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Vient de paraître – « Dictionnaire des féministes » : Devoir de mémoire et rigueur historique

Un siècle de luttes, de revendications et d’engagements féministes enfin réunis dans un même ouvrage. Publié aux éditions Santillana sous la direction de l’historienne Dalenda Larguèche, le « Dictionnaire des féministes – Tunisie, un siècle de féminisme » retrace les parcours et les combats de plus d’une centaine de femmes ayant marqué l’histoire du féminisme […]

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« Asch » à El Teatro : Entre absurde et réflexion psychosociale

Sans se limiter à une narration réaliste, Asch semble s’inscrire dans une forme de théâtre qui mêle fiction, satire et réflexion contemporaine. La Presse — La pièce « Asch », écrite par Nadra Achour et Amen Allah El Ghezal et mise en scène par Amen Allah El Ghezal, sera présentée le 30 mai 2026 à 19h30. Cette […]

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Le ministère de l’Agriculture se pare contre les cybermenaces

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche vient de lancer un vaste programme de cybersécurité en imposant l’installation et l’activation d’un logiciel antivirus sur l’ensemble des postes informatiques de ses administrations centrales.

Qualifiée d’urgente par le département, cette mesure constitue la réponse à une recrudescence des cybermenaces ciblant les infrastructures numériques de l’État, explique le ministère. Le dispositif repose sur une circulaire ministérielle adressée le 25 mai aux directeurs généraux, dont le caractère est sans appel : « outre l’obligation d’équiper tous les postes de travail, le texte interdit formellement toute désactivation du logiciel, « sous aucun prétexte ».

Et le ministère prévient que tout manquement exposerait les systèmes à de graves risques susceptibles de compromettre la continuité du service public et l’intégrité des données de l’État. Car la menace est prise au sérieux. En effet, les cyberattaques par virus ou logiciels malveillants peuvent aujourd’hui provoquer des dommages considérables, allant de la fuite de données souveraines à la paralysie totale des services numériques. Ce déploiement massif vise à devancer ces scénarios en adoptant une posture résolument préventive.

Pour garantir l’efficacité de l’opération, les services centraux sont tenus de respecter scrupuleusement les protocoles techniques établis et d’assurer une coordination permanente avec la direction de l’informatique. L’objectif affiché du ministère est de doter l’administration d’un environnement numérique hautement sécurisé, gage de résilience face aux menaces croissantes du cyberespace.

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Chœur des Chants Grecs de Tunis : concert caritatif à l’Espace Mad’art le 2 juin

Le Chœur de Chants Grecs de Tunis, sous la direction du Maestro Zied Ben Amor, chantera son nouveau répertoire, le 2 juin à 19h pour l’Association Diar El Amal à l’Espace Mad’art. La première partie sera assurée par Yaensen qui présentera ses dernières créations. Toutes les recettes seront reversées à l’Association Diar ElAmal qui s’occupe […]

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Climat, sécheresse et manque de subventions : l’alerte des agriculteurs

En marge de la 27ᵉ édition du Forum de l’Économiste Maghrébin 2026, Mokhtar Ben Mechichi, directeur technique à Pépinière Mabrouka, souligne que les mécanismes d’encouragement à l’investissement agricole demeurent avant tout fiscaux. Si la législation prévoit certains avantages pour soutenir le secteur, les subventions directes restent encore peu perceptibles sur le terrain, leur application concrète étant jugée incertaine et difficile à anticiper pour les agriculteurs.

Selon lui, le principal défi de l’agriculture tunisienne réside aujourd’hui dans sa capacité d’adaptation face aux changements climatiques. Dans les régions du sud, notamment à Médenine et Tataouine, les agriculteurs font face à une réalité complexe : contrairement aux évolutions du climat, les terres agricoles ne peuvent pas être déplacées. L’enjeu consiste donc à identifier des cultures à la fois rentables et adaptées aux nouvelles conditions climatiques, soit à travers l’introduction de nouvelles espèces, soit grâce à des variétés plus résistantes aux contraintes locales.

Mokhtar Ben Mechichi estime également que cette transition ne peut reposer uniquement sur les agriculteurs. Elle nécessite un accompagnement étroit de la recherche scientifique, des ingénieurs agronomes et des institutions publiques, notamment des ministères concernés, afin de développer des solutions concrètes adaptées aux spécificités de chaque région.

Malgré ces défis, il rappelle que l’agriculture tunisienne dispose d’importants atouts. Le pays bénéficie notamment d’un fort taux d’encadrement et de compétences reconnues, avec des ingénieurs qualifiés dont l’expertise est appréciée aussi bien en Tunisie qu’à l’international. Ces ressources humaines constituent un levier essentiel pour accompagner l’évolution technologique du secteur et proposer des solutions adaptées au contexte local.

