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Les maladies cardiaques et neurologiques, principales causes de mortalité chez les femmes en Tunisie

Selon une étude médicale tunisienne récente, dont les résultats ont été révélés par Diwan FM, les femmes présentent un risque de décès plus élevé que les hommes en raison de maladies de l’appareil circulatoire — telles que les affections cardiaques et l’hypertension artérielle — ainsi que de troubles touchant le système nerveux, les articulations et le métabolisme.

Cette étude, publiée dans une revue scientifique et fondée sur des statistiques de 2022 de l’Institut national de la santé, a utilisé un indice de mortalité. Elle a mis en évidence une hausse notable, chez les femmes, des maladies rhumatismales (avec un taux de 2), suivies des troubles du système nerveux (1,27), des maladies endocriniennes et métaboliques (1,22) et des maladies de l’appareil circulatoire (1,21).

L’étude a détaillé ces taux chez les femmes, mettant en évidence un indice de 2,24 pour les maladies cardiaques et l’hypertension artérielle, de 1,67 pour la maladie d’Alzheimer, de 1,50 pour la démence et de 1,23 pour les maladies cérébrovasculaires.

En revanche, ces mêmes données ont révélé que les principales causes de décès chez les hommes étaient avant tout les tumeurs malignes (avec un indice de 0,78), suivies des causes externes (0,63), puis des maladies respiratoires chroniques telles que le cancer du poumon (0,21).

Les médecins ayant mené l’étude ont conclu que cet écart de mortalité résultait de différences biologiques, soulignant la nécessité d’intégrer une approche fondée sur le genre dans la planification de la santé, la prévention et l’organisation des soins — tout en tenant compte de l’âge et des facteurs régionaux — afin de réduire ces disparités.

I. B.

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Bourse de Tunis | Suspension de cotation à la suite des fortes baisses du Tunindex

La Bourse de Tunis a activé le mécanisme de suspension temporaire des cotations — connu sous le nom de « coupe-circuit automatique» — lors des séances des 28 et 29 juillet 2026. Cette mesure a été prise après que l’indice Tunindex a enregistré une baisse supérieure à 3 % au cours d’une même séance.

Cette suspension a été décidée conformément à l’article 3.7 du règlement de négociation en vigueur, a indiqué Sonia Ben Fredj, présidente de la Bourse de Tunis et directrice générale de la société de bourse BH Investissement, dans une déclaration à l’agence Tap. Elle a affirmé que cette mesure ne constitue pas une disposition exceptionnelle, mais plutôt un mécanisme standard de gestion des risques de marché — visant notamment à protéger les investisseurs — utilisé par la majorité des bourses à travers le monde.

La responsable a expliqué que ce mécanisme vise à garantir le bon fonctionnement du marché lors de baisses de cours significatives, en permettant aux investisseurs de réévaluer leurs décisions et en freinant les réactions susceptibles d’exacerber la volatilité du marché.

Il convient de noter que l’article 3.7 du règlement de négociation prévoit deux niveaux d’intervention : le premier est déclenché lorsque le Tunindex enregistre un recul de 3 %, entraînant une suspension des cotations d’une heure durant laquelle les investisseurs peuvent annuler leurs ordres et réévaluer leurs décisions à la lumière des informations disponibles ; le second niveau est activé lorsque la baisse atteint 5 %, provoquant la suspension de la séance de cotation pour le reste de la journée.

Elle a également souligné l’importance de replacer les récents mouvements du marché dans leur juste contexte. Avant cette phase de correction, le Tunindex avait enregistré une performance exceptionnelle, atteignant un sommet le 17 juillet 2026 — avec des gains de 60,24 % et de 35 % au cours de l’année 2025 — dans le sillage d’une tendance portée par les indicateurs positifs de la plupart des sociétés cotées.

Mme Ben Fredj a relevé que cette tendance haussière perdure depuis six ans, reflétant la dynamique positive que connaît le marché tunisien ces derniers temps, malgré la crise économique et financière en vigueur dans le pays.

