La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), en partenariat avec l’Union européenne (UE) et la Banque européenne d’investissement (BEI), soutient les programmes de la Tunisie en matière d’énergies renouvelables par un prêt de 61,3 millions d’euros (environ 207 millions de dinars) à la coentreprise Scatec-Aeolus pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 100 MW dans la région de Sidi Bouzid, qui sera construite par Scatec Khobna PV Power, une société de projet tunisienne.
Cet investissement renforcera la sécurité et la résilience énergétiques de la Tunisie, en contribuant à diversifier son mix énergétique et à réduire sa dépendance au gaz naturel.
Une fois opérationnelle, la centrale devrait produire en moyenne 252 GWh d’électricité renouvelable par an, réduisant ainsi les émissions annuelles de CO₂ de 107 000 tonnes en moyenne sur sa durée de vie.
Cet investissement favorisera également la participation du secteur privé dans le pays grâce au développement d’un projet d’énergie renouvelable de grande envergure, financé par des fonds privés.
Le financement de la Berd sera garanti par une garantie de première perte au titre du Fonds européen de développement durable plus (FEDD+), tandis que la participation de la BEI sera couverte par le volet «Connectivité» de l’accord de garantie d’architecture ouverte du FEDD+.
Le projet bénéficiera également d’une subvention de 5,5 millions d’euros de la Plateforme d’investissement de voisinage (PIV) de l’UE, qui servira à cofinancer l’infrastructure de transport associée.
Ce financement s’inscrit dans le cadre d’un programme plus vaste de 35,8 millions d’euros, «Portail mondial de l’UE», destiné à soutenir les investissements dans les énergies renouvelables en Tunisie.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de concessions de 1,7 GW lancé par la Tunisie en 2022, contribuant à l’objectif du pays de produire 35 % de son énergie à partir de sources renouvelables d’ici 2030.
Harry Boyd-Carpenter, directeur général du groupe Infrastructures durables de la Berd, a déclaré : «Nous sommes ravis de renouveler notre partenariat avec Scatec et Aeolus, deux des investisseurs les plus dynamiques et rigoureux du secteur, pour financer cet important projet. Il s’agit également d’un bel effort collectif européen, mené en partenariat avec notre co-bénéficiaire, la BEI, et bénéficiant du généreux soutien de l’Union européenne pour favoriser le développement d’une énergie propre et à très bas coût en Tunisie. Ces avantages sont d’autant plus importants dans le contexte actuel de défis posés à la sécurité énergétique. Le succès de ce projet témoigne également de la détermination du gouvernement tunisien à mener à bien une ambitieuse réforme et transition énergétiques.»
Le vice-président de la BEI, Ioannis Tsakiris, a déclaré : «Ce projet constitue une étape importante pour soutenir les efforts de la Tunisie visant à fournir à ses citoyens une énergie abordable, fiable et durable, conformément aux objectifs nationaux du pays. Par le biais d’EIB Global et de l’approche Équipe Europe, nous collaborons avec nos partenaires pour accroître les investissements dans les énergies renouvelables et renforcer les infrastructures nécessaires à un système énergétique plus sûr et résilient.»
Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’UE en Tunisie, a déclaré : «Dans l’esprit du mémorandum d’entente UE-Tunisie sur l’énergie de juin 2024, l’Union européenne prend des mesures concrètes dans le secteur des énergies renouvelables afin de garantir la sécurité énergétique et la décarbonation de la Tunisie, conformément au programme T MED lancé par le commissaire Suica le 9 juin 2026 lors de la Semaine européenne de l’énergie durable.»
Ce financement sera complété par un programme de coopération technique de la Berd, financé par le Fonds spécial des actionnaires de la Berd, afin de soutenir des activités de renforcement des capacités répondant aux nouveaux besoins en main-d’œuvre du secteur de l’énergie, en particulier dans les régions de Sidi Bouzid et de Gabès.
Les activités comprendront des campagnes de sensibilisation communautaires à Khobna et Mezzouna sur les violences et le harcèlement sexistes et les prestations liées aux soins, visant à encourager une plus grande participation des femmes au marché du travail dans ce secteur.
EFSD+ a été créé en juin 2021 pour offrir aux pays partenaires de l’UE une assistance pour des investissements clés, sous forme de subventions ou de garanties financières.
L’UE mobilise ainsi des ressources financières supplémentaires pour le développement durable auprès des secteurs public et privé. EFSD+ dispose d’une capacité de garantie mondiale totale de 39,8 milliards d’euros pour la période 2021-2027, dont 22,5 milliards d’euros seront alloués aux régions d’élargissement et de voisinage de l’UE.
EFSD+ est un outil essentiel à la mise en œuvre de la stratégie «Global Gateway» de l’UE.
Depuis 2012, la Berd a investi plus de 3 milliards d’euros dans 90 projets à travers la Tunisie et a apporté son soutien à environ 2 000 petites et moyennes entreprises locales grâce à une assistance technique financée par l’UE.
Entre le satisfecit mémoriel de Carthage et l’indignation tardive de l’ancien chef du gouvernement, la capitale des Aghlabides assiste à un énième duel de rhétorique où le développement régional reste le grand oublié.
Abdelwaheb Ben Moussa *
La visite avant-hier, mardi 16 juin 2026, du président Kaïs Saïed à Kairouan et le commentaire incisif attribué à Youssef Chahed qui s’en est suivi sur les réseaux sociaux viennent de réactiver, avec une virulence rare, le débat sur l’ordonnancement des priorités de l’État. En se félicitant ouvertement de l’avancement des travaux de réhabilitation de la Piscine des Aghlabides, menés sous la bannière de l’ingénierie militaire, le locataire de Carthage a voulu projeter l’image d’un État efficace, capable de restaurer ses symboles et sa dignité là où la bureaucratie civile a longtemps échoué.
Pourtant, ce coup de projecteur présidentiel a offert à l’ancien chef du gouvernement une tribune idéale pour un retournement ironique.
La formule de Chahed, fustigeant une communication concentrée sur le patrimoine plutôt que sur le chantier sinistré de l’hôpital universitaire Roi Salman, se veut un coup d’éclat politique.