Il insiste enfin sur le fait que l’agriculteur demeure un acteur central du développement économique. En dépit des contraintes climatiques, le secteur agricole continue d’offrir de réelles perspectives grâce aux avancées scientifiques, à une meilleure connaissance des sols et à l’évolution constante des techniques culturales.

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Vient de paraître – « Visages dans le corridor » de Sami Trabelsi : Des femmes face à elles-mêmes… et aux autres

« Woujouh fel mamar» est le premier recueil de nouvelles de Sami Trabelsi, publié aux éditions Sikelli. Il est composé de cinq nouvelles de longueurs différentes, dont une qui s’étend sur la moitié du livre. La Presse — Si le mot « mamar » admet plusieurs traductions, dont entre autres « passage », la photo de couverture nous oriente […]

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« Histoires Parallèles » d’Asghar Farhadi et « Autofiction » de Pedro Almodovar: Réinventer la fiction à l’écran

Deux longs métrages ont concouru pour la Palme d’or de la 79e édition du festival de Cannes et sont rentrés bredouilles : Celui signé par Almodovar et un 2e réalisé par Farhadi. Haletant et complètement maîtrisé de bout en bout, « Autofiction » confirme une fois de plus le talent de son maître. Laborieux, long et poussif, celui […]

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Festival du Théâtre Expérimental de Médenine: Il signe son grand retour

Après avoir annoncé en février un retour à son calendrier habituel de fin avril, la direction du Centre des arts dramatiques et scéniques de Médenine a finalement confirmé le report de l’événement au 30 mai 2026. La Presse — Du 30 mai au 4 juin 2026, la ville de Médenine vibrera au rythme de la […]

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Lire pour se retrouver : Madiha Jamel et le conte comme miroir des enfants en difficulté

 Entre pédagogie et poésie, la nouvelliste Madiha Jamel redéfinit le conte pour enfant comme un outil d’apprentissage aux mille visages. À l’heure où l’école cherche à embrasser toutes les intelligences, elle en dessine les possibles, du livre illustré à l’intelligence artificielle, en passant par la voix et le théâtre. Rencontre avec une architecte de l’imaginaire.

Madiha Jamel le confie d’emblée : le conte pour enfants n’est plus un simple divertissement. Dans un échange accordé à L’Économiste Maghrébin, l’écrivaine défend avec éloquence une thèse aussi simple que renversante : la narration destinée aux plus jeunes constitue un dispositif pédagogique à part entière, aussi rigoureux qu’adaptable, notamment dans le parcours scolaire.

Pour elle, tout enseignant digne de ce nom peut exploiter le conte, à condition d’accepter d’emblée la diversité des rythmes et des compréhensions au sein d’une même classe. Chaque élève possède sa propre méthode de perception : l’un est réceptif à l’écoute, l’autre à la lecture silencieuse, un troisième au seul toucher de l’image. Le conte, alors, apparaît comme un objet multitexte, là réside sa modernité. Il mêle illustration et texte calibré, se prête au théâtre, à l’enregistrement audio, au livre sonore, à l’atelier de peinture, voire au film généré par l’intelligence artificielle. Toutes ces ramifications, accessibles à l’instituteur curieux, métamorphosent le récit en support didactique d’une efficacité rare. Encore faut-il, précise-t-elle, que l’enseignant soit lui-même un lecteur assidu, capable d’en saisir les subtilités.

Pour l’enfant qui souffre de difficultés d’apprentissage, écrire ou lire un conte devient une voie d’accès à soi-même et au monde, plus douce et plus directe que les rapports méthodiques ou les grilles classiques. La fiction l’autorise à exprimer ses peurs, ses craintes, à se reconnaître dans un personnage, comme dans un miroir rassurant. Par la répétition, la diversification poétique, le dialogue et des illustrations qui disent ce que les mots taisent, le conte prend en compte les différenciations pédagogiques. Il renforce la langue, la mémoire, et crée un lien privilégié entre le parent et l’enfant lors des lectures partagées.

Mais Madiha Jamel va plus loin : elle alerte sur une blessure souvent invisible. Les enfants en situation de fragilité scolaire subissent fréquemment l’intimidation de leurs camarades. Le conte, alors, peut devenir un outil pour le psychologue — une bibliothérapie à part entière —, mais aussi pour la formation des enseignants, invités à déceler ces souffrances et à y répondre par la puissance de l’allégorie.

