peut avoir des conséquences durables, tandis qu’un enseignant compétent et motivé peut révéler des talents, éveiller des vocations et changer le destin d’un élève.

L’enseignement primaire n’est pas un simple emploi, c’est une vocation

L’une des grandes questions que notre système éducatif doit affronter concerne la motivation réelle des candidats qui choisissent cette carrière. Devenir instituteur ne devrait jamais être considéré comme une solution provisoire face au chômage ou comme une simple opportunité administrative. Cette profession exige un engagement profond, car l’enseignant du primaire travaille avec des enfants qui découvrent encore leur personnalité, leurs capacités et leur rapport au monde.

Un recrutement efficace devrait donc commencer par une sélection qui prend en considération non seulement les diplômes universitaires, mais également la motivation, les aptitudes relationnelles et la volonté réelle d’exercer ce métier. La carrière d’instituteur doit être choisie par ceux qui désirent sincèrement accompagner les générations futures. Un candidat qui entre dans l’enseignement uniquement parce qu’il n’a pas trouvé d’autre possibilité risque de perdre progressivement son enthousiasme, et cette perte de motivation finit toujours par se ressentir dans la classe.

La société garde souvent dans sa mémoire l’image d’instituteurs exceptionnels qui ont marqué leur époque. Beaucoup d’adultes se souviennent encore d’un maître ou d’une maîtresse qui leur a donné confiance, qui a encouragé leur curiosité ou qui leur a transmis le goût des études. Ces enseignants n’étaient pas uniquement efficaces parce qu’ils connaissaient leurs programmes, ils étaient remarquables parce qu’ils croyaient profondément à leur mission.

Cette dimension humaine doit redevenir un élément central dans la formation des futurs instituteurs. L’enthousiasme d’un enseignant est contagieux. Un enfant qui voit devant lui un adulte passionné par ce qu’il fait comprend que le savoir est une aventure et non une obligation imposée.

Une formation pédagogique solide pour construire l’école de demain

La formation pédagogique initiale devrait occuper une place fondamentale dans le parcours de tout futur instituteur. Les quelques séances d’accompagnement proposées parfois par les inspecteurs, bien qu’utiles, ne peuvent pas remplacer une véritable formation de base. Le métier d’enseignant nécessite une préparation complète qui associe connaissances théoriques, stages pratiques et apprentissage des méthodes modernes d’éducation.

Un futur instituteur doit apprendre comment fonctionne le développement psychologique de l’enfant, comment gérer une classe, comment adapter son enseignement aux différences entre les élèves et comment encourager ceux qui rencontrent des difficultés. Il doit également comprendre que chaque enfant possède un rythme d’apprentissage particulier et que la mission de l’école n’est pas uniquement de transmettre des informations, mais aussi de construire une personnalité équilibrée.

La formation devrait également développer chez les enseignants la capacité d’utiliser des méthodes pédagogiques innovantes. Le monde change rapidement, les enfants grandissent dans un environnement numérique et les approches traditionnelles doivent évoluer sans perdre les valeurs fondamentales de l’éducation. Un bon enseignant doit être capable de s’adapter, de chercher constamment à progresser et de renouveler ses pratiques.

Cette formation initiale aurait aussi un autre avantage : elle permettrait de vérifier que les candidats sont réellement faits pour cette profession. Certains peuvent posséder d’excellents résultats universitaires mais ne pas avoir la patience, l’écoute ou la motivation nécessaires pour travailler avec de jeunes enfants. Une période de formation sérieuse permettrait d’identifier les véritables vocations avant l’entrée définitive dans la carrière.

La qualité de l’école commence par la qualité de ses enseignants

Toutes les réformes éducatives restent limitées si elles oublient l’acteur principal de l’école : l’enseignant. On peut modifier les programmes, construire de nouveaux établissements ou introduire de nouvelles technologies, mais aucun changement durable ne peut réussir sans des instituteurs compétents et engagés.

Investir dans la formation des enseignants du primaire est donc un investissement dans l’avenir du pays. Les premières années de scolarité déterminent en grande partie le rapport de l’enfant avec l’apprentissage. Un élève qui découvre l’école avec un enseignant motivé développera plus facilement la confiance, la curiosité et l’envie de réussir.

