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Mondial 2026 : le programme des rencontres de samedi

Programme des matchs comptant pour la deuxième

journée de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026 de football,

prévus samedi (heures algériennes).

Groupe C :

(01h30) Brésil – Haïti

Groupe D :

(04h00) Turquie – Paraguay

Groupe F

(18h00) Pays-Bas – Suède

Groupe E :

(21h00) Allemagne – Côte d’Ivoire

NB : les deux premiers de chaque groupe ainsi que les huit meilleurs

troisièmes se qualifient pour les 1/16 de finale.

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Diplomatie tunisienne : les femmes occupent 39,3 % des postes selon le ministre des Affaires étrangères

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a souligné que les femmes représentent actuellement 39,3 pc du corps diplomatique tunisien. Elles ont constitué 80 pc de la dernière promotion des secrétaires des Affaires étrangères, contre 74 pc en 2025 et 50 pc en 2024.

Le ministre s’exprimait à l’ouverture de la célébration de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie, organisée vendredi, au siège de l’Académie diplomatique de Tunis, sous le thème « Les femmes dans la diplomatie : un engagement continu et un travail soutenu au service de la paix, de la sécurité et du développement global ».

Nafti a, à cette occasion, réitéré l’engagement ferme de la Tunisie en faveur de la promotion de la présence féminine dans l’action diplomatique, rappelant que la Tunisie avait intégré des femmes au sein de sa première délégation ayant participé à l’Assemblée générale des Nations unies après l’indépendance.

Selon lui, il s’agit d’une orientation qui s’inscrit dans la vision des bâtisseurs de l’État moderne, fondée sur l’égalité entre les citoyens et l’autonomisation des femmes.

Mohamed Ali Nafti a, en outre, rendu hommage aux diplomates tunisiennes qui, depuis l’indépendance, ont contribué à défendre la souveraineté nationale, les intérêts du pays et aux efforts du développement durable.

Aujourd’hui, a-t-il affirmé, elles jouent un rôle actif, dans le cadre du ministère ou des organisations internationales, dans les processus de dialogue, de pourparlers et d’établissement des consensus, tout en contribuant aux efforts en faveur de la paix, de la sécurité sur les scènes régionale et internationale.

Le ministre a, par ailleurs, rappelé que la Tunisie avait soutenu, en 2000, la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, étant convaincu du droit des femmes non seulement en matière de protection et de prévention, mais aussi quant à l’importance du rôle qu’elles peuvent jouer dans la construction de la paix, de la sécurité et du développement global.

Il, dans ce sens, a souligné que la Tunisie a été le premier pays d’Afrique du Nord à adopter un plan d’action national pour la mise en œuvre de cette résolution et le premier de la région à lancer un deuxième plan couvrant la période 2023-2027.

Pour sa part, la représentante du bureau d’ONU Femmes pour la Tunisie et la Libye, Florence Basty, estimé que la Tunisie a été et demeure l’un des pays pionniers en matière de promotion des droits des femmes, tant au niveau régional qu’international, ajoutant que son histoire, depuis l’indépendance, témoigne d’une présence remarquable et influente des femmes dans la diplomatie multilatérale et les efforts internationaux de paix.

Les jeunes diplomates tunisiennes continuent de porter cet héritage précieux, légué par les pionnières qui sont honorées aujourd’hui, et avancent avec confiance vers de nouveaux horizons d’influence et de leadership, a-t-elle ajouté.

Elle a précisé que la Tunisie, en plaçant la femme au cœur de ses priorités nationales et de l’action diplomatique, affirme que la participation égalitaire et effective des femmes est un choix stratégique et une responsabilité internationale.

Et de poursuivre : cet engagement puise ses fondements dans l’agenda “Femmes, paix et sécurité” et dans la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui constitue un cadre de référence pour renforcer le rôle des femmes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et l’instauration d’une sécurité durable.

En marge de cette célébration, le ministère des Affaires étrangères a organisé à l’Académie diplomatique une exposition consacrée aux pionnières tunisiennes de la diplomatie, mettant en lumière leurs parcours et leur contribution dans la diplomatie nationale.

(D’après Tap)

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Jendouba : un feu détruit 10 hectares de cultures agricoles

Une superficie de 10 ha de céréales, de légumineuses et d’oliverais a été détruite par un incendie qui s’est déclaré, jeudi, dans la localité de Boulaâba relevant de la délégation de Balta Bou Aouane dans le gouvernorat de Jendouba.

Une source de la protection civile a indiqué, à l’Agence TAP, que des sapeurs-pompiers, gardes-forestiers et citoyens volontaires se sont mobilisés pour éteindre le feu et éviter sa propagation à d’autres champs.

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Comment se protéger de la canicule ?

Face aux fortes chaleurs, adoptez les bons réflexes. Retrouvez toutes les conduites à tenir pour

se protéger, garder son logement au frais, en cas de danger lors d’un épisode de canicule.
On définit la canicule comme une période pendant laquelle on connaît un niveau de très fortes
chaleurs le jour et la nuit durant au moins trois jours consécutifs.

Quels sont les risques d’une canicule / d’un épisode de fortes chaleurs ?

Tout le monde n’est pas en capacité de tolérer ces conditions météorologiques extrêmes.

Il faut que les corps parviennent à s’habituer à ces températures importantes et réussissent

à faire face aux conditions météorologiques (humidité, absence de vent, pollution atmosphérique)

qui les accompagnent souvent.

Suivre en direct les prévisions météorologiques 

Pour les personnes les plus fragiles (personnes âgées, femmes enceintes,

bébés ou personnes en situation de handicap), l’exposition à des températures extérieures élevées,

pendant une période prolongée, sans période de fraîcheur suffisante pour permettre à l’organisme

de récupérer, est susceptible d’entraîner de graves complications.

  • Forte fatigue,
  • Accidents graves et même mortels, comme la déshydratation ou le coup de chaleur,
    Les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes (notamment les travailleurs exposés à la chaleur)
  • s’exposent au risque de la déshydratation car ils transpirent beaucoup pour maintenir leur corps
  • à la bonne température.
  • Apparition de pathologies liées à la chaleur, aggravation de pathologies préexistantes
  • ou hyperthermie.

Plusieurs signaux peuvent être identifiés et doivent vous interpeller

  • Modification du comportement habituel, grande faiblesse, grande fatigue,
  • difficulté inhabituelle à se déplacer.
  • Maux de tête, étourdissements, vertiges, troubles de la conscience, voire convulsions.
  • Nausées, vomissements, diarrhée, soif.
  • Crampes musculaires.
    • Température corporelle élevée (supérieure à 38,5°C).
    • Agitation nocturne inhabituelle.

    En cas de vigilance rouge et de canicule extrême, toutes les populations sont concernées même

    en bonne santé.

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Tunisie–Italie : les exportations de fruits et légumes progressent de 60 %

Les exportations tunisiennes de fruits et légumes frais vers l’Italie ont connu un rebond spectaculaire en 2025, atteignant 134 millions de dinars contre 85 millions en 2024, soit une croissance de 60 % en un an, selon des données publiées, vendredi, par le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX).

Cette dynamique traduit la compétitivité retrouvée de l’offre agricole tunisienne sur ce marché historiquement stratégique, estime le centre.

C’est dans ce contexte que neuf entreprises tunisiennes spécialisées dans la production agricole participent au salon Mercato Agroalimentare di Milano (SogeMi) qui se tient du 18 au 19 juin courant à Milan, en Italie.

Cette mission est organisée par le CEPEX via son bureau de Milan et le Consulat général de Tunisie à Milan, en partenariat avec l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA), le Groupement Interprofessionnel des Fruits (GIFruits) et le Groupement Interprofessionnel des Légumes (GIL).

La participation à ce salon qui accueille près de 25 000 vise à ancrer durablement les primeurs tunisiennes dans les circuits de la grande distribution italienne.

Un million de tonnes de fruits et légumes y transitent chaque année sur 80000 m2, répartis entre 130 grossistes dans deux structures emblématiques, dont une toute nouvelle inaugurée récemment, pour un chiffre d’affaires global de près de 20 millions d’euros en 2025.

Pour les opérateurs du SogeMi qui approvisionnent 15 marchés municipaux, les acteurs de la grande distribution et tout le tissu Horeca milanais, la Tunisie représente une opportunité concrète de rallonger les périodes d’approvisionnement au-delà des cycles de production européens.

La proximité géographique, les facilités logistiques du corridor maritime Tunisie-Italie, l’héritage culinaire commun et la qualité intrinsèque des primeurs tunisiennes constituent autant d’atouts structurels que cette mission entend transformer en contrats durables, souligne le centre.

(D’après Tap)

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Groupe A : le Mexique domine la Corée du Sud et file au tour suivant

Le Mexique a validé son billet pour les sixièmes de finale de la Coupe du monde 2026 grâce à sa victoire face à la Corée du Sud (1-0) au Stade de Guadalajara, lors de la deuxième journée du groupe A.

Le but de la rencontre a été inscrit par Luis Romo à la 50e minute.

Après un premier succès lors de son entrée en lice face à l’Afrique du Sud, la sélection mexicaine a confirmé son excellent début de tournoi en décrochant une deuxième victoire consécutive.

Avec six points en deux matches, le Mexique s’empare seul de la tête du groupe A et assure sa qualification pour les sixièmes de finale avant même la dernière journée.

La Corée du Sud conserve la deuxième place avec trois unités et devra encore lutter pour obtenir son billet pour le tour suivant.

