Lese-Ansicht

L’Italien Duferco lance un projet photovoltaïque en Tunisie

Le groupe italien Duferco a annoncé qu’il signera demain, mercredi 24 juin 2026, à Tunis, un protocole d’accord stratégique avec un important groupe tunisien, dont il n’a pas cité le nom, pour développer de l’énergie photovoltaïque, et ce dans le cadre du Forum d’affaires et de commerce Italie-Tunisie, qui se tiendra les 24 et 25 juin dans la capitale tunisienne.

Latif Belhedi

Cet événement, parrainé, côté italien, par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et l’Agence pour le commerce extérieur (ICE), s’inscrit dans un contexte d’accélération significative des relations économiques bilatérales.

Antonio Gozzi, président de Duferco Italia Holding, président de Federacciai et conseiller spécial de la Confindustria pour l’autonomie stratégique européenne, le plan Mattei et la compétitivité, a déclaré à l’Agenzia Nova, que «la question majeure de l’énergie est au cœur du projet, sur lequel nous travaillons chez Duferco, en partenariat avec un grand groupe tunisien», ajoutant qu’un accord sera signé avec un opérateur tunisien pour le développement des énergies renouvelables photovoltaïques.

Selon M. Gozzi, le projet a une dimension industrielle initiale, les parties «ayant déjà signé des contrats avec des entreprises italiennes consommatrices d’énergie en Tunisie».

Le développement des énergies renouvelables pourrait être lié à Elmed, le câble à courant continu promu par Terna et la Steg, reliant Partanna (Sicile) à Mlaabi (Cap Bon, Tunisie).

Cette infrastructure aura une puissance de 600 mégawatts et une longueur d’environ 220 kilomètres, dont environ 200 kilomètres de câble sous-marin.

De bonnes perspectives dans les deux sens

Pour Gozzi, Elmed peut ouvrir des perspectives dans les deux sens. «Si de l’énergie verte peut être réimportée en Italie, cela pourrait constituer une nouvelle opportunité», a-t-il observé. Parallèlement, a-t-il ajouté, «il pourrait y avoir une opportunité d’exporter de l’électricité vers la Tunisie, car les besoins tunisiens, comme tous les besoins énergétiques, vont croître significativement dans les années à venir». Le président de Duferco Italia Holding a également souligné le rôle potentiel des entreprises italiennes énergivores. «Le consortium d’entreprises italiennes énergivores que je préside, Interconnector, a déjà fait part de sa volonté de financer un tronçon de câble en cas de besoins de financement non couverts», a-t-il déclaré. «C’est une proposition très concrète», a-t-il ajouté.

Interconnector Energy Italia est le consortium qui rassemble de grandes entreprises énergivores désireuses de renforcer la sécurité et la compétitivité de l’approvisionnement en électricité.

Ce dossier énergétique s’appuie sur une relation industrielle déjà bien établie. Pour Gozzi, la Tunisie n’est pas seulement un débouché pour les entreprises italiennes, mais aussi une plateforme de production intégrée aux chaînes d’approvisionnement européennes. «La Tunisie est un pays où le développement industriel a été très intéressant dans divers secteurs, notamment pour les industries italiennes, de la pharmacie à la sidérurgie, en passant par la construction, le ciment et, bien sûr, le textile, secteur le plus traditionnel», a-t-il déclaré.

Les entreprises italiennes implantées en Tunisie, a-t-il ajouté, «sont désormais satisfaites» de leur implantation. Les données de l’Institut national de la statistique confirment également le renforcement de l’axe économique : au cours des cinq premiers mois de 2026, les échanges bilatéraux ont atteint 9,4 milliards de dinars, soit environ 2,8 milliards d’euros.

Bilatéralité et symétrie et non néocolonialisme

Le plan Mattei comprend également la formation professionnelle et la mobilité régulière, a également déclaré M. Gozzi, en rappelant l’accord conclu entre la Confindustria, Elis, la cellule de pilotage du Palazzo Chigi et l’Université Luiss pour recenser les initiatives de formation déjà en cours dans les pays partenaires.

Elis est une organisation à but non lucratif qui œuvre pour la formation et la mise en relation des jeunes, des entreprises, des écoles et des universités. «Nous ne pouvons pas prendre le risque que ces activités soient interprétées comme du néocolonialisme», a averti M. Gozzi, insistant sur la nécessité de la «bilatéralité» et de la «symétrie» dans les programmes de formation.