À l’inverse, un enseignement sans enthousiasme peut transformer l’école en un simple lieu d’obligations et de mémorisation. Or, l’objectif véritable de l’éducation est de former des citoyens capables de réfléchir, de créer et de participer au développement de leur société.

La Tunisie a toujours accordé une place importante à l’éducation, considérée comme un moteur essentiel du progrès social. Mais préserver cet héritage nécessite aujourd’hui de replacer l’instituteur au centre du système. Il ne faut plus voir cette profession comme un poste administratif parmi d’autres, mais comme une mission nationale qui mérite une sélection rigoureuse, une formation exigeante et une reconnaissance à la hauteur de son importance.

Redonner à l’instituteur sa place dans le projet national

L’avenir d’un pays se prépare souvent dans une salle de classe primaire. Derrière chaque médecin, ingénieur, chercheur, entrepreneur ou responsable politique, il existe un jour un enfant qui a découvert les premières lettres et les premiers chiffres avec un instituteur.

C’est pourquoi le choix de ceux qui auront la responsabilité d’enseigner aux enfants ne peut pas être laissé au hasard. L’instituteur doit être une personne choisie, préparée et accompagnée. Il doit posséder les connaissances nécessaires, mais aussi cette énergie intérieure qui transforme une simple leçon en expérience humaine.

Réformer le recrutement et la formation des enseignants du primaire n’est donc pas une question technique uniquement. C’est un choix de société. C’est décider quelle génération nous voulons préparer demain. Une nation qui respecte son avenir commence par respecter ceux qui construisent les premières bases de cet avenir.

Les grands instituteurs que nous avons connus ne sont pas seulement des souvenirs personnels, ils sont la preuve qu’un enseignant peut changer une vie. Donner aux nouvelles générations des enseignants aussi passionnés, formés et engagés est certainement l’un des plus grands défis, mais aussi l’un des plus beaux investissements que la Tunisie puisse réaliser.

 

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Orientation universitaire 2026 : les capacités d’accueil de la session finale dévoilées

Le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a annoncé, vendredi, la publication du guide des capacités d’accueil de la session finale de l’orientation universitaire 2026.

Dans un communiqué, le ministère a indiqué que le guide est consultable sur le site officiel de l’orientation universitaire :

httpsss://www.orientation.tn/orient/pdf/Guide_TF_2026.pdf

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La drogue en milieu scolaire :  un fléau qui menace la santé des jeunes

Intrusion de dealers dans les écoles, cannabis retrouvé dans les enceintes scolaires : les parents d’élèves et les enseignants, inquiets, dénoncent la présence de ces trafics aux portes de leurs établissements. Une véritable gangrène qui a obligé les pouvoirs publics à prendre des mesures draconiennes.

Il est vrai que l’usage de drogues dans les établissements scolaires est devenu une problématique alarmante : 7,9% consomment du cannabis, 14% prennent des comprimés psychotropes et entre 40 et 50% des toxicomanes souffrent de troubles mentaux. C’est ce qu’a souligné en substance Dr Nabil Ben Salah, responsable du dossier toxicomanie au ministère de la Santé, précisant que les chiffres relatifs à la toxicomanie en Tunisie sont en hausse, notamment chez les élèves. Ce phénomène, qui touche un nombre croissant de jeunes, nécessite une prise de conscience urgente des autorités, des éducateurs et des parents. Autrefois marginal, ce risque est devenu un fléau dans l’ensemble des établissements scolaires. L’usage de drogues ne se limite plus à un petit nombre d’élèves, mais cible désormais toute une population jeune, souvent influencée par ses pairs. La curiosité et la pression sociale jouent un rôle majeur dans l’initiation des jeunes à ces substances. En plus de leurs effets néfastes sur la santé, ces drogues altèrent gravement les comportements des élèves. Les élèves consommateurs de drogues sont souvent confrontés à des troubles comportementaux. L’isolement social, l’agressivité et les difficultés émotionnelles sont courants. Cela entraîne une augmentation de la violence scolaire, affectant non seulement les élèves, mais aussi le personnel éducatif. L’impact des drogues sur les résultats scolaires est dramatique. Les jeunes consommateurs rencontrent des difficultés d’apprentissage, un échec systématique et dans de nombreux cas, une déscolarisation précoce.

