Les tendances et courbes socio-économiques en Tunisie, ajoutées à la volatilité de la situation mondiale, soulignent l’extrême urgence des réformes à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Et ce n’est pas le lourd fardeau administratif et fiscal que l’Etat impose aux contribuables et aux entreprises qui va beaucoup y aider, ni la frilosité des décideurs publics face au coût social de ces réformes.
Elyes Kasri *
Il est incontestable que la Tunisie ne peut assurer sa survie qu’en engageant, dans les meilleurs délais, un vaste programme de réformes multisectorielles.
Le principal obstacle aux réformes semble être la frilosité de l’opinion publique et la crainte par les décideurs d’un rejet social des réformes qui font normalement peur car la nature humaine appréhende l’inconnu surtout si cette crainte est exacerbée par le souvenir de nombreuses réformes qui ont fini par être détournées et n’ont pas donné les résultats escomptés et dans certains cas tout à fait le contraire.
Compte tenu de l’importance et même pour certains de la dimension disproportionnée de l’appareil de l’Etat et du secteur public dont certaines activités, devenues systématiquement déficitaires, ont été affublées à tort et au prix fort d’une qualification de stratégiques, la première responsabilité pour atténuer les craintes des sacrifices et des risques de détournement revient à l’Etat qui doit donner l’exemple et apprendre à vivre selon les moyens disponibles en réduisant ses coûts avec le réalisme et les sacrifices que la conjoncture nationale et internationale exige.
Le binôme infernal de la taxation et de l’endettement
Autrement, ce sera l’exacerbation du binôme infernal de la taxation et de l’endettement qui ne peut qu’asphyxier les citoyens et l’économie nationale avec le risque sérieux d’hypothéquer la souveraineté et l’indépendance nationales avec l’évocation de la Commission financière internationale de 1869 suivie douze ans plus tard par la colonisation étrangère en 1881.
La grille disparate des salaires et autres avantages aussi bien dans la fonction publique, le secteur public et la multitude d’institutions, gagneraient à faire l’objet d’un audit transparent et objectif pour mettre fin au slogan éculé de l’Etat pourvoyeur d’emplois et des droits acquis soit par corporatisme ou pendant des années de vaches grasses qui n’ont plus lieu d’être maintenues à coup d’endettement et de déséquilibre intenable entre les budgets de fonctionnement (avec un effet marginal sinon inexistant sur la productivité comme le prouvent les statistiques et indicateurs depuis quinze ans) et les budgets d’investissement censés être créateurs d’emplois et de richesse mais qui faute de moyens sont rabotés à l’extrême.
Le lourd fardeau administratif et fiscal
Tant que l’État ignorera le lourd fardeau administratif et fiscal qu’il impose aux contribuables et aux entreprises, toute velléité de réforme et d’appel aux sacrifices sonnera creux et souffrira d’un manque si ce n’est d’une absence totale de crédibilité et de réceptivité.
Entretemps, les tendances et courbes socio-économiques soulignent l’extrême urgence des réformes à tous les niveaux et dans tous les secteurs avec la vision et le courage nécessaires.
Le monde, en pleine volatilité avec des indices de crise généralisée, n’attendra pas les frileux et les sanctionnera lourdement.
Vendredi 19 juin 2026, Israël et le Hezbollah se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu. Les États-Unis ont fait pression sur l’État hébreu car les Iraniens ont exigé que le nouvel accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran englobe le Liban. Lequel a failli être mis en péril par le regain de violences au Liban ces derniers jours.
Imed Bahri
Cet épisode montre que l’importance stratégique du Hezbollah demeure intacte pour la République islamique mais plus encore, le nouveau leadership à Téhéran, dominé par les Gardiens de la révolution, a renforcé l’influence qu’il exerce sur le mouvement chiite libanais qui commence à se relever après la débandade de l’automne 2024 ayant vu décimer l’ensemble de son état-major politique et militaire et à sa tête son ancien dirigeant Hassan Nasrallah.
Le Financial Times rapporte dans son enquête sur le groupe chiite libanais que depuis un an et demi, Mohsen Abou Zeinab était désabusé. Ce charpentier, fervent partisan du Hezbollah, se disait humilié par la retenue du parti face aux attaques israéliennes quotidiennes. Cependant, lorsque la guerre a repris le 2 mars, il a vu «une occasion de rectifier le tir et de rappeler à Israël que nous n’accepterons pas son agression».
Cet homme de 47 ans raconte avoir perdu sa maison, son village natal et plusieurs proches sous les bombardements israéliens, mais ajoute : «J’ai le sentiment que le Hezbollah a repris le dessus».
