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La chaleur fait baisser la tension artérielle

«Docteur, j’ai 10 de tension artérielle sur mon tensiomètre. C’est la première fois que ma tension est aussi basse !» Je dis souvent qu’il existe une tension artérielle d’été et une tension artérielle d’hiver.

Dr Faouzi Addad *

En effet, durant les périodes de fortes chaleurs, la pression artérielle a naturellement tendance à diminuer. Cette baisse s’explique principalement par la vasodilatation des vaisseaux sanguins, mais également par les pertes en eau et en sel liées à une transpiration importante.

Les études montrent que la pression artérielle baisse en moyenne de 3 à 5 mmHg chez la population générale et de 8 à 10 mmHg chez les personnes hypertendues, soit l’équivalent de l’effet d’un médicament antihypertenseur.

Cette diminution peut être encore plus marquée chez les personnes âgées, les patients fragiles ou ceux recevant plusieurs traitements antihypertenseurs, en particulier un diurétique. Elle peut alors provoquer des vertiges, malaises, chutes, voire une perte de connaissance.

Que faire lorsqu’il fait très chaud ?

• Mesurer régulièrement sa tension artérielle à domicile, en position couchée puis debout, afin de rechercher une chute de plus de 20 mmHg (hypotension orthostatique).

• Bien s’hydrater en buvant au moins 1,5 à 2 litres d’eau par jour, sauf contre-indication médicale (notamment en cas d’insuffisance cardiaque ou rénale où les consignes d’hydratation doivent être individualisées).

• Éviter les expositions prolongées au soleil et les efforts physiques aux heures les plus chaudes.

• Porter des vêtements amples et légers et se rafraîchir régulièrement.

• Éviter l’alcool, qui favorise la déshydratation.

Quand faut-il consulter ?

Une pression artérielle inférieure à 110 mmHg (11/7), surtout si elle s’accompagne de symptômes (fatigue importante, vertiges, malaises), doit conduire à prendre contact avec son médecin traitant afin de vérifier si une adaptation du traitement est nécessaire.

Surtout ne modifiez jamais et n’arrêtez jamais votre traitement antihypertenseur sans avis médical.

En résumé : la baisse de la tension artérielle en été est un phénomène physiologique, mais elle peut devenir problématique chez les patients traités ou fragiles.

Durant les épisodes de forte chaleur, l’automesure tensionnelle régulière et un échange précoce avec le médecin traitant sont les meilleurs moyens de prévenir les complications.

* Professeur en cardiologie.

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L’Ontario recrute des professionnels tunisiens qualifiés  

L’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) a annoncé une campagne de recrutement de professionnels tunisiens qualifiés pour travailler dans la province canadienne de l’Ontario. Supervisé par le Centre de services d’emploi de Prescott-Russell, ce recrutement concerne les domaines de l’éducation spécialisée, de la physiothérapie et du massage thérapeutique.

L’offre porte sur le recrutement de 30 professionnels de l’éducation spécialisée. Leurs missions consisteront notamment à évaluer les besoins des élèves, à élaborer et mettre en œuvre des plans d’intervention, à suivre les progrès des élèves et à assurer la coordination avec les parents et les autres intervenants, ainsi qu’à tenir les dossiers à jour et à administrer les médicaments prescrits lorsque cela s’avère nécessaire.

Les candidats doivent être titulaires d’un diplôme reconnu en éducation spécialisée ou dans un domaine connexe, justifier d’au moins une année d’expérience professionnelle, faire preuve de maîtrise du français ainsi que d’une connaissance opérationnelle de l’anglais, et posséder des compétences en informatique.

La campagne de recrutement prévoit également un poste de kinésithérapeute chargé d’évaluer les patients, d’élaborer des plans de traitement personnalisés, d’en assurer le suivi, de rédiger des rapports et de coordonner les actions avec l’équipe pluridisciplinaire.

Les exigences comprennent au moins une année d’expérience, des compétences informatiques et un casier judiciaire vierge ; une maîtrise courante du français et de l’anglais constitue un atout supplémentaire.

L. B.

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A propos des affectations de stage pour les médecins résidents

Les modifications concernant les affectations de stage pour les médecins résidents inscrits au troisième cycle des études médicales entreront en vigueur à partir du 1er juillet 2026.

C4est ce qu’a annoncé le ministère de la Santé aujourd’hui, dimanche 28 juin 2026, dans un communiqué.  

Il convient de noter que le ministère avait préalablement fixé la période d’inscription sur la plateforme numérique dédiée aux choix du 19 au 21 juin.

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Tunisie | Recrutement de 6 médecins inspecteurs du travail

Le ministère des Affaires sociales a annoncé l’ouverture d’un concours externe sur dossier pour le recrutement de six médecins inspecteurs du travail au titre de l’année 2026. Cette annonce fait suite à un arrêté pris par le ministre le 26 juin 2026 et publié au Journal officiel de la République tunisienne (Jort).

Ce concours vise à renforcer le corps de l’inspection du travail par du personnel médical spécialisé, améliorant ainsi le contrôle des conditions de travail, de la santé et de la sécurité au travail, ainsi que la prévention des risques professionnels au sein des différents établissements.

Conformément à l’arrêté, la période de dépôt des candidatures débute le 31 août 2026, pour un total de six postes à pourvoir.

La décision stipule que la liste des candidats admis à participer au concours sera close le 30 juillet 2026, la finalisation des procédures de candidature étant soumise aux conditions et réglementations énoncées dans la décision régissant le concours.

Le lancement de ce concours s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du statut général des fonctionnaires (couvrant les agents de l’État, des collectivités locales et des établissements publics à caractère administratif), du statut particulier du corps de l’inspection du travail, ainsi que de la réglementation régissant l’organisation des concours externes sur dossier pour le recrutement de médecins inspecteurs du travail.

Ces recrutements visent à renforcer les ressources humaines spécialisées du ministère des Affaires sociales — notamment dans les domaines de l’inspection du travail et de la santé et sécurité au travail — consolidant ainsi le contrôle du respect de la législation du travail et la protection de la santé des travailleurs dans les différents secteurs économiques.

L. B.

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TIF 2026 | La Tunisie, porte d’entrée vers les marchés africains

Parmi les objectifs annoncés de la 22e édition du Tunisia Investment Forum (TIF), qui s’est tenue les 25 et 26 juin 2026, le renforcement du rôle de la Tunisie en tant que pont entre l’Europe et les marchés africains. Une session plénière intitulée «Tunisie : une porte d’entrée vers l’Afrique», a réuni des représentants d’institutions, du secteur privé ainsi que de grandes organisations économiques africaines et internationales.

Dns ce contexte, Wamkele Mene, secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), a livré une vision ambitieuse d’une Afrique davantage intégrée, compétitive et tournée vers l’investissement. Son message a été clair : la prochaine frontière de la croissance mondiale se trouve en Afrique, à condition de lever les obstacles qui freinent encore les échanges intra-africains, à commencer par la réduction du coût du financement du commerce, qui atteint encore 18 à 20 % dans plusieurs pays africains. Il a également insisté sur la généralisation des paiements en monnaies locales afin de diminuer les coûts des transactions et de fluidifier les échanges sur un marché de 1,4 milliard d’habitants. Et sur la consolidation des corridors commerciaux reliant l’Afrique du Nord, le Sahel et le reste du continent.

L’un des temps forts a été le lancement officiel de la nouvelle plateforme numérique pour les investisseurs, développée par l’Instance tunisienne de l’investissement (TIA) afin de simplifier les procédures administratives, d’améliorer l’accès à l’information et de renforcer l’accompagnement des investisseurs tout au long du processus de réalisation de leurs projets dans le pays.

Par la même occasion, de nouveaux projets d’investissement majeurs et d’infrastructure stratégiques inscrits parmi les priorités du Plan national de développement 2026-2030 ont été présentés aux investisseurs présents. Parmi ces projets figurent la Cité médicale des Aghlabides à Kairouan. Ce projet, destiné à consolider le rôle de la Tunisie comme pôle régional de santé, d’innovation et de services à haute valeur ajoutée, est porté depuis plusieurs années par le président d la république Kaïs Saïed mais on peine encore à lui trouver des financements extérieurs. Il en va de même pour le projet Ben Ghayadha à Mahdia, présenté comme un futur pôle urbain, touristique et économique structurant, et qui attend, lui aussi, des investissements nationaux et internationaux.

On a également présenté les projets privés bénéficiant du soutien de la Société financière internationale (SFI/IFC), entre autres bailleurs internationaux.

Grâce au partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), l’édition 2026 du TIF a présenté une forte dimension africaine, le but étant de mettre en lumière les projets clés, les mécanismes de financement et les opportunités de partenariat offerts aux investisseurs, tant en Tunisie que sur le reste du continent.

Par ailleurs quatre nouveaux prix (TIF Awards) ont été décernés : du développement régional, du climat des affaires, du secteur textile-habillement et de l’entrepreneuriat féminin.

