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Tunisie | La fermeture du bureau de garantie prive l’État l’or circulant sur le marché noir

Hatem Ben Youssef, président de la Chambre syndicale des bijoutiers, a affirmé ce mercredi 5 août 2026, sur les ondes de la radio Mosaïque, que le Bureau de garantie constitue un maillon essentiel pour le secteur. En effet, sa mission consiste à contrôler le titre des métaux précieux (or, argent, platine) et à apposer les poinçons officiels sur les objets d’orfèvrerie et de bijouterie, garantissant ainsi l’intégration des bijoux dans le circuit économique légal.

M. Ben Youssef a expliqué que la revendication urgente des professionnels du secteur — adressée principalement aux ministères des Finances, dont dépend les douanes, et du Tourisme et de l’Artisanat — porte sur la réouverture du Bureau de garantie tout en maintenant le dispositif de contrôle. Cette demande se justifie par le rôle clé que joue ce bureau dans le recensement et l’identification des quantités de bijoux en circulation, qu’il s’agisse de pièces vendues, acquises lors du pèlerinage (Omra ou Hajj) ou héritées, ainsi que dans la prise en charge des bijoux dont le poinçon s’est effacé avec le temps.

Le responsable syndical a souligné que la réouverture du Bureau de garantie constitue la solution idéale pour endiguer la contrebande de quantités importantes d’or via des circuits illégaux et non contrôlés, privant ainsi l’État de tirer profit de cette ressource, que ce soit par le renforcement de ses réserves d’or ou par les recettes financières qu’elle génère.

M. Ben Youssef a qualifié la fermeture du Bureau de garantie de «catastrophe» ayant gravement nui au secteur, estimant que le règlement intérieur en vigueur depuis 2005 n’est plus adapté et n’a pas été actualisé au cours de deux décennies.

Pour le bijoutier, on ne peut élaborer un cadre juridique régissant le secteur sans associer les professionnels eux-mêmes, qualifiant le texte actuel de véritable «code pénal» qui entrave l’activité des professionnels ; d’autant plus que seules certaines de ses dispositions sont appliquées et qu’il ne tient pas compte des spécificités du secteur.

M. Ben Youssef a précisé que le secteur de la bijouterie-joaillerie regroupe divers intervenants — commerçants, artisans, professionnels qualifiés, apprentis, gérants et propriétaires d’établissements — et emploie environ 15 000 personnes. Ce total comprend quelque 2 200 commerçants, plus de 1 000 artisans et environ 800 professionnels qualifiés, le reste de l’effectif étant constitué d’artisans, d’apprentis et de travailleurs du secteur.

I. B.  

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Football | Le milieu péruvien Castillo en route pour l’Espérance de Tunis

Le milieu Jesús Castillo, joueur du club péruvien Universitario de Deportes (25 ans, 1m85), milieu de terrain défensif en équipe nationale depuis 2022, a annoncé son départ pour la Tunisie afin de finaliser son engagement avec l’Espérance sportive de Tunis pour une durée de trois saisons.

Dans une déclaration faite avant son départ, Castillo a souligné que les négociations avaient été rapides et qu’il n’avait pas hésité à accepter l’offre du club tunisois le plus capé du pays sur les plans national et international (dont quatre Champions League africaine).

Son arrivée à Tunis est prévue pour ce soir, mercredi 5 août 2026, en vue de passer les examens médicaux et de signer officiellement son contrat.

L’Espérance espère  voir ce joueur faire oublier le départ du Nigérian Onuche Ogbelu, qui faisait un abattage au milieu du terrain et dont la perte était fortement ressentie par les supporters.  

 S’il est tout aussi robuste sur l’homme, Castillo est plus porté sur l’attaque qu’Ogbelu. Il va devoir retrouver rapidement ses marques aux côtés des autres joueurs du milieu : Raed Chikhaoui, Mohamed Belhadj Mahmoud, Hamza Rafia, Mohammed Konaté, Chiheb Jebali et autres Moez Haj Ali.  

I. B.

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«L’UGTT ne restera pas inactive face à la crise en Tunisie» (Selmi)

Marginalisé par le régime présidentialiste mis en place par Kaïs Saïed au lendemain de la proclamation de l’état d’exception le 25 juillet 2021, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a de plus en plus mal à exister et à jouer le rôle qui fut longtemps le sien au centre du jeu politique en Tunisie.

C’est en réaction à cette marginalisation que son secrétaire général Slaheddine Selmi a déclaré que l’organisation ne resterait ni silencieuse ni inactive, soulignant que les structures de l’organisation sont en mouvement permanent — une caractéristique qui marque son histoire.

Dans une allocution prononcée, ce matin, mercredi 5 août 2026, lors d’une marche qui prit le départ devant le siège de l’Union régionale du travail à Sfax, à l’occasion de la commémoration des événements du 5 août 1947 *, Selmi a ajouté, selon ses propos rapportés par Diwan FM : «Lorsque les crises parlent, le silence équivaut à un abandon de la patrie», dans une allusion à la crise socioéconomique où continue de s’enfoncer le pays.   

Il a aussi appelé toutes les structures syndicales ainsi que les adhérents de l’UGTT à ne pas brader la patrie, soulignant qu’il s’agit là de sa mission à l’heure actuelle.

Le responsable syndical a poursuivi en affirmant que le rôle fondamental de l’UGTT consiste à défendre et à sauver le pays, déclarant : «Nous avons dépassé la question sociale et celle des augmentations de salaires.»

Tout en relevant la succession de crises dans divers domaines, Selmi a rappelé que le citoyen jouit de droits sociaux — tels que l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé, aux transports et à l’éducation — qui relèvent de la responsabilité de l’État, ajoutant : «Nous sommes des citoyens et non des sujets.»

Dans ce même contexte, il a estimé que la récente hausse du prix des médicaments découlait de recommandations du Fonds monétaire international (FMI), lequel cherche, selon lui, à réduire l’intervention de l’État dans le domaine social, par allusion à la levée des subvention sur beaucoup de médicaments importés qui a été décidée par le gouvernement à cause des difficultés financières et budgétaires auxquelles il fait face.

I. B.  

* Le 5 août 1947, une grève générale menée à Sfax par le leader syndicaliste Habib Achour sous la bannière de l’UGTT a réclamé un salaire minimum pour les ouvriers. Cette mobilisation sociale s’est heurtée à une violente répression militaire de l’armée coloniale française, faisant plusieurs victimes et marquant l’histoire du mouvement national.

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Tunisie | Y a-t-il ou non une crise du secteur avicole ?

Selon Ibrahim Nefzaoui, président de la Chambre nationale des commerçants de volaille et de viandes blanches, il n’y a «aucune crise» dans le secteur de la volaille et des œufs en Tunisie. L’offre est supérieure à la demande, a-t-il déclaré, mardi 4 juin 2026, sur Diwan FM. Mieux encore, selon lui, les œufs, la volaille et les viandes blanches proposés sur le marché sont sains et soumis à des contrôles, sauf que les citoyens doivent s’approvisionner auprès de points de vente agréés et contrôlés, et éviter les abattoirs clandestins.

Concernant les prix, le prix du poulet s’établit à 8,5 dinars le kilogramme, tandis que celui des escalopes de dinde varie entre 15 et 19 dinars le kilogramme.

Tout cela est bon à noter, et on ne peut que s’en féliciter en cette période où les prix ont plutôt tendance à flamber. Mais s’il n’y a vraiment pas de crise de la volaille et des œufs, on se demande pourquoi le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a-t-il tenu, lundi, une réunion avec des représentants des entreprises du secteur de la volaille, ainsi qu’avec les structures professionnelles et administratives concernées.

Selon le communiqué officiel diffusé à l’issue de la rencontre, cette réunion était consacrée à «suivre la situation générale du secteur, particulièrement durant la période récente marquée par diverses évolutions, des fluctuations climatiques et une instabilité des prix, autant de facteurs ayant eu de multiples répercussions sur les différents maillons de la filière.»

Le ministre a d’ailleurs profité de cette occasion, pour «réitérer la nécessité d’œuvrer conjointement, au sein d’un groupe de travail réunissant toutes les parties prenantes de la filière avicole, pour examiner et résoudre les problèmes auxquels elle est confrontée», le but étantde «parvenir à des solutions structurelles garantissant la pérennité de la filière et renforçant sa capacité à surmonter les difficultés, dans l’intérêt général des acteurs du secteur — en particulier les petits et moyens éleveurs — et conformément à la politique sociale de l’État.»

Le ministre a également souligné la nécessité de «renforcer la coordination entre les structures administratives centrales et régionales ainsi que les organismes professionnels liés au secteur, de se préparer à d’éventuelles situations d’urgence et de prendre toutes les précautions nécessaires pour prévenir les phénomènes susceptibles d’engendrer des problèmes et des défis pour la filière.»

Paradoxalement, les mots utilisés par les autorités publiques (instabilité des prix, situations d’urgence, problèmes, difficultés…) parlent davantage aux consommateurs que les propos soporifiques des professionnels pour qui il n’y aurait pas de crise du secteur avicole, malgré la canicule et les coupures d’électricité enregistrées ces derniers temps et qui ont provoqué des pertes chez beaucoup de producteurs.

I. B.

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D’où provient la résilience du régime iranien ?

La génération actuellement aux affaires en Iran est composée de personnes qui ne sont ni des novices en politique ni des dirigeants facilement intimidés par les pressions extérieures. Leur longévité leur a conféré une solide expérience, un instinct aigu de survie du régime et une compréhension pragmatique des usages –et des limites– de la coercition comme du compromis. L’administration Trump qui cherche un épilogue au conflit avec Téhéran doit composer avec ces réalités. Ni la guerre ni la paix avec la République islamique ne seront faciles. Ce n’est pas un régime théocratique mais un régime militarisé avec une façade théocratique et c’est cette nuance que l’Occident n’a toujours pas assimilé.

Imed Bahri

Comprendre la capacité du régime iranien à résister aux pressions américaines et israéliennes exige bien plus qu’une simple analyse de l’establishment religieux. Il est nécessaire d’étudier la génération révolutionnaire qui a renversé le régime du Chah, bâti les institutions de la République islamique et qui exerce aujourd’hui une influence considérable dans le pays, explique l’universitaire irano-américain Mehrzad Boroujerdi, dans le New York Times, qui s’appuie sur une expérience personnelle douloureuse. Son père, cadre du secteur pétrolier iranien, a été assassiné en décembre 1978 par des membres du groupe armé islamiste Mansouroun, quelques semaines seulement avant la victoire de la révolution iranienne.

Boroujerdi souligne que plusieurs des personnes impliquées dans cet assassinat sont devenues par la suite des figures influentes au sein de l’armée et des services de sécurité iraniens et que certaines figurent encore aujourd’hui parmi les décideurs les plus importants de Téhéran.

Ne pas négliger la génération la plus influente

L’universitaire américano-iranien soutient que les administrations américaines successives ont longtemps appréhendé l’Iran uniquement à travers le prisme des théologiens négligeant une autre génération, bien plus influente, en l’occurrence celle des dirigeants issus des organisations révolutionnaires armées, ayant combattu lors de la guerre Iran-Irak puis établi les Gardiens de la révolution et l’appareil sécuritaire et militaire qui est devenu l’épine dorsale du régime.

Cette génération, née dans les années 1950, a acquis une vaste expérience de la gestion de crise, confrontée aux sanctions, à l’isolement international, aux protestations internes et aux conflits armés.

Cette expérience les a rendus plus adaptables aux pressions extérieures et plus conscients des limites du pouvoir et des frontières du compromis politique.

