Lese-Ansicht

Mondial 2026 A la veille de Suède-Tunisie : Focus sur le mental

A un peu plus de deux jours de son premier match en coupe du monde, l’équipe de Tunisie poursuit sa préparation sous la conduite de Sabri Lamouchi afin d’arriver dans une forme optimale le jour de son match contre la Suède, aussi bien physiquement que techniquement, mais surtout mentalement. D’ailleurs, le sélectionneur national a accordé une grande importance à ce dernier volet afin de faire oublier aux joueurs leur déroute face à la Belgique, cherchant surtout à tirer les conclusions de ce dérapage, à éviter les erreurs commises afin de garder leurs chances de qualification au second tour intactes. Sabri Lamouchi a reconnu à la fin de la rencontre de Bruxelles qu’il assumait l’entière responsabilité de la défaite et qu’il allait prendre en conséquence certains facteurs.

Cela implique des changements dans la composition de l’équipe, dans les choix tactiques et l’amélioration du comportement offensif de l’équipe, très faible à ce niveau. Lors de la révision de ses choix, Sabri Lamouchi doit absolument tenir compte de l’inexpérience de plusieurs joueurs et de la nécessité de faire appel à d’autres éléments plus rompus à ce genre de rencontres et surtout capables de gérer la pression, même si les ténors de l’équipe sont restés à la maison à l’instar de Béchir Ben Saïd, Aïssa Laïdouni, Ferjani Sassi et Issam Jebali.

Du pain sur la planche Toutefois, quelques joueurs se prévalant de ce profil sont présents au Mexique. Parmi les joueurs capables de stabiliser l’équipe et lui redonner sa véritable personnalité, on peut citer le gardien Aymen Dahmen, un portier d’expérience qui connaît parfaitement l’ambiance du Mondial et qui est capable de placer ses défenseurs et d’user de son expérience, tout comme le défenseur axial Dylan Bronn, le meilleur à son poste à l’heure actuelle parmi ceux qui ont effectué le voyage. Le retour de Yan Valery sur le côté droit pourrait également être utile. Enfin, à l’entrejeu, Hannibal Mejbri peut donner plus de solutions pour dynamiser le compartiment offensif et secouer l’appétit des attaquants, particulièrement les deux avants de pointe, Hamza Mastouri ou Firas Chaouat. Mais c’est le volet mental qui va être le plus influent face à la Suède, surtout après la débâcle subie contre la Belgique en amical. Le sélectionneur national, ses adjoints et les membres fédéraux présents au Mexique savent ce qui leur reste à faire. Bonne chance.

Hédi

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CSHL : la terrifiante épée de Damoclès !

