Lese-Ansicht

Coupures de plus de 24 heures : Kaïs Saïed convoque la STEG, la SONEDE et plusieurs ministres

Quelques jours après avoir dénoncé les coupures répétées d’eau et d’électricité, le président de la République a réuni mercredi les dirigeants de la STEG, de la SONEDE et plusieurs ministres. Selon le communiqué de la Présidence, Kaïs Saïed a évoqué des interruptions ayant dépassé 24 heures dans plusieurs régions et a demandé d’y mettre fin immédiatement, tout en exigeant une meilleure information des citoyens.

Une réunion de crise autour des coupures et des incendies

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé mercredi après-midi, au palais de Carthage, une réunion consacrée aux perturbations des réseaux d’eau et d’électricité ainsi qu’aux incendies enregistrés ces derniers jours dans plusieurs régions du pays.

Y ont participé le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, le président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), Fayçal Trifa, le président-directeur général de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), Abdelhamid Menja, ainsi que le directeur général de l’Office national de la protection civile, le colonel Mohamed Rached Souissi.

Le chef de l’État a indiqué suivre « de près, tout au long de la journée et de la nuit », la situation dans l’ensemble des régions du pays.

Lire aussi: Après une semaine de coupures d’eau et d’électricité, Kaïs Saïed réclame des comptes

Kaïs Saïed : « L’État ne restera pas les bras croisés »

Selon le communiqué publié par la Présidence de la République, Kaïs Saïed a estimé que les coupures d’eau, les interruptions d’électricité ainsi que les incendies constituaient des « phénomènes anormaux ». Il a ajouté que « l’État ne restera pas les bras croisés face à quiconque cherche à faire subir des préjudices aux citoyens et à attiser les tensions », sans toutefois désigner de responsables ni apporter d’éléments sur l’origine de ces dysfonctionnements.

Le communiqué précise également que le chef de l’État a évoqué des coupures d’eau et d’électricité ayant dépassé 24 heures dans plusieurs régions. Jugeant cette situation inacceptable, il a demandé qu’elle prenne fin immédiatement.

Kaïs Saïed a, en outre, insisté sur la nécessité d’informer les citoyens à l’avance lorsqu’une interruption est inévitable et de choisir des horaires les moins pénalisants possible si des coupures doivent être programmées.

Ces déclarations interviennent alors que de nombreux Tunisiens ont dénoncé ces derniers jours des interruptions prolongées des services d’eau et d’électricité, parfois bien supérieures aux durées annoncées dans les communiqués des opérateurs.

Une nouvelle étape dans la gestion de la crise

Cette réunion intervient quelques jours après une première intervention du chef de l’État consacrée aux perturbations des réseaux d’eau et d’électricité.

Depuis la mi-juillet, la Tunisie est confrontée à une succession de délestages électriques liés à une demande record provoquée par les fortes chaleurs, tandis que la SONEDE a lié plusieurs perturbations de l’eau aux coupures d’électricité affectant ses installations. La référence présidentielle à des interruptions dépassant 24 heures intervient alors que la STEG expliquait jusqu’ici que les délestages relevaient d’un dispositif de coupures tournantes destiné à préserver la stabilité du réseau électrique.

Cette réunion traduit une implication plus directe de la présidence dans le suivi de la crise. En réunissant autour d’une même table les ministres concernés, les dirigeants de la STEG et de la SONEDE ainsi que les responsables de l’Office national de la protection civile, Kaïs Saïed cherche à renforcer la coordination de l’action publique face à une situation qui affecte le quotidien de nombreux Tunisiens.

Le président de la République a enfin salué les interventions des unités de la Protection civile, mobilisées ces derniers jours pour maîtriser plusieurs incendies et limiter leur propagation.

Lire aussi:

L’article Coupures de plus de 24 heures : Kaïs Saïed convoque la STEG, la SONEDE et plusieurs ministres est apparu en premier sur webdo.

  •  

Coupures d’électricité : La STEG encadre enfin les batteries de stockage

Alors que la Tunisie fait face à une consommation électrique record et à des coupures tournantes dans plusieurs régions, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a publié un nouveau « Référentiel technique des installations photovoltaïques raccordées au réseau électrique national basse tension ». Le document consacre désormais un chapitre détaillé aux systèmes de stockage d’énergie par batteries, ou BESS.

Le référentiel peut être consulté et téléchargé sur le site officiel de la STEG :
https://www.steg.com.tn/system/files/pdf/Referentiel_technique_des_installations_PV.pdf

Un cadre technique pour le stockage de l’énergie

Le nouveau document définit les prescriptions minimales relatives à la conception, à l’installation, à l’exploitation et à la maintenance des batteries raccordées aux installations photovoltaïques.

Il détaille notamment le rôle du système de gestion de la batterie — BMS —, des convertisseurs de puissance — PCS —, des onduleurs hybrides, des protections électriques et des essais nécessaires avant la mise en service.

L’acceptation des batteries par la STEG est notamment conditionnée par la présentation de certificats de conformité aux normes IEC 61427, IEC 62619 et IEC 62620, ainsi que d’un certificat CE et d’une documentation technique complète. Pour les systèmes dépassant 100 kWh, des essais fonctionnels préalables en usine sont également exigés.

Le référentiel insiste aussi sur la prévention des surchauffes, la ventilation des locaux, le contrôle des accès et les mesures destinées à limiter les risques électriques ou liés à un emballement thermique.

Quel impact sur les tensions actuelles du réseau ?

Cette publication intervient alors que la demande nationale a atteint près de 5 000 MW durant la vague de chaleur. Plusieurs publications évaluent la capacité disponible à environ 4 630 MW, ce qui représenterait un écart proche de 370 MW. Ce chiffre doit néanmoins être présenté comme une estimation rapportée, et non comme une donnée directement annoncée par le PDG de la STEG.

Les batteries peuvent stocker une partie de l’électricité solaire produite durant les heures ensoleillées et la restituer pendant les périodes de forte consommation. Elles peuvent ainsi augmenter l’autoconsommation et réduire ponctuellement les prélèvements sur le réseau.

Pour une habitation, le référentiel donne l’exemple d’une consommation quotidienne de 5 kWh : en tenant compte de la profondeur de décharge, des pertes de la batterie et de l’onduleur ainsi que d’une marge de sécurité, la capacité nominale nécessaire atteint environ 6,8 kWh.

Le prix demeure plus difficile à établir. Sur le marché tunisien, une batterie lithium d’environ 4,8 kWh est affichée autour de 6 270 DT TTC, batterie seule. Une solution résidentielle complète coûtera davantage après l’ajout de l’onduleur hybride, des protections, du câblage et de la pose.

Les batteries suffiront-elles à éviter les coupures ?

Non, à elles seules. Compenser une puissance manquante de 400 MW pendant deux heures nécessiterait au minimum 800 MWh de stockage, auxquels devraient s’ajouter les pertes techniques et les marges d’exploitation.

La multiplication de batteries chez les particuliers, les entreprises, les exploitations agricoles et les bâtiments publics pourrait toutefois réduire localement les appels de puissance et mieux valoriser l’électricité solaire.

Le nouveau référentiel ne règle donc pas la crise électrique actuelle. Il fournit en revanche le cadre technique attendu par les fabricants, les installateurs et les bureaux d’études pour développer en Tunisie des installations associant photovoltaïque et stockage.

Lire aussi:

L’article Coupures d’électricité : La STEG encadre enfin les batteries de stockage est apparu en premier sur webdo.

  •  

La STEG étend le délestage aux quartiers huppés du Grand Tunis

Les Tunisiens attendent désormais chaque jour le communiqué de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) comme une mauvaise loterie. Après plusieurs jours de coupures tournantes touchant principalement les zones populaires, industrielles ou périurbaines, l’entreprise publique a élargi ce mercredi 22 juillet son plan de délestage à plusieurs quartiers résidentiels parmi les plus prisés du Grand Tunis.

Selon le communiqué publié par la STEG, des coupures tournantes peuvent intervenir ce mercredi entre 10h et 16h, par périodes intermittentes, dans plusieurs quartiers résidentiels comme El Menzah, El Manar, Aïn Zaghouan et les Jardins de Carthage, ainsi que dans d’autres secteurs du Grand Tunis, notamment Ksar Saïd, Le Kram, La Goulette, Tebourba, Jedaida, Sidi Thabet et Borj Ettouil.

Le délestage s’étend à de nouveaux quartiers

Depuis le début de cette vague de fortes chaleurs, les communiqués de la STEG concernaient surtout des secteurs comme Fouchana, El Mghira, Borj Cédria, Radès, Mégrine, Douar Hicher, Hay Ettadhamen ou encore plusieurs zones industrielles.

L’apparition, dans la liste officielle, de quartiers résidentiels comme El Menzah, El Manar, Aïn Zaghouan ou les Jardins de Carthage marque une évolution notable du périmètre concerné par le délestage.

Si certaines zones résidentielles comme La Soukra, La Marsa ou les Berges du Lac avaient déjà été citées les jours précédents, cette nouvelle extension confirme que les coupures touchent désormais une part de plus en plus large du Grand Tunis.

Une réponse à la colère des habitants ?

Ces derniers jours, le directeur général de la STEG, Fayçal Trifa, avait assuré que les coupures tournantes ne dépasseraient pas une heure par secteur. Sur le terrain, de nombreux habitants rapportent pourtant des interruptions bien plus longues, atteignant parfois quatre à six heures, voire davantage.

Cette situation alimente un fort mécontentement dans plusieurs régions du pays.

Le 21 juillet, des habitants d’Ennachaa, dans la délégation d’El Haouaria, ont ainsi bloqué la route reliant El Haouaria à Tunis pour dénoncer l’absence prolongée d’eau potable. Selon les informations disponibles, les coupures répétées d’électricité auraient également perturbé le fonctionnement des installations de pompage, aggravant les difficultés d’approvisionnement.