Boroujerdi indique que son père n’était ni un partisan du Chah ni du mouvement religieux dirigé par l’ayatollah Khomeini. Cependant, il a refusé de participer aux grèves visant à paralyser le secteur pétrolier, ce qui a conduit les groupes révolutionnaires à le considérer comme un ennemi de la révolution. Finalement, il fut assassiné avec un cadre américain de la même entreprise, un acte qui contribua à accélérer l’effondrement de la production pétrolière et à affaiblir le régime du Chah.

Etude du pouvoir iranien post-révolution

L’universitaire affirme que cet incident l’a incité à changer radicalement d’orientation. Il a abandonné ses études d’ingénierie pétrolière pour se tourner vers les sciences politiques, consacrant sa carrière universitaire à l’étude de la structure du pouvoir iranien et des élites apparues après la révolution. 

Il retrace le parcours de personnalités marquantes, notamment Mohsen Rezaei, qui a fondé et dirigé les Gardiens de la révolution pendant de nombreuses années et qui est aujourd’hui le conseiller militaire du guide suprême Mojtaba Khamanei, Ali Shamkhani, qui a occupé de hautes fonctions dans les domaines de la sécurité et de l’armée avant son assassinat lors du raid aérien israélo-américain de cette année, ainsi que Mohammad Baqer Zolghadr qui occupe actuellement un poste clé au sein du Conseil suprême de sécurité nationale iranien.

Pour Boroujerdi, l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, conjugué aux répercussions de la récente guerre, a renforcé l’influence du pouvoir militaire au détriment de l’establishment religieux. De ce fait, les Gardiens de la révolution sont devenus la force la plus influente dans l’élaboration des politiques de l’État, tout en préservant la façade constitutionnelle du nouveau Guide suprême.

Le régime ne s’effondrera pas facilement

Le politologue met en garde contre l’idée que croire à un effondrement facile du régime iranien relève d’une interprétation erronée de la réalité.

En effet, l’État iranien dispose d’institutions sécuritaires et militaires bien établies, d’une élite dirigeante dotée d’une longue expérience de gestion des crises, malgré l’escalade des pressions économiques et sociales et le déclin de sa légitimité intérieure.

Boroujerdi conclut que l’Iran est actuellement confronté à un paradoxe complexe: le régime fait face à une accumulation de crises et à des défis sans précédent, tout en conservant une capacité de survie significative. Dès lors, toute politique américaine ou israélienne à l’égard de Téhéran doit impérativement appréhender la véritable nature des centres de pouvoir au sein de l’État et dépasser l’idée reçue selon laquelle ces centres seraient uniquement composés de religieux.

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‘‘L’étau’’ de Salah El Gharbi ou la torture au quotidien

Ô lecteur, face au climat injonctif qui brutalise, ‘‘L’étau’’ (Contrastes Editions, Tunis, mars 2026), roman de Salah El Gharbi paru au printemps 2026, défie-toi des relents de dictature déchue, comme de ta dignité confisquée après la période phare 2011 ! Destinataire-miroir, il te convient de répondre à Bassam –pivot actant et écrivant–, par ce sourire de connivence que t’accorde en trompe-l’œil l’auteur, dans un simili futur d’anticipation.

Monique-Marie Akkari, Tahiti.

Jeux d’écriture d’une époque troublée ou maîtrise d’un écrivain-chercheur dont la littérature demeure le métier, la création un engagement ? Quant à lui attribuer un genre littéraire… Peu s’y hasardent… Peu le relèvent comme si les temps de l’oppression n’étaient pas encore advenus !!!

Certains voudraient nous rassurer en sous-estimant la fiction au délire parano d’un mythomane, – je désigne évidemment le personnage principal–, narrateur de surcroît ! Sa victimisation –au son, au volume, à la lettre près–, en constitue le moteur, l’emballe, en dissèque même l’intrigue : encore fallait-il le mettre en œuvre, dans tous les sens du terme ! Et pour parfaire l’ambiguïté –conçue par le romancier–, j’opterai pour une œuvre tout à fait fantastique dans sa première partie : le récit s’écrivant dans le présent non segmenté du narrateur protagoniste-lecteur ; la seconde partie se marquant par l’oubli ou la résilience –tellement à la mode–, pour accomplir un processus romantico-idéaliste : «l’amour est sourd, muet» sans parler de son aveuglement. Mais ce serait mésestimer les compétences de l’auteur en la matière.

Le pire, c’esl le vide culturel…face aux vociférations du monde

Rares sont les écrits qui prennent autant de soin à manier les contradictions et à échafauder des paravents de protection aussi méticuleux… pour le narrateur enfermé dans les pages aussi tranchantes que les pièges systématiquement mécaniques, ondulatoires ou moraux, autant que pour leur transcripteur de chair et d’os ! Le lecteur tranchera…

Le monde du «Fais ce que tu veux à condition que personne ne le sache», mieux «du pas vu, pas pris», fonctionne à merveille, parfaitement lubrifié : la machinerie en est tout autant performante et tourne au mieux…

L’instigateur –le malfaisant–, le monstre impalpable, invisible et invulnérable, à la pointe des techniques les plus sophistiquées, n’étant identifié, et impossible à démasquer, aucun des recours –même virtuels–, ne peut se trouver contourné ni anéanti… L’énigme reste en suspens … Fantastique à plein.

Suite à son premier ouvrage, ‘‘Perditions’’ (2004), qu’il s’empresse d’étiqueter récit, Salah El Gharbi, poursuit, avec son implacable rigueur d’enseignant universitaire, la fabrication textuelle qui lui coûte son indépendance et sa survie. Cette récente production, à la structure composite, se renvoie en écho, deux aspects d’une même réalité dont l’une s’approprie l’envers du décor.

Par enchâssement bilatéral d’un double récit, ‘‘L’étau’’ débonde l’inénarrable : en premier lieu, il se fait débusquer, la seconde partie débauche l’intimité.

Politique et relations intimes, encore versées de nos jours, au silence du tabou : la Constitution de 2022 réexpédie –tout en la limogeant–, la Tunisie au califat.

À contre-courant de l’engrenage du pouvoir

Si l’auteur n’en est pas à son coup d’essai politique, parfois romancé, du fait d’une génération prise en étau (!) par une Indépendance sacrément en danger, son ouvrage relève d’un genre très peu employé : le fantastique. L’irrationnel, faisant de son intrusion un présent de l’écriture, page après page –avec ses assauts invisibles, ses décharges, ses menaces explicites, ses «tapages et tasages» intempestifs (p.69), issus d’un surnaturel infernal–, et son diktat réitéré dès les 1ères lignes : «Tu n’écriras point», psalmodié, tel un précepte exhibé du seul livre autorisé !

Né au 19e siècle, le mouvement littéraire entre à plein dans nos sociétés contemporaines perturbées et chaotiques de par le monde, avant d’envahir le cinéma… Ce genre se justifiant –en tant que projet d’écriture–, face à une réalité d’une aberration et d’une absurdité éternelles !

Le châtiment liberticide

D’une discrétion à toute épreuve, arbitraire à souhait, sans risquer d’être dévoilé, aussi efficace que le goulag, mais moins onéreux, épargnant tout personnel qualifié ou non, tout en s’appliquant à un maximum de contrevenants et destiné sans doute aux collectivités et groupuscules irréductibles : telle se définit cette «répression impérativement secrète», apte à interagir parce qu’endoctrinée.

Cette pesanteur impersonnelle à ciel-ouvert disséminée à discrétion par «La Machine»(p.18) –engrenage-à-perpétuité–, sans même recourir à l’emprisonnement que cautionnerait quelque condamnation, s’adresse à quiconque revendique un soupçon d’affranchissement. «Être, se sentir, cogiter libre» équivaut à un délit majeur dans un bled où le pouvoir pense pour toi… en dépit des droits universels… L’opinion singulière subjective te définit par les idéologies communautaristes et despotiques comme AUTRE, dans ton propre pays : l’équivalent de la xénophobie ou de l’«hétéro phobie», ou de la «peur agressive d’autrui», définie en 1985, par Albert Memmi.

«La vérité, quoi qu’on fasse, est révolutionnaire» (2016, GN)

Il est vrai que l’unique personnage- narrateur, Bassam, se permet deux infractions majeures : l’écriture et la liberté sexuelle ! Ce qui n’est pas rien dans cette Terre non identifiée, majoritairement, réactionnaire et conformiste.

Tabous or not tabous ?

La critique locale évitant de «se mouiller», en qualifiant la plupart de ses romans d’intimistes, élude l’un des aspects-clé des romans réalistes de Salah El Gharbi à savoir : la peinture cinglante d’une société habituée à fonctionner sur l’hypocrisie, l’aversion du qu’en-dira-t-on… surtout quand il s’agit de mettre en cause les femmes. Ainsi le subit Rihab –employée de maison–, à peine tolérée, difficilement acceptée par le clan familial dans ‘‘La vie d’après’’ (2023) !

Si certaines de ses fictions décortiquent les relations familiales chagrines que semble uniquement offrir la Tunisie : outre une galerie de portraits pittoresques et tranchants, certains renvoient aux types dévastateurs de la belle-mère intransigeante, du patriarche obtus, au suiveur trivial et aux caricatures sans concession…

L’essentiel étant de conjuguer évolution des rôles –masculin/féminin–, avec progrès des droits humains ou des perspectives politiques…
Et si on parlait de sujets qui fâchent ?

Dans certaines figures ressortent les aspirations des jeunes générations à ne plus dépendre des impératifs de la terre et de l’honneur du nom… pour revendiquer une émergence des valeurs de reconnaissance mutuelle, de parité, ne reposant pas sur le seul milieu social et la précarité.

L’auteur ne se prive pas de nous faire côtoyer les lubies irrationnelles de certaines personnalités alambiquées : tel paterfamilias s’exilant pour se refaire une virginité ; telle matrone, gavée de principes jonglant entre fidélité, cruauté, vengeance…

Une forme couverte de dénonciation de principes moraux collectifs inégalement abusifs et la manière dont chacun s’arrange pour en déjouer les excès.

L’avenir serait-il l’apanage des femmes ?

La page finale de ses romans semble le confirmer. Dans ‘‘La vie d’après’’ –dont certaines réponses semblent déjà annoncées dans le titre, la dernière phrase (p.198) se clôt en s’ouvrant paradoxalement sur la totale émancipation de Rihab : «l’esprit et les sens entièrement affranchis». Abordez-le du point de vue que vous choisirez, mais l’analyse ne rappellerait-elle cet éclairage que nous devons à Aragon : «L’avenir de l’homme est la femme», en terminale de son recueil poétique ‘‘Le Fou d’Elsa’’, sans compter dans cette référence, la tradition andalouse du «zadjal» –ou chant poétique–, transmis en Tunisie par «arud al balad».

«Il est temps que je remette tout à plat et que je prenne mon destin en main», déclare Najla – «très résolue» –, en finale de ‘‘L’Étau’’ (p.184).

De même, l’acharnement et la persécution systématique s’appliquent à des individus isolés : semblent concrétiser une volonté de nettoyage et s’étendre subrepticement aux porteurs d’opinion. Les plus exposés, victimes d’intimidations et de persécutions systématiques, s’avèrent insignifiants, très ordinaires, otages de bourreaux machiavéliques, à la merci de factions incontrôlées. Plus faibles, en butte à des protocoles similaires aux lavages de cerveaux, ils finissent rapidement par craquer psychiquement et de traitements médicaux lourds.

Captive de la nuit, de l’isolement, de pouvoirs occultes qui «lient les mains de la démocratie» ou inversement (p.26), la menace cible les intellectuels…les isole par calomnie, fait éclater leur couple… La norme disparaît… «tapage et tasage» (p.62), discrédit et terreur (p.91), la coercition rythme le chaos : «On ne joue pas avec l’autorité» sera repris plus loin.