L’euphorie, la liesse, la joie ayant balayé la cité balnéaire suite au retour des verts dans le giron des « grands » n’auront été que des plus éphémères, un feu de paille en quelque sorte. Un terrible coup d’arrêt mit un bémol brutal aux festivités tel une tranchante lame de couperet. La nouvelle se répandit telle une trainée de poudre dans toutes les cités de la ville déversant une douche écossaise sur tous les fans des banlieusards : Une lourde…trop lourde ardoise à éponger dans les plus brefs délais conformément aux règlements imposés par la FIFA, le club de la banlieue sud devra faire face à un lourd passif financier résultant de dettes contractées envers plusieurs joueurs et entraîneurs entre 2014 et 2026. On parle d’une redevance de l’ordre des 800 mille dinars ! Ces créances ont fait l’objet de décisions définitives et exécutoires rendues par la Commission des litiges.
Fâcheuses répercussions
La situation ne se limite pas à une simple interdiction de recrutement. Le club est également privé de la licence lui permettant de participer au championnat de Ligue 1 la saison prochaine tant qu’il n’aura pas régularisé sa situation vis-à-vis de ses créanciers. À défaut, il risque même une relégation vers les divisions inférieures.
Depuis 2014 déjà!
Empressons-nous de souligner que le pauvre Mongi Bhar, l’actuel Président en exercice, n’a rien à voir dans cette rocambolesque et non moins tragique situation. Les dettes ayant été contractées depuis belle lurette et avant même son intronisation aux commandes de la boite. Inutile de dresser un tableau exhaustif de l’identité des créanciers (entraineurs, joueurs recrutés, enfants du club) s’agissant au fait d’une cuisine interne dont nous devons respecter les secrets.
Casse-tête chinois pour Mongi Bhar
Personne ne voudrait être à la place du Président Hammam-Lifois. Une lourde gamelle à honorer, une nouvelle saison à préparer avec tout cela comporte comme logistique (recrutements, stages de remise en condition, recherche de sponsors, etc.). Mais le plus urgent se résume en de difficiles tractations avec les ténors du barreau représentant les créanciers pour les convaincre de lui accorder une bouffée d’air pur, entendre surseoir à leurs exigences le temps qu’il parvienne à se  » retourner » et à trouver la panacée idoine en mesure de le sortir de cette panade. Lui prêteront-ils la bonne oreille ? Seront-ils assez compréhensifs pour lui lâcher momentanément du lest ?
Appel pressant aux mécènes et aux supporters
Les nantis de la ville en premier lieu ainsi que les inconditionnels Hammam-Lifois se doivent de conjuguer leurs efforts pour venir à la rescousse des caisses. Chacun selon ses propres moyens. Mêmes Les oboles les plus modestes sont les bienvenues dans les circonstances actuelles. Ne pas insulter la moindre contribution aussi minime soit-elle. Un élan de solidarité s’impose pour l’heure. Par ailleurs, il est grand temps que les  » petites » guéguerres « intestines, les vils coups bas, le mesquin nombrilisme de certains qui se reconnaitront, les  » après moi le déluge » disparaissent de la circulation pour l’unique et seul bien des couleurs. Faute de quoi, de sombres perspectives à guetter la boite, tapis non pas dans l’ombre, non, mais sous les feux de la rampe visibles à des milliers de lieues mêmes par les atteints de myopie psychologique, voire les non-voyants tout court…
Mohamed Sahbi RAMMAH  

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Environnement marin – restauration écologique des aires marines protégées : sauver notre mer Méditerranée, c’est possible

La Méditerranée se réchauffe environ 20% plus vite que la moyenne mondiale, et de nombreux écosystèmes sont soumis à de fortes pressions : la moitié des zones humides naturelles et près d’un tiers des herbiers de posidonie ont disparu au cours des 50 dernières années. La restauration des habitats marins et côtiers est essentielle, non seulement pour préserver la biodiversité, mais aussi pour protéger les communautés littorales, renforcer la résilience et donner un coup de pouce à la nature : c’est le rôle de la restauration écologique.

Les aires protégées constituent un pilier essentiel des stratégies de conservation de la biodiversité, notamment dans le cadre de la Stratégie et du Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) 2018-2030, alignés sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. La cible nationale définie dans la SPANB vise à renforcer le réseau des Aires Marines et Côtières Protégées (AMCP) afin d’améliorer leur couverture territoriale, à travers la création de nouvelles aires présentant un intérêt écologique et une forte diversité biologique. Cette action devrait être associée à l’élaboration des plans de gestion pour toutes les AMCP existantes pour assurer leur suivi et évaluation.

La Tunisie compte un nombre important d’aires protégées marines ou gérées avec une composante marine (18 sites). La majorité d’entre elles est classéesites Ramsar (15 sites), tandis que trois sont désignées Aires Spécialement Protégées d’Importance Méditerranéenne (ASPIM). Par ailleurs, six sites sont en phase de création en tant qu’AMCP : les îles Kneiss, l’archipel de La Galite, les îles Kuriat, Zembra et Zembretta, les Îlots nord de Kerkennah et Ras R’mel, Djerba. L’initiative côtière constitue un moyen efficace de protéger le littoral, d’en assurer une gestion durable et de renforcer sa résilience face au changement climatique, à l’élévation du niveau de la mer et à la pollution. Elle comprend la lutte contre l’érosion côtière, la réhabilitation des écosystèmes dans les AMPC, ainsi que la garantie d’une transition écologique des activités maritimes, touristiques et récréatives à travers la contribution aux travaux préventifs et de protection.

