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Industrie : une reprise portée par les mines et l’énergie, mais encore fragile

Après deux années de recul, la production industrielle tunisienne renoue avec la croissance au premier trimestre 2026. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), l’indice global de la production industrielle progresse de 4,3 % en glissement annuel, après des baisses de 5,4 % au premier trimestre 2024 et de 2 % en 20255.

Cette amélioration est principalement portée par les industries extractives. La production minière bondit ainsi de 10,6 %, tandis que le secteur de l’énergie enregistre une hausse de 14,9 %, profitant d’un effet de rattrapage après plusieurs années de contre-performance.

En revanche, l’industrie manufacturière peine à retrouver un rythme soutenu. Sa progression se limite à 2 %, reflétant une reprise encore insuffisante pour tirer durablement la croissance.

Plusieurs branches restent en difficulté. Les industries chimiques accusent le plus fort recul (-11,3 % sur le trimestre et -22,2 % en mars sur un an), suivies des matériaux de construction (-9,6 %) et du textile-habillement-cuir (-5,8 %), toujours pénalisés par la faiblesse de l’investissement et de la demande.

À l’inverse, certaines activités affichent une dynamique plus favorable. Les industries agroalimentaires progressent de 15,1 %, tandis que les industries mécaniques et électriques gagnent 4 %. Ces performances confirment que le redressement de l’industrie tunisienne demeure sélectif, largement soutenu par les secteurs des mines et de l’énergie, alors qu’une partie importante du tissu manufacturier reste confrontée à des difficultés persistantes.

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Écoles privées d’ingénieurs : l’OIT outrepasse-t-il ses prérogatives ?

La question de l’accréditation des établissements privés de formation d’ingénieurs en Tunisie suscite une vive controverse ces derniers temps.

Onze établissements accrédités, des dizaines d’autres sommés de payer 10 000 dinars pour faire examiner leur dossier : l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) s’est arrogé un pouvoir que ni le ministère de tutelle ni les établissements concernés ne lui reconnaissent. Résultat, une polémique qui en dit long sur le flou persistant de la gouvernance de l’enseignement supérieur en Tunisie.

Le ministère de l’Enseignement supérieur a été le premier à recadrer l’Ordre, rappelant sèchement que l’autorisation, l’évaluation et la reconnaissance des établissements privés – ainsi que de leurs diplômes – relèvent de sa seule compétence, en vertu de la loi. Autrement dit : évaluer des écoles d’ingénieurs ne figure pas, et n’a jamais figuré, dans le mandat de l’OIT.

 

 

La Chambre syndicale des établissements privés d’enseignement supérieur, affiliée à l’UTICA, n’a pas mâché ses mots non plus, allant jusqu’à accuser l’Ordre d’être à l’origine de l’aggravation de la crise de la fuite des cerveaux. Elle dénonce une initiative à même de semer la confusion chez les étudiants, les familles et les employeurs. De même qu’elle rappelle que seul l’État, via le ministère en charge de l’enseignement supérieur, peut reconnaître ou pas un diplôme.

Lire aussi — Fuite des cerveaux : pour l’UTICA, l’Ordre des ingénieurs aggrave la crise

Sur le fond, les critiques adressées à l’Ordre sont sévères : en publiant des listes d’établissements « reconnus » ou non, il s’aventure hors de son rôle naturel, en l’occurrence représenter et défendre la profession, pour s’improviser « régulateur de l’enseignement supérieur ». La facture de 10 000 dinars exigée pour l’examen des dossiers interroge tout autant : sur quelle base légale repose-t-elle ? Et surtout, quelles conséquences pour la réputation des écoles non listées et pour l’avenir de leurs étudiants, pris en otage d’un conflit de compétences qui ne les concerne pas directement ?

Face à la fronde, l’OIT campe sur ses positions et justifie sa démarche par la volonté de tirer la formation d’ingénieur vers le haut et d’aligner les établissements sur les standards internationaux. Une intention louable sur le papier, mais qui ne répond à aucune des questions de légitimité soulevées. Une intention surtout qui laisse, en creux, un vide inquiétant : celui d’une gouvernance de l’enseignement supérieur où chacun semble vouloir tracer ses propres frontières.

Voilà un dossier – encore un – qui risque de faire couler beaucoup d’encre.

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Les mathématiques tunisiennes sont en deuil, suite au décès du Pr Mohamed Amara

Le professeur Mohamed Amara, figure majeure des mathématiques tunisiennes, est décédé le lundi 3 août 2026 à Grenoble, en France, laissant un vide important dans le paysage universitaire du pays.

Enseignant-chercheur à la Faculté des sciences de Tunis, il s’est distingué par une œuvre scientifique riche portant sur l’analyse, la topologie, le calcul différentiel et les équations différentielles – des travaux qui ont servi de référence dans l’enseignement supérieur en Tunisie mais aussi dans les autres pays du Maghreb.

Son parcours institutionnel est tout aussi marquant, rapportent des médias tunisiens. Ainsi, il fut le premier recteur de l’Université de Tunis El Manar, de 1986 à 1991, avant de porter, à partir de 1992, le projet de création de l’Institut national des sciences appliquées et de technologie (INSAT). C’est lui qui en a conçu les bases pédagogiques, les programmes et l’organisation scientifique. À son ouverture en septembre 1996, il en devient naturellement le premier directeur, fonction qu’il occupera jusqu’en 1999. Il défendait une conception de l’enseignement supérieur où la recherche occupe une place centrale, une orientation qui a durablement façonné l’identité de l’INSAT.

Sa disparition a suscité de nombreux hommages dans le milieu académique tunisien. D’anciens collègues et disciples ont salué entre autres « un homme d’une grande rigueur intellectuelle, généreux dans la transmission de son savoir », et qui a su former et orienter plusieurs générations de jeunes mathématiciens vers différentes écoles de pensée, sans esprit de chapelle. Beaucoup retiennent de lui « l’image d’un bâtisseur d’institutions autant que d’un maître au sens le plus noble », dont l’héritage scientifique et humain continue d’inspirer les mathématiciens et ingénieurs tunisiens.

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