Enfin, quatre ateliers parallèles ont été consacrés à des secteurs à haute valeur ajoutée — tels que les composants automobiles, l’agroalimentaire et l’entrepreneuriat féminin — afin de favoriser le réseautage, les rencontres bilatérales et le développement de nouveaux partenariats entre investisseurs et opérateurs économiques.

I.B.

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«La Tunisie est une plateforme naturelle pour l’implantation des entreprises italiennes en Afrique» (Fratini)

La Tunisie représente aujourd’hui «un hub naturel pour les entreprises italiennes vers les marchés africains, tandis que l’Italie peut constituer le principal vecteur d’investissements, de compétences, de savoir-faire industriel et de formation du capital humain», a déclaré Sandro Fratini, président et fondateur du centre d’affaires italo-tunisien Delta Center, en marge du Tunisia Investment Forum (TIF), qui s’est tenu les 25 et 26 juin 2026 à Gammarth.

M. Fratini, qui parlait à l’Agenzia Nova, a réaffirmé le rôle stratégique de la Tunisie en tant que plateforme reliant l’Europe et l’Afrique, ainsi que le caractère central d’un modèle de coopération fondé sur le triangle économique Italie-Tunisie-Afrique.

«J’ai apprécié les propos tenus par le ministre du Commerce, Samir Abid, qui confirment ce qu’avait également déclaré le ministre Antonio Tajani ; lors de sa récente visite en Tunisie, ce dernier a souligné l’importance de la coopération régionale», a déclaré M. Fratini.

Selon le président du Delta Center, l’objectif est de «transformer les opportunités en partenariats concrets», en renforçant la dimension opérationnelle de la coopération économique entre les deux rives de la Méditerranée. Il s’agit, explique-t-il, d’un processus de longue haleine visant à connecter les entreprises, les institutions et les régions, tout en consolidant la position de la Tunisie comme pôle de production et de logistique pour le continent africain.

À cet égard, M. Fratini rappelle l’expérience de l’événement «Investment Africa» de septembre dernier, qui a contribué à renforcer la dynamique régionale d’interconnexion économique et commerciale.

«Outre l’édition d’Investment Africa prévue au Caire (Égypte) du 16 au 18 novembre, nous travaillons avec nos partenaires tunisiens et la Chambre de commerce et d’industrie de Misrata (Libye) sur une nouvelle édition du forum», annonce-t-il.

La triangulation Italie-Tunisie-Afrique, souligne M. Fratini, «ne représente pas seulement une orientation géographique, mais un modèle de développement intégré», capable de valoriser les chaînes de production, de faciliter les investissements et de soutenir l’internationalisation des entreprises italiennes et tunisiennes sur des marchés africains en pleine croissance.

I. B.

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Port de Radès | Un système américain de détection des rayonnements

Les États-Unis ont aidé à l’installation d’un système avancé de détection des rayonnements de nouvelle génération au port de Radès, au sud de Tunis, dans le but de renforcer la sécurité commerciale, économique et nationale de la Tunisie.

Cette nouvelle technologie permettra aux autorités portuaires tunisiennes de détecter plus rapidement et plus précisément toute tentative de trafic illicite de matières radioactives et nucléaires, tout en améliorant les capacités de contrôle aux frontières.

«Grâce à cette technologie, la Tunisie dispose de la rapidité et de la précision nécessaires pour dissuader, détecter et enquêter sur le trafic de matières radioactives et nucléaires, assurant ainsi la sécurité de nos deux nations», lit-on sur le site de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis.

À l’occasion de l’installation du système, le 25 juin 2026, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a remercié le Centre national des sciences et technologies nucléaires, la Douane tunisienne et l’Office de la marine marchande et des ports pour leur collaboration à ce projet. Le diplomate a souligné que «cette coopération soutiendra les efforts de la Tunisie visant à renforcer la sécurité aux frontières grâce à l’utilisation de technologies américaines de pointe». «Ensemble, nous renforçons les frontières de la Tunisie et protégeons nos citoyens grâce à une technologie américaine de pointe », a-t-il ajouté.

I. B.

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Sami Hadri | «Les investisseurs ont besoin de plus qu’un crédit»

Selon Sami Hadri, responsable du financement de projets à l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (UBCI), «les investisseurs étrangers recherchent, aujourd’hui, bien plus qu’un simple financement. Ils attendent un partenaire bancaire capable de les accompagner à chaque étape de leur projet, de la structuration au développement».

Dans une déclaration à Agenzia Nova en marge du Forum économique et des affaires Tunisie-Italie qui s’est déroulé les 24 et 25 juin 2026 au siège de l’Utica à Tunis, le banquier tunisien a ajouté que «les principaux défis concernent notamment la sécurisation des opérations internationales, la gestion des flux de trésorerie, la couverture du risque de change et le financement du commerce international, ainsi que la mise à disposition d’outils efficaces de gestion de trésorerie et de banque à distance.»

Il s’agit donc de répondre à ces besoins grâce à une offre globale alliant conseil, accompagnement de proximité, expertise en financement du commerce international, solutions de salle des marchés, services numériques et financements sur mesure, l’objectif étant de faciliter l’implantation des investisseurs et de soutenir leur croissance à long terme.

Les projets dans les secteurs des énergies renouvelables, de l’industrie et des infrastructures figurent actuellement parmi les plus prometteurs. «Ils s’inscrivent dans les priorités de la Tunisie et cadrent parfaitement avec les orientations du plan de développement économique et social, partageant un objectif commun : renforcer la compétitivité du pays tout en favorisant le développement durable», a poursuivi Sami Hadri, expliquant que l’accompagnement des investisseurs dépasse le simple financement. La banque intervient dès la phase de structuration du projet et tout au long du processus de mise en œuvre, en mettant à leur disposition l’expertise des équipes en matière de financement, de commerce international, d’opérations de marché et de conseil. «Cette approche globale nous permet d’apporter des solutions adaptées aux besoins spécifiques de chaque projet et de créer une réelle valeur ajoutée pour nos partenaires», a-t-il dit.

Un «Italy Desk» pour accompagner les investisseurs

    Les institutions financières internationales soutiennent de plus en plus les investissements verts et durables en Tunisie par l’intermédiaire de banques locales. Récemment, lors du Forum économique et d’affaires Italie-Tunisie, l’UBCI a conclu un accord avec la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-italienne (Ctici) pour mettre en place un «Italy Desk» à son siège social.

    Dans ce contexte, M. Hadri souligne que l’UBCI «entretient des relations solides avec de grandes institutions financières internationales et participe à divers programmes qu’elles ont lancés. La banque bénéficie notamment de plusieurs lignes de financement, telles que le programme GEFF avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), ainsi que de financements de la Banque européenne d’investissement (BEI), du Groupe de la Banque mondiale et d’autres partenaires. Elle profite également de mécanismes de partage des risques qui facilitent le financement de projets.»

    Selon le responsable du financement de projets, ces partenariats renforcent les capacités du groupe «grâce à une collaboration étroite avec les institutions financières internationales, nous permettant d’offrir à nos clients une expertise sectorielle, une assistance technique, des solutions de financement compétitives et des mécanismes incitatifs favorisant le développement de projets durables.»

    En conclusion, Sami Hadri réaffirme que «la Tunisie possède de nombreux atouts pour attirer les investisseurs », citant « un capital humain de grande qualité, une expertise reconnue, un système de formation adapté aux besoins de nombreux secteurs, ainsi qu’une base industrielle diversifiée et une situation géographique privilégiée.» Selon le responsable bancaire, «les investisseurs accordent une grande importance à la transparence et à la stabilité de l’environnement des affaires, à l’efficacité des procédures ainsi qu’à la qualité des infrastructures et des services. L’intégration croissante des nouvelles technologies — notamment l’intelligence artificielle et la numérisation — est également devenue un facteur clé de compétitivité.»

    I. B.

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    Aux Etats-Unis, le football serait-il la guerre ?

    Comme pour répondre aux provocations de Washington, la communauté iranienne établie aux Etats-Unis, en règle générale hostile au régime des mollahs, a fait preuve de patriotisme en investissant massivement les stades pour soutenir l’équipe nationale de football de son pays. Et sans arborer le drapeau des Pahlavi…

    Dr Mounir Hanablia *

    On pensait que la rencontre se solderait par un nul de convenances qui qualifierait les deux équipes. Pourtant l’Algérie s’est qualifiée au terme d’un match tonitruant et à suspens contre l’Autriche. Au vu de leurs deux précédentes rencontres, on ne pensait pas l’équipe algérienne capable de hausser ainsi son niveau de jeu et son efficacité.

    Riad Mahrez a été au rendez-vous en inscrivant deux buts. Il reste à savoir si, contrairement à leurs habitudes, les joueurs pourront récupérer suffisamment pour le prochain rendez-vous contre la Suisse, une équipe certes solide mais nullement imbattable.

    C’est le malheureux onze iranien qui, après avoir joué de malchance contre l’Egypte, fera finalement les frais des qualifications algérienne et autrichienne.

    Les autorités américaines n’auront à vrai dire en rien facilité sa tâche, en interdisant l’entrée sur son sol d’une partie du staff sportif, chargé de la logistique, puis en obligeant la délégation à quitter le territoire américain vers le Mexique après chaque rencontre disputée.

