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Dr Maher Zahar (vice-président de la FIMS et membre du groupe des experts du CIO) : «La Tunisie a contribué de manière prépondérante à l’écriture de l’histoire de l’odontologie du sport»

Notre invité de ce dimanche est Dr Maher Zahar. Il est vice-président de la Fédération Internationale de la Médecine du Sport et membre du groupe des experts. Nous l’avons sollicité en tant qu’orthodontiste pour nous parler de la «Journée mondiale de la dentisterie» qui se tiendra le 25 juin. Coupe du monde oblige, nous avons également cherché à coller à l’actualité. Les dents et le sport sont étroitement liés et notre invité nous l’explique. Entretien.

– Pour commencer, qui est Maher Zahar ?
– Tunisien, issu de cette première génération de la République tunisienne, élevé autour des valeurs de l’importance de l’enseignement et de la connaissance, j’ai grandi dans une famille traditionnelle qui a adopté la modernité. Elève au lycée Carnot, j’ai évolué dans une environnement multiculturel, riche, où la compétition était religion. J’ai aussi grandi auprès de parents férus de sport, donc très tôt, je me suis retrouvé dans un stade, où j’ai appris à apprécier l’effort, la performance et la valeur de la consécration .

– Vous avez fait de la médecine dentaire. Pourquoi ce choix ?
– Tout d’abord, j’arrive en première année aux études médicales (PCEM) par choix et après une classe préparatoire aux écoles d’ingénieurs. La chirurgie dentaire fait appel aussi bien aux compétences en mathématiques et en sciences physiques, ainsi qu’à une très bonne maîtrise en sciences biologiques. Ces exigences me convenaient parfaitement. Donc, c’est par choix que j’opte pour la chirurgie dentaire, étant conconvaincu alors, que cette discipline allait prendre un très grand essor.

– Vous avez joué au volley-ball en portant les couleurs de l’Espérance Sportive Tunis. C’était évident de concilier études et sport ?
– Oui, j’ai eu la chance de participer, sous les couleurs de l’Espérance Sportive de Tunis, au premier championnat de Tunisie École de volley-ball en juin 1970. À ce moment-là, la pratique du sport dans les catégories des jeunes, c’était trois entraînements en cours de semaine, dont un le vendredi après-midi, une demi-journée qui était consacrée au sport scolaire. Pour ma génération, effectivement, le challenge était de concilier sport et études, et en volley-ball, l’équation était largement honorée, beaucoup de joueurs ayant pu accorder les deux challenges. Pour ma part, j’ai mis la pratique du volley-ball en équipe civile en stand-by dès la catégorie junior pour me consacrer aux études et à la pratique du volley-ball en sport scolaire et universitaire.

– Vous avez toujours lié vos études au sport. Cela s’est fait automatiquement ou suite à un événement ?
– Au début de ma carrière professionnelle, le seul moyen de se former, c’était soit la participation aux congrès, soit la lecture de livres et de revues scientifiques. Après avoir lu l’abrégé d’odontostomatologie du sport écrit par feu le professeur Henri LAMENDIN, je lui ai écrit et nous avons beaucoup échangé jusqu’au jour où il m’a sollicité pour m’inscrire au Diplôme universitaire d’odontologie du sport organisé par la faculté de chirurgie dentaire de Lyon. Et là, commence pour moi cette aventure longtemps souhaitée où je peux concilier ma passion pour le sport associée et mon engouement pour l’odontologie. Cet enseignement m’a permis d’être major de la première promotion européenne dans cette discipline et par là même, d’être le premier Africain et Arabe à détenir ce diplôme. Aujourd’hui, 30 années après, les diplômés en odontologie du sport se comptent par milliers.

– Le 25 juin prochain, on fêtera la “Journée mondiale de la dentisterie du sport”. Qu’est-ce que la dentisterie du sport ?
– La dentisterie du sport est une spécialité de la médecine dentaire qui est pratiquée depuis presque un siècle, depuis les Jeux Olympiques de Berlin, et qui est reconnue en tant que discipline depuis la fin des années soixante dix, après les JO de Mexico. Au départ, son exercice est essentiellement orienté vers la thérapeutique relative aux accidents traumatiques lors de la pratique sportive. Très vite, c’est la prévention qui prend le dessus et qui devient le cœur du métier. Au début des années quatre-vingt, c’est l’avènement de l’orthodontie du sport, avec le traitement dont a bénéficié Carl Lewis et qui lui a permis d’améliorer ses performances de manière notable. A partir de ce moment là, l’odontologie du sport devient une discipline à part entière de l’encadrement médical des athlètes. Elle intervient sur l’organe dentaire, sur les rapports des arcades, sur la prévention et surtout sur l’équilibre musculaire du corps dans sa globalité.
Cette journée est fêtée pour la première fois, à l’échelle mondiale, durant la Coupe du monde de football. Des évènements sont prévus sur les cinq continents. Il y aura aussi le lancement d’un journal international dédié à la dentisterie du sport. Oui, c’est une journée importante qui va constituer un repère dans l’évolution de cette spécialité.

– Est-ce vrai que cette discipline a une partie de son histoire écrite en Tunisie ?
– Oui, la Tunisie a contribué de manière prépondérante à l’écriture de l’histoire de l’odontologie du sport. Deux repères majeurs ont eu lieu dans notre pays :
1997 avec la création de la deuxième société scientifique d’odontologie du sport de par le monde (la première est la Société française) ; 1998 à la faveur de l’organisation du 1er Congrès mondial d’odontostomatologie du sport en Tunisie.
Par la suite, la dentisterie tunisienne du sport a été présente lors de toutes les étapes de développement de cette discipline de par le monde et dans les congrès internationaux de médecine du sport.

– En Tunisie, jusqu’à quel point est-on à jour dans ce domaine ?
– Je pense qu’il faut retenir, tout d’abord, notre présence dans la recherche scientifique dans ce domaine. En effet, nous avons été parmi les premiers à l’échelle internationale à quantifier de manière objective l’impact de l’occlusion dentaire sur la force musculaire.
D’autre part, nous sommes actuellement très avancés dans la prise en charge clinique. En posturologie, nous avons acquis une grande maîtrise dans ce domaine, que cela soit au sein du Centre national de médecine et des sciences du sport, ou bien au niveau du CHU Mohamed Kassab de Ksar Saïd. La dentisterie du sport est primordiale dans l’analyse posturale. Nous sommes régulièrement invités à partager notre expérience dans ce domaine à l’échelle internationale. Enfin, je pense que la communauté des médecins du sport tunisien reconnaît l’impact de l’odontologie du sport sur la santé et les performances de nos athlètes.
En résumé, je peux dire que dans notre pays, là où le management de la médecine du sport est en phase avec l’évolution de cette discipline à l’échelle mondiale, la dentisterie du sport est bien présente et participe à la protection de la santé de nos athlètes et à la réalisation des performances.
Dans d’autres sports, en cas d’absence d’encadrement médical, ou dans le cas d’un suivi sommaire en médecine du sport, aussi bien la dentisterie du sport que les autres disciplines qui participent à la performance sont absentes.