Dans l’autre rencontre du groupe, l’Afrique du Sud et la Tchéquie se sont quittées sur un match nul (1-1). Ce résultat laisse les deux sélections à un point chacune après deux journées.

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En faisant évoluer les normes : une gifle aux pratiques disciplinaires violentes

L’UNICEF a publié une analyse documentaire intitulée «Changing Behaviours, Shifting Norms to End Violent Discipline in the Middle East and North Africa) («Changer les comportements, faire évoluer les normes pour mettre fin aux pratiques disciplinaires violentes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord»).

Mettre fin aux pratiques disciplinaires en changeant les comportements et en faisant évoluer les normes est l’un des objectifs d’une analyse documentaire de l’UNICEF se basant sur des données probantes.

Cette analyse se veut examiner l’ampleur, les facteurs et les conséquences des pratiques disciplinaires violentes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), en mettant l’accent sur la manière dont les approches de communication pour le changement social et comportemental peuvent contribuer à la prévention et à la prise en charge.

S’appuyant sur des enquêtes nationales, des publications scientifiques, des rapports de l’UNICEF et des données régionales, l’analyse montre que les pratiques disciplinaires violentes demeurent très répandues dans la région, affectant les enfants à la maison, à l’école et au sein de leur communauté. Elle souligne comment les châtiments corporels, les agressions psychologiques et les châtiments corporels sévères sont influencés par une interaction complexe de facteurs individuels, familiaux, communautaires, institutionnels et sociétaux, notamment le stress parental, les normes sociales et de genre, la pauvreté, les conflits, la faiblesse des protections juridiques et l’accès limité à un soutien à la parentalité positive.

Cette analyse sert d’appui à un guide des méthodes et des normes, ressource pratique pour les équipes, les partenaires et les praticiens de l’UNICEF œuvrant à la prévention et à la réduction des violences disciplinaires grâce à des approches de communication pour le changement social et comportemental.

Il définit des normes de qualité minimales, des étapes pratiques, des exemples, des indicateurs et des listes de contrôle adaptables aux différents contextes nationaux et aux différentes phases de programmation, mettant l’accent sur une action à plusieurs niveaux, s’inscrivant dans le Modèle socio-écologique, depuis les personnes s’occupant d’enfants et les familles jusqu’aux écoles, aux communautés, aux institutions, aux politiques publiques et aux normes sociales en général, et ce, pour renforcer la qualité, la cohérence et l’impact des programmes de communication pour le changement social et comportemental afin de mettre fin aux disciplines violentes et de garantir le droit de chaque enfant à grandir à l’abri de la violence.

L’analyse documentaire rappelle que, chez nous, une étude menée, en 2018, dans six écoles publiques d’une de nos villes, auprès du personnel et de la communauté scolaire, a révélé que 37% des enfants avaient déclaré avoir été victimes de violences physiques ou verbales.

Selon des données pour la même année, la prévalence de la violence chez nous était de 88%, l’agressivité psychologique de 84 %, les châtiments corporels de 72% et les châtiments corporels sévères de 23%.

Interdiction totale des châtiments corporels

Cependant, et c’est ce qui n’est pas mentionné dans l’analyse, en 2024, les résultats de la cinquième enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS), mettant en lumière le bien-être des mères et des enfants dans le pays, a révélé une tendance positive en matière de protection de l’enfance, indiquant une réduction du recours aux pratiques disciplinaires violentes passant de 94% en 2012 à 81% en 2023. Malgré ces progrès, les données ont soulignent que 8 enfants sur 10 chez nous étaient toujours confrontés à des méthodes disciplinaires violentes.

L’analyse documentaire insiste sur le fait que des réformes juridiques globales ont été menées dans notre pays et que les cadres institutionnels solides existent bel et bien, comme l’interdiction des châtiments corporels en milieu scolaire.

D’ailleurs, le document mentionne qu’en novembre 2022, sur 64 pays du monde, le nôtre était le seul dans la région MENA à avoir adopté une interdiction totale des châtiments corporels.

Cependant, l’expérience de notre pays montre que même les cadres juridiques les plus solides doivent s’accompagner de stratégies de mise en œuvre exhaustives. Pour progresser, il faudra un engagement soutenu de la part des gouvernements, un financement adéquat et une collaboration continue avec les communautés, tout en restant attentif au contexte culturel propre à la région MENA.

Un ajustement régulier permet de garantir que les programmes restent fidèles à la culture locale tout en faisant progresser la protection de l’enfance. Lorsque les données de notre pays ont montré que le fait de se concentrer uniquement sur les mères ne réduisait pas le recours à la discipline violente, les programmes ont été élargis pour inclure les pères et les grands-parents, reconnaissant ainsi leur rôle crucial dans la prise de décision au sein des familles de la région MENA.

Zouhour HARBAOUI

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Instituts supérieurs des études technologiques : les enseignants du secondaire détachés refusentleur «retour» au ministère

Les enseignants du secondaire détachés auprès des 24Instituts supérieurs des études technologiques (ISET) ont exprimé, dans une pétition rendue publique, leur refus d’être réintégrés dans les établissements éducatifs placés sous la tutelle du ministère de l’Éducation, après de longues années de travail et de stabilité au sein des établissements denseignement supérieur.

«La décision de réintégrer les enseignants du secondaire détachés auprès des ISET au sein du ministère de l’Éducation risque de provoquer un profond bouleversement dans leur situation sociale, familiale et professionnelle. Elle porterait également atteinte à leur droit légitime à la stabilité d’emploi, forgée au cours de décennies de travail continu à l’université», souligne cette pétition. Et d’ajouter : «L’intégration des enseignants détachés auprès des ISET s’est faite dans le respect de procédures administratives et légales régulières. Une part importante d’entre eux a passé la majeure partie de sa carrière au sein de l’université, avec une durée de détachement qui dépasse les vingt-cinq ans pour certains, alors que d’autres se trouvent désormais aux portes de la retraite après avoir consacré le meilleur de leur vie au service de l’université tunisienne, contribuant à l’encadrement de générations d’étudiants et participant à diverses activités pédagogiques, scientifiques et administratives».

Les enseignants «technologues» ont également indiqué qu’ils se sont «pleinement intégrés dans ses spécificités pédagogiques, scientifiques et organisationnelles, contribuant avec dévouement et responsabilité à la continuité et au bon fonctionnement du service public universitaire», tout en notant que la fin de leur détachement pourrait avoir des répercussions négatives sur les établissements universitaires eux-mêmes, qui perdraient ainsi des compétences et des expériences accumulées faisant désormais partie de leur capital humain et pédagogique. Ils rappellent, d’autre part,qu’ils n’ont commis aucun manquement professionnel, faute grave ou dépassement administratif susceptible de justifier une mesure d’une telle gravité.

Soulignant la nécessité de préserver leur dignité professionnelle, les enseignants du secondaire détachés auprès des Instituts placés sous la tutelle de la Direction générale des études technologiques (DGET) du ministère de l’Enseignement supérieur ont appelé les autorités de tutelle à lancer un «dialogue sérieux et responsable avec les représentants de leur corps sur la révision des choix adoptés afin de garantir la reconnaissance de leur rôle et leur intégration dans une vision de réforme globalede l’enseignement supérieur».

Réduire le chômage des titulaires du doctorat

Selon des sources proches du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la décision relative à la fin de détachement des enseignants du secondaire exerçant dans les établissements d’enseignement supérieur, notamment dans les ISET, et à leur réintégration au ministère de l’Éducation s’inscrit au cœur d’une équation socio-économique et administrative complexe.

Plusieurs facteurs clés expliquent cette orientation du gouvernement. Il s’agit, en premier lieu, de la hausse du chômage dans les rangs des titulaires du Doctorat. Les coordinations de docteurs chômeurs exercent une pression constante sur le ministère de l’Enseignement supérieur pour obtenir des postes de titulaires ou des contrats, expliquant que le maintien en poste d’enseignants issus du secondaire bloque des postes budgétaires et des heures de cours qui devraient, selon eux, revenir de droit à des profils purement universitaires et académiques.

Le ministère de l’Enseignement supérieur affiche une volonté politique d’élever les standards académiques au sein des universités et des instituts supérieurs des études technologiques. Il souhaite privilégier le recrutement de profils titulaires d’un doctorat pour dynamiser la recherche scientifique, ainsi que l’encadrement des thèses et des projets de fin d’études. De plus, le fait d’augmenter le ratio de docteurs au sein du corps enseignant des ISET permet de mieux s’aligner sur les normes d’accréditation internationales et d’améliorer le classement des établissements tunisiens.

D’autre part, le détachement est par définition une mesure temporaire. En prolongeant ces détachements sur des décennies, l’administration s’est retrouvée face à des anomalies statutaires.

La décision vise par ailleurs à récupérer des enseignants très expérimentés pour renforcer l’encadrement ou le corps d’inspection au sein des lycées et collèges, qui font parfois face à des manques d’effectifs et de compétences. En somme, cette mesure constitue une tentative de «faire d’une pierre deux coups» : réduire le chômage des docteurs et restructurer les ministères, mais cela pourrait se faire au détriment de la stabilité professionnelle et familiale d’enseignants qui ont dédié la majeure partie de leur carrière à bâtir le réseau des ISET.