Dans de telles situations, les corrections de marché et les prises de bénéfices anticipées — amorcées le 20 juillet (date à laquelle l’indice a reculé de 1,09 %) — sont considérées comme des phénomènes naturels et récurrents sur les marchés financiers. Elles ne signalent pas, en soi, un retournement de la tendance globale du marché ni une détérioration des fondamentaux financiers des sociétés cotées. En effet, les états financiers de 2025 de ces entreprises ont largement témoigné de résultats solides, une tendance confirmée par les indicateurs du premier semestre 2026.

Les professionnels et les experts du marché considèrent généralement ce recul comme une correction technique saine et attendue, faisant suite à la forte tendance haussière observée récemment sur le marché.

Les échanges ont repris dans des conditions normales après la mise en œuvre du mécanisme prévu par le règlement de négociation.

La Bourse de Tunis a réaffirmé son engagement à garantir le bon déroulement des transactions ainsi qu’à préserver la sécurité, la transparence et l’intégrité du marché. Elle a également souligné sa collaboration continue avec les parties prenantes et les organismes concernés, des efforts visant à consolider la confiance des investisseurs et à renforcer la solidité du cadre réglementaire et opérationnel du marché financier tunisien.

Il convient de noter que l’indice de référence de la Bourse de Tunis, le  Tunindex, a clôturé la séance du 29 juillet 2026 sur une hausse de 1,3 %, avec un volume de transactions dépassant les 30 millions de dinars.

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La Tunisie enregistre 220 décès par noyade chaque année

Malgré les efforts déployés pour renforcer le dispositif de sauvetage, les noyades demeurent un défi majeur pour la sécurité publique en Tunisie, qui compte 1 300 kilomètres de côtes et des centaines de plages propices à la baignade notamment lors de la saison estivale.

Selon les données officielles, les plages tunisiennes ont enregistré 31 décès par noyade au cours de la saison de baignade 2025 (de juin à octobre), contre 34 lors de la saison 2024. Parallèlement, les unités de la Protection civile ont mené des milliers d’opérations de sauvetage ; au pic de la saison, en août, le rythme des interventions a atteint environ 24 opérations par heure, incluant des cas de noyade ainsi que divers autres incidents en mer.
Les statistiques nationales — compilées depuis 2020 sous la supervision du ministère de la Santé et avec la participation de diverses parties prenantes — indiquent que la Tunisie enregistre en moyenne environ 220 décès par noyade chaque année ; ces incidents surviennent en mer, dans des barrages, des puits, des piscines, des canaux d’irrigation et divers autres plans d’eau.

Dans ce contexte, le Dr Mohamed Ridha Arrab, chef de la sous-direction des urgences médicales et de la médecine de catastrophe à l’Office national de la protection civile, a déclaré aux médias que les unités de la protection civile avaient réussi à sauver 454 personnes de la noyade au cours de la dernière saison, tout en enregistrant environ 90 décès dans leur périmètre d’intervention. Il a toutefois précisé que ces chiffres diffèrent des statistiques nationales globales, qui regroupent des données provenant de sources variées.

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Tozeur | Financements italiens à des agriculteurs de Dhafria

Quinze agriculteurs de la délégation de Tamerza, dans le gouvernorat de Tozeur, dans le sud-ouest de la Tunisie, ont reçu récemment la notification de l’octroi de financements destinés à la réalisation de projets agricoles, dans le cadre du Programme de développement rural intégré soutenu par la Coopération italienne.

Selon l’agence Tap, les décisions d’attribution ont été remises aux bénéficiaires, issus de catégories vulnérables.

Chaque financement s’élève à environ 10 000 dinars tunisiens — pour un montant total de 150 000 dinars — et vise à encourager les investissements dans les périmètres irrigués de la localité de Dhafria.

Cette initiative s’inscrit dans le «Projet de développement rural intégré dans les délégations de Hazoua et Tamerza», lancé en 2020 et mis en œuvre par le Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Tozeur. Le programme dispose d’un budget global d’environ 5,9 millions d’euros, dont près de 5,1 millions ont été mis à disposition par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (Maeci) par l’intermédiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).

I. B.

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La Tunisie face à son déficit énergétique | L’hydrogène vert est-il la panacée ?