Une confiance retrouvée
Cette confiance retrouvée reflète l’état d’esprit qui règne au sein du Hezbollah et parmi ses sympathisants suite à l’accord intérimaire conclu entre Washington et Téhéran. L’Iran a imposé un cessez-le-feu au Liban comme condition préalable à cet accord.
Il s’agissait d’une démonstration de soutien remarquable de la part des parrains du Hezbollah à Téhéran.
Près de deux ans après avoir subi l’attaque la plus dévastatrice de son histoire de la part de son ennemi traditionnel, Israël, le Hezbollah est sorti de ce dernier conflit nettement plus confiant.
Analystes, experts, diplomates et responsables estiment que ses performances sur le terrain, conjuguées à une confiance retrouvée en Iran même, ont contribué à faire remonter le moral au sein du Hezbollah.
Ceci est dû en grande partie à la priorité accordée par Téhéran à la guerre au Liban. Le conflit a mis à l’épreuve la fragilité du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et est devenu un point de pression crucial autour duquel s’articulent les efforts diplomatiques concernant le conflit dans sa globalité.
Les interventions iraniennes ont revitalisé le groupe chiite, notamment après le lancement par Téhéran de missiles balistiques sur Israël ce mois-ci en représailles à une attaque israélienne sur Beyrouth, une première pour l’Iran qui intervient directement dans la défense du Hezbollah. Les partisans du parti ont salué cette initiative, eux qui considéraient auparavant l’Iran comme un pays qui les néglige.
«Le Hezbollah est sorti de cette guerre plus déterminé», a déclaré Nicholas Blanford, expert du Hezbollah à l’Atlantic Council. Il a ajouté : «Je ne dirais pas qu’il est devenu plus fort mais il est devenu plus déterminé. Les relations entre le Hezbollah et l’Iran se sont clairement resserrées. Pour la première fois, les Iraniens sont intervenus pour aider le Hezbollah. D’habitude, c’est plutôt l’inverse !». Une source proche du parti a déclaré : «Il nous faut maintenant attendre de voir comment le Hezbollah et l’Iran exploiteront cette confiance retrouvée».
La guerre totale entre Israël et le Hezbollah en 2024 a décimé une grande partie des rangs et de l’arsenal militaire du parti chiite et son secrétaire général Hassan Nasrallah a été tué.
À l’époque, beaucoup, au Liban comme à l’étranger, considéraient le parti comme totalement vaincu, d’autant plus qu’il n’avait jamais riposté pendant les quinze mois de frappes israéliennes quasi quotidiennes.
Les forces israéliennes ont continué de cibler ce qu’elles qualifiaient d’infrastructures du Hezbollah, tuant des centaines de combattants et de civils, malgré un accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.
Cependant, après son entrée en guerre aux côtés de l’Iran le 2 mars, le Hezbollah a renversé la situation.
Profitant de l’accalmie précédente, le Hezbollah s’est reconstitué et réorganisé avec l’aide de conseillers iraniens, une évolution qui a surpris de nombreux officiers israéliens qui ne s’attendaient pas à ce que ses capacités militaires restent aussi importantes.
L’apport des drones kamikazes
Le groupe a eu de plus en plus recours à des drones kamikazes inspirés de ceux utilisés lors de la guerre d’Ukraine. Ces drones se sont révélés plus efficaces pour pénétrer les défenses israéliennes au Sud-Liban et dans le Nord d’Israël.
Mercredi 17 juin, l’armée israélienne a annoncé qu’un de ces drones avait touché cinq soldats israéliens au Sud-Liban dont un grièvement blessé.
Le Hezbollah a également continué de lancer des roquettes de manière intermittente sur Israël. Ces attaques ont tué quatre civils israéliens et 28 soldats et ont fait des dizaines de blessés.
Ces opérations ont clairement démontré que le Hezbollah ne reviendrait pas à la politique de retenue qu’il avait adoptée entre les deux guerres.
Selon les experts, cela est dû en grande partie à l’influence iranienne croissante au sein de l’organisation, notamment dans son appareil militaire et sécuritaire, une influence qui semble vouée à perdurer. Ils ajoutent que des membres des Gardiens de la révolution se sont profondément infiltrées dans la structure organisationnelle du Hezbollah.
Téhéran s’estime victorieux
La guerre américano-israélienne contre l’Iran a représenté la plus grave crise qu’ait connue la République islamique depuis des décennies mais le régime de Téhéran estime en être sorti victorieux.
Des experts et des proches du parti affirment que l’Iran souhaite clairement que le Hezbollah reste armé. Cela rend le parti moins enclin à faire des concessions sur le plan intérieur libanais où les critiques à l’égard de son rôle ont refait surface avec force.
Le gouvernement libanais, fortement soutenu par la communauté internationale, souhaite désarmer le Hezbollah et mène également des négociations à Washington avec Israël sous supervision américaine.