Walid KHEFIFI

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Violences sexuelles : vers une prise en charge plus humaine et mieux coordonnée des victimes

La prise en charge des victimes de violences sexuelles constitue aujourd’hui l’un des défis les plus complexes auxquels sont confrontés les systèmes de santé et de justice à travers le monde. Au-delà des blessures physiques, ces violences laissent souvent des séquelles psychologiques profondes qui peuvent accompagner les victimes durant de nombreuses années. En Tunisie, la réflexion autour de l’amélioration des mécanismes d’accompagnement franchit une nouvelle étape avec la volonté de mettre en place un cadre national permettant d’harmoniser les interventions médicales, psychologiques et judiciaires. Cette démarche intervient dans un contexte où les spécialistes soulignent l’importance d’une réponse rapide, coordonnée et adaptée aux besoins spécifiques des victimes. Car lorsqu’une personne subit une agression sexuelle, chaque heure compte, aussi bien pour préserver les preuves nécessaires aux enquêtes que pour offrir un soutien médical et psychologique immédiat.

Des parcours souvent difficiles pour les victimes

Pendant longtemps, les victimes de violences sexuelles ont dû faire face à des parcours particulièrement éprouvants. Entre les consultations médicales, les procédures judiciaires et les démarches administratives, certaines personnes se retrouvent confrontées à une succession d’intervenants sans réelle coordination entre les différents services. Cette fragmentation peut accentuer le traumatisme déjà subi. Les victimes sont parfois amenées à répéter plusieurs fois leur récit devant différents professionnels, revivant ainsi des événements douloureux à chaque étape de leur prise en charge. Les experts s’accordent aujourd’hui sur la nécessité d’adopter une approche globale qui place la victime au centre du dispositif. L’objectif n’est plus seulement de répondre à l’urgence médicale ou judiciaire, mais également d’assurer un accompagnement psychologique durable permettant de favoriser la reconstruction.

L’importance d’une réponse multidisciplinaire

Les violences sexuelles ne relèvent pas d’une seule spécialité. Elles impliquent l’intervention de médecins, psychologues, psychiatres, travailleurs sociaux, magistrats, forces de sécurité et associations spécialisées. L’un des principaux défis consiste donc à assurer une meilleure coordination entre ces différents acteurs afin d’éviter les ruptures dans l’accompagnement des victimes. Les expériences menées dans plusieurs pays montrent que les résultats sont plus efficaces lorsque les services concernés travaillent selon des procédures communes et des protocoles clairement définis.

Une telle organisation permet notamment d’améliorer la qualité des examens médicaux, de faciliter la collecte des éléments nécessaires aux investigations judiciaires et d’assurer une prise en charge psychologique plus rapide. Les spécialistes considèrent également qu’une approche coordonnée contribue à réduire les risques de revictimisation, c’est-à-dire les situations dans lesquelles les victimes subissent de nouvelles souffrances en raison de procédures mal adaptées.

Un enjeu majeur de santé publique

La question des violences sexuelles dépasse largement le cadre judiciaire, elle constitue également un enjeu de santé publique. Les conséquences peuvent être nombreuses : troubles anxieux, dépression, stress post-traumatique, isolement social, difficultés professionnelles ou encore problèmes relationnels. Chez certaines victimes, les effets psychologiques peuvent persister pendant des années lorsque le soutien n’est pas mis en place suffisamment tôt.

Les professionnels de santé insistent sur la nécessité d’intervenir dès les premières heures suivant les faits afin de proposer un accompagnement médical et psychologique adapté. Cette prise en charge précoce permet souvent de limiter les conséquences à long terme. Les enfants et les adolescents figurent parmi les populations les plus vulnérables. Leur accompagnement nécessite des compétences spécifiques et une attention particulière afin de préserver leur développement psychologique.

S’inspirer des meilleures pratiques internationales

La mise en place d’un cadre national harmonisé s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs pays qui ont choisi de renforcer leurs dispositifs de protection des victimes. Les standards internationaux recommandent notamment une prise en charge intégrée, fondée sur le respect de la dignité, de la confidentialité et du consentement des personnes concernées. Ces recommandations visent à garantir que chaque victime bénéficie des mêmes niveaux de protection et d’accompagnement, quel que soit son lieu de résidence ou l’établissement auquel elle s’adresse.

L’échange d’expériences entre experts de différents pays permet également d’identifier les pratiques les plus efficaces et les solutions adaptées aux réalités locales. Cette coopération internationale joue un rôle important dans l’amélioration continue des dispositifs de protection et dans la diffusion des connaissances scientifiques relatives aux conséquences des violences fondées sur le genre.

Un changement de regard nécessaire

Au-delà des aspects médicaux et juridiques, les spécialistes rappellent que la lutte contre les violences sexuelles passe aussi par une évolution des mentalités. La peur du jugement, la honte ou les pressions sociales constituent encore des obstacles qui empêchent certaines victimes de signaler les faits ou de demander de l’aide. Le renforcement des mécanismes d’accompagnement doit donc être suivid’efforts de sensibilisation destinés à encourager la parole des victimes et à lutter contre les stéréotypes qui entourent encore ces violences. Les associations engagées dans ce domaine soulignent régulièrement l’importance de créer un environnement où les victimes se sentent écoutées, respectées et protégées.

Vers une meilleure protection des victimes

La volonté de construire un cadre national structuré marque une étape importante dans le renforcement de la prise en charge des victimes de violences sexuelles. L’enjeu consiste désormais à transformer cette ambition en mécanismes concrets capables d’améliorer le quotidien des personnes concernées. Une meilleure coordination entre les secteurs de la santé, de la justice et de l’accompagnement social pourrait permettre d’offrir des réponses plus rapides, plus cohérentes et plus efficaces.

Face à un phénomène dont les conséquences touchent aussi bien les individus que l’ensemble de la société, l’amélioration des dispositifs de prise en charge apparaît aujourd’hui comme une nécessité. Car protéger les victimes ne consiste pas seulement à sanctionner les auteurs des violences, mais également à accompagner celles et ceux qui tentent de reconstruire leur vie après un traumatisme.

Leila SELMI

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En attendant les résultats de la 1ère session du Bac : les candidats sur des charbons ardents

Le ministère de l’Éducation vient d’annoncer l’ouverture des inscriptions au service de diffusion des résultats de la session principale du baccalauréat 2026 par SMS, à partir du jeudi 18 juin à 10h00. Pour les candidats, c’est le compte à rebours et l’attente est anxieuse. En effet, les candidats attendent avec beaucoup d’espoir, mais aussi avec appréhension, le jour de la proclamation des résultats. Entretemps, les copies des épreuves sont déjà corrigées dans les centres de correction par des professeurs correcteurs qui ont été choisis par les inspecteurs de chaque matière selon des critères de compétence et de sérieux.

Nul doute que les candidats et leurs familles attendent avec beaucoup d’espoir une réussite à cet examen national qui ouvrirait les portes de l’avenir. Mais, comme toujours, le bac n’est pas à la portée de tous, si bien qu’on doit s’attendre, comme chaque année, à des échecs et à des déceptions. Cependant, ne pas avoir son baccalauréat ne serait pas un obstacle pour ceux qui veulent suivre une formation professionnelle. En effet, de nombreux cursus professionnalisants sont disponibles et accessibles sans ce précieux sésame.

Ce quen pensent les candidats

Le contenu des différentes épreuves anime encore les discussions dans les familles, entre les candidats et même entre professeurs. En effet, et comme chaque année, les opinions diffèrent : les uns trouvent que les épreuves étaient en général abordables ; pour d’autres, elles étaient jugées plutôt difficiles ; et d’autres encore voient qu’elles étaient faciles et à la portée de tout élève moyen. En attendant le résultat, certains ne cachent pas leur angoisse et ce laps de temps qui sépare l’examen du jour des résultats est difficile à supporter. On les voit alors un peu tendus, s’adonnant aux multiples spéculations et émettant toutes sortes d’hypothèses concernant le travail qu’ils ont remis : «Et si le correcteur est sévère, et si le barème est trop dur !», «Si seulement j’ai 10/20 en philo, le bac est en poche !», «Pourtant, j’ai bien travaillé l’anglais, j’aurai certainement une bonne note !», «J’ai peur des sciences, je n’ai pas terminé le dernier exercice !», «Je pense avoir la moyenne quand même !» De telles questions trottent dans les têtes de nos candidats.

Avis des professeurs

Côté professeurs, ce n’est pas le bac qui est difficile, les épreuves sont choisies en fonction du niveau d’un élève moyen et portent sur le contenu de tout le programme officiel ; le problème est que certains lycéens ne font pas assez d’efforts pour réviser tout le programme et font tomber quelques parties importantes du cours sous prétexte qu’elles ont fait l’objet du sujet de l’année précédente ; c’est que nos élèves sont souvent victimes de pronostics erronés. Pour un élève qui a travaillé régulièrement durant toute l’année et révisé tout le programme, le bac est tout à fait abordable. Quant à la correction, elle se fait selon des critères et des barèmes bien étudiés en tenant compte du niveau général des élèves. Que nos candidats se fassent des illusions en cette période d’attente est un phénomène naturel : cela est sans doute dû à la peur de l’échec. Mais, il faut noter que certains candidats sont trop optimistes, d’autres troppessimistes, c’est que les uns et les autres croient parfois avoir bien ou mal compris tel ou tel sujet et avec la proclamation des résultats, ils s’aperçoivent que ce n’était pas le cas. Telles sont les opinions recueillies parmi les professeurs.