Le modèle, a-t-il précisé, ne se limite pas à la Tunisie : «Il est mis en œuvre en Algérie, au Maroc, au Gabon pour le cacao, en Côte d’Ivoire et en Éthiopie.»

Le Forum tuniso-italien, qui s’ouvrira demain à Tunis, intervient dans un contexte d’accélération significative des relations économiques bilatérales : en 2025, selon les données de l’ICE, les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 6,5 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros d’exportations italiennes.

L’article L’Italien Duferco lance un projet photovoltaïque en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie | Vers une utilisation sûre des eaux usées traitées en agriculture

La Tunisie, avec le soutien de la FAO, renforce son système de sécurité sanitaire pour la réutilisation des eaux usées traitées en agriculture, une ressource considérée comme stratégique dans un pays confronté à un stress hydrique croissant.

Un atelier consacré à l’examen du plan d’amélioration progressive de l’utilisation sûre des eaux usées traitées s’est tenu à Sousse, dans le cadre de l’Initiative régionale sur la rareté de l’eau (WSI), promue par la FAO en collaboration avec le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et l’Office national de gestion de l’eau (Onas).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet pilote mené à Zaouiet Sousse, fondé sur la planification de la sécurité sanitaire, une méthodologie visant à identifier, évaluer et maîtriser les risques tout au long de la chaîne : de la collecte au traitement des eaux usées, du transport au stockage, jusqu’à leur utilisation en agriculture irriguée. L’objectif est de garantir une réutilisation compatible avec la protection de la santé publique, de l’environnement, des sols et des cultures.

Selon les organisateurs, la méthode adoptée fédère les principaux acteurs de la gestion des ressources : services des eaux, installations d’assainissement, secteur agricole, autorités environnementales, techniciens locaux et utilisateurs finaux.

Le projet vise également à définir les actions prioritaires, les responsabilités opérationnelles, les besoins financiers et les outils de suivi afin de rendre la réutilisation des eaux traitées plus sûre et plus reproductible.

Sinan Bacha, coordinateur national du projet WSI, a souligné que la réutilisation des eaux usées traitées est une priorité de la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050.

Le gouverneur de Sousse, Soufien Tanfouri, a insisté sur l’importance des volumes produits dans la région et sur la volonté d’étendre cette expérience à d’autres régions du pays.

Cette question est cruciale pour la Tunisie, où l’agriculture demeure le principal consommateur d’eau et où les ressources conventionnelles sont de plus en plus exposées à la sécheresse, à la pression démographique et aux effets du changement climatique.

Selon le Rapport national sur le secteur de l’eau 2024, l’Onas exploitait 127 stations d’épuration et traitait 295,7 millions de mètres cubes d’eaux usées, pour un volume de production de 309 millions de mètres cubes.

Toutefois, l’utilisation agricole des eaux usées traitées reste limitée : 11,3 millions de mètres cubes en 2024, soit 3,8 % du total des eaux usées traitées.

Renforcer la sécurité sanitaire est donc une étape indispensable pour accroître la confiance des agriculteurs et des consommateurs, améliorer la qualité des effluents et transformer cette ressource encore sous-utilisée en un outil d’adaptation à la rareté de l’eau.

La Banque mondiale a inscrit la collecte, le traitement et la réutilisation des eaux usées parmi les prochaines priorités de son programme décennal pour la sécurité et la résilience de l’eau en Tunisie.

Pour la FAO, l’expérience tunisienne s’inscrit dans une initiative régionale plus vaste au Proche-Orient et en Afrique du Nord, visant à promouvoir des solutions non conventionnelles et des pratiques agricoles plus résilientes. La Tunisie, la Jordanie et la Palestine figurent parmi les pays qui s’emploient à adapter cette méthodologie aux contextes arabes, avec le soutien des institutions nationales, d’experts et d’acteurs locaux.

I. B.

L’article Tunisie | Vers une utilisation sûre des eaux usées traitées en agriculture est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

L’AG Hammamet remporte la 13e Coupe de Tunisie de golf

L’Association de Golf de Hammamet (AGH) a remporté la 13e édition de la Coupe de Tunisie de golf organisée le weekend dernier au golf The Résidence Gammarth. L’AGH a conservé méritoirement le titre pour la 7e fois de suite et la 8e depuis l’instauration de cette compétition en 2014.

