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Mondial 2026 | Messi échappe au rouge et marque 3 buts à l’Algérie

Le triplé de Lionel Messi lors de la victoire de l’Argentine face à l’Algérie (3-0), mardi 17 juin 2026, ne suffit pas à faire taire la controverse. Une action impliquant la star argentine et le défenseur Aïssa Mandi suscite en effet de vives réactions.

À la 32e minute, Messi s’est rendu coupable d’une intervention dangereuse sur le défenseur algérien. Les ralentis montrent une semelle qui, aux yeux de nombreux observateurs, aurait pu justifier un carton rouge direct. Pourtant, ni l’arbitre ni le VAR n’ont estimé nécessaire de sanctionner le capitaine argentin d’une exclusion.

La décision arbitrale a immédiatement alimenté les débats sur les réseaux sociaux et dans les émissions spécialisées. Plusieurs consultants ont considéré que le geste relevait d’une faute grave susceptible de mettre en danger l’intégrité physique du joueur algérien, tandis que d’autres ont jugé la sanction maximale excessive.

Cette séquence prend une dimension particulière au regard de la suite de la rencontre. Resté sur le terrain, Messi a signé un triplé retentissant et porté l’Albiceleste vers un succès important dans le groupe J du Mondial 2026.

Pour les supporters algériens, le sentiment d’injustice demeure. Beaucoup estiment que l’issue de la rencontre aurait pu être différente si l’Argentine avait été réduite à dix joueurs dès la première période. La polémique autour de cette action devrait ainsi continuer d’alimenter les discussions bien après le coup de sifflet final.

Décidément, les Argentins ont le ciel avec eux. Après la «main de Dieu»  de Maradona, c’est le «pied» de son Messie qui lui ouvre le chemin du paradis.

Messi est certes le meilleur joueur au monde, mais est-ce une raison pour qu’il ait droit à un traitement spécial, quitte à ce que des arbitres outrepassent les règles pour ne pas sanctionner ses fautes ? Comme quoi, on ne donne qu’aux riches. Surtout dans le monde du ballon rond, où les pauvres n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Djamal Guettala

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Le blues des pêcheurs tunisiens de crevettes   

Le récent blocage par les autorités italiennes d’une cargaison de crevettes rouges tunisiennes a poussé des pêcheurs spécialisés dans la capture de ce crustacé, l’une des pêcheries les plus prisées de Méditerranée, à organiser un sit-in devant le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche à Tunis, pour exiger une intervention urgente des autorités suite aux difficultés rencontrées pour exporter vers l’Union européenne, notamment vers l’Italie.

La décision italienne serait liée au dépassement présumé des quotas autorisés pour ce produit, avec des conséquences jugées graves par les acteurs du secteur, en particulier dans les ports du nord du pays, à commencer par Ghar El Melh, dans le gouvernorat de Bizerte.

Pêcheurs et exportateurs appellent le gouvernement tunisien à intervenir auprès des autorités italiennes et européennes pour résoudre la situation et protéger le secteur.

Selon les opérateurs, le quota alloué à la Tunisie ne reflète pas la capacité de production réelle du pays. Des sources estiment la production tunisienne de crevettes rouges à environ 400 tonnes et dénoncent le manque de concertation avec les pêcheurs et les exportateurs lors de la fixation des limites appliquées.

Le problème a également pris une dimension technique et diplomatique. Dans une circulaire datée du 5 juin, le ministère italien de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts (Masaf) a informé les opérateurs de la filière pêche que le quota international CGPM 2026 alloué à la Tunisie pour la crevette rouge (Aristaeomorpha foliacea) avait été dépassé.

Selon le Masaf, le quota 2026, limité à 36 000 kilogrammes, était épuisé au 15 mai, tandis que les certificats de capture validés par les autorités tunisiennes et destinés au marché européen atteignaient au moins 50 960 kilogrammes, soit un excédent de plus de 41,5 %.

Le rapport italien cite la réglementation européenne contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et met en garde contre le risque de refus à la frontière ou d’interdiction d’importation pour les cargaisons validées après épuisement du quota.

Le ministère italien a également indiqué l’ouverture d’un canal de coopération avec les autorités tunisiennes afin de clarifier les certifications contestées.

Pour la filière tunisienne, le risque est immédiat : blocage des marchandises, coûts logistiques accrus, pertes commerciales et possible réduction des débouchés sur l’un de ses principaux marchés.