Soyons cohérents ! Dans un contexte de populace à lâcheté congénitale, le narrateur-écrivain se trouve à la merci d’un hackeur, qui lui pirate le système mental, dans un contexte d’Absurdie, et d’obscurantisme, identifiables au pays et relevant de forces mythiques infernales, caractéristiques des légendes populaires.

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Education physique en Tunisie | De la faillite disciplinaire à la faillite stratégique

Se basant sur son expérience et son vécu d’inspecteur pédagogique, l’auteur revient dans cette tribune sur les graves dysfonctionnements du système d’éducation physique tunisien où la recherche, l’évaluation et la compétence sont complètement dévaluées et passées par pertes et profits.

Fredj Bouslama *

En 2013, la Tunisie vivait sous la vague des attentats et la tension gagnait les établissements de mon secteur. J’ai rédigé une consigne pédagogique pour quatre-vingts enseignants : comment adapter les séances au stress, comment retisser la cohésion d’une classe qui a peur.

La consigne n’a pas été diffusée : la procédure exigeait une signature ministérielle.

Je porte encore le poids de ce refus. Non parce qu’on a ignoré mon travail — mais parce qu’on a choisi la procédure contre la protection des enfants.

L’inspecteur pédagogique est la plus haute instance pédagogique d’un ministère technique. Lui refuser la diffusion d’une consigne dans son propre secteur, c’est le déclasser en agent d’exécution.

Cet épisode n’est pas une anomalie : c’est le symptôme d’un système qui a cessé de savoir pourquoi il existe.

Faire semblant de travailler

L’éducation physique tunisienne est orpheline de programme depuis vingt-quatre ans.

En 2002, la loi d’orientation a imposé l’approche curriculaire à toutes les disciplines. Toutes ont transposé. L’éducation physique, elle, continue d’enseigner sur des textes de 1991 et de 1996 — juridiquement caducs, pédagogiquement obsolètes.

Une centaine d’inspecteurs évaluent pourtant chaque année des milliers d’enseignants. Sur quoi ? Ni curriculum officiel, ni référentiel de compétences des enseignants, ni référentiel des inspecteurs n’existent.

Chaque visite produit un feuillet en cinq exemplaires. Ce feuillet donne une note, la note ouvre droit à une promotion, et l’affaire s’arrête là. Aucune synthèse annuelle, aucune exploitation stratégique, aucune action corrective en vingt ans. Des milliers de pages par an dont la destination est une armoire.

J’ai fait ce métier quatorze ans. La visite est devenue une épreuve — non parce qu’elle était difficile, mais parce qu’elle ne reposait sur rien. Je jugeais des enseignants au nom d’un texte que la loi avait vidé de sa substance, et je repartais avec le sentiment d’avoir fait semblant de travailler.

L’enseignant fait semblant d’être évalué. L’inspecteur fait semblant d’évaluer. L’administration fait semblant d’archiver.

Ce que le statut exige, ce que la grille récompense

Le décret n° 920 de 2019 assigne aux inspecteurs généraux des missions claires : conception des orientations de l’État, recherche appliquée, évaluation d’impact, rapports de synthèse au ministre.

Le statut exige des concepteurs. La grille, elle, compte les visites. Elle mesure la présence, pas la pensée.

La rubrique «recherche» existe pourtant. Elle vaut six points, sans aucune échelle de qualité : une compilation téléchargée un dimanche soir y pèse le même poids qu’un article évalué par des pairs. Autant dire qu’un inspecteur peut chercher toute sa vie ou ne rien chercher du tout — le résultat chiffré sera identique.

Le biais se retrouve au concours d’accès, où l’on juge de futurs inspecteurs sur une leçon d’enseignement : sur leur capacité à faire la classe, non à concevoir un système. Un bon marin n’est pas forcément un bon capitaine — et à chaque échelon, on promeut sur la compétence de l’échelon inférieur, puis l’on s’étonne que personne ne conçoive.Cette particularité est tunisienne. En France comme au Royaume-Uni, on recrute les inspecteurs sur l’expertise reconnue et la capacité d’analyse prospective. Nulle part on ne compte les visites. Partout ailleurs, on évalue des compétences ; ici, on compte des actes.

Mon cas n’est pas un cas isolé

En 2024 puis 2025, ma candidature au grade d’inspecteur général a été rejetée. Motif : pas assez d’actes pédagogiques. Les cinq tomes de mon dossier — publications, expertises internationales, engagements syndicaux — n’ont pas été évalués sur le fond. On me reprochait d’avoir cherché plutôt que d’avoir multiplié les visites, c’est-à-dire d’avoir fait ce que le statut prescrit.

Or, pendant que l’administration refusait de compter cette production, elle s’en servait. J’avais rédigé en 2005 le document-cadre de la réforme des programmes. Vingt ans plus tard, une commission nationale l’a ressorti des tiroirs pour travailler dessus. Je n’y ai pas été invité. Ses travaux ont été abandonnés à leur tour.

Ce scénario se répète. J’ai côtoyé des inspecteurs qui ont structuré cette discipline et porté l’expertise tunisienne à l’international. Presque tous sont partis à la retraite sans obtenir le grade qu’appelait leur contribution.

Le plus édifiant : après ce refus, la direction générale m’a proposé au Haut conseil de l’éducation, et ma candidature a été retenue à l’unanimité par une commission présidée par le ministre. Les mêmes responsables qui venaient de me refuser un grade me jugeaient apte à siéger dans une instance constitutionnelle. Le Haut conseil n’a jamais été installé.

On nomme des commissions, on crée des instances, on propose des noms, et l’on n’achève rien.

Quatre mesures sans réforme législative

Évaluer une trajectoire, pas un stock d’actes. Une carrière a une direction, une cohérence, un rebond. Aucun total ne les fait apparaître.

Former au leadership stratégique. Concevoir, évaluer, projeter à dix ans : cela s’enseigne. Aucun dispositif ne le transmet aux cadres de l’État.

Réformer le concours d’accès. Du diagnostic stratégique et de l’analyse prospective, non une leçon de classe.

Ouvrir les commissions. Aujourd’hui, le même responsable qui valide la grille peut présider la commission qui juge sur cette grille.

Rien de tout cela n’exige une loi. Une circulaire suffit. Et rien de tout cela n’est original : c’est ce que font la France, le Royaume-Uni et le Canada.

Le coût invisible

Depuis trois ans, la direction de l’éducation physique est gérée par intérim, ses nominations bloquées. Une administration sans direction ne peut ni concevoir, ni impulser, ni évaluer.

Mais le coût réel ne se mesure pas en organigrammes. Il se mesure en enfants qu’on n’a pas protégés faute d’une signature. En enseignants notés au nom d’un texte mort. En inspecteurs partis sans que rien de ce qu’ils avaient bâti ne subsiste.

L’État ne perd pas seulement ceux qui partent. Il perd surtout la valeur de ceux qui restent et qui, face à un système aveugle, finissent par se taire.

Et nous continuons de faire semblant que cela fonctionne.

* Inspecteur pédagogique principal, ministère de la Jeunesse et des Sports.

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Aram Belhadj | Le mécanisme du prêt d’honneur est inapplicable

Le prêt d’honneur, un mécanisme de financement à taux zéro, sans intérêts, sans frais de dossier ni garanties exigées, instauré en Tunisie par le décret n°2026-148, demeure inapplicable tant que la Banque centrale de Tunisie n’a pas publié de circulaire à l’intention des banques précisant les conditions et les documents annexes (formulaire de demande, déclaration sur l’honneur, etc.).

C’est ce qu’a déclaré l’économiste Aram Belhadj, dans un poste sur sa page Facebook, en indiquant avoir lui-même déposé, hier, mardi 3 juillet 2026, une demande de prêt d’honneur d’un montant de 5 000 dinars auprès d’une agence bancaire (voir le fac-similé ci-dessous), sans doute pour voir comment la banque réagirait à sa demande.

Théoriquement, et selon le décret n°2026-148, dont la portée populiste et électoraliste n’échappe à personne, ce prêt est alimenté par une ligne de 8 % des bénéfices des banques et s’adresse aux particuliers (jusqu’à 5 000 dinars), aux porteurs de micro-projets (jusqu’à 10 000 dinars), aux PME et aux sociétés communautaires (jusqu’à 25 000 dinars), la grande idée du président de la république Kaïs Saïed pour révolutionner l’économie tunisienne.

I. B.

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Au rythme du Stambali | Un moment de solidarité et de résistance avec Saadia Mosbah


Amnesty International Tunisie nous fait parvenir le texte dont la traduction est publiée ci-dessous dans le cadre de la «Mobilisation de solidarité avec Saadia Mosbah, militante des droits humains et présidente de l’association Mnemty, actuellement emprisonnée en Tunisie en raison de son engagement pour la défense des droits des personnes noires et la lutte contre le racisme.»

Nous prenons la parole aujourd’hui — alors qu’elle reste privée de liberté, suscitant de vives inquiétudes quant à son intégrité physique ainsi qu’à l’exercice de ses droits aux soins, aux visites et à la communication — pour affirmer que la défense de l’égalité et de la justice ne saurait justifier ni sanction ni isolement. C’est un appel à la solidarité avec elle, ainsi qu’à assumer une responsabilité collective face au racisme et pour la préservation de la dignité de toute personne vivant en Tunisie.

Dans le Stambali, les sonorités du «gumbri» et des «chaqchaq» se mêlent aux corps au fil de la «nouba». C’est un art qui porte en lui la mémoire de l’esclavage, du déracinement et du racisme, mais qui véhicule aussi un autre message : celui de ne jamais laisser seul celui que les épreuves et l’injustice ont accablé.

Dans l’histoire de la résistance à l’esclavage, à la ségrégation et à la discrimination, les femmes noires n’ont pas été de simples figures accrochées aux murs de la mémoire une fois les combats achevés. Elles en ont été le cœur battant, rassemblant ce que la peur avait dispersé : voix, droits et liens humains.

Des champs de coton et des convois d’esclaves a émergé une mémoire refusant de réduire la violence à un passé révolu, transformant la marginalisation et l’isolement qu’elle a engendrés en une conscience commune de la résistance et du droit à la justice.

C’est à travers cet héritage que nous te comprenons, Saadia : non pas comme une femme dont le corps seul porterait le poids d’une cause entière, mais comme une part d’une mémoire collective ayant su transformer une expérience partagée en une conscience politique qui met au jour les mécanismes de l’exclusion.

La lutte pour la visibilité, l’appartenance et la pleine citoyenneté est devenue une exigence générale, plaçant l’État et la société face à leurs responsabilités dans le combat contre le racisme, au-delà de la simple condamnation de certaines de ses manifestations.

Tu as levé le voile sur le mur du déni entourant le racisme, démontrant que ce qui est présenté comme un détail anodin cesse de l’être dès lors qu’il se répète et s’ancre dans le quotidien des gens. Ces petits signes s’accumulent pour ériger des frontières invisibles : entre ceux à qui l’on accorde d’emblée sa confiance et ceux que l’on accueille avec méfiance ; entre ceux qui traversent l’espace public sans avoir à se justifier et ceux à qui l’on rappelle, sans relâche, que leur appartenance même est remise en question.
Ainsi, tes propos sur les Tunisiennes et les Tunisiens noirs portaient sur la Tunisie elle-même : sur une histoire que le pays tend à raconter en gommant ses fissures, et sur un présent où le discours sur la diversité ne suffit pas tant qu’il ne se traduit pas en réalité.

