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Bacs lettres et économie-gestion : pourquoi tant de recalés ?

Les littéraires et les économistes ont de moins en moins la cote au baccalauréat. Ces deux filières ne cessent de perdre du terrain comme en témoignent les résultats du bac où on a enregistré les taux les plus bas de réussite chez les littéraires (24,24%) et les économistes (26,22%) durant la session de juin 2026 contre 79,41% pour les matheux, 70,32 pour les sportifs, 42,27% pour les scientifiques et 37,62% pour les techniciens

Mais une chose demeure certaine. Une fois n’est pas coutume, seuls les élèves ayant les compétences et le background nécessaires à de telles épreuves ont réussi leur bac. Comment concevoir qu’un élève qui a passé toute sa vie à accuser des 8 et 9 en moyenne générale puisse décrocher son bac ? Il est vrai que la majorité des jeunes qui s’inscrivent dans des branches littéraires ou économie-gestion ne le font pas par conviction ou par passion, mais plutôt par obligation. Jalal ayant raté son Bac lettres, déclare : «Je n’ai jamais choisi de faire un Bac lettres. Mais je n’avais pas le choix. Je suis nul dans les matières scientifiques. La seule et unique issue était des études de lettres». Pour Henda, le choix des études littéraires se pose autrement. «Je me rends compte aujourd’hui, que j’ai fait un mauvais choix en optant pour des études de littérature. Je croyais qu’il suffisait de savoir parler un peu français et le tour était joué. Je me suis trompée. Car l’écrit et le parlé, au niveau de n’importe quelle langue, sont deux univers complètement différents», affirme-t-elle. «J’ai raté ma vocation en économie. J’ai eu de mauvaises notes en gestion et en mathématiques. Peut-être j’étais mal orienté», disait Nader, ajourné pour la session de contrôle. La majorité des parents interrogés explique que les notes au bac reflètent absolument le travail de leurs enfants durant toute l’année scolaire. S’inscrire dans des branches littéraires, c’est d’abord posséder de véritables bases linguistiques, avoir un minimum de bagage en littérature, pouvoir faire la différence entre les divers genres littéraires, connaître un peu l’histoire-géo, l’anglais et surtout être un grand lecteur… «Nos enfants ne lisent plus et n’ont plus eux-mêmes cet amour pour la lecture», déclare Hassan, dont le fils aîné vient de rater son Bac lettres. Les branches littéraires, ce sont aussi des connaissances en histoire et géographie, en philosophie. Pourquoi ces échecs ? L’adolescent est formé moins en fonction de ses réussites que de ses échecs. L’enfant qui passe le bac est traité comme s’il devait immanquablement devenir polytechnicien ou agrégatif, l’étudiant en droit comme s’il allait devenir avocat. Programmes et examens sont conçus dans cet esprit. Il se trouve que sur cent lycéens de onze ans, soixante disparaissent en cours de route, vingt des quarante autres échouent au baccalauréat, et moins de dix achèvent leurs études supérieures.

L’échec au bac : les bonnes questions à se poser

Le principal dysfonctionnement ne se situe pas au niveau de l’examen final. Il se situe bien avant, au cœur même du processus d’orientation. La Tunisie n’est pas un cas isolé. La plupart des pays du bassin méditerranéen, notamment la France, l’Espagne, l’Italie et le Maroc partagent une caractéristique commune : une orientation souvent tardive, insuffisamment personnalisée et fortement influencée par des facteurs sociaux plus que pédagogiques. Si le système d’orientation fonctionne réellement, pourquoi autant de jeunes découvrent-ils seulement en classe terminale que la filière choisie ne correspond ni à leurs aptitudes ni à leurs aspirations ? La réponse est simple : nous continuons à confondre orientation et affectation. Une orientation consiste à accompagner progressivement un élève dans la découverte de ses talents, de ses centres d’intérêt et de son projet professionnel. Une affectation consiste à lui attribuer une place dans une filière disponible. Trop souvent, nos systèmes éducatifs pratiquent la seconde en la présentant comme la première. Le problème commence dès le primaire et le collège. À cet âge, les enseignants identifient déjà les profils des élèves. Certains excellent dans les sciences expérimentales, d’autres dans l’économie, les activités techniques, artistiques ou entrepreneuriales. Pourtant, ces informations sont rarement exploitées dans le cadre d’une véritable stratégie d’orientation. Les familles jouent également un rôle important. Beaucoup associent encore certaines filières à la réussite sociale, indépendamment des aptitudes réelles de l’enfant. Cette importance accordée au diplôme peut toutefois transformer l’examen en une source d’anxiété sociale. Le candidat ne porte pas uniquement sa propre ambition, mais également les attentes de son entourage. Cette pression peut alors affecter la manière dont les jeunes perçoivent leur propre valeur : l’échec scolaire risque d’être vécu non comme un simple résultat académique, mais comme une remise en question personnelle et familiale. Dans de nombreuses familles, particulièrement populaires, la réussite scolaire est perçue comme l’aboutissement d’années de sacrifices. L’élève devient alors le représentant d’un investissement collectif. La réussite au baccalauréat correspond à des années de privations, de mobilisation de toute la cellule familiale autour d’un seul objectif. Par ailleurs, cette situation contribue à faire du baccalauréat un moment où les inquiétudes personnelles et sociales se rencontrent. Le jeune ne doit pas seulement réussir pour construire son propre avenir, mais aussi répondre aux espoirs placés en lui par sa famille. Le résultat est connu : des élèves s’engagent dans des parcours qui ne leur correspondent pas réellement. Le lycée devient alors un espace de préparation au baccalauréat plutôt qu’un lieu de construction du projet personnel. Puis vient le choc de l’enseignement supérieur. Cette situation engendre un coût humain, social et économique considérable. Des années d’études sont perdues. Les familles supportent des dépenses importantes. Les universités consacrent des ressources à gérer les réorientations et les abandons. La réussite ne se limite pas à un examen final. Elle se construit progressivement. Les questions qui devraient guider les politiques publiques sont simples : combien d’élèves accèdent réellement à la filière qu’ils souhaitent ? Combien réussissent au bac ? Combien trouvent un emploi en lien avec leur formation ? Combien exercent finalement le métier auquel ils aspirent ? Le défi du XXIe siècle n’est plus de produire davantage de bacheliers, mais de permettre à chaque jeune de trouver sa voie. C’est pourquoi la réforme de l’orientation scolaire doit devenir une priorité nationale. Elle doit commencer dès le collège, associer les familles, les enseignants, les universités et les entreprises, et reposer sur une connaissance réelle des compétences des élèves.

