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Tunisie | Programme de la première journée de Ligue 1 de football

La Ligue nationale tunisienne de football a annoncé, ce mardi 11 août 2026, le calendrier de la première journée du championnat de Ligue 1 professionnelle. Le choc opposant l’Espérance de Tunis à l’Étoile du Sahel a été fixé pour le dimanche 23 août à 16h30.

Voici le programme complet des rencontres :

Samedi 22 août 2026, à 16h30 :

Stade tunisien / Club sportif sfaxien ;

Espoir sportif de Hammam Sousse / Union sportive monastirienne ;

Progrès sportif de Sakiet Eddaïer / Jeunesse sportive d’El Omrane ;

Union sportive de Ben Guerdane / Club sportif de Hammam-Lif.

Dimanche 23 août 2026 à 16h30 :

Espérance sportive de Tunis / Étoile sportive du Sahel ;

Étoile sportive de Métlaoui / Club Africain ;

Club athlétique Bizertin / Avenir Sportif de La Marsa ;

Espérance sportive de Zarzis / Olympique de Béja.

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El Mourouj | Il jette ses deux fillettes du 3e étage

C’est à peine croyable : un fonctionnaire, âgé d’une quarantaine d’années, a jeté ses deux fillettes depuis le troisième étage d’un immeuble résidentiel à El Mourouj 1, au sud des Tunis. Cela s’est passé lundi 10 août 2026, a rapporté Diwan FM, en citant une source de police.

Le drame a entraîné le décès de l’une des deux fillettes, âgée de six mois, tandis que sa sœur, âgée de trois ans, a été transférée au service de réanimation dans un état critique.

Les forces de police ont procédé à l’arrestation du père, un fonctionnaire marié depuis huit ans. Au moment des faits, l’épouse était au travail.

Le ministère public a ordonné la mise en garde à vue du père et l’ouverture d’une enquête pour déterminer les mobiles et les circonstances de cet incident.

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Tunisie | Que peut-on sérieusement attendre de la visite de Saïed à Gabès ?

Les solutions pratiques au problème de la pollution industrielle à Gabès et de ses conséquences sur l’environnement et la santé des habitants, notamment la hausse des affections respiratoires, des cancers et d’autres maladies, tardent à être mises en œuvre et les nombreuses visites des responsables politiques dans la région n’ont pas été suivies d’une amélioration notable de la situation. Au contraire : les Gabésiens, se sentant sacrifiés, s’impatientent et le font tapageusement savoir.  

Latif Belhedi

Le président Kaïs Saïed a effectué, hier soir, lundi 10 août 2026, une «visite surprise» dans le gouvernorat de Gabès, au sud-est de la Tunisie, pour faire le point sur la situation environnementale de la région et constater sur place les problèmes majeurs dont se plaignent les habitants, en particulier la pollution industrielle induite par les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), qui produisent des engrais chimiques et rejettent quotidiennement dans l’air, le sol et la mer des tonnes de déchets chimiques très nocifs pour la santé et l’économie de la région.

Au cours de cette visite M. Saïed a souligné, selon l’agence officielle Tap, la nécessité d’adopter des «mesures immédiates et efficaces pour s’attaquer aux sources de pollution et en limiter les conséquences sur la population et l’environnement». Selon la même source, le président a réaffirmé que la situation environnementale à Gabès devait être traitée par une «intervention globale, capable d’agir tant sur les sources de la pollution que sur ses répercussions», tout en parlant de «solutions structurelles à long terme». L’objectif, a-t-il expliqué, est de mettre fin aux causes de l’urgence environnementale plutôt que de se limiter à en gérer les effets.

La «Tchernobyl de la Méditerranée»

A Gabès, ville de la côte sud-est de la Tunisie historiquement connue pour son oasis maritime, où prospéraient l’agriculture, la pêche et le tourisme, la situation environnementale et sanitaire a atteint un stade critique. Surnommée la «Tchernobyl de la Méditerranée», la région subit depuis des décennies l’impact de l’industrie lourde des phosphates.

L’origine de la crise environnementale de Gabès remonte à 1972, avec l’installation du pôle industriel du GCT, destiné à la transformation des phosphates en acide phosphorique et en engrais destinés à l’exportation.

Au fil des décennies, l’activité industrielle a eu un impact majeur sur l’environnement, notamment par le rejet en mer d’importantes quantités de phosphogypse — un résidu du traitement des phosphates contenant, entre autres, des métaux lourds, du fluor et des éléments radioactifs — ainsi que par des émissions atmosphériques de dioxyde de soufre, d’ammoniac et de composés fluorés.

La pollution a également affecté les ressources en eau, en raison de l’exploitation progressive des nappes phréatiques par le complexe industriel et de ses conséquences sur l’écosystème de l’oasis côtière.

La situation est revenue au cœur de l’actualité après des épisodes de forte pollution atmosphérique ayant provoqué, depuis septembre dernier, des intoxications et des hospitalisations : selon des sources locales, plus de 120 personnes ont nécessité des soins pour des symptômes tels que des difficultés respiratoires, des évanouissements ainsi que des irritations oculaires et des voies respiratoires.

La population au bord de la crise de nerfs

Par ailleurs, des associations écologistes et des militants organisent régulièrement des marches de protestation, à Gabès mais aussi à Tunis, devant le siège du GCT, pour dénoncer les conséquences de la pollution industrielle sur la santé des populations locales, notamment l’augmentation des pathologies respiratoires, des cancers et d’autres maladies.

Le mouvement écologiste «Stop Pollution» a organisé de nombreuses mobilisations pour réclamer la fin de la pollution industrielle et la délocalisation des installations du GCT. La pression croissante de la population a replacé la question environnementale de Gabès parmi les priorités de l’agenda institutionnel national. Kaïs Saïed avait déjà chargé un groupe de travail d’élaborer des propositions pour répondre en urgence à la crise environnementale dans la région. Le rapport final et les recommandations du groupe avaient été présentés au président en janvier 2026. Mais on attend toujours des mesures concrètes pour faire face au fléau de la pollution industrielle à Gabès.

Certaines annonces ont été faites ces derniers mois pour calmer la colère des habitants, mais elles sont davantage des déclarations d’intention que des décisions exécutives. Et les Gabésiens qui avaient espéré voir la visite du chef de l’Etat d’hier soir s’accompagner de la mise en route de mesures concrètes de lutte contre la pollution et ses conséquences socio-économiques en ont finalement eu pour leur frais. Beaucoup ont d’ailleurs scandé d’une seule voix au passage du président : «Le peuple veut le démantèlement des unités industrielles», détournant ainsi, ironiquement, le slogan de la campagne présidentielle de Saïed en 2019 : «Le peuple veut».

Jusque-là, on ne peut pas dire que les cris de détresse des Gabésiens ont été entendus ou que les visites des responsables dans la région aient été suivies d’une amélioration de leur situation. Il faut dire que pour l’Etat tunisien, la marge de manœuvre est très étriquée : la crise financière qu’il traîne depuis 2011 ne lui permet pas de se passer des recettes des exportations d’engrais chimiques. C’est la quadrature du cercle, en somme.

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Le Hezbollah tend la main à la Syrie d’Ahmed al-Charaa

L’annonce par le secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem de la disposition du parti chiite libanais à dialoguer avec les dirigeants syriens marque un tournant dans son discours politique à l’égard de Damas après la chute du régime de Bachar Al-Assad qui appartenait au même axe pro-iranien que le mouvement chiite libanais et aux côtés duquel il s’était engagé militairement durant la guerre civile en Syrie.

Imed Bahri

Selon le journal londonien arabophone Al-Quds al-Arabi, cette ouverture intervient alors que le Hezbollah fait face à des pressions internes et régionales croissantes, coïncidant avec les efforts de Damas pour redéfinir sa politique régionale en fonction de ses priorités sécuritaires et de ses relations officielles avec d’autres pays.

Dans ce contexte, plusieurs questions se posent quant aux motivations de cette ouverture, à ses chances de succès et aux limites auxquelles elle sera confrontée. 

Les experts et les analystes interrogés par Al-Quds al-Arabi sur ce sujet livrent des analyses divergentes. Certains y voient une tentative du Hezbollah de sortir de son isolement et de contenir les pressions qu’il subit, tandis que d’autres y voient un élément d’une stratégie iranienne plus large. Les interprétations des motivations de ce changement et de l’ampleur de la réaction syrienne divergent également.

Le Hezbollah cherche à desserrer l’étau

En analysant les implications de ce changement, le chercheur et analyste politique Mahmoud Allouch estime que l’ouverture du Hezbollah au dialogue avec les dirigeants syriens ne se limite pas à la nature des relations entre les deux parties. Elle reflète aussi une évolution des calculs politiques et sécuritaires du parti, compte tenu des pressions internes et régionales auxquelles il est confronté, parallèlement au rôle que Damas cherche à consolider dans le règlement de la question libanaise.

Il explique à Al-Quds al-Arabi que la déclaration du Hezbollah, se disant prêt au dialogue avec les nouveaux dirigeants syriens, témoigne d’un changement significatif dans l’approche du parti vis-à-vis de Damas et, simultanément, dynamise l’initiative syrienne visant à résoudre la crise libanaise par la voie politique.

Il estime que le parti a pris conscience de l’importance de tirer parti de l’approche syrienne actuelle, qui vise à promouvoir un règlement politique global au Liban incluant toutes les parties, y compris le Hezbollah.

Allouch souligne que cette voie constitue, à l’heure actuelle, une alternative à toute intervention militaire syrienne potentielle au Liban. Il explique que le parti comprend que la poursuite et l’escalade de la crise libanaise pourraient contraindre Damas, pour des raisons de sécurité nationale et de proximité régionale, à adopter des options plus interventionnistes. Dans cette perspective, il estime que le parti «cherche à limiter les facteurs susceptibles de pousser la Syrie vers une future intervention militaire en démontrant sa volonté de s’engager dans un processus politique». Il ajoute : «Le Hezbollah subit actuellement une pression croissante à plusieurs niveaux, compte tenu de la confrontation en cours avec l’Iran, conjuguée à une tendance régionale et internationale visant à réduire l’influence iranienne dans la région, notamment en Irak».