Le Hezbollah s’oppose à ces négociations auxquelles il ne participe pas et considère tout accord conclu entre les deux gouvernements comme une «trahison».
Le gouvernement libanais s’était engagé à empêcher le Hezbollah d’opérer dans les zones pilotes* du sud et à poursuivre ses efforts de désarmement du groupe. Mais l’accord américano-iranien stipule un cessez-le-feu total, ce qui a compromis les efforts initiaux de Beyrouth.
La confiance du Hezbollah a également été renforcée par l’initiative directe de Donald Trump.
Plus tôt ce mois-ci, le président américain a déclaré avoir discuté avec le Hezbollah via des intermédiaires, une première pour un président américain étant donné que le mouvement est classé terroriste par Washington. «Ils considèrent cela comme une victoire majeure», a confié une source proche du Hezbollah.
En dépit de cela, les relations entre le Hezbollah et le gouvernement libanais restent tendues.
Des responsables du Hezbollah ont toutefois affirmé publiquement ces derniers jours qu’ils ne cherchaient pas à renverser le gouvernement. «Parler de désarmement est désormais quasiment impossible», a déclaré Blanford.
Les prochaines actions du Hezbollah dépendront probablement du comportement d’Israël.
Depuis l’annonce de l’accord, Israël a poursuivi ses frappes aériennes tandis que le Hezbollah a riposté en tirant sur les forces israéliennes.
La question la plus importante demeure la présence des forces israéliennes au Sud-Liban, où elles contrôlent actuellement des centaines de kilomètres carrés après avoir détruit des dizaines de villages.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré mardi que le maintien de l’occupation du Sud par Israël constituait une violation de l’accord, tandis que le Hezbollah a affirmé qu’il poursuivrait le combat tant que l’occupation se poursuivrait.
Netanyahu a annoncé que l’armée israélienne resterait à l’intérieur de la «zone de sécurité» au Sud-Liban «aussi longtemps que nécessaire pour protéger les habitants du Nord d’Israël». Il a ajouté : «L’Iran voulait que nous nous retirions de là et cela ne s’est pas produit. J’ai été très ferme sur cette question et je pense que nos amis américains respectent cette fermeté et cette détermination».
En revanche, le projet d’accord publié mercredi par les États-Unis stipule que Washington et Téhéran garantiraient «l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban».
La base populaire du Hezbollah a été la plus durement touchée par les opérations israéliennes au Sud-Liban. Près de 4 000 personnes ont été tuées, près d’un million déplacées et des dizaines de villages détruits, affectant de manière disproportionnée la communauté chiite du Liban.
Nombreux sont ceux qui ont été contraints de fuir vers d’autres régions du Liban où diverses communautés locales accusent le Hezbollah d’avoir déclenché une guerre non désirée.
Dans bien des cas, cette colère s’est étendue à l’ensemble de la communauté chiite.
Cependant, la loyauté au sein de la base populaire du Hezbollah n’est pas entamée. Le parti a longtemps exploité les peurs sectaires pour cultiver son image de protecteur de la communauté chiite. «Ils nous ont rendu notre fierté», a déclaré Mohsen Abou Zeinab.
*Les zones pilotes dans le Sud-Liban sont des zones où les Forces armées libanaises (FAL) déploient un contrôle exclusif pour exclure les acteurs non étatiques.
La production de phosphate en Tunisie a subi une chute drastique depuis 2010. Passant d’un niveau record de 8,1 millions de tonnes en 2010, les volumes extraits ont oscillé entre 2,5 et 4,5 millions de tonnes par an, avant de se stabiliser à environ 3 millions de tonnes ces dernières années *. La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du le Groupe chimique tunisien (GCT) projettent d’investir 2,7 milliards de dinars tunisiens (soit environ 790 millions d’euros) pour produire 9,4 millions de tonnes de phosphates commercialisable d’ici 2035, avec un objectif à court terme de 4,5 millions de tonnes en 2026. Est-ce possible ? Et comment ?
Latif Belhedi
Ce plan, qui a été présenté par Omar Bouzouada, Pdg de la CPG et du GCT, lors d’une audition devant la Commission des finances et du budget du Conseil national des régions et des districts (CNRD), la seconde chambre du Parlement, dotée d’un rôle purement consultatif, vise à redonner toute sa place à ce secteur stratégique de l’économie tunisienne.
Les deux entreprises publiques vont-elles pouvoir ramener la production nationale de phosphate à son niveau d’avant 2011 ? A l’instar des autres membres du gouvernement, M. Bouzouada aime tirer des plans sur la comète et on aimerait bien partager son optimisme, surtout lorsqu’il parle d’un «vaste programme de réformes», tout en lui souhaitant bonne chance.