Ayant débuté la compétition en trombe terminant la première journée avec un total de 141 points et une imposante avance de 25 points sur son poursuivant immédiat, le Carthage Golf Club (116 pts), la formation hammamétoise, composée entre autres de Baha Boulakmine, Aziz Dardouri, Rabeh Bedoui, Renato Vaira, Ahlem Mzoughi, Ghaith Rhimi, Mtir Bouaoun et Tebra Guiga, a amélioré son avance terminant la seconde journée en tête avec beaucoup plus d’aisance avec un total de 291 points et un écart de 45 points, à deux petites longueurs sur son propre record de 47 points enregistré lors de la précédente édition.

Avec 246 points, le CG Carthage se classe en deuxième position, devant respectivement la GGA, l’AGK et le CGM. Les sociétaires de Carthage enlèvent, comme lors des deux dernières éditions, le trophée en net, en totalisant 371 points.

La victoire des Hammametois est double puisqu’en individuel le titre est revenu également au couple composé des deux internationaux Baha Boulakmine et Aziz Dardouri. C’est la 4e victoire individuelle de Boulakmine et la 3e de Dardouri.

En net, la doublette du CGC composée de Slim et Sophie Ben Ayed s’est adjugée le titre.

Palmarès :

Coupe de Tunisie :

Brut : 1- AG Hammamet: 291 pts; 2- Carthage GC : 246 pts; 3- Gammarth GC:     236 pts; 4- AG Kantaoui : 225 pts; 5- GC Monastir : 206 pts.

Net : 1- Carthage GC : 371 pts.  

Individuels :

Brut : Baha Boulakmine et Aziz Dardouri AGH ;

Net : Slim Ben Ayed et Sophie Ben Ayed CGC.

L’article L’AG Hammamet remporte la 13e Coupe de Tunisie de golf est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

RoboCare, une startup tunisienne au service de l’agriculture de précision en Afrique

RoboCare, la startup tunisienne spécialisée dans l’agriculture de précision et l’intelligence artificielle (IA) appliquée au secteur agricole, vient de bénéficier d’un investissement à six chiffres de 216 Capital. L’entrée de cette société de capital-risque en seed et pre-seed spécialisée dans les entreprises technologiques au capital de la startup tunisienne va lui permettre de contribuer au développement de l’agriculture de précision en Afrique et au Moyen-Orient

Face aux défis croissants du changement climatique, du stress hydrique et de l’augmentation des coûts de production agricole, les technologies de précision s’imposent comme un levier stratégique pour renforcer la productivité et la résilience des exploitations agricoles.

Fondée à Sfax, RoboCare développe une plateforme de pilotage agricole qui aide les agriculteurs à prendre de meilleures décisions grâce à l’exploitation intelligente de multiples sources de données : imagerie satellitaire, données drones, capteurs IoT, données météorologiques et expertise terrain.

Grâce à ses modèles d’IA, la solution permet de détecter précocement les maladies et les stress des cultures, d’optimiser l’utilisation des ressources et d’améliorer les performances des exploitations agricoles. Les résultats observés sur le terrain sont significatifs : jusqu’à 35 % d’économie d’eau ; jusqu’à 25 % de réduction des intrants agricoles ; et jusqu’à 20 % d’augmentation des rendements.

En combinant IA, agronomie et analyse de données, RoboCare permet aux agriculteurs d’améliorer leur productivité tout en réduisant leur impact environnemental.

L’un des principaux facteurs de différenciation de RoboCare réside dans son approche spécialisée des cultures stratégiques pour la région, notamment les oliviers, les céréales et les tomates industrielles.

Contrairement aux plateformes agricoles généralistes, RoboCare développe ses modèles à partir de données locales pour répondre aux spécificités des sols et des conditions climatiques rencontrées en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Cette approche permet à la startup de proposer des recommandations agronomiques particulièrement adaptées aux besoins des exploitants agricoles et des acteurs de l’agribusiness de la région.

RoboCare accompagne déjà plusieurs milliers d’hectares sous monitoring intelligent et a généré des milliers d’alertes agronomiques permettant aux exploitants d’intervenir plus rapidement et plus efficacement.

La startup a également noué des partenariats avec plusieurs acteurs institutionnels et bénéficie d’une visibilité croissante auprès des écosystèmes AgriTech internationaux.

