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Tunisie : Le déficit énergétique se maintient à près de 3 milliards de dinars

Le déficit de la balance commerciale énergétique de la Tunisie est resté quasi stable à fin mars 2026, se situant à 2969 millions de dinars (contre 2937 MD en mars 2025), selon les données publiées par l’Observatoire national de l’énergie et des mines dans son dernier rapport sur la conjoncture énergétique. Cette évolution intervient dans un contexte marqué à la fois par une hausse des exportations de produits énergétiques et une progression plus modérée des importations, sur fond de volatilité des cours du pétrole et des changes.

Une hausse des exportations énergétiques

D’après le rapport, cette stabilité intervient malgré une progression des exportations de produits énergétiques en valeur de 25%. Dans le même temps, les importations énergétiques ont également augmenté, mais à un rythme plus limité, avec une hausse de 3% en valeur.

L’Observatoire précise que les échanges commerciaux dans le secteur de l’énergie restent fortement influencés par plusieurs facteurs, notamment les volumes échangés, l’évolution du taux de change dollar/dinar ainsi que les cours du pétrole Brent, référence utilisée pour la fixation des prix des hydrocarbures importés et exportés.

Le Brent en forte hausse

Au cours du mois de mars 2026, les prix du Brent ont enregistré une hausse de 31 dollars par baril par rapport à la même période de l’année précédente. Selon le rapport, cette augmentation est liée aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés internationaux de l’énergie.

Parallèlement, le dinar tunisien a enregistré une amélioration de 6% face au dollar américain par rapport à la même période de 2025. Le dollar demeure la principale devise utilisée dans les échanges des produits énergétiques, ce qui rend le secteur particulièrement sensible aux fluctuations du marché des changes.

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Transition énergétique : La Tunisie face à l’impératif de réduire un déficit de 65%

La Tunisie n’a désormais « pas d’autre choix » que d’accélérer sa transition énergétique. C’est le message fort lancé mercredi par Belhassen Chiboub, directeur général de l’électricité et de la transition énergétique au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

Face à un déficit du bilan énergétique ayant atteint près de 65% en 2025, le responsable a insisté sur l’urgence de sécuriser l’approvisionnement du pays tout en soutenant une croissance économique durable.

Deux piliers pour sécuriser l’avenir énergétique

Intervenant lors d’une journée d’information sur « le rôle des médias dans le renforcement de la transition énergétique en Tunisie », organisée à l’initiative de Agence Tunis Afrique Presse, Belhassen Chiboub a expliqué que la stratégie tunisienne repose sur deux leviers majeurs : le développement de la production d’électricité à partir des énergies renouvelables et la maîtrise de la consommation énergétique.

Selon lui, le dispositif national de production verte s’appuie sur trois systèmes complémentaires : l’autoproduction, le régime des autorisations et le système des concessions. Cette architecture doit permettre de répondre aux besoins croissants du pays en électricité à partir de ressources locales.

Réduire les coûts et alléger la facture de l’État

Au-delà de l’enjeu de souveraineté énergétique, le responsable a mis en avant la dimension économique stratégique de cette transition.

Le recours accru aux renouvelables vise à réduire le coût de production de l’électricité ; alléger les charges de compensation supportées par le budget de l’État ; diminuer les coûts pesant sur les entreprises ; renforcer leur compétitivité.

Il a également souligné l’émergence progressive d’un écosystème national des énergies renouvelables, mobilisant des compétences tunisiennes, des entreprises locales ainsi que plusieurs institutions, dont l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, le ministère de l’Industrie et Société tunisienne de l’électricité et du gaz.

L’essor de cette filière devrait aussi contribuer à réduire les importations énergétiques, soulageant ainsi la pression sur les réserves en devises et améliorant la balance commerciale.

Un impact environnemental et social attendu

Belhassen Chiboub a également insisté sur les retombées environnementales et sociales de cette mutation.

Le développement des projets solaires et renouvelables doit permettre de réduire les émissions de carbone ; créer de nouveaux emplois, notamment dans les régions intérieures ; mieux répartir les investissements sur l’ensemble du territoire.

La Tunisie ambitionne d’ailleurs de réduire de 46% les émissions de CO₂ dans le secteur énergétique et de porter à 35% la part de l’électricité produite à partir des renouvelables.

Avec un déficit énergétique estimé à 11,1 milliards de dinars en 2025, multiplié par quatre en dix ans, la transition énergétique apparaît plus que jamais comme un enjeu de souveraineté nationale.

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