Les exportateurs craignent également des répercussions sur l’emploi et l’investissement dans le secteur de la pêche, un secteur fortement dépendant de l’accès aux marchés européens.

Cette affaire s’inscrit dans le cadre des mesures plus larges adoptées par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée, un organe de la FAO, afin de renforcer la gestion durable des stocks de poissons et de crustacés d’eaux profondes en Méditerranée centrale.

Pour la Tunisie, cependant, le différend revêt désormais une dimension économique et sociale : les pêcheurs réclament un réexamen du dossier et une solution rapide pour éviter qu’un conflit sur les quotas ne dégénère en crise structurelle pour l’un des secteurs de la pêche les plus rentables du pays.

I. B.

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Observé sur les côtes tunisiennes | Le requin bleu ne menace pasles humains

Dans un message diffusé suite à l’observation d’un requin bleu près des plages de Menzel Temime, dans le gouvernorat de Nabeul, un incident qui a suscité l’attention et l’inquiétude sur les réseaux sociaux tunisiens ces derniers jours, le WWF Afrique du Nord a indiqué que cette espèce est non dangereuse pour l’homme et qu’il s’agit de sensibiliser plutôt qu’attiser la peur le public à l’orée de la saison des bains de mer.

Selon l’organisation environnementale, le requin bleu (Prionace glauca) est une espèce pélagique qui vit généralement en haute mer, notamment en Méditerranée. Mais l’animal ne considère pas l’homme comme une proie. Son régime alimentaire se compose principalement de petits poissons et de calmars. Les experts le décrivent comme un requin généralement timide et prudent, qui a tendance à s’éloigner lorsqu’il perçoit une présence humaine.

Reconnaissable à son corps élancé et à la coloration bleue intense de sa partie dorsale, le requin bleu est un grand migrateur et peut occasionnellement s’approcher des côtes pour des raisons naturelles, telles que la présence de bancs de poissons, l’action des courants marins ou la recherche d’eaux plus fraîches, précise WWF.

L’association TunSea, qui a réagi à plusieurs signalements le long des côtes tunisiennes, a également appelé les habitants au calme, soulignant que le passage occasionnel de cette espèce près des côtes ne constitue pas en soi une anomalie ni un signe de risque accru pour les baigneurs.

Cette observation peut aussi être interprétée comme un indicateur positif de l’état de l’écosystème marin, estime WWF. Selon l’organisation environnementale, la présence de grands prédateurs demeure un facteur important pour l’équilibre des chaînes alimentaires et la biodiversité en Méditerranée. Elle rappelle, par ailleurs, que le requin bleu est une espèce vulnérable à la pression de la pêche, notamment aux prises accessoires dans les palangres et autres engins ciblant les espèces pélagiques.

À l’échelle mondiale, le requin bleu est classé comme quasi menacé, tandis qu’en Méditerranée, sa situation est considérée comme beaucoup plus grave. Le déclin progressif des requins et des raies dans la région est considéré par les spécialistes comme l’un des signes les plus inquiétants de la perte de biodiversité marine, dans un bassin soumis à une forte pression de la pêche, à la pollution, au trafic maritime et au changement climatique.

En cas d’observation près des plages, le WWF recommande de ne pas tenter d’approcher, de toucher, de poursuivre ou d’encercler l’animal pour prendre des photos ou des vidéos. Restez calme, éloignez-vous sans mouvements brusques et, si le requin semble désorienté, blessé ou échoué, signalez-le aux autorités compétentes, aux associations environnementales ou aux garde-côtes.

Le message final des experts est clair : la mer est l’habitat naturel de ces espèces, tandis que les humains n’y sont que des visiteurs.

L’observation à Menzel Temime, loin d’être un motif d’inquiétude, doit être interprétée comme une opportunité de renforcer l’éducation à l’environnement et la protection de la biodiversité marine tunisienne et méditerranéenne.

I. B.

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La Tunisie rapatrie près de 5000 migrants subsahariens en 11 mois

Quelque 4 735 migrants subsahariens en situation irrégulière ont bénéficié du programme de retour volontaire mis en place en Tunisie depuis le début des opérations, le 7 juillet 2025, jusqu’au 14 juin 2026.