Grâce à ce financement, RoboCare prévoit d’accélérer son développement selon trois axes prioritaires : l’expansion commerciale vers de nouveaux marchés en Afrique et au Moyen-Orient ;  le renforcement de ses équipes commerciales afin d’accélérer l’adoption de sa solution auprès des grands acteurs de l’agribusiness ; et l’amélioration continue de ses modèles d’intelligence artificielle pour répondre à de nouveaux contextes agricoles.

Alors que l’agriculture représente un secteur clé pour la sécurité alimentaire et la croissance économique de nombreux pays africains et de la région Mena, RoboCare ambitionne de devenir l’un des acteurs de référence de la transformation numérique agricole à l’échelle régionale.

I.B. (avec communiqué)

L’article RoboCare, une startup tunisienne au service de l’agriculture de précision en Afrique est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique

Trois jours de grève dans les banques, les établissements financiers et les compagnies d’assurance, les 23, 24 et 25 juin 2026. Des retraités sans pension. Des fonctionnaires sans salaire. Et deux communiqués — l’un patronal, l’autre syndical — qui se répondent comme deux acteurs qui ont répété leur texte ensemble. Ce n’est pas une métaphore. C’est une lecture. (Photo : Les agents des banques manifestent devant le siège du CBF, à Tunis, lundi 22 juin).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le Conseil bancaire et financier (CBF) répond à ce que personne ne demande en affirmant, dans son communiqué du 22 juin, que la grève est «injustifiée» au motif que les augmentations salariales prévues par le Décret n°68 du 30 avril 2026 ont été intégralement versées. Problème : personne ne les conteste.

Le syndicat revendique les augmentations de 2025 — jamais accordées. Le CBF répond sur 2026. C’est le vieux procédé rhétorique de la substitution : remplacer le grief réel par un grief fictif plus facile à réfuter, puis triompher de cette réfutation comme si elle réglait le différend. Elle ne règle rien. Elle le déplace.

Deuxième problème : le Décret n°68 fixe un plancher légal — pas un plafond. D’autres secteurs soumis au même cadre ont négocié et obtenu des revalorisations supérieures à 5%. Le CBF est le seul acteur patronal à avoir transformé ce minimum légal en maximum indépassable. Ce choix est patronal, non légal. Et le communiqué entretient délibérément la confusion entre les deux — ce qui est, en soi, un aveu.

Troisième problème : invoquer «l’intérêt général» dans un secteur qui a dégagé 1,6 milliard de dinars de résultat net en 2024 — en hausse de 12% — sans reverser un centime de revalorisation aux salariés en 2025, c’est une posture. Pas un argument.

Le communiqué du CBF ne mentionne à aucun moment que le dialogue social est à l’arrêt depuis la nomination du nouveau président du CBF en 2023. Ni que la correspondance syndicale de janvier 2024 demandant la reprise des consultations est restée sans réponse pendant dix-huit mois. Ni que le refus d’appliquer l’article 412 alinéa 2 de la loi n°41/2024 du Code de commerce — relatif aux crédits accordés aux employés — constitue un dossier distinct et tout aussi bloqué.

On ne peut pas démontrer l’absence de motif social suffisant en ignorant méthodiquement les motifs. Un communiqué patronal a le droit d’être partial. La lecture qu’on en fait n’a pas cette latitude.

UGTT : revendications légitimes, stratégie discutable

La légitimité des revendications syndicales est réelle et documentée. Les données sont claires : résultat net sectoriel de 1,6 milliard de dinars, produit net bancaire de 8,035 milliards, performances en hausse continue — pendant que les employés des banques privées n’ont obtenu aucune revalorisation en 2025 alors que leurs collègues du secteur public en bénéficiaient. L’injustice est réelle.

Mais la légitimité d’une revendication n’immunise pas la stratégie qui la porte.

Premier point : choisir les 23, 24 et 25 juin — précisément les jours de versement des salaires et des pensions — n’est pas un hasard. C’est un choix tactique délibéré pour maximiser la pression patronale via la pression citoyenne. Syndicalement compréhensible. Socialement discutable. Les retraités et les fonctionnaires ne sont pas parties au conflit. Les transformer en levier de négociation mérite d’être nommé pour ce que c’est.

Deuxième point : face à dix-huit mois de silence patronal, la Fédération syndicale n’a pas publiquement documenté l’épuisement des mécanismes d’arbitrage et de médiation prévus par la convention sectorielle commune et par le Code du travail. L’escalade directe vers trois jours de grève sectorielle totale, sans étapes intermédiaires visibles, fragilise la posture syndicale sur le plan de la proportionnalité — même quand la cause est juste.