– Jusqu’à quel point une hygiène dentaire précaire peut-elle conditionner une performance sportive ?
– Pour être précis, il n’y a qu’un seul argument : une hygiène dentaire précaire, c’est une cavité buccale inflammée et donc une plus grande susceptibilité à la maladie et à la blessure, ce qui est synonyme de contre-performance.

– On voit, des fois, des joueurs porter un protège-dents. Celui-ci n’est-il pas, entre autres, un facteur de gêne respiratoire ?
– Le port du protège-dents s’est démocratisé. Plusieurs disciplines ont rendu son port obligatoire pour prévenir et réduire les traumatismes dentaires et de la face.
Le protège-dents n’entrave en rien la respiration, il est étudié et réalisé pour justement permettre à l’athlète de respirer correctement. Plus encore, de nos jours, les protège-dents individualisés sont étudiés pour permettre un meilleur équilibre des muscles de la face et par là même des muscles du corps. De ce fait, le protège-dents devient un artifice qui participe à la réalisation des performances.
Bien sûr, toutes ces spécificités sont valables pour les protège-dents individualisés. Les protège-dents du commerce ne sont pas aussi précis.

– Il paraît que c’est le cœur qui se ressent le plus d’une mauvaise hygiène dentaire. Est-ce vrai ?
– Ce qui caractérise les atteintes dentaires, c’est leur potentiel de dissémination des germes dans la circulation sanguine. Or, qui dit dissémination dit possibilité d’une localisation secondaire, et le cœur peut être le site de cette localisation secondaire. C’est le cas des endocardites bactériennes qui ont pour agent pathogène un germe de la cavité buccale. C’est pourquoi une mauvaise santé bucco-dentaire peut être dangereuse pour la santé cardiaque.

– Quels sont les domaines où la dentisterie du sport intervient dans la préparation et la performance du sportif ?
– La santé orale est primordiale pour la santé de l’athlète. Par l’intermédiaire de la circulation sanguine pour l’organe dentaire, par le biais de l’occlusion dentaire pour le système musculaire, par l’alignement dentaire pour la posture et pour la verticalité. Vous comprenez facilement que tout est imbriqué et qu’une excellente santé orale est nécessaire pour permettre à l’athlète de mener sa préparation comme il se doit.
Maintenant, nous savons tous que n’importe quel détail peut influencer la réalisation des performances. Or, la dentisterie du sport est, par excellence, la science du détail.
J’ai pour habitude de dire qu’il n’y a pas plusieurs santés pour un athlète : santé mentale, santé corporelle, santé buccale, etc. Il y a un athlète, une santé, la santé de cet athlète. One athlète, one Health !

– Pour cela, combien d’examens bucco-dentaires sont-ils nécessaires au cours d’une saison ?
– Pour un athlète amateur ou pour un athlète en formation, un seul examen complet réalisé en début de saison et qui peut être complété par un examen radiologique.
Pour un joueur professionnel, un examen clinique complet en début de saison, est indispensable. Il est appuyé par un examen radiologique et par un enregistrement occlusal.
Durant la saison, et en cas de survenue de lésions articulaires ou musculaires, un autre examen clinique complet est nécessaire.
Ce protocole est appliqué par la majorité des grands clubs professionnels et par plusieurs sélections de football.

– Nos associations sportives sont-elles bien équipées dans ce sens ? Ont-elles pensé à se doter de spécialistes ou sont-elles encore au stade des balbutiements ?
– Malheureusement non ! Ni nos associations, ni nos fédérations n’ont adhéré aux nouvelles approches de suivi médical des athlètes d’élite. Et pourtant, si on analyse nos résultats sportifs sur les vingt dernières années, on constate que là où il y a eu médailles, il y a très souvent eu suivi médical pluridisciplinaire avec impact sur la performance.

– Pour le recrutement d’un sportif de haut niveau, la visite médicale est de rigueur. Les dents sont-elles concernées ?
– Oh QUE OUI ! Bien sûr, et même plus, dans certains grands clubs européens le critère étant exclusionniste.
Je m’explique. Une ou plusieurs atteintes bucco-dentaires sont synonymes de possibilité d’avoir des atteintes articulaires en rapport dans le cas de cavité buccale présentant plusieurs atteintes. Certains responsables de clubs, à juste titre, préfèrent ne pas engager le joueur, ou bien introduire des “clauses médicales” dans le contrat afin de se prémunir contre d’éventuelles longues périodes d’indisponibilité. D’ailleurs, la confédération asiatique vient d’introduire le dossier de la santé bucco-dentaire dans le dossier PCMA (pré-compétition médical assessment) pour les compétitions asiatiques.
Pour ma part, j’avais lancé il y a quelques années lors d’un congrès international de médecine du football le concept “FOOTBALL DENTISTERY” parce que la dentisterie du sport présente des spécificités en fonction du sport pratiqué.