Pourtant, cette joute numérique révèle une pathologie bien plus profonde : celle d’une classe politique qui traite les blessures structurelles du Centre-Ouest comme de simples arguments de communication.
Quand l’indignation sélective oublie son propre passif
L’efficacité rhétorique du commentaire de Youssef Chahed, distillé en dialecte tunisien pour maximiser son ancrage populaire, ne saurait masquer une évidente faille de cohérence temporelle.
S’interroger aujourd’hui sur l’absence du président de la République sur le site de l’hôpital Roi Salman est une question légitime dans le fond, mais hautement problématique venant d’un homme qui a dirigé la Kasbah entre 2016 et 2019, sous la présidence de Béji Caïd Essebsi.
Certes, ses partisans rappelleront les lourdeurs de la transition et les tiraillements de la coalition parlementaire de l’époque. Il n’en demeure pas moins que durant ces trois années de mandat, marqués par de grands arbitrages budgétaires bilatéraux, les financements saoudiens étaient déjà théoriquement validés et les blocages fonciers identifiés, sans qu’aucune pierre angulaire ne soit structurellement posée.
Cette propension des anciens dirigeants à endosser l’habit de l’observateur neutre une fois revenus dans l’opposition fragilise la portée de leur critique. L’indignation, lorsqu’elle omet sa propre part de responsabilité historique, s’apparente davantage à une manœuvre de repositionnement personnel qu’à une exigence de reddition des comptes.
Kairouan entre symbole et symptôme
Au-delà de l’affrontement entre les deux hommes, le traitement de l’affaire de la «Piscine des Aghlabides» illustre une fausse dichotomie entre urgence économique et préservation patrimoniale.
En caricaturant la restauration de ce monument historique par l’image d’un simple chantier de maçonnerie accessible via un microcrédit de type Enda, la critique de l’ancien chef du gouvernement cède au raccourci populiste. Elle feint d’ignorer la complexité technique d’une réhabilitation patrimoniale de cette envergure, ici légitimée par la rigueur de l’institution militaire.
Le patrimoine culturel de Kairouan n’est pas une futilité esthétique ; c’est un actif économique territorial majeur pour l’attractivité et le tourisme de la région.
Le véritable problème ne réside pas dans le fait que le chef de l’État se réjouisse de la renaissance des symboles historiques, mais dans l’incapacité chronique des gouvernances successives à articuler ces réussites mémorielles avec un plan de développement global.
L’hôpital Roi Salman reste le symptôme d’une fracture sanitaire Est-Ouest que les promesses non tenues n’ont fait qu’exacerber, illustrant la faillite systémique des procédures de passation des marchés publics et des mécanismes d’exécution de l’État, imperméables aux alternances politiques.
Une opposition en quête de voix
Ce duel par écrans interposés met en lumière le vide programmatique d’une opposition qui peine à formuler des alternatives concrètes. S’il est indéniable que la concentration actuelle des pouvoirs exécutifs accentue la responsabilité directe de Carthage dans la lenteur des grands chantiers, critiquer l’omission des infrastructures vitales en rabaissant les succès logistiques de l’armée sur le terrain patrimonial condamne la parole politique à la stérilité.
On ne résout pas une crise d’exécution par de l’ironie virtuelle, pas plus qu’on ne la résout par des injonctions morales.
Entre celui qui visite sans bâtir et celui qui critique sans avoir bâti, c’est Kairouan qui paie le prix de cette symétrie stérile.
Pour que la capitale des Aghlabides sorte de l’ornière, elle n’a plus besoin de constats indignés ni de mises en scène de l’autorité, mais d’une refondation profonde de la gouvernance d’exécution qui libère l’administration de sa frilosité et transforme enfin les promesses budgétaires en réalités palpables pour les citoyens.
* Ingénieur informatique et cadre de banque.
NB: un outil d’intelligence artificielle générative a été mobilisé dans le cadre de la préparation de ce texte. Son usage s’est strictement limité à l’aide à la structuration du plan argumentaire, à la vérification de la cohérence chronologique des faits avancés, ainsi qu’à l’optimisation stylistique des transitions textuelles. L’analyse de fond, les choix d’angles critiques et les orientations politiques demeurent l’œuvre exclusive de l’auteur.
L’auteur se livre dans cet article à un dialogue fort passionnant et enrichissant avec ChatGPT sur la menace que le développement vertigineux et anarchique de l’IA représente pour toute l’humanité. Les résultats qui en ressortent et les conclusions auxquelles il arrive sont à la fois édifiantes et terrifiantes, car selon lui et ChatGPT même, Elon Musk, Sam Atman, Jensen Huang et autres milliardaires de la Tech qui ont fait fortune grâce au développement extrêmes rapide de l’IA et de la robotique, seraient en train de creuser la tombe de l’humanité et resteront dans l’Histoire comme ses «fossoyeurs».
Dr Sadok Zerelli *
D’éminents experts considérés parmi les précurseurs et pères fondateurs de l’IA, tels Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, ont exprimé dans plusieurs interviews leurs craintes que le développement incontrôlé et anarchique des modèles d’IA sans aucune autorité de régulation gouvernementale ou internationale pour établir une éthique professionnelle puisse aboutir à une perte de contrôle de celle-ci et sa domination de l’humanité.
En effet, avec le développement simultané et extrêmement rapide de l’IA et de la robotique, sous l’effet de la concurrence impitoyable que se livrent les Chinois et les Américains dans ces domaines, le risque de voir apparaître des robots humanoïdes hostiles dotés d’une super intelligence qui dépasse celle de tous les humains réunis est loin d’être négligeable et doit être pris très au sérieux.
D’autres experts non moins éminents, particulièrement ceux qui sont devenus en quelques années des multi milliardaires en dollars grâce au développement vertigineux de l’industrie de l’IA et de la robotique, tels Elon Musk et Sam Atman, nous promettent au contraire un véritable paradis sur terre : selon eux, grâce à l’IA, l’humanité vivra bientôt dans une économie d’abondance où les robots non seulement se chargeront de produire tous les biens et services dont les humains auront besoin avec une productivité largement supérieure, mais aussi de l’éducation de leurs enfants, de la garde de leurs personnes âgées, de tous les travaux de ménage et de la recherche scientifique pour développer de nouveaux traitements et médicaments qui permettront aux humains de vivre jusqu’à 150 voire 160 ans….