Inquiétude des parents

Quant aux parents, eux qui ont beaucoup investi dans les études de leurs enfants durant leur scolarité, ils ne sont pas moins inquiets pour le résultat qu’ils attendent avec impatience. Ils ont peur que leur enfant ne puisse aller à une école supérieure ou à la faculté en raison d’un échec. Leur cœur se brise juste à l’idée de voir leur enfant échouer au bac, lui qui se réveillait à 6 heures du matin pour apprendre ses leçons et qui veillait jusqu’à une heure tardive pour réviser ses devoirs, sans se reposer du tout !

Pas mal de parents, en effet, placent beaucoup d’espoir dans leur enfant qu’ils veulent voir un jour parmi les lauréats. Ils ont certainement raison. Pourtant, les pressions parentales sur leur enfant pour exceller en classe et avoir son bac avec une très bonne moyenne peuvent tourner parfois au drame. En effet, un enfant, exténué, surmené, à force de travailler sans cesse et souvent sans méthode risque de lâcher prise. En attendant de bons résultats, souhaitons à tous nos candidats, bonne récolte.

Hechmi KHALLADI

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Kairouan entre patrimoine, mémoire collective et développement territorial : lecture analytique d’une visite présidentielle

Par Mondher AFI

 Le 16 juin 2026, le Président de la République, Kaïs Saïed, a effectué une visite à la ville de Kairouan à l’occasion du nouvel an de l’Hégire. Cette visite a notamment porté sur l’avancement des travaux de restauration des Bassins des Aghlabides, ainsi que sur la réhabilitation du rempart historique de la médina. Au-delà de sa dimension institutionnelle, cet événement invite à une réflexion plus large sur les rapports entre patrimoine, identité collective, mémoire historique et développement territorial.

L’analyse scientifique des politiques patrimoniales montre en effet que les monuments historiques ne constituent pas seulement des vestiges du passé, ils représentent également des ressources symboliques, culturelles et économiques participant à la construction du présent et à l’élaboration des projets d’avenir.

Fondée en 670 par Oqba Ibn Nafaâ, Kairouan occupe une place singulière dans l’histoire du Maghreb. Elle constitue l’un des premiers centres urbains de l’Islam en Afrique du Nord et fut pendant plusieurs siècles un foyer majeur de diffusion religieuse, linguistique, intellectuelle et culturelle.

L’historien français Fernand Braudel rappelait que «les civilisations sont des réalités de longue durée». Cette notion de «longue durée» permet de comprendre pourquoi Kairouan dépasse largement le cadre d’une simple ville historique. Elle représente un espace où se sont accumulées des couches successives de mémoire, de savoirs et de pratiques sociales qui continuent d’influencer la société contemporaine.

La Grande Mosquée de Kairouan, les Bassins des Aghlabides, les remparts de la médina ou encore la Mosquée des Trois Portes constituent autant de témoins matériels d’une histoire pluriséculaire qui a contribué à façonner l’identité culturelle tunisienne et maghrébine.

Le patrimoine entre construction sociale et continuité historique

Les sciences sociales contemporaines considèrent le patrimoine non comme une réalité naturelle ou immuable, mais comme le produit d’un processus collectif de sélection, de reconnaissance et de valorisation. Un bien matériel n’acquiert une dimension patrimoniale que lorsqu’une société lui attribue une signification historique, culturelle ou symbolique particulière. Dans cette perspective, la restauration des Bassins des Aghlabides dépasse largement le cadre d’une intervention technique destinée à préserver des structures anciennes, elle participe à la réactivation d’une mémoire collective et à la réaffirmation d’une continuité historique.

Les travaux de Pierre Bourdieu ont montré que la valeur des biens culturels résulte des mécanismes sociaux qui les légitiment et les inscrivent dans l’espace public. De même, Pierre Nora souligne que certains monuments deviennent de véritables «lieux de mémoire», c’est-à-dire des repères symboliques permettant aux sociétés de maintenir un lien durable avec leur passé. Les Bassins des Aghlabides constituent à cet égard un témoignage matériel où convergent héritage historique, identité culturelle et mémoire nationale.

Les monuments historiques représentent ainsi des archives de longue durée. Ils conservent les traces des savoirs techniques, des innovations scientifiques, des formes d’organisation sociale et des représentations culturelles élaborées au cours des siècles. Leur architecture témoigne des niveaux de maîtrise atteints dans les domaines de l’ingénierie, de l’urbanisme et de la gestion des ressources, tout en révélant les systèmes de valeurs qui structuraient les sociétés qui les ont édifiés.

La restauration patrimoniale contribue dès lors à la transmission intergénérationnelle des connaissances et des références culturelles. Elle préserve non seulement des édifices, mais également un capital de savoirs, de techniques et de représentations qui participe à la compréhension du passé et à l’enrichissement des ressources intellectuelles mobilisables pour l’avenir.

Les recherches contemporaines en économie de la culture, en géographie du développement et en sociologie du patrimoine convergent aujourd’hui vers une même conclusion : le patrimoine ne constitue plus uniquement un objet de conservation historique, mais représente également une ressource stratégique susceptible de contribuer aux dynamiques de développement territorial. Cette évolution conceptuelle marque une rupture avec les approches traditionnelles qui limitaient la valeur du patrimoine à sa dimension mémorielle ou esthétique. Désormais, celui-ci est appréhendé comme un capital culturel capable de générer des effets économiques, sociaux et symboliques durables.

Dans cette perspective, l’approche développée par Amartya Sen apparaît particulièrement éclairante. Selon lui, le développement ne saurait être réduit aux seuls indicateurs de croissance économique ou à l’accumulation des richesses matérielles. Il renvoie avant tout à l’élargissement des capacités humaines, à l’accès aux ressources culturelles, à l’amélioration de la qualité de vie et au renforcement des possibilités offertes aux individus et aux communautés. Le patrimoine s’inscrit pleinement dans cette logique puisqu’il contribue à enrichir l’environnement culturel des populations tout en participant à la valorisation des territoires.

Les travaux récents relatifs à l’économie créative soulignent également que les ressources patrimoniales constituent aujourd’hui des facteurs essentiels de diversification économique. Les éléments matériels et immatériels hérités des civilisations anciennes peuvent être mobilisés dans de nombreux secteurs, notamment le tourisme culturel, les industries créatives, l’artisanat, la production culturelle, la recherche scientifique, l’éducation patrimoniale et les activités liées à la valorisation des savoir-faire traditionnels. Ainsi, le patrimoine cesse d’être perçu comme une charge financière destinée à préserver le passé pour devenir un investissement susceptible de produire des retombées économiques et sociales à long terme.

Les Bassins des Aghlabides constituent à cet égard un cas d’étude particulièrement significatif. Au-delà de leur valeur architecturale, ils représentent l’un des témoignages les plus remarquables de l’ingénierie hydraulique médiévale dans l’espace méditerranéen. Leur conception révèle un niveau avancé de maîtrise technique dans la gestion de l’eau, ressource fondamentale pour le développement des sociétés urbaines préindustrielles. Ces infrastructures traduisent également la capacité des civilisations anciennes à articuler innovations techniques, organisation territoriale et adaptation aux contraintes environnementales.

La réhabilitation de cet ensemble patrimonial revêt ainsi une portée multiple. Elle vise certes à préserver un monument historique d’une valeur exceptionnelle, mais elle participe également à la valorisation d’un savoir scientifique et technique accumulé au cours des siècles. Les opérations de restauration permettent de réactiver la fonction culturelle du site tout en renforçant son rôle dans les dynamiques contemporaines de développement territorial. Elles contribuent également à consolider l’attractivité culturelle de Kairouan à l’échelle nationale et internationale en inscrivant davantage la ville dans les circuits du tourisme patrimonial et de la valorisation des ressources historiques.

Dans cette perspective, les opérations de restauration patrimoniale apparaissent comme des instruments majeurs des politiques d’aménagement territorial. Leur mise en œuvre repose sur une approche multidisciplinaire associant l’ingénierie, l’architecture, l’archéologie, l’histoire, l’urbanisme et les sciences de la conservation afin d’assurer la préservation durable des biens patrimoniaux.

La coopération entre l’Administration générale du Génie militaire et l’Institut national du patrimoine illustre précisément cette convergence des savoirs et des expertises. Les projets patrimoniaux contemporains exigent en effet l’articulation de connaissances techniques complexes avec des exigences scientifiques liées à l’authenticité historique, à la conservation des matériaux et à la préservation de l’intégrité culturelle des sites concernés.

Ainsi, l’étude des Bassins des Aghlabides montre que le patrimoine doit être appréhendé comme une réalité multidimensionnelle où se croisent mémoire collective, savoirs techniques, identité culturelle, développement territorial et économie de la culture. Loin d’être de simples vestiges hérités du passé, ces ensembles patrimoniaux apparaissent comme des ressources stratégiques capables de contribuer simultanément à la transmission des héritages civilisationnels, à la production de valeur culturelle et à la construction de modèles de développement plus durables et plus intégrés.

Mémoire urbaine et continuité historique

La visite effectuée à Kairouan à l’occasion du suivi des travaux de restauration des Bassins des Aghlabides et des remparts de la médina constitue une opportunité d’analyse des relations complexes qui unissent patrimoine, mémoire urbaine et continuité historique. En effet, les recherches contemporaines en histoire urbaine montrent que les monuments historiques ne se limitent pas à leur dimension architecturale, ils constituent également des supports matériels de la mémoire collective et des marqueurs essentiels de l’identité des territoires.