La Tunisie a perdu beaucoup de temps avant de prendre des mesures concrètes pour faire face à son déficit énergétique qui se creuse d’une année à l’autre, dépassant aujourd’hui 60%. Heureusement que ses partenaires européens sont là pour lui rappeler ses urgences et lui proposer des projets structurants de partenariat énergétique, presque clé en main. Mais ces projets, notamment ceux relatifs à la production et à l’exportation de l’hydrogène vert vers l’Europe, ne sont pas, dans leur majorité, éco-friendly. Au contraire, leur impact sur l’environnement risque d’être important et la lourde facture sera payée par les générations futures… Quand on laisse aux autres le soin de régler nos problèmes, on accepte tout ce qu’ils nous proposent et on en subit forcément les conséquences.

Latif Belhedi   

La Tunisie s’apprête à transformer son potentiel solaire et éolien en une nouvelle industrie de l’hydrogène vert, principalement destinée au marché européen, grâce à deux grandes initiatives internationales et à un projet de production d’ammoniac vert dans la zone industrielle de Gabès, ce qui ne va pas, on l’imagine, faire plaisir aux Gabésiens, qui souffrent déjà de la pollution industrielle induite par les installations du Groupe chimique tunisien (GCT).

Le premier projet repose sur un accord signé avec la société saoudienne Acwa Power, spécialisée dans les énergies renouvelables.

Ce projet, structuré en trois phases, prévoit à terme une capacité de production d’environ 600 000 tonnes d’hydrogène vert par an, destinées à l’exportation vers l’Europe. L’initiative devrait inclure de grandes installations solaires et éoliennes, des électrolyseurs ainsi que des infrastructures de traitement de l’eau et de transport du produit.

Le second projet, baptisé H2 Notos, est développé par TE H2 — une coentreprise entre TotalEnergies et Eren Groupe — en partenariat avec la compagnie d’électricité autrichienne Verbund.

L’hydrogène sera produit dans les régions du sud

Le protocole d’accord avec le gouvernement tunisien a été signé en mai 2024. Le plan prévoit une première phase portant sur environ 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an, avec la possibilité d’atteindre ultérieurement un million de tonnes. L’hydrogène sera produit dans le sud de la Tunisie par des électrolyseurs alimentés par des installations solaires et éoliennes, à partir d’eau de mer dessalée.

Selon les estimations relayées par la plateforme spécialisée Attaqa, les investissements pour H2 Notos pourraient s’élever à environ 8 milliards d’euros lors de la phase initiale et atteindre jusqu’à 40 milliards d’euros à long terme.

Il s’agit toutefois d’évaluations préliminaires : le projet en est encore au stade des études techniques, financières et de faisabilité, et aucune décision finale d’investissement n’a encore été prise.

Le troisième volet de la stratégie tunisienne, comme le souligne le journal gouvernemental La Presse, concerne la production d’ammoniac vert, principalement utilisé dans l’industrie des engrais. Une première unité pilote, raccordée aux installations du GCT, est prévue dans la zone industrielle de Gabès.

Le projet devrait comprendre un parc photovoltaïque de 8 mégawatts, une usine de dessalement, un électrolyseur et une unité de synthèse d’ammoniac. La capacité initiale indiquée dans la feuille de route est d’environ 220 tonnes d’hydrogène et 630 tonnes d’ammoniac vert par an, destinées principalement au marché intérieur.

L’installation constituerait donc une première expérience industrielle, plutôt qu’un mégaprojet comparable aux initiatives d’Acwa Power et d’H2 Notos.

Ces projets s’inscrivent dans la stratégie nationale pour l’hydrogène vert, élaborée par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie avec le soutien de l’agence de coopération pour le développement allemande GIZ. Le plan vise une production totale d’environ 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert et de ses dérivés d’ici 2050, dont 6 millions de tonnes destinées à l’exportation et 2,3 millions de tonnes au marché intérieur.

Pour atteindre l’Europe, Tunis mise principalement sur le SoutH2 Corridor — un axe énergétique d’environ 3 300 kilomètres conçu pour relier l’Algérie et la Tunisie à l’Italie, puis à l’Autriche et à l’Allemagne.

Cette infrastructure, portée notamment par l’entreprise italienne Snam, devrait s’appuyer largement sur des gazoducs existants convertis pour le transport d’hydrogène et afficher une capacité supérieure à quatre millions de tonnes par an.