Tu n’as pas réclamé une place en marge du récit national ; tu as plutôt souligné que ce récit demeure incomplet tant que ceux qui en ont longtemps été tenus à l’écart en restent absents. Car la reconnaissance ne s’accomplit pas dans les discours, mais se manifeste dans le monde du travail, à l’école et dans les administrations, ainsi que dans le droit de chacun à traverser la rue sans que son corps ne suscite la méfiance ou qu’il ne soit contraint de justifier son humanité.

Tu as dit ce qui devait être dit et tu as enduré, pour cela, un fardeau qu’aucune personne ne devrait avoir à porter seule. Aujourd’hui, ta sécurité ainsi que tes droits aux soins, aux visites et à la communication ne sont pas des détails accessoires ; ce sont des droits fondamentaux qui touchent à ta liberté et à ta dignité.

Ton emprisonnement ne constitue pas seulement une privation arbitraire de liberté, mais une attaque politique visant ton action en faveur des droits humains et ta lutte contre la discrimination systémique ; c’est la punition d’une femme qui a refusé la marginalisation, ainsi qu’une tentative de réduire au silence une voix ayant mis en lumière les failles du système et d’intimider quiconque choisit de briser le mur du déni pour lutter contre le racisme.

Se tenir à tes côtés signifie ne pas laisser la prison rompre les liens qui t’unissent à ceux qui t’aiment et se soucient de toi. Tu es une femme qui connaît la fatigue, la peur et le besoin de sécurité ; une mère, une amie et une compagne qui a tant donné aux autres.

Les paroles que tu as prononcées et les questions que tu as soulevées concernant la justice et le racisme ne doivent pas peser sur tes seules épaules ; elles constituent une responsabilité que nous partageons tous.

Lors des cérémonies de Stambali, la souffrance n’est jamais laissée seule face à celui ou celle qui l’éprouve ; le rythme, le souffle et la présence des autres l’enveloppent jusqu’à ce qu’elle trouve une autre voie vers la guérison. C’est ainsi que nous te voulons parmi nous : proche de nous telle que tu es, mère, amie et compagne chère.

Le fardeau que tu as porté pour la lutte des personnes noires en Tunisie est une responsabilité partagée, et non une facture qui te serait laissée à régler seule.

Amnesty International Tunisie

Traduit de l’arabe.

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Sebta et Melilla | Ce que les autorités au Maroc ne disent pas

Des organisations syndicales marocaines estiment que les tentatives de migration collective vers les «villes occupées» de Sebta (ou Ceuta) et Melilla, enclaves battant pavillon espagnol situées au nord du Maroc, ainsi que les scènes tragiques et les pertes humaines qu’elles ont entraînées, «révèlent la profondeur de la crise sociale et économique que traverse une partie de la jeunesse marocaine».

Habib Glenza, à Lodz.

 «Ce phénomène préoccupant est le résultat d’un cumul de dysfonctionnements dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la protection sociale, auxquels s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat», estime l’Organisation démocratique du travail (ODT) qui a imputé au gouvernement «la responsabilité politique de son échec à élaborer des politiques économiques et sociales capables de créer des emplois décents et de réduire le chômage, la pauvreté et la précarité, notamment chez les jeunes». Et l’accuse également d’avoir «affaibli les institutions de médiation sociale et démocratique, telles que les partis politiques, les syndicats et les organisations sérieuses de la société civile, en marginalisant leur rôle d’encadrement et d’éducation à la citoyenneté».

Dans un communiqué adressé au journal Hespress, l’ODT affirme que cette situation «a contribué à élargir le cercle de la frustration et de la déviance, ainsi qu’à favoriser le développement de la traite des êtres humains, du trafic de drogue et de la migration irrégulière». Et appelle à «l’ouverture d’un large dialogue national sur les questions de la jeunesse et de la migration, débouchant sur de nouvelles politiques publiques capables de traiter les causes structurelles de la migration irrégulière», tout en plaidant pour la recréation d’un département gouvernemental dédié aux questions de la migration, de l’asile et des Marocains du monde, afin d’assurer une meilleure gouvernance de ce dossier stratégique.

Corruption et répartition inégalitaire des richesses   

Bouchta Boukhalfa, ancien vice-secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), a déclaré que les images en provenance des deux enclaves occupées, en particulier de Sebta, «restent entourées de nombreuses zones d’ombre». Selon lui, les vagues de passages collectifs «suscitent une profonde inquiétude sociale et portent des messages qui dépassent leur seule dimension sécuritaire ou conjoncturelle, révélant des dysfonctionnements structurels touchant de larges franges de la société». Il ajoute que «ce phénomène n’est pas dissociable du contexte socio-économique que connaît le Maroc». À ses yeux, il constitue «une réaction directe à la propagation de la corruption et à l’affaiblissement des fondements sociaux des classes populaires et moyennes, dans un contexte marqué par l’absence d’une répartition équitable des richesses et par la persistance d’une économie de rente, poussant de nombreux jeunes à rechercher des voies d’émigration quels qu’en soient les risques».

Le responsable syndical a également souligné que «la flambée des prix des produits de première nécessité et de consommation, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à l’extension de la précarité, a renforcé le sentiment de frustration et de perte d’espoir chez une grande partie de la population». Selon lui, cette situation est indissociable de politiques publiques qui «ont échoué à garantir des conditions de vie dignes et la justice sociale».

«La responsabilité de cette situation incombe à l’État dans toutes ses composantes, tant au niveau stratégique que gouvernemental, ainsi qu’à la coalition au pouvoir», qu’il accuse d’avoir «affaibli les institutions de gouvernance et leurs mécanismes de contrôle, aggravant les tensions sociales qui se traduisent aujourd’hui par différentes formes de protestation et de désespoir, dont les tentatives de passage collectif vers l’autre rive».

Le gouvernement porte une large responsabilité    

De son côté, Ali Lotfi, secrétaire général de l’ODT, considère que «les choix politiques du gouvernement actuel en matière d’emploi ont montré leurs limites». Selon lui, «un quasi-consensus existe sur le fait que les différents programmes gouvernementaux dans ce domaine n’ont pas produit les résultats escomptés».

«Le plus préoccupant est que le gouvernement a consacré des milliards de dirhams à ces programmes pour créer des emplois en faveur des jeunes et des chômeurs, sans que ces importants investissements ne se traduisent par une amélioration des indicateurs de l’emploi», affirme-t-il.

«Ces éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est produit à Sebta», affirme Ali Lotfi, en rappelant que «le taux de chômage dépasse 13 %, avec des niveaux encore plus élevés chez les jeunes Marocains», citant les données présentées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib au Roi Mohammed VI. «Le chômage et la situation sociale témoignent de l’échec des politiques de l’emploi et illustrent l’ampleur des déséquilibres qui alimentent la migration irrégulière», conclut le dirigeant syndical, en affirmant, également, que «l’ensemble du gouvernement porte la responsabilité de la situation actuelle, car le problème ne se limite pas à l’emploi». Il pointe aussi les difficultés du système éducatif, évoquant «l’aggravation du décrochage scolaire, qui conduit de nombreux jeunes vers le chômage et la précarité dès leur plus jeune âge», ainsi qu’un «abandon universitaire important, de nombreux étudiants quittant leurs études avant d’obtenir leur licence».

Pour Ali Lotfi, «la pauvreté, le chômage, la cherté de la vie et l’échec des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, constituent des facteurs dont le gouvernement actuel porte une large responsabilité». Selon lui, ces éléments sont directement liés «aux tensions sociales actuelles et à certaines formes d’expression observées au sein de la génération Z lors des récentes protestations, auxquelles se sont ajoutées les tentatives de passages collectifs, nourries par le mirage d’un avenir meilleur».

Au final, la vitrine offerte à l’étranger par la monarchie marocaine a été fissurée et les difficultés sociales du pays ont explosé, laissant voir une réalité peu reluisante que les inégalités dans la distribution des richesses nationales, ajoutées aux brimades auxquelles sont soumis les jeunes chômeurs, s’aggravent d’année en année et ne font que retarder une révolution annoncée. Sans des réformes radicales, sur les plans aussi bien politiques (davantage de libertés), qu’économique (davantage d’emplois) et social (davantage d’équité), la marmite pourrait exploser à tout moment.

Les autorités sont une nouvelle fois averties : l’immobilisme ne saurait être une politique viable à terme.

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Tunisie | Les vraies raisons de la hausse des prix des médicaments

Les hausses de prix ne concernent qu’un nombre restreint de médicaments importés dont les tarifs n’avaient pas été actualisés depuis des années. Ces ajustements ont été mis en œuvre en raison de la hausse des coûts d’importation et de l’évolution des prix sur le marché mondial.

C’est ce qu’a indiqué «une source bien informée» au sein de la Pharmacie centrale de Tunisie dans une déclaration à Mosaique FM, ajoutant que l’objectif de cet ajustement tarifaire (que ces choses douloureuses sont joliment dites!) est de garantir la disponibilité continue de ces médicaments et d’éviter toute perturbation de l’approvisionnement du marché. Bref, si vous payez plus cher votre médicament, c’est pour votre bien !

Ce que la «source bien informée» n’a pas cru devoir expliquer, c’est pourquoi les autorités n’ont pas cru devoir communiquer sur les causes et les circonstances de ces hausses avant leur annonce publique, d’autant qu’ils vont être supportées par les citoyens dont le pouvoir d’achat est en charpie, à cause des fortes hausses des prix des biens de consommation.

Il n’a pas cru devoir expliquer non plus que ces hausses sont dues à la levée des subventions de l’Etat sur ces médicaments en raison des difficultés des finances publiques et des problèmes qu’a aujourd’hui la Pharmacie centrale à s’approvisionner auprès de certains laboratoires internationaux auxquels elle doit beaucoup d’argent et qui exigent d’être payés avant de rétablir leurs livraisons.

En d’autres termes, le citoyen est sommé d’encaisser les coups, les uns après les autres, sans que ces chers responsables de l’Etat ne se croient dans l’obligation de lui expliquer les tenants et les aboutissants de leurs décisions. Ces responsables qui se cachent à chaque fois qu’une tempête pointe à l’horizon et n’apparaissent que pour annoncer des stratégies, des plans, des programmes et de vagues projets dont la réalisation est reportée aux calendes grecques du genre de la Cité médicale de Kairouan, du TGV Bizerte-Ben Guerdane ou encore du Port en eaux profondes d’Enfidha.

I. B.

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Mesures pour sauver le secteur laitier tunisien | Trop peu, trop tard ?

La Tunisie disposait auparavant d’un stock de 80 millions de litres de lait, dont une partie était exportée vers l’Afrique et le Moyen-Orient. Aujourd’hui, la filière laitière fait face à des difficultés structurelles que les autorités ont laissées s’aggraver, et ce, malgré l’apparition de signes avant-coureurs, notamment une forte baisse du cheptel bovin. Des mesures sont prises pour tenter de remonter la pente… Mais est-ce suffisant ?  

Dans ce contexte, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a récemment annoncé l’élaboration d’un programme national de reconstitution du cheptel bovin, dans le cadre des efforts visant à soutenir la filière laitière et à reconstituer les effectifs du bétail. Plusieurs mesures ont été adoptées pour soutenir le secteur, notamment le relèvement du prix minimum garanti du lait à 1 340 millimes le litre, l’augmentation de la prime de collecte à 115 millimes et le plafonnement des prix de l’aliment du bétail, parallèlement à l’élaboration d’un plan national pour stimuler la production d’aliments pour bétail avec la participation des différents acteurs de la filière.

Un secteur qui lutte pour sa survie

Réagissant à l’annonce de ces mesures, Fathi Ben Khalifa, conseiller économique auprès de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), a déclaré à Mosaïque, le lundi 3 août 2026, que cette décision intervenait bien trop tard pour un secteur qui s’épuise et lutte pour sa survie, malgré les avertissements lancés dès 2016.