Quelques jours auparavant, le 13 juillet, des habitants de plusieurs localités de la délégation de Touiref, dans le gouvernorat du Kef, notamment Lediab, Mellala, El Ghzazoua, Hay Essaâda et Jebel Ressas, avaient également bloqué la route nationale 17 pour réclamer un accès régulier à l’eau potable.

Dans ce contexte, l’apparition de quartiers plus aisés dans les listes officielles peut être perçue par une partie de l’opinion comme une volonté de répartir plus largement l’effort demandé aux citoyens. À ce stade, aucun élément officiel ne permet toutefois d’établir un lien entre cette évolution et les critiques exprimées ces derniers jours.

Lire aussi: Tunisie : Face à la canicule et aux coupures, la grogne sociale de plus en plus visible

Une volonté de mieux répartir les coupures ?

L’élargissement progressif des zones concernées peut également s’expliquer par des contraintes techniques liées à l’équilibrage du réseau électrique face à une demande record provoquée par les fortes chaleurs.

Il reste toutefois difficile de comprendre les critères retenus. Certains secteurs stratégiques ou résidentiels, comme Mutuelleville, Gammarth ou encore certaines parties de Carthage, n’ont jusqu’à présent jamais figuré dans les listes publiées par la STEG. L’entreprise n’a pas expliqué les raisons de ces choix.

Autre interrogation soulevée par de nombreux habitants : certaines coupures seraient intervenues dans des quartiers qui ne figuraient pas sur les listes officielles diffusées quotidiennement.

Une communication plus détaillée sur les critères de sélection des zones concernées contribuerait sans doute à renforcer la compréhension et l’acceptation de ces mesures exceptionnelles, alors que la Tunisie traverse l’un des épisodes de tension électrique les plus importants de ces dernières années.

Lire aussi:

L’article La STEG étend le délestage aux quartiers huppés du Grand Tunis est apparu en premier sur webdo.

  •  

Grand-Tunis : La STEG étend les coupures d’électricité à de nouvelles zones ce mercredi

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé qu’elle pourrait recourir à de nouvelles coupures tournantes d’électricité ce mercredi 22 juillet 2026 dans plusieurs secteurs du Grand Tunis. Ces interruptions sont prévues entre 10h00 et 16h00.

Les zones concernées

Selon le communiqué publié par la STEG, les coupures pourraient intervenir, par intermittence, dans les zones suivantes :

  • El Menzah 1 à 9
  • El Manar 1 et 2
  • Aïn Zaghouan
  • Jardins de Carthage
  • Ksar Saïd
  • Le Kram
  • La Goulette
  • Tebourba
  • Jedaida
  • Sidi Thabet
  • Borj Ettouil

La STEG précise que le rétablissement de l’électricité s’effectuera sans préavis.

D’autres secteurs pourraient être ajoutés

L’entreprise souligne également que cette liste n’est pas définitive et que d’autres zones pourraient être concernées au cours de la journée en fonction de l’évolution de la situation sur le réseau électrique.

La STEG invite les habitants des secteurs concernés à prendre les précautions nécessaires afin de limiter les désagréments liés à ces interruptions temporaires.

Pour toute urgence ou demande d’information, les clients peuvent contacter le centre de services de la STEG au 71 239 222 ou utiliser les numéros figurant sur leur facture d’électricité.

Lire aussi :

L’article Grand-Tunis : La STEG étend les coupures d’électricité à de nouvelles zones ce mercredi est apparu en premier sur webdo.

  •  

La STEG annonce de nouvelles coupures d’électricité mardi dès 6h du matin

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé, tard dans la soirée de ce lundi 20 juillet, qu’elle pourrait recourir à de nouvelles coupures tournantes d’électricité mardi 21 juillet, entre 6h00 et midi. Les interruptions, qui pourraient toucher une grande partie du pays, s’inscrivent dans un contexte de très forte demande d’électricité liée à la vague de chaleur.

Des délestages prévus de 6h à midi

Dans plusieurs avis publiés sur sa page Facebook officielle, la STEG indique qu’elle pourrait procéder à des coupures tournantes entre 6h00 et 12h00, par intermittence, afin de préserver la stabilité du réseau électrique.

L’entreprise précise que le courant pourra être rétabli sans préavis et invite les abonnés à prendre les précautions nécessaires.

Les régions concernées

Les avis publiés par la STEG couvrent une large partie du territoire national.

Grand Tunis

Les coupures pourraient notamment concerner El Menzah, Les Berges du Lac, Aïn Zaghouan, Les Jardins de Carthage, Kasr Saïd, Le Kram, La Goulette, Tebourba, La Jdeida, Sidi Thabet et Borj Touil.

Nord

Dans le Cap Bon, plusieurs localités sont citées, dont Korba, Dar Chaâbane, Béni Khiar, Maâmoura, Grombalia, El Haouaria, Kélibia, Hammam Ghezèze, Hammamet, Menzel Bouzelfa, Menzel Temime, Soliman et Takelsa.

Le gouvernorat de Zaghouan est également concerné avec Zaghouan-ville, El Fahs, Bir Mcherga, Jebel Oust, Ennadhour, Ezriba et Saouaf.

À Bizerte, les secteurs concernés incluent notamment Menzel Abderrahmane, El Alia, Ras Jebel, Ghar El Melh, Menzel Bourguiba, Mateur, Sejnane, Tinja, Ghazala et Jarzouna.

Nord-Ouest

Des coupures pourraient également toucher plusieurs localités des gouvernorats de Béja, Jendouba, Siliana et Le Kef, notamment Nefza, Bou Salem, Ghardimaou, Teboursouk, Makthar, Rouhia, Dahmani, Le Krib, Bou Arada et Jerissa.

Centre

La STEG cite de nombreuses localités des gouvernorats de Sousse, Monastir, Mahdia et Kairouan, parmi lesquelles M’saken, Bouhjar, Zaouiet Sousse, Sahline, Moknine, Jemmal, Ksar Hellal, Sayada, Bembla, Sidi Bou Ali, Kalâa Kebira, Kalâa Sghira, Hammam Sousse, Akouda, Enfidha, Hergla, Bouficha, Nasrallah, Bouhajla, Aïn Jeloula, El Ala, Sbiba et Oulad Achour.

Sfax

Plusieurs secteurs de la ville de Sfax pourraient être concernés, ainsi que Mahres, Melloulèche, Le Daïer, Ghraïba, Bir Ali Ben Khalifa, Agareb, Menzel Chaker, Hencha, Jebiniana, El Amra, Sakiet Ezzit, Tina, Skhira, Sfax Ouest et Sfax Ville.

Sud

Dans le Sud, la STEG annonce des coupures possibles dans plusieurs secteurs de Gabès, notamment Hay Ezzouhour, Hay El Mouradhine, Chammati, Hay Mohamed Ali, El Metouia et Matmata.

Des interruptions sont également prévues à Djerba (Houmt Souk et Midoun), dans le gouvernorat de Kébili (Kébili Nord, Jemna, Saïdan, Ghidma et Rejim Maatoug), ainsi qu’à Tataouine (Tataouine Nouvelle, Ghomrassen, Zahra et Oued El Kamh).

Enfin, plusieurs secteurs de Zarzis et Ben Guerdane figurent aussi sur la liste, notamment Zarzis Ville, El Bsatine, El Kharrouba, Ezzekra, Chahbania, Sidi Makhlouf, Ben Ghezil et les quartiers de la route de Médenine et de Tataouine.

Lire aussi: Chaleur persistante en Tunisie : Encore deux journées difficiles avant un répit attendu

Une liste susceptible d’être élargie

La STEG souligne que la liste des localités concernées n’est pas définitive et que d’autres zones pourraient être ajoutées selon l’évolution de la situation sur le réseau électrique.

L’entreprise rappelle que le courant pourra être rétabli sans annonce préalable et invite les abonnés à prendre les précautions nécessaires.

Pour signaler une urgence ou obtenir davantage d’informations, la STEG met à la disposition de ses abonnés le numéro 71 239 222, ainsi que les numéros figurant sur les factures d’électricité.

Lire aussi:

L’article La STEG annonce de nouvelles coupures d’électricité mardi dès 6h du matin est apparu en premier sur webdo.

  •  

Classement FIFA : La Tunisie chute de 12 places, le Maroc atteint un record historique

La Fédération internationale de football (FIFA) a publié ce lundi son nouveau classement mondial, au lendemain de la finale de la Coupe du monde 2026 remportée par l’Espagne. Si les Espagnols retrouvent la première place mondiale, la principale évolution pour la Tunisie est une lourde chute de 12 rangs, tandis que le Maroc signe le meilleur classement de son histoire.

La Tunisie recule à la 57e place mondiale

Les Aigles de Carthage occupent désormais la 57e place mondiale, soit une perte de 12 positions par rapport au précédent classement. Au niveau africain, la sélection tunisienne recule également au 11e rang.

Il s’agit de la plus forte baisse enregistrée dans cette mise à jour du classement FIFA, selon les données publiées lundi.

Ce recul intervient dans un contexte où la Tunisie n’a pas participé à la Coupe du monde 2026, contrairement à plusieurs sélections africaines qui ont profité de leur parcours pour gagner des points.

Lire aussi: Édito | Tunisie : Le Mondial de la honte

Le Maroc confirme son statut de référence africaine

À l’inverse, le Maroc poursuit sa progression. Les Lions de l’Atlas gagnent une place pour atteindre la 6e position mondiale, le meilleur classement jamais obtenu par une sélection africaine dans le classement FIFA.