Le projet a reçu le soutien politique de la Tunisie, de l’Algérie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne, officialisé par une déclaration signée à Rome le 21 janvier 2025.

Les conséquences environnementales pour la région de Gabès

Des études de faisabilité sont actuellement menées par les opérateurs, la mise en service des installations étant prévue pour le début de la prochaine décennie.

La mise en œuvre de ces programmes reste conditionnée par la disponibilité de financements, le développement de dizaines de gigawatts de nouvelles capacités d’énergie renouvelable, l’établissement d’une réglementation régissant l’usage des sols et de l’eau, ainsi que la construction d’infrastructures d’exportation.

Une attention particulière est portée à l’impact du dessalement dans un pays confronté à une pénurie d’eau croissante, ainsi qu’aux conséquences environnementales pour la région de Gabès, déjà affectée par la pollution issue des industries chimique et du phosphate.

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Bourse de Tunis | Plaidoyer pour l’introduction des entreprises publiques

Dans cet article, l’auteur appelle le président de la république Kaïs Saïed à œuvrer pour l’introduction en bourse des entreprises publiques en difficulté pour aider à les réformer, les rendre plus rentables, réduire la pression que leurs déficits exercent sur le budget de l’Etat et, ce faisant, stimuler la croissance économique globale dans le pays.

Larbi Benbouhali *

Le Président peut-il collaborer avec la Bourse de Tunis (BVMT) pour sauver l’économie tunisienne en cette période de malaise économique ?

Cela se joue dans un contexte marqué par une forte inflation, un chômage élevé, un endettement important, une croissance économique faible, une détérioration du niveau de vie des familles tunisiennes et une conjoncture économique mondiale incertaine.

Si le président refuse de collaborer avec le FMI et les bailleurs de fonds étrangers, il dispose d’une opportunité en or : travailler avec la BVMT. Il pourrait ainsi éviter que les 105 entreprises publiques ne plombent le budget de l’État par leurs déficits en cette période difficile, tout en sauvant l’économie tunisienne dans son ensemble.

1. Pourquoi le gouvernement tunisien ne procède-t-il pas à l’introduction en Bourse des entreprises publiques (CPG, Steg, Etap, Stir, Stam, Sonede, etc.) ? Il pourrait utiliser les liquidités du marché boursier pour financer et réformer ces entreprises, les rendre rentables et stimuler la croissance économique globale.

2. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas l’économie informelle (ou parallèle) — qui représente 40 % de l’économie réelle — afin de collecter jusqu’à 12 milliards de dinars de recettes fiscales ? Une partie de ces fonds pourrait servir à accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, évitant ainsi au gouvernement de devoir contraindre les banques à octroyer de tels prêts.

3. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas le système de subventions alimentaires et énergétiques ? Une économie d’environ 5 milliards de dinars sur ce budget permettrait d’accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs ; rappelons que seule 50 % de la population tunisienne a réellement besoin de ces subventions.

4. Pourquoi le gouvernement n’encourage-t-il pas les 65 % de Tunisiens sans compte bancaire à adopter les services bancaires mobiles et à ouvrir un compte ? Cela permettrait d’intégrer au système bancaire les 29 milliards de dinars circulant dans l’économie parallèle, offrant ainsi aux banques davantage de liquidités pour prêter au secteur privé, stimuler la production industrielle et ramener le taux de chômage à 10 %.

Pour sortir la Bourse de Tunis de la tourmente

Au cours des deux dernières semaines, la Bourse de Tunis a perdu plus de 8,5 % de sa capitalisation boursière par rapport à son pic de 21 550 points atteint début juillet 2026 ; le secteur bancaire, à lui seul, a perdu plus de 11 % de sa valeur.

La perte globale est considérable en termes de dinars : elle équivaut à 4 400 millions de dinars, soit près de 2,6 % du PIB total de 2025 (PIB de 170 milliards de dinars / 4,4 milliards de dinars = 2,6 %).

Les prix élevés du pétrole brut et de l’énergie vont faire grimper l’inflation et les taux d’intérêt bancaires, ce qui se traduira par une hausse des coûts et une baisse des bénéfices pour le secteur bancaire tunisien. Cela entraînera une nouvelle baisse de l’indice boursier tunisien, tendance qui pourrait se poursuivre tout au long du mois d’août et dans les mois à venir.