La Tunisie a atteint un stade regrettable où elle dépend de l’importation de lait en poudre pour la fabrication de fromages, de yaourts et d’autres produits, alors qu’elle disposait autrefois d’un excédent stratégique de 60 à 80 millions de litres — dont des quantités importantes étaient exportées vers la Libye, d’autres pays africains et moyen-orientaux.

M. Ben Khalifa a ajouté que le secteur de l’élevage laitier a été mis en place et structuré il y a une quarantaine d’années, sous l’impulsion du Groupement professionnel des viandes rouges et du lait et de l’Office national de l’élevage. Cette initiative a impliqué la création de systèmes de collecte et de refroidissement du lait au niveau des centres et des exploitations, ainsi que la formation et la qualification des éleveurs.

Ces efforts ont favorisé la diversification des produits laitiers et conduit à l’ouverture de nombreux centres dans l’attente de la réouverture du complexe de Sidi Bouali.

Le déclin de ce secteur est l’une des principales causes de la hausse des prix de la viande rouge, a estimé le responsable syndical, ajoutant que le déclin du secteur laitier — aggravé par la vente massive de veaux et de vaches — a pesé sur les prix de la viande rouge ; le prix de l’agneau a grimpé de 15 à 70 dinars le kilogramme, tandis que celui du bœuf oscille désormais entre 40 et 60 dinars le kilogramme.

Si le cheptel constituait autrefois un facteur clé de stabilisation des prix du marché, la réduction de 30 % des effectifs a eu des répercussions néfastes tant pour le marché que pour le consommateur, a affirmé M. Ben Khalifa, en insistant sur le fait que la relance du secteur laitier ne saurait se limiter à la reconstitution du cheptel.

Le responsable syndical a évoqué ce qu’il a qualifié d’échec lié à la loi de finances : bien que des fonds issus du Fonds de développement de la compétitivité aient été alloués au secteur, leur mise en œuvre a achoppé aux lenteurs décisionnelles et à l’incapacité de l’État à concrétiser le plan qu’il a lui-même mis en oeuvre.

I. B.

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Tunisie | L’OTE pointe la responsabilité de l’exécutif dans les coupures d’électricité

Selon l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE), la vague de coupures d’électricité survenue en Tunisie au cours du mois de juillet 2026 et qui se poursuivent encore a mis en lumière des déséquilibres structurels au sein du secteur électrique, notamment le recul marqué des investissements de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et le blocage, depuis plusieurs années, par les pouvoirs publics, de projets de production d’électricité.

Dans un rapport publié samedi 1er août 2026 et intitulé « La crise électrique tunisienne : une panne d’investissement », l’OTE souligne que les investissements de la Steg dans les moyens de production d’électricité ont chuté de 87 %, passant d’environ 1,947 milliard de dinars sur la période 2016-2020 à 248 millions de dinars sur la période 2021-2025.

Le rapport ajoute que la demande d’électricité a continué de croître à un rythme annuel de 3,8 % entre 2021 et 2025, la consommation de pointe atteignant un niveau record de 4 888 mégawatts le 14 août 2024 ; parallèlement, le rythme d’expansion des capacités de production a ralenti par rapport à la période précédente.

L’OTE a relevé que les projets de production d’électricité de la Steg — représentant une capacité totale d’environ 870 mégawatts — sont au point mort depuis 2018, bien que les dossiers d’appel d’offres aient été finalisés.

Ces projets comprennent la centrale à cycle combiné de Skhira (500 mégawatts), le parc éolien de Jebel Tbaga (80 mégawatts) et six centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 300 mégawatts.

Le rapport attribue le blocage de ces projets à l’absence d’approbation de la part du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie — autorité de tutelle de l’entreprise — conformément au cadre juridique et réglementaire en vigueur.

L’Observatoire a estimé que les politiques publiques de ces dernières années ont privilégié les investissements privés et étrangers dans les projets de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, au détriment de l’investissement public dans les moyens de production, ce qui est en totale contradiction avec la doctrine souverainiste du «compter sur soi» souvent défendue par le président de la république Kaïs Saïed.

Selon le rapport, cette situation a affecté la capacité de la Steg à répondre à la demande croissante et à garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité.

Le rapport a conclu que la vague de coupures d’électricité que connaît la Tunisie en cet été 2026 n’est pas uniquement due à des températures exceptionnellement élevées ; elle a également mis en évidence l’impact du recul des investissements publics dans la production d’électricité sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique.

En d’autres termes, la Steg n’est en rien responsable de l’impasse actuelle, mais bien le pouvoir politique dans son ensemble qui a estimé que l’approvisionnement électrique n’était pas une urgence et reporté la réalisation de certains projets de production électrique restés dans les cartons.

I. B.

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L’interventionnisme économique des États reprend de plus belle !

Partout dans le monde, les responsables politiques manifestent un regain d’enthousiasme pour prendre possession des entreprises privées. Si les méthodes employées varient, allant de prises de participation limitées par l’État à la nationalisation pure et simple, la tendance générale est sans équivoque.

Imed Bahri

Que ce soit par crainte pour la résilience des chaînes d’approvisionnement, la sécurité nationale, le déclin du secteur manufacturier, la prétendue «cupidité des entreprises» ou une combinaison de ces facteurs, comme c’est souvent le cas, l’État joue un rôle croissant dans l’économie et il est peu probable que cela se termine bien, note le comité éditorial de Bloomberg.

Le retour de la nationalisation malgré ses échecs

L’histoire montre que la propriété publique, forme la plus radicale d’intervention de l’État, est presque toujours vouée à l’échec.

Si les objectifs affichés des acquisitions publiques peuvent parfois être légitimes, une régulation fondée sur le marché, associée au maintien d’une séparation claire entre les entreprises et l’État, demeure le moyen le plus efficace d’atteindre ces objectifs. De plus, les vagues successives de nationalisation se sont souvent soldées par des déceptions, suivies d’un recul progressif de ces politiques.

Il semble que ce soit une leçon de l’histoire qu’il faudra réapprendre. Le gouvernement américain a récemment acquis des participations dans des dizaines d’entreprises, allant de la bio-métallurgie aux semi-conducteurs.

Au Royaume-Uni, le nouveau Premier ministre Andy Burnham entend renationaliser les services publics précédemment privatisés, tels que l’eau, l’électricité et les transports. Ce phénomène s’est répandu à l’échelle mondiale, avec des actifs nationalisés pour une valeur allant jusqu’à 500 milliards de dollars au cours de la dernière décennie.

Les responsables politiques avancent diverses justifications pour accroître l’intervention de l’État dans l’économie. La pandémie de Covid-19 a mis en lumière les risques liés à la dépendance aux approvisionnements étrangers en biens et matières premières essentiels.

Pourquoi l’intervention de l’État fait-elle son retour ?

Aux États-Unis et en Europe, les mouvements populistes attribuent la baisse du niveau de vie au déclin de l’activité industrielle causé par la mondialisation des échanges. Les plaintes concernant «l’exploitation» des consommateurs par certains fournisseurs monopolistiques contribuent également à cette tendance, alimentant le sentiment anti-marché.

Les guerres en Ukraine et en Iran ont renforcé les arguments en faveur d’un contrôle étatique plus strict des investissements stratégiques, fondé sur des considérations de sécurité nationale.

Pour toutes ces raisons, les politiques industrielles de toutes sortes ont repris de l’ampleur, notamment les droits de douane, les subventions publiques, l’orientation de l’activité économique et même la nationalisation.

Cependant, bien qu’il soit important d’encourager l’innovation, de soutenir les industries vitales pour la sécurité nationale, de renforcer l’économie et de réglementer les monopoles pour lutter contre la spéculation, la nationalisation n’est pas l’outil adéquat pour atteindre ces objectifs. En réalité, elle les compromet souvent plutôt qu’elle ne les favorise.

La nationalisation nuit à la concurrence. La raison est simple. Le défi permanent de la politique industrielle est d’éviter de tomber sous l’influence des producteurs, dont les intérêts priment sur ceux de leurs clients et sur l’intérêt général. Or, la nationalisation, loin de résoudre ce problème, l’aggrave, les décideurs politiques devenant de fait leurs propres régulateurs.

Les responsables politiques accordent souvent un soutien financier non déclaré et non justifié, dont les bénéfices profitent à leurs alliés politiques, ou ils compensent les pertes de certains secteurs par des charges fiscales cachées. De plus, les ministères des Finances créent des incitations financières visant à affaiblir la concurrence et à favoriser les entreprises publiques.

Inefficacités et sous-performances chroniques

Comme le confirment des décennies d’expérience, ces politiques finissent par exacerber les inefficacités et engendrer une sous-performance chronique.

Il est vrai que les organismes de réglementation peuvent aussi faillir, comme l’ont démontré certaines privatisations mal gérées au Royaume-Uni. Toutefois, une surveillance réglementaire qui maintient une séparation claire entre l’État et les entreprises garantit une plus grande transparence et une meilleure responsabilisation, augmentant ainsi ses chances de succès.

L’idée selon laquelle le soutien public à certains fournisseurs implique nécessairement une prise de participation au capital pour compenser les contribuables du coût de ce soutien est tout aussi trompeuse.

Si les entreprises subventionnées apportent un avantage public qui serait autrement insuffisant, cela constitue en soi une compensation. Si le fournisseur réalise un bénéfice, il paiera des impôts, ce qui représente une autre forme de compensation.

Si des innovations essentielles sont freinées par un manque de capitaux, l’État peut octroyer des subventions ou des prêts pour remédier à ce problème. La propriété directe des entreprises, avec tous ses inconvénients inhérents, est inutile.

La concurrence et le secteur privé sont les clés de la réussite économique et c’est un fait qu’il est parfois nécessaire de redécouvrir.

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Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques

L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales. Les Etats-Unis, L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.

Najiba Ben Hassine *

L’Afrique berceau des civilisations et riche en ressources naturelles a été le théâtre d’interactions complexes avec les puissances étrangères depuis des siècles façonnant son histoire politique, économique et sociale, affectant ses structures socio-économiques et entravant son développement. Depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, les nations africaines ont été le théâtre de rivalités géopolitiques et économiques et de stratégies de puissances émanant de multiples acteurs internationaux, engendrant des défis complexes et des enjeux confus pour l’Afrique et ses peuples. La reconnaissance de la pleine autodétermination, gage incontournable de la coexistence pacifique et du développement des Etats, implique que chacun possède dans l’ordre mondial l’égale plénitude et exclusivité des compétences étatiques.

Le concept de l’autonomie reflète à notre sens une réalité politique qui transcende les considérations purement juridiques découlant du concept de souveraineté. Il incarne l’idée de la liberté d’action, d’autonomisation et d’autodétermination des peuples concernés.

L’autonomie est, en outre un concept relatif, variable et flexible, dépendant des contextes et des aspirations des groupes ou entités concernés. Il s’ensuit que l’évaluation de l’autonomie et la mesure de sa signification juridique et politique demeurent imprécises et controversées. L’autonomie s’exerce dès lors pour faire face à un acte d’ingérence qui signifie «l’action de s’immiscer, c’est-à-dire de s’introduire indûment, sans en être requis ou en avoir le droit, dans les affaires des autres».

En conséquence, l’autonomie génère un statut juridique requérant l’acquisition d’un certain degré de puissance. La puissance va plus loin que la simple réunion des éléments constitutifs d’un Etat souverain, et implique la conscience d’un rôle à jouer, d’une mission à remplir et d’un ordre à établir dans un contexte complexe de rapportsinternationaux rappelant à chaque Etat l’obligation de se positionner par rapport à l’autre.