Cette information a été communiquée par l’agence de presse Tap, citant le superviseur général du camp situé au kilomètre 21 d’El Amra, dans le gouvernorat de Sfax.

Le directeur du camp a indiqué que 226 migrants subsahariens devaient bénéficier d’un rapatriement volontaire vers leur pays d’origine entre le samedi 13 juin et le mardi 16 juin 2026.

Le camp accueille actuellement 574 migrants en situation irrégulière dans le cadre du projet d’intervention humanitaire pour le retour volontaire. Les personnes présentes sur place attendent la finalisation des procédures de rapatriement ou la confirmation de leurs dates de vol.

Un nouveau groupe de migrants en provenance des gouvernorats de Nabeul et de Sousse est attendu dans ce même camp. Des dossiers individuels seront constitués et transmis aux ambassades des pays concernés, étape indispensable à la délivrance ou à la vérification des documents de voyage.

Une source de tension sociale

La question migratoire demeure l’une des principales sources de tension pour la Tunisie, en particulier dans la région de Sfax, devenue ces dernières années un point névralgique pour les départs irréguliers vers l’Italie et pour la présence de migrants subsahariens bloqués sur le territoire tunisien.

Ce programme s’inscrit dans la stratégie tunisienne de gestion des migrations irrégulières et est présenté par les autorités comme un mécanisme humanitaire et volontaire, piloté par le ministère de l’Intérieur avec la participation d’organisations internationales et du Croissant-Rouge tunisien.

Le centre El-Amra est devenu ces derniers mois le principal point de ralliement des migrants cherchant à retourner dans leur pays d’origine suite au renforcement des contrôles sur les routes terrestres et maritimes vers l’Europe.

Cette initiative complète le programme de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a organisé ces dernières semaines des retours assistés supplémentaires depuis la Tunisie vers plusieurs pays africains.

Selon des données publiées par la presse, l’OIM a facilité le retour de plus de 2 700 migrants depuis début 2026, tandis que les autorités entendent intensifier leurs opérations tout au long de l’année. Elles présentent le retour volontaire comme un outil humanitaire et administratif de gestion des migrations irrégulières, en coordination avec les structures nationales et les pays d’origine.

Cependant, la question reste suivie de près par les organisations humanitaires et les observateurs internationaux, qui insistent sur la nécessité de garantir des retours pleinement volontaires, des conditions dignes dans les centres d’accueil temporaires et des mesures de réintégration dans les pays d’origine.

Il est également à noter que pour quelques milliers de migrants rapatriés chaque année, combien d’autres pénètrent chaque jour en Tunisie à travers les frontières algériennes et libyennes. Leur chiffre exact n’est pas connu alors que leur présence dans plusieurs régions, y compris dans certains quartiers de Tunis, est devenue massive et suscite des réactions de rejet de la part de la population locale.

La solution à ce fléau n’est clairement pas la transformation de la Tunisie en un pays de résidence obligée ou choisie par des centaines de milliers de migrants irréguliers empêchés de rejoindre l’Europe.

I. B.

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La Tunisie et sa diaspora | Remettre les pendules à l’heure

Lorsqu’un enfant de la diaspora tunisienne choisit de ne pas porter le maillot national et jubile après avoir marqué deux fois contre la Tunisie, comme l’a fait l’international suédois d’origine tunisienne Yasin Ayari (photo), lundi dernier, en Coupe du Monde Fifa 2026, il est inutile de vouloir le blâmer, même si cela peut choquer. Le véritable enseignement est ailleurs : il est grand temps de remettre les pendules à l’heure et de moderniser la relation entre notre pays et sa diaspora. Les liens avec les nouvelles générations de Tunisiens de l’étranger ne peuvent plus être considérés comme acquis.

Hakim Tounsi *

Pendant longtemps, la Tunisie a su mettre en place des mesures innovantes et attractives pour maintenir le lien avec ses ressortissants à l’étranger. La FCR, notamment, a constitué en son temps une avancée importante et un signal fort adressé à la diaspora. Mais le monde a changé, notre diaspora aussi. Les recettes d’hier ne suffisent plus à répondre aux réalités et aux attentes d’aujourd’hui.

L’exemple récent d’un joueur binational tuniso-suédois ayant choisi de défendre les couleurs de la Suède et d’inscrire deux buts face à la Tunisie lors d’une Coupe du monde illustre parfaitement cette réalité.