Wishful thinking ou plans réalisables ?
Quand on connaît l’état des finances de ces deux entreprises publiques, grevées par des milliers d’emplois fictifs et des dépenses improductives visant à acheter la paix sociale dans la région chaude du bassin minier de Gafsa, on ne peut s’empêcher de douter du réalisme du plan présenté par M. Bouzouada, qui exprime davantage des wishful thinking que des projections réalisables.
Rappelons que depuis 2011, le secteur des phosphates a fait face à des perturbations de production et des difficultés logistiques. Parmi les nombreux obstacles structurels qui limitent sa performance, on citera la fragilité du réseau ferroviaire, pourtant essentiel au transport du minerai des zones minières vers les sites industriels et les ports d’exportation sur la côte est du pays, la pénurie d’eau industrielle nécessaire au lavage du phosphate et les difficultés d’approvisionnement en nitrate d’ammonium, un composant clé des activités minières.
La compétitivité des deux entreprises publiques est également affectée par l’obsolescence croissante de certains équipements industriels, les protestations environnementales exigeant la fermeture d’usines, la multiplication des pannes techniques et la nécessité d’adapter les ressources humaines aux besoins opérationnels d’un secteur en pleine modernisation.
Sur le plan financier, CPG et GCT sont confrontées à de graves tensions de liquidités, limitant leur capacité d’investissement et leur aptitude à remplir pleinement leur rôle économique et social dans les régions minières du sud-ouest tunisien.
Le GCT occupe une position centrale dans la chaîne de valeur. À travers ses sept unités de production, le groupe transforme le phosphate en produits à haute valeur ajoutée, notamment l’acide phosphorique, le superphosphate triple, le phosphate monoammonique et le nitrate d’ammonium, destinés au marché intérieur et à l’exportation. Cependant, GCT souffre également de la hausse de ses coûts d’exploitation et de difficultés d’approvisionnement en matières premières.
Pour soutenir la relance du secteur, les dirigeants des deux entreprises ont proposé une série de mesures urgentes, dont l’ouverture de nouvelles lignes de financement, la restructuration de la dette et l’accélération des exportations. Une attention particulière est portée au renforcement de la logistique ferroviaire, considérée comme un élément clé pour l’augmentation des volumes de production.
En attendant la modernisation des infrastructures, CPG prévoit d’accroître le transport routier sur certains axes afin de fluidifier la logistique.
Parallèlement, les autorités parlent d’améliorer la gouvernance des entreprises publiques et d’accélérer plusieurs projets industriels, dont le programme Mdhilla 2, jugé stratégique pour augmenter les capacités de traitement du phosphate et dynamiser la valeur ajoutée des exportations.
La stratégie privilégie de moins en moins l’augmentation des volumes extraits au profit de la production de dérivés chimiques à forte valeur industrielle, considérés comme essentiels au renforcement de la compétitivité internationale du secteur.
Un autre axe de développement concerne la valorisation du phosphogypse, un sous-produit de l’industrie des phosphates, pour lequel la CPG sollicite des financements spécifiques.
Quand les mots remplacent les choses
La question environnementale se pose également avec acuité et des voix s’élèvent, y compris dans le parlement, appelant à une réduction de la consommation d’eau industrielle et à un recours accru au traitement des eaux usées, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau en Tunisie.
Pour la Tunisie, le secteur des phosphates demeure un levier stratégique de croissance économique, d’emploi et d’entrées de devises. Après des années de déclin et de difficultés opérationnelles qui ont entraîné une perte significative de parts de marché à l’international, les autorités espèrent que le nouveau plan d’investissement et les réformes annoncées permettront au secteur de retrouver progressivement son rôle de moteur de l’économie nationale.
Encore faut-il que les paroles soient rapidement transformées en actes, et c’est là où, souvent, le bât blesse. Les mots, on le sait, servent à nommer les choses, et non à les remplacer. N’est-ce pas messieurs les responsables du gouvernement ?
* Comparativement, la production du Maroc est passée de 28 millions de tonnes au début de la décennie à environ 40 millions de tonnes aujourd’hui, soit 12 fois plus que la Tunisie.
Suite à la multiplication des signalements de tortues prises au piège dans des filets de pêcheurs ou des déchets plastiques, l’Association TunSea pour la science participative a publié un guide de recommandations pour la sauvegarde des tortues marines, dont la protection le long des côtes tunisiennes dépend aussi du comportement des citoyens, des nageurs et des pêcheurs.
L’association TunSea, qui œuvre pour la science citoyenne, a publié une série de recommandations pratiques suite à l’augmentation des signalements de tortues prises au piège dans des filets de pêche ou des déchets plastiques.