Il est pertinent de rappeler à cet égard que la Charte de l’Organisation des Nations Unies (Onu) a interdit l’intervention dans les affaires intérieures des Etats et a érigé cette interdiction en un corollaire du principe de l’égalité souveraine des Etats et une condition essentielle de l’établissement de la paix et de la sécurité internationale.

L’article 4 de la Charte de l’Union africaine (UA) a pris soin également de réaffirmer les principes de l’«égalité souveraine et interdépendance de tous les Etats membres de l’Union» ainsi que celui de la «non-ingérence d’un Etat membre dans les affaires intérieures d’un autre Etat membre».

Paradoxalement, l’Afrique est la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales, Pendant la période coloniale, les puissances coloniales ont exploité les ressources du continent africain ; ils ont laissé derrière elles des divisions artificielles source de tensions et de conflits. Dans la période postcoloniale, en dépit de l’acquisition de l’indépendance, la domination et l’ingérence étrangère persistaient sous de nouvelles formes, souvent perpétués par le néocolonialisme. Les Etats-Unis, L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.

L’ingérence étrangère revêt différentes formes politique, économique, diplomatique militaire et culturelle. Ainsi, on se trouve confronté à une Afrique de plus en plus impliquée dans la mondialisation et très convoitée par les grandes puissances.

Cette ingérence étrangère a toujours constitué un facteur déstabilisant du continent noir et un frein à son développement et à l’exercice de sa pleine souveraineté sur ses ressources.

Pour faire face à cette dépendance vis-à-vis de l’étranger, le panafricanisme se présente comme un mouvement politique unitaire, permettant de relever collectivement les défis de la mondialisation, du développement, de la sécurité et la consolidation des acquis précaires de l’exercice des souverainetés nationales.

L’UA, s’inscrivant dans une gouvernance multilatérale, s’efforce d’ériger l’autonomie et la libération en leviers du développement et de stabilité.

La question de l’autonomie des Etats africains à l’épreuve de l’ingérence étrangère nous parait hasardeuse à traiter. La disparité des Etats africains implique, un traitement différentié à géométrie variable de situations divergentes voire antagonistes, aggravés par le poids de l’héritage colonial auquel s’ajoutent les clivages culturels et les frontières artificielles entre les nations.

Le continent africain compte 54 Etats appartenant à des civilisations différentes et connaissant des niveaux de développement variés voire disparates ; on note cinq grandes régions : Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique australe. L’amplification des regards et des intérêts externes qui pèsent sur le continent ainsi que la pluralité, la diversité et les interférences des entités interventionnistes complexifient encore notre analyse : les Etats, les organisations et les institutions financières internationales… Il est légitime, dès lors, de questionner la liberté d’action des Etats africains contre toute forme d’ingérence étrangère ?

I- L ’ingérence étrangère : entrave incessante de l’autonomie des Etats

Il est opportun dans ce contexte de traiter la pluralité des formes de l’ingérence étrangère et son impact déstabilisant sur le continent. Cette ingérence a marqué l’espace africain revêtant des formes très variées et attestant de stratégies interventionnistes établies d’une manière différenciée en tenant en compte les particularités de chaque Etat africain et de l’étendue des liens historiques politiques et économiques qui les rattachant.

L’ingérence politique présentée comme «une intervention tendant, directement ou indirectement, à imposer un régime démocratique à une entité souveraine par des pressions multiformes (conditionnalités, menaces ou recours à la force)», remettant en cause le principe de l’autonomie constitutionnelle des Etats.

La conditionnalité démocratique de l’aide au développement représente une manifestation spectaculaire de l’ingérence étrangère dans la mesure où elle a été consacrée dans des convention internationales ou régionales qui mettent en exergue l’exigence démocratique comme condition de l’application desdites conventions ou accords à l’image de la Convention ACP/UE signée le 23 juin 2000 et l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE signé en 1995.  L’institutionnalisation de l’ingérence démocratique en direction de l’Afrique la transforme en un enjeu de débat public international légitimant l’intervention d’acteurs transnationaux.

A titre d’illustration, la gouvernance internationale des élections dans le Golf du Guinée (Nigéria, Cameroun, RDC) s’est imposée comme un moyen de reconstruction des Etats en faillite. Néanmoins, ces ingérences ont souvent contribué à l’établissement d’une forme de tutelle politique et d’un clientélisme entre les agents électoraux internationaux et les élites électorales internes, au détriment de la prise en considération de la souveraineté des peuples.

La France et des États-Unis ont entretenu un interventionnisme discriminatoire qui amène à stigmatiser certains États non démocratiques et à tolérer d’autres attestant de l’instrumentalisation et de l’ambivalence de la conditionnalité démocratique. 

Ainsi, au-delà du transfert des valeurs démocratiques, se dévoile la quête par les «entrepreneurs de la cause démocratique» d’un positionnement géostratégique et d’une hégémonie idéologique, politique et économique.

L’ingérence humanitaire vise dans sa conception initiale à influencer, à contrôler les actes d’un gouvernement étranger qui enfreignent gravement lois d’humanité.  Néanmoins la politisation de cette pratique risque de camoufler les motifs réels de l’intervention, d’autant plus que le flou juridique qui entoure cette notion pourrait conduire à s‘en servir pour légitimer une ingérence dans les affaires des Etats autorisant des programmes impérialistes au nom de valeurs universelles. Il en atteste pleinement la sélectivité dans le choix des théâtres d’intervention humanitaire.

L’ingérence militaire s’exerce également en dépit de l’affirmation intensive du principe du non recours à la force armé dans l’ordre juridique internationale. Cette forme d’ingérence trouve une légitimation internationale. Le continent africain est le théâtre d’affrontements militaires les plus atroces et les plus meurtriers dans le monde. La quasi-totalité de ces conflits surgissent via l’appui de grandes puissances, ou en leur nom. Le cas du Rwanda est le plus emblématique de par le caractère génocidaire du conflit aggravé par une ingérence militaire française.Les conflits armés au Soudan et au Mali provoquent la crise humanitaire la plus grave et la plus atroce dans le continent les transformant en terrains de tensions géopolitiques.  

Il y a, également, l’ingérence économique et monétaire. Il s’avère pertinent de rappeler dans ce contexte que la résolution adoptée par l’AG de l’Onu le 12 décembre 1974 énonce que «chaque Etat détient et exerce librement une souveraineté entière et permanente sur toutes ses richesses, ressources naturelles et activités économiques».

Paradoxalement, on assite à une course contre la montre entre les puissances étrangères pour s’implanter dans les différents pays d’Afrique par des accords militaires ou des partenariats économiques  Pour tous les pays industriels entrés dans l’ère de l’électronique et du numérique, les gisements de minéraux  à usages industriels rendent l’Afrique plus attractive créant ainsi des rivalités entre les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, la France, le Royaume-Uni, et la Turquie  en tissant des relations d’affaires avec les Etats africains.

L’ingérence non seulement freine mais entrave le développement équitable durable   du continent africain. Elle alimente en outre l’insécurité, les tensions et les conflits armés source de fragmentation et de morcellement de Etats africains :

L’entrave au développement : les partenariats entretenus entre les Etats africains ont été conçus dans une logique de déséquilibre et de domination négligeant les enjeux et les défis confrontés par les Etats africains et traduisant une surexploitation des ressources au détriment d’une véritable coopération inclusive et intégrée se fondant sur une gouvernance des échanges économiques sociaux et politiques.

En 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans une pauvreté multidimensionnelle, dont 51 % (soit environ 588 millions de personnes) résident sur le continent africain

En outre, un fossé est en train de se creuser entre les pays à revenus moyens en plein essor et les Etats fragiles et les moins développés, aggravant ainsi les déséquilibres socioéconomiques du continent et le poids de la dette souveraine et de l’inflation.

Les partenariats UE/ Afrique demeurent aussi déséquilibrés. L’accord de Samoa signé le 15 novembre 2023 s’est succédé à l’accord Cotonou, en visant entre autres à lutter contre le changement climatique, protéger l’environnement et garantir une gestion durable des ressources naturelles.

Toutefois, si cet accord se présente comme un accord de partenariat, il lie des puissances inégales tout en conservant la dépendance et la démarche débiteur/créancier qui caractérisent les accords de Cotonou, et pourrait influencer le processus de l’autonomie décisionnel des Etats ACP dans les instances internationales. En 2019, l’Afrique représentait 2,8% du commerce mondial. Le commerce intra régional de l’Afrique ne représentait que 4,4% du commerce continental total.

L’escalade de la violence et des conflits alimentent la fragmentation et l’affaiblissement des structures étatiques centrales et locales et génèrent un continent instable dont la paix est confisquée. La perpétration des coups d’État aggrave encore l’instabilité et l’insécurité et creuse davantage le fossé d’incertitude et de méfiance entre les gouvernants et les gouvernés et les différents acteurs nationaux.

Depuis 1950, l’Afrique a connu 220 des 492 tentatives de coup d’État recensées dans le monde. On recense, de surcroît, une hausse de 45% du nombre de situations de conflits armés en Afrique depuis 2020, provoquant le déplacement de quelque 35 millions de personnes sur le continent.

Les violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme par les parties belligérantes lors de conflits armés en Afrique laisse présager une atmosphère d’impunité et de stigmatisation du continent et des populations.

Le système de la responsabilité internationale est accusé d’être sélectif et discriminatoire en se focalisant sur les crimes internationaux perpétrés sur le continent africain et en passant sous silence ceux commis ailleurs.

Pire encore, il nous semble que cette situation d insécurité et de guerre est stimulée par les puissances interventionnistes afin de pérenniser leur mainmise sur les ressources du continent : étant fragilisé et fragmenté sa domination devient de plus en plus aisée.  L’effacement des entités étatiques et la montée en puissance de groupes armées irréguliers et de milices, la perte par l’État du monopole légitime de la contrainte représentent des handicaps majeurs au développement durable et à l’établissement de la paix et de la sécurité à l’échelle régionale.

II- Les palliatifs visant à renforcer l’autonomie des Etats africains

On opte dans ce contexte pour une étude sélective de ces palliatifs en mettant en exergue les plus influents, à savoir l’apport de la gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA et le renouvellement des résistances nationalistes à l’échelle étatique :

La gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA : depuis le milieu du XXe siècle, le multilatéralisme régional s’est progressivement affirmé comme le mode privilégié de coopération internationale.

Après l’indépendance, les responsables politiques des nouveaux Etats africains se sont servis des idées du panafricanisme pour défendre l’unité du continent et la formation d’une organisation d’intégration africaine.

L’article 3 de l’acte constitutif de l’UA énonce parmi les objectifs de l’Union «de défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance de ses Etats membres».

La montée de l’intégration régionale a été toujours présentée comme corollaire du développement, de stabilité et de solidarité.

En effet, le multilatéralisme tente de mobiliser les Etats africains pour préserver leur autonomie en assumant pleinement les responsabilités découlant de leur autonomie moyennant une reconceptualisation du principe de souveraineté.  

Ainsi, le rôle de l’UA dans la consolidation de l’autonomie des Etats africains et la sécurité du continent se manifeste dans son action opérationnelle guidée par une conception de la souveraineté-responsabilité centrée sur l’homme. Elle défend l’idée de souveraineté partagée enrichie par l’exigence du sentiment d’humanité et de responsabilité pour faire face à des défis qu’un Etat seul ne peut pas relever et qui doivent être traités collectivement dans un esprit de solidarité et de complémentarité tels que la pauvreté, l’insécurité, les crimes internationaux, la pollution…

La création du Conseil de Paix et de sécurité par l’Acte constitutif de l’UA marque un tournant décisif dans le renforcement système de sécurité collective africaine.