    Malgré cela et à la surprise générale, la communauté iranienne établie aux Etats-Unis, en règle générale hostile au régime des mollahs, a fait preuve de patriotisme en investissant massivement les stades pour soutenir l’équipe nationale de son pays. Et sans arborer le drapeau des Pahlavi, pour rappeler que dans l’adversité, le peuple iranien oubliait ses différends politiques et demeurait uni. 

    Ainsi que l’avait dit Sir Alf Ramsey, le manager de l’équipe d’Angleterre en 1966, le football, c’est la guerre.   

    * Médecin de libre pratique.

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    Hedi Ghrib fait une radioscope du secteur du phosphate en Tunisie

    Hedi Ghrib vient de publier un essai intitulé ‘‘Le phosphate en Tunisie… cette manne qui nous échappe !’’ où il analyse les conditions de la décadence d’une industrie nationale en perte de vitesse (et le mot est faible) alors qu’il y a une quinzaine d’année seulement elle contribuait largement à la richesse nationale : l’extraction et la transformation de phosphate.

    Latif Belhedi

    En 1995-1996, deux fleurons de l’industrie tunisienne, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT), fusionnent pour former un groupe prospère qui deviendra rapidement un géant mondial de la chimie industrielle lourde.

    Ce groupe industriel public se développera très rapidement et maîtrisera les différents process d’enrichissement et de valorisation du phosphate. Il se placera rapidement au 5e rang mondial de son secteur, avec des ambitions renouvelées. Avant que cet élan ne soit stoppé net par les crises sociales aggravées par la «révolution» de 2011.

    La production s’arrête. L’absence de l’Etat aggrave la situation. Le bassin minier de Gafsa va subir des actes de vandalisme, des sit-in à n’en plus finir et une paralysie totale de l’activité. Cette situation, que l’on croyait passagère, va perdurer enfonçant les deux fleurons de l’industrie tunisienne dans une crise où ils tardent encore de sortir. D’année n année, l’extraction, la transformation et l’exportation, les trois principales activités du groupe, reculent nettement. Conséquences : baisse de production, perte de marchés, chutes des recettes et endettement chronique, sur fond d’interminable crise financière, sociale et environnementale.

    Une mauvaise gouvernance chronique

    Pour Hedi Ghrib, les problèmes du secteur remontent aux années 1980. Mais ils ont été masqués par ses bons résultats momentanés. Les soubresauts sociaux de la «révolution» de 2011 n’ont fait qu’aggraver et accélérer un processus de dégradation déjà engagé par une mauvaise gouvernance chronique. Au lieu de continuer à développer un secteur vital pour le pays et suivre ses évolutions à travers le monde, les responsables ont préféré dormir sur leurs lauriers. Et le réveil a été brutal.  

    Dans cet ouvrage, Hedi Ghrib fait le diagnostic du mal profond qui gangrène le secteur du phosphate, notamment la dégradation et le vieillissement des outils de production, et propose des solutions pour le sauver et le relancer sur de nouvelles bases et dans un contexte plus concurrentiel.

    Pour lui, les violences sociales ne sont pas les seules à blâmer, pas plus que les mauvais choix politiques post-révolution, notamment l’achat de la paix sociale par le suremploi et les emplois fictifs dans le secteur du phosphate. Le secteur souffre aussi de problèmes endogènes pour n’avoir pas suivi le rythme d’évolution du secteur à travers le monde où la concurrence est devenue rude avec l’avènement de nouveaux acteurs. Une question sous-tend la réflexion de l’auteur : le secteur du phosphate a-t-il encore un avenir en Tunisie, eu égard surtout ses incidences catastrophiques sur l’environnement, comme en témoigne le désastre écologique provoqué par les usines du CPG à Gabès ?  

    Hédi Ghrib, ingénieur de son état, a passé 35 ans de sa vie professionnelle au sein de la CPG. Il aussi étudié, en autodidacte, la géologie et les travaux miniers. Sa connaissance du secteur est fine et ses propositions pour sa relance méritent d’être étudiées et, pourquoi pas, mises en œuvre.

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    Dougga, 50 ans | Le jubilé face aux défis du présent

    Sur le plateau de Dougga, alors que les pierres romaines s’apprêtent à vibrer pour la 50e fois, une question silencieuse flotte dans l’air, plus persistante que les chants des artistes programmés : le Festival de Dougga célèbre-t-il sa pérennité ou assistons-nous aux derniers feux d’une ambition que le pays n’a jamais su assumer ?

    Manel Albouchi

     Cette édition anniversaire, prévue du 10 au 25 juillet 2026, est portée à bout de bras. Dans une configuration budgétaire exsangue, où le soutien de la tutelle se fait rare, la survie du festival tient de l’exploit technique du comité directeur, dirigé par Mokhtar Belatek. Mais cet exploit, aussi méritoire soit-il, ne risque-t-il pas de masquer une réalité plus amère ? En faisant de la «résilience» notre seule boussole, ne sommes-nous pas en train de normaliser la stagnation ?

    ​Peut-on légitimement se satisfaire de maintenir en vie une telle institution quand on sait que son potentiel de rayonnement dépasse, de loin, les limites de ces dix soirées estivales ? Ce «petit succès» administratif ne serait-il pas, en fin de compte, le meilleur moyen d’éviter de poser les questions structurelles qui fâchent ?

    ​Un capital immatériel, une économie morte

    Psychologiquement, Dougga n’est pas un simple théâtre romain. C’est un lieu d’ancrage. Un réceptacle de notre inconscient collectif, là où le Tunisien vient, le temps d’une nuit, se réapproprier une identité longue, loin des angoisses du présent.

    ​Mais alors, comment expliquer ce divorce entre la charge symbolique immense du site et l’indigence de son exploitation économique ? Si Dougga est bien cet «or culturel» que tout le monde s’accorde à vénérer, pourquoi le visiteur qui y afflue se retrouve-t-il dans un désert de services ? À qui profite réellement ce flux de milliers de personnes si la région, au-delà de la scène, ne tire aucun bénéfice durable de cette manne ? Sommes-nous condamnés à ne gérer notre héritage que comme un décor, plutôt que comme un moteur ?

    L’accueil d’un artiste de renommée mondiale comme Bryan Adams n’était pas qu’un concert ; c’était la preuve tangible que Dougga possède un potentiel d’attractivité internationale. Pourtant, après l’éclat, le retour à la normale semble terne. Pourquoi cette incapacité récurrente à transformer l’essai ? Pourquoi, après cinquante ans, traitons-nous toujours ce site comme un théâtre occasionnel plutôt que comme une destination mondiale permanente ?

    ​L’épreuve à venir

    ​À l’heure où nous fêtons ce jubilé, nous sommes à la croisée des chemins. L’épreuve pour la Tunisie n’est plus de savoir si elle peut organiser une 50e édition, mais de savoir si elle est prête à cesser d’être une simple gardienne de ruines pour devenir une créatrice de valeur.

    ​Au-delà des applaudissements, il faudra bien se demander : que voulons-nous vraiment faire de Dougga ? Est-ce un musée à ciel ouvert où l’on s’amuse quelques nuits par an, ou un levier de transformation économique et sociale pour toute une région ? Qu’est-ce que ce festival nous dit, au fond, de notre propre rapport au futur et à notre héritage ?

    ​La 50e édition passera, les lumières s’éteindront, et Dougga restera. La question est de savoir si nous serons alors plus qu’un public passif, et si le pays aura enfin compris que le prestige ne se décrète pas, mais se construit à travers une vision qui, pour l’instant, se fait cruellement attendre sous le ciel de Téboursouk.

    ​Le véritable héritage de ces cinquante années ne sera pas ce que nous avons sauvé, mais ce que nous aurons enfin le courage de bâtir.

    Le programme de la 50e édition

    ​Malgré les contraintes, le festival propose une programmation qui tente de marier ambition et réalité :

    10 juillet : Ouverture avec un documentaire sur l’histoire du festival, suivi du concert de Shayma Helali.

    11-15 juillet : Variété : Saber Oueslati, Mortadha Ftiti, et le duo Tamsin Elliott & Tarek Elazhary.

    17-21 juillet : Raouf Maher, la star égyptienne Hakim, Nabil Ben Mesmia, et Lotfi Bouchnak.

    24-25 juillet : Marwa Nagy, et clôture avec le spectacle ‘‘Ziara’’ de Sami Lajmi.

    ​Avec ce programme, le festival remplit sa fonction première : offrir du beau. Mais la question demeure : est-ce l’aboutissement de notre vision culturelle, ou seulement le cache-misère d’une absence totale de stratégie de développement territorial ?

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    MedEvac | Evacuation sanitaire d’urgence entre la Tunisie et l’Italie

    L’entreprise italienne MedEvac assurera désormais des services d’évacuation sanitaire d’urgence grâce à un nouvel avion aux coûts d’exploitation considérablement réduits. Le projet Morvran Air Link s’inscrit dans le cadre de la collaboration sanitaire entre l’Europe et la Tunisie.