L’ONG insiste avant tout sur l’importance de garder son calme face à une tortue en détresse, afin de ne pas aggraver son stress.
Si les conditions le permettent, le filet peut être coupé ou dénoué délicatement, en portant une attention particulière au cou et aux nageoires.
TunSea recommande d’éviter de tirer brusquement sur le filet et de retirer les corps étrangers ou fragments profondément incrustés dans la peau, car cela pourrait aggraver les blessures.
Une prudence particulière est également de mise pour la sécurité des personnes intervenant, car une tortue effrayée peut mordre. Il convient d’observer les signes vitaux de l’animal, tels que le mouvement de ses nageoires, l’ouverture de ses yeux ou sa respiration. Si l’animal est vivant et ne présente aucune blessure apparente, il peut être relâché avec précaution dans la mer, dans un endroit calme, à l’écart des bateaux, des foules et du bruit.
La situation est différente si la tortue est blessée, faible ou désorientée. Dans ce cas, prévient l’association, il ne faut surtout pas la remettre à l’eau, car elle risque de se noyer. En attendant l’intervention de spécialistes, il convient de la placer à l’ombre, le corps recouvert d’une serviette humide, en laissant ses narines dégagées pour qu’elle puisse respirer.
TunSea souligne également qu’il ne faut jamais retourner une tortue sur le dos ni la soulever par les nageoires.
Si un hameçon est visible dans la bouche ou la peau, l’opération de sauvetage doit être confiée à du personnel qualifié.
Pour coordonner un sauvetage, l’association vous invite à contacter immédiatement la Garde nationale maritime au 194, le Centre de sauvetage des tortues marines de l’Institut national des sciences et technologies de la mer, ou TunSea via ses canaux de coordination.
La Tunisie abrite trois espèces de tortues marines : la tortue caouanne (Caretta caretta), la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue luth (Dermochelys coriacea). La tortue caouanne est l’espèce la plus répandue et se reproduit sur certaines plages tunisiennes, notamment sur les îles Kuriat, considérées comme le principal site de nidification du pays, ainsi que sur d’autres portions de la côte est.
Des études récentes ont également confirmé l’importance de la plage de Ghedhabna, sur la côte est, comme nouveau site de nidification important. L’appel de TunSea s’inscrit dans un effort plus large de protection de la biodiversité marine méditerranéenne. Les tortues jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes : elles contribuent au maintien des herbiers sous-marins, au recyclage des nutriments et à la santé des plages de ponte. Elles sont également considérées comme des indicateurs de la santé des mers. Les principales menaces qui pèsent sur elles restent les captures accidentelles dans les filets, la pollution plastique, la pression sur les plages, le trafic maritime et la dégradation des habitats côtiers.
Par conséquent, selon TunSea, la protection des tortues marines n’est pas seulement l’affaire des biologistes et des institutions, mais une responsabilité collective, notamment dans un pays comme la Tunisie, dont les côtes jouent un rôle reconnu pour les populations de tortues en Méditerranée.
La Tunisie renforce sa stratégie de sécurité hydrique avec la mise en service de l’un des projets d’infrastructure hydraulique majeurs du pays, l’usine de dessalement d’eau de mer de Sfax (Gargour), d’une capacité de 100 000 mètres cubes par jour, financée par l’agence de l’Agence japonaise de coopération internationale coopération (Jica).
Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a qualifié l’usine de «projet stratégique pour améliorer l’approvisionnement en eau potable dans la deuxième zone urbaine et économique du pays.»
La cérémonie d’inauguration officielle de l’usine a eu lieu, le 18 juin 2026, en présence du ministre Ezzedine Ben Cheikh ; du gouverneur de Sfax, Mohamed Hajri ; de l’ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun ; du président-directeur général de la Sonede, Abdelhamid Menja ; ainsi que de représentants de la Jica (JICA).
L’usine a une capacité de production initiale de 100 000 mètres cubes d’eau dessalée par jour, extensible à 200 000 mètres cubes par jour.
Ce projet, mis en œuvre grâce à un prêt japonais en yens d’environ 800 millions de dinars tunisiens, vise à améliorer la quantité et la qualité de l’eau potable distribuée dans la région de Sfax et à réduire la pression sur les ressources conventionnelles, dans un contexte marqué par des sécheresses récurrentes, la baisse des réserves des barrages et un stress hydrique croissant.
Diversification des sources d’approvisionnement
Le projet est destiné à bénéficier à environ 600 000 habitants de la région et comprend, outre l’usine de dessalement, des infrastructures de captage et de rejet d’eau de mer, des canalisations, des réservoirs de distribution, des stations de pompage et des raccordements électriques. La technologie utilisée est le dessalement de l’eau de mer, conformément à la politique tunisienne de développement des ressources en eau non conventionnelles.