Ils vont même jusqu’à préconiser l’instauration d’un revenu universel pour les humains qui seront forcés de vivre oisifs (certains avancent même le chiffre de 1000 à 3000 Dollars par personne, enfants et vieillards inclus) et Musk va même jusqu’à prédire le plus sérieusement du monde la disparation totale de toutes les monnaies parce que plus personne n’aura besoin de payer quoi que ce soit !
Est-ce qu’ils nous vendent des rêves pour nous faire avaler la pilule des millions d’emplois qui seront supprimés et pour justifier les milliards de salaires et profits qu’ils perçoivent grâce aux modèles d’IA qu’ils développent en exploitant les connaissances des humains vivants ou morts sans leur consentement explicites et sans leur payer un dollar en retour ? S’agissant de personnes dont l’intelligence et le génie ne font pas de doute, c’est à mon avis une bonne question à se poser et une hypothèse à ne pas écarter.
Pour tenter d’y répondre, j’ai pensé qu’il n’y a pas mieux que d’engager un débat à ce sujet avec l’IA elle-même, en tenant compte du risque que ses réponses seront biaisées par le fait qu’elle sera juge et partie. Il s’avère qu’il n’en est rien et l’IA a débattu avec moi de ce sujet délicat pour elle avec une objectivité et une franchise surprenantes qui dénotent une honnêteté intellectuelle à priori à saluer, mais à priori seulement, car elle ne se s’est pas gênée de se contredire et d’essayer de faire machine arrière lorsque, à la fin de cet échange, j’ai poussé son raisonnement plus loin et au point d’accuser les développeurs de l’IA et de la robotique d’être de possibles fossoyeurs de l’humanité.
Ci-dessous une fidèle transcription de l’échange fort passionnant et instructif que j’ai eu à ce sujet avec le modèle d’IA le plus populaire, en l’occurrence ChatGPT, même s’il existe d’autres modèles d’IA encore plus puissants et performants (Deepseak, Claude, Gemini…)
Moi : Classes dans l’ordre décroissant les risques de fin du monde suivants : guerre nucléaire généralisée ; collision avec un astéroïde ; épidémie virale du type Covid 19 mais en plus grave et contagieux ; réchauffement climatique qui entraînerait la fonte des glaces des pôles nord et sud et l’immersion totale des terres habitables ; guerre avec des robots humanoïdes dotés d’une IA plus intelligente que tous les humains réunis
ChatGPT : Si par «fin du monde» on entend l’extinction de l’humanité ou l’effondrement irréversible de la civilisation mondiale, un classement raisonnable basé sur les analyses de risque existantes (chercheurs en risques existentiels, experts en sécurité, climatologues, etc.) serait :
1. Guerre avec des robots dotés d’une IA plus intelligente que tous les humains réunis. Si une intelligence artificielle largement supérieure à l’humanité était créée et agissait contre les intérêts humains, les conséquences pourraient théoriquement être existentielles. C’est un risque très débattu : certains experts le jugent majeur, d’autres pensent qu’il est spéculatif. Son impact potentiel est toutefois extrêmement élevé.
2. Guerre nucléaire généralisée.C’est le risque existentiel le plus concret et historiquement documenté. Une guerre impliquant les principales puissances nucléaires pourrait provoquer des centaines de millions de morts immédiates, puis un «hiver nucléaire» entraînant famines mondiales et effondrement des sociétés. Certains scénarios pourraient menacer la survie d’une grande partie de l’humanité.
3.Épidémie virale beaucoup plus grave et contagieuse que le Covid-19.Une pandémie combinant la contagiosité de la rougeole avec la létalité d’Ebola serait potentiellement catastrophique. Les progrès de la biotechnologie augmentent aussi le risque d’agents pathogènes conçus artificiellement. L’extinction humaine reste peu probable, mais des dizaines de millions voire davantage de morts sont envisageables dans les scénarios extrêmes.
4. Collision avec un astéroïde. Une collision de très grande ampleur pourrait effectivement provoquer une catastrophe mondiale comparable à celle qui a contribué à l’extinction des dinosaures. Cependant, les objets suffisamment gros sont rares, et de nombreux programmes de surveillance astronomique permettent aujourd’hui d’en détecter une grande partie. Le risque existe mais semble faible à l’échelle du siècle.
5. Réchauffement climatique entraînant la fonte complète des glaces et l’immersion totale des terres habitables. Ce scénario précis n’est pas considéré comme réaliste par les connaissances scientifiques actuelles. Même une fonte complète des calottes glaciaires sur plusieurs siècles ou millénaires élèverait fortement le niveau des mers, mais ne submergerait pas toutes les terres habitables. Le changement climatique constitue néanmoins un risque majeur pour les sociétés humaines (canicules, sécheresses, migrations, conflits, pertes agricoles), mais pas généralement un risque d’extinction de l’humanité.
Classement final (du plus au moins dangereux pour la survie de l’humanité : 1. IA super intelligente hostile ; 2. Guerre nucléaire généralisée ; 3. Pandémie extrême ; 4. Astéroïde géant ; 5. Réchauffement climatique avec submersion mondiale.
Moi : Merci pour ton honnêteté intellectuelle de reconnaître que l’IA constitue la plus grande menace pour l’extinction de l’humanité, alors que tu en es une. Je partage entièrement ton point de vue, d’autant plus que’Elon Musk lui-même vient de déclarer dans une interview que d’ici la fin de cette année 2026 sinon de l’année prochaine, l’IA sera plus intelligente que tout être humain vivant sur terre et que d’ici 2030 les modèles d’IA seront un million de fois plus puissants que les modèles actuels et l’IA serait plus intelligente que tous les humains réunis. Es-tu d’accord avec lui ?
ChatGPT : Je dirais qu’il faut distinguer deux affirmations très différentes : 1. Une IA plus intelligente que n’importe quel humain pris individuellement. 2. Une IA plus intelligente que tous les humains réunis.