Ce recul lent mais constant a débuté début juillet, bien avant l’entrée en vigueur de la loi 2026-148 relative aux prêts sans intérêts ni garanties. Cela indique que d’autres facteurs ont incité les investisseurs à vendre massivement des actions cette semaine, provoquant une chute de 8,5 % de l’indice au cours des quatre dernières semaines et cette perte colossale de 4,4 milliards de dinars.

Nous pouvons désormais identifier et quantifier les véritables raisons pour lesquelles la Bourse de Tunis a connu deux journées très difficiles, mardi et mercredi derniers :

1. l’indice boursier tunisien avait progressé de 65 % depuis le début de l’année ; les investisseurs ont donc souhaité prendre leurs bénéfices avant toute correction brutale, tirant les leçons de la chute de la Bourse sud-coréenne la semaine dernière et du recul d’autres marchés mondiaux en juillet ;

• l’indice boursier sud-coréen Kospi a perdu 25 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice boursier indien BSE Sensex a perdu 10 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice boursier Nasdaq-100 a perdu 7 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice de la Bourse de Tunis (Tunindex) a perdu 8,5 % de sa valeur en juillet 2026.

2. Le secteur bancaire connaît une liquidité limitée ; on observe une abondance de vendeurs d’actions face à une faible demande cette semaine, ce qui a entraîné une baisse des cours et fait reculer le Tunindex de 3,47 points en une seule journée mardi dernier.

3. La réduction de la liquidité bancaire destinée au secteur privé, les restrictions sur les dividendes et la contraction de 8 % du secteur financier en 2025 : la Banque centrale a incité les banques à limiter ou suspendre les versements afin de préserver leurs fonds propres et de restreindre les sorties de devises. Cette mesure a réduit la liquidité disponible pour les prêts et la génération de profits supplémentaires, pesant ainsi sur le cours de leurs actions.

4. Par ailleurs, le marasme économique tunisien et la faiblesse des investissements ont freiné la croissance de nombreuses entreprises ; neuf des 75 sociétés cotées à la Bourse de Tunis ont enregistré des pertes en 2025, affichent des capitaux propres négatifs et n’ont pas publié leurs rapports annuels depuis plus de trois ans.

Ces neuf entreprises représentent 12 % des sociétés cotées ; leurs pertes contribuent à la tendance baissière du marché boursier tunisien.

Des recommandations en guise de conclusion :

Le gouvernement tunisien peut développer la Bourse de Tunis et générer davantage de richesse pour chaque famille tunisienne en collaborant avec le marché financier pour y introduire des entreprises publiques ; cela permettrait à ces sociétés de lever des capitaux pour investir et se développer, plutôt que de peser sur le budget de l’État.

2. L’économie tunisienne a besoin de devises étrangères, et non de dinars — un «mini-plan Marshall» d’au moins 3 milliards de dollars est nécessaire.

Pourquoi ?

On peut imprimer des dinars, mais pas du pétrole brut. On peut imprimer des dinars, mais pas du gaz naturel. On peut imprimer des dinars, mais pas du blé ni des matières premières…

3. En 2025, la Bourse de Tunis a progressé de 35 % et dispose d’importantes liquidités : le gouvernement peut collaborer avec elle et s’appuyer sur les entreprises publiques pour lever des capitaux et leur accorder des prêts destinés à l’investissement et à la croissance économique. Cela permettrait d’attirer davantage de dollars et d’euros, de réduire le niveau d’endettement, de créer des emplois et de stimuler une croissance économique supérieure au taux d’inflation.

4. Le gouvernement tunisien peut collaborer avec le ministère des Finances, les banques commerciales et la Banque centrale pour réformer l’économie parallèle et accroître les recettes fiscales de 17 milliards de dinars (12 milliards issus de l’économie parallèle et 5 milliards grâce à la réforme des subventions).

Le gouvernement pourrait alors accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, réduisant ainsi ses besoins d’emprunt auprès des banques commerciales et de la Banque centrale, ce qui contribuerait à ramener l’inflation monétaire à 3 %.