Troisième point : les revendications portent simultanément sur les augmentations 2025, l’article 412 et les charges fiscales de la loi de finances 2026. Chaque dossier est légitime. Leur accumulation dans un seul mouvement brouille le message public et offre au CBF la possibilité de noyer le débat dans la complexité technique. Une hiérarchisation plus lisible aurait servi les salariés mieux qu’un communiqué destiné aux seuls initiés.

Le scénario que personne ne veut nommer

Voici ce que les deux communiqués — patronal et syndical — ont en commun : ils ne proposent aucune sortie de crise. Ils positionnent. Ils imputent. Ils menacent. Mais ils ne résolvent pas.

C’est là que le recoupement implicite des deux positions devient visible : CBF et UGTT tirent chacun une partie de leur légitimité institutionnelle du conflit lui-même. Le CBF existe comme interlocuteur patronal incontournable précisément parce qu’il y a un syndicat à affronter. L’UGTT mobilise et fédère précisément parce qu’il y a un patronat à combattre. Dans ce système, la résolution durable du conflit représente un coût institutionnel que les deux parties ont un intérêt objectif — même inconscient — à différer.

Le résultat est connu : grève en novembre 2025, grève en juin 2026, aucun accord durable entre les deux. Ce n’est pas l’aggravation d’un conflit — c’est sa reproduction à l’identique. Le scénario est écrit d’avance. Chaque partie joue son rôle. Et les retraités, eux, attendent leur virement.

Ce que ni le CBF ni l’UGTT ne disent pas

Cette grève éclate au moment précis où le Plan de Développement national 2026–2030 est en cours d’examen au Parlement — un plan qui assigne aux banques publiques un rôle central dans le financement de la transformation économique du pays.

Un secteur bancaire qui entre en grève générale dans ce contexte, avec un dialogue social rompu depuis trois ans, envoie un signal que les autorités de tutelle — BCT, ministère des Finances, Présidence du gouvernement — ne peuvent pas se permettre d’ignorer. Ce n’est pas une affaire entre le CBF et l’UGTT. C’est une affaire d’État.

La vraie question n’est pas celle des 5%. C’est celle de savoir si la Tunisie dispose d’un modèle de dialogue social sectoriel capable de produire des accords durables — ou si elle est condamnée à rejouer indéfiniment le même scénario : blocage, escalade, grève, retenues sur salaires, accord minimal, nouveau blocage…

Un pays qui ambitionne de financer sa décennie de développement la plus déterminante ne peut pas gérer ses relations sociales bancaires comme si nous étions en 1995.

La réponse s’écrit dans les agences fermées. Et dans les réformes du dialogue social que personne, ni du côté patronal ni du côté syndical, n’a encore eu le courage de proposer. **

* Ingénieur informatique et cadre bancaire.

** Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

L’article Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Soudan | Al-Burhan courtise Washington

Le chef d’état-major de l’armée régulière soudanaise Abdel Fattah al-Burhan cherche à courtiser l’administration Trump après trois de guerre civile sanglante qui l’oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) conduites par Hemedti Dagalo et qui sont responsables de génocide et de crimes de guerre. Cependant, cette volonté de se rapprocher avec Washington bute sur deux obstacles, d’abord les liens avec Téhéran qui a fourni des drones décisifs dans la reconquête du territoire par l’armée régulière mais aussi les liens de cette dernière avec des factions proches des Frères Musulmans. 

Imed Bahri

Bloomberg a publié une enquête de Simon Marks et Mohamed Al-Amin indiquant que l’armée soudanaise a réduit ses achats d’armes iraniennes. Cette enquête, citant des sources bien informées, précise que cette réduction des achats d’armes auprès de l’Iran s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’armée régulière pour obtenir le soutien des États-Unis lors des prochaines négociations visant à mettre fin à la guerre civile qui dure depuis trois ans.

Bloomberg indique que les drones et autres armements fournis par la République islamique à l’armée soudanaise ont contribué à la reconquête de territoires dans ce conflit qui a fait plus de 100 000 morts et qui implique des puissances étrangères.

Gagner les faveurs de Trump

    Cependant, le soutien apporté par l’Iran constitue un obstacle pour l’armée régulière soudanaise dans ses efforts pour gagner les faveurs du président Donald Trump.