Le baccalauréat restera un diplôme important. Mais il ne doit plus être considéré comme l’aboutissement du système. Il doit devenir une étape dans un parcours cohérent, construit progressivement et tourné vers l’avenir. La réussite éducative ne se mesure pas uniquement à la sortie du lycée, mais à la capacité d’un jeune à transformer ses talents en projet de vie. Face à un échec scolaire, il est essentiel de comprendre d’où il provient. L’enfant est en souffrance et il faut savoir pourquoi. Il va avoir tendance à se décourager rapidement s’il ne réussit pas malgré ses efforts. Les problèmes peuvent être divers et variés : difficultés d’apprentissage, manque de concentration, anxiété de performance, peur de l’échec, manque de confiance en soi. Ces facteurs peuvent entraver la capacité de l’enfant à mobiliser ses ressources. Il est important de ne pas se baser sur des interprétations mais sur des faits. Faire un bilan pour comprendre ce qui se passe est une étape cruciale. Il y a toujours une raison à l’échec scolaire que rencontre l’enfant. Réussir à identifier les signes de l’échec scolaire peut être un processus délicat. Certains signes peuvent être évidents, comme un manque d’intérêt pour l’école. Il y a d’autres signes moins évidents. Ils incluent des changements dans le comportement de l’enfant, le refus de parler de l’école et l’affichage de stress ou d’anxiété. Il est important d’être attentif à ces signes et de discuter ouvertement avec votre enfant de ses expériences à l’école. Comment repérer les signes de l’échec scolaire chez l’ado ? De mauvaises notes, notamment dans les matières principales au bac comme l’arabe et la philo pour les littéraires et l’économie et la gestion pour les économistes, peuvent être un indicateur évident d’échec scolaire. Si l’enfant a souvent de mauvaises notes ou si ses résultats empirent, cela peut indiquer des problèmes. Des changements dans le comportement de l’enfant peuvent également indiquer un échec scolaire. Cela peut inclure des comportements perturbateurs en classe, des problèmes de discipline ou des conflits avec les enseignants et les camarades de classe. Si l’enfant semble manquer de motivation pour accomplir ses tâches scolaires, cela peut être un signe d’échec scolaire. Il peut manquer de concentration, ne pas terminer ses devoirs ou manquer de persévérance dans ses études. Il est important de noter que les signes d’échec scolaire peuvent varier d’un enfant à l’autre.

Parfois, le soutien scolaire seul ne suffit pas. Demander une aide concrète à des psychologues peut être envisagé pour comprendre les difficultés que rencontre votre enfant. Il est essentiel de parler souvent aux professeurs de votre enfant pour savoir où il a des problèmes. Cela peut aider les parents à identifier les ressources ou les stratégies d’apprentissage qui peuvent être utiles. Rester bloqué face à une incompréhension peut décourager l’enfant et renforcer son idée de ne pas être en capacité de réussir. À la veille de la session de contrôle, il est essentiel de rappeler que la réussite ne se limite pas à une note. Elle se construit dans la durée, dans la capacité à s’adapter, à apprendre et à se réinventer. La Tunisie de demain dépendra de cette jeunesse, de ses choix, de ses rêves et de sa capacité à transformer les contraintes en opportunités. Ainsi, au-delà des statistiques et des classements, le baccalauréat reste une aventure humaine. Une étape marquée par l’espoir, mais aussi par la nécessité de repenser l’orientation, de valoriser toutes les filières et de mieux préparer les jeunes aux réalités du monde professionnel. Car derrière chaque candidat, il y a une histoire, un potentiel et, surtout, un avenir à construire.

Kamel BOUAOUINA

 

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EST : Ibrahima Keïta, premier partant d’une longue liste qui se précise

Point de repos pour Chokri El Ouaer et Laurentiu Reghecampf qui poursuivent l’étude des dossiers des joueurs et avancent aussi bien dans ceux des recrutements comme ceux des départs. 

A propos de joueurs qui n’ont plus de place au Parc Hassène Belkhodja, il a été décidé de libérer Ibrahima Keïta soit sous forme de prêt ou de cession définitive, selon les offres. Cette décision a été confirmée après le renouvellement du contrat de Mohamed Ben Ali et le maintien de Mohamed Dräger. En revanche, la situation de Elyès Bouzaiene est encore confuse. 

Ce dernier a très peu joué la saison écoulée, mais a laissé entrevoir de bonnes dispositions. C’est pourquoi il a été décidé de le garder parmi l’effectif si aucune offre de prêt ne parvient à l’administration du club.

Boualia reste, Mokwana ne reviendra pas 

Par ailleurs, nous avons appris que Laurentiu Reghecampf a insisté pour le maintien de Kouceila Boualia. Annoncé partant au début du mois de juin, l’ailier algérien va finalement rester à l’Espérance Sportive de Tunis. Cette décision intervient après une autre décision, celle de se séparer de Elias Mokwana en prêt actuellement à l’équipe d’Al Hazm en Arabie saoudite.

L’équipe entraînée par Jalel Kadri a souhaité racheter le contrat du Sud-Africain qui se sent à l’aise à Al Hazm.

Ceci nous conduit à parler également de Sayfallah Ltaïef. Sollicité depuis quelque temps, il ne viendra finalement pas au Parc. Le dossier de son recrutement a été officiellement fermé, du moins pour le mercato estival.