Les enfants de la diaspora construisent, légitimement, leur parcours, leurs réussites et parfois même leur sentiment d’appartenance dans leurs pays de résidence. Leur attachement à la Tunisie ne peut donc être considéré comme acquis, ni se transmettre automatiquement de génération en génération.

Renforcer le lien avec sa diaspora

Depuis plusieurs années, j’alerte sur le risque de voir une partie des nouvelles générations de Tunisiens nés ou ayant grandi à l’étranger s’éloigner progressivement de leur pays d’origine si la Tunisie ne repense pas en profondeur sa manière d’entretenir et de renforcer le lien avec sa diaspora.

C’est précisément pour cette raison que je plaide depuis des années en faveur d’une relation moderne, équilibrée et mutuellement bénéfique entre la Tunisie et sa diaspora. Une relation fondée non seulement sur l’attachement au pays et les attentes légitimes de la nation, mais aussi sur le respect, la confiance, la reconnaissance des compétences, des aspirations et de la volonté de contribuer de nos compatriotes établis à l’étranger.

Si le patriotisme demeure un facteur important de cohésion, il ne peut à lui seul garantir la pérennité de ce lien. La relation entre la Tunisie et sa diaspora doit également reposer sur des intérêts partagés, des opportunités réciproques et un véritable partenariat gagnant-gagnant. C’est à cette condition que l’attachement au pays continuera de se transmettre et de se renforcer au fil des générations.

Cela suppose également de moderniser certaines politiques publiques qui concernent directement les Tunisiens de l’étranger : l’enseignement de la langue arabe, les conditions de mobilité entre la Tunisie et les pays de résidence, la simplification des démarches administratives, l’encouragement des jeunes générations à découvrir leur pays d’origine ainsi qu’une meilleure prise en compte de la contribution économique, sociale et culturelle de la diaspora dans les choix stratégiques de la nation.

Pour une logique de confiance et de partenariat

Il est également temps de passer d’une logique principalement fondée sur les contrôles et les contraintes à une logique d’incitation, de confiance et de partenariat. À titre d’exemple, plutôt que de multiplier les formalités et les justificatifs, la Tunisie pourrait imaginer de nouveaux mécanismes encourageant le rapatriement de devises, l’investissement productif et la création de valeur par les Tunisiens de l’étranger.

La FCR et la loi de 1972 ont, chacune à leur époque, constitué des outils innovants qui ont contribué à créer une dynamique économique et à renforcer les liens avec les Tunisiens établis à l’étranger.

L’enjeu aujourd’hui n’est pas de reproduire ces dispositifs à l’identique, mais de retrouver le même esprit d’innovation en concevant de nouveaux programmes adaptés aux réalités du XXIe siècle : avoirs fiscaux liés à l’investissement productif, encouragement de l’investissement dans les régions, développement de zones d’activités ouvertes aux initiatives de la diaspora, ou encore mécanismes favorisant les partenariats entre les compétences des Tunisiens du monde et les acteurs économiques locaux.

L’objectif n’est pas de faire un cadeau à la diaspora. L’objectif est de créer une dynamique gagnant-gagnant dans laquelle le pays bénéficie de davantage d’investissements, d’activité économique, d’emplois et de recettes, tandis que les Tunisiens de l’étranger trouvent un intérêt concret à renforcer leurs liens avec leur pays d’origine. Les grandes réussites économiques naissent souvent d’idées simples, audacieuses et adaptées à leur époque. La Tunisie a su faire preuve d’innovation hier ; elle doit retrouver cette capacité aujourd’hui.

En tant que Tunisiens engagés, nous mettons notre expérience et notre expertise au service de notre pays, convaincus que la valorisation des talents de la diaspora et la mise en place d’un véritable partenariat stratégique permettront de renforcer durablement les liens avec les Tunisiens du monde et de prévenir leur éloignement progressif.

Avec la précieuse contribution de mon ami Naoufel Zayadi, nous avons notamment formulé plusieurs propositions visant à réformer et moderniser l’enseignement de la langue arabe destiné aux enfants de la diaspora dans leurs pays d’accueil. À ce jour, ces propositions n’ont malheureusement donné lieu à aucune mise en œuvre concrète.