    Les sources citées par Bloomberg, parmi lesquelles des diplomates régionaux et un haut responsable de la sécurité soudanaise, ayant tous requis l’anonymat, ont déclaré que l’armée soudanaise a informé les États-Unis qu’elle ne dépend plus de l’Iran pour son approvisionnement en armes et qu’elle souhaite démontrer sa fiabilité en tant que partenaire dans le processus de paix.

    Ce responsable de la sécurité a indiqué que l’armée soudanaise prend désormais conscience que son alliance avec l’Iran a permis à ses rivaux des FSR conduites par le génocidaire Hemedti Dagalo de la dépeindre comme une force extrémiste à motivation religieuse.

    Cette source a ajouté que la stratégie actuelle consiste à rétablir une coopération plus étroite avec les États-Unis et l’Arabie saoudite. Washington a imposé des sanctions l’année dernière au chef d’état-major de l’armée, Al-Burhan, l’accusant de déstabiliser le Soudan.

    Les États-Unis ont désigné les Frères musulmans soudanais comme une organisation terroriste étrangère, les identifiant comme le Mouvement islamique soudanais, dont les membres ont autrefois dirigé le pays. Sa branche armée est la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik, alliée à l’armée régulière soudanaise, que les États-Unis accusent de perpétrer des exécutions de masse de civils.

    Ce récent revirement met en lumière le conflit entre les efforts de paix au Soudan et la confrontation de Washington avec Téhéran. Les États-Unis mènent les efforts de médiation pour un cessez-le-feu dans la guerre civile soudanaise, tout en ayant mené simultanément une guerre contre l’Iran, la même puissance qui a armé l’armée soudanaise, ainsi que des forces supplétives au Moyen-Orient, notamment le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.

    Israël observe le revirement avec intérêt

    Bloomberg ajoute qu’Israël a manifesté un vif intérêt pour l’évolution de la situation au Soudan et la prise de distance de l’armée vis-à-vis de l’Iran. Le gouvernement soudanais soutenu par l’armée s’est engagé en 2020 à normaliser ses relations avec Israël. À l’époque, le conflit entre l’armée et les FSR n’avait pas encore éclaté.

    Cependant, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que les islamistes au Soudan restent liés à l’Iran : «Les islamistes soudanais continuent d’entraver les efforts visant à obtenir un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre actuelle, maintiennent des liens avec le gouvernement iranien, notamment le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), et reçoivent de sa part un soutien technique»

    De son côté, la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik a nié tout lien avec l’Iran et a réaffirmé son engagement à opérer sous le commandement de l’armée. Le responsable soudanais a déclaré qu’Al- Burhan avait récemment pris des mesures pour mettre à la retraite des généraux de l’armée perçus comme trop favorables aux islamistes.

    L’armée soudanaise a renoué ses relations avec l’Iran fin 2023 après une interruption de près de sept ans, période durant laquelle Khartoum avait privilégié l’Arabie saoudite. Ce rapprochement avait conduit l’Iran à fournir des drones d’attaque au Soudan.

    Les efforts de médiation répétés des États-Unis et d’autres pays n’ont pas permis de mettre fin à la guerre que les Nations Unies ont qualifiée de pire crise humanitaire au monde. Les pourparlers impliquant des puissances régionales influentes sont au point mort en raison de désaccords sur le rôle que chaque camp devrait jouer au sein d’un éventuel gouvernement de transition.

    Deux responsables étrangers, connaissant bien les livraisons iraniennes précédentes, ont déclaré qu’aucun signe de soutien récent n’avait été constaté. Le responsable de la sécurité a ajouté que le gouvernement soudanais se tourne désormais vers la Turquie comme source d’assistance alternative.

    Le rôle des extrémistes religieux

    Des sources proches du dossier ont indiqué que la Turquie avait déjà fourni au Soudan des drones TB2 et des munitions. Cependant, le gouvernement soudanais a refusé de commenter ces informations ainsi que les exportations d’armes par des entreprises privées.

    Les États-Unis et d’autres pays accusent les FSR d’avoir commis un génocide pendant la guerre. Ces derniers décrivent régulièrement l’armée soudanaise comme gangrenée par des extrémistes religieux. L’armée soudanaise, des organisations de défense des droits humains et des experts de l’Onu ont affirmé que les Émirats arabes unis soutenaient les FSR. Abou Dhabi a démenti ces accusations à plusieurs reprises, affirmant ne soutenir aucun camp et qu’un cessez-le-feu immédiat et une transition politique étaient essentiels.