Selon Allouch, ces facteurs poussent le parti à tenter de se positionner dans tout futur accord politique, plutôt que de se retrouver confronté à un accord qui lui est imposé sans sa participation, notamment sur la scène libanaise.

À l’inverse, Allouch estime que les dirigeants syriens sont disposés à dialoguer avec le Hezbollah. Il souligne toutefois qu’à Damas, ce dialogue n’est pas perçu comme une fin en soi mais plutôt comme un instrument au service de l’initiative syrienne concernant le Liban.

Cette initiative repose essentiellement sur l’intégration de la question du désarmement du Hezbollah dans le cadre d’un règlement politique global pour le Liban.

Cette approche syrienne bénéficie du «soutien américain, ainsi que d’un appui régional, ce qui renforce ses chances de succès dans les prochains mois», note-t-il également, tout en soulignant que la situation reste ouverte à de multiples éventualités et que le contexte politique et sécuritaire des relations entre la Syrie et le Hezbollah n’est pas encore stabilisé.

Il est donc difficile de prévoir l’évolution de ces relations dans un avenir proche et ce, malgré des signes suggérant une évolution possible dans le cadre d’accords plus larges concernant la situation libanaise.

Les calculs sous-jacents iraniens

À l’inverse, l’analyste politique Mohammed Al-Attar attribue ce changement aux pressions que subit le Hezbollah et aux calculs de l’Iran quant au maintien de son influence en Syrie et dans la région. Il souligne que toute communication entre Damas et le Hezbollah reste soumise aux considérations de souveraineté étatique et au rôle des institutions officielles.

Al-Attar explique à Al-Quds Al-Arabi que, pour comprendre l’annonce par le Hezbollah de sa disposition au dialogue avec les dirigeants syriens, il est nécessaire d’examiner les intérêts iraniens sous-jacents à cette démarche. Il s’interroge sur les objectifs de Téhéran qui encourage le Hezbollah à ouvrir des canaux de communication avec Damas à ce stade.

Il estime que l’Iran perçoit cette approche comme un moyen de préserver son influence en Syrie en cherchant à réactiver les voies sur lesquelles il s’appuyait auparavant pour transporter des armes et du matériel et faciliter les déplacements de ses réseaux et agents dans le sud de la Syrie et sur la côte. Ceci, selon lui, garantit la continuité de sa présence régionale après les transformations observées sur la scène syrienne. «Le Hezbollah traverse une phase très délicate, confronté à des défis qui pourraient constituer une menace existentielle, compte tenu de la poursuite des frappes israéliennes, de l’escalade des tensions internes au Liban et de la réduction drastique de sa marge de manœuvre ces dernières années», dit-il, tout en doutant que l’annonce par le parti de sa disposition au dialogue avec Damas soit une initiative indépendante, affirmant qu’elle pourrait être coordonnée avec l’Iran, dont les «calculs dépassent les intérêts immédiats du parti, même si ce dernier a également ses propres motivations liées à l’atténuation des pressions qu’il subit».

L’analyste estime que le parti chiite cherche à réduire le nombre de fronts ouverts car aucun accord avec Israël ou les forces politiques libanaises sur le plan interne ne semble se profiler à l’horizon. Cela le pousse à tirer profit des déclarations du président syrien Ahmed Al-Charaa, qui s’est dit ouvert au dialogue si celui-ci sert la stabilité du Liban et de la région.

Selon Al-Attar, le parti vise deux objectifs principaux par cette ouverture. Le premier est d’atténuer l’isolement et la pression qu’il subit du côté syrien. Le second, et le plus important, est de servir les intérêts iraniens en maintenant l’influence de Téhéran en Syrie et en rétablissant l’axe de communication entre l’Irak et la Syrie, permettant ainsi la continuité des lignes de soutien logistique.

Néanmoins, le second objectif est irréaliste étant donné que le président syrien Ahmed Al-Charaa allié des États du Golfe ne jouera jamais le rôle que jouait jadis Bachar Al-Assad en acceptant que son territoire soit une courroie de transport des armes entre l’Irak et le Liban.

Par ailleurs, Al-Attar exclut la possibilité que Damas accepte d’ouvrir un dialogue avec le Hezbollah indépendamment de l’État libanais, considérant que «tout accord de ce type doit être conclu par l’intermédiaire des autorités légitimes de Beyrouth qui ont le pouvoir de signer des accords internationaux et de gérer les relations entre États».

Il conclut qu’il est naturel pour l’État syrien de chercher à contribuer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité au Liban mais par la coopération avec l’État libanais et ses institutions et non en s’engageant auprès d’un groupe armé ou en prenant part aux conflits internes libanais.

Le dilemme du Hezbollah

Se fondant sur l’héritage des relations entre le Hezbollah et la Syrie durant les années de guerre, l’écrivain et politologue Ahmed Al-Hawas estime que toute discussion sur un rapprochement mutuel est indissociable du rôle joué par le parti chiite en Syrie ainsi que des bouleversements de l’équilibre des pouvoirs après la chute du régime de Bachar Al-Assad. Le parti se préoccupe davantage d’atténuer les pressions croissantes qu’il subit que de nouer de nouvelles relations avec Damas, soutient-il.

Dans un entretien accordé à Al-Quds Al-Arabi, il explique que le problème fondamental entre le Hezbollah et la Syrie ne réside pas tant dans l’État syrien en tant que système politique mais que c’est plutôt un problème avec le peuple syrien. Il considère que le Hezbollah a fait partie intégrante du système qui, selon lui, a contribué aux massacres, aux déplacements de population et aux bouleversements démographiques, sans parler des tentatives d’implantation idéologique visant à diffuser le chiisme dans des régions majoritairement sunnites.

On estime que l’intervention du Hezbollah dans la guerre civile syrienne ne s’est pas limitée à empêcher la chute du régime précédent mais a également contribué à prolonger le conflit et à aggraver les souffrances des Syriens, ce qui a profondément terni l’image du parti au sein de la société syrienne.

Le retrait du Hezbollah de Syrie et son retour au Liban l’ont privé de nombreux acquis, que ce soit le réseau de milices locales qu’il avait constitué ou à ses activités liées au Captagon et au trafic de drogue, souligne l’analyste. De plus, le déclin de sa présence, aux côtés des forces iraniennes et des milices irakiennes, a affaibli l’une des principales voies d’influence iraniennes, qui s’étendait à travers le territoire syrien jusqu’aux frontières de la Palestine occupée.

Il ajoute que le Hezbollah est désormais confronté à une situation plus complexe, compte tenu des pressions croissantes au Liban pour que l’État ait le monopole de la possession des armes ainsi que des discussions sur le rôle potentiel de Damas dans le soutien à l’État libanais sur cette question. Il exclut toutefois toute intervention militaire syrienne au Liban, suggérant que le rôle de la Syrie se limiterait à fournir des conseils et un soutien politique et sécuritaire aux autorités libanaises.

L’improbable trêve avec Damas

Selon lui, le Hezbollah, conscient de sa marge de manœuvre réduite, cherche à alléger la pression en améliorant ses relations avec Damas. Il estime cependant que le parti ne recherche pas tant un rapprochement qu’une trêve ou une position de neutralité afin d’éviter l’ouverture d’un nouveau front contre lui.

Al-Hawas doute que l’État syrien réponde favorablement à cette proposition, car elle concerne les États et leurs institutions officielles, et non les milices ou les groupes armés.

Il souligne que tout rapprochement avec la Syrie, s’il devait avoir lieu, resterait conditionné par un certain nombre de points qu’il juge fondamentaux, notamment des excuses au peuple syrien, l’indemnisation des victimes, la reconnaissance des violations commises pendant les années de guerre civile, le retrait des troupes de la frontière syrienne, la cessation du trafic de drogue et la divulgation des noms des groupes locaux ayant collaboré avec le Hezbollah en Syrie.

Il conclut que ces exigences rendent difficile la recherche d’un véritable accord, leur mise en œuvre étant hors de portée du Hezbollah.

Par conséquent, il estime que l’objectif principal du parti chiite libanais à ce stade est de surmonter sa situation délicate et de rechercher une relation apaisée avec Damas afin d’éviter que ce dernier ne devienne une source de pression supplémentaire sur le parti à l’avenir.

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Ce que le biocentrisme nous apprend sur l’immortalité

Et si la mort n’était qu’une illusion ? Nous sommes presque tous hantés par la même certitude : un jour, tout s’arrête à jamais. Nous sommes mortels. Dès le plus jeune âge, nous intégrons un dogme biologique simple : nous sommes notre corps, qui n’est autre qu’une machine faite de matière biologique, et comme la matière s’altère et finit par défaillir, la mort est logiquement le terme final de notre existence. Cette conception simpliste de la mort s’impose à tous et quasiment chacun finit par développer une peur sournoise de cette tragique issue. Et si cette peur reposait sur une illusion d’optique fondamentale ? Et si elle n’est que le prix à payer pour une erreur d’interprétation fondamentale ? 

Prof. Med-Dahmani Fathallah *     

En effet, à l’intersection de la mécanique quantique et des neurosciences, une perspective audacieuse vient bousculer ce postulat. La mort, telle que nous la concevons, ne serait qu’un artefact théorique découlant d’une compréhension obsolète de la réalité. Encore plus surprenant, cette perspective est compatible avec l’eschatologie individuelle islamique.

Aujourd’hui, à la croisée de la physique quantique et des neurosciences, le concept appelé biocentrisme vient ébranler nos certitudes. Son constat est aussi vertigineux que fascinant : la mort, telle que nous la concevons, n’existe tout simplement pas. Ce n’est qu’une illusion. Voici comment la science réécrit l’un de nos plus grands mythes.