Dans le cas de Kairouan, ville fondatrice de l’histoire du Maghreb islamique, les remparts représentent bien davantage qu’une infrastructure défensive héritée du passé. Ils témoignent de plusieurs siècles d’évolution urbaine, de transformations sociales et de dynamiques culturelles qui ont contribué à façonner l’espace citadin. Leur restauration participe ainsi à la préservation de la profondeur historique de la ville et à la transmission de références culturelles indispensables à la compréhension de son évolution.

Les travaux de Kevin Lynch ont montré que l’identité d’une ville repose largement sur la permanence de repères physiques capables d’assurer la lisibilité de l’espace et la continuité de la mémoire collective. Les monuments historiques jouent précisément ce rôle en offrant aux générations successives des points d’ancrage qui permettent de maintenir un lien tangible avec le passé. Leur conservation contribue dès lors à préserver la cohérence du paysage urbain tout en garantissant la continuité des récits historiques associés aux lieux. 

Patrimoine et développement territorial

 La visite du Président s’inscrit également dans un contexte plus large marqué par l’intérêt croissant accordé au patrimoine comme ressource culturelle et territoriale. Les sciences sociales considèrent aujourd’hui les monuments historiques comme des éléments structurants capables de produire des effets qui dépassent largement le champ de la conservation patrimoniale.

Les Bassins des Aghlabides et les remparts restaurés constituent des témoins exceptionnels des savoir-faire techniques, architecturaux et hydrauliques développés au cours des siècles. Leur préservation permet non seulement de sauvegarder un héritage matériel, mais également de maintenir vivante une mémoire collective qui participe à la construction des identités locales et nationales.

Les recherches en sociologie du patrimoine soulignent par ailleurs que les espaces historiques favorisent le renforcement du sentiment d’appartenance en offrant aux communautés des références communes inscrites dans la durée. Comme l’a montré Paul Ricœur, la mémoire collective se nourrit de lieux capables d’incarner la continuité du temps historique. Les monuments patrimoniaux deviennent ainsi des médiateurs entre les expériences du passé et les réalités du présent.

Au-delà de leur valeur symbolique, ces ensembles historiques constituent également des ressources susceptibles de contribuer au développement territorial. Leur valorisation participe à l’attractivité culturelle des villes, à la préservation des spécificités locales et à la consolidation des dynamiques économiques associées à la culture et au tourisme patrimonial. Cette approche reflète une conception du patrimoine comme facteur de développement durable, où la conservation des héritages historiques s’articule avec les enjeux contemporains d’aménagement, de cohésion sociale et de valorisation des territoires.

Ainsi, l’étude des opérations de restauration engagées à Kairouan met en évidence la multiplicité des fonctions assumées par le patrimoine dans les sociétés contemporaines. Loin de constituer de simples vestiges du passé, les monuments historiques apparaissent comme des ressources stratégiques où convergent mémoire collective, identité culturelle, organisation urbaine et développement territorial.

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Météo : prévisions du vendredi 19 juin 2026

Ciel partiellement nuageux sur la plupart des régions à progressivement nuageux, l’après-midi, sur les régions ouest du nord et du centre avec apparition de cellules orageuses accompagnées de pluies parfois intenses et de chutes locales de grêles. Les pluies concerneront les régions est en fin de journée et au cours de la nuit.

Vent de secteur sud virant progressivement vers le secteur est, relativement fort près des côtes, dépassant 70 km/h sous orages et faible à modéré à l’intérieur du pays. Mer peu agitée à agitée.

Températures en baisse dans le nord et les hauteurs et en hausse ailleurs avec des maximales comprises entre 28 et 32 degrés dans les régions côtières et les hauteurs, entre 33 et 38 degrés dans le reste des régions et atteignant 41 degrés dans le sud-ouest.

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Le Rotary Club Nabeul Néapolis dote le service gastro-entérologie de l’hôpital de Tahar Maamouri d’un échographe

Présent dans presque tous les pays du monde, le Rotary agit à travers de très nombreuses initiatives conduites par les clubs. Celles-ci dépassent souvent le cadre national en mobilisant des clubs d’autres pays, ce qui amplifie la portée des projets et renforce la vocation de rapprocher les peuples. C’est dans ce cadre que la  coopération entre le Rotary Club Nabeul Néapolis et celui du Rotary Club Montélimar ne cesse de se consolider en témoigne la dernière visite de  Montélimariens ,  en Tunisie du 15 au 17 juin 2026.  La jeunesse  bénéficie  souvent de ces relations pérennes comme illustre la visite des rotariens montélimariens de  l’école pour déficients mentaux de Menzel Zelfa où ils ont été très bien accueillis par la directrice du centre, Samia, ainsi que son équipe et les enfants du centre qui  ont fait une démonstration de danse très émouvante. Après la visite du service gastro-entérologie de l’ hôpital universitaire Mohamed Tahar Mamouri , le club Rotary Nabeul Néapolis présidé par Dr. Slah Tabib   en collaboration avec celui de Montélimar a offert à ce service un échographe afin de leur permettre d’être plus précis dans leurs diagnostics. Un geste fort apprécié par le staff médical de l’hôpital

                                            Kamel Bouaouina. 

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Jeux méditerranéens et JOJ 2026 : la Tunisie affute ses armes 

La réunion périodique du Comité exécutif du Comité National Olympique Tunisien s’est tenue sous la présidence de M. Mahrez Boussayene, membre du Comité International Olympique et président du Comité National Olympique Tunisien. Cette réunion a été consacrée à l’examen de plusieurs dossiers relatifs aux activités du Comité ainsi qu’aux prochaines échéances sportives nationales et internationales.

Le Comité exécutif a examiné plusieurs sujets importants et a pris un certain nombre de décisions, dont les principales sont les suivantes :

Imposante batterie de décisions 

-Fixation de la date de l’Assemblée générale annuelle d’évaluation du Comité National Olympique Tunisien au 21 juillet 2026.

-Présentation de l’état d’avancement des préparatifs de la participation tunisienne aux Jeux méditerranéens de Tarente 2026, avec un examen des différents aspects techniques, organisationnels et logistiques relatifs à la délégation tunisienne.

-Création d’une commission spéciale chargée d’étudier les différentes solutions permettant d’assurer les meilleures conditions de déplacement de la délégation tunisienne vers l’Italie, notamment la possibilité d’affréter un vol spécial au profit de la délégation nationale, qui devrait compter environ 200 athlètes, en plus des encadrements techniques, administratif et médical.

-Le Comité exécutif a également suivi les préparatifs de la participation tunisienne aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, auxquels la Tunisie prendra part avec une délégation de 38 athlètes. Il a pris connaissance des différentes étapes de la préparation technique et organisationnelle, tout en soulignant la nécessité de réunir les meilleures conditions pour permettre aux jeunes sportifs tunisiens de réussir lors de cette importante échéance olympique.

Subventions aux Fédérations impliquées 

-Le Comité exécutif a décidé d’accélérer le versement des subventions aux fédérations sportives concernées par la participation aux Jeux méditerranéens et aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, afin de les aider à couvrir les besoins supplémentaires de préparation et à garantir les meilleures conditions de préparation à ces deux rendez-vous majeurs. L’administration exécutive du Comité est chargée de finaliser les procédures de versement de ces subventions au cours de la semaine prochaine.

-Le Comité exécutif a également entendu les rapports des présidents des commissions permanentes concernant les principales activités réalisées au cours du mois écoulé ainsi que les programmes prévus pour les prochains mois, dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique du Comité National Olympique Tunisien pour la période 2025-2028.

Le clin d’oeil à Hay Hlel

-Le Comité exécutif a en outre pris connaissance du programme de célébration de la Journée olympique, qui se tiendra le 4 juillet 2026 dans la région de Hay Hlel, en partenariat avec les différentes composantes de la société civile ainsi que les structures régionales et locales. Il a également examiné le programme du Festival olympique des sports de plage, qui sera organisé dans la ville de Kélibia à partir du 8 juillet 2026.

Mohamed Sahbi RAMMAH

 

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Infarctus et tabagisme : un lien préoccupant en Tunisie

Plus de 70 % des personnes atteintes d’un infarctus du myocarde en Tunisie sont des fumeurs, a indiqué jeudi le chef du service de cardiologie à l’hôpital La Rabta, Mohamed Sami Mourali.

S’exprimant en marge de la deuxième édition du programme trilatéral tuniso-japonais « Cardiology for Africa », organisée à l’initiative du ministère de la Santé en coopération avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le spécialiste a souligné que les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès en Tunisie et engendrent des coûts de prise en charge élevés.

Mourali a précisé que le tabagisme demeure le principal facteur de risque, aux côtés du diabète, de la sédentarité, de l’hypercholestérolémie, de l’obésité et de l’hypertension artérielle.

Il a, en outre, indiqué que le stress psychologique peut favoriser les maladies cardiaques, sans qu’aucune étude scientifique n’ait établi un lien direct avec l’obstruction des artères.

Dans ce contexte, le spécialiste a souligné l’importance de la prévention et de l’adoption d’un mode de vie sain, rappelant que les accidents cardiaques peuvent entraîner des complications telles que l’insuffisance cardiaque ou des atteintes rénales.

Concernant la plateforme numérique « Najda », déployée dans l’ensemble des gouvernorats pour accélérer la prise en charge des infarctus par angioplastie dans les centres les plus proches, Mourali a souligné que la rapidité d’intervention est déterminante pour sauver des vies, estimant que cette initiative stratégique a déjà permis de réduire la mortalité et pourrait être davantage renforcée.