5. Toutes ces mesures aideront les banques commerciales et le gouvernement à assainir les finances publiques ; les banques disposeront de davantage de liquidités pour prêter au secteur privé et soutenir la croissance économique dans un contexte mondial incertain, tout en améliorant la notation financière (Fitch Ratings) et en réduisant le niveau d’endettement de l’État.

À mesure que l’adoption des mesures susmentionnées entraînera un afflux croissant de dollars américains et d’euros en Tunisie, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée ainsi que les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. Il s’agit d’une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis ; elle favorisera la création de richesse pour chaque famille tunisienne et permettra de porter le taux d’épargne de 5 % à 15 % du PIB.

À mesure que l’afflux de dollars et d’euros augmentera grâce à l’adoption de ces mesures, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée, les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. C’est une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis, tout en générant davantage de richesse pour chaque famille tunisienne.* Expert financier tunisien opérant en Afrique du Sud.

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Les hypertendus doivent se prémunir contre la déshydratation

Les patients souffrant d’hypertension artérielle doivent se prémunir impérativement contre la déshydratation, qui peut provoquer une chute de tension — ou, dans certains cas, une hausse brutale — entraînant des complications de santé susceptibles de compromettre leur bien-être.

Cet avertissement a été lancé par Dre Lilia Zakhama, cheffe du service de cardiologie de l’hôpital des Forces de sécurité intérieure à La Marsa, dans une déclaration à l’agence Tap, samedi 1er août 2026, qui a recommandé aux patients de boire de l’eau en quantité suffisante, d’éviter l’exposition au soleil aux heures les plus chaudes et d’adopter une alimentation adaptée pour prévenir la déshydratation.

Les médicaments antihypertenseurs, notamment les diurétiques, accélèrent la déshydratation, en particulier chez les personnes âgées, augmentant ainsi les risques de vertiges, de chutes et de fractures.

Deux hypertendus sur trois l’ignorent

D’autres facteurs peuvent contribuer à l’hypertension artérielle — tels qu’une consommation excessive de sel (plus de 5 grammes par jour), de sucre et de graisses —, a aussi averti Dre Zakhama, en encourageant la population à adopter une alimentation saine et à pratiquer la marche une fois la vague de chaleur passée.

La praticienne a également souligné l’importance d’un dépistage précoce de l’hypertension dès l’âge de 18 ans, ainsi que des bilans de santé réguliers à partir de 30 ans, avertissant que l’hypertension affecte divers organes et entraîne d’autres pathologies, notamment des maladies rénales, des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.

Dans une déclaration précédente à la Tap, Lilia Zakhama — s’exprimant en tant que présidente de la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire (STCCC) — a indiqué qu’un Tunisien sur trois souffre d’hypertension artérielle, ce qui représente environ trois millions d’adultes ; il est à noter que les deux tiers d’entre eux ignorent qu’ils sont atteints de cette affection, qu’elle a qualifiée de «silencieuse».

I. B.

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Les remèdes de l’UGTT à la crise en Tunisie

Marginalisée par le pouvoir exécutif, exclue du dialogue social dont elle fut historiquement l’un des principaux piliers et son influence considérablement réduite sur la scène politique, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tente d’exister, tant bien que mal, en s’invitant, de temps en temps, dans le débat national, par des déclarations de ses dirigeants à peine relayées par les médias, en attendant des jours meilleurs. (Photo: Slaheddine Selmi, SG de l’UGTT).

Latif Belhedi

L’organisation s’est rappelée au souvenir des Tunisiens, hier, samedi 1er août 2026, en communiquant sur un document de son département d’études intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour surmonter la crise», qui souligne le caractère désormais structurel des difficultés du pays.

La Tunisie dispose des ressources nécessaires pour renouer avec la croissance, mais cela nécessite des réformes structurelles, une stratégie économique à long terme et un dialogue national sur les grands choix économiques et sociaux, a-t-elle souligné dans ledit document, qui insiste sur les enjeux clés de la crise : le poids de la dette publique (qui dépasse 80% du PIB), la faiblesse de l’investissement, la dépendance énergétique, notamment du gaz algérien, la perte de pouvoir d’achat, la fuite des compétences et la pression sur les ressources hydriques.