De même, l’adoption de l’accord portant création de la ZLE continentale africaine signé en 2018 visant à pallier aux vulnérabilités des économies africaines…

L’UA est, toutefois, confrontée à des défis majeurs tenant à sa capacité à s’ériger en une véritable puissance régionale, à gérer efficacement les disparités et tensions entre les Etats africains.  Encore faut-il craindre l’enchainement vers un simple mimétisme du modèle d’intégration européenne sans une prise de conscience des particularités du contexte africain, en transformant l’organisation indirectement en un outil de domination et d’ingérence.

Le renouvellement du nationalisme africain a aujourd’hui conduit à placer l’identité ethnique, nationale et religieuse au cœur de tout projet politique, défendant l’autonomie des Etats africains dans son acception de résistance aux tentatives du néocolonialisme et aux ingérences étrangères, et répondant aux aspirations de leurs populations à l’autonomie et la prospérité. Ce qui se manifeste en particulier dans le discours politique et la remise en cause d’accords conclus avec les   anciennes colonies.

La montée du nationalisme reflète dans le discours politique des leaders africains une réponse à la domination et aux ingérences étrangères et une quête d’une position respectable sur la scène internationale. Il en atteste la dénonciation en cascade des accords de défense par les États africains qui marque une rupture historique avec les anciennes colonies et en particulier avec la France.

En 2024, le président sénégalien Bassirou Diomaye Faye annonçait le départ des troupes françaises du Sénégal. Il a estimé que la présence militaire française «ne correspond pas à notre conception de la souveraineté et de l’indépendance».Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, a annoncé la rupture de l’accord de défense entre le Tchad et la France. Il a qualifié cette décision d’«acte souverain, mûrement réfléchi et entièrement assumé». Ces décisions ont été précédées du retrait des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso puis du Niger.

L’impact de ces tendances nationalistes africaines sur la réaffirmation et le renforcement des souverainetés nationales devrait être, sans doute, mesuré à long terme.

Néanmoins, il est permis de craindre l’avènement d’un nationalisme sélectif dissuasif à l’égard de certaines puissances interventionnistes mais permissif à l’égard d’autres.

De surcroît, ce nationalisme devrait être impérativement accompagné de politiques nationales de réforme et de consolidation des structures étatiques internes et d’une gouvernance dans la gestion des ressources nationales ainsi qu’une internalisation et africanisation des valeurs démocratiques. Il devrait aller de pair également avec une reconfiguration profonde des partenariats établis avec les Etats tiers ou les groupements interétatiques fondée sur l’égalité souveraine et la préservation des richesses africaines pour les générations futures ainsi qu’un développement durable et équitable du continent.

Au total, Une stratégie autonomiste mais ouverte au monde extérieur ne peut réellement s’affermir qu’au moyen d’une solidarité panafricaine globalisée qui transcende les divergences et les tensions entre les Etats africains. Etant confrontés à des défis énormes et partageant un sort commun, ces Etats doivent en conséquence s’engager dans une autonomisation propre au continent.

* Maitre-assistante en droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Sousse.

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Tunisie | Prisons surpeuplées et mauvais accès aux soins

La population carcérale en Tunisie atteint environ 33 000 détenus, soit près du double de la capacité officielle du système pénitentiaire, estimée à 17 000 places. Le taux d’occupation moyen s’établit ainsi à 194,1 %, certains établissements dépassant les 200 %.

Ces chiffres sont issus des dernières données consolidées recueillies par le World Prison Brief. Selon l’agence italienne Ansa, ils sont fondés sur des informations fournies par l’Instance nationale pour la prévention de la torture (INPT) en Tunisie et mises en avant par diverses associations tunisiennes, dont Intersection.

Ces données, datant de mai 2025, font état d’un taux d’incarcération de 267 personnes pour 100 000 habitants en Tunisie. La population carcérale a augmenté d’environ 10 000 personnes en deux ans seulement, passant d’environ 23 000 en 2022 à 33 000.

Un rapport de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) sur les conditions de détention entre 2022 et 2025 — établi à la suite de visites dans des établissements pénitentiaires — fait état de taux d’occupation dépassant généralement les 150 %.

 À la prison civile de Mahdia, par exemple, 1 522 détenus ont été recensés pour une capacité de 850 places, soit un taux d’occupation de 180 %.

Selon Fethi Jarray, président de l’INPT, cette augmentation est également liée à la lenteur des procédures judiciaires et au recours massif à la détention.

Les organisations de défense des droits humains alertent sur le fait que la surpopulation carcérale nuit à l’hygiène, aux soins de santé, à la sécurité et aux perspectives de réinsertion, tout en ayant des répercussions sur le personnel pénitentiaire.

La situation s’est aggravée ces dernières semaines en raison d’une forte vague de chaleur, de coupures d’électricité et de problèmes d’approvisionnement en eau.

Le 24 juillet, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a signalé des conditions de détention marquées par une absence de ventilation, un accès limité aux soins médicaux et des risques particulièrement élevés pour les détenus âgés ou atteints de maladies chroniques.

Pour 2026, le ministère de la Justice a prévu la construction d’une nouvelle prison à Béja, d’un quartier pour femmes à Monastir, l’agrandissement de la prison de Borj Erroumi ainsi que la création d’une unité hospitalière pénitentiaire à La Rabta. Les projets prévoient également un recours accru aux peines alternatives et aux bracelets de surveillance électronique.

Toutefois, en l’absence de nouvelles statistiques exhaustives, il n’est pas encore possible de mesurer l’impact de ces mesures sur le taux de surpopulation carcérale réel.

I. B.

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La Steg reprend le rationnement de l’approvisionnement électrique

Après une trêve de quelques jours dues à la baisse des températures, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) va reprendre les coupures intempestives d’électricité pour faire baisser la pression de son réseau qui chauffe dangereusement avec la reprise de la canicule et du recours des citoyens à la climatisation.

La société publique a annoncé que des coupures d’électricité pourraient survenir ce lundi 3 août 2026, entre 12h00 et 17h00. Ces interruptions seront intermittentes et chaque coupure ne doit pas excéder deux heures, a-t-elle précisé.

Les zones concernées comprennent le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, la région du Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest, autant dire toutes les régions du pays sans discrimination aucune. Du moment ou tous les citoyens seront «maltraités» au même pied d’égalité, on devrait peut-être s’en féliciter !

La Steg a précisé que le rétablissement du courant s’effectuerait sans préavis et a appelé chacun à prendre les mesures de précaution nécessaires. Donc, elle se lave les mains des désagréments que sa mauvaise gouvernance chronique inflige à ses abonnés.  

Pas d’excuses donc, mais le constat d’une banalisation du rationnement de l’approvisionnement de l’électricité. Souriez, vous êtes en Tunisie !

I. B.  

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 ‘‘Parfum de mort’’ de Sofiane Bouhdiba | L’odeur entre sociologie et médecine   

Dans son nouvel essai intitulé ‘‘Parfum de mort. Histoire médico-sociale de l’odeur’’ (Editions L’Harmattan, Paris, 30 juillet 2026, 236 pages) Sofiane Bouhdiba, professeur de démographie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, propose une réflexion documentée et critique sur l’odeur, avec un intérêt particulier pour ses répercussions médico-sociales.

La littérature abonde en œuvres scientifiques, poétiques, théâtrales sur les parfums enchanteurs, merveilleux, paradisiaques, mythiques. Mais l’auteur préfère s’attarder sur les côtés moins connus et plus obscurs des odeurs, une manière de combler un vide littéraire.

Il interroge les miasmes mortifères, les maladies fétides, les odeurs non moins nauséabondes des remèdes, la putréfaction du cadavre, les prétendus démons porteurs de maladies, la mort et ses effluves, qui constituent autant de thématiques liées d’une manière ou d’une autre aux odeurs.

Il interroge l’odeur qui dérange, l’odeur qui rend malade, la maladie qui pue, le défaut d’odorat, qui sont autant de thématiques que Pr Bouhdiba examine dans ce livre qui a au moins le mérite d’être original.

Sa réflexion est organisée autour de trois grandes parties, à peu près équilibrées. La première s’attache à montrer que la mort a indéniablement une odeur. Après une réflexion critique sur l’olfaction et ses incertitudes, l’auteur entre dans le vif du sujet en explorant les liens, pas si évidents ni si naturels, qui ont été établis entre la maladie et sa phase ultime que représente la mort, et l’odeur.

Il montre ainsi, à travers un parcours chronologique de la littérature, que la maladie se manifeste par des odeurs, certaines pathologies étant même spécifiquement malodorantes.

Le malade puant amène à réfléchir sur le mort non moins nauséabond. Réflexion qui débouche naturellement sur l’une des plus étonnantes doctrines de la pensée médicale, qui n’a jamais véritablement disparu : la théorie des miasmes.

La deuxième partie du livre est davantage orientée vers les stratégies d’évitement des odeurs. L’auteur y montre comment les odeurs mortifères ont été évacuées tout au long de l’histoire de l’humanité, donnant lieu à de véritables théories de prophylaxie de l’odeur. Avec un œil critique, il s’attarde sur les difficultés posées par les odeurs mortifères qui s’accumulent dans les espaces clos, tels que les navires, les hôpitaux ou les prisons.

Finalement, la bonne odeur chasse-t-elle la mauvaise ? C’est la question à laquelle Sofiane Bouhdiba tente de proposer quelques éléments de réponse, avant de montrer que l’odeur, qui semble accompagner la mort dans l’imaginaire collectif, peut aussi protéger l’être humain.

Quant à la dernière partie de l’ouvrage, elle est consacrée à la thérapie par l’odeur, qui semble s’être érigée en véritable science. L’olfactométrie, science du diagnostic médical par l’odeur, amène ainsi l’auteur à réfléchir sur l’aromathérapie tant dans le monde occidental que dans la médecine arabo-musulmane.

Dans ce nouvel essai, Sofiane Bouhdiba a aussi voulu adresser un clin d’œil à feu le Professeur Abdelwahab Bouhdiba, son père mais également son professeur et son mentor, qui avait écrit il y a quelques années un livre centré sur les aspects merveilleux de l’odeur en islam.

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Expats, seul votre argent compte pour l’État tunisien !

«Rihou issed, yiddi ma yrod», dit l’adage bien tunisien — qu’ils partent, pourvu qu’ils ne reviennent pas gonfler les rangs des chômeurs. Ces expats injectent presque 10 milliards de dinars de transferts par an, ils sont plus de deux millions de Tunisiens fantômes, et un État qui ne veut compter que leurs transferts précieux en devises, que le système bancaire récupère au passage avec des frais usuraires (allant à 8%). Dramatique… (Photo : Des expatriés débarquent au port de La Goulette pour passer leurs vacances au pays.)

Moktar Lamari *

Voilà, résumée en un seul dicton populaire, toute la doctrine non écrite de l’État tunisien à l’égard de sa diaspora : on ne veut pas savoir combien sont-ils, qui ils sont, où ils vivent, ce dont ils ont besoin — mais on veut, chaque année, leurs devises, comptée au dinar près et célébrée en conférence, dans des hôtels climatisés avec des discours indignes de la Tunisie d’aujourd’hui.

L’Utica aux aguets…

Samir Majoul, président de l’Utica, la centrale patronale, l’a rappelé sans ironie apparente lors de la Conférence régionale des Tunisiens de l’étranger : les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ont atteint 8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 6% par rapport à 2024, avec une projection à plus de 10 milliards de dinars pour 2026. Soit presque 8 % du PIB tunisien.

Il a évoqué, dans la foulée, «environ deux millions» de Tunisiens établis hors du pays — un chiffre prononcé avec l’aisance de qui cite une statistique officielle, alors qu’il s’agit d’une estimation approximative, non actualisée, non désagrégée par pays, par âge, par profession, par motif de départ.