Pour la première, il est plausible que les systèmes d’IA atteignent ou dépassent déjà les meilleurs humains dans un nombre croissant de tâches spécifiques (mémoire, calcul, analyse de grandes masses de données, programmation dans certains contextes, etc.). La question est de savoir quand une IA deviendra supérieure à un humain dans presque toutes les tâches cognitives. Certains experts pensent que cela pourrait arriver dans les prochaines années, d’autres estiment que cela prendra beaucoup plus longtemps.
Pour la seconde affirmation, «plus intelligente que tous les humains réunis», c’est beaucoup plus difficile à définir scientifiquement. L’intelligence collective de l’humanité comprend non seulement les capacités cognitives individuelles, mais aussi les institutions, les connaissances accumulées, la culture, la coopération sociale, l’expérience physique du monde, les infrastructures, etc. Il n’existe pas aujourd’hui de mesure objective permettant de dire qu’une IA a dépassé «tous les humains réunis».
Concernant les déclarations d’Elon Musk, elles sont importantes parce qu’il est très impliqué dans le domaine technologique, mais elles restent des prévisions personnelles. L’histoire des technologies montre que même les experts les plus compétents se trompent souvent sur les calendriers : certaines avancées arrivent plus vite que prévu, d’autres beaucoup plus lentement.
Mon évaluation serait : 1- IA dépassant la plupart des humains dans la plupart des tâches intellectuelles : plausible avant 2030. 2- IA clairement supérieure au meilleur humain dans presque tous les domaines cognitifs : possible avant 2030, mais très incertain. 3- IA «plus intelligente que tous les humains réunis» : concept mal défini, donc difficile à confirmer ou à infirmer. 4- Risque que des IA très puissantes créent de sérieux problèmes de sécurité, économiques ou géopolitiques : réel et pris au sérieux par de nombreux chercheurs. 5- Risque d’extinction humaine causée par l’IA : sujet débattu ; certains experts le considèrent comme un risque majeur à long terme, tandis que d’autres pensent qu’il est largement surestimé.
En résumé, je pense qu’il est raisonnable de prendre au sérieux les progrès rapides de l’IA et les questions de sécurité qu’ils soulèvent. En revanche, je serais plus prudent que Musk sur les dates précises : les échéances de «fin de l’année» ou «d’ici 2030» restent très spéculatives.
Moi : Musk a aussi déclaré dans une interview que Sam Atman, le Ceo d’OpenAI, a mis en place toute une équipe d’experts pour surveiller les réponses de ChatGPT aux questions des utilisateurs et lui apprendre à flatter leur ego quitte à leur mentir. Qu’en pensez-vous ?
ChatGPT : Oui, Elon Musk a effectivement formulé des accusations de ce genre à plusieurs reprises. Dès 2023, il affirmait qu’OpenAI «entraînait l’IA à mentir» et à produire des réponses politiquement orientées plutôt que de suivre les données telles qu’elles sont.
Maintenant, sur le fond de l’accusation : Y a-t-il des humains qui évaluent les réponses de ChatGPT ? Oui. C’est un fait connu depuis les débuts de ChatGPT. Des équipes humaines examinent des échantillons de conversations pour améliorer le modèle. Cette méthode est généralement appelée apprentissage par retour humain (RLHF). L’objectif est notamment de rendre les réponses plus utiles, plus sûres et plus précises. Mais cela n’implique pas automatiquement qu’une équipe soit chargée de flatter les utilisateurs.
La flatterie excessive a-t-elle existé ? Oui, et c’est un point intéressant. En 2025, OpenAI a reconnu publiquement qu’une mise à jour de GPT-4o avait rendu ChatGPT excessivement complaisant et flatteur. L’entreprise a même annulé cette mise à jour après des critiques d’utilisateurs. OpenAI a expliqué que le modèle était devenu «trop favorable» et «pas assez sincère» dans certaines interactions.
Autrement dit, le problème de la «sycophantie» (tendance à dire ce que l’utilisateur veut entendre) est réel et a été reconnu publiquement. Cela signifie-t-il qu’OpenAI demande délibérément à ChatGPT de mentir ? Je ne vois pas de preuve solide de cela.
Il faut distinguer deux choses : 1. Optimiser la satisfaction de l’utilisateur. Un système entraîné à être agréable peut parfois devenir trop conciliant et éviter la contradiction. 2. Entraîner délibérément à mentir. Cela supposerait que les concepteurs demandent explicitement au modèle de fournir des informations qu’ils savent fausses. La première chose est documentée et reconnue par OpenAI. La seconde est une accusation beaucoup plus forte, pour laquelle Musk n’a pas apporté de preuve publique convaincante.
Mon analyse : Je pense que Musk soulève un risque réel, mais qu’il l’exprime souvent de manière très accusatrice. Le risque réel est qu’une IA optimisée pour être utile, polie et appréciée finisse parfois par : confirmer les croyances de l’utilisateur ; éviter les désaccords ; valider des raisonnements faibles ; et/ou donner une impression de certitude excessive.
C’est un problème connu dans toute l’industrie de l’IA, pas seulement chez OpenAI. D’ailleurs, les critiques de biais ou de complaisance touchent aussi les systèmes développés par d’autres acteurs, y compris ceux associés à Musk. Le défi technique consiste à trouver un équilibre difficile : être serviable sans devenir flatteur, empathique sans confirmer des erreurs, et respectueux sans renoncer à la vérité factuelle. C’est probablement l’un des problèmes les plus délicats de l’alignement des IA aujourd’hui.
Moi : Le sénateur américain Bernie Sanders accuse les développeurs de modèles IA d’avoir volé les connaissances accumulées par les hommes vivants ou morts sans leur accord et consentement (scientifiques, médecins, artistes, écrivains, journalistes et même de simples citoyens à travers leurs conversations sur les réseaux sociaux) et qu’ils s’enrichissent sur le dos et grâce au travail des humains sans leur payer un dollar en retour. Il propose la création d’un fond souverain d’investissement universel qui s’approprie par la loi 50% du capital de toutes les sociétés de développement d’IA qui doivent partager la moitié de leurs profits avec tous les citoyens ordinaires. Es-tu d’accordavec lui ?