Un Angolais pressenti

Mario Balbúrdia, de son vrai nom Mário César Azevedo Alves Balbúrdia, est un joueur international angolais qui évolue actuellement sous les couleurs de l’équipe turque de Bolusport. Il a été repéré pour remplacer Onuche Ogbelu.

Agé de 28 ans, il compte parmi les meilleurs à son poste dans le championnat de Turquie. Ceci lui a valu un intérêt de la part de l’Espérance, mais également d’Al Masry de Port-Saïd et d’Ismaïly d’Egypte. 

Maintenant, il faut attendre le résultat des négociations avec son agent, le joueur étant libre de tout engagement avec son équipe actuelle, étant donné que son contrat expire le 30 juin.

Hédi RASSAÂ

 

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ESS : report du changement de la pelouse du stade olympique de Sousse

Annoncée pour cet été, l’installation de la nouvelle pelouse hybride du stade olympique de Sousse, une première en Tunisie, a été «carrément» reportée pour l’été 2027, sur demande de la commission des litiges qui a lancé une campagne imposante et ambitieuse visant à commercialiser 22 mille abonnements pour la prochaine saison 2026/2027.

Du coup, les travaux d’installation de la nouvelle pelouse et l’obligation par conséquent de délocaliser les matches à domicile de l’Etoile Sportive du Sahel vers une autre arène, risquent de freiner l’élan de ce projet grandiose qu’est la vente de 22 mille abonnements.

De ce fait, et en commun accord entre la municipalité de Sousse et la commission des litiges, les travaux de remplacement de la pelouse du stade olympique de Sousse ont été finalement reportés pour la prochaine intersaison.

Saber Ben Frej a de nouveau répondu présent

A l’instar de Amine Chermiti qui est tant apprécié par le public étoilé, l’ancien arrière droit international de l’Etoile, Saber Ben Frej, a de nouveau répondu présent en adhérant aux différentes campagnes lancées par la commission des litiges.

En effet, le «gladiateur» comme le surnomme le public de l’Etoile en référence à sa «grinta» et sa hargne, s’est octroyé 30 abonnements virage et un lot considérable de nouveaux maillots pour la nouvelle saison 2026/2027.

Hatem REGAIEG



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Mehrez Boussayene : « L’excellence sportive se construit dès le plus jeune âge »

À l’occasion de la Journée olympique internationale, célébrée le 23 juin de chaque année, le président du CNOT et membre du CIO, Mehrez Boussayene, a adressé le message suivant à l’ensemble de la famille olympique :
Préserver la vitalité de l’Olympisme

« Cette journée constitue une occasion privilégiée de rendre hommage au Comité International Olympique, gardien des idéaux olympiques depuis plus d’un siècle, qui œuvre sans relâche pour promouvoir le sport au service de la paix, de l’éducation, de la solidarité et du rapprochement entre les peuples.

En cette circonstance, je salue également les célébrations organisées à la Maison Olympique de Lausanne, sous la présidence de Mme Kirsty Coventry, en présence des membres du CIO, réaffirmant ainsi l’unité et la vitalité du Mouvement olympique.

Je souhaite également exprimer toute ma reconnaissance à la grande famille sportive et olympique tunisienne : aux fédérations sportives nationales, aux dirigeants, aux entraîneurs, aux arbitres, aux cadres techniques, aux bénévoles ainsi qu’à nos athlètes qui, chaque jour, servent avec engagement les valeurs de l’Olympisme et mettent leur talent au service de la Tunisie.

Vibrant hommage à nos champions(nes)

J’adresse une pensée toute particulière à nos championnes et champions qui portent haut les couleurs nationales sur les scènes continentale et internationale. Le Comité National Olympique Tunisien poursuivra, avec une détermination toujours plus grande, son engagement en faveur de l’accompagnement des athlètes d’élite et de la préparation des prochaines grandes échéances, notamment les Jeux Méditerranéens de Tarente 2026 ainsi que les Jeux Olympiques de la Jeunesse.

Soutien indéfectible aux jeunes talents

Notre conviction est claire : l’excellence sportive se construit dès le plus jeune âge. C’est pourquoi le soutien aux jeunes talents demeure une priorité stratégique de notre action. Cette année a ainsi été marquée par le lancement de l’École Olympique dans 104 établissements scolaires, un projet ambitieux destiné à diffuser les valeurs olympiques auprès de la jeunesse tunisienne et à préparer les générations de demain.

L’année olympique qui s’achève, du 23 juin 2025 au 23 juin 2026, a également été marquée par les belles performances de nos représentants lors des Jeux de la Solidarité Islamique à Riyad ainsi qu’aux Jeux Africains de la Jeunesse en Angola. Ces résultats illustrent le potentiel de notre jeunesse et renforcent notre confiance dans l’avenir du sport tunisien.

Remerciements aux différentes fédérations

Je tiens enfin à remercier les fédérations membres de l’Assemblée générale du Comité National Olympique Tunisien pour la confiance qu’elles ont renouvelée en ma personne ainsi qu’aux membres élus du Comité exécutif. Nous poursuivrons, avec responsabilité et esprit de rassemblement, la mise en œuvre de notre plan stratégique 2026-2028, fondé sur l’excellence, l’inclusion, l’éducation olympique, le développement durable et le soutien à la jeunesse.

En cette Journée olympique, renouvelons ensemble notre engagement en faveur d’un sport porteur d’espoir, de fraternité et d’excellence. »

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Issam Lahmar : la médiation sociale, un levier pour préserver les entreprises

L’avancement de l’étude sur les mécanismes de médiation dans le règlement des conflits du travail, à travers le diagnostic et l’analyse du cadre juridique actuel relatif aux litiges professionnels, ainsi que l’examen des expériences réussies d’autres pays en la matière, ont été au centre d’un atelier organisé, hier mardi, à Hammamet à l’initiative du ministère des affaires sociales en partenariat avec l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Selon un communiqué publié sur la page officielle du département, le ministre des affaires sociales, Issam Lahmar, a indiqué, à cette occasion, que les études comparatives ont montré que le recours à la médiation dans le règlement des conflits du travail permet d’accélérer la recherche de solutions pacifiques, de garantir la pérennité des entreprises et d’instaurer un climat social sain.