 

Faire face à l’addiction 

Dr Nabil Ben Salah a expliqué que les politiques publiques de lutte contre ce phénomène en Tunisie reposent sur deux piliers principaux : réduire l’offre en coupant les sources d’approvisionnement et en empêchant l’entrée des stupéfiants, et réduire la demande grâce à des campagnes de prévention et de sensibilisation. Les ministères de l’Éducation et de la Santé collaborent également à l’élaboration d’un guide pour la prévention de la toxicomanie en milieu scolaire, en formant les enseignants à l’accompagnement et à l’éducation des élèves.

Plus la consommation est précoce, plus le risque de développer une addiction sur le long terme augmente. Un des enjeux est donc de retarder l’entrée dans les consommations. Il existe ainsi des dispositifs de prévention en direction des adolescents en milieu scolaire pour prévenir l’entrée dans les consommations de drogues. Il s’agit d’empêcher l’installation de l’addiction chez les consommateurs et d’aider à l’arrêt des consommations dans le cas d’un trouble de l’usage. Pour cela, le repérage précoce et l’intervention subséquente sont des outils utiles pour les professionnels de santé.

Dr Nabil Ben Salah a précisé que le ministère de la Santé a commencé l’année dernière à mettre en place des centres de traitement des addictions dans plusieurs hôpitaux et centres de soins primaires, tels que les hôpitaux Razi, El Ouardia et Montfleury. Il a confirmé que deux centres ouvriront prochainement dans les gouvernorats de l’Ariana et de la Manouba, ainsi qu’un autre centre à la Manouba ville pour le traitement à la méthadone des personnes qui s’injectent des opioïdes.

Plusieurs dispositifs visent à renforcer les compétences des enfants et les jeunes afin de favoriser un ensemble de comportements propices à la santé, notamment concernant les addictions comme la capacité à dire non, la capacité à gérer ses émotions, la capacité à communiquer. On les nomme «compétences psychosociales» (CPS). Des programmes de prévention efficaces mis en œuvre dans les écoles et qui visent les élèves les plus à risque contribuent à réduire la criminalité associée à la drogue. Les écoles représentent un environnement favorable à la mise en place de programmes de prévention ayant comme objectif une réduction de l’impact des facteurs de risque et une augmentation des effets des facteurs de protection en matière de prévention d’usage de drogues et de criminalité. Pour réduire de façon efficace l’usage de drogues, les autorités éducatives doivent mettre en place des programmes de sensibilisation dans les écoles, dès le primaire. Il est crucial d’apporter des informations concrètes sur les dangers des drogues, tout en impliquant les parents et la communauté dans la prévention et les pédopsychiatres. Les programmes de prévention en milieu scolaire doivent être ciblés, tenir compte des résultats de la recherche scientifique, utiliser des méthodes interactives et être centrés sur les jeunes.

En général, les programmes efficaces en milieu scolaire sont administrés par des professionnels, le nombre des participants est limité, les contacts sont intenses, et ils comprennent des sessions de renforcement supplémentaires dans la dernière phase du programme qui s’adressent aux jeunes les plus à risque. Les programmes de prévention prometteurs et efficaces font appel à des partenariats au sein de la communauté, combinent des modes d’intervention ayant déjà fait leurs preuves et utilisent du personnel spécialement formé, engagé, fiable et capable d’avoir des relations sincères et motivantes avec les jeunes. La création d’une véritable culture de prévention est essentielle pour protéger les jeunes générations des dangers des drogues. Cela passe par une éducation préventive dès le plus jeune âge et par des initiatives de soutien aux jeunes en difficulté, proposent les médecins de la santé scolaire. 

Kamel BOUAOUINA

 

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Réseaux sociaux et intelligence artificielle : alerte sur les risques d’exploitation des enfants

Le Délégué général à la protection de l’enfance a mis en garde, vendredi, contre les risques d’embrigadement et d’exploitation auxquels les enfants sont exposés du fait de l’utilisation croissante des réseaux numériques et de l’intelligence artificielle, appelant les familles et les structures de l’État à renforcer leur vigilance.

Dans un communiqué publié par le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, le Délégué général souligne que l’évolution rapide de ces technologies présente une double face pour l’enfant : des opportunités d’apprentissage, de divertissement et d’ouverture culturelle, mais aussi de nouvelles formes de menace, dont le cyberharcèlement et diverses formes d’exploitation.