    Cet avion bimoteur, construit intégralement en Italie par Tecnam, peut transporter un patient et son équipement médical en 5 heures de vol, sur une distance de 1 500 à 1 700 km.

    A bord peuvent voyager le patient, l’équipe médicale et aussi ses proches, l’appareil pouvant accueillir jusqu’à 9 passagers. 

    La configuration MedEvac comprend un brancard pour le patient et quatre places pour l’assistance.

    Piloté par un seul commandant de bord, ses coûts d’exploitation sont inférieurs de 60 à 70 % à ceux de ses concurrents plus prestigieux. En réalité, le coût horaire est d’environ 600 euros.

    L’appareil est disponible en configuration Adac (à décollage et atterrissage courts), ce qui lui permet de décoller et d’atterrir sur des pistes très courtes, reliant ainsi même les villages les plus reculés, dotés de pistes courtes et parfois imparfaites, à l’hôpital principal.

    Le programme Morvan Air Link permettra de relier les localités les plus isolées de Tunisie à Tunis. Avec une autonomie de plus de 1 500 km, les patients tunisiens pourront être rapidement transférés vers les grands hôpitaux européens pour des interventions et des traitements trop complexes et spécialisés.

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    Le poème du dimanche | ‘‘Fleurs du ciel’’ de José Marti

    Né en 1853 à la Havane, dans une famille d’origine espagnole, José Marti est poète, philosophe et homme politique cubain.

    Fondateur en 1892 du Parti révolutionnaire cubain, il est considéré comme le héros national de la lutte pour l’indépendance. Exilé en Espagne, il réussit à faire des études supérieures et sillonne l’Europe pour des conférences sur son pays et toute l’Amérique latine où il reste de nos jours, une grande figure de son émancipation. La Révolution cubaine de 1959 se réclame de sa pensée.  Il décède à Cuba en 1895.

    Tahar Bekri

    Des fleurs ? Je n’en veux pas ! Celles du ciel

    Je cueillerai, quand, comme la racine

    D’un mont brisé, le vil, le corporel

    Vêtement qui me serre la poitrine,

    Où le cœur bat trop fort, sera fendu

    Par l’élan frénétique, et que les têtes

    Du serpent qui me mord – il a mordu

    Depuis toujours les âmes des poètes –

    Tomberont sous l’azur, sous les rayons

    De la foi, sous le bec de tourterelles :

    Quand je pourrai crier «Appareillons »

    Quand mes bras impuissants seront des ailes

    Par mes yeux descendra dans la poussière

    Un fleuve d’espérance et de lumière,

    Pendant qu’au fond de mes jardins humides

    Prendront des fleurs les troubadours timides/…

    Et moi, pâle d’amour debout sur l’ombre,

    Enveloppé de gigantesques voiles,

    Déroulant sans trembler le fil du Nombre

    Je formerai deux grands bouquets d’étoiles

    Pour le sein tiède de ma Dame obscure

    Et pour sa délirante chevelure.

    ‘‘Vers simples’’ (1891). Ed.  Bernard Grasset, 1937.

    Traduit de l’espagnol par Armand Godoy

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    Tunisie | La mode urbaine à l’heure du Mondial de football

    À Tunis, le phénomène TNZ.World — né à la croisée du streetwear, de l’art urbain et de la culture footballistique — cherche à faire de la Coupe du monde le récit de la génération tunisienne. Il délaisse les stades pour investir les quartiers, les réseaux sociaux et les nouveaux codes de la mode jeune. Le football comme sentiment d’appartenance (au-delà du simple soutien à une équipe), le maillot comme code esthétique et la rue comme espace de création.

    Actif sur Instagram et Facebook sous le nom de TNZ.World, le projet se définit par des slogans tels que «Made for the World» et «Made for the Change». Il forge son identité autour du denim, du graphisme, des dessins réalisés à la main et de références à la culture urbaine, tout en prônant des valeurs de liberté, de communauté et d’appartenance.

    Il ne s’agit pas seulement de vêtements, mais d’un langage visuel mêlant esthétique urbaine et narration sociale.

    Conjuguer football, musique, art et culture urbaine

    L’équipe de TNZ.World a assisté au vernissage de l’exposition «Histoires de football entre l’Italie et la Tunisie» (organisée par l’Institut culturel italien et l’ambassade d’Italie en Tunisie, avec un commissariat assuré par Mo’ Better Football) à la Maison des Arts du Belvédère ; elle y a captivé le public grâce à son style «patchwork» très original.

    Ils ont expliqué à l’agence Ansa que leur moment de plus grande visibilité a coïncidé avec la «Tn Street World Cup 2026» — présentée comme une «Coupe du monde de football de rue» — qui s’est tenue récemment à L’Écurie, un espace culturel privé situé à Lafayette, en plein cœur de Tunis.

    Cet événement de deux jours, organisé fin juin, visait à conjuguer football, musique, art et culture urbaine, proposant stands, DJ sets, ateliers, espaces de jeu et un code vestimentaire clair : porter le maillot de son équipe nationale favorite.

    Ce format s’inscrit dans une tendance plus large : le retour en grâce du maillot de football comme pièce de mode, désormais intégré au streetwear mondial et non plus cantonné au seul univers des supporters.

    En Tunisie, cette esthétique revêt une signification particulière, portée par le regain de visibilité internationale de l’équipe nationale, le lancement de nouvelles collections officielles inspirées des «Aigles de Carthage» et l’intérêt croissant pour des campagnes visuelles tournées dans les rues de Tunis, mettant en scène des figures de la scène culturelle contemporaine.

    Le football au cœur de la culture jeune tunisienne

    Tnz.World s’insère ainsi dans un paysage urbain tunisien déjà riche en graffitis, illustrations, design indépendant et initiatives culturelles locales. La référence au football dépasse le cadre sportif ; c’est un code universellement compris, populaire et fédérateur. Le maillot devient un uniforme générationnel, le tournoi de rue un décor social, et la marque un vecteur d’identité pour des jeunes qui, tout en revendiquant une esthétique locale, parlent le langage mondial d’Instagram, des «drops», des collections capsules et des événements hybrides.

    Pour l’heure, le phénomène reste confiné à une niche créative et aux réseaux sociaux, sans structure organisationnelle formelle ni envergure commerciale ; toutefois, sa portée culturelle réside précisément dans sa capacité à incarner trois piliers de la culture jeune tunisienne actuelle : le football comme passion nationale, la rue comme espace d’expression et la mode comme outil de représentation de soi.

    Dans un pays où la jeunesse évolue souvent entre instabilité économique, quête d’espaces culturels et désir de reconnaissance internationale, des initiatives telles que la Tn Street World Cup révèlent une Tunisie moins institutionnelle et plus informelle : créative, urbaine et connectée, capable de transformer la ferveur des supporters en style, et ce style en un récit collectif.

    I. B. (avec Ansamed).

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    Accord pour stimuler l’investissement italien en Tunisie

    En marge du Forum économique et d’affaires Tunisie-Italie, qui s’est tenu les 24 et 25 juin 2026, au siège de l’Utica à Tunis, la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), Simest, Sace et la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-italienne (Ctici) ont signé un protocole d’accord visant à soutenir l’internationalisation des entreprises italiennes intéressées par le marché tunisien.

    Le Forum a été organisé à l’initiative du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), en collaboration avec des institutions tunisiennes et les ambassades respectives.

    L’accord quadripartite vise à mutualiser l’expertise, les instruments financiers et les réseaux opérationnels des signataires par le biais d’activités conjointes d’information, de formation et de mise en relation.

    Les initiatives prévues comprennent des ateliers, des séminaires, des missions institutionnelles et des rencontres d’affaires (B2B), le tout conçu pour faciliter l’accès aux outils de soutien à l’internationalisation et aux financements bonifiés.

    Le protocole prévoit également l’identification et le soutien de projets de développement d’entreprises italiennes sur les marchés étrangers.

    La Première ministre Sarra Zaafrani Zenzeri ainsi que le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, sont intervenus lors de la cérémonie d’ouverture du Forum.

    Le groupe CDP était représenté par Laurent Franciosi, responsable du développement des marchés mondiaux, et Regina Corradini D’Arienzo, PDG de Simest.

    Le Forum a rassemblé des institutions, des entreprises et des associations professionnelles des deux pays. Il comprenait une séance plénière consacrée aux mécanismes de soutien au partenariat économique bilatéral ainsi que des panels thématiques portant sur les transitions énergétique et numérique, l’industrie manufacturière de pointe, l’industrie pharmaceutique, le secteur automobile, la technologie, les matières premières critiques, l’innovation et la durabilité dans les secteurs traditionnels (notamment le textile, l’agriculture et l’aquaculture), ainsi que sur les infrastructures de transport et la logistique.

    La journée du 25 juin a été consacrée à des rencontres interentreprises (B2B) entre sociétés italiennes et tunisiennes. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer le partenariat économique entre l’Italie et la Tunisie, notamment dans le cadre du Plan Mattei.

