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Eau potable : comment éradiquer le marché parallèle des marchands ambulants

Pour enrayer la prolifération des marchands ambulants d’eau potable, l’État doit investir dans la qualité de l’eau du réseau public et moderniser ses canaux de distribution, a affirmé samedi Houcine Rhili, expert en développement et gestion des ressources.

Ce phénomène, qui s’est propagé depuis la fin des années 1990, résulte principalement de la dégradation de la qualité de l’eau distribuée via le réseau public. De nombreux citoyens se tournent vers des sources alternatives, dont l’origine reste souvent inconnue et échappe à tout contrôle sanitaire ou technique.

« La solution ne réside pas seulement dans l’intensification des contrôles, mais aussi dans la restauration de la confiance du citoyen envers l’eau du robinet », a souligné Rhili. Cela implique des investissements pour améliorer la qualité et renouveler les conduites de distribution, afin de fournir une eau conforme aux normes sanitaires.

L’expert appelle à une intervention conjointe des ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Intérieur pour empêcher la vente d’eau non contrôlée, maîtriser ses sources, son transport et son stockage. L’eau vendue illégalement n’est souvent soumise ni aux analyses chimiques garantissant sa teneur en sels minéraux, ni au contrôle bactériologique, exposant particulièrement les enfants et les personnes âgées à des risques graves.

« L’investissement dans l’infrastructure et l’amélioration du service public, parallèlement au renforcement des contrôles, permettront de limiter progressivement l’activité des marchands ambulants et de protéger la santé publique et la sécurité hydrique », a conclu Rhili.

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L’IACE alerte sur un effondrement imminent de la filière viandes rouges

L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) tire la sonnette d’alarme : la filière des viandes rouges est au bord de l’effondrement. Dans une note publiée vendredi, il appelle à une révision urgente des politiques en vigueur, pointant du doigt le plafonnement des prix imposé par l’État.

Selon l’IACE, cette politique a provoqué une baisse drastique de l’offre, le cheptel bovin ayant chuté de 20 % à 35 % depuis 2019. La contrebande vers les pays voisins et l’abattage massif ont aggravé le déséquilibre entre l’offre et la demande, tandis que le coût réel de l’élevage n’est plus couvert par les prix de vente imposés.

En août 2024, un décret ministériel avait fixé un prix plafond à 43 dinars/kg pour la viande ovine, alors que le prix réel oscillait déjà entre 45 et 50 dinars. En 2026, ce prix a grimpé à 60 voire 80 dinars/kg, malgré une baisse de 25 % du coût des fourrages locaux. Parallèlement, le prix moyen d’un mouton de sacrifice a atteint des records historiques, entre 1 300 et 1 500 dinars, dépassant parfois les 2 000 dinars. La Tunisie figure désormais en tête des pays arabes où la viande est la plus chère par rapport au pouvoir d’achat.

L’IACE dénonce également la propagation de la contrebande de bétail vers la Libye et l’Algérie, où les éleveurs écoulent leurs bêtes à des prix bien plus lucratifs.

Au-delà des prix, l’étude souligne des dérèglements structurels : réduction des surfaces de pâturage liée au changement climatique, expansion d’autres cultures, baisse du taux de fertilité du cheptel (moins de 80 %, contre un seuil minimal de 90 %), taux d’agnelage insuffisant (1,2 agneau par brebis, contre 1,4 souhaité) et hausse de la mortalité animale (10 % à 20 %, contre un objectif de moins de 8 %).

L’IACE conclut qu’un maintien du statu quo conduirait inéluctablement à l’effondrement total de la filière.

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