Pour la Tunisie, l’un des pays méditerranéens les plus exposés à la pénurie d’eau, la nouvelle station de dessalement de Sfax constitue un élément clé de sa politique nationale de diversification des sources d’approvisionnement.
Les autorités ambitionnent de développer les usines de dessalement le long des zones côtières et dans les régions du sud, où les besoins civils, industriels et agricoles se heurtent à des ressources souterraines souvent saumâtres ou surexploitées.
Toutefois, le coût énergétique et environnemental du dessalement demeure un enjeu majeur, car il est considéré comme une solution structurelle mais non autonome.
Les experts soulignent la nécessité de conjuguer ces investissements avec une réduction des pertes sur le réseau, une meilleure gestion de la demande et un recours accru au recyclage des eaux usées traitées, afin d’éviter que la sécurité hydrique ne repose uniquement sur des infrastructures importantes et énergivores.
Réponse structurelle à la crise de l’eau
Dans l’allocution prononcée à cette occasion, M. Ben Cheikh a souligné que cette installation représente l’un des investissements publics les plus importants réalisés par la Tunisie pour renforcer sa sécurité hydrique nationale dans un contexte marqué par des précipitations de plus en plus irrégulières, des sécheresses récurrentes et une demande croissante en eau potable. Cette nouvelle infrastructure contribuera à assurer la continuité de l’approvisionnement en eau potable et à améliorer les services pour plus de cinq millions d’habitants de Sfax, du Sahel et des régions avoisinantes. Elle est destinée à devenir un pilier du système national de distribution d’eau, réduisant ainsi la dépendance aux ressources conventionnelles et renforçant la résilience du pays face au changement climatique. Elle est également considérée comme stratégique en raison de son potentiel d’extension, qui permettrait de plus que doubler sa capacité de production pour atteindre 250 mètres cubes par jour.
En marge de la cérémonie, une rencontre bilatérale s’est tenue entre le ministre Ben Cheikh et la délégation japonaise, au cours de laquelle les perspectives de renforcement de la coopération dans le secteur de l’eau ont été examinées. Les discussions ont porté plus particulièrement sur la possibilité de mobiliser de nouveaux financements pour de futurs projets de dessalement en Tunisie, notamment pour l’extension de la station de Sfax. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leur coordination afin de garantir les ressources financières et technologiques nécessaires à la construction des infrastructures jugées essentielles pour assurer la sécurité hydrique du pays et soutenir les efforts d’adaptation au changement climatique.
Cette collaboration avec le Japon s’inscrit dans le cadre du plan tunisien de diversification de son approvisionnement en eau, qui s’est traduit ces dernières années par le lancement de plusieurs projets de dessalement le long du littoral, considérés comme une réponse structurelle à la crise de l’eau qui frappe de plus en plus la Tunisie.
Etat des lieux et perspectives
En plus de l’usine de dessalement de Sfax (Gargour), la Tunisie dispose d’une usine à Zarat (Gabès), opérationnelle depuis fin 2024, d’une capacité de 50 000 m³ par jour, desservant principalement les gouvernorats de Gabès, Médenine et Tataouine, d’une autre à Djerba, en service depuis 2018, qui produit 50 000 m³ par jour pour sécuriser l’approvisionnement en eau de l’île touristique.
D4autres projets sont en cours, dont une usine à Sousse, dont la mise en exploitation industrielle est programmée d’ici le 3 juillet 2026 au plus tard, et qui produira 50 000 m³ par jour (extensible à 100 000 m³) afin d’éliminer les coupures estivales dans la région ; et une usine à Ksour Essef (Mahdia), projet majeur en phase de planification visant une capacité de 100 000 m³ par jour. Enfin, des appels d’offres sont prévus pour implanter des unités de traitement d’eaux saumâtres à Tozeur, Kébili et Sidi Bouzid.
Le mouvement de protestation des avocats en Tunisie a été ponctué, le 18 juin 2026, par une grève générale nationale largement observée, accompagnée de manifestations devant le Palais de justice de Tunis et de rassemblements dans les principaux tribunaux du pays, témoignant une fois de plus des tensions qui affectent le système judiciaire tunisien.
Cette manifestation, organisée par l’Ordre national des avocats, s’inscrit dans un mouvement de protestation plus large lancé le 18 mai, visant à obtenir une réforme du système judiciaire et des conditions d’exercice de la profession.
Lors de la manifestation dans la cour du Palais de justice de Tunis, les journalistes n’ont pas été autorisés à couvrir le sit-in, ce qui a limité leur capacité à documenter directement l’initiative, sauf depuis l’extérieur du bâtiment.