    La Tunisie constitue la principale destination des exportations italiennes vers l’Afrique. Les échanges bilatéraux ont atteint 6,5 milliards d’euros, les exportations italiennes s’élevant à 3,4 milliards d’euros et les importations à 3,1 milliards d’euros.

    Au premier trimestre 2026, le volume des échanges a atteint 1,7 milliard d’euros — soit une hausse de 2,9 % par rapport à la même période de l’année précédente — porté principalement par les exportations italiennes, qui ont progressé de 10,9 %.

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    Les mariages mixtes en Tunisie joignent les deux rives de la Méditerranée

    En Tunisie, les mariages mixtes n’effacent pas l’identité du pays ; au contraire, ils en révèlent la nature profonde : plurielle, littorale, fluide et façonnée par des siècles d’échanges. La Tunisie est arabe et nord-africaine, mais aussi méditerranéenne ; elle est ancrée dans son histoire nationale tout en restant constamment ouverte à la mer, à la diaspora, à la France, à l’Italie, à l’Europe et à l’Afrique subsaharienne.

    Paolo Paluzzi

    Il existe une Tunisie qu’un Européen reconnaît instantanément, mais qui, simultanément, défie toute classification simpliste. C’est la Tunisie des cafés de Sidi Bou Saïd, des maisons blanches de La Marsa, des rues paisibles de Carthage et des écoles multilingues où les enfants passent du français à l’arabe tunisien, de l’anglais au «tounsi», avec une aisance naturelle ; ce que les adultes pourraient percevoir comme un choix délibéré, les enfants le vivent tout simplement comme leur quotidien.

    Dans ces quartiers de la capitale et du littoral, les mariages mixtes ne sont plus une anomalie suscitant la curiosité ; ils sont devenus une présence familière, souvent discrète, mais bien visible. On y trouve des Tunisiens rentrant au pays avec un conjoint étranger après des années d’études ou de travail en France, en Italie ou au Canada ; des enfants de la diaspora revenant à Tunis avec des familles déjà binationales ; ainsi que des couples ayant vécu en Europe mais ayant choisi la Tunisie pour leur carrière, leurs racines familiales, leur qualité de vie ou, tout simplement, pour un lien affectif profond avec cette région méditerranéenne.

    Ni figée dans la tradition ni totalement occidentalisée

    Pour ceux qui arrivent d’outre-mer, ces familles révèlent un pays bien plus complexe que ne le suggèrent les stéréotypes. Il ne s’agit ni d’une Tunisie figée dans la tradition ni d’une société totalement occidentalisée, mais plutôt d’un espace intermédiaire où les identités interagissent au quotidien.

    La langue parlée à la maison, la scolarité des enfants, les fêtes religieuses, les relations avec les grands-parents, la cuisine, les démarches administratives et même la manière de se présenter aux autres : tout cela participe à un équilibre qui se construit au fil du temps.

    Le couscous du vendredi peut côtoyer un dessert français ou italien. L’Aïd peut devenir une fête inclusive où une grand-mère européenne apprend à préparer des briks et une famille tunisienne découvre une nouvelle façon d’être ensemble.

    Les enfants grandissent en détenant deux passeports, mais aussi en possédant deux ensembles de souvenirs, deux vocabulaires émotionnels et deux manières d’habiter la Méditerranée. Ils ne sont pas pour autant moins Tunisiens, ni moins Européens. Ils sont plutôt le fruit vivant d’une région qui, depuis des siècles, mêle langues, échanges commerciaux, migrations et retours.

    Ce phénomène reste difficile à quantifier. Si les statistiques officielles tunisiennes rendent compte de la baisse générale des taux de nuptialité et de l’évolution de la structure familiale, elles ne permettent pas d’obtenir une image détaillée et aisément accessible des unions mixtes. Par conséquent, la véritable portée de ce phénomène s’appréhende mieux par l’observation sociale que par les chiffres bruts : dans les quartiers cosmopolites de la banlieue nord de Tunis, à travers les écoles bilingues et internationales, au sein des familles binationales et parmi les individus de la deuxième génération qui reviennent au pays ou y entretiennent des liens durables. Certes, des défis subsistent. Les mariages mixtes mettent à l’épreuve les coutumes, les appartenances religieuses, les contraintes administratives et les attentes familiales.

    Bien que la Tunisie dispose d’un cadre juridique relatif au statut personnel progressiste à l’échelle du monde arabe, les pratiques sociales ne suivent pas toujours le rythme des réformes législatives. L’abrogation, en 2017, de la circulaire qui empêchait auparavant les Tunisiennes d’épouser des hommes non musulmans a marqué un tournant symbolique majeur.

    Toutefois, comme c’est souvent le cas lors de la transition entre la loi et la société, l’évolution formelle ne fait pas immédiatement disparaître les résistances, les hésitations et les interprétations conservatrices.

    Méditerranée des familles, des langues et des cuisines partagées

    Vue sous un angle italien ou européen, l’union mixte en Tunisie apparaît comme l’une des expressions les plus tangibles de la «vraie» Méditerranée. Non pas celle des sommets politiques, des déclarations diplomatiques ou des dossiers de coopération, mais celle des familles, des langues mêlées, des cuisines partagées et des retours. C’est une Méditerranée du quotidien et de la sphère privée — fondée sur le compromis et l’affection — plus discrète que le monde politique, mais souvent plus durable.

    Dans cette perspective, le mariage mixte n’efface pas l’identité tunisienne ; au contraire, il en révèle la nature profonde : plurielle, littorale, fluide et façonnée par des siècles d’échanges. La Tunisie est arabe et nord-africaine, mais aussi méditerranéenne ; elle est ancrée dans son histoire nationale tout en restant constamment ouverte à la mer, à la diaspora, à la France, à l’Italie, à l’Europe et à l’Afrique subsaharienne.

    Ces familles ne représentent donc pas une dilution de l’identité, mais plutôt son évolution. À une époque où les frontières sont souvent dépeintes comme des murs, les familles mixtes nous rappellent que la Méditerranée est aussi une maison commune. Une maison imparfaite, parfois fragile — traversée de tensions culturelles et sociales — mais capable de transformer la différence en continuité.

    Traduit de l’italien.

     D’après Ansamed.

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    Ces ados israéliens qui refusent le service militaire

    Personne ne leur demande, mais ils disent non : de gauche à droite, Bar Zvirin, Noor Epstein et Anton Zohar Lifsches, des adolescents israéliens, ne sont pas convaincus par les arguments de la paix par la violence. À quoi bon être punk si c’est pour plier et servir ? (Photo : Des ados israéliens disent non à l’armée, à la guerre, et au génocide des Palestiniens).

    Linda Dayan 

    Sur le balcon du Left Bank [Rive Gauche], un espace de gauche radicale dans le centre de Tel-Aviv, un groupe de cinq adolescents roulent des cigarettes et comparent leurs dernières acquisitions littéraires. L’un s’exclame avoir acheté «Why Women Have Better Sex Under Socialism» de Kristen Ghodsee ; un autre lit au groupe un passage de prose auto-indulgente de David Foster Wallace. Sur le tableau blanc de la pièce derrière eux – couverte d’affiches marxistes et gauchistes, et meublée de chaises et de canapés au rembourrage déchiré – subsistent les vestiges d’un cours d’arabe.

    L’un des adolescents, avec coupe mulet et crête iroquoise et un piercing au septum, déplore ne plus vouloir jouer de musique avec un certain groupe punk – leur batteur, dit-il, «est un putain de soldat».

    «À quoi bon être un punk si c’est pour s’engager ?» demande un autre membre du groupe, avant que nous descendions parler dans le théâtre boîte noire de l’espace.

    Trois des cinq adolescents qui m’accompagnent sont là pour parler d’une décision qu’ils prennent – une décision qu’ils veulent inciter leurs pairs à envisager également.

    Nager à contre-courant de la société

    Presque tous les Israéliens sont, par la loi, enrôlés dans l’armée israélienne, avec quelques exceptions plus ou moins controversées (citoyens arabes, étudiants des yechivot haredi). Dès le plus jeune âge, cela leur est présenté comme une phase de la vie aussi obligatoire que la fin du lycée. Ceux qui veulent contourner le service doivent nager à contre-courant de la société pour y parvenir. Ils peuvent chercher des exemptions médicales – la voie la plus courante pour échapper au service – ou tenter leur chance pour obtenir le statut d’objecteur de conscience. Mais certains, en particulier ceux qui veulent faire une déclaration politique publique, optent pour un séjour en prison militaire plutôt que d’enfiler l’uniforme.

    Même si presque tous les aspects de leur éducation, de leur éducation familiale et des attentes de la société les ont orientés vers un enrôlement éventuel, ces adolescents ont décidé que, pour eux, cela ne serait pas une fatalité – c’est un choix comme un autre. Ils ne rejoindront pas les Forces de défense israéliennes.

    Bar Zvirin, le jeune de 17 ans à la coupe mulet, mentionne que son père n’était pas ravi que son enfant s’exprime publiquement à ce sujet. «Il a dit : “Je suppose que tu es assez stupide pour croire aux choses auxquelles tu crois, mais je n’arrive pas à croire que j’ai élevé un gamin assez idiot pour vouloir que le monde entier sache à quel point il est stupide.”»