Le bureau du Délégué général rappelle que la protection de l’enfant est une responsabilité sociétale et participative, où la famille joue un rôle central, aux côtés des structures étatiques qui agissent, selon lui, comme une unité intégrée dans un cadre légal strict et via une coordination étroite entre intervenants.

Sur le plan juridique, le texte rappelle que le traitement des données personnelles des enfants est interdit sans l’accord préalable du tuteur et du juge de la famille, toute infraction étant passible de poursuites pénales. La participation des enfants à des œuvres artistiques est également encadrée : la loi proscrit tout travail ou spectacle mettant en danger leur santé, portant atteinte à leur dignité, ou risquant de nuire à leur scolarité.

Le Délégué général précise que cette volonté de protection ne vise pas à isoler l’enfant de son environnement ni à l’empêcher de s’exprimer et de participer à la vie sociale, mais à instaurer des garde-fous contre toute exploitation susceptible de porter atteinte à son intérêt supérieur, avec des conséquences psychologiques immédiates ou futures.

En conclusion, il insiste sur la nécessité de s’abstenir d’impliquer les enfants dans toute forme d’exploitation, en milieu familial ou en dehors, rappelant à la famille son devoir de les protéger pleinement contre ces risques.

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Nabeul : saisie de 3,5 tonnes de farine subventionnée destinées à la fabrication de pain non subventionné

Les équipes de contrôle économique relevant de la direction régionale du Commerce à Nabeul ont saisi vendredi 3,5 tonnes de farine subventionnée dans une boulangerie spécialisée dans la fabrication de pain subventionné à Kélibia, a indiqué la directrice régionale du Commerce, Souhak Mabrouk.

La farine subventionnée était utilisée pour fabriquer du pain non subventionné, alors qu’elle est exclusivement destinée à la production de pain subventionné, a-t-elle précisé à l’agence TAP.

La boulangerie a également manqué à son obligation d’assurer régulièrement l’approvisionnement de la zone en pain subventionné, selon la même source.

La valeur financière de la marchandise saisie a été consignée au Trésor public et des poursuites judiciaires et administratives ont été engagées à l’encontre du contrevenant.

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Lutte contre la pollution : l’environnement au cœur de l’action publique

 Par Ahmed NEMLAGHI

La protection de l’environnement s’impose progressivement comme l’un des grands enjeux de la gouvernance publique en Tunisie. Longtemps considérée comme une question sectorielle relevant principalement des collectivités locales ou des administrations spécialisées, elle apparaît désormais comme une problématique transversale touchant directement à la santé publique, au développement économique, à la préservation du patrimoine national et à la qualité de vie des citoyens. C’est dans cette perspective que s’inscrit la réunion présidée, le 3 août 2026 au palais de Carthage, par le Président de la République, Kaïs Saïed, consacrée à la situation environnementale et à la lutte contre les différentes formes de pollution.

Cette rencontre intervient juste après la visite inopinée effectuée par le Chef de l’État à Radès, où il avait échangé directement avec les habitants au sujet des difficultés environnementales affectant leur région, notamment la pollution de l’oued Méliane, la dégradation du littoral et l’état préoccupant de certaines plages. Ce déplacement de terrain, suivi d’une réunion de travail avec les principaux responsables concernés, illustre une méthode qui consiste à articuler l’écoute des préoccupations citoyennes avec le suivi institutionnel des dossiers.

Autour du Président de la République étaient réunis la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, la directrice générale de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, Rabia Belfakira, ainsi que le chargé de la gestion de l’Agence de protection et d’aménagement du littoral, Mehdi Belhaj.

La diversité des participants traduit d’ailleurs la dimension multidisciplinaire des questions environnementales. Il ne s’agit plus uniquement de protéger la nature, mais également de préserver le patrimoine culturel, les ressources naturelles, le littoral, les espaces publics et, plus largement, les conditions d’un développement durable.