L’un des enseignements les plus troublants de la mécanique quantique est qu’il est impossible de prédire un événement absolu. À l’échelle de l’infiniment petit, la matière ne choisit pas une seule trajectoire : elle évolue dans un éventail de possibilités. Pour expliquer ce phénomène, la physique moderne s’appuie souvent sur l’interprétation des mondes multiples (le multivers) initiée par le physicien Hugh Everett. Cette interprétation du multivers stipule que chaque issue quantique possible se réalise effectivement. Elle ne s’efface pas ; elle prend forme dans un univers parallèle. Le biocentrisme, développé notamment par le biologiste Robert Lanza, pousse ce principe jusqu’à sa conclusion logique : dans un nombre infini d’univers, tout ce qui peut arriver se produit quelque part. Dans ce cadre théorique, la fin absolue devient un non-sens. Un corps biologique peut s’autodétruire dans un univers précis, mais la trame globale des réalités, elle, continue d’exister simultanément.

Loi des 20 watts : l’énergie ne meurt jamais

Ce que nous appelons «conscience», cette voix intérieure qui se demande «Qui suis-je ?», repose sur une réalité physique très concrète : une activité électrique d’environ 20 watts circulant dans notre cerveau au sein du réseau neuronal. C’est ici que la thermodynamique entre en jeu avec l’un des axiomes les plus solides de toute la science : l’énergie ne peut être ni créée, ni détruite. Elle ne fait que se transformer. Si cette énergie de 20 watts qui anime votre être ne peut pas disparaître à l’arrêt du cœur, où va-t-elle ? S’éteint-elle réellement, ou glisse-t-elle simplement d’un état à un autre, d’une branche du multivers à une autre ? Des études récentes de génétique moléculaire rapportées dans la revue Nature Communications ont clairement montré qu’un nombre de gènes humains restent actifs et même plus actifs après la mort clinique.

Ces données sont actuellement exploitées en médecine légale. C’est ainsi que Robert Lanz en intégrant toutes ces nouvelles connaissances biologiques a pu formuler la conception suivante de la vie et de la mort :«La vie est une aventure qui transcende notre façon linéaire de penser. Quand on meurt on ne le fait pas selon le hasard de la matrice des boules de billard mais plutôt dans la matrice de la vie à laquelle on n’échappe pas. La vie a une dimension non linéaire c’est une fleur pérenne qui peut refleurir dans plusieurs univers».

Pour comprendre le transfert dans le multivers, il faut abandonner notre vision classique de la réalité. Une expérience célèbre (le choix retardé de Wheeler) publiée dans la revue Science a prouvé une chose déroutante : une observation faite dans le présent peut modifier le comportement d’une particule dans le passé. L’observateur n’est pas un spectateur passif du temps ; il en est le créateur.Si on considère la parabole du projecteur et de l’écran, on peut voir notre conscience de 20 watts comme la lumière d’un projecteur. Le film projeté sur l’écran (notre réalité) peut changer, mais la source lumineuse reste strictement la même. Mais dans le piège de nos sens, l’espace et le temps ne sont pas des objets réels. Si vous agitez la main dans le vide et que vous retirez la matière et la perception, il ne reste rien. L’espace et le temps ne sont que des outils logiciels créés par notre cerveau pour organiser le flux d’informations qu’il reçoit.

Si l’espace et le temps ne sont que des constructions mentales, la mort perd toute réalité objective. Elle n’est plus une fin dans le temps, mais un événement qui survient à l’intérieur d’un système de perception temporaire. Albert Einstein lui-même l’avait compris. À la mort de son ami très cher Michaël Angelo Besso, il écrivait ces mots inoubliables :«Il a quitté ce monde étrange un peu avant moi. Cela ne signifie rien. Les gens comme nous… savent que la distinction entre passé, présent et futur n’est qu’une illusion obstinément persistante.»

Il est très intéressant de noter que dans cette perception scientifique avant-gardiste et œcuménique de la vie, véhiculée par le biocentrisme moderne, on retrouve des éléments de la dimension métaphysique de vie et de mort de la foi islamique. Ainsi, du point de vue de l’exégèse critique et de l’analyse du texte coranique selon les sciences modernes, le Barzakh (Sourate Al-Mu’minun 23:100) relève de l’eschatologie et de la métaphysique (ʿilm al-ghayb, le domaine de l’inconnaissable), échappant par définition aux méthodes de mesure expérimentale de la science empirique.

Le Barzakh comme transition d’intrication et de frontière d’états :

Le terme barzakh signifie littéralement une barrière ou une zone d’interface infranchissable empêchant l’interpénétration de deux milieux. Le biocentrisme avance que la mort biologique est une transition vers un réseau d’états de réalité alternatifs (s’appuyant sur l’interprétation des mondes multiples de la physique quantique). L’état intermédiaire du Barzakh correspond ainsi à cette frontière ontologique : un état d’existence où l’observateur est séparé du monde physique macroscopique par un obstacle informationnel irréversible (Sourate Al-Mu’minun 23:100 : «derrière eux, il y a un Barzakh jusqu’au jour où ils seront ressuscités»), tout en demeurant dans une phase active de conscience non incarnée.

Par ailleurs, les études contemporaines en sciences des religions, en linguistique comparée et en philosophie de l’esprit analysent la représentation coranique de cet état intermédiaire selon trois axes conceptuels cardinaux :

– la distorsion de la perception temporelle : le texte décrit une altération radicale de la chronologie perçue après la mort physique (Sourate Ar-Rum 30:55, Sourate Al-Kahf 18:19). L’esprit ou la conscience perçoit la durée de son séjour dans l’état intermédiaire comme n’ayant duré qu’une heure ou une fraction de journée, un phénomène analysé en sciences cognitives de la religion comme une modélisation de la cessation du temps biologique et du cadre spatio-temporel terrestre.

La frontière dimensionnelle (ontologique) : sur le plan étymologique et sémantique, le terme barzakh désigne un obstacle impassible séparant deux réalités sans qu’elles ne se mélangent, employé aussi bien pour les corps physiques (Sourate Al-Furqan 25:53) que pour l’état d’existence post-mortem. Il s’agit d’un état de transition (le monde éthéré) où l’entité individuelle conserve une conscience et une forme d’identité sans réintégration corporelle terrestre.

La continuité de la conscience et de la perception : les passages relatifs aux martyrs (Sourate Ali ‘Imran 3:169-170) soulignent une subsistance cognitive et émotionnelle («ils sont vivants auprès de leur Seigneur et pourvus de subsistance»), ce qui constitue dans l’analyse herméneutique une affirmation de la non-réductibilité de la conscience à l’organisme biologique.

De son côté, la théorie du biocentrisme repose sur le principe selon lequel la conscience n’est pas un sous-produit passif de la matière, mais le fondement même de la réalité, créant le cadre spatio-temporel. Ainsi, l’articulation de la vision coranique du Barzakh avec ce paradigme théorique offre une convergence conceptuelle sur les trois axes majeurs que sont la nature illusoire du temps et de l’espace, la conservation de la conscience et l’observateur quantique.

En effet, le biocentrisme soutient que l’espace et le temps ne sont pas des objets physiques réels, mais des structures cognitives ou des «outils logiciels» élaborés par la biologie pour organiser l’expérience sensorielle. Lorsque la structure biologique s’effondre, la conscience ne s’éteint pas; elle s’affranchit du cadre spatio-temporel matériel.Cette approche rejoint la phénoménologie coranique du Barzakh, où la transition post-mortem s’accompagne d’un effondrement de la perception chronologique terrestre : les défunts perçoivent leur séjour intermédiaire comme une durée infinitésimale («vous n’y avez demeuré qu’un peu», Sourate Al-Mu’minun 23:114 ; Sourate Ar-Rum 30:55). Dans le cadre biocentrique, le Barzakh ne s’interprète pas comme un «lieu» physique situé dans l’espace, mais comme un changement d’état de la conscience hors du filtre temporel biologique.

Par ailleurs, selon le premier axiome du biocentrisme, la réalité externe est indissociable de l’observateur (s’inspirant du problème de la mesure en mécanique quantique). La conscience étant fondamentale, l’information quantique qui la sous-tend ne peut s’annihiler (en accord avec le principe de conservation de l’information en physique).

De son côté, le texte coranique affirme la continuité stricte de la perception et de l’identité individuelle après la mort clinique, notamment dans le cas des martyrs (Sourate Ali ‘Imran 3:169 : «Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts. Au contraire, ils sont vivants…»).

Dans une grille de lecture biocentrique, la mort n’est qu’une discontinuité du support biologique (al-jasad), tandis que la conscience (al-nafs ou al-rūḥ) poursuit son activité d’observation dans une autre configuration de la réalité.

En résumé, la théorie du biocentrisme qui résulte de la convergence des dernières connaissances en sciences biologique et quantique et le concept de la vie du Barzakh tel que décrit dans le Coran et analysé à travers le prisme des sciences moderne, s’accorderait sur le fait que l’immortalité ne réside pas dans une extension infinie du temps biologique, mais dans le fait pur et simple d’exister en dehors de lui.

* Universitaire.

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Nations unies | Une juive costaricienne brigue la succession de Guterres

Une économiste juive costaricienne, qui a fait ses études en Israël et dont une partie de la famille vit dans l’Etat hébreu, est devenue la favorite pour succéder à António Guterres. Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, est devenue la favorite de ce début de course pour succéder au secrétaire général des Nations unies. Si elle est choisie, elle deviendrait la première femme et la première personne juive à occuper le poste le plus élevé de l’Onu.

Grynspan, économiste, est actuellement secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), l’organe onusien consacré au commerce mondial, aux investissements, aux finances et au développement économique, en particulier dans les pays en développement.