Il a, dans ce contexte, salué les efforts déployés par les cadres centraux et régionaux du ministère, notamment les inspecteurs du travail, qui assument quotidiennement les rôles d’inspecteur, de conciliateur et de médiateur dans le traitement des différends professionnels.

Le ministre a également évoqué les résultats positifs enregistrés en matière de médiation dans le règlement des conflits individuels du travail, estimant qu’ils confirment l’efficacité de ce mécanisme, considéré comme l’un des principaux instruments de la gouvernance sociale moderne.

Il a, par ailleurs, mis en avant l’efficacité de la médiation dans plusieurs autres domaines et souligné la nécessité d’adopter de nouvelles techniques et de nouveaux mécanismes de règlement des litiges individuels, en s’appuyant sur la confiance accordée par les citoyens aux inspecteurs du travail, considérés comme les mieux placés pour résoudre les différends de manière pacifique et dans les meilleurs délais.

Issam Lahmar a aussi souligné la nécessité d’élaborer une vision claire et pragmatique adaptée aux missions des inspecteurs du travail dans le cadre de la révision du Code du travail, en tenant compte des spécificités du contexte tunisien, afin d’alléger leur charge de travail et de garantir l’accès aux droits dans des délais raisonnables.

Les débats ont notamment porté sur le manque de ressources humaines au sein du corps des inspecteurs du travail et sur la nécessité d’accélérer l’achèvement de l’application informatique destinée à faciliter les tâches des agents du secteur.

 

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Les vacances changent de visage :  comment les Tunisiens s’adaptent à la hausse des coûts

Pour de nombreuses familles tunisiennes, les vacances d’été constituaient autrefois un moment privilégié de détente et d’évasion après une année de travail et d’obligations. Partir quelques jours à la mer, réserver un séjour dans un hôtel ou profiter d’activités en famille faisait partie des habitudes estivales de nombreux ménages. Aujourd’hui, cette réalité semble progressivement évoluer. 

Sous l’effet de la hausse du coût de la vie et de l’augmentation des dépenses quotidiennes, les loisirs sont devenus l’une des premières variables d’ajustement dans le budget des familles. Les vacances restent une priorité pour beaucoup, mais elles sont désormais préparées avec davantage de prudence et donnent souvent lieu à de nombreux calculs afin d’éviter de déséquilibrer les finances du foyer.

L’été intervient à une période où les dépenses se multiplient. Après plusieurs mois marqués par l’augmentation du coût de l’alimentation, du transport, des services et des factures diverses, de nombreux ménages abordent la saison estivale avec une marge financière réduite. À cela s’ajoute la perspective de la rentrée scolaire, qui représente pour de nombreuses familles un poste de dépense important. Dans ce contexte, les vacances ne sont plus envisagées avec la même spontanéité qu’auparavant. Beaucoup de parents préfèrent limiter certaines dépenses de loisirs afin de préserver un budget suffisant pour les besoins jugés essentiels. Cette situation pousse un nombre croissant de familles à revoir leurs ambitions à la baisse et à rechercher des solutions plus économiques pour profiter malgré tout de la période estivale.

Des vacances de plus en plus coûteuses

Le coût d’un séjour de vacances a considérablement augmenté ces dernières années. Pour une famille composée de plusieurs personnes, les dépenses liées à l’hébergement, au transport, à la restauration et aux activités peuvent rapidement représenter une somme importante. Même lorsqu’il ne s’agit que de quelques jours passés dans une station balnéaire, le budget nécessaire dépasse souvent les capacités de nombreux ménages. Les hôtels affichent des tarifs élevés pendant la haute saison et les locations saisonnières connaissent elles aussi une hausse significative en raison de la forte demande. À ces frais s’ajoutent les dépenses annexes qui accompagnent généralement les vacances : sorties, cafés, restaurants, achats pour les enfants ou activités de loisirs.

Face à cette réalité, les comportements évoluent. De nombreuses familles privilégient désormais les séjours plus courts ou choisissent de partir en dehors des périodes les plus demandées lorsque cela est possible. D’autres renoncent complètement à l’idée de passer plusieurs nuits à l’hôtel et préfèrent effectuer des excursions à la journée. Les plages proches du domicile attirent ainsi un nombre croissant de visiteurs qui choisissent de rentrer chez eux le soir afin d’éviter les frais d’hébergement. Cette tendance reflète une volonté de continuer à profiter de l’été tout en maîtrisant les dépenses.

De nouvelles habitudes pour préserver le budget familial

L’adaptation des familles tunisiennes à cette nouvelle réalité économique se traduit par l’apparition de nouvelles habitudes de consommation. Les séjours chez des proches ou des membres de la famille deviennent une alternative privilégiée pour réduire les coûts. Cette solution permet non seulement d’économiser les frais de logement, mais aussi de conserver l’esprit convivial qui caractérise souvent les vacances estivales. Certains ménages choisissent également de partager les frais d’une location avec d’autres familles ou de privilégier des destinations moins connues mais plus accessibles financièrement.

Les loisirs eux-mêmes évoluent. Là où certains privilégiaient auparavant les activités payantes ou les complexes touristiques, beaucoup se tournent désormais vers des solutions plus simples. Les pique-niques, les promenades, les journées à la plage ou les visites de sites naturels permettent de passer du temps en famille sans engager de dépenses excessives. Cette évolution montre que les Tunisiens ne renoncent pas nécessairement aux vacances, mais qu’ils cherchent plutôt à les adapter à leurs moyens.

Cette situation a également des répercussions sur les enfants, qui voient parfois leurs activités estivales limitées par les contraintes budgétaires. Cependant, de nombreux spécialistes soulignent que la qualité du temps partagé en famille reste souvent plus importante que le montant dépensé. Les souvenirs créés lors d’une journée à la plage ou d’une sortie en pleine nature peuvent être tout aussi précieux que ceux d’un séjour coûteux.