    Les FSR et l’armée ont toutes deux joué un rôle déterminant dans le régime dictature d’Omar el-Béchir au Soudan, renversé en 2019.

    Outre ses forces régulières, l’armée a mobilisé d’autres groupes combattants, notamment d’anciens militants pro-démocratie et des islamistes. Le département d’État américain affirme que les Frères musulmans ont fourni plus de 20 000 combattants.

    L’article Soudan | Al-Burhan courtise Washington est apparu en premier sur Kapitalis.

    •  

    Les différences conceptuelles entre accréditation, certification et labellisation

    Dans un environnement marqué par l’intensification de la concurrence, la mondialisation des échanges et l’exigence croissante de transparence, les entreprises sont amenées à démontrer leur capacité à satisfaire des exigences de qualité, de sécurité et de performance. L’accréditation, la certification et la labellisation constituent trois mécanismes complémentaires permettant d’instaurer la confiance entre les acteurs économiques et institutionnels. Bien que souvent associées, ces démarches poursuivent des finalités distinctes et s’appuient sur des référentiels spécifiques. Cet article propose une analyse comparative de ces trois notions, en mettant en évidence leurs caractéristiques, leurs domaines d’application et leurs contributions pour améliorer la performance organisationnelle.

    Mohamed Férid Herelli & Taoufik Halila *

    La maîtrise de la qualité est devenue un impératif stratégique pour toutes les organisations publiques et privées. Elle ne constitue plus seulement un avantage concurrentiel mais une condition essentielle de pérennité et de crédibilité. Dans ce contexte, différents dispositifs de reconnaissance ont émergé afin de garantir la compétence des organismes d’évaluation, la conformité des produits et services, ainsi que la valorisation des caractéristiques particulières auprès des parties prenantes.

    Parmi ces dispositifs figurent l’accréditation, la certification et la labellisation. Bien qu’ils relèvent tous de l’évaluation de la conformité, leurs objectifs, leurs mécanismes et leurs effets diffèrent sensiblement. Une clarification de ces concepts apparaît donc nécessaire afin d’éviter les confusions fréquemment observées dans les pratiques professionnelles.

    L’accréditation : reconnaissance de la compétence technique :

    L’accréditation constitue une reconnaissance formelle délivrée par une autorité compétente attestant qu’un organisme d’évaluation de la conformité possède les compétences techniques et organisationnelles nécessaires pour réaliser des activités spécifiques d’évaluation.

    Selon la norme ISO/CEI 17000, l’accréditation correspond à une confirmation par une tierce partie de la compétence d’un organisme à exécuter des tâches déterminées d’évaluation de la conformité.

    Elle concerne, notamment, les laboratoires d’essais et d’étalonnage ; les organismes d’inspection ; les organismes de certification ; et les laboratoires médicaux.

    L’accréditation vise essentiellement à garantir la fiabilité, l’impartialité et la compétence technique des organismes évaluateurs. Elle constitue ainsi le fondement de la confiance accordée aux résultats des activités d’évaluation de la conformité.

    En Tunisie l’accréditation est gérée par le Conseil national d’accréditation (Tunac), qui est l’organisme national chargé d’évaluer et de reconnaître la compétence des laboratoires, organismes d’inspection et organismes de certification. Le Tunac applique notamment les normes internationales ISO/IEC 17011 ; ISO/IEC 17025, ISO/IEC 17020, ISO/IEC 17021 ; ISO/IEC 17065 ; ISO/IEC 17043, ISO/IEC 17024 et d’autres.

    Le Tunac œuvre à ce que le système tunisien d’accréditation soit conforme aux documents applicables dans le cadre des accords bilatéraux / multilatéraux établis par : EA(European co-operation for Accreditation), Ilac (International Laboratory Accreditation Cooperation) et IAF (International Accreditation Forum) et selon son site, il est indiqué que 154 organismes ont été accrédités en Tunisie dont 14 non fonctionnels.

    Par ailleurs et à l’occasion de la Journée mondiale d’accréditation, célébrée le 13 juin dernier sous le thème «Innovation, confiance et durabilité : le pouvoir de l’accréditation», il y a lieu de rendre hommage à l’équipe de Tunac pour les réalisations acquises depuis sa création et récemment d’avoir acquis une reconnaissance mondiale, qui ne manquera de renforcer la crédibilité de notre système national de qualité et d’accréditation.