Lors d’un scrutin consultatif non contraignant parmi les 15 membres du Conseil de sécurité, Grynspan a reçu 10 votes «encourageants», devançant l’ancienne ministre guyanienne des Affaires étrangères Carolyn Rodrigues-Birkett (9 votes) et Rafael Grossi, l’Argentin à la tête de l’agence nucléaire de l’Onu (7 votes).

Les membres du Conseil de sécurité sont invités à voter pour ou contre un candidat, ou à exprimer une «sans opinion» sur sa candidature lors de ce premier scrutin anonyme. Le prochain tour de vote révélera si l’un des cinq membres permanents du Conseil – la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni ou les USA – a opposé son veto effectif à une nomination.

Une fois qu’un consensus sera trouvé entre les membres du Conseil de sécurité, la nomination sera soumise à l’Assemblée générale de l’Onu, où le candidat sera officiellement nommé. Un calendrier précis n’a pas encore été publié, mais le second mandat de Guterres se terminera le 31 décembre, et le prochain secrétaire général lui succédera alors.

Ses parents ont fui la Pologne

Grynspan a déclaré dans un entretien podcast en 2022 que ses parents juifs avaient fui la Pologne pour l’Union soviétique avant la Seconde Guerre mondiale, alors que l’antisémitisme s’intensifiait et que la menace nazie grandissait. Son père s’est échappé avec la majeure partie de sa famille, tandis que sa mère s’est enfuie avec ses deux sœurs, laissant derrière elle ses parents, qui furent plus tard tués pendant l’Holocauste. Après la guerre, ils tentèrent tous deux de rejoindre la Palestine mandataire mais furent détenus par les Britanniques à Chypre, où ils se rencontrèrent, avant de s’installer au Costa Rica.

Selon un communiqué de presse de l’Onu de 2006, elle a étudié à l’Université hébraïque de Jérusalem, où elle a suivi des études d’économie et de sociologie. En 2020, elle a pris la parole lors d’un événement technologique israélien coparrainé par des ministères du gouvernement israélien.

La sœur de Grynspan, Frida, a émigré en Israël à l’âge de 17 ans, où elle a également fréquenté l’Université hébraïque, selon un portrait familial de 2014 publié par le média costaricien en anglais The Tico Times. Le neveu et la nièce de Grynspan ont tous deux servi dans l’armée israélienne, selon le même article.

Avant de diriger la Cnuced, Grynspan a été secrétaire générale du Secrétariat général ibéro-américain, qui organise les réunions annuelles des dirigeants des pays de langue espagnole et portugaise. Auparavant, elle a été administratrice adjointe du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ainsi que deuxième vice-présidente du Costa Rica, entre 1994 et 1998.

En 2017, Grynspan a été l’oratrice principale d’un événement organisé par B’nai B’rith Uruguay pour marquer le 79e anniversaire de la Nuit de Cristal – les pogroms de novembre 1938 contre les Juifs et leurs biens dans l’Allemagne nazie.

Des positions équilibrées sur le conflit israélo-palestinien

Ses positions sur Israël, les Palestiniens et le conflit au Moyen-Orient ne semblent pas différer sensiblement de celles de la direction de l’Onu. Dans un discours de novembre 2023, à la suite de l’attaque du Hamas du 7 octobre contre le sud d’Israël, Grynspan a condamné «la perte horrible de vies civiles» tant lors de l’attaque du Hamas que lors des bombardements israéliens sur Gaza qui ont suivi, y compris les frappes touchant des civils, des hôpitaux, des abris, des écoles et des installations de l’Onu.

Faisant écho à Guterres, Grynspan a appelé à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. «Cela signifie la libération inconditionnelle des otages à Gaza, maintenant. La protection des civils, des hôpitaux, des installations de l’Onu, des abris et des écoles, maintenant. Un accès sans entrave pour acheminer des fournitures à toutes les personnes dans le besoin à Gaza, maintenant. Et la fin de l’utilisation des civils comme boucliers humains, maintenant. Aucun de ces appels ne devrait être conditionné par les autres», a-t-elle déclaré.

Sous sa direction, l’organe onusien qu’elle dirige a publié des rapports sur l’impact économique de la guerre entre Israël et Gaza. En 2024, il a constaté que l’économie palestinienne avait subi son déclin le plus marqué en temps de guerre, l’ensemble de la population de Gaza tombant sous le seuil de pauvreté. Il ajoutait que même dans un scénario de reconstruction optimiste soutenu par une aide étrangère substantielle, Gaza aurait besoin de plusieurs décennies pour retrouver son niveau de vie d’avant-guerre.

Un rapport de 2025 a révélé que les restrictions israéliennes imposées à Gaza après la prise de contrôle par le Hamas en 2007, combinées à des guerres répétées, avaient vidé son économie avant même le 7 octobre. Il estimait que Gaza avait perdu 35,8 milliards de dollars de PIB potentiel entre 2007 et 2023. La dernière guerre a ensuite provoqué un autre effondrement dévastateur, avec des dommages aux infrastructures estimés à 18,5 milliards de dollars en janvier 2024.

Bien que les responsables israéliens n’aient pas encore commenté publiquement la possibilité que Grynspan succède à Guterres, l’ONG de droite pro-israélienne UN Watch a décrit sa candidature comme «soulevant des inquiétudes quant à la persistance des mêmes schémas de partialité et de politisation [à l’Onu]».

L’ONG, connue pour sa vive opposition aux positions de l’Onu, a qualifié les rapports économiques de «série de rapports durs et unilatéraux sur Israël, soulevant des inquiétudes quant à l’impartialité et renforçant les craintes qu’elle puisse être trop encline à s’aligner sur le parti pris enraciné du système».

D’après Haaretz

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Mise en garde contre la pêche de la lambouka avant le 15 août

À l’approche de la mi-août, les regards se tournent vers le démarrage de la saison de pêche à la dorade coryphène (ou lambouka), l’une des espèces saisonnières les plus prisées en Tunisie. Cette période s’accompagne d’appels au respect de la réglementation régissant l’exploitation de cette ressource marine, afin de préserver la durabilité des stocks halieutiques.

Conformément à l’arrêté ministériel régissant la saison de pêche à la coryphène pour 2026, l’installation des ghanatis (dispositifs traditionnels de concentration) de poissons est autorisée à partir du 15 juillet, tandis que la saison de pêche proprement dite débute officiellement le 15 août ; toute pêche antérieure à cette date est interdite.

À cet égard, l’association Tunsea pour la science participative considère que la mise en vente de coryphènes avant l’ouverture officielle de la saison indique une provenance issue de la pêche illégale. Elle exhorte les consommateurs à s’abstenir de les acheter, soulignant que ce geste contribue à limiter les pratiques de pêche illicites et à protéger les ressources halieutiques.

Elle a également été souligné qu’il est impératif de respecter la taille minimale légale de la coryphène (ou lambouka), fixée à 35 centimètres ; en effet, la pêche ou l’achat de poissons n’atteignant pas cette taille les empêche d’arriver à maturité et de se reproduire, ce qui nuit au renouvellement du stock naturel.

La coryphène se distingue par sa croissance rapide : son poids varie entre 400 et 500 grammes en début de saison pour atteindre environ cinq kilogrammes, voire plus, à la fin de celle-ci. Ce poisson prédateur se nourrit de sardines, d’anchois, de maquereaux, de petits poissons, de calmars et de crustacés, jouant ainsi un rôle écologique majeur dans le maintien de l’équilibre de l’écosystème marin.

En Tunisie, cette espèce est principalement pêchée à l’aide de ghanatis, des installations marines qui attirent les poissons ayant tendance à se rassembler dans les zones d’ombre ; il s’agit de l’une des plus anciennes techniques de pêche traditionnelle pratiquées dans le pays.

La coryphène (lambouka) est très prisée des consommateurs tunisiens en raison de ses qualités gustatives et de sa grande valeur nutritionnelle : c’est une source riche en protéines et pauvre en matières grasses, qui contient également des acides gras oméga-3 bénéfiques pour la santé cardiaque et cérébrale.

I. B.

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La défense alerte sur la détérioration de la santé de Ghannouchi en prison

Le collectif de défense de l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, a annoncé que son client, incarcéré depuis avril 2023, avait entamé une grève de la faim en prison et cessé de prendre ses médicaments depuis le jeudi 6 août 2026, pour protester contre son isolement total et la privation de ses droits, ultime recours pour les défendre.

Dans un communiqué, le collectif a précisé que M. Ghannouchi, condamné à de lourdes peines de prison dans plusieurs procès intentés contre lui, avait été transféré à l’hôpital le 29 juillet dernier, ajoutant qu’il s’était vu interdire toute visite ou communication avec ses avocats et sa famille pendant 12 jours consécutifs, alors même qu’aucune information sur son état de santé n’était divulguée, malgré les demandes répétées adressées aux autorités compétentes.

Le collectif de défense a fait porter aux autorités tunisiennes l’entière responsabilité des dépassements constatés ainsi que de toute complication susceptible de menacer la santé et la vie de son client, estimant que le traitement qui est infligé à l’ancien président du parti islamiste Ennahdha constitue une atteinte à son intégrité physique, d’autant plus qu’il est âgé de 85 ans et présente un état de santé fragile.

Le collectif a également exigé que l’équipe d’avocats et la famille de Ghannouchi soient autorisées à lui rendre visite et à constater directement l’état réel de sa santé à l’hôpital.

Le 5 février 2025, il est condamné à 22 ans de prison pour « conspiration contre la sûreté de l’État ». La peine est alourdie en appel en février 2026, ce qui porte la condamnation totale à plus de 40 ans de prison.

I. B.

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Hôpital militaire de Bizerte | Démarrage bientôt des travaux de rénovation

Le ministre de la Défense nationale, Khaled Sehili, a déclaré que les travaux d’agrandissement, de rénovation et de renforcement des effectifs de l’hôpital militaire de Bizerte devraient démarrer très bientôt.