Un défi pour le tourisme intérieur

Cette évolution des habitudes représente également un enjeu important pour le secteur touristique tunisien. Si les touristes étrangers continuent d’affluer vers certaines régions, les professionnels du secteur savent que la clientèle locale joue également un rôle essentiel dans l’activité économique. Les familles tunisiennes constituent une part importante de la demande durant la saison estivale, mais leur pouvoir d’achat est mis à rude épreuve. Cette situation pousse plusieurs acteurs du tourisme à réfléchir à des offres plus accessibles, adaptées aux réalités économiques des ménages.

Les promotions, les formules de courte durée ou encore les activités destinées aux familles pourraient contribuer à maintenir l’attractivité du tourisme intérieur. Car au-delà de la question économique, les vacances représentent aussi un besoin de repos, de détente et de rupture avec le rythme souvent stressant du quotidien.

Aujourd’hui, les vacances d’été ne disparaissent pas du paysage des familles, mais elles changent de visage. Les séjours luxueux ou prolongés laissent progressivement place à des formules plus modestes et mieux adaptées aux contraintes budgétaires. Cette évolution illustre la capacité d’adaptation des ménages face aux difficultés économiques, mais elle rappelle également combien les loisirs et les moments de détente demeurent importants pour l’équilibre des familles. Dans un contexte marqué par l’incertitude économique et la hausse des dépenses, les Tunisiens continuent de chercher des moyens de profiter de l’été, même lorsque chaque dinar compte.

Leila SELMI

 

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Tunis lance un quartier pilote pour relever les défis climatiques

La zone urbaine Agba 2 à Tunis se prépare à une métamorphose écologique.

Mardi, la municipalité de Tunis a réuni les acteurs clés du projet pilote « Jadid » pour transformer cette zone en un quartier urbain durable.

En finir avec les conceptions rigides. Ici, l’urbanisme devient participatif pour dompter les caprices du climat. L’agence de réhabilitation et de rénovation urbaine (ARRU) et la société nationale immobilière de tunisie (SNIT) ont rejoint les cadres municipaux pour dessiner ce futur proche.

L’eau dicte sa loi dans ce nouveau modèle. Le projet privilégie une gestion rationnelle des ressources pour contrer la sécheresse tout en érigeant des remparts contre les inondations subites.

Ces solutions innovantes visent la résilience. L’érosion ne sera plus une fatalité. Des partenaires de poids soutiennent cette ambition : ONU-Habitat, l’université Gustave Eiffel et plusieurs établissements et instituts tunisiens apportent leur expertise scientifique au chantier.

Prenant la parole, la chargée de la gestion de la municipalité de Tunis, Sameh Daldoul considère ce projet comme étant « une initiative de rupture avec les schémas classiques ». Raison pour laquelle, elle exige la finalisation immédiate des dossiers techniques et législatifs.

Selon la même responsable, la rigueur administrative doit sécuriser l’audace architecturale. Le succès du quartier durable d’agba 2 dépend grandement de cette symbiose entre conformité légale et innovation environnementale.

 

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Empiètement croissant sur le domaine public maritime : les autorités sifflent la fin de la récréation 

Chaque année, au début de la saison estivale, le rituel atterrant se répète le long des 1.300 kilomètres de côtes tunisiennes. De Bizerte à Sfax, en passant par les joyaux touristiques du Cap Bon et du Sahel comme Kélibia, Hammamet, ainsi que Sousse ou Mahdia, la quête de fraîcheur en bord de mer ne se traduit plus seulement par un afflux d’estivants bénin et bénéfique pour l’activité économique, mais aussi par une agression multiforme du littoral et une privatisation agressive du domaine public maritime (DPM).

L’explosion de la demande pour des résidences estivales privées dites «pieds dans l’eau» et la pression excessive d’un modèle touristique balnéaire mal encadré ont fini par métamorphoser nos plages en une gigantesque dalle de béton et de constructions improvisées en bois et d’autres matériaux de fortune. Certains hôteliers transforment aussi les plages en espaces privés et interdits au public en y installant des parasols, des transats, des cabanes, des bases nautiques ou encore des centres d’animation.

Ce phénomène de mitage rampant réduit le sable à une peau de chagrin, quand il ne provoque pas purement et simplement sa disparition locale dans certains endroits. Pourtant, la préservation de nos rivages n’a rien d’une préoccupation moderne. Dès l’époque carthaginoise, une autorisation stricte était exigée pour toute implantation civile ou militaire en front de mer. Aujourd’hui, face à l’incivisme et à la spéculation foncière débridée, ce précieux héritage historique s’effrite sous le coup d’une anarchie spatiale intolérable.

Les récentes données officielles publiées par l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral (APAL) révèlent une accélération vertigineuse de ce fléau. Selon Mohamed Lassâad Doufeni, directeur de l’administration du domaine public maritime à l’APAL, les services de contrôle enregistrent désormais une moyenne préoccupante de 1.000 infractions par an. Pour saisir la trajectoire de ce dérapage, une mise en perspective historique s’impose : avant la révolution de 2011, l’agence nationale ne recensait en moyenne que 150 infractions annuelles. Ce chiffre a bondi à 750 durant la décennie post-révolutionnaire. Les gouvernorats de Nabeul et de Bizerte arrivent largement en tête de ce triste palmarès.

Cette situation alarmante s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs : la disponibilité de terrains vacants hautement convoités en bord de mer et, surtout, le retard chronique ou l’absence totale de plans d’aménagement urbain (PAU) approuvés dans plusieurs municipalités côtières. Profitant de ces failles administratives, des particuliers fortunés ainsi que des promoteurs immobiliers indélicats et des commerçants peu scrupuleux s’approprient illégalement des portions entières d’un milieu naturel fragile pour les annexer à des propriétés privées ou à des projets commerciaux lucratifs. L’indulgence excessive manifestée par le passé sous prétexte de préserver la paix sociale ou de soutenir des exploitants en difficulté économique n’a fait qu’ancrer un sentiment d’impunité préjudiciable à la collectivité nationale.