Les droits civiques des binationaux

Par ailleurs, je continue de considérer que la suppression de certains droits civiques des Tunisiens binationaux sous le mandat de Kaïs Saïed, notamment l’interdiction de se présenter aux élections locales, constitue une erreur qu’il conviendra de corriger. Une nation forte est une nation qui rassemble toutes ses compétences, où qu’elles se trouvent, plutôt qu’une nation qui les éloigne.

La question de la diaspora est un enjeu stratégique majeur pour la Tunisie. Elle mérite d’être appréhendée comme une richesse nationale à part entière, suivie, valorisée et intégrée dans la réflexion publique. C’est pourquoi j’appelle à davantage de réflexion, de concertation et de retenue avant toute promulgation de loi ou prise de décision susceptible d’affaiblir les liens avec nos compatriotes à l’étranger et, à terme, de porter atteinte aux intérêts supérieurs de notre pays.

* Economiste, fondateur et dirigeant du tour opérateur Otentic en France.

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Fin de la guerre d’Iran | Le fiasco de l’Amérique de Trump !

À quoi aurait servi cette guerre d’Iran ? À part à renforcer les éléments les plus radicaux du régime de la République islamique et à renforcer la mainmise des Gardiens de la révolution sur le pays, elle n’a pas servi à grand-chose. Il n’y a eu que des dégâts sur les plans géopolitique, énergétique et économique. Tout cela pour aboutir à un statu quo ante, c’est-à-dire à la situation du 27 février, le jour précédant le déclenchement de la guerre. Les fanfaronnades de Trump ont accouché d’un sauve qui peut ! (Photo : La réouverture du détroit d’Ormuz est devenue pratiquement l’unique objectif – et l’unique « gain » américain – de la guerre contre l’Iran).

Imed Bahri

L’annonce par le président Donald Trump d’un accord avec l’Iran met fin à une guerre coûteuse mais laisse le régime en place et reporte la question nucléaire à de futures négociations, a écrit Michael Birnbaum, correspondant du Washington Post à la Maison-Blanche, ajoutant que Trump a entamé la guerre en promettant un changement de régime pour finalement aboutir à la réouverture du détroit d’Ormuz ! 

Le président américain a lancé la fin de sa guerre contre l’Iran dimanche : «Navires du monde, démarrez vos moteurs, que le pétrole coule!» Mais cette nouvelle fanfaronnade ne trompe plus personne. L’homme est dans ses petits souliers.  

Retour au statu quo

Le régime iranien restant au pouvoir, Trump s’est félicité du retour au statu quo du 27 février, la veille de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran.

Ce retour à une forme de statu quo était bien loin des objectifs initiaux de la guerre qui avait commencé par un engagement à faire tomber le régime. 

Après les frappes qui ont tué le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, aux premières heures de la guerre, Trump a déclaré aux Iraniens que le moment était venu de reprendre le contrôle de leur pays. Cependant, le soulèvement n’a pas eu lieu. Ces derniers mois, les dirigeants iraniens ont fait preuve de résilience face aux attaques féroces de la plus puissante armée de l’histoire. Ils ont fermé le détroit d’Ormuz, paralysant les marchés mondiaux de l’énergie, et ont creusé le fossé entre Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au point que le président américain a profité de la célébration de son 80e anniversaire pour dénoncer publiquement son allié israélien.

En promouvant l’accord qui a mis fin aux combats, Trump et ses principaux conseillers ont affirmé que l’Iran s’était engagé à ne pas se doter de l’arme nucléaire. Mais les dirigeants iraniens, qui ont pris des engagements similaires depuis des décennies, ont indiqué dimanche que les difficiles négociations concernant leur programme nucléaire étaient toujours en cours et ne débuteraient pas avant la levée du blocus naval américain de leurs ports.

En l’absence de détails sur l’accord et face aux incertitudes persistantes concernant le nucléaire, les experts estiment qu’il est prématuré d’évaluer pleinement l’héritage d’un conflit qui a duré cinq semaines et demie de combats intenses, suivies de plus de deux mois d’une trêve fragile ayant épuisé les réserves mondiales de pétrole.

C’est Trump qui a reculé

Cependant, l’approche de Trump a changé. Au lieu d’exhorter les Iraniens à renverser leurs dirigeants, il privilégie désormais la négociation avec le régime honni. Le président a exclu toute action militaire susceptible de compromettre la paix, comme il l’a fait dimanche avec le Premier ministre israélien.