Il n’est pas certain. Mais, il s’en fout au final. Deux millions de personnes, soit près d’un cinquième de la population résidente, et l’État tunisien serait bien en peine de dire combien sont ingénieurs, combien sont ouvriers du bâtiment en Libye ou en Arabie saoudite, combien sont médecins en France, combien ont fui faute de perspectives et combien ont simplement suivi un conjoint.

On ne veut rien savoir sur leur effectif et besoins

«Ihabbou flousna, mouch khbarna» — on aime avoir notre argent, pas de nos nouvelles.

Ce silence statistique n’est pas un détail technique, c’est un choix politique. Aucun recensement consulaire fiable, aucune enquête de profilage socio-économique de la diaspora, aucun registre permettant de savoir si le médecin tunisien de Lyon ou l’informaticien de Montréal souhaiterait investir, revenir temporairement, transférer un savoir-faire — rien.

On préfère le silence à l’inventaire, parce que l’inventaire obligerait à répondre à la question qui fâche : pourquoi partent-ils, et pourquoi ne reviennent-ils pas ? Il est tellement plus commode de célébrer le migrant comme «ambassadeur de la Tunisie» — l’expression est de Majoul lui-même — que de reconnaître qu’il est d’abord et avant tout un exilé économique dont le pays ne veut connaître que le RIB.

Et pendant que l’État s’abstient de compter les hommes, il compte scrupuleusement les devises — et prélève sa dîme au passage. Car voici la partie de l’histoire que ni Majoul ni les communiqués triomphants sur les transferts n’évoquent jamais : la ponction que subit chaque mandat envoyé par un travailleur tunisien à sa famille.

La rente bancaire et la vendetta

Entre les commissions bancaires, les frais de change et les marges appliquées par les opérateurs de transfert, la diaspora dénonce depuis des années des prélèvements qui, selon de nombreux témoignages concordants relayés dans la presse et sur les réseaux sociaux tunisiens, avoisineraient 7%, voire jusqu’à 10% selon le canal utilisé — un niveau qui, s’il était appliqué frontalement à n’importe quel autre secteur économique, ferait scandale et déclencherait une enquête du Conseil de la concurrence. Ici, silence radio, comme pour les effectifs de la diaspora.

Ajoutons à cela une Banque centrale de Tunisie qui gère le taux de change du dinar dans une opacité feutrée, avec un régime de flottement dit «administré» qui laisse un écart persistant entre le cours officiel et la valeur perçue par ceux qui vivent, gagnent et comparent les prix en euro, en dollar ou en dinar libyen.

Le migrant tunisien transfère donc sa devise dure, se la voit convertie à un taux qu’il ne contrôle pas, amputée de commissions qu’il ne négocie pas, dans un système bancaire où quatre ou cinq établissements dominants affichent, comme par un curieux hasard statistique, des grilles tarifaires étonnamment convergentes — ce qui, dans n’importe quel manuel d’économie industrielle de première année, porte un nom : comportement de cartel.

Vache à lait… pour les lobbys

Le résultat de cette mécanique est limpide : la diaspora tunisienne est devenue, de facto, une vache à lait macroéconomique.

On lui demande de financer, par ses transferts, une part croissante des besoins en devises du pays — Majoul lui-même a rappelé, dans la même intervention, que les investissements étrangers directs n’ont atteint que 825 millions de dinars au premier trimestre 2026, une somme dérisoire comparée aux 10 milliards annuels envoyés par les familles depuis l’étranger — tout en la ponctionnant au passage par des frais bancaires exorbitants et un taux de change qui ne lui est jamais favorable.

C’est un système où l’expatrié finance, sans le savoir précisément, à la fois le compte courant du pays et la marge des banques qui l’exploitent. On appelle cela, dans le jargon feutré des institutions internationales, le «coût de la remise de fonds» ; en tunisien de tous les jours, cela s’appelle «tqawwadou» — se faire plumer poliment, avec le sourire, par ceux-là mêmes qui vous appellent «ambassadeur».

Peu d’investissement, et beaucoup de gaspillage

Le plus cocasse dans cette affaire, c’est que le même discours qui célèbre les transferts comme un «moteur de l’économie nationale» appelle, dans la foulée, à transformer cet argent en «investissement productif» — comme si la diaspora, déjà ponctionnée à l’entrée, devait en plus assumer le rôle de bailleur de fonds patriotique pour un plan de développement 2026-2030 chiffré à 28,6 milliards de dinars et plus de 4 400 projets rien que pour la région du Grand Tunis élargi.

On demande à l’émigré de financer sa famille, de financer l’État via les commissions bancaires, et maintenant de financer les infrastructures — sans jamais lui demander son avis, sans jamais le recenser, sans jamais lui offrir un guichet dédié qui ne soit pas une simple opération de communication en marge d’une conférence régionale.

Tant que la Tunisie continuera de traiter sa diaspora comme un flux financier plutôt que comme une population de citoyens à part entière — avec des données, des besoins, une voix — elle continuera de récolter les fruits amers de cette hypocrisie : un exode qui s’accélère, une devise qui rentre de moins en moins par les circuits officiels à mesure que la ponction se fait sentir, et un discours institutionnel qui célèbre en public ce qu’il méprise en pratique.

«Elli ma yaârafch qimet flousou, ykhalliha tghib» — celui qui ne connaît pas la valeur de son argent finit par le voir s’évaporer.

La Tunisie ferait bien de méditer ce dicton avant de compter, l’an prochain, une douzaine de milliard de dinars injectés dans l’économie tunisienne, en devises fortes, sans jamais avoir voulu compter les millions de Tunisiens qui les lui envoient.

Une honte pour l’État, et un déficit d’éthique pour ces think tank (Atuge, entre autres), ces rentiers qui veulent faire des expatriés leur fonds de commerce, sous couvert d’expertises. Souvent avec des financements et des directives des ambassades et ambassadeurs représentés à Tunis.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T.  

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Les usages utiles de l’énergie photovoltaïque avec stockage

Au cours des dernières années, de plus en plus de familles et d’entreprises, et pas seulement dans le domaine du tourisme, choisissent d’investir dans un système photovoltaïque avec stockage. Mais de quoi s’agit-il exactement et dans quels cas ces systèmes peuvent se révéler utiles voire nécessaires en cas de pannes ou de  dysfonctionnements du réseau électrique national ?

Habib Glenza, à Lodz.

En termes simples, c’est un système qui produit non seulement de l’électricité grâce à des panneaux solaires, mais la conserve également dans des batteries dédiées pour être utilisée lorsque le soleil n’est pas présent. Et c’est précisément cette capacité à «stockage du soleil» qui rend cette pratique un allié précieux pour ceux qui recherchent une indépendance énergétique et des économies sur les factures.

Dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie, les coupures de courant imprévues et une attention croissante à la durabilité environnementale, le photovoltaïque avec stockage représente un choix prévoyant et concret. Que ce soit pour une ferme agricole, une entreprise, des frigos industriels, un hôpital ou un véhicule électrique, la possibilité de produire et de gérer l’énergie de manière autonome est un avantage réel et tangible.

Comment fonctionne le système ?

Un système photovoltaïque avec stockage est constitué de panneaux solaires,unonduleur (qui transforme l’énergie de courant continu à alternatif), un système de gestion et, en effet, des batteries. Ces dernières permettent de conserver l’énergie produite en excès pendant la journée, pour l’utiliser le soir ou la nuit lorsque le ciel est couvert notamment en hiver 

Contrairement aux systèmes traditionnels qui injectent dans le réseau l’énergie non autoconsommée, ceux avec stockage misent sur l’autosuffisance : l’énergie produite reste à l’intérieur du système tant qu’elle est nécessaire. Cela réduit considérablement les prélèvements sur le réseau électrique national et garantit une plus grande stabilité des consommations.

Le fonctionnement est plutôt simple et intuitif. Pendant la journée, les panneaux solaires captent l’énergie du soleil et la convertissent en électricité. Cette énergie alimente directement les usagers domestiques ou industriels. Lorsque la production est supérieure aux consommations, le surplus est stocké dans les batteries.

Une fois le soleil couché ou en cas de mauvais temps, le système de stockage entre en jeu : l’énergie conservée est utilisée pour continuer à alimenter le logement ou le bâtiment. Si la batterie se vide, alors l’énergie est prélevée sur le réseau électrique, mais seulement lorsque cela est strictement nécessaire.

Un onduleur hybride gère de manière intelligente tous ces flux, garantissant une efficacité maximale et une priorité à l’autoconsommation.

Les avantages de choisir un système avec stockage

1- Autonomie et indépendance : un des principaux avantages est la possibilité de se rendre (presque) indépendant du réseau. Dans de nombreuses situations, notamment dans des maisons ou bâtiments bien isolés et avec des consommations optimisées, on peut parvenir à couvrir jusqu’à 80 % des besoins énergétiques avec le système photovoltaïque.

2- Économies sur la facture : en réduisant les prélèvements sur le réseau, les coûts des factures diminuent de manière significative. L’économie est tangible dès les premières années et, sur le long terme, rembourse largement l’investissement initial.

3- Continuité du service : en cas de coupure de courant, certains systèmes avec fonction de secours permettent de maintenir actifs les charges essentielles (éclairage, réfrigérateur, climatiseur, modem, etc.) même en l’absence de réseau.

4- Durabilité : utiliser de l’énergie renouvelable réduit l’impact environnemental et contribue à la lutte contre le changement climatique. C’est un pas concret vers un mode de vie plus écologique.

Que doit-on prendre en compte dans le choix des batteries ?

Les batteries sont le cœur du système de stockage. Les plus courantes aujourd’hui sont celles au lithium, appréciées pour leur efficacité, leur longévité et leur compacité. D’autres technologies comme le plomb-gel ou les batteries LFP offrent des alternatives valables selon le contexte.

Un système avec stockage est recommandé lorsque les consommations sont élevées le soir et la nuit, le bâtiment est sujet à des coupures de courant ou lorsque l’on souhaite alimenter une pompe à chaleur ou une borne de recharge pour voitures électriques.

En général, c’est le choix idéal pour ceux qui cherchent à optimiser l’autoconsommation et à réduire leur dépendance au réseau.

Énergie solaire et mobilité électrique : un duo gagnant

Ceux qui possèdent une voiture électrique peuvent encore plus bénéficier d’un système avec stockage. Recharger le véhicule avec de l’énergie solaire autoproduite permet de réduire les coûts et de diminuer drastiquement les émissions.

Exemples besoins réels de systèmes résidentiels et d’entreprise :
– une famille dans une maison individuelle : 6 kWp, batterie de 10 kWh, couverture de 75 % des consommations annuelles ;

– une exploitation agricole : 12 kWp, batterie modulaire de 20 kWh, autosuffisance pour les machines diurnes ;

– refuge hors réseau : système hybride avec panneaux, batterie et générateur de secours ;

– maison intelligente avec véhicule électrique : recharge programmée en fonction de la production solaire

Ces cas montrent comment chaque installation peut être personnalisée pour répondre à des besoins différents.

Est-il possible de devenir totalement autonome avec du stockage solaire ? Cela est théoriquement possible. Pratiquement, cela dépend de plusieurs facteurs, comme la consommation, le climat, et la capacité de stockage. En général, dans les régions avec peu de soleil en hiver, il est difficile de couvrir 100 % des besoins avec seulement du solaire. Cependant, avec un système photovoltaïque bien dimensionné permet de réduire considérablement la dépendance du réseau et ses coupures aux conséquences graves, en particulier pour les hôtels, les hôpitaux, les frigos industriels et agricoles.

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