Selon l’UGTT, le rythme de la croissance (entre 1,5 et 2,5 %, bon an mal an) demeure insuffisant pour réduire le chômage et financer adéquatement les services publics.

Au chapitre des recommandations, la centrale syndicale appelle l’Etat à soutenir l’investissement productif, à simplifier les procédures administratives et à développer les énergies renouvelables ainsi que les secteurs à forte valeur ajoutée, en renforçant les liens entre universités, instituts de recherche et entreprises.

Le rapport appelle également à la réforme des entreprises publiques sur la base d’objectifs vérifiables, tout en maintenant le contrôle de l’État sur les secteurs stratégiques. Position du reste partagée par le président de la république Kaïs Saïed, qui rejette catégoriquement toute idée de cession, totale ou partielle, de ces entreprises qui croulent sous les déficits et les dettes et pèsent lourdement sur les finances publiques.

Concernant les ressources en eau, l’UGTT appelle à prendre des mesures contre le gaspillage et prône le recours au dessalement et aux eaux usées traitées.

Les réformes relatives aux subventions, à la fiscalité et aux entreprises publiques, ils ne peuvent être adoptées unilatéralement ; elles doivent faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux et s’accompagner d’une répartition équitable des coûts, souligne l’organisation syndicale, Prix Nobel de la Paix en 2015 pour son rôle important dans la conduite du dialogue national, mais qui peine à retrouver le rôle central qui fut le sien dans le dialogue politique et social dans le pays.

La Tunisie, conclut l’UGTT, peut tirer parti de sa proximité avec les marchés européens et africains, de son capital humain qualifié et de ses infrastructures relativement développées.

Toutefois, la relance dépendra de la capacité à bâtir un nouveau modèle fondé sur l’investissement, la productivité, la bonne gouvernance et la justice sociale.

Vers une réconciliation nationale globale

Intervenant, samedi, dans l’émission ‘‘Houna Tunes’’, sur Diwan FM Ahmed Jaziri — secrétaire général adjoint chargé du département des études et de la documentation au sein de l’UGTT — a souligné que la Tunisie fait face à des défis majeurs et que les conditions nécessaires à un niveau de vie décent ont disparu, notant que les citoyens se plaignent de plus en plus de la cherté de la vie.

M. Jaziri a ajouté que la situation actuelle du pays a incité le département des études et de la documentation de l’Union à présenter le document analytique intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour résoudre la crise», dans le but de trouver des solutions aux problèmes de la nation, affirmant : «Le syndicat travaille jour et nuit pour trouver des solutions aux problèmes de la Tunisie.»

M. Jaziri a souligné au passage la nécessité pour toutes les parties concernées par la recherche de solutions à la crise multisectorielle que traverse le pays de s’unir et de parvenir à une réconciliation nationale globale. Rejetant les démarches unilatérales, qui caractérise le pouvoir exécutif depuis le 25 juillet 2021, date de la proclamation de l’état d’exception, il a prôné un dialogue inclusif associant toutes les organisations et la société civile pour faire face à la situation — une crise nécessitant, selon lui, l’instauration de l’état d’urgence pour remettre la Tunisie sur la bonne voie — tout en rappelant que le pays a actuellement besoin de toutes ses compétences professionnelles, dont beaucoup le quittent pour des cieux plus cléments.

M. Jaziri a ajouté que ce message s’adresse à l’actuel gouvernement qui, a-t-il affirmé, refuse d’engager le dialogue avec l’Union et d’autres organisations, insistant sur le fait que la situation exige un effort concerté de toutes les parties.

Tout en soulignant que le syndicat a ses propres idées et sa propre stratégie, et que la Tunisie ne manque de rien, le responsable syndical a affirmé que toute crise peut être résolue et que «les fardeaux partagés sont légers» (comme le dit l’adage).

Par ailleurs, M. Jaziri a soutenu que la mauvaise gouvernance, le manque de suivi et la négligence ont conduit les institutions étatiques à la ruine, citant la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) comme exemple flagrant.