Le Maroc reste ainsi largement en tête du football africain, devant le Sénégal (18e), l’Égypte (24e), le Nigeria (26e), l’Algérie (29e), la Côte d’Ivoire (31e), la République démocratique du Congo (41e), le Cameroun (43e), le Mali (53e) et l’Afrique du Sud (54e).

L’Espagne retrouve la première place mondiale

Sacrée championne du monde dimanche après sa victoire 1-0 après prolongation contre l’Argentine, l’Espagne reprend la première place du classement FIFA, une position qu’elle n’occupait plus depuis janvier.

L’Argentine recule au deuxième rang devant la France et l’Angleterre, tandis que le Brésil complète le Top 5.

Le Mexique intègre le Top 10 après avoir gagné quatre places. Parmi les principales progressions figure également la Norvège, qui grimpe de 12 positions pour atteindre le 19e rang grâce à son parcours jusqu’en quarts de finale du Mondial.

Lire aussi:

L’article Classement FIFA : La Tunisie chute de 12 places, le Maroc atteint un record historique est apparu en premier sur webdo.

  •  

L’Espagne et l’Algérie se réconcilient : Un sommet bilatéral annoncé en octobre

Madrid et Alger ont officiellement tourné la page de la crise diplomatique ouverte en 2022. Reçu lundi par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a annoncé la tenue d’un sommet bilatéral en octobre, première réunion intergouvernementale entre les deux pays depuis 2018.

Une réconciliation désormais assumée

La visite de Pedro Sánchez à Alger marque un tournant dans les relations entre l’Espagne et l’Algérie, quatre ans après la grave crise diplomatique provoquée par le soutien de Madrid au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental.

À l’issue de leur entretien au palais d’El Mouradia, Abdelmadjid Tebboune et Pedro Sánchez ont affiché leur volonté d’ouvrir une « nouvelle étape » dans les relations bilatérales. Les deux dirigeants ont convenu d’organiser, en octobre prochain, une réunion intergouvernementale de haut niveau, la première entre les deux pays depuis 2018.

Le président algérien a qualifié cette visite d’« étape cruciale et majeure », tandis que le chef du gouvernement espagnol a réaffirmé que l’Algérie demeurait « un pays ami » et un « partenaire stratégique » pour l’Espagne.

Coopération économique, énergie et sécurité au programme

Les deux gouvernements souhaitent relancer leur coopération dans plusieurs domaines, notamment l’énergie, les infrastructures, l’industrie, l’agriculture, le numérique et l’innovation.

Les discussions ont également porté sur les questions de sécurité régionale, de lutte contre le terrorisme, de migration et de stabilité en Méditerranée.

Sur le plan énergétique, l’Algérie reste aujourd’hui le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne. Les deux parties ont exprimé leur volonté de renforcer ce partenariat, sans annoncer toutefois de nouveaux volumes de livraison ni de nouveaux accords commerciaux.

Le Sahara reste un sujet de désaccord

Cette normalisation intervient alors que Madrid n’a pas modifié sa position sur le Sahara occidental. En 2022, Pedro Sánchez avait soutenu le plan d’autonomie proposé par le Maroc, provoquant la rupture des relations politiques avec Alger, qui soutient le Front Polisario.

Depuis, les contacts diplomatiques ont progressivement repris. Après le retour de l’ambassadeur algérien à Madrid, la levée progressive des restrictions commerciales et la visite du ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares à Alger début juillet, la rencontre entre Tebboune et Sánchez marque l’aboutissement de ce rapprochement.

Un nouvel équilibre diplomatique au Maghreb

La visite illustre la volonté de Madrid de rétablir des relations de confiance avec Alger tout en maintenant son rapprochement avec Rabat.

Pour plusieurs observateurs espagnols, cette évolution montre que les deux pays ont choisi de privilégier leurs intérêts économiques, énergétiques et stratégiques malgré leurs divergences persistantes sur le Sahara occidental.

Lire aussi:

L’article L’Espagne et l’Algérie se réconcilient : Un sommet bilatéral annoncé en octobre est apparu en premier sur webdo.

  •  

Canicules à répétition : La chaleur extrême est-elle en train de devenir la nouvelle norme ?

Après un record historique de 49,7 °C enregistré le 18 juillet à Kairouan et Medjez El Bab, la Tunisie illustre une question que se posent également la France, l’Espagne ou l’Italie : la chaleur extrême est-elle en train de devenir la nouvelle norme ? Plusieurs climatologues estiment que ces épisodes correspondent globalement aux évolutions anticipées depuis plusieurs décennies, même si leur enchaînement continue de susciter des recherches.

Pourquoi les climatologues ne sont-ils pas surpris ?

Dans un article publié le 20 juillet, le quotidien français Le Monde a interrogé plusieurs spécialistes sur la succession des canicules, des sécheresses et des incendies observée pendant l’été 2026. Leur principal constat est que l’intensification des chaleurs extrêmes n’est pas une surprise scientifique.

Valérie Masson-Delmotte, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) et ancienne coprésidente du groupe de travail I du GIEC, explique qu’aucun climatologue n’est réellement surpris par les événements observés. Elle coordonnait alors une analyse de l’Institut Pierre-Simon-Laplace consacrée à la canicule française de juin, annoncée pour le 21 juillet.

Cette étude devait déterminer si l’épisode avait dépassé ce que prévoyaient les modèles. Selon les premiers éléments rapportés par Le Monde, il restait dans la gamme des événements attendus dans le climat actuel, même s’il demeurait rare.

Julien Cattiaux, chercheur au CNRS, estimait ainsi que cette canicule pouvait survenir environ une fois tous les cinquante ans dans le climat français actuel. Elle était donc exceptionnelle, mais pas incompatible avec les simulations climatiques.

Ce qui interroge davantage les scientifiques est la succession rapide de trois vagues de chaleur en France, en mai, juin et juillet. Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS et climatologue à l’École normale supérieure, considère que cet enchaînement devra faire l’objet de nombreux travaux. Il pourrait relever de la variabilité naturelle ou de configurations atmosphériques persistantes favorisant la chaleur.

Les chercheurs examinent notamment le rôle possible d’une zone d’eaux froides dans l’Atlantique Nord, d’un épisode El Niño intense et de sols de plus en plus secs, qui amplifient à leur tour les températures.

Le phénomène ne se limite pas à l’Europe. Début juillet, une équipe de World Weather Attribution s’est également penchée sur la chaleur extrême observée en Amérique du Nord. Ses chercheurs ont conclu que des niveaux de stress thermique comparables auraient été pratiquement impossibles dans un climat plus froid de 1,4 °C. Cette étude montre que la question dépasse désormais le seul bassin méditerranéen et concerne plusieurs continents, même si les mécanismes climatiques diffèrent selon les régions.

La Méditerranée en première ligne

Ces observations rejoignent les conclusions du GIEC, selon lesquelles les vagues de chaleur sont devenues plus fréquentes et plus intenses dans la plupart des régions terrestres sous l’effet du réchauffement d’origine humaine.

Le bassin méditerranéen est particulièrement exposé. Le réseau scientifique MedECC le considère comme l’un des principaux foyers du changement climatique, avec une hausse des températures supérieure à la moyenne mondiale et des risques accrus de canicule, de sécheresse et d’incendie.

Davide Faranda, directeur de recherche au CNRS au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, souligne toutefois que certains records européens semblent survenir plus souvent que ne le reproduisent les modèles. Cette observation alimente les recherches sur une éventuelle sous-estimation de certains extrêmes, sans permettre de conclure à partir d’un seul été que le réchauffement mondial accélère soudainement.

Lire aussi: Tunisie : « El Niño » annonce un été plus long et plus chaud (mai 2026)

La Tunisie face à un stress test grandeur nature

Dès le mois de mai, plusieurs climatologues et organismes de prévision annonçaient un été 2026 particulièrement chaud. Les prévisions de l’INM, de l’ECMWF et de Copernicus, ainsi que les analyses de spécialistes tunisiens, évoquaient déjà un risque élevé de vagues de chaleur. Les événements observés entre le 12 et le 19 juillet donnent aujourd’hui une résonance particulière à ces avertissements.

En Tunisie, la séquence du 12 au 19 juillet a donné une dimension concrète à ces alertes. Après 48,2 °C relevés à Nasrallah le 15 juillet, la température a atteint 49 °C à Jemmal le 17 juillet, puis 49,7 °C à Kairouan et Medjez El Bab le lendemain. Vingt et un gouvernorats sur vingt-quatre étaient alors placés au niveau maximal de vigilance.

La consommation électrique a approché 5 000 mégawatts, dépassant la capacité de production annoncée de la STEG, estimée à environ 5 000 MW. L’entreprise a recouru à des délestages tournants pour préserver l’équilibre du réseau.

Les coupures ont également affecté l’approvisionnement en eau. Le PDG de la SONEDE, Abdelhamid Mnaja, a indiqué que près de 1 500 stations de pompage dépendaient de l’électricité. Une interruption du courant peut donc se répercuter directement sur le pompage et la distribution.

Cette semaine de chaleur ne suffit pas, à elle seule, à démontrer une accélération du changement climatique en Tunisie. Elle montre néanmoins comment un épisode extrême peut mettre simultanément sous tension l’électricité, l’eau et les infrastructures publiques.

Les projections climatiques retenues par la Tunisie dans sa communication nationale à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques prévoient une hausse des températures et une baisse des précipitations au cours des prochaines décennies.

Lire aussi:

L’article Canicules à répétition : La chaleur extrême est-elle en train de devenir la nouvelle norme ? est apparu en premier sur webdo.