– Des histoires ou des anecdotes concernant la santé bucco-dentaire et la performance sportive, vous devez en avoir…
– Trois belles histoires me viennent à l’esprit, la première concerne un de nos valeureux nageurs, pour lequel une intervention chirurgicale a été indiquée suivie d’un arrêt de la pratique sportive. Après un examen odontologique complet et précis, ainsi qu’une évaluation musculaire précise et individualisée, une thérapeutique dentaire a été réalisée. Ce traitement lui a permis de reprendre les entraînements après 15 jours. Le staff technique a décidé de l’inclure dans la liste des joueurs sélectionnés et il a remporté le championnat d’Afrique.
La deuxième concerne un golfeur européen qui s’est trouvé éloigné des parcours pendant plus de six mois et qui se présente à nous en Tunisie pour avis d’expertise. Après un examen clinique de précision appuyé par des examens radiologiques précis, un protocole thérapeutique est préconisé. Ilest réalisé en Tunisie et l’athlète est guéri et a repris la compétition de haut niveau.
La plus belle, c’est bien sûr l’encadrement médical de Ons Jabeur, où la dentisterie du sport a joué un très grand rôle. Il fallait agir à la pointe de ce qui se fait a l’échelle internationale, se conformer à un calendrier sportif très chargé, faire appel à des collaborateurs venant d’horizons différents en fonction des exigences du moment, gérer des intervenants qui se trouvent sur différents continents et enfin partager régulièrement avec les autres membres de l’encadrement. Le résultat, nous le connaissons tous : une athlète intelligente et hors pair qui domina le tennis mondial et qui porta très haut nos couleurs et l’histoire est encore en train de s’écrire.
Ce que nous devons retenir, c’est la fierté de participer à la guérison de sportifs de haut niveau. C’est aussi la fierté de pouvoir compter sur des compétences tunisiennes et de pouvoir rivaliser avec les grands centres internationaux de médecine du sport. L’autre grande vérité, c’est que la médecine du sport en 2026 est une science clinique, avec une approche de précision et individualisée.

– Justement, comment voyez-vous la médecine du sport en 2026 ?
– La médecine du sport a beaucoup évolué ces deux dernières décennies. D’une simple discipline médicale, elle est passée dans plusieurs pays à une spécialité médicale. D’une pratique générale, elle s’est transformée en un exercice de spécialité dédié à un sport bien particulier. Lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, le comité d’organisation a fait appel à des médecins du sport possédant une expertise particulière par sport. C’est l’une des raisons qui ont permis le succès de l’encadrement médical lors de ces jeux. De même, la médecine du sport est de nos jours une spécialité qui s’exerce par une équipe pluridisciplinaire sous la tutelle d’un médecin du sport. Tous les membres de cette équipe médicale sont compétents dans l’exercice de leur spécialité chez le sportif. On parle de sports medicine’Team. De même, dans plusieurs disciplines, les travaux réalisés en médecine du sport sont à la pointe de la recherche médicale. Enfin, l’avènement de l’intelligence artificielle va favoriser les échanges au sein de la communauté des médecins du sport et entre les athlètes. Et là, la médecine du sport prendra un grand essor pour le bien du sport et dans l’intérêt des athlètes.

– Si vous deviez parler des compétences tunisiennes dans le domaine de la dentisterie du sport, que diriez-vous ?
– Beaucoup de reconnaissance aussi bien à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale et c’est excellent pour cette discipline et pour notre pays.
Actuellement, je dirais que ce sont quelques passionnés qui font parler d’eux et qui rendent de grands services aux athlètes. Mais pour faire évoluer la dentisterie du sport en Tunisie, on a besoin de trois grandes décisions :
– Un enseignement de cette discipline au niveau des institutions universitaires.
– L’adoption de textes délimitant les responsabilités et encadrant les politiques de prévention des traumatismes lors de la pratique sportive.
– L’adoption d’un texte spécifiant les impératifs et les protocoles du suivi médical des athlètes affiliés aux fédérations sportives.

– Sur un plan personnel, si vous n’étiez pas dentiste, quel autre métier auriez-vous choisi ?
– Peut-être pilote de ligne, un métier qui m’a toujours subjugué et qui continue de me fasciner. Un métier qui a aussi beaucoup évolué ces dernières années.

– Que faites-vous de votre temps libre ?
– Je lis beaucoup d’articles scientifiques bien sûr, mais aussi beaucoup d’autres en rapport avec les sciences humaines, la sociologie, la philosophie et les sciences politiques. C’est ma manière d’essayer de comprendre comment le monde évolue et où se situe l’humain par rapport à cette évolution, d’autant plus que les choses vont très vite de nos jours. Peut-être même plus vite que le potentiel d’assimilation de l’être humain. je lis donc pour essayer de mieux comprendre.

– On est en pleine Coupe du monde. Vos impressions ?
La grande majorité des équipes est très bien ppréparée. Nous avons pu voir de très beaux matchs, malgré l’augmentation du nombre de participants. Je pense que petit à petit, les équipes vont monter en puissance et nous pourrons voir quelques exploits.

– Le mot de la fin ?
– Moi, je considère le sport comme un lien sociétal et un vecteur de bien-être et de bonne santé. Pour cela, un encadrement médical approprié est nécessaire et de nos jours, il se consacre surtout à la prévention.
La dentisterie du sport et la dentisterie tout court sont par excellence une science de la prévention.
Fêter la Journée mondiale de la dentisterie du sport le 26 juin revient à partager les concepts de la prévention des maladies bucco-dentaires. Et prévenir les maladies bucco-dentaires revient à contribuer à instaurer le bien-être chez les populations.
Vive le sport et vive la dentisterie du sport !

Propos recueillis par Mourad AYARI

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EST : Reghecampf veut Bonheur Mugisha

Pour remplacer Onuche Ogbelu, les responsables de l’Espérance Sportive de Tunis ont pensé à Samba Koné et Aïssa Laiouni, mais ces deux joueurs ne viendront pas pour différentes raisons. Face à cette situation, Laurentiu Regnecampf a demandé le recrutement de Bonheur Mugisha, un joueur du milieu qui a fait très forte impression lors de ses passages par l’Avenir Sportif de La Marsa et le Stade Tunisien. Reste que le milieu défensif rwandais est encore sous contrat avec Al Masry de Port Saïd et il faut négocier son transfert avec les responsables de l’équipe égyptienne.

Louay Ben Hassine se rapproche
Dans le cadre du renforcement de l’effectif en place, nous avons appris que les membres de la Commission de recrutement et de suivi est entrée en contact avec l’ex-milieu central de l’Etoile Sportive du Sahel et actuel sociétaire de l’équipe serbe de Radnicki 1923, Louay Ben Hassine, pour rejoindre le Parc Hassène Belkhodja, le joueur étant en fin de contrat avec son équipe.
Louay Ben Hassine n’a pas rejeté l’offre et a même donné son accord de principe. La finalisation des modalités de son arrivée devrait intervenir dans les prochains jours.

Un œil sur Bangoura
Personne ne peut nier la nécessité d’avoir au moins deux attaquants supplémentaires aux côtés de Florian Danho, même si l’Espérance compte dans ses rangs Achref Jabri et le jeune Amenallah Hmidhi. Conscient de ce manque, Chokri El Ouaer a chargé José Clayton de dénicher un attaquant de talent au Brésil.
Entretemps, le nom du jeune attaquant guinéen, Mohamed Saliou Bangoura, actuel sociétaire du Mouloudia d’Alger, a été évoqué. Ce jeune joueur âgé de 22 ans a disputé 19 rencontres la saison dernière avec le MCA et a marqué 10 buts.
Toutefois, son arrivée au Parc Hassène Belkhodja reste tributaire des conditions de transfert que va imposer son équipe algérienne.