Lors d’une visite effectuée jeudi soir, le 6 août 2026, à l’hôpital militaire de Bizerte, le ministre a inspecté les différents services et examiné, avec le personnel médical, paramédical et administratif, les solutions envisageables pour surmonter les difficultés rencontrées.

Le ministre a réaffirmé la volonté de son département de renforcer l’état de préparation de l’hôpital et d’améliorer ses services, insistant sur la nécessité de consolider les compétences du personnel grâce à la formation continue, d’encourager la recherche scientifique et de suivre les évolutions technologiques dans le domaine de la santé, selon un communiqué du ministère de la Défense, ajoutant que M. Sehili a appelé le personnel de l’hôpital — militaires et civils — à redoubler d’efforts pour améliorer la qualité des soins de santé et les rapprocher de leurs bénéficiaires, soulignant que le système de santé militaire constitue un pilier essentiel de la prise en charge des aspects moraux et sociaux des militaires ainsi que du renforcement de leur état de préparation opérationnelle.

I. B.

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Décès d’un surfeur tunisien de 21 ans au Sri Lanka

Les médias du Sri Lanka ont annoncé la disparition d’un touriste tunisien de 21 ans, porté disparu après avoir été emporté par un courant d’arrachement alors qu’il faisait du surf au large de Weligama, et qui a été retrouvé mort. (Photo: La plage de Welligama, au Sri Lanka, très appréciée par les surfeurs).

Il s’agit de Iyed Mbarki, étudiant à l’Institut des hautes études commerciales de Carthage.

Selon la police de Weligama, le corps du jeune homme a été retrouvé dimanche matin, 9 août 2026, sur la plage de Parana Kade, à Weligama.

L’incident s’est produit samedi après-midi, alors qu’un groupe de touristes tunisiens surfait dans la zone de la plage de Parana Kade. Le jeune homme aurait été pris dans un puissant courant d’arrachement alors que des vents violents se sont levés soudainement, avant de disparaître.

À la suite de l’incident, une vaste opération de recherche a été lancée, mobilisant des sauveteurs de la police, des agents des garde-côtes et des plongeurs privés. Toutefois, les recherches ont été entravées par des conditions maritimes difficiles.

Les recherches ont connu une issue tragique dimanche matin lorsque le corps du touriste a été découvert, rejeté par la mer sur cette même plage.

I. B.

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Lecture poétique de Tahar Bekri à l’Atelier Goulven

Sur l’invitation des Amis du Pouldu, Tahar Bekri donnera lecture, le 18 août 2026, à l’Atelier Goulven, au Pouldu, de son dernier récit Je te revois, père, paru cette année aux Ed. Edern à Bruxelles ainsi que certains de ses poèmes récents.

Depuis 1985, le poète Tahar Bekri fréquente Doëlan, Le Pouldu, Clohars Carnoët, dans le Finistère sud, en Bretagne, France. Région dont est originaire, son épouse, Annick Le Thoër, artiste-peintre. C’est ici que Paul Gauguin et ses amis ont séjourné et peint, à la fin du 19e siècle. L’endroit, qui garde encore ses merveilleux paysages a inspiré à Tahar Bekri de nombreux textes, comme L’appel de Gauguin ; Le cœur rompu aux océans ; La nostalgie des rosiers sauvages ou Les arbres m’apaisent. Il y est régulièrement invité pour donner lecture de sa poésie et rencontrer le public, médiathèque, café littéraire, galerie de peinture, etc.

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Football | Ben Romdhane atterrit au Qatar

Al Shamal SC, vice-champion de la Qatar Stars League la saison dernière, a annoncé dimanche 9 août 2026 avoir recruté l’ancien milieu offensif de l’Espérance de Tunisie, Mohamed Ali Ben Romdhane, en provenance du club égyptien d’Al Ahly où il n’a pas réussi à s’imposer malgré la campagne favorable qui a accompagné son transfert dans le grand club cairote.

D’après l’accord trouvé entre les deux clubs pour le transfert définitif du joueur, Al Shamal SC rachètera le contrat de Ben Romdhane contre une indemnité de 1,7 million de dollars.

Dans un communiqué, Al Shamal a précisé que l’international tunisien avait passé avec succès sa visite médicale et s’apprêtait à rejoindre les entraînements de l’équipe en vue de la nouvelle saison, dont le coup d’envoi sera donné le 20 août avec la première journée de la Doha Bank Stars League.

Âgé de 21 ans, Ben Romdhane avait rejoint Al Ahly à l’été 2025 en provenance du club hongrois de Ferencváros ; il a disputé 33 matchs toutes compétitions confondues lors de la saison 2025-2026, inscrivant deux buts et contribuant à la victoire de l’équipe en Supercoupe d’Égypte.

La saison à venir revêt une importance particulière pour Al Shamal, qui fera ses débuts historiques en Ligue des champions Élite de l’AFC.

Le club a déjà recruté le Français Wesley Saïd, l’Uruguayen Federico Bais et Ibrahim Coulibaly.

Pour Mohamed Ali Ben Romdhane, qui est en train de passer à côté de la grande carrière que lui prédisaient beaucoup de techniciens, c’est une nouvelle occasion qui s’offre à lui pour relancer sa carrière. Il ne dépendra que de lui de briller dans un championnat qatari qui ne manque pas d’attrait et où les stars ne manquent pas.

I. B.  

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ATFD | Touche pas à mon Code du statut personnel !

Dans un contexte international et régional préoccupant, caractérisé par une montée des menaces et des remises en cause grandissantes des droits des femmes, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) organise un séminaire international sur le thème «Où en sommes-nous de l’égalité ?», entre l’homme et la femme s’entend, le mercredi 12 août 2026 à partir de 09h00 à l’Hôtel El Mechtel à Tunis (Salle des congrès au 9e étage).

Ce séminaire intervient dans une étape historique marquant le 70e anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel (13 août 1956), considéré comme une réforme juridique pionnière et emblématique dans la région arabe et musulmane.

Le séminaire vise à évaluer les acquis et les limites du CSP dans la réalisation d’une égalité effective au sein de la famille.

Il analysera également les facteurs du recul des droits des femmes aux niveaux régional et international face aux crises et aux conflits.

Les travaux et les ateliers de ce séminaire seront couronnés par l’élaboration et l’adoption de la «Déclaration de Tunis pour l’égalité au sein de la famille», qui sera officiellement signée par l’ATFD et les organisations internationales et régionales partenaires le soir du 13 août.

Ce rendez-vous sera marqué par la participation de grandes figures des droits humains, d’universitaires et de militantes féministes portant des expériences et des parcours de lutte diversifiés de la région arabe et de son environnement régional. Parmi les principales participantes la Palestinienne Afef Ghatacha, pour analyser la réalité des lois du statut personnel et de la famille sous occupation et les mutations de l’après-Oslo ; la Soudanaise Najla Nourine, pour mettre en lumière les conditions des femmes et des familles face aux conflits armés ; la Marocaine Atifaa Timjerdine, pour présenter l’expérience du mouvement féministe marocain et sa revendication d’un changement global et profond du Code de la famille ; l’Algérienne Nadia Ait Zai, pour proposer une lecture critique des luttes et des revendications de modification du Code de la famille en Algérie ; l’Irakienne Bochra Abou Eleis, pour débattre des tensions autour de la loi irakienne sur le statut personnel et la réalité de la société irakienne ; l’Égyptienne Nivine Obeid, pour exposer les réalités et les défis actuels du mouvement féministe égyptien ; de la Kurde Nubahar Mostafa, pour présenter le modèle de la loi sur la famille dans l’Administration autonome du Kurdistan irakien ; de la Turque Dilan Kunt et Libanaise Marie Debs.

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Accord de la Mecque | Pacte de défense entre trois puissances régionales sunnites

L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé, vendredi 8 août 2026, «l’Accord de défense conjointe de La Mecque». Cet accord est une concrétisation du rapprochement opéré entre les trois puissance régionales sunnites. Samedi 9 août, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a indiqué que l’Égypte rejoindra ce pacte de défense. L’accord vise à renforcer la dissuasion conjointe face à toute agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il porte également sur le développement de la coopération en matière de défense dans tous les domaines.

Imed Bahri

Le journal londonien arabophone Al-Sharq Al-Awsat rapporte que cette signature a eu lieu lors de l’Accord de défense conjointe de La Mecque signé par le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, par ailleurs Premier ministre d’Arabie saoudite; le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shahbaz Sharif.

Cet accord témoigne de l’engagement des trois pays à renforcer leur sécurité et à instaurer la paix et la stabilité dans la région et dans le monde, en vue d’un avenir sûr et prospère. Il s’appuie sur les liens historiques profonds qui unissent les trois pays, fondés sur la fraternité et la solidarité islamique, et ancrés dans des intérêts stratégiques communs et une étroite coopération en matière de défense.

Renforcement de la dissuasion conjointe

L’accord vise à renforcer la dissuasion conjointe face à toute agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il porte également sur le développement de la coopération en matière de défense dans tous les domaines.

Il convient de noter que la visite d’Erdoğan et de Sharif en Arabie saoudite s’est déroulée à l’invitation du Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le roi Salman ben Abdelaziz, et qu’ils ont été reçus par le prince héritier Mohammed Ben Salmane au palais Al-Safa à La Mecque. Le Sommet conjoint de défense de La Mecque a permis de passer en revue les relations privilégiées entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, ainsi que plusieurs questions d’intérêt commun.

De son côté, le président turc a déclaré sur la plateforme de médias sociaux X que «cet accord, fondé sur le principe de dissuasion collective, contribuera à renforcer notre coopération en matière de sécurité et de défense, à développer des projets communs dans les industries de défense et à lutter contre le terrorisme», soulignant qu’il est «ouvert à la participation de tous les pays frères qui aspirent à la paix, à la prospérité et à la stabilité dans notre région».