  •  

La STEG étend le plan de délestage : Des coupures possibles jusqu’à minuit ce lundi

Quelques heures après avoir annoncé un premier plan de délestage pour l’après-midi, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a publié un nouveau communiqué élargissant les plages horaires concernées. Des coupures tournantes pourraient désormais intervenir ce lundi 20 juillet entre 17h00 et minuit dans de nombreuses régions du pays, en raison de la forte pression exercée sur le réseau électrique.

Le plan de délestage est prolongé jusqu’à minuit

Dans une série de communiqués publiés sur sa page Facebook officielle, la STEG indique qu’elle pourrait recourir à des coupures tournantes entre 17h00 et 00h00 « afin de préserver la sécurité et la continuité du système électrique ».

L’entreprise précise que ces interruptions seront effectuées par intermittence et que le rétablissement de l’électricité pourra intervenir sans préavis. Elle appelle les citoyens à prendre les précautions nécessaires.

Une grande partie du territoire concernée

Selon la STEG, les coupures pourraient toucher des secteurs répartis dans de nombreuses régions du pays, notamment le Grand Tunis, Nabeul, Zaghouan, Bizerte, le Nord-Ouest, les régions du Centre, Sfax ainsi que plusieurs gouvernorats du Sud, dont Gabès, Médenine, Djerba, Tataouine, Kébili, Zarzis et Ben Guerdane.

La société souligne toutefois que cette liste reste provisoire et pourrait être élargie à d’autres localités en fonction de l’évolution de la situation sur le réseau électrique.

Une journée marquée par plusieurs annonces

Cette nouvelle communication intervient après plusieurs avis diffusés au cours de la journée concernant différentes plages horaires et diverses régions du pays.

Depuis plusieurs jours, la STEG publie des communiqués successifs afin d’adapter son plan de délestage à l’évolution de la consommation électrique, fortement sollicitée par les températures élevées enregistrées dans plusieurs gouvernorats.

Pour toute information ou pour signaler une situation urgente, les abonnés peuvent contacter le centre de services de la STEG au 71 239 222 ou utiliser les numéros figurant sur leurs factures.

Lire aussi:

L’article La STEG étend le plan de délestage : Des coupures possibles jusqu’à minuit ce lundi est apparu en premier sur webdo.

  •  

Netflix renonce à Hannibal : Carthage perd encore son grand film

Annoncé en 2023 avec Denzel Washington dans le rôle d’Hannibal Barca, le film événement de Netflix ne devrait finalement jamais voir le jour. Après plusieurs mois de préparation, le projet a été suspendu en raison de son coût devenu trop élevé. Pour la Tunisie, cette décision représente une nouvelle occasion manquée de voir l’une des plus grandes figures de l’histoire de Carthage portée à l’écran dans une superproduction internationale.

Un projet ambitieux annoncé par Netflix

En novembre 2023, Netflix avait officialisé le développement d’un film consacré à Hannibal Barca, l’un des plus célèbres stratèges militaires de l’Antiquité. Le géant du streaming avait réuni un casting et une équipe prestigieux : Denzel Washington dans le rôle principal, Antoine Fuqua à la réalisation et John Logan, scénariste notamment de Gladiator et Aviator, à l’écriture.

Le film devait retracer l’épopée du général carthaginois durant la Deuxième Guerre punique, notamment sa célèbre traversée des Alpes avec ses éléphants pour affronter Rome.

Un budget devenu trop lourd

Selon plusieurs médias spécialisés américains, la préproduction, déjà bien avancée, a été interrompue après plusieurs semaines de préparation. Le directeur de la photographie Robert Richardson a indiqué que le projet était « tombé à l’eau » après dix à douze semaines de travail.

Le tournage devait débuter cet été en Italie, où les repérages avaient déjà été réalisés. Mais le budget du film aurait atteint près de 200 millions de dollars, un niveau jugé trop élevé pour permettre la poursuite de la production.

À ce stade, Netflix n’a toutefois pas officiellement annoncé l’annulation définitive du projet.

Une nouvelle déception pour la Tunisie

Au-delà de l’actualité hollywoodienne, cette décision résonne particulièrement en Tunisie. Hannibal Barca demeure l’une des personnalités historiques les plus célèbres associées à Carthage et au territoire tunisien.

L’annonce du casting de Denzel Washington avait d’ailleurs suscité un vif débat en Tunisie en 2023. De nombreux internautes avaient contesté le choix de l’acteur américain pour incarner le général carthaginois, relançant les discussions sur la représentation historique des grandes figures africaines et méditerranéennes au cinéma.

Avec l’arrêt probable du projet, cette polémique perd aujourd’hui de son actualité, mais la perspective de voir enfin Hannibal bénéficier d’un grand biopic international s’éloigne une nouvelle fois.

Lire aussi: Denzel Washington incarnera Hannibal sur Netflix : les Tunisiens s’indignent ! (2023)

Hollywood peine toujours à raconter l’histoire d’Hannibal

Ce n’est pas la première fois qu’un projet consacré à Hannibal échoue. Au fil des années, plusieurs réalisateurs et producteurs ont envisagé de porter à l’écran l’épopée du général carthaginois, sans jamais parvenir à concrétiser un long métrage d’envergure. Le projet porté par Netflix apparaissait comme l’initiative la plus ambitieuse à ce jour.

L’histoire d’Hannibal fascine depuis des décennies les producteurs et réalisateurs. Pourtant, malgré sa renommée mondiale, aucun grand film hollywoodien n’a encore réussi à porter à l’écran l’ensemble de son parcours.

L’ampleur des batailles, les milliers de figurants nécessaires, la reconstitution de Carthage et de la Rome antique, ainsi que la célèbre traversée des Alpes avec des éléphants, font de ce récit l’un des plus complexes et des plus coûteux à adapter.

Le projet porté par Netflix semblait offrir cette opportunité. Son abandon probable laisse une nouvelle fois les admirateurs du général carthaginois dans l’attente d’une adaptation à la hauteur de son héritage.

Lire aussi:

L’article Netflix renonce à Hannibal : Carthage perd encore son grand film est apparu en premier sur webdo.

  •  

Après une semaine de coupures d’eau et d’électricité, Kaïs Saïed réclame des comptes

Après plusieurs jours marqués par des perturbations dans la distribution d’eau potable et des coupures d’électricité dans plusieurs régions du pays, le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué samedi soir une visite d’inspection au complexe de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) de Ghedir El Golla, dans la délégation de La Hrairia (gouvernorat de Tunis). Sur place, il s’est enquis des causes des perturbations et a exigé des solutions rapides ainsi qu’une responsabilisation des responsables en cas de défaillance.

Les premières perturbations de l’approvisionnement en eau potable remontent au début du mois de juillet, la SONEDE ayant notamment signalé des interruptions de distribution à Mohammedia avant que d’autres régions ne soient touchées. Parallèlement, les premières coupures d’électricité ont été signalées dès le 12 juillet dans le Grand Tunis, avant que la STEG n’annonce officiellement, à partir du 16 juillet, le recours à des coupures tournantes en raison de la forte demande liée à la vague de chaleur. C’est dans ce contexte que s’inscrit la visite du président de la République au complexe de Ghedir El Golla.

Une visite après une semaine sous tension

La visite intervient au terme d’une semaine marquée par des perturbations de l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs régions et par des coupures tournantes d’électricité annoncées par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) afin de préserver la stabilité du réseau face à une consommation record liée à la vague de chaleur.

Il s’agit également de la première activité du chef de l’État rendue publique par la Présidence depuis sa rencontre avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le 9 juillet dernier.

Le choix de Ghedir El Golla n’est pas anodin. Cette station est la principale installation de la SONEDE. Elle assure le stockage des eaux provenant du barrage de Kasseb et du canal Medjerda-Cap Bon, leur traitement puis leur distribution. Elle injecte quotidiennement entre 500 000 et 700 000 mètres cubes d’eau dans le réseau et alimente la majeure partie du Grand Tunis.

Les responsables de la SONEDE ont présenté au président plusieurs incidents récents. À Métlaoui, le raccordement de deux nouveaux puits a provoqué l’entrée d’air dans une conduite de 14 kilomètres, nécessitant près de douze heures d’intervention avant le rétablissement progressif de la distribution. Ils ont également évoqué des interventions d’urgence menées à Gafsa et à Mdhila, avec la mobilisation d’équipes spécialisées venues de Sfax.

Ils ont aussi expliqué que la SONEDE exploite près de 1 500 stations de pompage à travers le pays et que les coupures répétées d’électricité de ces derniers jours ont directement perturbé leur fonctionnement, compliquant la continuité de la distribution d’eau potable.

Lire aussi: Coupures d’eau : Les pannes électriques et un réseau vieillissant expliquent les perturbations

« Les coupures répétées ne sont pas normales »

À l’issue de ces explications, Kaïs Saïed a demandé que les insuffisances constatées soient corrigées dans les plus brefs délais. Il a insisté sur une meilleure coordination entre les différentes structures concernées avant d’affirmer : « Toute personne dont la défaillance dans l’exercice de ses fonctions sera établie devra en assumer pleinement la responsabilité. »

Le président a également réagi aux interruptions d’électricité observées ces derniers jours. Tout en reconnaissant que de telles situations pouvaient se produire dans tous les pays, il a estimé que leur fréquence, leur répétition et leur simultanéité dans plusieurs régions n’étaient « pas normales » et appelaient des solutions durables.

Il a en outre jugé inacceptable que certaines régions soient contraintes d’attendre des équipements provenant d’autres gouvernorats pour réparer des installations essentielles, appelant à renforcer les moyens techniques disponibles sur le terrain.

Lire aussi: Tunisie : Face à la canicule et aux coupures, la grogne sociale de plus en plus visible

Une politique nationale de l’eau

Après sa visite du complexe de la SONEDE, Kaïs Saïed s’est rendu à Qantara Bizerte, dans la délégation de Kalaât El Andalous, où il a inspecté l’avancement du projet de protection contre les inondations de l’oued Medjerda, réalisé sous la supervision de la Direction générale du génie militaire.