Dans une interview accordée au Wall Street Journal dimanche, Trump a déclaré avec sa mauvaise foi légendaire : «En ce qui concerne un changement de régime, je n’y ai jamais été intéressé», ajoutant que les dirigeants iraniens actuels sont «le troisième groupe avec lequel nous avons traité et le plus raisonnable jusqu’à présent».

Trump et ses partisans affirment que la guerre a été un succès majeur, ayant éliminé de nombreux hauts responsables, porté un coup dur au programme nucléaire déjà fragilisé et décimé la marine du pays.

Le vice-président J.D. Vance a déclaré dimanche à Fox News : «Si les Iraniens respectent cet accord, cela changera fondamentalement le Moyen-Orient pour les 50 prochaines années. Cette région du monde est dans un état déplorable depuis toujours».

Toutefois, certains experts du Moyen-Orient restent sceptiques, même avec un accord visant à mettre fin aux combats et à rouvrir le détroit d’Ormuz.

«Si cet accord est appliqué tel quel, il laissera un régime répressif aux commandes en Iran, avec la plupart des moyens qu’il utilise pour menacer la région : missiles balistiques, drones et un réseau régional de groupes mandataires certes faibles mais néanmoins dangereux au Liban, en Irak et au Yémen», a déclaré Brian Katulis, chercheur au Middle East Institute.

«Trump a en quelque sorte reculé. Il savait qu’il n’y avait pas d’options militaires viables, il a donc dû parvenir à un accord et les deux camps crieront victoire. C’est ce que nous verrons dans les quatre ou cinq prochains jours», a ajouté Katulis.

Alors que Trump vantait les mérites de son accord, certains de ses plus fervents partisans, membres de la coalition des faucons anti-Iran, se demandaient si la fin des combats était la meilleure solution. L’animateur radio Mark Levine écrivait sur X : «Cela fait des jours que je me demande pourquoi nous, le peuple, ne pouvons pas consulter ce fichu mémorandum d’entente ?» 

Levine, qui avait discuté à plusieurs reprises de l’Iran avec Trump durant son second mandat, a ajouté : «Franchement, je n’ai jamais rien vu de tel. Si ce mémorandum doit apporter la paix alors qu’il soit rendu public».

Le sénateur Lindsey Graham, un proche allié de Trump et le plus fervent soutien d’Israël au Congrès, a questionné les termes de l’accord, exprimant une «certaine inquiétude» quant aux différences entre les versions iranienne et américaine.

Dans un message publié sur X, où il décrivait Vance comme «l’architecte de l’accord» et écrivait : «Conformément à notre loi, tout accord nucléaire avec l’Iran sera soumis au Congrès pour examen et vote. J’ai hâte d’examiner la version finale»

L’Iran sait obtenir des concessions

Les dirigeants iraniens ont déclaré dimanche que les termes de l’accord ne seraient pas rendus publics avant sa signature vendredi 19 juin. Cette décision, bien que visant à protéger l’accord des pressions extérieures, pourrait également accroître le risque de son effondrement, les négociateurs s’efforçant toujours d’en finaliser les détails.

Les responsables politiques iraniens ont évité d’aborder la question nucléaire dimanche, se démarquant nettement de la position adoptée par les États-Unis. Ils ont laissé entendre qu’un allègement significatif des sanctions serait nécessaire avant qu’ils n’acceptent des concessions substantielles sur ce sujet.

Les négociateurs doivent désormais discuter de l’arrêt de l’enrichissement d’uranium ainsi que du sort des stocks actuels d’uranium hautement enrichi de l’Iran qui ont été constitués par Téhéran après le retrait de Trump de l’accord nucléaire conclu sous l’administration Obama en 2018.

«L’Iran sait comment prolonger ces négociations et tenter d’obtenir des concessions au passage», a écrit Dan Shapiro, ancien ambassadeur des États-Unis en Israël lors de la signature de l’accord nucléaire de 2015. «Il était possible qu’aucun accord ne soit conclu et que tout accord obtenu soit pire que ce que nous aurions pu obtenir par la voie diplomatique avant la guerre», a-t-il ajouté.

Shapiro a abordé également une autre question sensible : «L’ouverture du détroit d’Ormuz est le principal résultat de cet accord. L’Iran a transformé un levier théorique en un levier réel et puissant, imposant de lourdes pertes à l’économie mondiale et inquiétant fortement le président Trump».