M. Erdogan a souligné que cet «accord réaffirme le droit à la légitime défense tel que stipulé à l’article 51 de la Charte des Nations Unies et n’est dirigé contre aucun pays», insistant sur le fait que «la Turquie maintiendra fermement sa position de principe dans la résolution des conflits et des crises par le dialogue et la diplomatie, dans le respect du droit international et conformément à sa vision de la souveraineté régionale».

De son côté, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, s’est félicité de la signature de l’accord, le qualifiant d’avancée majeure qui renforcera la paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde. Il a souligné que «l’accord renforcera les capacités de défense conjointes des trois pays et témoigne de leur engagement à bâtir un avenir sûr, stable et prospère pour leurs peuples», selon un communiqué publié par l’agence de presse pakistanaise.

Réaffirmation du droit à la légitime défense

Zardari a souligné que cet accord représente une étape importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre les trois pays, et a exprimé l’espoir que cet accord historique contribuera à améliorer la sécurité, la paix et la prospérité et sera bénéfique au monde musulman.

De son côté, le Premier ministre Shahbaz Sharif, via son compte officiel sur X, a affirmé que cet accord «représente un moment charnière dans la coopération entre trois nations sœurs, dont les relations reposent sur la confiance mutuelle, un destin commun et la conviction de l’importance de consolider la sécurité et la stabilité et de préserver la paix régionale».

Il a ajouté que «la signature de cet accord dans la ville sainte de La Mecque lui confère une dimension historique et symbolique qui reflète la profondeur de notre responsabilité commune envers la sécurité de nos pays, au service des intérêts de nos peuples et au renforcement de la stabilité du monde musulman», espérant qu’il constituera «le fondement d’un partenariat stratégique durable qui permettra d’accroître la sécurité et la prospérité de nos trois pays et contribuera au bien-être du monde musulman et à la sécurité régionale».

Pour sa part, le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, a déclaré sur son compte X que «cet accord établit un cadre pour un partenariat de défense à long terme, renforçant la dissuasion, la coordination et l’intégration entre nos nations sœurs et contribuant à la sécurité et à la stabilité de la région et du monde».

Dans le même esprit, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a expliqué que la signature de l’accord confirme la profondeur des relations fraternelles et stratégiques entre les trois pays soulignant qu’elle représente une étape importante dans leur coopération en matière de défense et concrétise la volonté commune d’unir les efforts pour faire face aux défis et aux menaces qui affectent la sécurité et la stabilité de la région.

Le prince Faisal bin Farhan a ajouté dans une publication sur X que «cet accord incarne la volonté politique commune des trois pays de protéger la sécurité et la stabilité, et de soutenir un environnement régional plus sûr, au service de nos pays et de leurs peuples, avec un impact positif sur l’ensemble de la région, et ouvre la voie à un avenir sûr où les opportunités de développement et de prospérité seront renforcées».

Intégration des capacités de défense

D’autre part, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que l’accord réaffirme les liens fraternels unissant les trois pays face aux défis sécuritaires et aux menaces militaires. Il leur permet également de développer des capacités de défense communes, une dissuasion stratégique, d’améliorer leur niveau de préparation et de travailler au développement et à l’intégration de leurs capacités de défense.

Par ailleurs, le diplomate Raed Qarmali, responsable au ministère saoudien des Affaires étrangères chargé de la diplomatie publique, a indiqué qu’outre le développement des capacités de défense communes et  leur intégration afin de faire face conjointement à toute menace à la sécurité de leurs territoires, toute attaque armée extérieure contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il a toutefois souligné que cet accord ne reflète aucune intention de constituer un axe militaire ou un bloc sectaire ou religieux et n’est lié ni à des ambitions nucléaires ni à une course aux armements mais vise plutôt à renforcer durablement l(autonomie du pays.

Qarmali a précisé que cet accord ne compromet pas les solides relations stratégiques que l’Arabie saoudite entretient dans le Golfe, au niveau arabe et international, ne menace pas la sécurité d’aucun pays de la région et n’exacerbe pas les tensions entre les pays. Il a clarifié qu’il n’annule ni ne remplace aucun accord bilatéral ou multilatéral conclu entre ces pays ou avec d’autres pays et organisations.

Commentant cet accord, le professeur de communication politique Abdullah Al-Rifaï l’a qualifié d’«extrêmement important» puisqu’il contribue à garantir l’équilibre dans la région et renforce ainsi la sécurité et la stabilité au cœur du monde dans une région qui est une source d’énergie majeure et un axe maritime essentiel entre l’Est et l’Ouest. De ce fait, il estime que l’Accord de la Mecque renforce les perspectives de sécurité, de stabilité et de paix régionales.

Dans sa déclaration à Asharq Al-Awsat, Al-Rifaï note que la présence d’une puissance régionale capable de contrebalancer les autres puissances concurrentes dans la région favorisera le processus de sécurité, de paix et de stabilité, d’autant plus que les trois pays aspirent à la sécurité, à la stabilité et au développement et que l’accord s’inscrit dans ce cadre.

Le professeur de communication politique rappelle que l’accord ne vise aucun pays en particulier mais vise plutôt à renforcer les perspectives de paix et l’équilibre qui y conduit.

Dans un contexte similaire, l’expert en stratégie et en affaires militaires Faisal Al-Hamad a déclaré à Asharq Al-Awsat que «la signature de cet accord témoigne de la volonté de l’Arabie saoudite de coopérer avec les pays frères et amis afin de préserver la sécurité et la stabilité régionales et mondiales».

Un droit souverain des États

Al-Hamad a souligné que cet accord de défense relève du droit souverain de tout État et qu’aucune injonction extérieure ne s’applique à ce droit. Il a ajouté que cet accord n’est pas une réaction à la situation actuelle, mais le fruit de plusieurs années de discussions. Il ne constitue pas une alliance, il s’agit d’un accord de défense qui engage trois pays à préserver leur sécurité et leur stabilité, ce qui a un impact positif sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

L’expert en stratégie et en affaires militaires a souligné que cet accord est purement défensif, c’est-à-dire qu’il n’a pas pour but d’attaquer un pays ni de nuire aux intérêts d’un autre pays de la région ou d’ailleurs et qu’il n’affectera pas les diverses relations stratégiques que les trois pays entretiennent avec d’autres pays, qu’elles soient économiques, militaires ou politiques.

On remarquera au passage qu’aucun responsable ou analyste n’a cité Israël ou l’Iran, comme constituant des menaces potentielles pour la paix régionale et particulièrement pour les trois pays, mais il n’échappe à personne que ces menaces-là étaient présentes à l’esprit des dirigeants saoudiens, turcs et pakistanais au moment de la signature dudit accord. Ces trois alliés historiques des Etats-Unis savent qu’ils ne peuvent plus compter sur ce pays pour assurer leur protection en cas d’agression extérieure.    

Concernant les domaines de coopération inclus dans l’accord, Al-Hamad a déclaré: «Cette alliance de défense repose sur le principe que toute attaque contre un pays sera considérée comme une attaque contre les trois. Cependant, il ne s’agit pas simplement d’une question d’action et de réaction. En effet, lorsqu’un pays attaqué demande l’assistance des autres pays pour des opérations militaires et une entrée en guerre, les autres pays se joindront à lui. Ceci est similaire à l’article 5 du traité de l’Otan».

Quant aux futurs domaines de coopération, l’expert a évoqué les exercices militaires conjoints, le partage de renseignements, la coopération dans les industries de défense, la recherche et le développement, le transfert de technologies militaires et une coordination opérationnelle renforcée entre les forces armées des trois pays. Il a souligné que l’aspect le plus important est que «l’accord signé représente le cadre politique et juridique de cette alliance de défense trilatérale».

En attendant l’Égypte 

Selon le turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le président Recep Tayyip Erdogan souhaite voir l’alliance s’élargir et l’Égypte figure au nombre des candidats potentiels à une adhésion. M. Fidan a déclaré : «L’Égypte est déjà notre partenaire naturel sur toutes les questions. Je pense qu’à la prochaine étape, l’Égypte sera également avec nous au sein de l’alliance». Il a ajouté: «Selon la vision de notre président, nous ne devons pas nous limiter à trois pays. Nous devons nous développer et, si nécessaire, rassembler tous les pays sous ce même toit».

Il est à indiquerai que ces derniers mois, la Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Égypte se sont regroupés pour traiter des questions régionales dont la guerre d’Iran. La Turquie a indiqué que ce groupe baptisé R4 visait à consolider son partenariat grâce à des mécanismes concrets.

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Plage de Sidi Salem à Bizerte | Oued Harraga au cœur d’une alerte écologique

La plage de Sidi Salem à Bizerte est confrontée à un problème récurrent de pollution lié aux rejets d’eaux usées en amont de l’Oued Harraga. En période estivale, la faiblesse des débits, conjuguée à l’accumulation de matières organiques et à la fermeture de l’embouchure par un cordon sableux, peut favoriser la stagnation des eaux et la dégradation de leur qualité. Une situation qui soulève des enjeux sanitaires, environnementaux et économiques.

Lotfi Sahli *

Chaque été, le paysage balnéaire de Sidi Salem est confronté à une problématique environnementale persistante : la qualité des eaux à proximité de l’embouchure de l’Oued Harraga.

En l’absence d’un raccordement complet de certains secteurs riverains au réseau public d’assainissement, des rejets domestiques peuvent parvenir au cours d’eau. En période de fortes chaleurs, la diminution des débits réduit la capacité naturelle de dilution, tandis que les matières organiques peuvent s’accumuler.

À l’embouchure, la formation d’un cordon sableux peut par ailleurs limiter les échanges avec la mer. Les eaux stagnantes sont alors susceptibles de générer des nuisances olfactives et de favoriser le développement de microorganismes. La proximité immédiate de la plage transforme ainsi un problème d’assainissement en enjeu potentiel de santé publique et de protection du littoral.

Une pollution aux conséquences multiples

Au-delà de la dégradation visuelle et olfactive du site, la situation soulève trois préoccupations majeures.