Le chef de l’État a plaidé pour une meilleure valorisation des importantes précipitations enregistrées ces derniers mois, estimant que la Tunisie devait se doter d’une véritable politique nationale de l’eau afin de mieux stocker les ressources disponibles et de limiter les pertes.

Il a également visité le chantier de restauration de la Qantara andalouse, un pont historique construit en 1608, appelant à préserver le patrimoine national.

Au-delà de la visite technique, ce déplacement intervient dans un contexte où les difficultés rencontrées cette semaine sur les réseaux d’eau et d’électricité ont remis au premier plan les enjeux liés à la modernisation des infrastructures publiques et à la gestion des ressources hydriques.

Lire aussi:

L’article Après une semaine de coupures d’eau et d’électricité, Kaïs Saïed réclame des comptes est apparu en premier sur webdo.

  •  

DELTEC : Nouvelle usine de 10 000 m² à Borj Cédria, plus de 500 emplois prévus

Un mois après avoir repris l’usine Cicor de Borj Cédria, le groupe allemand DELTEC prépare une nouvelle phase de son implantation en Tunisie. Selon la FIPA-Tunisia, l’entreprise prévoit la construction d’une unité de production de plus de 10 000 m², un projet qui devrait permettre la création de plus de 500 emplois. L’annonce a été faite à l’occasion de la visite en Tunisie du directeur général du groupe, Carsten Ellermeier, du 14 au 17 juillet.

Une nouvelle étape après le rachat de Cicor

L’annonce ne concerne pas le rachat de l’usine Cicor, déjà finalisé en juin dernier, mais l’extension du dispositif industriel de DELTEC en Tunisie.

Le groupe allemand avait acquis Cicor Digital Tunisie dans le cadre de la restructuration engagée par le groupe suisse Cicor. Cette opération, qui constituait la première implantation industrielle de DELTEC hors d’Allemagne, s’était accompagnée de la reprise du site de Borj Cédria et de ses équipes.

Selon la FIPA, le projet présenté cette semaine prévoit désormais la construction d’une nouvelle unité de production de plus de 10 000 m², venant compléter les installations existantes. L’agence indique que cette extension devrait générer plus de 500 emplois à terme.

À ce stade, ni le calendrier des travaux ni le montant de l’investissement n’ont été communiqués.

Lire aussi: Tunisie : 3.400 emplois s’ajoutent dans l’électronique grâce à Zollner d’ici 2030

Deux industriels, deux stratégies

La montée en puissance annoncée par DELTEC intervient dans un contexte particulier.

Le site de Borj Cédria a été cédé par le groupe suisse Cicor dans le cadre d’un programme de réorganisation industrielle visant à concentrer ses activités et à améliorer sa rentabilité. Parallèlement, Cicor poursuit le développement de ses capacités de production au Maroc.

DELTEC fait le choix inverse. Le groupe allemand entend s’appuyer sur le site tunisien pour accompagner sa croissance internationale. L’entreprise y voit la base de sa première implantation industrielle hors d’Allemagne et prévoit désormais d’y renforcer ses capacités de production.

Un projet suivi par les autorités

Au cours de leur visite en Tunisie, les dirigeants de DELTEC ont rencontré plusieurs responsables tunisiens afin d’évoquer le développement du projet.

La délégation a notamment été reçue par le gouverneur de Ben Arous, Abdelhamid Boukaddida, en présence du directeur général de FIPA-Tunisia, Jalel Tebib. Une seconde réunion s’est tenue au siège de la FIPA avec Mhamed Ben Abid, directeur général du Climat des affaires au ministère de l’Économie et de la Planification, afin d’examiner les modalités d’accompagnement de cette implantation industrielle.

Lire aussi:

L’article DELTEC : Nouvelle usine de 10 000 m² à Borj Cédria, plus de 500 emplois prévus est apparu en premier sur webdo.

  •  

Tunisie : Le marché automobile accélère, les voitures populaires font du surplace

Le marché automobile tunisien confirme sa reprise au premier semestre 2026. Les immatriculations de véhicules neufs progressent de 18,5%, portées par les concessionnaires, le marché parallèle et la montée des marques asiatiques. Dans le même temps, les ventes de voitures populaires restent quasiment stables. Ce contraste met en évidence un marché qui évolue désormais à deux rythmes.

Une reprise portée par les marques asiatiques

Selon les données de la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles, relayées par la TAP, 50.217 véhicules neufs ont été immatriculés en Tunisie durant les six premiers mois de 2026, contre 42.377 un an auparavant, soit une hausse de 18,5%.

Les concessionnaires officiels ont vendu 35.440 véhicules, en progression de 17,7%, tandis que le marché parallèle a atteint 14.777 unités, en hausse de 23%. Ce dernier représente désormais près de 30% de l’activité totale du marché automobile.

Cette croissance est largement portée par les constructeurs asiatiques. Kia conserve la première place du marché avec 3445 véhicules, devant Hyundai, qui en totalise 3394, et Isuzu, avec 2509 unités.

Lire aussi : Un de plus, les constructeurs chinois accélèrent leur offensive sur le marché automobile tunisien

Plusieurs marques chinoises affichent également de fortes progressions, notamment Dongfeng (+287,5%), BYD (+239,5%) et Geely (+155,8%), même si leurs volumes et leurs parts de marché restent encore limités. À l’inverse, plusieurs marques européennes reculent, dont Opel, Fiat, Renault et Volkswagen.

Après le rebond de 2025, un segment resté en retrait

Les données consacrées aux voitures populaires montrent une évolution très différente.

Au premier semestre 2026, 5189 voitures populaires ont été vendues, contre 5255 un an plus tôt, soit un léger recul de 1,3%. Cette évolution contraste avec celle du marché dans son ensemble, même si les ventes ont rebondi au mois de juin, avec une progression de 18,7%.

Ce coup d’arrêt prend un relief particulier au regard de l’année précédente. En 2025, le segment avait enregistré un rebond exceptionnel, avec 9138 voitures populaires vendues, contre 6688 en 2024, soit une progression de 36,6%.

Lire aussi : Automobile en Tunisie : Une croissance à deux vitesses, dominée par l’Asie

Ce volume représentait plus de 91% du quota annuel de 10.000 véhicules annoncé par le ministère du Commerce. La quasi-stagnation observée au premier semestre 2026 tranche ainsi avec cette forte dynamique, sans que les données disponibles permettent encore de déterminer si elle résulte d’un quota inchangé, d’arrivages insuffisants ou du calendrier des importations.

Les modèles commercialisés dans ce régime restent proposés entre 26.790 et 35.000 dinars, avec un prix moyen d’environ 31.430 dinars.

Cette quasi-stagnation ne semble pas traduire une baisse de la demande. Les délais d’attente peuvent dépasser cinq ans, signe que l’intérêt des ménages demeure élevé malgré les difficultés d’accès à ce dispositif.

Un marché à deux vitesses

Rien ne permet d’affirmer qu’une partie des acheteurs se reporte massivement vers les nouveaux modèles chinois ou vers d’autres catégories de véhicules.

Les statistiques montrent surtout que le marché classique et le marché parallèle bénéficient d’une offre plus abondante et plus diversifiée, tandis que le segment des voitures populaires reste dépendant de volumes limités et d’un dispositif d’attribution spécifique.

Le premier semestre 2026 confirme ainsi l’émergence d’un marché automobile à deux vitesses : les ventes globales accélèrent, tandis que les voitures populaires, après leur rebond spectaculaire de 2025, font du surplace.

Lire aussi :

L’article Tunisie : Le marché automobile accélère, les voitures populaires font du surplace est apparu en premier sur webdo.

  •  

Startups tunisiennes : Un nouveau terrain de coopération pour l’Italie

L’Italie ne limite plus sa coopération avec la Tunisie aux infrastructures et à l’énergie. Le 15 juillet, à l’occasion de la deuxième édition des « Innovation Talks » organisée à Tunis par l’Ambassade d’Italie et Terna Innovation Zone, Rome a affiché une nouvelle ambition : faire des startups tunisiennes un levier de coopération économique et technologique.

Des startups au cœur du rapprochement économique

L’événement a mis en lumière deux jeunes entreprises évoluant dans des secteurs jugés stratégiques : la startup italienne Koalisation, spécialisée dans la finance carbone en Afrique subsaharienne, et la Tunisienne ProVerdy, qui développe une plateforme IA de mesure et réduction d’empreinte carbone. Pour Mathieu Meneghini, cofondateur de Koalisation, la Tunisie représente « la porte d’entrée la plus proche de l’Afrique pour l’Italie ».

Lauréate du Startup of the Year Award 2026 lors du Tunisia Investment Forum, ProVerdy a également été retenue dans le programme d’accélération 2026 de Terna Innovation Zone Tunisia.

Selon l’ambassadeur Alessandro Prunas, la Tunisie compte plus de 1 400 startups actives — un chiffre cité sans méthodologie publiée, à considérer comme une estimation, mais qui traduit la perception, côté italien, d’un écosystème en pleine maturité, reposant sur un réseau d’universités, centres de recherche, technopôles, accélérateurs et institutions publiques.

Cette orientation vient compléter une relation déjà dense : l’Italie reste l’un des principaux partenaires commerciaux de la Tunisie, avec près de 7 milliards d’euros d’échanges bilatéraux par an et plus de 1 000 entreprises italiennes implantées sur le territoire.