Malek Miladi ne viendra pas
Nous avions évoqué dans une précédente livraison la possibilité de voir le défenseur central de l’Union Sportive Monastirienne, Malek Miladi, porter le maillot «sang et or» à partir de la prochaine saison.
Mais, aux dernières nouvelles, le joueur a préféré tenter une nouvelle expérience en dehors de nos frontières. Il va rejoindre le championnat irakien et l’équipe d’Al Minaâ.
La page du joueur est tournée pour l’équipe de Chokri El Ouaer qui va se retourner vers Marouane Sahraoui, le défenseur axial du Stade Tunisien, qui sera libre de ses mouvements à la fin du mois en cours, date d’expiration de son contrat.

Hédi RASSAÂ

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ESS : le cri de détresse de Karim Akrout 

C’est vraiment le fond du gouffre à l’Etoile Sportive du Sahel. Pas de candidats pour prendre les rênes du club. Pas même le moindre consensus autour de quiconque, outre cette diabolisation systématique de toute personne «osant» (le mot est approprié) participer au sauvetage d’une Etoile à la dérive et dénuée de toute ligne de conduite.
La récente liste chapeautée par le secrétaire général du club Mohamed Salah Souilem a subi le sort d’une esquisse de projet mort-né suite au refus catégorique d’une frange importante du public étoilé, malgré le fait qu’elle ait été cautionnée par les anciens présidents Abdejlil Bouraoui et Moez Driss.
Du coup, on n’est pas sorti de l’auberge et l’Etoile s’enfonce davantage dans un vide managérial préjudiciable sur tous les plans, de quoi susciter de profondes inquiétudes auprès du public de l’Etoile.

«Il faut urgemment installer une équipe dirigeante» 
Face à cette conjoncture précaire, le président de la commission des litiges Karim Akrout qui continue implacablement les campagnes de vente des abonnements et du nouveau maillot, est monté au créneau pour réclamer l’installation urgente d’une équipe dirigeante, chose qui boostera inévitablement l’adhésion du public étoilé aux actions ci-dessus mentionnées. «Il est impératif d’installer urgemment d’ici la semaine prochaine une nouvelle équipe dirigeante afin de sécuriser les différentes parties prenantes, qui sera appelée non seulement à remettre les pendules à l’heure, notamment sur le plan sportif, mais également à tenir une communication permanente et fiable à l’égard du public de l’Etoile visant à l’informer de l’état des lieux et des états financiers du club pour l’étape à venir. Une démarche qui installera un climat de confiance et de transparence auprès des différents acteurs du club», a déclaré Karim Akrout qui poursuit ses déplacements dans les différentes régions et villes connues pour leur attachement au club sahélien.

Hatem REGAIEG

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CSS : mardi, examen de l’éligibilité de la liste de Mehdi Frikha 

La commission indépendante du Club Sportif Sfaxien, composée de Chafik Jarraya (président), Mohamed Maalej et Selma Besbes (membres), a indiqué dans un communiqué qu’elle avait décidé de fixer au mardi 23 juin l’examen de l’éligibilité de la liste  de Mehdi Frikha qui s’est portée candidate aux élections du bureau directeur fixées au 3 juillet prochain. La commission a indiqué que la validation de la liste est subordonnée à l’envoi par ses membres de leur bulletin numéro 3 et ce, au plus tard le lundi 22 juin.
La commission a indiqué qu’en cas d’impossibilité (contrainte temps) d’envoyer le document en question avant le délai fixé, chaque membre devra alors envoyer par mail à  l’adresse électronique de la commission une déclaration sur l’honneur dûment attestée qu’il n’a jamais fait l’objet d’un jugement judiciaire pour un délit de droit commun de nature à porter atteinte à l’honneur.
Rappelons que la liste candidate aux élections du bureau directeur du CS Sfaxien comprend les personnalités suivantes :
Mehdi Frikha (président)
Thameur Fedri (vice-président)
Sami Boussarsar, Mahdi Ghribi, Khaled Serbaji, Ayman Bouatour, Souheir Daoud, Mehdi Safi (membres).

Vers le rachat du contrat de Hasamadou Ouédraogo
Le Club Sfaxien a décidé d’activer la clause du rachat du contrat du milieu de terrain burkinabé Hasamadou Ouédraogo, international U23, qui bouclera le 30 juin courant ses 21 ans. Le rendement du joueur a été en effet  estimé convaincant à la fois par l’ex-entraîneur Mohamed Kouki, que par les responsables du club et la majorité du public. Pour finaliser cette opération, le club «noir et blanc» doit débourser 300 mille dinars à son club, le Real de Faso.

Ameur KERKENNI

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Le Real Madrid dément tout intérêt pour Michael Olise

Le Real Madrid a officiellement démenti les rumeurs selon lesquelles il serait intéressé par Michael Olise, ailier français du Bayern Munich. Le club affirme n’avoir eu aucun contact avec le joueur, ses représentants ou son entourage, malgré des informations évoquant une possible offre de plus de 200 millions d’euros. Madrid souligne aussi ses bonnes relations avec le Bayern. Olise, arrivé en 2024, s’est imposé comme un joueur important sous Vincent Kompany, tandis que les rumeurs étaient liées aux promesses de recrutement de Florentino Pérez.

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Liga : Malaga signe son retour après huit années d’absence

Malaga a retrouvé l’élite du football espagnol après huit années d’absence en s’imposant 2-1 sur la pelouse d’Almeria samedi lors du match retour de la finale des barrages d’accession à la première division espagnole.

Après un match aller nul et vierge, les hommes de Juan Francisco Funes ont fini par arracher la victoire au terme d’une rencontre sous haute tension.

Dans un match marqué par une expulsion de chaque côté dans le temps additionnel, Malaga a validé son retour en Liga grâce à des buts de Chupe (65e) et David Larrubia (71e), malgré la réduction du score de Leo Baptistao pour Almeria (76e).

Malaga, qui disputait encore la Ligue des champions lors de la saison 2012-13, a été relégué en 2018, puis a poursuivi sa descente aux enfers en 2023 en chutant en troisième division avant d’entamer sa renaissance.