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Colloque à Paris | Histoire partagée, mémoires plurielles et souverainetés inachevées

Soixante-dix ans après les indépendances du Maroc et de la Tunisie, le colloque international «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956–2026)», tenu à Paris les 8 et 9 juin 2026, a constitué un moment majeur de réflexion historique sur les héritages coloniaux et leurs prolongements contemporains. Accompagné de l’exposition «Décolonisations en miroir : France/Afrique du Nord (1930–1970)», cet événement scientifique a proposé une lecture croisée des trajectoires de la France, de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.

Abdelhamid Larguèche *

Plus qu’une simple commémoration, cette rencontre a invité à penser les décolonisations comme des processus connectés, où les histoires des deux rives de la Méditerranée demeurent profondément imbriquées.

Au début des années 1930, l’empire colonial français atteint son extension maximale. L’Exposition coloniale internationale de 1931 à Paris célèbre alors la puissance impériale et diffuse un imaginaire fondé sur la mission civilisatrice et la hiérarchie des peuples.

Les cartes coloniales, les affiches de propagande et les représentations exotiques du Maghreb révèlent une géographie politique façonnée par la domination européenne. Ces images participaient à une entreprise plus vaste : naturaliser l’ordre colonial et effacer les réalités historiques et culturelles des sociétés colonialisées. Pourtant, cet âge d’or impérial portait déjà les germes de sa propre contestation.

Paris, laboratoire des nationalismes maghrébins

Paradoxalement, la capitale française devient également le lieu où se forgent les élites anticoloniales. Étudiants, intellectuels et militants maghrébins y élaborent les premiers discours nationalistes modernes. Parmi les figures majeures émergent Abdelaziz Thaalbi, Habib Bourguiba ou encore Messali Hadj, dont les parcours témoignent de l’interconnexion des espaces politiques méditerranéens

En Tunisie, la publication de ‘‘La Tunisie martyre’’ de Thaalbi en 1920 marque un tournant majeur du nationalisme moderne. La fondation du Destour puis du Néo-Destour structure progressivement la revendication souveraine. C’est à Paris que se forgent les idées de souveraineté qui renverseront l’ordre impérial.

Au Maroc, le Dahir berbère de 1930 cristallise les résistances contre le protectorat. En Algérie, Messali Hadj fonde l’Étoile nord-africaine (ENA) dès 1926 à Paris, ouvrant la voie au nationalisme indépendantiste algérien.

L’Étoile nord-africaine, dirigée par Messali Hadj, revendique l’indépendance de l’Algérie et la défense des droits des Nord-Africains. Elle marque la naissance d’un nationalisme organisé parmi les colonialisés vivant en France.

La Seconde Guerre mondiale bouleverse l’ordre colonial. Les soldats maghrébins participent à la libération de la France, mais les promesses d’égalité restent sans lendemain.

Le 8 mai 1945 constitue un tournant majeur : alors que l’Europe célèbre la victoire sur le nazisme, les massacres de Sétif et Guelma annoncent la crise définitive de l’empire colonial. Ces événements marquent l’effondrement de l’illusion réformiste et ouvrent l’ère des guerres d’indépendance.

Guerres de libération et naissance des souverainetés

Entre 1954 et 1962, le Maghreb connaît des trajectoires différenciées vers l’indépendance. L’Algérie s’engage dans une guerre longue et violente qui transforme profondément la société française elle-même.

En Tunisie, l’indépendance obtenue en 1956 sous la conduite de Bourguiba ne met pas immédiatement fin à la présence française. La bataille de Bizerte de 1961 et l’évacuation des bases militaires en 1963 pachèvent la souveraineté nationale.

Les indépendances ne mettent pas un terme aux conflits : ceux-ci se déplacent désormais sur le terrain de la mémoire. En France, la guerre d’Algérie demeure longtemps désignée comme les «événements». En Algérie, un récit national héroïque se construit autour du FLN et des martyrs de la révolution.

Peu à peu émergent des mémoires longtemps invisibles : harkis, pieds-noirs, Juifs maghrébins, appelés français ou civils déplacés. L’ouverture des archives transforme aujourd’hui profondément les écritures de l’histoire.

L’exposition rappelle également le rôle fondamental des images dans la décolonisation du regard. Le cinéma maghrébin a constitué un espace essentiel de reconquête symbolique. Des œuvres comme ‘‘La Bataille d’Alger’’ de Gillo Pontecorvo ou ‘‘Chronique des années de braise’’ de Lakhdar Hamina ont contribué à faire de l’histoire coloniale un patrimoine universel de la lutte pour la liberté.