La grève de jeudi a été accompagnée du port traditionnel du brassard rouge par les avocats et de manifestations physiques dans les tribunaux de Bizerte, Béja, Jendouba, El Kef, Siliana et Tunis.
Les revendications portent sur une révision du cadre législatif et réglementaire régissant la profession, une amélioration du service public de la justice, un renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire et la garantie de procès équitables.
Les avocats demandent également la modernisation des conditions de travail et une réforme du système de sécurité sociale et de retraite de la profession, afin d’assurer sa viabilité financière.
Le doyen du barreau, Boubaker Belthabet, a qualifié la participation à la grève de «totale», soulignant que l’initiative avait été respectée dans tous les tribunaux sans aucune infraction.
Dans une déclaration à la radio Diwan FM, en marge de l’assemblée générale des avocats, M. Belthabet a expliqué que cette protestation s’inscrit dans le cadre des décisions adoptées par le Conseil du barreau le 13 mai et constitue la première étape d’un mouvement initié au niveau régional. Selon le doyen, «les revendications de la profession ne portent pas uniquement sur des intérêts institutionnels, mais visent à ouvrir un dialogue sur les réformes nécessaires pour garantir une justice indépendante dans les faits, et non pas seulement en paroles». L’Ordre des avocats considère l’amélioration du fonctionnement du système judiciaire comme un élément essentiel de l’État de droit et estime que les défis actuels nécessitent un dialogue avec les autorités.
Cette mobilisation intervient à un moment particulièrement délicat pour le système judiciaire tunisien. Depuis l’été 2022, avec la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature et la réorganisation subséquente de l’appareil judiciaire initiée par le président Kaïs Saïed, la question de l’indépendance de la justice est devenue l’un des points les plus controversés du débat politique et institutionnel.
Les organisations nationales et internationales ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes quant aux garanties offertes aux magistrats et au respect de la séparation des pouvoirs.
Me Belthabet a annoncé que «l’assemblée générale annuelle des avocats, prévue le 11 juillet, ainsi que les réunions du Conseil de l’Ordre, seront consacrées à l’évaluation de l’évolution de ce différend et à l’adoption des mesures qui en découleront, conformément aux mécanismes démocratiques propres à la profession».
Le bâtonnier a également dénoncé l’existence de «campagnes de diffamation systématiques», menées principalement sur les réseaux sociaux et par certains médias, affirmant que de telles attaques n’ébranleront pas la détermination des avocats. Il a réaffirmé que les positions officielles de la profession ne peuvent être exprimées que par les instances légitimes qui la représentent et a exclu toute tentative de division interne.
Concernant une éventuelle médiation, le bâtonnier a déclaré qu’«à ce jour, aucune initiative, officielle ou informelle, n’a été proposée pour résoudre la crise». L’Ordre, a-t-il ajouté, reste ouvert à tout dialogue sérieux susceptible d’ouvrir la voie à des négociations et de contribuer à la réforme du système judiciaire tunisien.
La protestation des avocats met ainsi en lumière les tensions persistantes qui entourent le fonctionnement de la justice en Tunisie et pourrait constituer une nouvelle épreuve pour les relations entre les institutions et l’un des ordres professionnels les plus influents du pays.
Le Tabarka Jazz Festival revient du 3 au 9 juillet 2026 pour sa 20e édition, marquant le retour dans le calendrier culturel tunisien de l’un des événements musicaux les plus emblématiques du pays.
Créé en 1973 sous l’impulsion de celui qui deviendra un grand voyagiste, Lotfi Belhassine (Air Liberté, Club Aqarius), ce festival a vu défiler des légendes internationales, à l’image du trompettiste Dizzy Gillespie et a connu une fortune diverse au gré des ans. Il n’y avait pas d’hôtels climatisés à l’époque : les festivaliers dormaient au clair de lune, dans des paillotes et s’adonnaient, dans la journée, à diverses activités : danse, poésie, poterie, etc.
Après plus de six ans d’absence, le festival accueillera à nouveau le public au Théâtre de la Mer de Tabarka, ville du nord-ouest de la Tunisie surplombant la Méditerranée et traditionnellement associée au tourisme balnéaire, à la musique live et à la fusion des cultures méditerranéenne, africaine et internationale.
Le programme principal comprend sept concerts, avec des artistes venus de Tunisie, d’Algérie, du Liban, de Cuba, des États-Unis et du Royaume-Uni.
Le concert d’ouverture, le 3 juillet, sera donné par le pianiste et compositeur cubain Alfredo Rodríguez, reconnu pour son style unique mêlant jazz, musique classique et rythmes afro-cubains. Le lendemain, la chanteuse américaine Liz McComb, figure emblématique du gospel et du blues, montera sur scène. Le 5 juillet, le projet Osool, avec Yacine Boulares et Soufiane Saidi, proposera un mélange de jazz contemporain, de sonorités maghrébines et de traditions nord-africaines.