La restauration écologique dans les Aires Marines Protégées, une priorité

Face à la dégradation croissante des écosystèmes marins, la restauration écologique devient une priorité pour les Aires Marines Protégées. MedPANet l’UICN Med proposent une formation innovante et opérationnelle, destinée aux gestionnaires d’AMP méditerranéennes, pour renforcer leurs capacités à concevoir et mettre en œuvre des actions de restauration concrètes. L’objectif est de comprendre le cadre politique et éthique dans lequel s’inscrit la restauration écologique, identifier les situations où elle est justifiée ou, au contraire, éviter, acquérir les outils pour réaliser un diagnostic écologique, identifier les pressions qui expliquent la dégradation des écosystèmes, évaluer le potentiel de récupération naturelle des écosystèmes, déterminer si la restauration passive est suffisante avant d’envisager toute intervention active, identifier les blocages écologiques qui peuvent justifier une restauration active et évaluer la faisabilité institutionnelle, financière et technique d’une telle intervention, en s’appuyant sur les meilleures pratiques régionales et internationales. C’est dans ce cadre que l’Association Notre Grand Bleu organise du 8 au 11 juin 2026 un atelier de formation MedPAN sur la restauration écologique des Aires Marines Protégées méditerranéennes (AMP) du 8 au 11 juin 2026 à Monastir en vue de développer des compétences pratiques et concrètes, en lien avec la mise en œuvre de projets de restauration dans les AMP. La première journée a permis aux gestionnaires des AMP et aux experts méditerranéens d’échanger autour des enjeux de conservation et de restauration des écosystèmes marins, tout en initiant un travail collaboratif sur des études de cas réelles issues de leurs propres sites. Ensemble, ils ont travaillé en petits groupes sur des études de cas issues de leurs propres AMP, et construit progressivement un Plan d’Action pour la Restauration (PAR) à l’aide de templates et d’outils de facilitation. Une coopération régionale solide, le partage des connaissances et des approches intégrées ont été identifiés comme des conditions indispensables pour garantir l’efficacité et la durabilité des actions de restauration. Lesparticipants ont également découvert l’Aire Marine et Côtière Protégée des Îles Kuriat, site hôte de la formation, ainsi que les actions de suivi écologique, de conservation et de restauration qui y sont menées.

En renforçant l’efficacité des AMP méditerranéennes, cet atelier apportera une impulsion majeure pour favoriser la restauration et la protection des ressources halieutiques et soutenir la résilience des écosystèmes marins au profit des populations locales avec une amélioration des revenus de la pêche durable et le développement de l’écotourisme.

Kamel BOUAOUINA

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Baisse de la natalité et inversion de la pyramide des âges : la Tunisie aura de plus en plus de cheveux blancs

La Tunisie traverse une mutation silencieuse mais profonde, qui redessine le visage de sa société. Autrefois pilier central du parcours de vie des jeunes Tunisiens, le mariage est aujourd’hui en net recul, avec pour corollaire une forte baisse de la natalité.

Les dernières données de l’Institut National de la Statistique (INS) révèlent l’installation du célibatchoisi et assumé comme la norme chez les jeunes générations. Environ 80% des Tunisiens âgés de 15 à 34 ans ne sont pas actuellement mariés, alors que l’âge moyen au premier mariage s’établit désormais à environ 35 ans chez les hommes et 29 ans chez les femmes. Le nombre total de mariages est d’ailleurs passé de 83.105 en 2019 à 72.953 en 2023 et à peine 70.942 en 2024.

Ce retard mécanique du mariage engendre une conséquence directe : l’effondrement des naissances. En retardant l’âge de la première union, la fenêtre de fertilité biologique des couples se réduit. Le taux de fécondité est passé de 2,17 enfants par femme en 2019 à 1,58 enfant par femme en 2023, soit un niveau inférieur au seuil de renouvellement des générations(2,1enfants par femme). Le taux de natalité brut (un indicateur mesurant le nombre de naissances pour 1.000 habitants) s’est ainsi limité à 11,4 naissances pour 1.000 habitants en 2023 contre 16,8 naissances pour 1.000 habitants en 2019. Ce taux est aussi largement inférieur à la moyenne mondiale de 17%. En conséquence, le taux d’accroissement démographique naturel est tombé à 0,48% en 2023 contre 1,03% en 2019.

De plus, la tendance s’oriente vers la généralisation de la famille restreinte (un ou deux enfants maximum), dictée par le coût exorbitant de l’éducation et de la prise en charge médicale.