    La certification : attestation de conformité 

    La certification est une procédure par laquelle une tierce partie indépendante atteste qu’un produit, un service, un système de management, un processus ou une personne satisfait à des exigences préalablement définies.

    Contrairement à l’accréditation, qui porte sur la compétence de l’évaluateur, la certification concerne l’objet évalué lui-même.

    Les certifications les plus répandues concernent, notamment, les systèmes de management de la qualité (ISO 9001) ; les systèmes de management environnemental (ISO 14001) ; les systèmes de management de la sécurité des denrées alimentaires (ISO 22000) ; et les compétences professionnelles.

    La certification contribue à renforcer la confiance des clients, à faciliter l’accès aux marchés, à améliorer la maîtrise des processus et à promouvoir une dynamique d’amélioration continue.

    La labellisation 

    Le label constitue un signe distinctif permettant d’identifier et de valoriser certaines caractéristiques d’un produit, d’un service ou d’une organisation. Il remplit principalement deux fonctions : d’identification et de garantie.

    Les labels peuvent être publics lorsqu’ils sont délivrés sous l’autorité de l’État ou privés lorsqu’ils sont gérés par des associations professionnelles, des organismes spécialisés ou des regroupements d’entreprises.

    Le label représente ainsi un outil de signalisation de la qualité destiné à réduire l’asymétrie d’information entre les producteurs et les utilisateurs.

    La labellisation consiste à attribuer un label sur la base d’un référentiel ou d’un cahier des charges préétabli.

    Cette démarche repose généralement sur l’élaboration d’un référentiel ; l’engagement formel du bénéficiaire ; les audits ou contrôles périodiques ; et l’évaluation de la satisfaction des utilisateurs.

    La labellisation constitue un outil efficace de différenciation et de valorisation de la qualité perçue. Elle participe également au renforcement de l’image de marque et à l’amélioration de la visibilité des organisations auprès de leurs parties prenantes.

    Comparaison entre accréditation, certification et labellisation

    L’analyse comparative réalisée met en évidence la complémentarité de l’accréditation, de la certification et de la labellisation au sein de l’infrastructure qualité. Bien que ces trois mécanismes participent à la construction de la confiance entre les acteurs économiques, institutionnels et sociaux, leurs finalités demeurent distinctes.

    L’accréditation constitue le niveau le plus élevé de reconnaissance en garantissant la compétence technique et l’impartialité des organismes d’évaluation de la conformité. La certification apporte quant à elle une preuve objective de conformité à des exigences définies dans des normes ou des référentiels reconnus. Enfin, la labellisation vise principalement à valoriser certaines caractéristiques qualitatives et à renforcer la visibilité des produits, services ou organisations auprès des parties prenantes.

    Au-delà de leurs différences, ces dispositifs contribuent conjointement à l’amélioration de la performance organisationnelle, à la maîtrise des risques, au renforcement de la crédibilité institutionnelle et à l’accroissement de la compétitivité. Leur mise en œuvre favorise également l’adoption d’une culture d’amélioration continue et de transparence, devenue indispensable dans un environnement économique caractérisé par des exigences croissantes en matière de qualité, de sécurité et de responsabilité.

    Ainsi, loin d’être des démarches concurrentes, l’accréditation, la certification et la labellisation apparaissent comme des outils complémentaires permettant aux organisations de démontrer leur engagement envers l’excellence et de consolider durablement la confiance de leurs partenaires, clients et autres parties prenantes.

    * Experts séniors en développement industriel, conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).

    Références bibliographiques :

    Article de Halila, T. & Herelli, M. F. paru dans Kapitalis.

    ISO/CEI 17000. Évaluation de la conformité — Vocabulaire et principes généraux. Genève : Organisation internationale de normalisation.

    ISO 9001:2015. Systèmes de management de la qualité — Exigences. Genève : Organisation internationale de normalisation.

    ISO 14001:2015. Systèmes de management environnemental — Exigences et lignes directrices pour son utilisation. Genève : Organisation internationale de normalisation.

    Organisation internationale de normalisation (ISO). Normes relatives à l’évaluation de la conformité et aux systèmes de management de la qualité.

    L’article Les différences conceptuelles entre accréditation, certification et labellisation est apparu en premier sur Kapitalis.

    •  
    ❌