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Une campagne nationale permet plus de 1 500 opérations gratuites de la cataracte

Le ministère de la Santé a salué, samedi, la contribution de ses partenaires au succès d’une campagne nationale ayant permis la réalisation de plus de 1.500 opérations gratuites de la cataracte à travers l’ensemble des gouvernorats du pays.

Menée dans le cadre de la deuxième Journée nationale de la santé oculaire, organisée le 23 mai sous le slogan « La grâce de la vue… lumière de la vie », cette initiative a mobilisé des professionnels de santé, des personnels administratifs, des établissements publics et privés ainsi que des acteurs de la société civile, selon un communiqué du ministère.

Le nombre d’interventions a largement dépassé l’objectif initial de 1.000 opérations fixé par les autorités sanitaires. Le ministère a souligné que cette action vise à lutter contre la cécité évitable en prenant en charge les patients souffrant de cataracte, l’une des principales causes de déficience visuelle.

Les autorités ont également réaffirmé leur engagement en faveur de l’équité d’accès aux soins, du renforcement du droit à la santé et de la réforme du système sanitaire.

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Augmentation insuffisante des pensions et détérioration du système de santé : les retraités mangent leur pain noir

La Fédération générale des retraités a tiré, mercredi, la sonnette d’alarme sur les difficultés rencontrées par la majeure partie des personnes appartenant à cette catégorie sociale, citant particulièrement des augmentations «dérisoires» des pensions de retraite et une détérioration de la qualité des soins de santé dans le secteur public.
«Après une longue attente, le gouvernement a décidé de revoir à la hausse les pensions des retraités affiliés aux deux caisses sociales, à travers un décret publié au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) en date du 30 avril 2026. Si l’augmentation des pensions des affiliés à la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale (CNRPS) répond au strict minimum, celle perçue par les retraités affiliés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) est extrêmement dérisoire», a souligné la fédération rattachée à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), indiquant que cette augmentation «ne correspond pas à l’effondrement dramatique du pouvoir d’achat de la majorité des retraités, conséquence de la folle flambée des prix».
Dans un communiqué intitulé «Non au piétinement des droits des retraités», la fédération a également déploré l’exclusion de milliers de bénéficiaires de faibles pensions de toute augmentation significative, notant qu’il aurait été plus judicieux que l’augmentation des pensions soit progressive (proportionnellement plus élevée pour les pensions les plus basses) afin de réduire le fossé immense qui se creuse entre les retraités.
Selon les données de l’Institut national de la consommation (INC), 39% des retraités perçoivent des pensions inférieures à 500 dinars, 30% entre 500 et 1.000 dinars, 12,8% entre 1.000 et 1.500 dinars.
La Fédération générale des retraités a également lancé un cri d’alarme face à la situation du système de santé, qui ne cesse de se détériorer et de se complexifier depuis des décennies.
«La situation s’est aggravée et envenimée ces dernières années en raison de plusieurs facteurs, notamment la pénurie de nombreux médicaments vitaux. Les retraités, toutes catégories confondues, sont sans doute les principales victimes de cette situation, particulièrement face à la dégradation des services de santé publique qui faisaient autrefois la fierté de la Tunisie. Ce qui devrait être un droit constitutionnel fondamental, basé sur les soins et l’assurance maladie, s’apparente désormais à un luxe», a-t-elle fait remarquer.

Appel au dialogue
Au regard de l’ampleur de la crise, la fédération a souligné la nécessité d’un dialogue avec les autorités sur l’ensemble des questions cruciales touchant les retraités. Elle a, dans le même temps, réaffirmé son engagement à mener toutes les luttes légitimes, légales et nécessaires pour stopper cette hémorragie, afin de défendre les droits de ses affiliés à un minimum de conditions de vie dignes et de sécurité au quotidien.
Concrètement, la Fédération générale des retraités revendique la révision automatique des pensions des retraités affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) au lieu de l’indexation des pensions au salaire minimum garanti (SMIG), ainsi que la promulgation d’une loi prévoyant un seuil minimum pour les pensions de retraite équivalent au SMIG.
«Plus de la moitié des retraités perçoivent une pension de vieillesse représentant deux tiers du salaire minimum garanti, soit environ 350 dinars. Dans le détail, il s’agit de 620.000 personnes, dont 600.000 affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et 20.000 affiliés à la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS)», détaille le secrétaire général de la fédération, Abdelkader Nasri.
La fédération réclame aussi l’amendement de l’article 26 du Code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés pour réduire le taux d’imposition des pensions de retraite, la suppression des prélèvements sur les pensions au titre de la contribution sociale de solidarité et l’abaissement des frais de soins et de transport pour les retraités.
Et last but not least, les retraités dénoncent la non-application de la péréquation automatique des pensions de retraite conformément à l’article 37 de la loi 85-12 du 5 mars 1985 portant régime des pensions civiles et militaires de retraite et des survivants dans le secteur public. Cet article stipule que la péréquation de la pension est effectuée lors de toute augmentation de l’un quelconque des éléments permanents de la rémunération correspondante au grade ou à la fonction sur la base de laquelle a été liquidée la pension.
La péréquation de la pension est également effectuée lors de l’institution d’une indemnité permanente concernant le grade ou la fonction sur la base de laquelle a été liquidée la pension.
D’après les données de l’Institut national de la statistique (INS), environ 78% des retraités ne reçoivent pas d’aides financières de la part de l’Etat alors que 35% sont obligés d’aider souvent financièrement certains membres de la famille comme des descendants au chômage ou des proches handicapés.

Walid KHEFIFI

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De Carthage à Chinguetti : anthropologie d’une relation séculaire entre la Tunisie et la Mauritanie

Par Mondher AFI

La rencontre tenue au Palais de Carthage le 17 juin 2026 entre le Président de la République, Kaïs Saïed, et le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, porteur d’un message du Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, constitue un point de départ pertinent pour réfléchir à une question qui dépasse largement le cadre diplomatique immédiat. Derrière les échanges institutionnels se dessine en effet une histoire longue, profonde et complexe qui relie la Tunisie et la Mauritanie à travers des dynamiques religieuses, culturelles, commerciales, intellectuelles et géostratégiques remontant à plusieurs siècles.