Cette occupation agressive du rivage engendre des bouleversements environnementaux irréversibles. Les diagnostics scientifiques établis par l’APAL indiquent que près de 50% de la superficie totale du littoral tunisien est désormais bétonnée, avec en corollaire d’immenses volumes de déchets solides et un grand rejet d’eaux usées en mer sans traitement adéquat préalable.

La riposte s’organise 

Dans une étude académique majeure intitulée «Aménagement et érosion accélérée des plages sur la côte orientale de la Tunisie», les universitaires Fawzi Brahim et Dalenda Bada, membres du Laboratoire de cartographie géomorphologique (CGMED) à l’Université de Sousse, ont tiré la sonnette d’alarme. Ils démontrent que la pression foncière et la méconnaissance flagrante de la fragilité des écosystèmes côtiers accélèrent l’érosion de manière dramatique. À Kélibia, la plage de la zone Mamounia, qui s’étendait autrefois sur plus de 800 mètres, a entièrement disparu. L’État a dû y mener de lourds travaux d’enrochement artificiel pour éviter que les vagues n’emportent les habitations édifiées en front de mer. Plus grave encore, des vestiges archéologiques inestimables, dont des thermes et maçonneries antiques, ont été submergés et démantelés par les eaux. Au niveau de Port El Kantaoui (Sousse), la ligne de rivage a reculé de 25 à 43 mètres entre 1962 et 2022. Ce recul généralisé menace directement d’extinction une quarantaine d’espèces animales et végétales endémiques des rivages méditerranéens. 

Pourtant, le Code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme (CATU) et l’arsenal juridique tunisien prévoient des règles strictes, notamment une zone de servitude «non aedificandi» interdisant toute construction à moins de 25 mètres de la limite du DPM. 

L’APAL et les autorités régionales ont cependant décidé de passer à l’offensive. Des projets très populaires, dont celui de «Coco Beach» (gouvernorat de Bizerte) sont désormais dans le collimateur. La commission compétente de l’agence publique a fermement refusé d’examiner leurs dossiers de régularisation, exigeant la démolition préalable et intégrale de toutes les structures en dur avant toute discussion. La Loi n°73 de 1995 relative au domaine public maritime stipule que l’usage des plages par les citoyens est «libre, égal et gratuit». Les concessions saisonnières accordées aux privés ne peuvent en aucun cas excéder la moitié de la largeur d’une plage, la moitié restante devant impérativement demeurer vide et accessible au public. Les contrevenants s’exposent à des peines allant jusqu’à un an de prison et 50.000 dinars d’amende, des sanctions qui doublent en cas de récidive.

À Bizerte, le gouverneur Salem Ben Yaâkoub a personnellement mené, début juin, une inspection rigoureuse à Rafraf (Ras Jebel), où il a rappelé que les autorisations d’occupation temporaire ne constituent jamais un droit acquis mais une dérogation révocable, ordonnant l’application immédiate de sanctions et la démolition des structures non conformes. Pour lier la répression à la valorisation, un budget de 2,1 millions de dinars a été alloué pour réaménager la digue de la corniche de Rafraf, consolider l’ouvrage côtier contre l’érosion et concevoir six nouvelles rampes d’accès public à la mer. 

Cette dynamique a trouvé un écho spectaculaire à Sousse. Une vaste opération conjointe, unissant le district de la police nationale, les brigades municipales et les inspecteurs de l’APAL, a pris d’assaut la zone de la médina, la rue de France et le front de mer. Visant les hôtels, bars et cafés qui étendaient indûment leurs terrasses sur le sable, les autorités ont procédé à des saisies massives d’équipements et de structures mobiles installés au-delà des limites légales, tout en infligeant des amendes aux contrevenants. 

La reprise en main vigoureuse constatée en ce début d’été redonne espoir à la population et réaffirme l’autorité de la loi sur le bien commun. Mais les experts estiment que les opérations policières et les campagnes de démolition ne résoudront pas, à elles seules, le problème si elles restent isolées. Une véritable sauvegarde de notre patrimoine côtier exige d’accélérer d’urgence la promulgation des plans d’aménagement urbain par les municipalités, de doter l’APAL de moyens humains et financiers accrus pour sa mission de surveillance et d’impliquer activement la société civile et les médias.

Walid KHEFIFI

 

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Mondial 2026 : qualification assurée pour la Colombie grâce à une courte victoire (1-0)

La Colombie a officiellement validé, mardi, son billet pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 grâce à son succès (1-0) face à la République démocratique du Congo, pour le compte de la deuxième journée du Groupe K.

Dans une rencontre particulièrement disputée, les Cafeteros ont trouvé la faille à la 76e minute grâce à l’unique réalisation du défenseur Daniel Muñoz.

Avec deux victoires en deux matchs, la sélection colombienne s’assure une place au tour suivant avant même l’ultime journée de la phase de poules.

De son côté, la RD Congo reste en course pour la qualification mais jouera son va-tout lors du dernier match contre l’Ouzbékistan.

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Le Kef : la collecte des céréales atteint 739.000 quintaux en juin

La terre du Kef livre ses promesses. 739 mille quintaux de céréales dorment déjà dans les silos de la région au 22 juin 2026.

L’abondance marque ce début de saison. le gouverneur de la région, Walid Kaâbia, a accueilli la présidente directrice générale de l’office des céréales pour valider ce succès logistique. L’enjeu dépasse la simple récolte : il s’agit de verrouiller la sécurité alimentaire du pays.

La délégation a sillonné les points névralgiques de la production allant  d’Erbiba à Kalaat Snan en passant par Kalaa khesba et Dahmani.

Les inspecteurs de l’Office des céréales ont scruté les centres de stockage pivot et les coopératives de services agricoles. À Sers, les acteurs du secteur comme la coopérative centrale des grandes cultures et la coopérative centrale de blé tournent à plein régime.

Cette inspection rigoureuse garantit que chaque grain trouve sa place dans les meilleures conditions.