La deuxième édition du programme de formation tuniso-japonais, lancée mercredi pour une durée de trois jours, réunit 17 cardiologues issus de dix pays africains anglophones et francophones, dont le Cameroun, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, la Mauritanie, le Nigeria, l’Ouganda, le Sénégal, le Soudan et la Tanzanie.

Selon Mourali, cette coopération, née dans le cadre de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) de 2022, vise à renforcer les compétences médicales en Afrique, notamment dans la prise en charge du rhumatisme articulaire aigu, une pathologie encore répandue sur le continent et responsable d’atteintes graves des valves cardiaques.

 

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Renforcement de la coordination entre la SONEDE et la STEG : pour sécuriser l’approvisionnement durant l’été 2026

Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, chargé des Eaux, Hamadi Habib, a souligné l’importance de renforcer les efforts de coordination et de préparation afin de garantir les meilleures conditions d’approvisionnement des citoyens en eau potable et en électricité durant l’été 2026, tout en assurant la continuité et la qualité des services essentiels.

S’exprimant lors d’une réunion consacrée à l’évaluation du niveau de préparation des différentes infrastructures et équipements hydrauliques et électriques, en présence des présidents-directeurs généraux de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) et de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), le secrétaire d’État a appelé à la mise en œuvre de plans préventifs visant à assurer la continuité des services vitaux, en particulier dans les régions soumises à une forte pression sur les ressources hydriques durant la saison estivale.

En outre et selon un communiqué publié par le ministère de l’Agriculture, le secrétaire d’État a souligné la nécessité d’assurer un suivi régulier de l’état des réseaux et des infrastructures, ainsi que de garantir une intervention rapide pour remédier à tout dysfonctionnement susceptible d’affecter la qualité des services ou la continuité de l’approvisionnement.

Abordant la question de l’impact des coupures d’électricité sur les systèmes de production, de transport et de distribution de l’eau, il a été rappelé que les stations de pompage, de traitement et de distribution dépendent étroitement de l’alimentation électrique. «Par conséquent, toute panne ou interruption de courant est susceptible d’entraîner des perturbations dans l’approvisionnement en eau potable ou une baisse de pression au niveau des réseaux», précise le communiqué.

Par ailleurs, la réunion a permis d’examiner les moyens d’accélérer la réalisation des projets hydrauliques en cours, ainsi que leur raccordement au réseau électrique dans les délais fixés. «L’objectif est d’assurer leur mise en exploitation dans les meilleures conditions et de renforcer les capacités d’approvisionnement en eau potable durant la période de pointe estivale», indique le communiqué.

Eau potable : 81 projets mobilisés

Les principaux axes évoqués lors de cette réunion s’inscrivent dans le prolongement des décisions arrêtées lors du Conseil ministériel restreint consacré à la sécurité hydrique, tenu le 10 juin 2026. À cette occasion, une série de mesures a été adoptée afin de renforcer l’approvisionnement en eau potable et d’améliorer la gestion des ressources en eau, notamment à l’approche de la saison estivale.

Dans ce cadre, le secrétaire d’État chargé de l’Eau, Hamadi Habib, a présenté un état des lieux des ressources hydriques du pays, du niveau de remplissage des barrages, ainsi que du plan de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable pour l’été 2026.

«Le programme destiné à garantir l’approvisionnement en eau potable durant cette période repose sur 81 projets, dont 35 en cours de réalisation, pour un coût global de 58 millions de dinars. À cela s’ajoute l’accélération de la mise en œuvre de 187 systèmes d’alimentation en eau, au profit de près de 248.000 habitants, avec des investissements estimés à 147 millions de dinars», a-t-il révélé.

74.515 MDT prévus dans le cadre de la stratégie de l’eau à l’horizon 2050

Au-delà des mesures arrêtées pour sécuriser l’approvisionnement durant l’été 2026, le Conseil ministériel a également examiné les grandes orientations destinées à améliorer de manière structurelle et durable le secteur de l’eau potable et de l’irrigation. Dans cette perspective, les discussions ont porté sur les programmes issus de l’étude stratégique de l’eau à l’horizon 2050, ainsi que sur les projets envisagés pour la période 2026-2030.

Selon le communiqué publié par la présidence du gouvernement, cette stratégie nationale s’articule autour de quatre axes majeurs, regroupant 43 programmes et près de 1.200 mesures, pour un volume d’investissements estimé à 74.515 millions de dinars. Le communiqué précise que plus de la moitié de ces investissements, soit 53%, sera consacrée à la valorisation des ressources en eau non conventionnelles, ainsi qu’à la réalisation de projets prioritaires visant à mobiliser davantage de ressources hydriques, à améliorer la performance des réseaux d’eau potable et d’irrigation, à préserver les terres agricoles et à promouvoir la collecte des eaux de pluie.

Dans le même élan, la stratégie accorde une place centrale à la transition énergétique, considérée comme un levier essentiel pour maîtriser les coûts de production et de transport de l’eau potable. À cet égard, l’État prévoit la poursuite du programme de transition énergétique pour la période 2026-2035, à travers plusieurs actions structurantes, notamment la réalisation d’audits énergétiques, la modernisation des stations de pompage, le déploiement de réseaux intelligents et la mise en place de centrales photovoltaïques d’une capacité totale de 225 mégawatts.

Dans cette continuité, l’objectif affiché est de renforcer la gouvernance énergétique du secteur et de réduire progressivement le poids de l’énergie dans le coût de production et de distribution de l’eau. Le gouvernement ambitionne ainsi de ramener cette part à 17% d’ici à 2030, contre 27% en 2025.

Nouha MAINSI

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Tunisie–Mauritanie : vers un partenariat économique renforcé

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a reçu, mercredi au siège du département, son homologue mauritanien, Mohamed Salem Ould Merzoug, porteur d’un message écrit du président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au président de la République, Kaïs Saïed.

Au cours de cet entretien, les deux chefs de la diplomatie ont mis l’accent sur la nécessité de se préparer au mieux à la 19ᵉ session de la Haute Commission mixte tuniso-mauritanienne. Ils ont jugé impérieux de dynamiser les mécanismes de coopération bilatérale, notamment le Conseil d’affaires mixte, afin de stimuler le partenariat économique, commercial et d’investissement, tout en accordant une attention particulière aux communautés tunisienne et mauritanienne résidant dans les deux pays.

Selon un communiqué publié sur les canaux officiels du ministère, cette rencontre a été l’occasion de réaffirmer la solidité des relations de fraternité et de coopération séculaires unissant Tunis et Nouakchott. Les deux ministres ont fait part de la volonté commune des dirigeants des deux États de hisser ces liens au plus haut niveau, dans l’intérêt mutuel des deux peuples.

L’entretien a également porté sur plusieurs questions d’intérêt commun, les deux ministres insistant sur l’importance de poursuivre la concertation et la coordination au sein des instances arabes, africaines, islamiques et internationales, afin de promouvoir la sécurité, la stabilité et le développement dans la région.

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Équipe nationale : un nouveau staff technique pour les échéances du Mondial 2026

La Fédération tunisienne de football a annoncé, jeudi, sur ses réseaux sociaux, la composition du nouveau staff technique de la sélection tunisienne de football qui prend part actuellement à la Coupe du monde 2026, coorganisée par le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.

Le staff comprend le sélectionneur Hervé Renard, son adjoint Frédéric Biancalani, ainsi que l’entraîneur des gardiens Gilles Fouache. David Barriac et Anas Gazouz sont chargés de la préparation physique, tandis que Wahbi Khazri, Alexandre Kerveillant, Helmi Kchou et Anis Ben Mlik composent le département analyse et performance.

Cette réorganisation intervient quelques jours après la décision de la Fédération de mettre fin à sa collaboration avec Sabri Lamouchi et l’ensemble des membres de son encadrement technique. Cette mesure a été prise à la suite de la lourde défaite de la Tunisie face à la Suède (5-1), concédée lors de son entrée en lice dans le groupe F du Mondial à Monterrey, au Mexique.

Avant le début de la compétition, les Aigles de Carthage avaient déjà essuyé un revers important en match de préparation, s’inclinant 5-0 contre la Belgique à Bruxelles.

Le onze national disputera son deuxième match de la phase de groupes contre le Japon dimanche prochain à 05h00 (heure tunisienne), avant de conclure le premier tour par une confrontation face aux Pays-Bas le 26 juin à minuit.

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L’été, saison des mariages : avec moins d’extravagances, on s’en sortirait…

C’est l’été : des milliers d’unions ont lieu chaque année en cette saison estivale très estimée par les couples qui ont choisi de s’unir. Quoique le taux du célibat tende à la hausse chez nous alors que celui des divorces ne cesse de s’accroître, il y aura toujours des mariages chez nous. Pourtant, on remarque qu’il existe un changement notable dans les comportements matrimoniaux en Tunisie, avec un recul du mariage traditionnel ou civil, notamment chez les jeunes.

Selon des données récentes fournies en 2026 par l’Institut National de la Statistique (INS) et par d’autres sources fiables, le nombre de contrats de mariage a diminué de 12,2% entre 2019 et 2023, passant de 83.105 à environ 73.000 mariages. En 2024, il y a eu 70.942 mariages contre 78.115 en 2023, soit une baisse d’environ 10% (plus de 8.000 unions en moins). Quant au taux de divorce, il a augmenté de 30% en dix ans, passant de 13.000 cas à près de 17.000 par an. Cette baisse s’expliquera peut-être par la conjoncture économique que nous vivons depuis des décennies et notamment par la cherté de la vie marquée par une hausse vertigineuse des prix des biens et des services. Ce qui fait abandonner ou retarder souvent l’idée de se marier chez bon nombre de nos jeunes. La peur de l’échec fait parfois hésiter les célibataires de conclure un acte de mariage.