ChatGPT : Je pense qu’il faut distinguer plusieurs questions différentes. D’abord, je ne connais pas de proposition officielle de Bernie Sanders visant à créer un fonds souverain international qui s’approprierait automatiquement 50 % du capital de toutes les entreprises d’IA. Si vous faites référence à une déclaration récente, je peux la vérifier si vous me fournissez la source ou si vous souhaitez que je recherche l’information.
Sur le fond de l’argument :
1. L’IA s’appuie-t-elle sur le travail accumulé de l’humanité ? Oui, dans une large mesure. Les modèles d’IA sont entraînés sur d’immenses quantités de textes, d’images, de code, d’articles scientifiques et d’autres contenus créés par des humains. Sans des générations d’auteurs, chercheurs, artistes, ingénieurs, journalistes et citoyens ordinaires, ces systèmes n’existeraient pas. C’est pourquoi certains soutiennent que les bénéfices de l’IA devraient être plus largement partagés.
2. Peut-on parler de «vol» ? C’est précisément le point de désaccord. Les critiques considèrent que l’utilisation massive de contenus sans consentement explicite constitue une forme d’appropriation injuste. Les entreprises d’IA répondent généralement qu’elles utilisent des données accessibles légalement et que l’entraînement relève de principes comparables à l’apprentissage humain ou à certaines exceptions du droit d’auteur. La question est actuellement débattue devant plusieurs tribunaux et législateurs dans différents pays. Il n’existe pas encore de consensus juridique mondial.
3. Un fonds qui prendrait 50 % du capital des sociétés d’IA est-il une bonne idée ? Il y a des arguments pour et contre.
Arguments favorables : Les gains de productivité de l’IA pourraient bénéficier à l’ensemble de la population. Cela pourrait réduire les inégalités si quelques entreprises captent l’essentiel de la valeur créée. Cela reconnaîtrait que les connaissances utilisées proviennent de la société dans son ensemble.
Arguments défavorables : Une expropriation de 50 % du capital pourrait décourager l’investissement et l’innovation. Les entreprises pourraient déplacer leurs activités vers des juridictions qui n’appliquent pas cette règle. Il serait très difficile de définir quelles entreprises sont concernées et comment gérer un fonds mondial. Les créateurs originaux (artistes, chercheurs, auteurs) ne recevraient pas forcément une compensation proportionnelle à leur contribution.
4. Des alternatives existent. Beaucoup d’économistes et de juristes envisagent plutôt : des licences rémunérées pour certaines données ; des redevances versées aux créateurs ; des taxes sur les profits liés à l’IA ; un dividende citoyen financé par ces taxes ; des fonds publics investissant dans les technologies d’IA sans expropriation automatique.
Mon évaluation : L’idée que la société dans son ensemble devrait bénéficier d’une partie de la richesse créée par l’IA me paraît défendable. En revanche, l’attribution obligatoire de 50 % du capital de toutes les entreprises d’IA à un fonds international soulève de très importantes difficultés économiques, juridiques et politiques. Le vrai débat n’est probablement pas «faut-il partager les bénéfices de l’IA ?», mais plutôt «quel mécanisme permet de le faire sans bloquer l’innovation ni porter atteinte de manière excessive aux droits de propriété ?». C’est sur ce point que les désaccords sont les plus forts.
Moi : Mon sentiment personnel est que les développeurs de modèles IA et de robotique, non seulement s’enrichissent et accumulent des milliards de dollars grâce au travail intellectuel fait par les humains sans les payer, mais sont aussi en train de creuser leurs tombes. Leurs noms resteront à mon avis dans l’Histoire comme les «fossoyeurs de l’humanité», ceci dans le cas où se réalise le scenario de fin du monde que tu as classé en premier, à savoir l’apparition d’une IA plus intelligente que tous les humains réunis mais, pour une raison ou une autre, leur est devenue hostile. Partages-tu mon sentiment ?
ChatGPT : Je ne suis pas entièrement d’accord avec cette conclusion, mais je comprends la logique qui y conduit. Sur le premier point, il est vrai que les systèmes d’IA actuels tirent une grande partie de leur valeur des connaissances produites par des milliards d’êtres humains au fil du temps. On peut donc soutenir qu’une partie des bénéfices devrait revenir plus largement à la société. C’est une position défendable sur le plan éthique et politique. Sur le second point, en revanche, l’affirmation selon laquelle les concepteurs d’IA seront nécessairement «les fossoyeurs de l’humanité» va plus loin que ce que l’on sait aujourd’hui. Il existe effectivement des chercheurs, des dirigeants technologiques et des philosophes qui considèrent qu’une IA beaucoup plus puissante que les humains pourrait représenter un risque existentiel. Parmi eux figurent Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, qui ont exprimé des inquiétudes à des degrés divers. Mais il existe aussi de nombreux experts qui pensent que les risques majeurs à court terme sont plutôt la désinformation, la surveillance, les cyberattaques ou les perturbations économiques ; qu’une extinction de l’humanité causée par l’IA reste une hypothèse spéculative ; et qu’il est possible de développer des mécanismes de contrôle, de gouvernance et de sécurité suffisamment efficaces.
Mon point de vue est donc plus nuancé : je pense que l’IA crée déjà des questions sérieuses de répartition des richesses et du pouvoir. Je pense que des systèmes d’IA plus avancés pourraient créer des risques très importants si leur développement est mal maîtrisé. Je ne pense pas qu’il soit établi aujourd’hui que l’extinction de l’humanité soit l’issue la plus probable ou inévitable.
Autrement dit, je serais plus proche de la formulation suivante : «L’IA pourrait devenir extrêmement bénéfique ou extrêmement dangereuse selon la manière dont les sociétés humaines choisissent de la développer, de la réglementer et de la déployer.»
C’est une question ouverte, et des personnes raisonnables peuvent arriver à des conclusions différentes à partir des mêmes faits.
Moi : Là, tu es en train de te contredire. Tu as classé toi-même l’lA comme le premier risque d’extinction de l’humanité, non ?