    Mais Anton Zohar Lifsches Segal, un pianiste de 17 ans originaire de Jaffa, dit que sa famille le soutient.

    «J’ai grandi dans un foyer très à gauche, donc j’ai toujours su qu’il y avait un choix de ne pas aller à l’armée, et j’ai presque toujours su que ce serait la direction que je prendrais. Quand j’étais petit, ma mère ne me laissait pas avoir de pistolets-jouets, parce qu’elle disait que c’était une chose terrible, et maintenant que je suis plus âgé, je vois qu’elle avait totalement raison», sourit-il.

    Noor Epstein, également âgé de 17 ans, de Ramat Gan, porte un t-shirt imprimé «1312». Interrogé à ce sujet, Epstein s’illumine et explique que cela signifie «Acab», l’acronyme de «All Cops Are Bastards» (Tous les flics sont des bâtards).

    Noor se décrit comme une personne anxieuse de toujours, qui a toujours été inquiète à l’idée du service militaire. «J’ai toujours été dégoûté par la violence, et j’ai toujours vécu avec cette peur qu’elle se rapproche de plus en plus», dit-il. Pré-adolescent, il envisageait un rôle militaire plus bienveillant qui n’implique pas de porter une arme à feu – peut-être servir en tant que soldat-enseignant apportant un soutien aux jeunes à risque. «Puis je suis devenu plus activiste et plus à gauche, et j’ai appris que ce n’était pas nécessairement la seule option», explique Noor.

    Apprendre qu’il existe des chemins vers l’âge adulte qui n’incluent pas le service militaire «a été un énorme soulagement», ajoute Noor. «Personne ne m’avait vraiment parlé de cette option. Mais en grandissant et en devenant plus activiste, et en étant exposé à une gauche plus radicale, j’ai compris que ce n’était qu’un autre choix que l’on peut faire.»

    Personne ne naît soldat

    Noor me tend une poignée de fanzines et de tracts de Mesarvot, le réseau qui soutient les adolescents réfractaires à la conscription, et de Banki, la Ligue de la jeunesse communiste d’Israël. Et, bien sûr, ils couvrent la table de pamphlets gris et violets, produits par un groupe de lycéens, dont mes interlocuteurs.

    «Nous, les jeunes hommes et femmes destinés à la conscription, refusons par la présente de prendre part aux crimes de l’armée et de servir les intérêts du gouvernement dictatorial», peut-on y lire. Il est ensuite dit que dès leur plus jeune âge, on les a endoctrinés pour vivre par l’épée – «Mais la vérité est que l’armée n’est pas un destin – personne ne naît soldat. Et comme tout autre choix, le choix de s’enrôler a des conséquences.»

    On y lit que nous avons tous vu les images violentes du 7 octobre. «Mais ce qui a commencé comme une réaction au terrible massacre s’est poursuivi avec l’extermination brutale des habitants de Gaza, à une échelle incompréhensible. Et quels sont les résultats des actions de l’armée ? Selon les données que l’armée israélienne elle-même reconnaît, plus de 72 000 habitants de Gaza ont été tués depuis le début de la guerre, dont de nombreuses femmes, enfants et même des bébés. Malgré le cessez-le-feu, le génocide, le nettoyage ethnique et les crimes de guerre se poursuivent.»

    Des politiques similaires sont à l’œuvre en Cisjordanie, indique le pamphlet. «Depuis des décennies, l’État, à travers l’armée, opprime le peuple palestinien, annexe des territoires et fait preuve de violence envers les hommes et les femmes palestiniens résidant en Cisjordanie – tout cela dans le cadre de la politique de nettoyage ethnique du pays.» Il poursuit : «La seule chose qui les distingue de nous, c’est qu’ils sont nés du ‘‘mauvais’’ côté de la frontière. » Ceci, poursuit-il, n’est pas de la légitime défense.

    «Êtes-vous prêts à devenir une statistique ? Êtes-vous prêts à un tel sacrifice pour un gouvernement dictatorial et cynique qui trafique des vies humaines pour renforcer son pouvoir ?» demande-t-il. «Nous refusons de perpétuer le cycle du sang ! Et vous ?»

    Il exhorte les autres adolescents en cours de processus militaire à ajouter leur signature à la lettre en scannant un code QR. Au moment où j’écris, environ 120 l’avaient fait.

    Avant le dernier jour de l’année scolaire jeudi, les pamphlets seront distribués par milliers. Je leur dis que j’imagine la scène vers la fin de Mean Girls où Regina George colle des pages du Burn Book dans toute l’école pour que les élèves les trouvent. Les adolescents rient poliment. Je réalise que le film a plusieurs années de plus qu’eux.

    La lettre elle-même a été écrite par un petit noyau dur – Lifsches Segal et deux autres jeunes militants. Elle s’inscrit dans la continuité d’efforts similaires, comme la lettre de refus de conscription de 2023 en pleine réforme judiciaire, et la légendaire lettre de 1970 adressée à Golda Meir signée par des dizaines d’adolescents. Le groupe plus large d’une douzaine d’adolescents, qui se font appeler «Nous refusons ça», s’est réuni pour l’éditer.

    Les trois ne s’attendent pas seulement à un retour de bâton : ils l’accueillent favorablement. «Le simple fait d’avoir un retour négatif est significatif. Le simple fait qu’il y ait une discussion sur la question de savoir si les gens sont d’accord ou non signifie que les jeunes auront un argument ou une conversation», déclare Zvirin. «Je pense qu’il y a un pouvoir particulier dans le fait que chaque jeune recevra son propre pamphlet. Bien sûr, ils peuvent dire “ouaou, quels gauchistes fous”, mais ensuite le garder et le lire chez eux, sans toute la pression des pairs, et penser “heu, peut-être que je vais signer sans le dire à mes amis”.»

    Lifsches Segal dit que les Israéliens ont tendance à grandir sans remettre en question l’inéluctabilité de leur service militaire. «D’après mon expérience en discutant avec des amis, beaucoup de gens n’y pensent même pas. Ils ne comprennent pas ce qu’ils font, ils considèrent cela comme une autre phase de la vie – on va simplement à l’armée quand on finit le lycée. D’un point de vue israélien, c’est tout à fait normal, mais si on regarde ça une seconde de l’extérieur, ça ne devrait pas être comme ça», dit-il. «Même pour les gens qui veulent vraiment aller à l’armée, [la lettre] leur donne une seconde pour y réfléchir. Ça leur ouvre l’esprit.»

    Noor souligne que ces questions font partie de l’adolescence. «On nous dit tous quoi faire dès le plus jeune âge. En vieillissant, nous cherchons notre identité et essayons de comprendre qui nous sommes, et nous commençons à nous écarter de la norme de petites manières.» Alors qu’ils commencent à tester les limites de la société en tant qu’adolescents, ils ont réalisé que la décision d’être enrôlé est «juste une autre option – un autre choix que vous pouvez faire».

    Et si un des étudiants est vraiment contrarié ? «Jeudi est le dernier jour de l’année scolaire, ce qui signifie que nous allons directement de là aux vacances d’été. Nous ne croiserons pas vraiment les jeunes qui s’y opposent à l’école», rit Lifsches Segal.

    Escalade extrême

    Pour les trois, le massacre du 7 octobre – et l’énorme réponse militaire israélienne qui a suivi – a été un catalyseur majeur dans leur décision de ne pas rejoindre l’armée. Zvirin dit qu’il savait peu de choses sur l’occupation avant ce jour, quand il était au début de son adolescence. «Ce n’était pas une conversation que nous avions à l’école ou à la maison. Le 7 octobre a vraiment intensifié ce discours.» L’attaque a provoqué «une escalade extrême de la part de la droite fasciste et raciste». Après cela, il a commencé à prêter attention à ce que l’armée faisait à Gaza.

    Il se souvient aussi du moment où il a décidé qu’il s’opposerait à la conscription : en voyant une publication du compte de médias sociaux Creativity for Democracy, qui publie des photos de pancartes de manifestations en Israël. «Il y avait un activiste de Looking the Occupation in the Eye qui tenait une pancarte disant “Grand-mère, que faisais-tu pendant le génocide à Gaza ?”» se souvient Zvirin. «Penser que peut-être dans 20 ou 30 ans, je devrais expliquer à mes enfants que je portais un uniforme à cette époque – l’idée me rendait fou. Je me suis dit que je devais refuser.»

    Anton est d’accord. «Après le 7 octobre, j’ai vu tout ce qui s’est passé, et j’ai su que c’était un système auquel je ne participerais pas. Je ne suis d’accord avec aucune des façons dont l’armée agit. Je ne suis pas d’accord en général avec l’idée de la défense par les armes, ou quoi que ce soit de ce genre. »

    Noor, le seul dont la famille a été affectée par les attaques du 7 octobre (une tante et un oncle au kibboutz Erez, qui n’ont pas été blessés physiquement mais profondément secoués), considère les attaques du 7 octobre menées par des militants dirigés par le Hamas et la réponse militaire israélienne comme inextricablement liées. «Cela vient de la même source», dit-il. «Un acte de violence fait penser aux gens qu’ils doivent répondre encore plus fort, et c’est ce qui m’est passé par la tête aussi, juste après le 7 octobre. J’ai très vite réalisé qu’il est très facile de répondre par encore plus de violence.» La croyance des Israéliens, et même de certains gauchistes israéliens, selon laquelle ils peuvent atteindre la paix par la violence, est naïve, affirment-ils.