Le compositeur et pianiste libanais Tarek Yamani se produira le 6 juillet, tandis que Dee Dee Bridgewater sera à Tabarka le 7 juillet avec son projet ‘‘We Exist’’. Le 8 juillet, le collectif britannique Kokoroco, représentant de la nouvelle scène jazz londonienne, mêlera afrobeat et highlife. La soirée de clôture, le 9 juillet, accueillera Veronica Swift et Akua Naru, artiste américaine reconnue pour son style musical alliant jazz, soul, blues et textes engagés.
En parallèle des concerts au Théâtre de la Mer, un programme gratuit, ‘‘Street Jazz’’, sera proposé dans les rues de la ville. Parmi les artistes annoncés figurent Djamel Laroussi d’Algérie, Mão Cabeça du Portugal, Innēr Sense de Serbie et plusieurs artistes tunisiens, dont Mohamed Ali Kammoun avec ‘‘Jazzna’’, Fawzi Chekili avec ‘‘Taqasim Revival’’, Omar El Ouaer avec Octun Quartet, Ahmed Ajabi avec Jazztet et Aziz Zouaoui avec Siroko.
Le retour du festival a également des retombées économiques et touristiques. Le choix des dates, début juillet, vise à dynamiser la vie culturelle de Tabarka dès le début de la saison estivale, avant que les hôtels ne soient complets.
L’événement, désormais placé sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, ambitionne ainsi de réintégrer la ville dans le circuit des grands festivals de musique d’été.
Le WWF Afrique du Nord a lancé un appel d’offres en Tunisie pour le développement de Syfire, un nouveau système numérique destiné à améliorer la surveillance des incendies de forêt et à évaluer les capacités d’intervention de la Direction générale des forêts.
Cette initiative intervient à la veille de la saison des feux la plus critique, dans un pays où les zones forestières du nord-ouest, notamment le complexe Kroumirie-Mogods, sont de plus en plus exposées aux effets conjugués de la sécheresse, des fortes chaleurs et de la pression humaine.
Ce projet, officiellement intitulé «Système de signalement et d’évaluation des capacités de lutte contre les incendies de forêt », vise à numériser un maillon essentiel de la chaîne de prévention et d’intervention.
Selon le cahier des charges publié par le WWF, la Direction générale des forêts collecte actuellement les informations via des formulaires papier ou des fichiers Excel remplis par les services forestiers régionaux. Syfire transformera ce système en une plateforme web, avec une base de données centralisée, des formulaires de saisie, des statistiques automatiques et l’exportation des données au format Excel.
Le nouvel outil aura deux fonctions principales. La première concernera les rapports post-incendie, recensant les zones touchées, les dates, les lieux et les causes confirmées ou suspectées. La seconde permettra d’évaluer la capacité de préparation et d’intervention des différents districts forestiers : disponibilité des véhicules, état du matériel, entretien des véhicules, pare-feu, points d’eau et niveau de préparation avant la saison des feux.
Le système comprendra également un tableau de bord centralisé permettant à la Direction générale des forêts de visualiser les données collectées en temps réel, de comparer les tendances et de classer les districts selon des indicateurs de préparation, tels que le pourcentage de matériel opérationnel, le nombre de kilomètres de tranchées creusées ou d’autres paramètres à définir avec l’administration forestière.
La consultation, d’une durée de 25 jours, débutera le 1er juillet et la remise finale est prévue pour la fin du mois.
Le WWF exige du consultant retenu qu’il crée un prototype, développe la version complète, fournisse le code source sous licence libre et anime une session de formation pour les administrateurs et les utilisateurs pilotes.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de prise en compte croissante de la vulnérabilité des forêts tunisiennes. Dans les régions du nord-ouest, où se concentre une part importante des forêts du pays, le risque d’incendies est exacerbé par l’irrégularité des précipitations et l’allongement des périodes de sécheresse.
L’intégration complète du signalement numérique dans les mécanismes opérationnels de la Direction générale des forêts permettrait une évaluation plus rapide des dégâts, une meilleure planification des ressources et une appréciation plus objective des capacités de réponse locales. Pour les experts du secteur, l’intérêt de ce projet réside non seulement dans l’informatisation des formulaires existants, mais aussi dans la possibilité de constituer un registre statistique plus fiable des incendies de forêt en Tunisie au fil du temps. Des données plus cohérentes et actualisées permettraient d’identifier les zones les plus vulnérables, d’améliorer la prévention, d’orienter les investissements dans les ressources et les infrastructures et de renforcer la coordination entre l’État, les collectivités territoriales et les acteurs de terrain.