Des traditions coûteuses

Dès lors, il s’avère que la situation actuelle pousse certains couples à serrer la ceinture en optant pour la formule «Mariez-vous pauvres, Dieu vous enrichira». D’autres, en revanche, trop attachés à la tradition, ne lésinent pas sur les dépenses occasionnées par le mariage, qu’il soit civil ou traditionnel. Ainsi, joie et bonheur ont rendez-vous chaque été avec les mariés et leurs familles. Mais à quel prix ?

Le mariage traditionnel est devenu un calvaire pour la majorité de nos jeunes célibataires qui ont choisi de convoler en justes noces. Ce terme «noces» rappelle toute une série de cérémonies à célébrer une fois qu’on s’est décidé à se marier. D’ailleurs, de telles cérémonies font partie de la tradition à telle enseigne qu’on ne peut pas s’en passer. Il y a donc «les noces» (la cérémonie de mariage), précédées (des) et suivies par «les nuits de noces» (les rituels qui y sont reliés et organisés avant et après le jour du mariage), pour arriver enfin au «voyage de noces» (devenu banal chez nous). Et dire que chacune de ces cérémonies est l’occasion de dépenses énormes que les familles des mariés doivent engager, histoire de satisfaire les invités qui ne sont jamais comblés et d’éviter d’être la risée et l’objet de médisance des voisins.

C’est ainsi qu’il faut penser jusqu’au moindre détail lors du choix de la salle des fêtes, aux modèles d’invitations à envoyer, aux différents repas à présenter aux invités, aux animations qui vont étoffer les soirées des noces, aux habits des noces (costumes du marié et robes et accessoires de la mariée, cette fameuse «kissoua» dont rêve chaque fille), à la décoration de la voiture de la mariée et au fleuriste qui va procurer le grand bouquet et faire le décor de la chaise nuptiale, à la troupe musicale à engager pour animer la soirée et au photographe qui va prendre les photos… Tout cela se paie et souvent à des prix prohibitifs. Même les couples qui ont opté pour une simple cérémonie organisée à la mairie de la ville n’échappent pas à la règle : ils doivent suer sang et eau, souvent pendant plusieurs années, pour parvenir au bout du calvaire et voir enfin leurs rêves réalisés.

Préparatifs et cérémonies : l’essentiel est de fairecomme ou mieux que les autres

Les préparatifs du mariage peuvent s’étendre sur des années : cela dépend des choix faits par le couple comme ils peuvent être tributaires des caprices et des exigences de la future épouse et de sa famille auxquelles le prétendant doit se plier. La mode et les apparences peuvent aussi déterminer la nature des achats dont certains peuvent s’avérer inutiles. La tentation est souvent trop forte devant les promotions faites par les grandes surfaces, les foires des meubles ou les magasins d’électroménagers. Les jeunes fiancés n’hésitent pas non plus à recourir aux banques pour se procurer un crédit en vue de satisfaire des besoins pressants ou imprévus. Inutile de chercher si telles ou telles dépenses sont nécessaires ou superflues : l’essentiel est de faire mieux et de se distinguer. Qu’il soit du côté du fiancé ou de la fiancée, la facture est toujours salée, du fait que les prix flambent chaque année davantage.

Prenons quelques exemples de préparatifs. D’abord, une fois la date du mariage fixée, il faut chercher vite la salle des fêtes qui soit disponible le jour J. Ces salles sont généralement réservées plusieurs mois avant la date du mariage. Pour la nuit des noces, certains réservent dans un hôtel, ce qui revient souvent plus cher. Le prix de location d’une salle des fêtes varie selon les services fournis et le luxe des lieux, se situant en moyenne entre 3.000 et 7.000 dinars. Parfois, la réservation tient d’une véritable prouesse, tellement les salles sont prises d’assaut même deux années avant. Ensuite, il faut penser à l’orchestre et aux chanteurs qui vont animer la soirée dont le cachet dépend du degré de la cote de popularité de tel ou tel chanteur. Une troupe de musique avec deux chanteurs peut exiger jusqu’à 6.000 dinars ; ce chiffre augmente évidemment avec le nombre de chanteurs. La location de la robe de mariée peut dépasser les trois millions, sans compter les accessoires (bijoux, coiffure, maquillage, bouquet…). Il faut aussi débourser pour le photographe, le cameraman et le décorateur. Entre tous ces prestataires de service, il faut compter entre 2.000 et 3.000 dinars. Les boissons, les gâteaux et les salés demandent souvent une grande somme d’argent, du fait que l’on a toujours tendance à présenter les meilleurs gâteaux de mariage qui se trouvent sur le marché. La voiture qui va conduire les mariés jusqu’à la salle des fêtes et les ramener au foyer conjugal ou à l’hôtel à la fin de la soirée est payée assez cher,surtout quand il s’agit de l’une de ces limousines destinées à la location. Un voyage de noces ou un séjour d’une semaine à passer dans un hôtel au bord de la mer fait toujours partie du programme et là encore, il faut mettre le paquet. Pour tous ces préparatifs, les plus nantis, optant pour un grand luxe de détails, doivent sans doute casquer plus. Il faut tenir compte d’autres dépenses imprévisibles qui peuvent gonfler l’addition. N’additionnez surtout pas les prix avancés ci-dessus pour ne pas être choqués !

Les couples qui envisagent de se marier cet été sont certainement en train de faire leurs ultimes achats pour être fin prêts le jour J, après avoir conclu les contrats avec la salle des fêtes et la troupe musicale. Demandez-leur combien ils ont déjà dépensé en préparatifs, ils ne sauraient vous répondre avec exactitude car ils auront dépensé sans compter. Mais disons que le mariage traditionnel chez nous pourrait frôler les 60.000 dinars au prix courant. Il y a de quoi décourager pas mal de nos jeunes d’envisager le mariage et les convaincre d’opter pour le célibat. Cependant, ceux qui y recourent avec audace doivent payer la facture.

Un mariage, pourvu que ça dure…

Cependant, selon les études réalisées ces dernières années, on remarque que la plupart des jeunes Tunisiens boudent le mariage, étant donné que les chiffres du célibat entre 34 et 45 ans explosent. En effet, chez nous, le célibat ne cesse de prendre de l’ampleur parmi une jeunesse en âge de mariage, mais qui lui tourne le dos pour des raisons multiples. Plus de 2.400.000 jeunes femmes entre 34 et 45 ans, ne sont pas mariées, soit 60% de la population féminine en Tunisie. Quant aux hommes, ils sont 81% de la même tranche d’âge à être célibataires.Selon certains psychologues, il semble difficile pour la majorité des jeunes couples de persévérer dans la vie conjugale. En effet, habitués à un train de vie plus extraverti, plus libre, ils refusent de se trouver privés de leur liberté, et pris au piège du mariage qui exige une certaine stabilité, une présence continue, une responsabilité et un dévouement pour l’autre. C’est pourquoi ils recourent au divorce dès les premières années du mariage, sinon dès les premiers mois. Est-ce à dire que notre société connaît actuellement de profondes mutations familiales et socio-économiques qui font que l’institution du mariage voit sa pérennité menacée ?

Hechmi KHALLADI

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Au-delà d’une visite d’adieu : la Tunisie et le Pakistan face aux recompositions du monde multipolaire

Par Mondher AFI

Le 15 juin 2026, au Palais de Carthage, le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu l’ambassadeur de la République islamique du Pakistan en Tunisie,Jawad Ahmed Umrani, venu lui présenter ses salutations d’adieu à l’occasion de la fin de sa mission diplomatique. À première vue, l’événement pourrait apparaître comme un acte protocolaire ordinaire marquant la clôture d’un mandat diplomatique. Pourtant, une lecture plus attentive révèle une portée beaucoup plus large. Derrière les usages diplomatiques se dessine en effet un ensemble d’enjeux économiques, stratégiques, académiques et géopolitiques qui dépassent largement la personne du diplomate concerné.

Comme le rappelait le philosophe Paul Ricœur, «les événements n’ont de sens qu’à travers les structures qu’ils révèlent». Le véritable intérêt de cette rencontre réside précisément dans ce qu’elle permet de comprendre des mutations profondes qui affectent aujourd’hui les relations internationales et la place que peuvent y occuper des États comme la Tunisie et le Pakistan.

Depuis plusieurs décennies, les relations internationales connaissent une transformation progressive. L’ordre unipolaire qui avait émergé après la Guerre froide laisse place à une architecture beaucoup plus complexe où le pouvoir se diffuse entre une pluralité d’acteurs.

Dans ce contexte, les puissances dites intermédiaires acquièrent une visibilité nouvelle. Ni superpuissances ni États périphériques, elles occupent des positions stratégiques leur permettant d’exercer une influence croissante sur les dynamiques régionales et internationales.

Le Pakistan illustre parfaitement cette évolution.

Avec une population dépassant 240 millions d’habitants, une position géographique exceptionnelle reliant l’Asie du Sud, l’Asie centrale et le Moyen-Orient, ainsi qu’une économie figurant parmi les plus importantes du monde en parité de pouvoir d’achat, le pays cherche progressivement à transformer son poids démographique en influence économique et diplomatique.