Un enjeu sanitaire : la présence éventuelle de bactéries indicatrices de contamination fécale dans des eaux affectées par des rejets domestiques peut représenter un risque pour les usagers, notamment les baigneurs. Les risques potentiels comprennent des troubles gastro-intestinaux ainsi que certaines infections cutanées ou ORL. Seules des analyses microbiologiques régulières permettent toutefois d’établir précisément le niveau de contamination et le risque sanitaire associé.

Un enjeu écologique : l’apport excessif de matières organiques et de nutriments peut modifier l’équilibre du milieu aquatique. À terme, ces apports sont susceptibles de favoriser des phénomènes d’eutrophisation, d’appauvrir localement le milieu en oxygène et de perturber les organismes vivant dans les sédiments et les eaux côtières.

Un enjeu économique : la dégradation de la qualité environnementale d’une plage peut également affecter son attractivité. À Sidi Salem, les conséquences potentielles concernent directement les activités liées à la saison estivale, notamment les commerces, les établissements de restauration et les services dépendant de la fréquentation balnéaire.

La qualité des eaux à proximité de l’embouchure de l’Oued Harraga pose un problème écologique et sanitaire.

Quelles réponses face à l’urgence ?

Pour sortir de cette situation récurrente, une intervention efficace devrait combiner mesures d’urgence, travaux d’assainissement et dispositif durable de surveillance.

Phase 1 – Urgence et sécurisation :

– Informer et protéger les usagers : en cas de dépassement des seuils sanitaires, une signalisation claire et, si nécessaire, une interdiction temporaire de baignade devraient être mises en place à proximité des zones concernées, sur la base de résultats d’analyses fiables ;

– Rétablir l’écoulement : lorsque la fermeture de l’embouchure contribue à la stagnation des eaux, des opérations hydrauliques adaptées pourraient être envisagées par les autorités compétentes, après évaluation de leurs impacts environnementaux ;

– Identifier les rejets : une inspection du réseau et du lit de l’oued permettrait de localiser les éventuels branchements non conformes et de procéder à leur suppression ou à leur régularisation.

Phase 2 – Assainissement et infrastructures :

– Accélérer le raccordement au réseau public : l’extension du réseau d’assainissement aux secteurs encore insuffisamment desservis constitue l’une des réponses prioritaires. Le raccordement des habitations concernées devrait être accompagné d’un contrôle de conformité des installations ;

– Étudier des solutions de traitement naturel : selon les caractéristiques hydrologiques du site, la création d’une zone humide artificielle, d’un bassin de décantation ou d’un dispositif de phytodépuration pourrait contribuer à réduire certains polluants avant leur arrivée dans le milieu naturel. Ces solutions nécessitent toutefois une étude technique préalable ;

– Améliorer la gestion des eaux : une séparation efficace des réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées permettrait également de limiter les risques de surcharge et de rejets accidentels lors des épisodes pluvieux.

 Phase 3 – Surveillance et gouvernance à long terme :

– Traiter durablement les effluents :  l’objectif doit être de supprimer les rejets d’eaux usées dans l’oued et d’assurer leur acheminement vers les infrastructures d’assainissement appropriées ;

– Rendre les données sanitaires accessibles : un programme régulier de surveillance microbiologique de la qualité des eaux de baignade, accompagné d’une publication claire des résultats, permettrait d’informer les habitants et les visiteurs et de renforcer la confiance dans les mesures prises ;

– Associer les citoyens : Les associations locales, les riverains et les professionnels du tourisme ont également un rôle à jouer. Sensibilisation, signalement des rejets et participation aux opérations de vigilance peuvent compléter l’action des autorités publiques.

De l’alerte à l’action

Le cas de l’Oued Harraga illustre une problématique plus large : la fragilité des zones littorales face aux insuffisances d’assainissement et à la pression urbaine.

À Sidi Salem, la réponse ne pourra être durable que si elle s’attaque simultanément à l’origine des rejets, à la qualité des eaux et à la gestion de l’embouchure. Au-delà des interventions ponctuelles en période estivale, c’est donc une stratégie coordonnée entre services d’assainissement, autorités locales, organismes chargés du littoral, riverains et associations qui apparaît nécessaire.

L’enjeu dépasse désormais la seule qualité d’une plage : il s’agit de préserver durablement un espace naturel, une activité économique et un patrimoine essentiel pour les habitants de Bizerte.

* Président du bureau de la Conect à Bizerte.

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Tunisie | Record des signalements de coupures d’eau en juillet

L’Observatoire tunisien de l’eau a indiqué que la Tunisie a franchi une étape critique d’urgence hydrique, alors que les températures grimpent et que l’été atteint son pic, sur fond d’une augmentation des signalements concernant les problèmes d’approvisionnement en eau.

L’Observatoire a précisé que le mois de juillet écoulé a enregistré un nombre record de 608 signalements — le chiffre le plus élevé depuis le début de l’année —, reflétant l’aggravation récente des problèmes liés à l’eau. Le gouvernorat de Nabeul arrive en tête de liste avec 65 signalements, suivi de celui de Monastir (62) et de Mahdia (51).

Le gouvernorat de Sousse occupe la quatrième place avec 49 signalements, suivi de Sfax (42) et de Médenine (41).

La Société nationale d’exploitation et de distribution de eaux (Sonede) justifie ces coupures par les pannes qui surviennent dans son réseau en raison de la vétusté des équipements et des canalisations, dont certains remontent aux années 1980 et 1990.

Les déficits financiers cumulés par cette entreprise publique et sa mauvaise gouvernance chronique expliquent cette situation dont souffrent les citoyens dans pratiquement toutes les régions du pays.

Avec un mois d’août qui se profile plus chaud que d’habitude, en raison du réchauffement climatique, les citoyens ne sont pas au bout de leur peine. Jusqu’à quand va se poursuivre cette torture générale à laquelle sont soumis les Tunisiens du fait de l’incompétence et de l’inanité de leurs dirigeants ?

I. B.

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Des condamnés nettoient une plage à Djerba

Plusieurs personnes condamnées ont participé à une opération de nettoyage d’une plage de l’île de Djerba, dans le cadre de l’exécution d’une peine alternative. Au moment où nos prisons sont pleines à craquer et où nos plages et nos rues sont jonchées de détritus, cette action mérite d’être poursuivie dans d’autres régions tunisiennes.    

Mohamed Bakhouche, responsable du bureau de probation de Médenine, a expliqué ce dimanche 9 août 2026, lors de son intervention sur Diwan FM, que ce bureau a débuté ses activités effectives le 17 février 2021. Il compte quatre agents de probation et est placé sous la direction du juge d’application des peines.

M. Bakhouche a indiqué que la campagne de nettoyage de la plage à Djerba s’inscrit dans une démarche de réforme visant à éviter l’incarcération et à substituer à la peine de prison — lorsque la loi le permet — un travail d’intérêt général.

Le bureau de probation assure la mise en œuvre de ces décisions en orientant les condamnés, en fonction de leurs compétences et des besoins des établissements publics, vers des structures ou des sites définis en coordination avec les autorités compétentes, a explique M. Bakhouche, en précisant que les peines alternatives ne s’appliquent pas à toutes les condamnations, mais concernent des affaires spécifiques prévues par la loi, notamment les délits et les infractions mineurs.

I. B.

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Subvention américaine de 1,5 million de dollars pour un projet dans le phosphate tunisien ! 

L’ambassade des États-Unis à Tunis et le Bureau des affaires du Proche-Orient (Bureau de coordination de l’aide) ont lancé un appel à soumission de propositions pour une nouvelle initiative majeure visant à soutenir des investissements transparents privés dans le secteur tunisien des phosphates. L’initiative s’intitule «Sécurisation des chaînes d’approvisionnement américaines en minéraux critiques – Tunisie».

«Nous recherchons des organisations innovantes pour contribuer à renforcer les liens commerciaux et d’investissement, optimiser les normes techniques en aval et soutenir des chaînes d’approvisionnement mondiales résilientes et transparentes», souligne l’appel à propositions.   

Le montant de l’unique subvention est de 1 000 000 à 1 536 511 US$ et la durée du projet est fixée entre 18 et 24 mois 

Les organisations à but non lucratif, les entreprises à but lucratif, les universités et les instituts de recherche américains et internationaux de confiance, possédant une expertise dans le financement de projets, la diplomatie commerciale ou le développement minier, peuvent postuler à cette subvention.  

La date limite pour s’informer est le 18 août 2026 et celle du dépôt de la candidature est le 2 septembre 2026 (23 h 59, heure de la côte Est des États-Unis) 

Contact : NEA-Grants@state.gov (Réf : DFOP0019505) 

Soumission de la candidature via ce lien.

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La Bourse de Tunis, levier méconnu de la restructuration publique

Face aux contraintes budgétaires, à la rareté des devises et aux réticences affichées vis-à-vis de certains bailleurs de fonds internationaux, la Tunisie ne peut plus faire l’économie d’une réflexion stratégique sur son marché financier. La Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT) ne doit plus être abordée comme un club restreint pour investisseurs institutionnels, mais comme le véritable moteur de démocratisation du capital, de restructuration des entreprises publiques et de captation de l’épargne informelle.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le constat macroéconomique est d’une stricte lucidité : dans une économie dépendante de ses approvisionnements extérieurs (énergie, céréales, matières premières), la création monétaire non adossée à une création de valeur réelle ne fait que nourrir l’inflation. S’il est possible de créer des lignes de crédit en monnaie nationale, le pétrole et les produits de première nécessité s’acquièrent en devises.

Dès lors que le recours aux emprunts extérieurs classiques se heurte à des exigences de souveraineté et que le secteur bancaire local porte déjà un niveau élevé de risque d’État, vers quelle alternative se tourner ? La réponse réside dans la profondeur encore inexploitée du marché financier local.