Le Plan Mattei en toile de fond

Cet intérêt pour les startups s’inscrit dans le Plan Mattei, la stratégie italienne de renforcement économique en Afrique. En Tunisie, elle ne se limite plus aux infrastructures énergétiques et passe désormais par le soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

Créée en janvier 2025, Terna Innovation Zone Tunisia — premier hub africain de Terna, deuxième au monde après San Francisco — en constitue l’un des principaux relais, avec des programmes d’accélération et un accompagnement des startups tunisiennes. Elle complète l’interconnexion électrique ELMED, y ajoutant une dimension innovation et talents.

Des intentions aux réalisations

Aucune annonce d’investissement n’a été formulée lors de cette rencontre. Les « Innovation Talks » confirment néanmoins une évolution de la coopération tuniso-italienne, où l’innovation s’ajoute désormais à l’énergie et à l’industrie comme axe stratégique. Reste à transformer l’essai : entre les cadres institutionnels multipliés ces derniers mois — ELMED, Terna Innovation Zone, désormais les Innovation Talks — et l’absence, pour l’instant, de financements dédiés aux startups elles-mêmes, la prochaine édition sera à surveiller pour juger si Rome passe du symbole à l’investissement mesurable.

Lire aussi:

L’article Startups tunisiennes : Un nouveau terrain de coopération pour l’Italie est apparu en premier sur webdo.

  •  

Tunisie-Chine : Les ambitions du CADFund pour les PME tunisiennes

La Tunisie poursuit ses discussions avec le China-Africa Development Fund (CADFund), un fonds d’investissement chinois spécialisé dans les projets africains. Lors d’une réunion tenue le 14 juillet à Pékin avec Abdelkhalek Dhakkar, chargé de la coopération économique et de l’investissement à l’ambassade de Tunisie en Chine, Li Shibao, directeur du bureau Afrique du Nord et Afrique de l’Est du CADFund, a réaffirmé l’intérêt du fonds pour les opportunités d’investissement en Tunisie et évoqué un soutien financier et technique aux projets de petites et moyennes entreprises (PME).

Cette annonce traduit une volonté de renforcer la coopération économique entre les deux pays. Mais signifie-t-elle que les entreprises tunisiennes pourront bientôt accéder à un nouveau mécanisme de financement ?

Pourquoi le CADFund n’est pas une banque classique

Créé en 2007 et placé sous l’égide de la Banque de développement de Chine, le China-Africa Development Fund est l’un des principaux instruments de soutien aux investissements chinois en Afrique. Après l’annonce d’une dotation supplémentaire de 5 milliards de dollars en 2015, la taille prévue du fonds a été portée à 10 milliards de dollars.

Contrairement à une banque de développement classique, le CADFund intervient principalement par des prises de participation au capital des entreprises et des projets. Il peut également recourir à des instruments de quasi-capital, investir dans d’autres fonds et apporter des services de conseil en matière de financement et de structuration.

Sa mission consiste d’abord à accompagner les entreprises chinoises investissant en Afrique et à rapprocher partenaires chinois et africains. Il peut toutefois également investir dans des entreprises africaines et dans des projets de coopération associant les deux parties.

Selon les dernières données communiquées par la China Development Bank, le CADFund avait engagé, fin août 2025, plus de 8,7 milliards de dollars dans 39 pays africains, contribuant à mobiliser plus de 32,8 milliards de dollars d’investissements et de financements d’entreprises chinoises sur le continent.

Le fonds cible notamment l’agriculture, l’industrie manufacturière, les infrastructures, les parcs industriels et le développement des ressources. Les projets sont sélectionnés en fonction de leur intérêt stratégique, de leur équilibre financier et de leur viabilité à long terme.

Une coopération engagée depuis mars 2026

Les échanges entre la Tunisie et le CADFund ne datent pas de cette semaine.

Fin mars 2026, une délégation conduite par Li Shibao s’était rendue en Tunisie pour rencontrer les responsables de la FIPA-Tunisia et de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII). Les discussions avaient porté sur les opportunités d’investissement offertes par la Tunisie ainsi que sur les secteurs susceptibles d’intéresser les entreprises chinoises.

Le fonds a ensuite participé au Tunisia Investment Forum des 25 et 26 juin 2026 avant cette nouvelle réunion organisée à Pékin le 14 juillet.

À chaque étape, les échanges se sont intensifiés. Lors de la dernière rencontre, les deux parties ont examiné les moyens de renforcer leur coopération économique ainsi que les possibilités d’un soutien financier et technique à des projets portés par des PME opérant dans des secteurs prioritaires.

En revanche, aucun projet identifié, aucun montant d’investissement et aucun calendrier de mise en œuvre n’ont été annoncés.

Les PME tunisiennes devront encore patienter

À ce stade, aucun mécanisme spécifique permettant aux PME tunisiennes de solliciter le CADFund n’a été annoncé. La documentation du fonds indique toutefois qu’il est ouvert aux entreprises éligibles et que les projets peuvent être recommandés par les gouvernements ou les organismes concernés. En pratique, son intervention reste principalement orientée vers les investissements chinois en Afrique et vers les projets africains associés à des partenaires chinois.

Les autorités n’ont pas précisé si les entreprises tunisiennes concernées devront être associées à des partenaires chinois, ni si le soutien prendra la forme de prises de participation, de cofinancements ou d’un accompagnement technique.

Autrement dit, les discussions engagées depuis plusieurs mois ouvrent une perspective de coopération, mais ne constituent pas encore un dispositif opérationnel de financement.

Pour transformer cette coopération en investissements concrets, la Tunisie devra présenter des projets suffisamment structurés, rentables et compatibles avec la stratégie du CADFund. Le fonds investissant avant tout dans des projets à fort potentiel économique, la qualité des dossiers sera déterminante.

Les prochains mois permettront de mesurer si ce rapprochement diplomatique débouche sur des réalisations concrètes ou s’il reste au stade des intentions.

Lire aussi:

L’article Tunisie-Chine : Les ambitions du CADFund pour les PME tunisiennes est apparu en premier sur webdo.

  •  

Extradition de Fergie Chambers : Pourquoi la gauche espagnole veut faire barrage

Quelques jours après l’arrestation à Ibiza de l’homme d’affaires américain James « Fergie » Chambers, treize formations de gauche espagnoles demandent au gouvernement de Pedro Sánchez de s’opposer à son extradition vers les États-Unis. Au-delà du dossier judiciaire, l’affaire prend désormais une dimension politique, ses soutiens estimant que les poursuites pourraient être liées à son engagement en faveur de la cause palestinienne. Cette mobilisation peut-elle réellement influer sur la procédure ?

Une lettre adressée directement à deux ministres

Selon le média espagnol El Salto, treize formations politiques ont adressé une lettre au ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, ainsi qu’au ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes, Félix Bolaños.

La démarche est soutenue par la CUP, ERC, Comuns, EH Bildu, BNG, Somos Asturies, Més per Mallorca, Compromís, Izquierda Unida, Adelante Andalucía, Podemos, Sumar et Más Madrid. Plusieurs députés nationaux figurent également parmi les signataires, dont Gabriel Rufián, Gerardo Pisarello, Ione Belarra, Oskar Matute et Enrique Santiago.

Les élus demandent au gouvernement espagnol d’exiger des autorités américaines l’ensemble des éléments justifiant les poursuites engagées contre Chambers. Ils souhaitent notamment vérifier que les faits reprochés relèvent bien d’infractions pénales et non de ses activités politiques, de ses dons humanitaires ou de son soutien à des médias et organisations engagés en faveur de la population palestinienne.

Pour les signataires, cette affaire pourrait relever d’une persécution à caractère politique. Cette analyse est également défendue par Chambers et ses soutiens, mais elle n’a, à ce stade, été reconnue ni par la justice espagnole ni par une décision judiciaire américaine.

Le gouvernement espagnol peut encore avoir le dernier mot

La mobilisation des treize formations n’est pas seulement symbolique. En Espagne, une demande d’extradition suit deux étapes distinctes : une phase judiciaire, puis, si les juges déclarent la demande recevable, une phase politique.

L’Audiencia Nacional doit d’abord déterminer si les conditions juridiques de l’extradition sont réunies. Si elle rejette définitivement la demande, la procédure s’arrête.

En revanche, une décision favorable des juges n’oblige pas automatiquement l’exécutif à remettre la personne recherchée. La loi espagnole sur l’extradition passive permet au gouvernement de refuser l’extradition pour des motifs liés notamment à la souveraineté nationale, à la sécurité, à l’ordre public ou à d’autres intérêts essentiels de l’État. Elle prévoit également la possibilité de refuser une extradition lorsqu’il existe des raisons sérieuses de penser qu’une demande présentée comme une affaire de droit commun poursuit en réalité une personne en raison de ses opinions politiques.

La lettre adressée au gouvernement vise donc à peser sur cette éventuelle décision politique. Elle ne suspend toutefois ni la procédure judiciaire ni les travaux de l’Audiencia Nacional.

Des accusations encore largement inconnues du public

Fergie Chambers a été arrêté le 10 juillet à Ibiza à la demande des autorités américaines. Selon les informations relayées par El Salto et plusieurs médias internationaux, il est soupçonné de blanchiment d’argent et d’avoir tenté de fournir un soutien matériel à des organisations terroristes étrangères.

À ce stade, l’acte d’accusation complet n’a toutefois pas été rendu public. Les autorités américaines n’ont pas diffusé les documents détaillant l’ensemble des faits reprochés, ce qui ne permet pas de vérifier de manière indépendante l’intégralité des accusations relayées.

Les soutiens de Chambers affirment, de leur côté, que les fonds concernés étaient destinés à des projets humanitaires, à des organisations de défense des droits humains ainsi qu’au Club Africain. Cette version constitue leur ligne de défense et n’a pas, à ce stade, été validée par une décision de justice.