Au cours de cette réunion, Kaïs Saïed a rappelé un principe désormais inscrit au cœur du droit constitutionnel tunisien. L’article 47 de la Constitution garantit à chaque citoyen le droit à un environnement sain et équilibré et prévoit que l’État met en œuvre les moyens nécessaires pour éliminer la pollution et préserver le climat. Cette référence est loin d’être anodine, elle rappelle que la protection de l’environnement ne relève plus uniquement d’une politique publique parmi d’autres. Elle constitue désormais un droit fondamental dont la mise en œuvre engage la responsabilité des pouvoirs publics. Cette évolution traduit une tendance observée dans de nombreux systèmes juridiques contemporains où les questions environnementales occupent une place croissante au sein des textes constitutionnels. Le droit à un environnement sain est aujourd’hui considéré comme indissociable de plusieurs autres droits fondamentaux, notamment le droit à la santé, à la dignité, à la sécurité sanitaire et à un cadre de vie respectueux de la personne humaine. Dans cette perspective, la lutte contre la pollution ne constitue plus uniquement une exigence écologique, elle devient également une obligation juridique et une responsabilité collective.

Le principe du «pollueur-payeur»

Parmi les orientations mises en avant lors de cette réunion figure également la référence explicite au principe international du «pollueur-payeur». Consacré lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement de Rio de Janeiro en 1992, ce principe constitue aujourd’hui l’un des fondements du droit international de l’environnement. Son objectif est simple : faire supporter le coût de la pollution à celui qui en est l’auteur plutôt qu’à la collectivité. Cette approche repose sur une logique de responsabilisation. Elle vise à éviter que les conséquences économiques, sanitaires ou environnementales des atteintes à l’environnement soient supportées par les citoyens alors qu’elles résultent d’activités publiques ou privées identifiables. En rappelant ce principe, le Président de la République souligne la nécessité d’une application rigoureuse des règles relatives à la responsabilité environnementale. Au-delà des sanctions administratives ou pénales susceptibles d’être prononcées, cette philosophie implique également la réparation des dommages causés aux milieux naturels ainsi que la remise en état des espaces dégradés. Dans un contexte marqué par la multiplication des décharges anarchiques, des atteintes au littoral, des pollutions industrielles ou des incendies, cette orientation apparaît comme un rappel de l’importance du respect des normes environnementales.

Une place importante de la réunion a été consacrée à l’Agence de protection et d’aménagement du littoral. Le Président de la République a estimé que cette institution n’avait pas pleinement rempli ses missions dans plusieurs zones côtières. Il a appelé à renforcer les interventions sur le terrain afin de protéger le littoral contre les différentes formes d’occupation irrégulière, de pollution et de dégradation. Cette insistance traduit l’importance stratégique que revêt le littoral tunisien.

Avec plus de 1.300 kilomètres de côtes, la Tunisie dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel qui constitue à la fois une richesse environnementale, économique et touristique. La protection de cet espace dépasse largement les considérations esthétiques. Elle conditionne le développement durable, la préservation de la biodiversité marine, l’activité de la pêche, le tourisme balnéaire ainsi que la qualité de vie des populations riveraines. Or plusieurs régions connaissent depuis des années des difficultés liées aux rejets industriels, aux déchets solides, aux constructions anarchiques ou encore à l’érosion côtière.

Une réalité illustrée par les attentes des habitants de Radès

La dégradation progressive du littoral, l’état des plages et la pollution de l’oued Méliane figurent parmi les préoccupations régulièrement soulevées par les citoyens.

La réunion de Carthage apparaît ainsi comme le prolongement institutionnel des constats effectués sur le terrain dimanche dernier.

Au cours de cette réunion, Kaïs Saïed ne s’est pas limité aux seules questions environnementales. Il a également élargi la réflexion à la protection du patrimoine historique et archéologique, établissant un lien direct entre la sauvegarde des richesses naturelles et celle de l’héritage civilisationnel de la Tunisie.

À cet égard, le Chef de l’État a évoqué les vestiges archéologiques découverts sur les berges de l’oued Méliane, aujourd’hui transformées en dépotoir. Cette situation illustre, selon lui, les conséquences que peuvent produire l’absence d’entretien, les atteintes répétées à l’environnement et le manque de valorisation des sites historiques.

Au-delà de cet exemple, il a rappelé que la Tunisie recèle un patrimoine archéologique exceptionnel dont une partie demeure encore enfouie, insuffisamment étudiée ou exposée aux dégradations et aux pillages. Cette analyse traduit une conception globale de la protection du patrimoine. Les richesses naturelles et les richesses historiques constituent deux composantes indissociables de l’identité nationale. Leur préservation participe non seulement à la sauvegarde de la mémoire collective, mais également au développement économique, culturel et touristique du pays. Dans cette perspective, les politiques environnementales et patrimoniales apparaissent comme complémentaires. Préserver un littoral, protéger une forêt, restaurer un site archéologique ou réhabiliter un cours d’eau répondent finalement à une même logique : transmettre aux générations futures un patrimoine préservé et valorisé.