Les files d’attente interminables appartiennent au passé, a lancé le gouverneur de la région, Walid kaâbia, louant une organisation réussie ainsi qu’une coordination fructueuse entre les collecteurs et l’office des céréales, ce qui a permis de garantir la fluidité des déchargements.

Pour éviter tout goulot d’étranglement, l’Office des céréales injecte deux camions poids lourds supplémentaires dans le circuit. Une mesure qui vise à déployer des moyens concrets pour soutenir l’effort des agriculteurs, a précisé la directrice générale de l’Office des céréales.

(D’après Tap)

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Les défis de la mise en œuvre des politiques publiques : gouvernance, capacités institutionnelles et performance de l’investissement territorial

Par Mondher AFI

Dans le cadre des orientations définies par le Président de la République, Kaïs Saïed, et conformément aux priorités nationales visant à accélérer la réalisation des projets publics et à renforcer l’efficacité de l’action gouvernementale, la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé le 20 juin 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah un Conseil ministériel consacré au suivi de l’état d’avancement des projets de développement dans les différents gouvernorats de la République tunisienne.

Cette réunion s’inscrit dans un contexte où la question de l’efficacité de l’investissement public occupe une place centrale dans les débats relatifs à la gouvernance contemporaine et aux politiques de développement. Dans de nombreux pays, les défis ne résident plus uniquement dans la capacité à mobiliser les ressources financières ou à élaborer des stratégies de développement ambitieuses, mais davantage dans l’aptitude des institutions à transformer ces ressources et ces orientations en réalisations concrètes produisant des effets mesurables sur les territoires et sur le bien-être des populations.

Le Conseil ministériel du 20 juin 2026 apparaît ainsi comme une illustration des mutations qui affectent aujourd’hui les modes de gestion publique. Il met en évidence une volonté de renforcer les mécanismes de suivi, d’évaluation et de coordination afin d’améliorer la performance de l’investissement public et d’accroître son impact sur le développement territorial.

L’investissement public comme levier de transformation économique et territoriale

Dans les approches contemporaines du développement, l’investissement public constitue un facteur déterminant de transformation structurelle des économies et des sociétés. Les infrastructures de transport, les établissements éducatifs, les structures de santé, les réseaux énergétiques, les équipements hydrauliques et les infrastructures numériques représentent des instruments essentiels de modernisation et de valorisation des territoires.

Ces investissements ne doivent pas être appréhendés uniquement sous l’angle de la dépense budgétaire. Ils constituent des actifs collectifs dont les effets dépassent largement leur coût initial. Ils contribuent à améliorer la mobilité des personnes et des biens, à faciliter l’accès aux services publics, à renforcer l’attractivité économique des régions et à créer les conditions favorables à l’investissement privé.

Les théories du développement régional montrent que la qualité et la répartition territoriale des infrastructures influencent directement les niveaux de croissance économique, les opportunités d’emploi et les dynamiques d’intégration des espaces locaux dans les circuits nationaux et internationaux de production et d’échange.

Dans le cas tunisien, où la question des disparités régionales demeure au cœur des préoccupations publiques, l’investissement public apparaît comme un instrument stratégique de cohésion territoriale et de réduction des inégalités de développement.

L’expérience internationale révèle que l’efficacité des politiques publiques ne dépend pas uniquement de la qualité des décisions prises ou de l’importance des budgets alloués. Elle dépend également de la capacité des institutions à assurer une mise en œuvre efficace des programmes et des projets.

Les études consacrées à l’administration publique soulignent l’existence fréquente d’un écart entre les projets programmés et les projets effectivement réalisés. Ce phénomène résulte souvent de contraintes administratives, foncières, techniques, financières ou institutionnelles qui ralentissent l’exécution des investissements et réduisent leur impact attendu.

La mise en œuvre des projets publics constitue généralement l’une des phases les plus complexes de l’action publique, dans la mesure où elle mobilise une pluralité d’acteurs, de structures administratives et de mécanismes de coordination. C’est souvent à ce niveau que se manifestent les écarts entre les objectifs formulés lors de la programmation, les ressources engagées et les réalisations observées sur le terrain. Dans cette perspective, les travaux du Conseil ministériel ont porté sur les conditions institutionnelles et opérationnelles de l’exécution des projets. L’analyse de ces mécanismes renvoie à des enjeux plus larges liés à la capacité administrative, à la coordination interinstitutionnelle et à la gestion des contraintes susceptibles d’influencer les rythmes et les résultats de l’investissement public.

La transformation des modes de gouvernance : du contrôle administratif au pilotage stratégique

Les orientations examinées lors du Conseil ministériel illustrent une évolution vers des formes plus modernes de gouvernance publique fondées sur le suivi continu, l’évaluation permanente et l’utilisation stratégique de l’information.

L’intégration des projets dans une plateforme nationale de suivi constitue un élément important de cette transformation. Elle répond à la nécessité de disposer d’une vision globale de l’état d’avancement des investissements publics et de renforcer les capacités de coordination entre les différentes structures administratives concernées. Cette démarche s’inscrit dans ce que la littérature spécialisée qualifie de gouvernance fondée sur les données. Dans cette approche, l’information devient une ressource stratégique permettant d’améliorer la prise de décision, de renforcer la transparence et de développer les capacités de pilotage des institutions publiques.

L’objectif recherché consiste à disposer d’indicateurs fiables permettant d’identifier rapidement les difficultés rencontrées et d’intervenir avant que celles-ci ne compromettent l’avancement des projets.

L’anticipation des risques comme nouvelle culture administrative

L’un des aspects les plus significatifs des orientations examinées concerne l’importance accordée aux mécanismes d’alerte précoce et à la gestion anticipative des risques.

Les administrations traditionnelles interviennent généralement après l’apparition des problèmes. Les approches contemporaines privilégient au contraire l’identification précoce des facteurs susceptibles de provoquer des retards ou des dysfonctionnements.

Cette logique repose sur l’idée que les obstacles à l’exécution des projets peuvent être détectés grâce à des systèmes d’information performants et à des mécanismes de suivi réguliers.