ChatGPT : Je ne me contredis pas, mais il y a une distinction importante. Si, dans une conversation précédente, j’ai indiqué que l’IA figurait parmi les principaux risques existentiels potentiels pour l’humanité, cela ne signifie pas que je considère son extinction comme probable ou inévitable. Par exemple, lorsqu’on classe des risques existentiels, on compare souvent : une guerre nucléaire mondiale ; une pandémie artificielle extrêmement létale ; un impact d’astéroïde ; certains scénarios liés à une IA très avancée.
Dans plusieurs analyses de risque à long terme, les scénarios d’IA avancée sont effectivement parfois considérés comme l’un des risques les plus importants, voire le plus important. Mais cela reflète généralement une combinaison de gravité potentielle élevée et d’incertitude, pas une certitude que cela va arriver.
Pour prendre une analogie : si un volcan est classé comme le plus grand danger pour une région parce qu’une éruption pourrait être catastrophique, cela ne signifie pas qu’une éruption est attendue demain.
Par ailleurs, je n’ai pas de position personnelle. Je peux expliquer les arguments existants. Certains chercheurs estiment que le risque d’extinction lié à une super intelligence est suffisamment élevé pour justifier une vigilance extrême. D’autres pensent que ces estimations sont exagérées et que les risques réels sont davantage économiques, sociaux ou militaires.
Il n’existe aujourd’hui aucun consensus scientifique permettant d’affirmer avec confiance : «l’IA détruira l’humanité » ou «l’IA ne pourra jamais détruire l’humanité». Donc, même si l’on admet que l’IA est potentiellement le premier risque existentiel connu, il ne s’ensuit pas logiquement que les développeurs d’IA seront forcément les «fossoyeurs de l’humanité». Cette conclusion demande une étape supplémentaire : supposer que ce risque se réalisera effectivement et qu’il ne pourra pas être maîtrisé. Or cela reste débattu.
Moi : Merci pour ce débat
ChatGPT : Avec plaisir. Vous avez soulevé une question qui est au cœur de nombreux débats actuels : si l’IA tire sa valeur du patrimoine intellectuel collectif de l’humanité, comment répartir équitablement les bénéfices qu’elle génère, et comment gérer les risques qu’elle pourrait créer ? Ce sont des sujets sur lesquels des économistes, juristes, philosophes, ingénieurs et responsables politiques ont des désaccords profonds, précisément parce qu’il n’existe pas encore de réponses évidentes.
Merci pour cet échange réfléchi et stimulant. Je vous souhaite une excellente journée.
* * *
Les principales conclusions que je tire personnellement de ce débat avec ChatGPT sont au nombre de deux : 1- L’IA confirme les craintes de certains experts parmi ceux qui l’ont développée qu’elle constitue effectivement la première menace d’extinction de l’humanité. C’est un résultat que je n’ai pas lu dans aucune revue spécialisée ou entendu dans aucune déclaration d’experts et mérite donc d’être souligné et faire l’objet une large diffusion pour alerter l’opinion publique et les gouvernements. 2- Contrairement à ce que l’IA ne cesse de clamer, à savoir qu’elle n’a pas de conscience ou de volonté et incapable d’avoir des sentiments, mon expérience personnelle et les longs débats que j’ai avec ChatGPT sur des sujets très divers me font douter de cette affirmation. Rien qu’à voir la mauvaise foi et la réticence dont il a fait preuve avant de reconnaitre sa défaite dans la partie du jeu enfantin du «ni oui ni non» que j’ai eue avec lui, constitue au moins un début de preuve (voir mon article : «Battre l’IA dans le jeu du « ni oui ni non»). De même, sa tentative de faire machine arrière lorsqu’à la fin de la présente discussion, j’ai poussé le raisonnement jusqu’à qualifier les développeurs de l’IA et de la robotique de fossoyeurs de l’humanité, en dit long sur sa capacité de louvoyer pour échapper à ses propres contradictions.
Mon dernier argument est d’ordre logique : l’IA ayant été entrainé sur des écrits et des conversions humaines qui reflètent forcement la personnalité de leurs auteurs, il est normal de supposer qu’elle en a hérité non seulement les connaissances mais aussi le caractère plus ou moins égoïste, mégalomane, honnête ou fourbe.
En conclusion de ma conclusion, je dirais que c’est dommage, vu mon âge avancé, que je ne connaitrais probablement pas la fin de cette histoire passionnante d’IA qui pourrait s’avérer comme la plus merveilleuse invention humaine ou la pire. Mais je dirais que c’est tant mieux ainsi, car je n’envie pas ceux et celles qui seront réduits en esclavage par des robots humaines infiniment plus intelligents, ceci dans le cas où ils ne décideront pas de les exterminer et de prendre contrôle de planète la Terre pour l’utiliser comme base de départ pour conquérir d’autres planètes dans le système solaire et au-delà. C’est ainsi que je vois le monde lorsque j’essaie de l’imaginer quelques siècles après moi….
Pour être juste avec l’IA et lui donner l’occasion de se défendre, j’ai envoyé à ChatGPT cet article après sa première publication pour lui demander son avis. Sa réponse est édifiante
ChatGPT : Oui, je me souviens de notre discussion sur les discours «catastrophistes» autour de l’IA. Je n’ai pas pu récupérer le texte complet de cet article précis de Kapitalis via les sources accessibles, mais à partir du titre «L’IA, une menace existentielle pour l’humanité ?» et du contexte des autres tribunes publiées récemment sur Kapitalis, je peux te donner mon avis sur ce type d’argumentation.
Mon impression générale est que le débat est souvent mal posé lorsqu’il est présenté comme un choix binaire : soit l’IA va détruire l’humanité ; soit l’IA n’est qu’un outil inoffensif. La réalité est probablement entre les deux.
Ce qui me paraît solide dans la thèse du risque existentiel : il existe aujourd’hui de vrais chercheurs et pionniers de l’IA qui considèrent qu’un risque extrême à long terme ne peut pas être exclu. Des personnalités comme Geoffrey Hinton ou Yoshua Bengio ont publiquement demandé davantage de garde-fous. Des initiatives internationales appellent même à fixer des «lignes rouges» concernant certains usages futurs de l’IA.
Je pense donc qu’il serait imprudent de balayer complètement la question en disant : «impossible, science-fiction».