La réunion du palais de Carthage intervient dans le prolongement immédiat de la visite effectuée quelques jours auparavant à Radès. Cette succession entre déplacement sur le terrain et réunion de travail illustre une méthode que le Président de la République privilégie régulièrement dans le traitement des dossiers jugés prioritaires. Les visites inopinées permettent de constater directement les réalités locales, de dialoguer avec les citoyens et d’entendre leurs préoccupations sans l’intermédiaire des circuits administratifs traditionnels. Les réunions qui suivent visent ensuite à traduire ces constats en orientations destinées aux administrations concernées. Cette approche témoigne d’une volonté de rapprocher l’action publique des réalités vécues par les populations.

Les questions environnementales se prêtent particulièrement à cette méthode. Les phénomènes de pollution, les décharges sauvages, les atteintes au littoral, les dégradations des espaces publics ou les difficultés liées à la gestion des déchets sont immédiatement perceptibles par les habitants.

Leur traitement nécessite donc une coordination étroite entre les collectivités locales, les établissements publics, les ministères concernés et les organismes spécialisés.

La présence, lors de cette réunion, de responsables issus de plusieurs secteurs traduit précisément cette exigence de coordination.

La responsabilité des établissements publics

Les échanges ont également mis en lumière le rôle central des établissements publics spécialisés dans la mise en œuvre des politiques environnementales.

L’Agence de protection et d’aménagement du littoral se voit confier une mission particulièrement importante dans la préservation des espaces côtiers, la lutte contre les occupations irrégulières et la protection des écosystèmes marins.

De son côté, l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle intervient dans la conservation, la restauration et la valorisation des sites historiques.

En rappelant les responsabilités de ces institutions, le Chef de l’État souligne que les objectifs fixés par les textes législatifs ou constitutionnels doivent se traduire par des interventions concrètes sur le terrain. Cette exigence rejoint une préoccupation plus générale portant sur l’efficacité de l’action publique. La protection de l’environnement suppose en effet des moyens humains, financiers et techniques, mais également une coordination permanente entre les différentes administrations compétentes. Elle implique aussi un contrôle rigoureux du respect des réglementations, une meilleure application des sanctions prévues contre les atteintes à l’environnement et un suivi régulier des programmes d’aménagement.

La protection de l’environnement ne constitue plus aujourd’hui un simple objectif écologique, elle représente également un enjeu économique majeur. La qualité du littoral, la préservation des plages, la protection des espaces naturels et la valorisation du patrimoine historique contribuent directement à l’attractivité touristique du pays. De même, l’amélioration du cadre de vie participe au développement local, à l’investissement et au bien-être des populations. Les politiques environnementales produisent ainsi des effets qui dépassent largement le seul domaine de l’écologie. Elles influencent la santé publique, le tourisme, l’agriculture, la pêche, les transports, l’urbanisme et le développement territorial. Dans cette perspective, la lutte contre la pollution apparaît comme un investissement au bénéfice des générations présentes et futures.

Si l’État demeure le premier garant de la protection de l’environnement, celle-ci repose également sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la société. Les collectivités locales, les entreprises, les associations, les établissements scolaires, les universités et les citoyens sont appelés à participer à cet effort collectif. Le respect des espaces publics, la réduction des déchets, la préservation des ressources naturelles ou encore la protection des plages relèvent autant des comportements individuels que des politiques publiques. La sensibilisation, l’éducation environnementale et le développement d’une véritable culture civique apparaissent dès lors comme des compléments indispensables aux dispositifs juridiques.

 

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Météo : prévisions du samedi 8 août 2026

Temps peu nuageux et les nuages seront parfois denses sur les régions côtières, selon les prévisions de l’Institut National de la Météorologie (INM).

Le vent soufflera de secteur nord-ouest et de secteur Est au centre et au sud, relativement fort près des côtes et au sud et faible à modéré sur le reste des régions.

 La mer sera très agitée au golfe de Gabès et agitée ailleurs.

Les températures nocturnes seront comprises entre 25 et 30 degrés dans le nord, les régions côtières et sur les hauteurs et oscilleront entre 31 et 35 degrés dans le reste des régions, selon la même source.

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