    Étant enfant, il a été témoin de rounds après rounds de combats entre Israël et les Palestiniens, et de leur nature cyclique. «C’est ce qui s’est passé le 7 octobre. Il y avait une occupation violente et continue avant cela ici. Comment la réponse à cela peut-elle être quelque chose d’encore plus violent ? Et nous perpétuons ce cycle de guerre sans fin.»

    Les trois ne savent pas encore quelle forme leur objection prendra. Lifsches Segal travaille à une exemption militaire pour raisons médicales, et Epstein, qui est également éligible, a encore un an pour décider s’il veut également emprunter cette voie.

    Les citoyens exemptés de l’armée ont également une option de service alternative : le Service national, un programme financé par l’État qui permet aux participants d’effectuer un ou deux ans de bénévolat, souvent dans leurs propres communautés, tout en recevant les mêmes avantages que les soldats et les anciens combattants. Les trois ont des avis divergents sur ce programme.

    S’il obtient son exemption, c’est la voie que Lifsches Segal veut suivre. «Après avoir décidé de ne pas être enrôlé, je voulais utiliser ce temps et faire quelque chose de bien », dit-il. « Je ne crois pas que l’armée fasse du bien, alors j’ai décidé de faire mon service national dans un hôpital. C’est ma façon de redonner.»

    Epstein dit qu’il ne veut pas nécessairement le faire, mais «je pense que c’est quelque chose que je finirai par faire à la fin». Il rechigne à devoir le faire pour obtenir les mêmes avantages que les soldats : «Je pense que dans un pays normal, on obtient des droits fondamentaux et on peut recevoir des allocations sociales et des subventions éducatives pour l’université même sans travailler gratuitement.»

    Zvirin, qui porte un t-shirt montrant les personnages de dessins animés Moumines en manifestation – l’un tient une pancarte disant «refusez !» un autre un keffieh, et un troisième agite un drapeau anarchiste – ne considère pas cela comme une option légitime.

    «Je pense que le service national est super centré sur l’État», dit il. C’est une façon de «redonner à son pays» sans être enrôlé. Zvirin explique : «Je ne veux rien redonner à ce pays. Je veux redonner aux gens qui y vivent. Je pense qu’on peut le faire de nombreuses façons qui ne sont pas l’exploitation de main-d’œuvre bon marché par l’État. Ce sont des années qui peuvent être mises à profit dans nos communautés, en faisant de la présence protectrice [dans les communautés palestiniennes de] Masafer Yatta ou Douma.»

    Impossible de finir l’école

    Il y a toujours un prix à payer pour des croyances radicales – c’est ce qui les rend radicales en premier lieu. Zvirin raconte qu’iel l’a appris à ses dépens, après être apparu au premier plan dans une vidéo d’adolescents déclarant leur refus tout en brûlant des ordres de conscription. Iel a reçu tellement de menaces – et d’agressions physiques et verbales – qu’il a dû quitter sa ville natale de Ra’anana pendant un certain temps, et a été scolarisé à la maison.

    Parce que l’école insistait sur la présence de Zvirin pour les tests et les examens de baccalauréat, mais ne pouvait pas garantir qu’iel ne croiserait pas les autres adolescents qui l’avaient menacé et agressé, Zvirin n’a pas de certificat de bac à ce jour.

    Mais certains politiciens de l’opposition ont laissé entendre qu’il pourrait y avoir des conséquences encore plus graves pour le refus à l’horizon. Je dis au groupe que lors d’une récente conférence, le président de Yisraeli Beiteinu, Avigdor Lieberman –

    «Avigdor Lieberman a été reconnu coupable d’avoir agressé physiquement un mineur», coupe rapidement Epstein. «On ne le mentionne pas assez.»

    Je reconnais que c’est effectivement exact, et continue en disant que Lieberman, ainsi que d’autres politiciens de l’opposition, ont exprimé la conviction que les personnes qui ne servent pas dans l’armée ou n’effectuent pas de service national devraient se voir refuser certains droits, y compris le droit de vote. Ils ont fait ces remarques principalement en réponse au refus de conscription des Haredim, mais cela les affecterait également. Est-ce que cela influence leur décision d’une manière ou d’une autre ?

    «Le libéralisme», Epstein secoue la tête avec dérision. «Le summum du libéralisme.»

    Bar parle sans détour : «Il y a un système qui tue, viole, exploite, enlève, massacre, fait exploser, détruit des dizaines de milliers de personnes. Si on me dit de choisir entre un flingue sur la tempe et en faire partie, je choisirai toujours le flingue.» Il ajoute, avant d’exprimer son mépris pour le vote en tant que solution en général, qu’une telle loi n’aurait probablement pas de chances d’être adoptée – «Je ne pense pas que ce soit démocratique et le camp libéral ne le permettra pas, mais Israël me surprend chaque jour.»

    «Je serai bref», dit Epstein. «Je pense que c’est un signe que si c’est ce que l’armée et cette institution oppressive font aux personnes qu’elles oppriment le moins, qu’est-ce que ça signifie pour les personnes qu’elles occupent, oppriment, anéantissent, par millions ?»

    Lifsches Segal hoche la tête. «S’ils vont réduire nos droits à ceux des Palestiniens, c’est un prix que je suis prêt à payer», dit-il. «Ce n’est pas quelque chose qui arrive dans un système démocratique… Si je dois choisir entre aller tirer sur des gens dans un État non démocratique, et ne pas tirer sur des gens dans un État non démocratique, je préfère encore ne pas tirer sur des gens.»

    D’après Fausto Giudice

    Source : traduit de Haaretz.

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    Mondial 2026 | Un régulateur nommé Équateur

    C’est avec détermination et brio que l’équipe nationale de football de l’Equateur s’est qualifié au second tour du Mondial 2026 en battant son homologue allemande, au cours de ce qui a été le match le plus abouti du groupe E. Une qualification qui a été très difficile à se dessiner après des débuts plutôt poussifs. (Photo : Les Equatoriens ont fait passer un mauvais quart d’heure aux Allemands, jeudi 25 juin 2026).

    Jean-Guillaume Lozato *

    2-1. C’est le score final au tableau d’affichage, suite à une rencontre où l’on ne s’est pas ennuyés un seul instant. Dans le stade de New-York, l’Équateur inspiré a disposé de l’Allemagne coriace jusqu’à la dernière minute.

    Pendant ces quatre-vingts dix minutes, les Sud-américains ont défié les Germaniques soit en les pressant, soit au moyen d’une circulation de balle variée sans être aléatoire.

    Un bon test pour le mental

    Au commencement, les hommes dirigés par Sebastian Beccacece ont immédiatement affiché leurs intentions. Injustement tenus en échec par Curaçao et ayant perdu de justesse contre la Côte d’Ivoire, ils se sont lancés dans une course vers l’exploit lors d’un match qui a ressemblé à une rencontre à élimination directe. Un défi au cours duquel l’équipe nationale a affiché du style, tout en en contrôlant la fantaisie. Une philosophie de jeu et de vie qui a su enseigner à faire la part des choses, venant d’une terre comprenant des villes différentes (Quito, Babahoyo…) et des reliefs variés. Ceci conjugué à une nouvelle organisation du territoire, comme l’a si bien expliqué le politicien et responsable des forces de l’ordre Gustavo Izquierdo Munoz, il y a quelques mois.

    Cette chevauchée en a concurrencé une autre, celle de l’Allemagne bien déterminée à asseoir sa suprématie. En tout début de rencontre, ce sont bien les Allemands qui ont ouvert la marque par Leroy Sané, suite à une action litigieuse. Sans vraiment surprendre, les hommes au maillot jaune ont égalisé par Nilson Angulo, l’attaquant de Sunderland, d’une jolie frappe à l’entrée de la surface. S’ensuivirent des actions allemandes et équatoriennes avec des tirs de plusieurs joueurs. Et de magnifiques arrêts effectués par les deux gardiens de but du jour.

    Un nouveau romantisme

    La seconde période a conservé la même intensité. Avec une Mannschafft répondant présente quant à l’impact physique mais dont le milieu Aleksandar Pavlovic semblait perdre ses marques, et une formation latino-américaine très technique qui a répondu toujours présent. Un répondant qui s’est manifesté par la beauté du sacrifice, comme ce tacle salvateur de Moses Caicedo à la cinquante-et-unième minute. Par la métaphore de la justice rendue lorsque Gonzalo Plata a allié placement, puissance et finesse en marquant le but de la victoire consécutivement à un corner. Par l’allégorie de la persévérance. Une succession de figures de style qui détient les ingrédients d’une épopée sportive romantique ? Oui, si l’état d’esprit perdure et que l’effectif acquiert un peu plus de force mentale.