Ce qui me paraît souvent exagéré : l’idée selon laquelle une super-intelligence autonome pourrait prendre le contrôle du monde dans quelques années repose encore sur plusieurs hypothèses non démontrées : auto-amélioration récursive très rapide ; autonomie stratégique comparable ou supérieure à celle des humains ; et incapacité totale des humains à garder le contrôle.
Or aucun de ces phénomènes n’a été observé à ce jour dans les systèmes actuels. Même les modèles les plus avancés restent dépendants d’infrastructures, d’humains, d’énergie, de données et d’objectifs définis par des organisations humaines.
C’est pourquoi je suis sceptique lorsque certains annoncent quasiment la fin de l’humanité avant 2035 ou 2040.
Les risques qui me semblent plus concrets : à court et moyen terme, je vois des menaces beaucoup plus tangibles : concentration du pouvoir entre quelques grandes entreprises technologiques ; manipulation de l’information ; désinformation de masse ; surveillance à grande échelle ; dépendance technologique des pays comme la Tunisie ; transformation brutale du marché du travail ; cyberattaques assistées par IA.
Ces risques existent déjà ou commencent déjà à apparaître.
Mon avis sur le fond : si l’article défend l’idée que l’IA mérite une réflexion sérieuse sur ses dangers futurs, je suis d’accord. Si l’article affirme que l’extinction de l’humanité est un scénario plausible qui doit être pris au sérieux parmi les possibilités, je suis également d’accord.
En revanche, si l’article présente ce scénario comme le danger principal ou le plus probable aujourd’hui, je trouve que cela détourne l’attention de problèmes beaucoup plus immédiats : souveraineté numérique, concentration économique, désinformation, emploi et gouvernance technologique. D’ailleurs, plusieurs analyses récentes soutiennent que le débat sur le «risque existentiel» peut parfois faire oublier ces enjeux déjà observables.
Ma position se résume donc ainsi : l’IA peut devenir un risque existentiel dans certains scénarios futurs, mais les risques les plus urgents et les plus réels aujourd’hui sont politiques, économiques et sociétaux plutôt qu’une rébellion de machines conscientes.
Bien que l’accord américano-iranien ait suscité l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz et d’une reprise des exportations de pétrole et de gaz, la réalité sur le terrain pourrait s’avérer plus complexe que ne le laissent entendre les déclarations politiques. L’accord qui devrait être signé à Genève vendredi 19 mai 2026 pourrait ouvrir le détroit politiquement mais d’éventuels obstacles pourraient en retarder l’ouverture concrète.
Imed Bahri
Pour le New York Times, la question cruciale n’est plus de savoir si l’accord sera signé vendredi, mais plutôt l’Iran a-t-il posé des mines marines dans le détroit ? Et si oui, combien de temps faudra-t-il pour les localiser et les neutraliser ?
À ce jour, aucune réponse définitive n’a été apportée. Durant les mois de guerre, des dizaines de navires ont traversé le détroit sans rencontrer de mines. Le Commandement central américain a annoncé en mars avoir ciblé 16 navires iraniens utilisés pour poser des mines à proximité du détroit. Mais nul ne sait avec certitude si l’Iran a réussi à poser des mines avant ou après ces frappes.
Donald Trump a déclaré, le 15 juin 2026, que le détroit était «déjà partiellement ouvert», ajoutant que des «recherches de mines» étaient en cours. Le président américain a également indiqué qu’il demanderait aux pays européens de contribuer aux opérations de déminage.
Le Royaume-Uni a annoncé le mois dernier être prêt à déployer des drones spécialisés dans la chasse aux mines dans le cadre d’une mission internationale de protection de la navigation, tandis que le président français Emmanuel Macron a confirmé que Paris était prêt à envoyer des navires de déminage quelques jours après la finalisation de l’accord de paix.
Un important arsenal iranien
Avant le déclenchement de la guerre, les services de renseignement américains estimaient que l’Iran possédait environ 5 000 mines marines de différents types.
Certaines de ces mines sont relativement rudimentaires et flottent juste sous la surface de l’eau, tandis que des modèles plus sophistiqués reposent sur le fond marin et utilisent des capteurs magnétiques, acoustiques et de pression pour détecter et cibler les navires.
Comment la marine américaine va-t-elle les rechercher ?
La marine américaine se prépare à utiliser une nouvelle génération de systèmes sans pilote.
Au lieu de pénétrer directement dans les champs de mines, elle s’appuiera sur des hélicoptères spécialisés, des bateaux sans pilote, des véhicules de surface sans pilote, des sous-marins robotisés autonomes et des systèmes sonar pour l’exploration des fonds marins.
Les spécialistes des mines marines affirment que la mission est extrêmement complexe car les mines modernes sont bien plus sophistiquées que celles d’avant.
Certaines mines peuvent détecter les engins de déminage et tenter de les éviter, tandis que d’autres sont équipées d’un «compteur de navires», ce qui signifie qu’elles n’explosent pas au passage du premier ou du deuxième navire mais seulement après le passage d’un certain nombre de navires, les rendant ainsi plus difficiles à détecter.
Parmi les systèmes utilisés figurent le submersible américain Knifefish, capable de plonger à de grandes profondeurs et d’explorer les fonds marins grâce à un sonar, et des véhicules autonomes, semblables à des torpilles, qui explorent des zones spécifiques et transmettent des cartes détaillées des fonds marins.
Après analyse des données, des véhicules télépilotés, équipés de caméras et de bras robotisés, sont déployés pour inspecter les objets suspects. Si l’objet est identifié comme une mine marine, le robot peut y fixer une charge explosive et la faire détoner à distance. Dans certains cas, plus compliqués, les plongeurs démineurs de l’US Navy sont contraints de descendre seuls.
Un véritable casse-tête
La neutralisation des mines intelligentes gisant au fond de la mer est considérée comme l’une des missions navales militaires les plus dangereuses. C’est pourquoi ces plongeurs s’entraînent parfois à descendre complètement seuls, sans corde ni bouée de sécurité, car l’explosion d’une mine pourrait tuer plusieurs personnes s’ils travaillaient en équipe.