Au cœur de la désaffection pour l’institution du mariage se trouve une équation quasi impossible pour les jeunes. Le premier coupable est sans conteste financier. Face à un chômage endémique des diplômés et à l’instabilité professionnelle, fonder un foyer relève du parcours du combattant. Louer un appartement, assumer l’inflation galopante et financer les cérémonies traditionnelles de mariage représentent un fardeau financier insurmontable pour la majorité des jeunes actifs.

D’autre part, l’accès massif des Tunisiennes à l’enseignement supérieur et leur volonté légitime de stabilisation professionnelle et d’indépendance financière priment désormais sur l’urgence matrimoniale. Cela est d’autant plus vrai que les solidarités familiales s’affaiblissent. Autrefois, la famille élargie jouait un rôle de filet de sécurité et de soutien financier pour l’installation des jeunes couples. Aujourd’hui, face à la crise, chaque cellule se replie sur elle-même, laissant les jeunes face à leurs propres responsabilités.

33% des Tunisiens auront plus de 60 ans en 2054

Entre crise économique étouffante, aspirations individuelles nouvelles et entrée tardive dans la vie active, le recul de l’âge du mariage et la baisse de la natalité menacent l’équilibre de la pyramide des âges.

Alors que le seuil de renouvellement des générations est défini comme le nombre moyen d’enfants par femme nécessaire pour maintenir une population constante sans immigration, les récentes données démographiques publiées par l’INS montrent que la population tunisienne est bien partie pour vieillir et diminuer sur le moyen et le long terme. La pyramide des âges tunisienne, historiquement large à sa base (synonyme d’une population jeune), est en train de prendre la forme d’un «champignon», avec une base rétrécie et un sommet de plus en plus large.

La tranche des 0-4 ans ne représente plus que 5,9% de la population totale, contre près de 18,6% à la fin des années 1960. Les personnes âgées de 60 ans et plus ont vu leur poids relatif tripler depuis l’indépendance, atteignant 17% de la population globale en 2024, contre à peine 5% durant les années 60, selon l’INS. Ce vieillissement va s’accélérer de manière inédite durant les prochaines décennies. D’ici à 2054, un tiers (33%) des Tunisiens aura plus de 60 ans, d’après les projections du même Institut.Cette tendance questionne sur les nouveaux besoins des seniors, leur place dans la société et les solidarités entre générations. Le grand défi de demain sera de savoir comment financer les caisses sociales (CNRPS, CNSS, CNAM) et le système de santé alors que la population active (les 15-59 ans) se contracte et le pourcentage des personnes aux cheveux grisonnants augmente d’année en année. La Tunisie risque de se retrouver dans la situation paradoxale d’un pays en développement avec une démographie de pays développé, sans en avoir les ressources financières.

Face à ce basculement démographique déjà en marche, le constat des sociologues et démographes est unanime : le laisser-faire n’est plus une option. Si le mariage ne disparaît pas, sa transformation exigeraque l’État s’adapte aux réalités des jeunes et des plus âgés. Il devient dès lors urgent de mettre en place dès maintenant des réformes structurelles et des politiques ciblées : aides directes au logement pour les jeunes mariés, création de structures d’accueil publiques et abordables pour la petite enfance (crèches, jardins d’enfants), politiques d’emploi stables, nouveaux modes de financement des régimes de traite, amélioration des services de gériatrie dans les hôpitaux et renforcement des solidarités générationnelles pour lutter contre l’invisibilité et l’isolement social des personnes âgées

Walid KHEFIFI  

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Lutte contre la corruption et impératif de développement : la réconciliation pénale au cœur du projet de justice sociale

Par Ahmed NEMLAGHI

Le Président de la République Kaïs Saïed a annoncé avant-hier une nouvelle étape dans le dossier sensible de la réconciliation pénale, en affirmant que les personnes impliquées dans des affaires de corruption, qu’elles se trouvent en Tunisie ou à l’étranger, bénéficieront d’une nouvelle possibilité de conclure des accords destinés à récupérer les fonds détournés au profit de l’État tunisien.

Cette annonce a été faite au cours d’une réunion tenue au palais de Carthage avec le président de la Commission nationale de la réconciliation pénale, Ali Abbes, dans un contexte marqué par la volonté affichée du Chef de l’État d’accélérer un processus qu’il considère comme un levier essentiel de justice économique et sociale. Il a précisé que les accords de réconciliation pénale seront désormais soumis au Conseil national de sécurité nationale, soulignant l’importance stratégique accordée par l’État à ce dossier considéré comme directement lié à la souveraineté économique du pays et à la récupération des ressources spoliées.