    Attendons de regarder la prochaine échéance, c’est-à-dire les seizièmes de finale. Étape que la «Tri» a les moyens de négocier plus qu’honnêtement et, pourquoi pas, franchir en allant crescendo jusqu’au dernier carré pour la première fois de son histoire.

    L’Équateur peut rappeler par moments sa voisine colombienne dans certaines séquences de jeu en triangles. Dans d’autres phases de jeu, la «Tri» peut aussi faire penser au Maroc, ou bien au Costa Rica de la grande époque dans les phases défensives particulièrement sur les relances. Avec un jeu tête qui n’a rien à envier aux Anglais ou aux Français.

    Le réveil équatorien promet bien des choses pour le reste de la compétition. D’autant plus que l’équipe est coachée par Beccacece, réincarnation de Claudio Caniggia. Une sorte de dramaturge du football qui a disposé ses acteurs en 4-4-2. Avec des défenseurs du calibre d’Estupina et Hincapié ou Pacho (deux sur trois étaient en finale de LDC). Avec un milieu créatif, très cohérent et solide. Avec de bons jokers comme Preciado. Avec une paire d’attaquants (Enner Valencia et Gonzalo Plata) aux appels variés et parfois parallèles, ce qui peut déstabiliser les défenses de n’importe quelle équipe. Phénomène qui s’était vérifié dans une simple rencontre de championnat de France, lorsque le duo Esteban Lepaul/Moussa El Tamari avait mis en difficulté, pour le compte de Rennes, l’Olympique Lyonnais il y a environ un mois…

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    CRLDHT | À travers Ben Sedrine, c’est la justice transitionnelle qui est condamnée

    Les lourdes peines prononcées dans les procès intentés contre l’ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) Sihem Bensedrine et d’autres co-accusés «pour des actes accomplis dans l’exercice d’un mandat légal», le pouvoir actuel en Tunisie «franchit une nouvelle étape dans sa contre-révolution et son entreprise de liquidation des acquis de la révolution tunisienne», note le Comité pour les respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), dans un communiqué publié le 26 juin 2026 à Paris.

    Le jugement rendu, dans la nuit du 25 au 26 juin, par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du Pôle judiciaire économique et financier du Tribunal de première instance de Tunis s’établit comme suit :

    – dans la première affaire, qui concerne la convention d’arbitrage et de réconciliation conclue entre l’IVD et l’homme d’affaires Slim Chiboub, dans le cadre du mécanisme prévu par la loi organique sur la justice transitionnelle, le tribunal a condamné Mme Ben Sedrine à 5 ans de prison ; Me Khaled Krichi, ancien président de la Commission d’arbitrage et de réconciliation de l’IVD, à 5 ans de prison ; Mabrouk Korchid, ancien ministre des Domaines de l’État, à 6 ans de prison ; et M. Chiboub à 5 ans de prison pour complicité.

    Les condamnés ont également été frappés d’une amende individuelle de 1 776 170 000 dinars (plus de 525 millions €), ainsi que d’une condamnation solidaire au remboursement du même montant.

    – dans la seconde affaire, qui concerne le dossier de la Banque franco-tunisienne (BFT), le tribunal a condamné Mme Ben Sedrine à 5 ans de prison ; Me Krichi à 5 ans de prison ; M. Korchid à 6 ans de prison ; et Abdelmajid Bouden, ancien président de la BFT, à 6 ans de prison.

    Les quatre condamnés devront également s’acquitter d’une amende de 16 985 003,774 dinars (plus de 5 millions €) chacun et restituer solidairement cette même somme.

    Enfin, le tribunal a condamné Mme Ben Sedrine à 15 ans supplémentaires pour faux, détention et usage de faux, portant ainsi sa peine totale à 25 ans d’emprisonnement.

    «La sévérité exceptionnelle de ces condamnations contraste avec la nature des faits reprochés, qui sont exclusivement liés à l’exercice de responsabilités publiques dans le cadre d’une institution créée par la loi», écrit le CRLDHT dans son communiqué. Il ajoute que «les poursuites engagées concernent exclusivement des décisions prises dans l’exercice du mandat légal de l’IVD» et que «les arbitrages et les réconciliations ne sont ni des initiatives personnelles de Mme Ben Sedrine, ni des actes dépourvus de base légale. Ils constituent un mécanisme expressément institué par la loi organique n° 2013-53 du 24 décembre 2013 relative à l’instauration de la justice transitionnelle et à son organisation, dont le chapitre IX (articles 45 à 50) confie à l’IVD la mission de conduire les procédures d’arbitrage et de réconciliation dans les affaires de corruption financière.»

    Tout en condamnant «avec la plus grande fermeté» la lourde peine qui lui  été infligée, le CRLDHT rappelle que Mme Ben Sedrine est «âgée de 75 ans, après avoir déjà subi plus de six mois de détention arbitraire, une longue grève de la faim ayant gravement compromis son état de santé et une hospitalisation sous assistance respiratoire». Au regard de son âge et de sa condition physique, la peine de 25 ans de prison qui lui  été infligée «équivaut de fait à une condamnation à finir sa vie en prison», lit-on dans le communiqué.

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    Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ? 

    «Quel avenir pour la Palestine et Israël ?» est le thème d’un colloque organisé à l’Université de la Sorbonne, à Paris, le 19 juin 2026. L’auteur n’a pas assisté à ce colloque, qui a été riche en interventions, d’après le commentaire de l’universitaire Jean-Christophe Attias, publié sur sa page Facebook. Mais s’il y avait participé, voilà ce qu’il aurait dit sur cette question, en la reformulant ainsi : «Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ?» (Photo : Les Palestiniens manifestent à Jérusalem, « capitale » de l’Etat hébreu).

    Lahouari Addi *

    La question palestinienne doit être replacée dans le contexte européen de la fin du 19e siècle, celui de l’apogée de l’expansion européenne et de la croyance en la mission civilisatrice de l’Occident.

    Les penseurs sionistes de l’époque, intellectuels de gauche dans leur majorité, percevaient le projet d’un Etat juif comme une justice rendue aux juifs persécutés en Europe. Ils n’avaient pas conscience qu’ils s’inscrivaient dans la dynamique de l’expansion coloniale de l’Europe. Et même s’ils en étaient conscients, ils pensaient que l’Etat juif, une fois construit, existera pour toujours parce qu’ils ne saisissaient pas son caractère colonial.

    Israël piégé par son caractère colonial

    Une fois l’Etat sioniste construit, la population israëlienne a glissé vers une mentalité coloniale qui a favorisé les courants de droite et d’extrême droite. Israël est piégé par son caractère colonial qui a poussé la majorité de la population vers le syndrome des pieds noirs d’Algérie qui étaient farouchement hostiles aux autochtones.

    Le rapport entre Israëliens et Palestiniens est celui qui relie le colonisé au colonisateur, rapport méthodiquement analysé par Frantz Fanon. Dans cette relation, soit le colon, soit le colonisé doit disparaître.

    Profitant du changement géopolitique internationale après la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes algériens ont déclenché l’insurrection qui a conduit à l’indépendance.

    Le bouleversement géopolitique actuel (2015-2026), marqué par à la perte graduelle de l’hégémonie américaine, est de mauvais augure pour l’avenir d’Israël. Les Etats-Unis n’ont plus la capacité de dominer la géopolitique locale comme ils le veulent. En 1954, ils ont pu changer de régime en éliminant Mossadegh en Iran. En 2026, ils ont échoué dans leur volonté de changer le régime en Iran. Et pragmatiques comme ils sont, entre le détroit d’Ormuz et Israël, ils ont choisi Ormuz.

    La grande erreur des Israéliens

    L’erreur des Israëliens est d’avoir compté sur l’appui extérieur pour exister au lieu de nouer des alliances avec les Palestiniens pour un Etat binational. Au lieu de devenir des «juifs palestiniens» comme sont devenus Arabes les Syro-Libanais chrétiens descendants des croisés du Moyen Age, ils ont nié la société locale qu’ils ont voulu éliminer par l’oppression et le génocide. Rappelons que l’idéologie nationaliste arabe a été forgée par les chrétiens descendants d’Européens qui sont devenus Arabes. Les juifs venus d’Europe ont refusé de devenir des Palestiniens et de se fondre parmi les autochtones. Ils ont choisi de mettre en place un système d’apartheid qui n’a aucun avenir au 21e siècle.

    Ce que les sionistes d’hier et d’aujourd’hui ont oublié, c’est que les sociétés du Moyen Orient, se reproduisent dans la durée, et excluent ceux qui refusent de s’y intégrer.

    Dans le futur, soit les juifs d’Israël s’intègrent à la région comme population palestinienne, soit ils auront à repartir vers les pays d’où leurs pères et grands-pères sont venus. Les israëliens venus du monde arabe, qui sont culturellement des Arabes, peuvent jouer un rôle dans le processus d’intégration des descendants de leurs coreligionnaires venus d’Europe.

    * Institut d’études politiques de Lyon.

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