Vers une mémoire partagée ?

Au-delà des blessures et des silences, le colloque a montré que les décolonisations ne relèvent pas seulement du passé : elles constituent un enjeu majeur du présent. Les questions migratoires, la francophonie, les archives, les débats sur les réparations ou les reconnaissances mémorielles continuent de structurer les relations entre la France et le Maghreb.

L’exposition s’achève sur une convictionforte : reconnaître la douleur de l’autre ne signifie pas renoncer à sa propre histoire.Au contraire, cette reconnaissance constitue peut-être la condition d’une mémoire véritablement partagée entre les deux rives de la Méditerranée.

* Historien.

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Marche à Paris contre le racisme en France et en Tunisie

Une marche aura lieu le dimanche 21 juin 2026 à partir du 14h00 et au départ du Métro Barbès à Paris sous le slogan «Mettons un coup K.O. au racisme !», organisée à l’initiative de nombreuses organisations antiracistes, associations de défense des droits humains, syndicats, partis politiques et personnalités engagées en France contre le racisme et pour la défense des valeurs de liberté, d’égalité et de solidarité.

Les marcheurs dénonceront le racisme sous toutes ses formes, en France comme en Tunisie, et exprimeront leur solidarité avec Saadia Mosbah, condamnée à huit ans de prison, et avec Abdallah Said, détenu depuis plus d’un an et demi dans l’attente de son procès, «en raison de leur engagement en faveur des droits des personnes migrantes et de la solidarité humaine», précisent les organisateurs de la marche.

«Nous voulons également dénoncer les agressions racistes, les violences, les expulsions forcées, les traitements inhumains et les multiples violations des droits fondamentaux dont sont victimes les migrants subsahariens en Tunisie», ajoutent-ils, estimant que «les actes et crimes racistes visant les migrants subsahariens en Tunisie ont atteint un niveau de gravité alarmant» et qu’ils «prospèrent dans un climat d’impunité qui donne à leurs auteurs le sentiment qu’ils peuvent agir sans craindre de poursuites ni de sanctions.»

«La récente diffusion d’une vidéo montrant une femme noire victime d’un viol collectif sous les yeux de son mari a provoqué une profonde indignation. Cet acte d’une extrême gravité illustre jusqu’où peut conduire la déshumanisation de personnes déjà vulnérables. En tant qu’êtres humains, nous ne pouvons accepter que le racisme, la violence et l’impunité deviennent une réalité banalisée», lit-on encore dans l’appel à manifester.

Les associations organisatrices, à savoir le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), l’Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR) et l’Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT), dénoncent, également, dans leur appel, «la responsabilité des politiques migratoires menées entre l’Union européenne et la Tunisie.»

«Le soutien politique, financier et sécuritaire apporté par l’Union européenne aux autorités tunisiennes soulève de sérieuses questions quant à la responsabilité de chacun face aux violations des droits humains commises contre les migrants. Aucune politique migratoire ne saurait justifier des atteintes à la dignité humaine ni la remise en cause des droits fondamentaux», écrivent-elles, en soulignant la concomitance entre la signature du mémorandum d’entente entre la Tunisie et l’Union européenne et l’augmentation notable des reconduites à la frontière et des expulsions de ressortissants tunisiens depuis plusieurs États européens.

«Présentée comme un modèle de coopération efficace en matière de contrôle migratoire, la Tunisie est désormais érigée en exemple de réussite d’une politique fondée sur l’externalisation des frontières et l’accélération des retours. Derrière les discours sur la ‘‘gestion des flux migratoires’’, cette approche a pourtant des conséquences humaines, sociales et économiques lourdes pour les personnes concernées. Elle privilégie une logique de fermeture et de renvoi au détriment de la protection des droits fondamentaux, de la dignité des migrants et de la prise en compte des causes profondes des migrations. Nous refusons que la Tunisie serve de vitrine à une politique migratoire qui fait primer les impératifs sécuritaires sur le respect des droits humains», ajoute l’appel à la marche de solidarité avec les victimes du racisme en France, en Tunisie et partout dans le monde et «pour l’égalité des droits et la dignité de toutes les personnes».

I. B.

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