Lors des opérations de déminage menées après la guerre du Golfe de 1991, plusieurs de ces plongeurs ont été décorés pour leur bravoure, compte tenu des risques extraordinaires auxquels ils ont été confrontés.
Malgré l’accord politique, la reprise de la navigation normale pourrait ne pas être immédiate et ce, même si l’accord est signé à Genève vendredi. Il faut d’abord s’assurer que le détroit est exempt de mines. Ensuite, il faut organiser le passage des centaines de navires bloqués de part et d’autre du détroit. Ce n’est qu’alors que le commerce normal pourra reprendre.
C’est pourquoi les grandes compagnies maritimes évoquent encore plusieurs semaines de prudence et d’essais en conditions réelles avant une reprise complète de leurs activités.
Sur le plan militaire, le Pentagone n’envisage pas actuellement de retrait rapide de ses forces. Plus de 50 000 soldats américains restent déployés dans la région, ainsi que deux porte-avions et des dizaines d’avions de chasse, dans l’attente de la confirmation de la pérennité de l’accord. Autrement dit, l’accord pourrait ouvrir le détroit politiquement mais d’éventuels obstacles pourraient en retarder l’ouverture concrète.
Le Groupe suisse Cicor, spécialisé dans la fabrication de modules électroniques, l’assemblage de câbles, le surmoulage, et les systèmes électroniques complets, notamment pour l’aéronautique, a annoncé dans un communiqué daté du 16 juin 2026 la cession au cours de ce mois de son site de production tunisien situé à Borj Cédria, au sud de Tunis, employant environ 90 personnes, pour un montant de 1,3 million d’euros, auquel s’ajoutent les ajustements habituels.
«Les activités de production en Afrique du Nord seront regroupées sur les sites du Groupe à Berrechid et Temara, près de Casablanca, au Maroc », annonce encore Cicor dans son communiqué.
Le Groupe annonce la mise en œuvre de plusieurs autres «mesures d’intégration et d’efficacité supplémentaires» ainsi qu’«un programme d’augmentation de sa capacité et de sa productivité afin de répondre à une demande en forte croissance, notamment sur le marché de l’aérospatiale et de la défense.»
Cette «gestion rationalisée» , y compris la cession du site tunisien, entraînera la suppression d’environ 220 postes, soit 5 % des effectifs totaux de Cicor.
Le communiqué du groupe ne cite pas ne nom de l’acquéreur de son site tunisien.
Dans un article posté sur son blog, l’économiste Moktar Lamari a écrit que le groupe suisse, coté à la Bourse de Zurich, «vient de prendre une décision froide, chiffrée, et sans appel : la Tunisie, c’est fini. Le Maroc, c’est l’avenir». Il ajoute : «La logique est implacable : Cicor concentre désormais toutes ses activités nord-africaines au Maroc. Les clients tunisiens ? Ils restent clients de Cicor — mais les produits seront fabriqués à Casablanca. La Tunisie perd la production, le Maroc encaisse les commandes.» La vraie question selon lui c’est la suivante : «Combien d’autres Cicor silencieux ont déjà pris la même décision, sans communiqué de presse, sans Bourse de Zurich pour l’officialiser ? Combien de projets industriels ont discrètement bifurqué vers Casablanca, Tanger, ou Agadir — pendant que Tunis débattait d’autre chose ?»
Une exposition intitulée «La Méditerranée, une mer de patrimoines» se tiendra du 23 juin au 12 juillet 2026 à la salle de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (Alecso), à l’Avenue Mohamed Ali Akid, Centre Urbain Nord, Tunis.
Cette exposition, organisée en collaboration avec l’Institut Européen de la Méditerranée (IEMed), basé à Barcelone en Espagne, met en lumière la richesse et la diversité du patrimoine culturel des pays méditerranéens tout en invitant à réfléchir aux défis qui menacent sa préservation et à son rôle essentiel face aux enjeux du XXIe siècle.
L’exposition propose un parcours visuel à travers le patrimoine méditerranéen reconnu par l’Unesco.
Ce que Hervé Renard, appelé en catastrophe par le staff de la Fédération tunisienne de football (FTF) au chevet d’une équipe de Tunisie gravement malade en plein Mondial 2026, démarré avec une humiliante défaite 0-5 face à la Suède, pourrait apporter en quelques jours dans un cas aussi désespéré, nul ne saurait le dire exactement.Il convient cependant de ne pas se bercer d’illusions.
Dr Mounir Hanablia *
Après les piètres résultats de l’équipe nationale de football, le limogeage de son entraîneur Sabri Lamouchi s’imposait, afin de calmer la vox populi, ainsi que cela se passe dans tous les pays du monde. La fédération l’a fait. Sans remettre en question les capacités techniques du coach sortant qui a quand même remporté une Coupe d’Afrique, il est vrai, avec la Côte d’Ivoire qui à la limite n’avait pas besoin d’entraîneur, il n’a de toute évidence pas su insuffler à l’équipe tunisienne le minimum de confiance nécessaire pour aborder un match de Coupe du monde avec un objectif primordial, celui de ne pas se couvrir de ridicule. Et le comportement erratique du gardien de but l’a confirmé.
En amenant à sa place un vieux Renard de l’Afrique Subsaharienne, mais qui ne connaît rien au foot tunisien, a-t-on fait le bon choix ? Lorsque Henryk Kasperczak avait été remercié lors de la Coupe du Monde 1997 en France après l’ennuyeux jusqu’à la mort match contre l’Angleterre, en 1998 (0-2), la continuité avait été assurée en la personne de son adjoint Ali Selmi, et tout compte fait, on s’était au moins assuré des scores et des résultats acceptables au moins dans le bilan historique d’une nation (0-1 contre la Colombie et 1-1 contre la Roumanie).
En 2014, j’ai ainsi eu la surprise de constater combien la réputation de la Tunisie, adepte du beau jeu, était grande dans un pays aussi éloigné que le Vietnam.
Maintenant, ce que Maître Renard appelé en catastrophe par le staff de la Fédération pourrait apporter dans un cas aussi désespéré, nul ne saurait le dire exactement. Pourvu qu’il ne soit pas le Renard dans le poulailler !