Le Président de la République a affirmé, au cours de cette réunion,  que cette initiative ne procède ni d’une logique de vengeance ni d’un règlement de comptes politique, mais d’une volonté claire de restituer au peuple tunisien les sommes détournées durant les décennies passées.

«Il ne s’agit pas de vengeance», a insisté le Président Kaïs Saïed, affirmant que l’objectif demeure de récupérer «chaque millime» appartenant au peuple tunisien.

Les personnes impliquées dans des affaires de corruption pourront bénéficier d’une nouvelle chance de conclure des accords de réconciliation pénale avec l’État tunisien. Selon lui, ceux qui accepteront ces accords pourront quitter les prisons ou régulariser leur situation, y compris lorsqu’ils résident à l’étranger.

Cette approche s’inscrit dans la philosophie de la réconciliation pénale défendue par le Président de la République, Kaïs Saïed, depuis plusieurs années, fondée sur l’idée que les fonds issus de la corruption doivent être réinjectés dans l’économie nationale et dirigés prioritairement vers les régions marginalisées et les catégories sociales les plus défavorisées.

La réconciliation pénale, mécanisme de justice réparatrice

Le Président de la République a rappelé, lors de cette réunion, qu’il défendait le principe de la réconciliation pénale depuis le 20 mars 2012.

À cette époque déjà, Kaïs Saïed plaidait pour une approche différente du traitement des dossiers de corruption financière, estimant que les longues procédures judiciaires classiques risquaient de retarder la récupération effective des fonds détournés et de priver les régions défavorisées des ressources nécessaires à leur développement.

Le Chef de l’État a ainsi rappelé avoir participé à plusieurs réunions organisées dans différentes régions du pays afin de réfléchir à des mécanismes permettant de récupérer les fonds spoliés tout en orientant ces ressources vers des projets de développement local. Selon cette vision, la réconciliation pénale ne doit pas être perçue comme une amnistie ou un abandon des poursuites, mais comme un mécanisme de justice réparatrice permettant à l’État de récupérer des ressources financières destinées à financer des projets économiques et sociaux au bénéfice des citoyens.

Investir dans les régions marginalisées

Dans cette optique, les personnes les plus impliquées dans les affaires de corruption participent directement au financement du développement dans les régions les plus pauvres du pays, pour la bonne raison que certaines régions ont été durablement appauvries par des politiques d’exclusion et de marginalisation. Ainsi,  les fonds récupérés devront contribuer à réduire les inégalités territoriales et sociales. Cette orientation rejoint la vision politique du Chef de l’État fondée sur la justice sociale, la redistribution des richesses et la nécessité de réparer les déséquilibres historiques entre les différentes régions du pays. Dans plusieurs de ses discours précédents, Kaïs Saïed a dénoncé les mécanismes économiques et politiques qui ont, selon lui, favorisé une concentration des richesses au profit d’une minoritéet au détriment des régions intérieures et des catégories vulnérables.

La réconciliation pénale apparaît ainsi comme un instrument destiné à transformer les fonds issus de la corruption en investissements au service du développement régional, de l’emploi et des infrastructures publiques.

Des commissions qui se suivent sans résultat concret

Le président de la République a également exprimé son mécontentement face aux retards enregistrés dans la mise en œuvre du processus de réconciliation pénale depuis le 25 juillet 2021.

Il a rappelé qu’un projet de loi avait été élaboré et que plusieurs commissions avaient été constituées au cours des dernières années afin de faire avancer ce dossier, sans toutefois parvenir à des résultats concrets. Kaïs Saïed a notamment évoqué la dissolution, le 15 septembre 2024, de la précédente commission chargée de ce dossier, estimant que les mécanismes mis en place jusque-là n’avaient pas permis d’atteindre les objectifs fixés. Face à ces lenteurs, le Chef de l’État a appelé le président de la Commission nationale de la réconciliation pénale à accélérer la présentation des projets d’accords et à éviter toute procédure dilatoire ou obstacle administratif susceptible de retarder davantage le processus.

«Ni négociation ni chantage»

Les accords de réconciliation devront être conclus rapidement et sans tentative de pression ou de marchandage de la part des personnes concernées. Selon le Président, les mesures décidées par l’État doivent servir exclusivement les objectifs fixés par les autorités publiques, à savoir la récupération des fonds détournés et leur réorientation vers les projets de développement.