Installé en Tunisie depuis la fin de 2023, où il s’est notamment illustré par son soutien financier au Club Africain, Fergie Chambers fait désormais face à une affaire qui dépasse le seul cadre judiciaire. Si les juges espagnols valident la demande américaine, le gouvernement de Pedro Sánchez pourrait être amené à trancher un dossier devenu autant politique que juridique.

Lire aussi:

L’article Extradition de Fergie Chambers : Pourquoi la gauche espagnole veut faire barrage est apparu en premier sur webdo.

  •  

STEG : A quoi serviront réellement les 468 millions de dollars approuvés par l’ARP ?

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a approuvé ce mardi les garanties de l’État tunisien pour deux financements accordés à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et le Fonds pour les technologies propres (CTF), pour un montant total de 468 millions de dollars (384,8 millions d’euros + 30 millions de dollars). Les deux accords, signés en novembre 2025, s’inscrivent dans le programme TEREG de la Banque mondiale, qui vise à moderniser le réseau électrique tunisien et à préparer le pays à porter la part des énergies renouvelables à 35 % de sa capacité électrique installée d’ici 2030.

Au-delà du vote parlementaire, ces financements ne constituent pas une aide destinée à combler les difficultés financières de la STEG. Ils doivent accompagner une transformation en profondeur des infrastructures électriques afin de répondre à une demande en hausse et d’accélérer la transition énergétique.

Que vient réellement d’approuver l’ARP ?

Le Parlement n’a pas approuvé une subvention, mais deux projets de loi autorisant l’État tunisien à garantir des prêts contractés par la STEG.

Le premier financement, accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), représente 384,8 millions d’euros soit environ 438,4 millions de dollars. Il est complété par un prêt concessionnel de 30 millions de dollars du Fonds pour les technologies propres (Clean Technology Fund), destiné à soutenir les investissements liés aux énergies renouvelables.

Les deux accords ont été signés le 3 novembre 2025 dans le cadre du programme Tunisia Energy Reliability, Efficiency and Governance Improvement Program (TEREG). La garantie de l’État était une condition indispensable à leur entrée en vigueur.

Concrètement, l’État ne verse pas 468 millions de dollars à la STEG. Il s’engage à garantir le remboursement de ces financements, ce qui permet à l’entreprise publique de bénéficier de conditions d’emprunt plus avantageuses auprès des bailleurs internationaux.

Moderniser un réseau appelé à évoluer

Selon la Banque mondiale, le programme TEREG doit permettre de préparer le réseau électrique tunisien aux profondes mutations attendues au cours des prochaines années.

La Tunisie ambitionne d’intégrer jusqu’à 2,8 gigawatts (GW) de nouvelles capacités de production issues des énergies renouvelables. Pour atteindre cet objectif, la Banque mondiale estime que près de 2,8 milliards de dollars d’investissements privés devront être mobilisés dans le secteur de l’électricité.

Les 468 millions de dollars approuvés par l’ARP constituent l’un des leviers de cette stratégie. Ils serviront notamment à moderniser les postes électriques, renforcer certaines lignes de transport et de distribution, améliorer les systèmes numériques de pilotage du réseau et réduire les pertes techniques qui affectent encore son efficacité.

Le programme prévoit également d’améliorer la gouvernance de la STEG et de faciliter le raccordement de nouveaux producteurs privés d’électricité solaire et éolienne. Le prêt concessionnel de 30 millions de dollars est spécifiquement destiné à accompagner cette intégration des énergies renouvelables au réseau national.

À lui seul, ce financement ne transformera pas le secteur électrique tunisien. Il constitue toutefois une étape importante d’un programme plus vaste destiné à rendre le réseau capable d’absorber une production d’électricité plus diversifiée et plus décarbonée.

Lire aussi: Énergie : La Tunisie et la BM accélèrent sur trois chantiers électriques stratégiques

Quels bénéfices pour les consommateurs ?

Les effets de ces investissements ne seront pas immédiats, mais les objectifs affichés sont clairement identifiés.

La Banque mondiale prévoit une amélioration progressive de la qualité de l’alimentation électrique, une réduction des interruptions de service, une diminution des pertes sur le réseau et une meilleure efficacité opérationnelle de la STEG. Le programme vise également à renforcer la situation financière de l’entreprise publique, notamment grâce à une amélioration du recouvrement des coûts et à une baisse progressive du coût moyen d’approvisionnement en électricité grâce au développement des énergies renouvelables.

En revanche, ces financements ne signifient pas une baisse automatique des tarifs de l’électricité. Leur objectif est avant tout d’améliorer la fiabilité des infrastructures, d’accompagner la transition énergétique et de renforcer la capacité du réseau à répondre aux besoins futurs du pays.

Les résultats seront évalués au travers d’indicateurs de performance définis par la Banque mondiale, qui suivra la mise en œuvre du programme au cours des prochaines années.

Les 468 millions de dollars en chiffres

  • 384,8 millions d’euros : prêt de la Banque mondiale (BIRD).
  • 30 millions de dollars : prêt du Clean Technology Fund.
  • 3 novembre 2025 : signature des deux accords de financement.
  • 2,8 GW : nouvelles capacités d’énergies renouvelables que le réseau devra pouvoir intégrer.
  • 2,8 milliards de dollars : investissements privés que le programme ambitionne de mobiliser.
  • 35 % : objectif national de capacité électrique installée issue des énergies renouvelables à l’horizon 2030.

Lire aussi:

L’article STEG : A quoi serviront réellement les 468 millions de dollars approuvés par l’ARP ? est apparu en premier sur webdo.

  •  

Météo en Tunisie : Jusqu’à 46°C attendus ce mardi avec une légère hausse des températures

Après un week-end déjà marqué par des températures élevées, la chaleur gagnera encore un peu de terrain ce mardi 14 juillet 2026, notamment dans le nord du pays. Selon les prévisions de l’Institut national de la météorologie (INM), le temps sera généralement ensoleillé à peu nuageux sur l’ensemble de la Tunisie.

Des maximales jusqu’à 46°C à l’intérieur du pays

Les températures maximales varieront entre 35 et 40°C sur les régions côtières de l’Est et les zones montagneuses. Dans le reste du pays, elles atteindront entre 41 et 46°C, avec l’apparition du sirocco, un vent chaud susceptible d’accentuer la sensation de chaleur.

Cette légère hausse concerne principalement les régions du nord, tandis que les fortes chaleurs se maintiennent dans l’intérieur du pays.

Vent plus soutenu dans le sud l’après-midi

Le vent soufflera du sud-est sur le nord et le centre, et de secteur est sur le sud. Il sera relativement fort près des côtes et faible à modéré ailleurs.

Au cours de l’après-midi, il se renforcera dans le sud, où des tourbillons locaux de sable pourraient se former par endroits. En mer, les conditions seront agitées à localement assez agitées.

Les autorités sanitaires recommandent de limiter les activités physiques aux heures les plus chaudes, de s’hydrater régulièrement et de redoubler de vigilance pour les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de maladies chroniques.

Lire aussi:

L’article Météo en Tunisie : Jusqu’à 46°C attendus ce mardi avec une légère hausse des températures est apparu en premier sur webdo.

  •  

Sánchez à Alger : Pourquoi cette visite concerne aussi la Tunisie

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, effectuera le 20 juillet une visite officielle à Alger, confirmée par la Moncloa, afin de tourner la page de la crise diplomatique ouverte en 2022 après son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Au-delà du réchauffement des relations entre Madrid et Alger, cette visite illustre une évolution plus profonde : en Méditerranée occidentale, les intérêts énergétiques, commerciaux et sécuritaires prennent progressivement le pas sur les différends politiques. Une dynamique qui intéresse directement la Tunisie, confrontée depuis plusieurs années à la délicate gestion de ses relations avec l’Algérie et le Maroc.

Pourquoi cette visite intéresse directement la Tunisie ?

À première vue, le déplacement de Pedro Sánchez relève de la politique étrangère espagnole. Pourtant, il éclaire les défis auxquels la diplomatie tunisienne est confrontée depuis plusieurs années.

La Tunisie continue d’affirmer une position de neutralité sur le Sahara occidental et son attachement à une solution conforme aux résolutions des Nations unies. Cette posture a toutefois été fragilisée en août 2022, lorsque l’accueil du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, lors de la TICAD organisée à Tunis avait provoqué une grave crise diplomatique avec le Maroc, qui avait rappelé son ambassadeur.

Une tentative de rapprochement avait été observée en août 2024, avec une rencontre à Marseille entre le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch et le ministre tunisien des Affaires étrangères Nabil Ammar. Les échanges avaient témoigné d’une volonté de renouer le dialogue, sans pour autant effacer les divergences autour du Sahara occidental.

Lire aussi : Le Maroc et la Tunisie, vers un dégel diplomatique ? (2024)

Parallèlement, la coopération stratégique entre la Tunisie et l’Algérie s’est renforcée, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et de la coordination politique. En avril 2025, Webdo rapportait également, sur la base d’informations publiées par plusieurs médias marocains, que des pressions auraient été exercées par Alger afin que Tunis accueille des membres ou des activités liés au Front Polisario. Ces informations n’ont toutefois jamais été confirmées officiellement par Tunis ou Alger. À la même période, certains responsables politiques américains évoquaient un possible classement du Front Polisario comme organisation terroriste, un scénario qui, s’il venait à se concrétiser, pourrait avoir des conséquences diplomatiques pour les États concernés.

Lire aussi : Tunisie-Algérie : Pressions autour du Polisario pour éviter des sanctions américaines ? (2025)

Dans ce contexte, le rapprochement entre Madrid et Alger constitue un précédent que Tunis observera avec attention.

Comment Madrid et Alger ont-ils tourné la page de la crise ?