Le géopoliticien Zbigniew Brzezinski soulignait que les espaces situés aux carrefours géographiques deviennent souvent les principaux théâtres des recompositions internationales. À cet égard, la position pakistanaise apparaît comme un atout majeur dans le nouvel environnement mondial.

Des échanges économiques encore modestes malgré un potentiel considérable

L’examen des relations économiques entre la Tunisie et le Pakistan révèle un niveau d’intégration commerciale encore limité au regard des capacités productives, démographiques et industrielles des deux pays. Les échanges bilatéraux demeurent concentrés sur un nombre restreint de produits : les exportations pakistanaises vers la Tunisie concernent principalement le riz, les produits textiles, les équipements médicaux spécialisés et certains articles manufacturés, tandis que les exportations tunisiennes reposent essentiellement sur les produits chimiques, les huiles végétales ainsi que divers intrants destinés à l’industrie.

Les données disponibles indiquent que les flux commerciaux restent relativement modestes et ne reflètent qu’une partie du potentiel de complémentarité existant entre les deux économies. Cette situation s’explique par une combinaison de facteurs structurels, parmi lesquels la faiblesse des réseaux logistiques directs, la distance géographique, la connaissance limitée des marchés respectifs ainsi que l’absence de mécanismes suffisamment développés de mise en relation entre les acteurs économiques.

L’analyse des déséquilibres observés dans les échanges internationaux montre que l’intensité des relations commerciales ne dépend pas uniquement de la taille des marchés ou de la disponibilité des ressources productives. Elle est également conditionnée par le degré de compétitivité des économies, l’efficacité des infrastructures de transport, la fluidité des circuits financiers et la capacité des institutions à réduire les coûts de transaction. Dans ce contexte, la faiblesse relative des échanges tuniso-pakistanais apparaît moins comme le résultat d’une absence de complémentarités économiques que comme la conséquence d’un niveau encore insuffisant d’interconnexion entre les deux espaces économiques.

L’enjeu dépasse ainsi la seule augmentation des volumes commerciaux. Il concerne plus largement la création d’un cadre de coopération économique susceptible de favoriser les investissements, les partenariats industriels, les transferts de compétences et l’intégration progressive des entreprises dans des chaînes de valeur régionales et internationales. Une telle dynamique pourrait contribuer à diversifier les débouchés commerciaux des deux pays, à renforcer leur résilience face aux fluctuations des marchés internationaux et à élargir les perspectives de coopération dans plusieurs secteurs à forte valeur ajoutée.

La Tunisie comme interface économique entre les espaces méditerranéen, africain et asiatique

L’étude des perspectives de coopération économique entre la Tunisie et le Pakistan met en évidence l’existence d’une complémentarité géoéconomique qui dépasse largement la seule dimension commerciale. Si les échanges bilatéraux demeurent encore relativement limités, les caractéristiques géographiques et économiques des deux pays ouvrent la voie à des formes de coopération plus larges fondées sur les investissements, les activités logistiques, les partenariats industriels et l’intégration dans les chaînes de valeur internationales.

Dans cette perspective, la Tunisie dispose d’atouts particuliers liés à sa position géographique. Située au croisement de l’espace méditerranéen, africain et moyen-oriental, elle bénéficie d’une proximité avec les marchés européens tout en participant aux dynamiques d’intégration économique du continent africain. Cette situation lui confère un potentiel de connexion entre plusieurs ensembles régionaux dont les interactions se renforcent progressivement sous l’effet de la mondialisation des échanges et de la diversification des stratégies d’implantation des entreprises internationales.

Les transformations récentes de l’économie mondiale ont profondément modifié les critères de la compétitivité territoriale. La richesse d’un pays ne dépend plus uniquement de ses ressources naturelles ou de la taille de son marché intérieur, mais également de sa capacité à attirer les investissements, à organiser les flux économiques et à s’intégrer dans les réseaux internationaux de production. Dans ce contexte, la valeur stratégique d’un territoire réside de plus en plus dans sa fonction d’intermédiation entre différents espaces économiques et dans son aptitude à faciliter la circulation des marchandises, des capitaux, des technologies et des compétences.

L’intégration de la Tunisie dans la Zone de libre-échange continentale africaine renforce cette dimension. La constitution progressive d’un marché africain plus intégré suscite un intérêt croissant de la part des entreprises étrangères cherchant à accéder à de nouveaux débouchés. Dans cette configuration, la Tunisie peut être envisagée comme une plateforme susceptible de relier les marchés africains aux espaces méditerranéens et asiatiques, offrant ainsi des possibilités de coopération économique élargies.

Les infrastructures portuaires, les plateformes logistiques et les zones économiques spécialisées constituent des instruments essentiels de cette dynamique. Les zones franches de Bizerte et de Zarzis illustrent notamment les possibilités offertes en matière d’implantation industrielle, de transformation manufacturière et de réexportation vers différents marchés régionaux. Leur intérêt réside dans leur capacité à s’insérer dans des réseaux économiques transnationaux caractérisés par une forte mobilité des capitaux et des activités productives.

Toutefois, l’expérience internationale montre que les avantages géographiques ne produisent pas automatiquement des effets économiques. Leur valorisation dépend de nombreux facteurs complémentaires, notamment la qualité des infrastructures, l’efficacité des institutions, la stabilité du cadre réglementaire et la capacité à développer un environnement favorable aux activités productives. Dans cette perspective, l’enjeu principal consiste à transformer un avantage de position en un avantage fonctionnel durable, capable de générer de la valeur ajoutée, de renforcer l’intégration économique régionale et de favoriser une insertion plus active dans les réseaux de production mondiaux.

Le rôle du Pakistan dans l’articulation des espaces géoéconomiques régionaux et internationaux

La complémentarité fonctionne également dans l’autre sens.

Le Pakistan offre à la Tunisie un accès privilégié à un espace économique particulièrement vaste. Son ouverture sur l’Asie centrale, ses infrastructures portuaires et son intégration progressive dans les nouvelles routes commerciales asiatiques renforcent son attractivité.

Le port de Gwadar et le Corridor économique Chine-Pakistan constituent aujourd’hui des instruments majeurs de connectivité régionale. Comme l’écrivait Fernand Braudel, les grandes transformations économiques naissent souvent de la maîtrise des routes et des circulations. La stratégie pakistanaise s’inscrit précisément dans cette logique de contrôle des flux commerciaux et logistiques. Pour les entreprises tunisiennes, l’intérêt du marché pakistanais ne réside pas uniquement dans ses 240 millions de consommateurs mais également dans sa capacité à servir de passerelle vers d’autres espaces asiatiques.

L’un des aspects les plus importants évoqués lors des échanges concerne la volonté de renforcer les mécanismes institutionnels de coopération.

La future session de la Commission mixte économique, commerciale et technique, l’achèvement des consultations relatives à l’Accord de commerce préférentiel, les projets de mémorandums d’entente,ainsi que la multiplication des contacts entre organisations patronales témoignent d’une volonté de donner un contenu plus concret aux relations bilatérales.

Ces initiatives traduisent une évolution de la diplomatie contemporaine.

Comme le soulignait Joseph Nye, l’influence internationale ne repose plus uniquement sur la puissance militaire ou politique mais également sur la capacité à créer des réseaux durables de coopération économique, scientifique et culturelle.

L’un des éléments les plus remarquables du partenariat tuniso-pakistanais réside dans sa dimension intellectuelle et universitaire. Les colloques consacrés à Muhammad Iqbal, les projets de coopération entre universités, ainsi que les distinctions académiques attribuées à des chercheurs tunisiens montrent que les relations bilatérales ne se limitent pas aux seuls échanges économiques.

Pierre Bourdieu rappelait que le capital culturel constitue une ressource stratégique dans les relations entre sociétés. Les collaborations universitaires contribuent ainsi à construire des formes de confiance mutuelle qui dépassent les fluctuations conjoncturelles de la politique ou de l’économie. Cette dimension culturelle apparaît d’autant plus importante que les deux pays partagent certaines références historiques, intellectuelles et civilisationnelles susceptibles de favoriser un dialogue durable.

Au-delà du protocole : une lecture géostratégique

La rencontre du 15 juin 2026 ne doit donc pas être interprétée comme une simple cérémonie de départ.Elle constitue un révélateur des transformations plus larges qui affectent l’environnement international : montée des puissances intermédiaires, redéfinition des routes commerciales, diversification des partenariats économiques et émergence de nouvelles formes de coopération fondées sur la connaissance, la connectivité et les investissements.

Lorsque Kaïs Saïed reçoit l’ambassadeur pakistanais en fin de mission, l’intérêt analytique de l’événement ne réside pas tant dans la dimension protocolaire que dans ce qu’il révèle d’une relation bilatérale appelée à évoluer dans un contexte mondial profondément transformé.

Comme l’affirmait Edgar Morin, «comprendre exige toujours de relier». Relier les espaces, les économies, les cultures et les stratégies apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux défis des États de taille moyenne cherchant à renforcer leur place dans un monde devenu à la fois plus interdépendant et plus incertain. L’évolution des relations tuniso-pakistanaises sera principalement déterminée par la capacité des deux pays à convertir les complémentarités existantes en mécanismes de coopération opérationnels. Le développement des investissements, des échanges technologiques, des partenariats économiques et de la coopération académique constituera un indicateur plus pertinent de la profondeur de cette relation que les seules interactions diplomatiques ou institutionnelles.

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