Kaïs Saïed a ainsi dénoncé ceux qui cherchent, selon ses termes, à prolonger volontairement cette situation afin de préserver certains intérêts ou d’échapper aux responsabilités.

Le Chef de l’État considère en effet que les retards accumulés dans le traitement des dossiers de corruption alimentent la défiance des citoyens envers les institutions et renforcent le sentiment d’impunité.

Un enjeu économique et politique

Dans un contexte économique difficile marqué par les tensions budgétaires, les besoins croissants en investissements publics et les attentes sociales élevées, le dossier de la réconciliation pénale revêt aujourd’hui une dimension particulièrement importante pour les autorités tunisiennes.

Le gouvernement cherche à mobiliser de nouvelles ressources financières susceptibles de contribuer au financement des projets de développement, des infrastructures et des programmes sociaux, notamment dans les régions défavorisées.

Pour Kaïs Saïed, la récupération des fonds détournés constitue également une question de souveraineté nationale et de justice envers les citoyens qui ont subi les conséquences de la corruption et des déséquilibres économiques accumulés pendant des décennies.

Cette approche traduit la volonté du Président de la République de présenter la lutte contre la corruption non seulement comme un impératif judiciaire, mais également comme un projet politique et économique destiné à refonder les rapports entre l’État, les citoyens et les détenteurs de richesses.

Une réforme au cœur du projet présidentiel

Depuis son arrivée au pouvoir, Kaïs Saïed fait de la lutte contre la corruption et de la récupération des fonds publics l’un des axes majeurs de son discours politique.

Le Président de la République considère que la corruption constitue l’un des principaux obstacles au développement économique, à la justice sociale et à la confiance dans les institutions publiques.

Dans cette perspective, la relance du processus de réconciliation pénale apparaît comme une tentative de donner un contenu concret à cette orientation politique, tout en cherchant à obtenir des résultats rapides et visibles.

La référence répétée à la justice sociale et au développement des régions marginalisées montre également que les autorités cherchent à inscrire ce mécanisme dans une logique plus large de redistribution des richesses et de correction des déséquilibres territoriaux.

Entre attentes et interrogations

Si l’annonce présidentielle a relancé le débat autour de la réconciliation pénale, plusieurs observateurs estiment néanmoins que le principal défi réside désormais dans la capacité des institutions à mettre en œuvre ce processus de manière efficace, transparente et conforme aux garanties juridiques nécessaires.

Les modalités concrètes de conclusion des accords, les montants susceptibles d’être récupérés, ainsi que les mécanismes de contrôle de l’utilisation des fonds récupérés devraient constituer des éléments déterminants pour la crédibilité de cette démarche.

D’autres s’interrogent également sur la capacité réelle de la nouvelle commission à accélérer le traitement des dossiers après plusieurs années de retards et de blocages administratifs.

Une ferme volonté d’accélération

En annonçant une nouvelle relance du processus de réconciliation pénale, Kaïs Saïed cherche manifestement à envoyer un signal politique fort : un État décidé à récupérer les ressources détournées et à les réorienter vers le développement national.

Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large fondée sur la justice sociale, la lutte contre l’impunité et la restauration du rôle de l’État dans la protection des intérêts collectifs.

Car au-delà des procédures judiciaires et des accords financiers, l’enjeu véritable demeure celui de la capacité de l’État tunisien à transformer les ressources récupérées en projets concrets capables de répondre aux attentes des citoyens et de réduire les fractures économiques et sociales qui continuent de fragiliser le pays.

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Météo : prévisions du samedi 13 juin 2026

Temps peu nuageux sur la plupart des régions à quelquefois plus nuageux sur les hauteurs ouest du nord et du centre. Vent de secteur est relatiement fort à la fin de la journée au sud. Des  vents de sable locaux souffleront à l’extrême sud et vent faible à modéré sur le reste des régions.

Mer peu agitée à localement agitée aux golfes de Gabès et Hammamet.

Les températures sont en hausse, les maximales seront situées entre 31 et 36 degrés sur les régions côtières et les hauteurs et entre 36 et 41 degrés sur le reste des régions avec des vents locaux de sicrocco.

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