Le fardeau budgétaire des entreprises publiques

La Tunisie compte plus d’une centaine d’entreprises publiques dont les déficits récurrents pèsent lourdement sur les équilibres des finances publiques. L’erreur d’analyse consisterait à poser le problème sous la forme d’un dilemme binaire : la cession sauvage du patrimoine ou le maintien d’un statu quo dépendant des transferts budgétaires.

Une troisième voie existe, largement éprouvée par de grands pays émergents : l’ouverture minoritaire du capital via la Bourse. Il s’agit :

– d’introduire progressivement sur la Bourse de Tunis des participations minoritaires dans des acteurs publics industriels et commerciaux ne signifie pas renoncer au contrôle de l’État. C’est, au contraire, lever des capitaux propres frais pour financer la modernisation et l’investissement sans alourdir la dette publique ;

– d’instaurer une discipline de gouvernance fondée sur le reporting financier transparent, l’audit indépendant et l’obligation de performance ;

– d’offrir un support d’investissement à l’épargne nationale, en permettant aux citoyens et aux institutionnels de devenir actionnaires du développement économique.

Cependant, l’introduction en bourse ne saurait constituer un remède miracle immédiat : elle ne remplace pas l’effort préalable d’assainissement des bilans. L’État doit jouer pleinement son rôle d’actionnaire stratège en restructurant la dette croisée avant toute cotation.

Capter l’informel par l’inclusion financière

L’autre gisement de croissance réside dans la masse monétaire qui échappe aux circuits bancaires officiels. Les liquidités circulant dans l’économie parallèle ne constituent pas seulement un manque à gagner fiscal : elles témoignent d’une défiance systémique vis-à-vis des canaux traditionnels.

Pour réintégrer ces flux dans le circuit formel, la contrainte réglementaire doit s’accompagner d’une incitation opérationnelle : la numérisation intégrale des paiements et le déploiement du mobile banking. En simplifiant l’accès aux services financiers digitaux pour les populations non bancarisées, l’État et le secteur financier peuvent reconstituer la liquidité globale nécessaire au financement du secteur privé.

La volatilité récente des indices boursiers ne fait que refléter les incertitudes de l’économie réelle. Pour transformer ces contraintes en leviers de reprise, les politiques publiques doivent s’aligner autour de priorités claires :

– une banque centrale veillant à la stabilité monétaire tout en favorisant la neutralité prudentielle ;

– un ministère des Finances orienté vers l’assainissement de l’actionnariat public et la rationalisation des charges ;

– un marché financier érigé en instrument privilégié de collecte de l’épargne et d’orientation des investissements.

La véritable souveraineté économique réside dans la capacité à maîtriser les outils financiers et à les mettre au service des priorités nationales. Il est temps de faire de la Bourse de Tunis un pilier central de la rénovation du modèle économique national.

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Tunisie – Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation !

À la demande pressante d’amis chers et de confrères dont le patriotisme commande le respect, il convient aujourd’hui — à contre-cœur et en me pinçant très fort le nez — de descendre dans l’arène. L’objectif est de dissiper le tissu de contes de fées et de contre-vérités crasses que le soi-disant Dr Abderrahmane Cherfouh a commis dans les colonnes de Kapitalis pour tenter de faire taire la critique et de délégitimer mes analyses sur les relations tuniso-algériennes. **

Elyes Kasri *

Ce texte de la plume indigeste du Dr Cherfouh ne relève ni de la réflexion ni du débat d’idées, mais d’une tentative de voltige informationnelle assez pathétique.

Accuser un diplomate tunisien de «diaboliser» l’Algérie parce qu’il dissèque les leviers d’influence d’un pays voisin est un procédé d’intimidation intellectuelle usé jusqu’à la corde.

Passer au scalpel les impostures de ce censeur d’opérette permet de trancher dans le vif d’une relation bilatérale que certains tentent de faire avaler sous perfusion sentimentale.

1- L’imposture morale : avant d’ausculter la souveraineté tunisienne, Dr Chelfouh, en mal de reconnaissance, devrait interroger son effroyable désertion morale.

Voilà un clinicien qui a choisi de s’installer confortablement au Canada, fuyant la misère politique et économique de son propre pays pour aller soigner les rhumes à Montréal.

En s’exilant pour son confort personnel, il a délibérément choisi de priver ses concitoyens de ses prétendus talents, foulant aux pieds le serment d’Hippocrate avec un cynisme consommé.

C’est depuis son exil doré, bien au chaud à des milliers de kilomètres, que Dr Cherfouh s’improvise général en chef du patriotisme maghrébin.

Son indignation sélective et sa sémantique, si lourdement calquée sur les communiqués de presse des officines de la Mouradia, trahissent sa véritable fonction : celle de prête-nom pour la propagande d’un régime militaire aux abois.

La plume du Dr Cherfouh n’est pas guidée par la fraternité, elle est simplement téléguidée. Le public tunisien refuse de recevoir des ordonnances géopolitiques d’un expatrié qui a troqué son stéthoscope contre les basses œuvres de la guerre psychologique régionale.

2- La nature prédatrice de la junte d’Alger :  Dr Cherfouh tente de draper la junte d’Alger dans les vertus de la fraternité maghrébine. La réalité politique est une insulte à ce concept.

L’Algérie est gouvernée par une oligarchie militaire prédatrice, une gérontocratie de généraux à médailles qui maintient son propre peuple sous une chape de plomb d’un autre âge, étouffe l’expression populaire, embastille les journalistes au moindre mot et a totalement assassiné l’élan démocratique du Hirak.

Ce paternalisme de caserne, où un régime despotique, liberticide et corrompu se pique de donner des leçons de morale et de bon voisinage par l’intermédiaire du soi-disant Dr Chelfouh, est d’un comique absolu.

Au-delà de la farce rhétorique, il faut appeler les choses par leur nom : le régime militaire d’Alger s’est érigé en principale menace contre les aspirations démocratiques, de justice sociale et de progrès du peuple tunisien.

En exportant son modèle autocratique et liberticide par un chantage permanent, la Mouradia cherche activement à étouffer le pluralisme tunisien.

Ce pouvoir gérontocratique ne peut tolérer l’émergence d’une véritable démocratie moderne et progressiste à ses portes, de peur qu’elle ne serve d’exemple à une jeunesse algérienne opprimée.

Saboter le progrès institutionnel et social de la Tunisie est une stratégie de survie pour cette junte kleptocrate.

Un régime qui traite ses propres citoyens en sujets terrorisés n’a aucune légitimité pour venir dicter les frontières de la liberté d’expression ou des analyses diplomatiques en Tunisie.

Que ces messieurs les généraux balaient d’abord les cours de leurs propres prisons avant de vouloir régenter l’esprit critique tunisien.

De plus, de la «décennie noire» aux maquis du GSPC et d’Aqmi, Alger a toujours utilisé la porosité terroriste transfrontalière comme un bouton de pression politique pour forcer Tunis à l’alignement.

3- Le chantage au Transmed ou le paradoxe d’un cordon ombilical vital : l’arrogance d’Alger atteint son paroxysme lorsque, par la voix du Dr Cherfouh, elle présente le transit du gaz comme une «faveur» ou une obole charitable accordée à la Tunisie. C’est un contresens économique absolu.

Le régime algérien est en situation de faillite systémique sur tous les plans. Il ne survit artificiellement que grâce à la rente des hydrocarbures, dont une part majeure transite par le gazoduc Transmed via le sol tunisien pour alimenter l’Italie.

Le Transmed n’est pas une fleur faite à la Tunisie ; c’est le ballon d’oxygène vital de la Mouradia, la laisse énergétique sans laquelle le budget de l’État algérien s’effondrerait instantanément.

Et pourtant, par un renversement burlesque des réalités, Alger utilise ce tuyau indispensable à sa propre survie comme une arme de chantage pour vassaliser la Tunisie.

Ce piratage commercial s’appuie sur une spoliation tarifaire évidente :

1 – une redevance tunisienne dérisoire de 5,25 %. Pour 400 kilomètres d’infrastructures lourdes qui hypothèquent le territoire national, la Tunisie ne perçoit qu’une maigre redevance, un taux dérisoire bloqué par les menaces d’Alger depuis des décennies;

2- le modèle souverain du Maroc : à titre de comparaison, sur l’ancien gazoduc GME, le Maroc avait imposé un taux de 7 % à 10 % des volumes, assorti du transfert de la propriété intégrale des installations à l’État marocain après 25 ans.

Autant dire qu’à Alger, on sait compter quand il s’agit d’exploiter les voisins à vil prix, tout en se permettant de menacer de fermer les vannes à la moindre velléité d’indépendance diplomatique et d’expression des aspirations démocratiques de la Tunisie.

La diplomatie n’est pas une affaire de sensiblerie mémorielle ni de slogans lénifiants comme le «khawa-khawa» bon pour les naïfs.

La Tunisie n’a besoin ni de la protection étouffante ni des conseils d’un pays en faillite systémique qui ne produit rien d’autre que du ressentiment.

En analysant lucidement les risques de cette dépendance structurelle, les observateurs indépendants font leur strict devoir d’expertise et de patriotisme.

Les valets d’influence de la Mouradia, qu’ils écrivent masqués derrière la fausse identité du soi-disant Dr Cherfouh depuis son exil doré et pantouflard au Canada ou à découvert, doivent comprendre que la Tunisie n’est pas et ne sera jamais la 70e wilaya algérienne. Surtout qu’elle a toujours, tout au long de son histoire plusieurs fois millénaire, gouverné ce territoire voisin à partir de Carthage, Dougga, Kairouan, Mahdia et Tunis.

Le droit à la liberté d’opinion et d’analyse géopolitique restera libre, souverain et totalement imperméable aux intimidations des censeurs d’Alger ou d’ailleurs.

Un vieux proverbe tunisien dit :.ما دواء الفم الابخر كان السواك الحار

* Ancien ambassadeur.

** La rédaction : avec cette réponse, on clos ce débat qui ne saurait s’éterniser.

Les précédents éléments de ce débat tuniso-algérien sur Kapitalis :

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