La crise entre l’Espagne et l’Algérie remonte à mars 2022, lorsque Pedro Sánchez avait apporté son soutien au plan d’autonomie défendu par le Maroc pour le Sahara occidental, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, et qualifié par Madrid de solution « la plus sérieuse, réaliste et crédible ».

L’Algérie, principal soutien du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur avant de suspendre, le 8 juin 2022, le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé vingt ans plus tôt. Les échanges commerciaux avaient été fortement perturbés par des restrictions bancaires, tandis que les livraisons de gaz vers l’Espagne étaient maintenues.

Le dégel s’est amorcé fin 2023 avec le retour d’un ambassadeur algérien à Madrid. En mars 2026, la visite du ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares à Alger a permis de réactiver officiellement le traité d’amitié. Le président Abdelmadjid Tebboune avait alors évoqué un rapprochement guidé « par la raison et par le cœur ».

Pour Alger, cette normalisation ne traduit toutefois aucun changement de position sur le Sahara occidental. Elle reflète plutôt une volonté de dissocier ce différend de la coopération économique et énergétique avec l’Espagne.

La visite de Pedro Sánchez du 20 juillet doit symboliser la normalisation des relations entre les deux pays.

L’énergie est-elle devenue la priorité ?

Le calendrier du déplacement montre que les considérations économiques occupent désormais une place centrale.

Pedro Sánchez sera accompagné de la troisième vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, signe que les questions énergétiques seront au cœur des discussions.

L’Algérie est redevenue le premier fournisseur de gaz de l’Espagne, devant les États-Unis et la Russie. Les échanges commerciaux entre les deux pays avoisinent désormais 8,5 milliards d’euros, après avoir fortement reculé au plus fort de la crise diplomatique.

Pour Madrid comme pour Alger, l’énergie apparaît aujourd’hui comme le principal moteur du rapprochement, illustrant une approche plus pragmatique des relations internationales.

Lire aussi : Guerre en Iran : La Tunisie commence-t-elle à en tirer profit ?

Le Sahara occidental reste pourtant au cœur des divergences

Cette normalisation ne signifie pas que les positions des deux pays se sont rapprochées sur le Sahara occidental.

Madrid continue de considérer le plan marocain d’autonomie comme la base « la plus sérieuse, réaliste et crédible » d’un règlement du conflit, tandis que l’Algérie maintient son soutien au Front Polisario.

En parallèle, le Parlement espagnol examine une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés avant le 11 août 1977, lorsque le territoire était encore administré par l’Espagne. Si elle était adoptée, cette mesure constituerait davantage un geste politique intérieur qu’un changement de doctrine diplomatique.

Autrement dit, l’Espagne cherche aujourd’hui à préserver simultanément son partenariat stratégique avec Rabat et sa coopération retrouvée avec Alger.

Un précédent diplomatique pour le Maghreb ?

La visite de Pedro Sánchez ne modifiera pas les rapports de force entre l’Algérie et le Maroc, dont les relations diplomatiques restent rompues depuis 2021.

Elle montre toutefois qu’un État peut chercher à maintenir des relations de travail avec Alger sans renoncer à son partenariat avec Rabat. Cette logique de pragmatisme répond aux nouveaux impératifs de sécurité énergétique, de coopération économique et de stabilité régionale qui s’imposent désormais à l’ensemble du bassin méditerranéen.

Pour la Tunisie, la situation demeure plus délicate. Sa proximité stratégique avec l’Algérie, la dégradation de ses relations avec le Maroc et la sensibilité du dossier du Sahara occidental réduisent sa marge de manœuvre diplomatique.

La visite de Pedro Sánchez montre néanmoins qu’un désaccord politique majeur n’empêche pas nécessairement la reprise du dialogue et des échanges. Sans être directement transposable au contexte tunisien, le cas espagnol rappelle qu’il est possible de renouer des relations pragmatiques sans renoncer à ses positions de principe. Pour la Tunisie, l’enjeu sera surtout de préserver ses intérêts stratégiques avec l’Algérie tout en évitant que la crise avec le Maroc ne s’installe durablement.

Lire aussi : Tunnel entre la Tunisie et la Sicile : une étude italienne relance l’idée d’un projet à 40 milliards d’euros

L’article Sánchez à Alger : Pourquoi cette visite concerne aussi la Tunisie est apparu en premier sur webdo.

  •  

Tunnel entre la Tunisie et la Sicile : Une étude italienne relance l’idée d’un projet à 40 milliards d’euros

Relier la Tunisie à la Sicile par un tunnel sous-marin de 140 kilomètres : cette idée spectaculaire a été remise sur la table le 11 juin 2026 lors de la quatrième édition du Luiss Diplomatic and Security Forum (DiploSec), organisé à Rome par le Center for International and Strategic Studies (CISS) de l’université Luiss. Interrogé à cette occasion par l’agence italienne Adnkronos, le directeur du CISS, Raffaele Marchetti, a présenté les grandes lignes d’une étude de préfaisabilité visant à connecter l’Europe et l’Afrique par une liaison fixe. Le projet ne bénéficie toutefois, à ce stade, d’aucun engagement officiel des gouvernements italien ou tunisien.

Un tunnel de 140 kilomètres à 300 mètres de profondeur

Présentée par Raffaele Marchetti, directeur du CISS et du forum DiploSec, l’infrastructure mesurerait environ 140 kilomètres et atteindrait une profondeur de 300 mètres. Son coût préliminaire est évalué entre 30 et 40 milliards d’euros.

Avec de telles dimensions, le tunnel dépasserait largement le tunnel sous la Manche, long d’une cinquantaine de kilomètres. Il serait également beaucoup plus long que la liaison fixe étudiée entre l’Espagne et le Maroc, utilisée par les promoteurs italiens comme principal point de comparaison.

Marchetti présente d’ailleurs cette concurrence comme une question stratégique : l’Italie doit, selon lui, décider si elle veut prendre les devants dans l’intégration des infrastructures entre l’Europe et l’Afrique ou laisser cet avantage à l’axe Espagne-Maroc.

Une liaison de 140 kilomètres entre l’Europe et l’Afrique

Interrogé par Adnkronos en marge du forum DiploSec, Raffaele Marchetti explique que le CISS étudie la préfaisabilité d’un tunnel sous-marin d’environ 140 kilomètres, à une profondeur pouvant atteindre 300 mètres. Son coût est estimé entre 30 et 40 milliards d’euros.

S’il voyait le jour, il deviendrait la plus longue liaison fixe sous-marine jamais envisagée. À titre de comparaison, le tunnel sous la Manche mesure un peu plus de 50 kilomètres, tandis que le projet de tunnel reliant l’Espagne au Maroc, actuellement à l’étude, atteindrait une trentaine de kilomètres.

Pour le directeur du CISS, cette réflexion dépasse le simple défi technique. Elle s’inscrit aussi dans une logique stratégique : l’Italie doit décider si elle souhaite jouer un rôle central dans les futures connexions entre l’Europe et l’Afrique ou laisser l’axe Espagne-Maroc prendre une longueur d’avance.

Une infrastructure pensée pour les transports, l’énergie et les données

Le projet ne consiste pas uniquement à faire circuler des trains. Le CISS imagine une infrastructure dite « multiutility », capable d’accueillir à la fois des voyageurs, des marchandises, des lignes électriques, des câbles de télécommunications et des infrastructures numériques.

Selon Raffaele Marchetti, le tunnel constituerait le prolongement naturel du futur pont sur le détroit de Messine, actuellement porté par le gouvernement italien. L’objectif serait de créer un corridor continu reliant l’Europe continentale à la Sicile, puis à la Tunisie, au cœur d’une Méditerranée devenue stratégique pour les flux commerciaux, énergétiques et numériques.

Cette vision s’inscrit dans les travaux de DiploSec 2026 consacrés aux infrastructures critiques, à la sécurité des fonds marins, aux routes énergétiques et aux câbles sous-marins reliant l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Une ambition ancienne toujours au stade des études

Pour le directeur du CISS, les principaux obstacles ne sont pas nécessairement techniques. Il estime que les conditions géologiques et climatiques permettraient théoriquement la réalisation d’un tel ouvrage, tandis que les véritables défis sont d’ordre politique, géopolitique et financier.

À ce jour, aucune étude d’ingénierie détaillée n’a été publiée. Le tracé exact du tunnel, les villes qui seraient reliées, le nombre de tubes, les entreprises susceptibles de participer au chantier ou encore les modalités de financement restent inconnus. Aucun accord n’a par ailleurs été annoncé entre Rome et Tunis et l’Union européenne ne s’est pas prononcée sur une éventuelle participation.

L’idée d’une liaison fixe entre la Tunisie et la Sicile n’est toutefois pas nouvelle. En 2017, le projet « TuneIT », porté par l’Association des ingénieurs méditerranéens basée à Rome, envisageait déjà une infrastructure d’environ 130 kilomètres reliant El Haouaria à la Sicile. Estimé à près de 100 milliards de dollars, il combinait un tunnel sous-marin, plusieurs ponts et des îles artificielles, sans jamais dépasser le stade des études.

L’étude présentée aujourd’hui par le Centre d’études internationales stratégiques (CISS) s’inscrit dans cette continuité, mais privilégie un tunnel évalué à environ 40 milliards d’euros. Elle relance ainsi le débat sur une éventuelle connexion permanente entre l’Europe et l’Afrique, même si sa concrétisation reste, à ce stade, entièrement tributaire de décisions politiques et de financements qui n’existent pas encore.

Lire aussi:

L’article Tunnel entre la Tunisie et la Sicile : Une étude italienne relance l’idée d’un projet à 40 milliards d’euros est apparu en premier sur webdo.

  •  
❌