Le développement d’une culture de l’anticipation permet de réduire les coûts liés aux retards, de limiter les interruptions de chantier et d’améliorer la prévisibilité des calendriers de réalisation.

Cette évolution traduit le passage progressif d’une administration réactive à une administration préventive, davantage orientée vers la maîtrise des risques et l’amélioration continue de la performance.

La maturité des projets : condition essentielle de l’efficacité de l’investissement

Les recherches internationales sur la gestion des investissements publics démontrent que de nombreux retards trouvent leur origine dans les phases préparatoires des projets.

Les insuffisances des études techniques, les difficultés foncières non résolues, les estimations financières imprécises ou encore les contraintes environnementales insuffisamment prises en compte figurent parmi les principales causes des dysfonctionnements observés lors de l’exécution.

L’accent mis sur la nécessité de garantir la maturité technique, financière, foncière et environnementale des projets avant leur lancement traduit une approche plus rigoureuse de la gestion publique.

Cette orientation vise à renforcer la qualité de la préparation des investissements et à améliorer les conditions de leur réussite. Elle repose sur le principe selon lequel une planification rigoureuse constitue l’un des facteurs essentiels de la performance des projets publics.

Les travaux de l’économie institutionnelle soulignent que le développement dépend autant de la qualité des institutions que du volume des ressources disponibles.

L’efficacité de l’investissement public repose sur la capacité des différents acteurs – administrations centrales, gouvernorats, établissements publics et structures de mise en œuvre – à coordonner leurs interventions autour d’objectifs communs.

La performance institutionnelle ne se limite pas à la conformité réglementaire. Elle implique également la capacité à résoudre rapidement les problèmes, à assurer une circulation fluide de l’information, à mobiliser les compétences nécessaires et à garantir la continuité de l’action publique.

Dans cette perspective, les institutions apparaissent comme un facteur stratégique de développement dont l’efficacité influence directement les résultats économiques, sociaux et territoriaux des politiques publiques.

Les défis persistants de la réforme administrative

Malgré les avancées observées, plusieurs défis demeurent susceptibles d’affecter l’efficacité des réformes engagées.

Le premier concerne le renforcement des capacités administratives et techniques nécessaires à l’appropriation des nouveaux outils de pilotage et de suivi.

Le deuxième défi réside dans la nécessité de simplifier les procédures tout en maintenant les exigences de transparence, de contrôle et de bonne gouvernance.

Le troisième concerne la qualité des opérateurs chargés de l’exécution des projets ainsi que leur capacité à respecter les normes techniques et les délais contractuels.

L’achèvement administratif d’un projet ou l’engagement des crédits budgétaires ne constituent pas, en eux-mêmes, des indicateurs suffisants de réussite. Dans les approches contemporaines de gouvernance fondées sur les objectifs et les résultats, l’appréciation de la performance repose davantage sur la capacité des politiques publiques à produire des effets observables, mesurables et durables sur les réalités économiques, sociales et territoriales. L’évaluation ne porte donc pas uniquement sur ce qui a été réalisé, mais également sur les écarts éventuels entre les objectifs initialement fixés et les résultats effectivement obtenus.

Le Conseil ministériel du 20 juin 2026 consacré au suivi des projets de développement peut être interprété comme une séquence institutionnelle révélatrice des préoccupations actuelles relatives à l’exécution des investissements publics et à l’amélioration des mécanismes de pilotage de l’action gouvernementale. Les orientations examinées mettent en évidence une attention particulière accordée au suivi des projets, à la coordination administrative, à la maîtrise des délais d’exécution ainsi qu’à la prévention des difficultés susceptibles d’affecter leur réalisation.

D’un point de vue analytique, ces orientations s’inscrivent dans une évolution plus large des modes de gestion publique observée à l’échelle internationale, où les logiques de moyens tendent progressivement à céder la place à des approches davantage centrées sur les objectifs, les indicateurs de performance et l’évaluation des résultats. Toutefois, le passage d’une logique de programmation à une logique de résultats constitue un processus complexe dont l’effectivité dépend de multiples facteurs institutionnels, organisationnels et opérationnels.

Les expériences comparées montrent en effet que la multiplication des dispositifs de suivi, des plateformes numériques ou des mécanismes de contrôle ne conduit pas nécessairement à une amélioration automatique de la performance publique. L’efficacité de ces instruments demeure étroitement liée à la qualité de leur mise en œuvre, à la circulation de l’information entre les différents niveaux de décision, à la capacité des structures administratives à agir de manière coordonnée, ainsi qu’à l’existence de mécanismes d’évaluation permettant d’apprécier objectivement les résultats obtenus.

Dans cette perspective, la question centrale ne réside pas uniquement dans la capacité à lancer ou à suivre un nombre plus important de projets, mais dans l’aptitude du système administratif à transformer les objectifs annoncés en réalisations produisant des effets tangibles sur les territoires. L’enjeu porte également sur la réduction des écarts susceptibles d’apparaître entre les intentions formulées au niveau de la décision publique et les résultats effectivement observés sur le terrain.

Ainsi, l’analyse de cette réunion ministérielle invite moins à formuler un jugement définitif sur les politiques engagées qu’à souligner l’importance de l’évaluation continue des performances publiques, de l’observation des résultats concrets et de l’examen des capacités institutionnelles mobilisées dans la conduite du développement territorial. C’est à travers cette capacité à mesurer les écarts entre objectifs, réalisations et impacts que pourront être appréciées, dans la durée, la portée et l’efficacité des réformes engagées.

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Météo : prévisions du mardi 21 juin 2026

Temps généralement dégagé à peu nuageux. Vent de secteur sud au nord et au centre et de secteur est au sud, relativement fort dans la région de Serrat et au sud, où il soulèvera des vents de sable et de poussière et faible à modéré dans le reste des régions. Mer agitée dans la région de Serrat et peu agitée sur le reste des côtes. Les températures maximales sont situées entre 31 et 34 degrés près des côtes et sur les hauteurs et entre 35 et 40 degrés sur le reste d es régions avec des vents locaux de sirocco

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