En réponse à ceux qui imputent la crise actuelle du pays au syndicat, M. Jaziri a déclaré que l’UGTT est marginalisée depuis cinq ans et que ses propositions sont restées sans réponse. «Aujourd’hui, on rejette tout sur le syndicat, qui est une force positive et un vecteur de dialogue», a-t-il déclaré, qualifiant cette tentative de rejeter la responsabilité des problèmes du pays sur le syndicat de «fuite en avant» etune tentative d’éluder les véritables problèmes.

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Le poème du dimanche | ‘‘Le fleuve et la mort’’ de Badr Chaker As-Sayyab

Né en 1926 à Jeykour, dans la région de Bassora, au sud de l’Irak, Badr Chaker As-Sayyab est poète, enseignant d’arabe et d’anglais, journaliste, ayant pratiqué différents métiers.

Nationaliste aux idées de gauche, il est membre du Parti communiste irakien, qu’il quittera en 1959. Il est considéré comme l’une des voix majeures de la poésie arabe contemporaine. Avec son premier recueil, Azharun dhabila (Fleurs fanées), il est à l’origine du vers libre arabe, mouvement qu’il fonde avec sa compatriote Nazik Al-Malaika, en 1947-48.

Pourchassé, emprisonné, exilé, sa poésie est un chant vibrant de liberté et de nostalgie pour son village, simple et démuni.

Moderniste, son lyrisme est d’une musicalité rare, avec des rythmes brefs, langoureux, aux métaphores pionnières, célébrant avec tristesse et mélancolie l’enfance et la réalité des pauvres.

Au corps fragile, il passera ses dernières années, malade et luttera contre la maladie de Charcot, en vain. Il meurt au Koweit en 1964 où il était soigné.

Il laisse plus de dix-sept recueils dont nombre sont traduits, et parmi les plus appréciés, notamment, sa Chanson de la pluie (1960).

Tahar Bekri

Bouweyb*

O Bouweyb !

Des cloches de tour égarée au fond de la mer

L’eau dans les jarres le crépuscule dans les arbres

Des jarres suintent des cloches de pluie

Leur verre fond plaintif

Bouweyb  O Bouweyb !

Mon sang noirci de nostalgie

O Bouweyb 

Mon fleuve triste comme la pluie !

Comme j’aimerais courir dans l’obscurité

Serrer mes mains porter le désir d’une année

Dans chaque doigt comme si je t’apportais des offrandes

De blé et de fleurs

Comme je voudrais t’apercevoir entre les lits des collines

Pour voir la lune

Tumultueuse entre tes rives

Semant les ombres remplissant les paniers

D’eau de poissons et de fleurs !

Me plonger en toi et suivre la lune

Ecouter les graviers au fond parvenir

Au chant de milliers d’oiseaux sur les arbres

Forêt de larmes es-tu ou fleuve ?

Les poissons qui veillent s’endorment-ils à l’aube ?

Et ces étoiles restent-elles toujours à attendre ?

Nourrissant de soie des milliers d’aiguilles

Et toi ô Bouweyb !

Comme j’aurais aimé savoir ramasser les coquillages

Pour bâtir une demeure

Où brillent les eaux verdoyantes et les arbres

Comme les étoiles et la lune

Et m’en irais tôt le matin du flux à la mer

La mort est un monde étrange qui fascine les enfants

Sa porte secrète était en toi Bouweyb !

Bouweyb ô Bouweyb !

Vingt ans sont passés chaque année comme des siècles

Aujourd’hui quand s’abat l’obscurité

Et me trouve au lit sans sommeil                    

Mon cœur frémit arbre au lever du jour

Les branches les oiseaux et les fruits en silence

Je sens des larmes et du sang comme la pluie

Suinter du triste monde

Des cloches de morts dans mes veines

Vibrent dans la résonance

De mon sang noirci de désir

Pour une balle dont le froid transperce

Les profondeurs de ma poitrine

Comme un enfer brûlant les ossements

J’aurais aimé courir soutenir les combattants

Serrer mon poing puis gifler le destin

J’aurais aimé me noyer dans mon sang jusqu’au fond

Pour porter le fardeau avec les Humains

Et ressusciter la vie ma mort est une victoire

Traduit de l’arabe par Tahar Bekri

* Nom du fleuve.                                                       

Copyright Tahar Bekri

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