L’intérêt scientifique d’une telle réflexion réside dans la nécessité de dépasser l’analyse événementielle des relations internationales pour inscrire les interactions tuniso-mauritaniennes dans ce que l’historien français Fernand Braudel appelait le «temps long». Les relations entre les sociétés ne se réduisent pas aux traités diplomatiques ni aux échanges économiques contemporains, elles s’enracinent dans des structures historiques profondes, dans des circulations humaines, dans des systèmes de croyances, dans des réseaux de savoirs et dans des imaginaires collectifs qui survivent souvent aux transformations politiques.
L’analyse historique permet de constater que les contacts entre l’espace correspondant aujourd’hui à la Tunisie et celui de la Mauritanie sont probablement très anciens. Certains chercheurs évoquent l’existence de relations indirectes dès l’époque carthaginoise. Les explorations maritimes attribuées au navigateur carthaginois Hannon au Ve siècle avant notre ère témoignent déjà de l’ouverture de l’Afrique du Nord sur les côtes occidentales du continent africain.
Toutefois, c’est avec l’expansion de la civilisation islamique que ces relations prennent une forme plus structurée. La fondation de Kairouan en 670 par Oqba Ibn Nafaa marque un tournant majeur dans l’histoire du Maghreb. Pensée initialement comme base militaire destinée à consolider la présence musulmane en Afrique du Nord, la ville se transforme progressivement en un centre religieux, intellectuel et culturel dont l’influence dépasse largement les frontières de l’Ifriqiya.
Pendant plusieurs siècles, Kairouan devient l’un des principaux pôles de diffusion du savoir islamique dans l’ensemble du Maghreb et jusqu’aux régions sahariennes. Son rayonnement ne repose pas uniquement sur sa fonction politique ou militaire, il s’appuie surtout sur sa capacité à produire du savoir, à former des juristes, à diffuser la langue arabe et à structurer les réseaux intellectuels de l’Occident musulman.

La médiation sanhadjite : une articulation anthropologique entre deux espaces
L’un des éléments les plus significatifs dans l’histoire des relations entre la Tunisie et la Mauritanie réside dans le rôle joué par les populations sanhadjites. Les Sanhadja constituent une vaste confédération berbère qui occupait autrefois un immense territoire allant du Sahara occidental aux régions méridionales du Maghreb.
L’anthropologie historique montre que ces groupes n’étaient pas simplement des tribus nomades isolées. Ils formaient au contraire de véritables réseaux de circulation reliant les centres urbains du Nord aux espaces sahariens et subsahariens. Les échanges commerciaux, les alliances matrimoniales, les mobilités religieuses et les itinéraires du pèlerinage contribuaient à la constitution d’un espace culturel intégré.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’épisode bien connu du voyage de Yahia Ibn Ibrahim al-Godali à Kairouan au XIᵉ siècle. De retour du pèlerinage à La Mecque, ce chef sanhadjite rencontre le grand juriste malikite Abu Imran al-Fasi. Cette rencontre apparaît aujourd’hui comme un moment fondateur dans l’histoire intellectuelle du Sahara occidental.
L’enseignement transmis à travers cette médiation favorisera ultérieurement l’émergence du mouvement almoravide, l’une des plus importantes expériences politiques et religieuses de l’histoire médiévale du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest. L’espace reliant Kairouan aux territoires de l’actuelle Mauritanie cesse alors d’être une simple zone de transit, il devient un véritable espace de production civilisationnelle.

Chinguetti et Kairouan : deux capitales symboliques du savoir islamique
L’histoire culturelle des relations tuniso-mauritaniennes ne peut être comprise sans évoquer le lien exceptionnel entre Kairouan et Chinguetti. Souvent qualifiée de «cité des bibliothèques», Chinguetti occupe une place particulière dans l’imaginaire intellectuel de l’Afrique musulmane. Pendant plusieurs siècles, son nom fut même utilisé dans de nombreuses régions du monde islamique pour désigner l’ensemble de la Mauritanie.
L’essor de Chinguetti est étroitement lié au développement des routes caravanières transsahariennes. Ces routes ne transportaient pas uniquement de l’or, du sel ou des marchandises, elles constituaient également des vecteurs de circulation des idées, des textes et des traditions savantes.
Dans cette dynamique, les œuvres du grand savant kairouanais Ibn Abi Zayd al-Qayrawani occupent une place centrale. Sa célèbre «Risala» s’impose progressivement comme l’un des textes fondamentaux de la formation juridique dans les mahadras mauritaniennes. La diffusion de cette œuvre illustre parfaitement ce que les sociologues de la culture appellent la circulation transrégionale des systèmes symboliques.
Le cas de la Risala révèle que l’influence de Kairouan sur la Mauritanie ne s’est pas exercée par domination politique mais par autorité intellectuelle. Le savoir devient ici un instrument de cohésion culturelle beaucoup plus durable que la contrainte militaire.
Les relations entre les deux espaces reposaient également sur une importante infrastructure économique. Les grandes routes sahariennes reliaient les centres urbains du Maghreb aux marchés de l’Afrique occidentale.
L’ancienne cité d’Aoudaghost, associée aux dynamiques sanhadjites, apparaît comme un maillon essentiel de ces réseaux. Les caravanes transportaient des produits matériels mais aussi des langues, des récits, des techniques, des croyances et des modèles sociaux.
L’anthropologue Claude Lévi-Strauss rappelait que les échanges constituent l’un des fondements de toute organisation sociale. Les routes transsahariennes illustrent parfaitement cette idée : elles créent des espaces de rencontre où se construisent progressivement des formes complexes d’interdépendance culturelle. Ainsi, le Sahara n’apparaît plus comme une frontière séparant les sociétés, il devient un espace relationnel reliant différents mondes humains.

