En visite au Kenya, Emmanuel Macron a affirmé, dimanche 10 mai, que « l’ère du pré carré français en Afrique est terminée », marquant une nouvelle étape dans la tentative de Paris de redéfinir sa relation avec le continent africain. Cette déclaration intervient à l’occasion du sommet « Africa Forward », organisé à Nairobi, la capitale du Kenya, les 11 et 12 mai, premier grand sommet Afrique-France tenu dans un pays anglophone.
Le chef de l’État français cherche à promouvoir ce qu’il présente comme une « relation refondée » avec l’Afrique, davantage axée sur les partenariats économiques, l’investissement privé, l’innovation, l’éducation et les échanges culturels, plutôt que sur les anciennes logiques d’influence héritées de la période postcoloniale.
À Nairobi, William Ruto et Emmanuel Macron doivent coprésider plusieurs rencontres réunissant chefs d’État africains, dirigeants d’entreprise et responsables d’institutions financières internationales. Le sommet doit notamment porter sur le financement du développement en Afrique, la transition énergétique, l’intelligence artificielle et les infrastructures.
Pour la première fois, ce rendez-vous diplomatique majeur se déroule hors de l’espace francophone traditionnel. Le choix du Kenya, puissance économique d’Afrique de l’Est et partenaire stratégique de Paris, symbolise la volonté française d’élargir son influence vers les pays anglophones du continent.
Toujours côté diplomatique, plusieurs chefs d’Etat du continent devraient être présents à Nairobi, entre autres le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le Congolais Félix Tshisekedi, le Rwandais Paul Kagame, le Nigérian Bola Tinubu, le Ghanéen John Dramani Mahama ainsi que l’Ivoirien Alassane Ouattara ou le Guinéen Mamadi Doumbouya.
Cette évolution est due à un contexte de recul marqué de la présence française en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Depuis les coups d’État intervenus au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre 2020 et 2023, plusieurs régimes ont rompu leur coopération avec Paris et obtenu le départ des forces françaises. C’est le cas entre du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron affirme vouloir rompre avec la logique de la « Françafrique », système historiquement associé aux réseaux d’influence politique, militaire et économique entretenus par Paris dans ses anciennes colonies africaines.
Mais la France fait désormais face à une concurrence croissante de la Chine, des pays du Golfe, de la Turquie ou encore de la Russie sur le continent africain. Au Kenya lui-même, plusieurs grands projets d’infrastructures initialement attribués à des groupes français ont finalement été confiés à des entreprises chinoises.
A noter par ailleurs que Emmanuel Macron, après le sommet de Nairobi, se rendra également En Éthiopie.
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