De la défense des territoires à la maîtrise des circulations
La rencontre entre le Président Kaïs Saïed et le ministre mauritanien des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Merzoug s’inscrit dans un contexte régional et international particulièrement complexe, où les équilibres géopolitiques connaissent de profondes transformations. Au-delà de sa dimension protocolaire, cet échange traduit la volonté de deux États partageant des héritages historiques et culturels communs de renforcer leurs mécanismes de concertation face à des défis qui dépassent désormais largement le cadre national.
L’espace maghrébin et sahélo-saharien est aujourd’hui confronté à une combinaison de risques multidimensionnels : instabilités sécuritaires persistantes, expansion des réseaux criminels transfrontaliers, pressions migratoires croissantes, vulnérabilités économiques et alimentaires, ainsi que conséquences de plus en plus visibles des changements climatiques. Ces phénomènes interconnectés fragilisent les capacités d’action des États et rendent indispensable le développement de formes renouvelées de coopération régionale fondées sur la coordination, l’échange d’informations et la convergence des stratégies.
Dans ce contexte, les relations tuniso-mauritaniennes revêtent une importance particulière. Situées à l’interface entre l’espace maghrébin, méditerranéen et sahélien, la Tunisie et la Mauritanie disposent d’une position géostratégique qui leur confère un rôle potentiel dans la promotion de la stabilité régionale. Le dialogue politique entre les deux pays apparaît ainsi comme un instrument de consolidation de la confiance mutuelle, mais également comme un moyen de construire des réponses communes à des défis dont la portée est transnationale. Cette rencontre illustre, en définitive, la manière dont les liens historiques peuvent être mobilisés pour répondre aux exigences d’un environnement international marqué par l’incertitude, la compétition stratégique et l’accélération des mutations globales.
C’est précisément dans cette perspective que la relation entre la Tunisie et la Mauritanie mérite d’être replacée dans une temporalité longue. Loin d’être le produit exclusif des institutions diplomatiques contemporaines, elle s’inscrit dans un ensemble de connexions historiques ayant contribué à structurer les espaces maghrébins et sahariens pendant plusieurs siècles. Les échanges entre l’Ifriqiya, les régions sahariennes et les territoires correspondant à l’actuelle Mauritanie ont participé à la formation de vastes réseaux de circulation qui associaient les dimensions économiques, religieuses, intellectuelles et politiques. Ces interactions ont produit des formes de connectivité régionale particulièrement remarquables dans des espaces pourtant caractérisés par de fortes contraintes géographiques.
Kairouan et la Mauritanie ont occupé, à différentes époques, des positions complémentaires dans les réseaux de circulation qui structuraient le Maghreb et le Sahara. Kairouan constituait un important centre de production du savoir, de formation des élites et de diffusion des normes religieuses, juridiques et administratives à travers l’Afrique du Nord et les espaces sahariens. De son côté, la Mauritanie jouait un rôle stratégique dans les échanges transsahariens grâce à ses routes caravanières et à ses centres intellectuels, notamment Chinguetti. Ces interactions révèlent l’existence d’un vaste espace régional intégré où le Sahara servait de lien favorisant les échanges humains, culturels et intellectuels.

Les nouveaux impératifs du dialogue régional
Cette profondeur historique confère une dimension particulière aux rencontres diplomatiques contemporaines. Celles-ci ne se limitent pas à la gestion des intérêts immédiats des États, elles participent également à la réactivation de cadres de coopération hérités d’une longue histoire de circulations régionales. Dans un contexte où les fractures géopolitiques tendent à se multiplier, la capacité des États à mobiliser des ressources historiques et des références communes peut constituer un facteur important de stabilité et de dialogue.
La portée symbolique de ce type de rencontre devient encore plus significative lorsqu’elle est examinée à la lumière des défis actuels qui affectent l’espace maghrébo-saharien. Celui-ci se trouve aujourd’hui au croisement de plusieurs dynamiques potentiellement déstabilisatrices. Les transformations climatiques accélèrent la désertification, accentuent les tensions sur les ressources hydriques et fragilisent les équilibres socio-économiques de nombreuses régions. Les difficultés de développement alimentent les flux migratoires tandis que les espaces faiblement contrôlés deviennent parfois des zones d’activité pour des réseaux criminels impliqués dans les trafics de diverses natures. Dans le même temps, les recompositions géopolitiques mondiales renforcent la compétition pour l’accès aux ressources stratégiques, aux infrastructures logistiques et aux corridors commerciaux reliant l’Afrique à l’Europe et aux marchés internationaux.
Dans un contexte marqué par l’interdépendance croissante des risques sécuritaires, économiques, environnementaux et migratoires, les rencontres entre responsables maghrébins et sahéliens dépassent la seule dimension diplomatique pour s’inscrire dans une logique de gouvernance régionale. Elles traduisent la nécessité de mécanismes de coordination capables de répondre à des défis transnationaux qu’aucun État ne peut gérer isolément. La rencontre tuniso-mauritanienne illustre ainsi la recherche de nouveaux cadres de coopération au sein de l’espace maghrébo-saharien. Son intérêt analytique réside dans sa capacité à révéler les recompositions géopolitiques en cours et l’importance croissante de la concertation régionale face à un environnement international caractérisé par l’incertitude et la multiplication des vulnérabilités.

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Météo : prévisions du dimanche 21 juin 2026

Temps généralement dégagé à peu nuageux. Vent de secteur sud au nord et au centre et de secteur est au sud, relativement fort dans la région de Serrat et au sud, où il soulèvera des vents de sable et de poussière et faible à modéré dans le reste des régions. Mer agitée dans la région de Serrat et peu agitée sur le reste des côtes. Les températures maximales sont situées entre 31 et 34 degrés près des côtes et sur les hauteurs et entre 35 et 40 degrés sur le reste d es régions avec des vents locaux de sirocco

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Le gouvernement veut accélérer les projets publics par un suivi renforcé

Le Conseil ministériel réuni samedi à la Kasbah sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sara Zaafrani Zenzri, a adopté une série de mesures destinées à accélérer la réalisation des projets de développement dans l’ensemble des régions du pays.

Parmi les principales décisions figure l’obligation pour toutes les structures publiques centrales et régionales, ainsi que pour les entreprises et établissements publics, d’intégrer leurs projets à la plateforme nationale de suivi et d’actualiser en permanence les données les concernant.

Le gouvernement a également décidé de développer un système d’alerte précoce au sein de cette plateforme afin de détecter automatiquement les retards et les risques susceptibles d’entraver l’exécution des projets.

Cet outil s’appuiera notamment sur l’analyse de l’avancement physique et financier des chantiers, des procédures de marchés publics, de la situation foncière et du niveau de consommation des crédits alloués.

Le Conseil a en outre approuvé des procédures de passation des marchés publics jugées plus efficaces et plus souples pour les grands projets, dans le but de réduire les délais de préparation et d’attribution des contrats tout en préservant les principes de transparence et de concurrence.

Les mesures adoptées prévoient également un renforcement des études préalables aux projets publics afin d’en améliorer la maturité avant leur lancement, ainsi qu’un contrôle accru des entreprises chargées de leur réalisation, sur la base de critères liés à leurs capacités techniques, financières et à leurs performances antérieures.

En clôture des travaux,  Zenzri a souligné que la réussite du plan de développement 2026-2030 dépendait étroitement de la bonne exécution des projets programmés et d’un suivi rigoureux sur le terrain.

Elle a appelé les différentes structures de l’État à intensifier leurs efforts pour lever rapidement les obstacles entravant la mise en œuvre des projets, avec pour objectif l’amélioration des infrastructures, des services publics, de l’attractivité des régions pour l’investissement et de la création d’emplois.

(D’après TAP)

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Mondial-2026 (Gr.F) : fin de parcours pour la Tunisie, battue par le Japon (0-4)

La sélection tunisienne de football a été éliminée du Mondial-2026, après avoir concédé une lourde défaite face à son homologue japonaise (0-4), en match comptant pour la deuxième journée du groupe F, disputé dimanche à Monterrey (Mexique).

Les buts ont été inscrits par Daichi Kamada (4), Ayase Ueda (31 et 83) et Ayumu Seko (69).

L’autre match du groupe a vu les Pays-Bas battre la Suède (5-1), samedi à Huston.

Au terme de la deuxième journée, les Pays-Bas occupent la tête du classement avec 4 points, avec une meilleure différence de buts face au Japon, 2e. La Suède est troisième avec 3 points, tandis que la Tunisie ferme la marche avec 0 point.

Lors de la troisième et dernière journée de la phase de groupe, prévue le 26 juin, la Tunisie affrontera les Pays-Bas à Kansas City à minuit, tandis que la Suède croisera le fer avec le Japon à Dallas à la même heure.

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Mondial 2026 « Tunisie-Japon » :  au-delà des 90 minutes, soixante-dix années d’amitié continuent de gagner

Quatre-vingt-dix minutes peuvent faire vibrer des millions de supporters, mais elles ne suffisent pas à résumer l’histoire de deux peuples. Sur la pelouse du Mondial 2026, la Tunisie et le Japon se sont retrouvés face à face avec la volonté légitime de défendre leurs couleurs et de poursuivre leur aventure sportive. Pourtant, derrière l’intensité de la compétition se dessinait une autre histoire, plus discrète mais infiniment plus durable, celle d’une amitié tissée au fil de soixante-dix années de confiance, de coopération et d’échanges humains. Au-delà du résultat, désormais inscrit dans les archives du football, cette rencontre a rappelé que le sport demeure l’un des plus beaux langages du rapprochement entre les nations. Car lorsque le coup de sifflet final retentit et que les tribunes retrouvent leur calme, ce sont souvent les valeurs de respect, de fair-play et d’estime mutuelle qui demeurent les véritables gagnantes.

Quelques jours avant la rencontre, l’ambassade du Japon à Tunis avait accueilli une réception placée sous le signe de cette relation exceptionnelle. Intitulée «Coup d’envoi du Mondial ! 70 ans d’amitié, 90 minutes de suspense», la soirée avait réuni personnalités du monde économique, diplomatique et culturel autour d’un même message : le sport peut être un formidable vecteur de rapprochement entre les nations.

Dans son intervention, l’ambassadeur du Japon en Tunisie, S.E.M. Saito Jun, avait rappelé que «depuis 70 ans, nos deux pays n’ont cessé de développer une relation d’amitié solide fondée sur la confiance mutuelle et la coopération». Une affirmation qui trouve son écho dans de nombreux domaines. Au fil des années, Tunis et Tokyo ont multiplié les partenariats économiques, les échanges universitaires, les coopérations scientifiques, ainsi que les initiatives culturelles qui ont contribué à rapprocher les deux peuples.

La Tunisie occupe d’ailleurs une place particulière dans les relations entre le Japon et le continent africain. L’organisation de la TICAD 8 à Tunis en 2022 avait confirmé le rôle stratégique du pays dans cette coopération tournée vers l’avenir, l’innovation et le développement partagé.

«Le match ne dure que 90 minutes, mais l’amitié qui nous unit déjà depuis 70 ans est éternelle»

Dans ce contexte, le match de football apparaissait presque comme le prolongement naturel d’une histoire diplomatique et humaine déjà ancienne. Le terrain devenait l’espace d’une confrontation loyale, tandis que les tribunes et les salons diplomatiques rappelaient l’existence d’un dialogue construit avec patience depuis sept décennies.

L’ambassadeur japonais avait d’ailleurs résumé cet esprit avec une formule appelée à marquer les esprits : «Le match ne dure que pendant 90 minutes, mais l’amitié qui nous unit déjà depuis 70 ans est éternelle».

Cette phrase résonne aujourd’hui avec une force particulière. Car si le football vit au rythme des victoires et des défaites, les relations entre les peuples s’inscrivent dans un temps beaucoup plus long. Les exploits sportifs nourrissent les souvenirs, mais ce sont les échanges humains qui construisent les héritages durables.

L’autre image forte de cette rencontre préparatoire fut sans doute celle du «Tanzaku», ces bandelettes de papier sur lesquelles les invités étaient conviés à inscrire leurs vœux avant de les accrocher à un bambou, selon une tradition inspirée de la fête japonaise du Tanabata. Un geste simple mais profondément symbolique. Entre les souhaits de qualification, les messages de paix et les vœux d’amitié, chacun participait à sa manière à une célébration où la culture rejoignait le sport.

Le football possède cette capacité rare de réunir des univers parfois éloignés. Il rassemble les passionnés de tactique comme les amateurs d’émotions, les diplomates comme les supporters, les artistes comme les entrepreneurs. Pendant quelques heures, les frontières semblent s’effacer au profit d’un langage universel compris sur tous les continents.

La rencontre entre la Tunisie et le Japon l’a rappelé avec éloquence. Quelles que soient les performances réalisées sur la pelouse, le véritable vainqueur demeure sans doute le fair-play. Cette valeur fondamentale du sport moderne, faite de respect, de dignité et de reconnaissance de l’adversaire, constitue le socle sur lequel reposent les plus belles compétitions.

Les deux sélections ont porté cette exigence avec honneur. Elles ont incarné l’idée que la rivalité sportive n’exclut ni l’estime ni l’amitié. Bien au contraire, elle les renforce.

Au moment où les supporters commentent encore les actions du match et où les statistiques continuent d’alimenter les débats, une certitude demeure : les quatre-vingt-dix minutes disputées sur le terrain ne représentent qu’un instant dans une histoire beaucoup plus vaste écrite depuis soixante-dix ans entre la Tunisie et le Japon. Une histoire faite de coopération, de confiance et d’ouverture. Une histoire qui, elle, continue de gagner.

Mona BEN GAMRA

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