Son dernier conte pour enfants, paru aux éditions Al Bayati, illustre cette ambition avec une délicatesse remarquable. Illustré par Sami Majid Al Bayati, il aborde le TDAH et les troubles de l’attention à travers l’histoire d’un papillon qui adore voler. À l’école, l’héroïne ailée ne parvient pas à rester en place sur sa chaise. Jusqu’à l’intervention d’un personnage bienveillant, qui l’aide à apprendre autrement, par le jeu, l’aventure et le vol. L’enfant, en suivant ce papillon, apprend à s’identifier sans honte, et peut-être à s’accepter.

Par sa plume aussi précise que généreuse, Madiha Jamel rappelle que la littérature de jeunesse porte en germe une révolution silencieuse : celle d’une école qui ne laisse personne au sol, pas même les âmes les plus vagabondes.

 

 

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Don chinois pour aménager le site antique de Ben Arous  

La Tunisie a reçu, durant le mois de mai, un don d’équipements et de matériels de la part de la Chine destiné à l’aménagement et à la valorisation du site archéologique de Ben Arous, en prévision de son ouverture au public à la fin du mois de juillet prochain.

L’annonce a été faite mardi 26 mai 2026 par Nizar Ben Slimane, chercheur à Institut national du patrimoine (INP), cité par Mosaïque FM, ajoutant que ce don s’inscrit dans le cadre de la coopération scientifique et technique entre l’INP et le Centre national de recherche archéologique de Chine. Il marque la phase finale du projet bilatéral lancé après la signature d’un accord de coopération entre les deux institutions à la fin du mois de juin 2023.

Selon Ben Slimane, les équipements fournis permettront d’aménager le parcours de visite à l’intérieur du site et d’installer des panneaux d’orientation et d’information retraçant l’histoire et les différentes composantes archéologiques du lieu. Cette dernière phase a également été précédée par des travaux de restauration visant à protéger les structures mises au jour.

Auparavant, une équipe mixte de chercheurs tunisiens et chinois avait mené des prospections géophysiques, des fouilles stratigraphiques ainsi que des études sur les objets archéologiques découverts afin de déterminer avec précision les différentes périodes d’occupation du site.

Le site archéologique de Ben Arous a été découvert de manière fortuite en 2019, lors des travaux de construction du Complexe culturel et sportif pour la jeunesse, lui aussi financé par la Chine. Il s’étend sur une superficie de 9 000 mètres carrés.

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Une mosaïque tunisienne installée dans un musée japonais

Une impressionnante mosaïque représentant un olivier, l’une des œuvres phares du pavillon tunisien à l’Expo 2025 Osaka-Kansai, a été installée au Musée préfectoral d’art d’Oita, au Japon, en présence de l’ambassadeur de Tunisie à Tokyo, Ahmed Chafra.

Cette installation s’inscrit dans le cadre de la visite de travail de l’ambassadeur dans la préfecture japonaise et des célébrations du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et le Japon.

L’ambassade de Tunisie à Tokyo l’a annoncé dans un communiqué publié sur ses canaux officiels.

L’œuvre restera exposée au musée d’Oita jusqu’au 31 mai, avant d’être transférée définitivement à l’Université Ritsumeikan Asie-Pacifique.

Une superficie d’environ 40 mètres carrés

La mosaïque tunisienne couvre une superficie d’environ 40 mètres carrés et a été réalisée par des artisans de la ville côtière d’El Jem, qui abrite le plus grand amphithéâtre romain d’Afrique. Elle représente le patrimoine historique de la Tunisie et rend hommage à l’olivier, symbole universel de paix.

Sa réalisation a nécessité trois mois de travail continu et plus de 600 000 carreaux de pierre multicolores, sélectionnés et assemblés sous la direction de l’artiste tunisien Taïeb Zayoud, originaire de Djerba.

Un olivier vieux de 2500 ans

La mosaïque s’inspire de l’olivier d’Echraf, un arbre bicentenaire considéré comme l’un des symboles naturels et historiques les plus importants de Tunisie, dont les origines remontent à l’époque phénicienne.

Cet arbre, considéré comme le plus vieux du continent, se trouve dans le village du même nom, Echraf, situé dans le gouvernorat de Nabeul, dans la région d’El Haouaria, à l’extrémité nord du cap Bon. L’Institut tunisien de l’olivier estime son âge à environ 2 500 ans, dépassant ainsi officiellement celui de l’olivier d’Akkarit, dans le sud du pays, âgé d’environ 900 ans.

La Tunisie abrite l’une des collections de mosaïques romaines et byzantines les plus importantes, les plus vastes et les plus spectaculaires au monde. Cette extraordinaire prouesse artistique est due à l’incroyable richesse de la province d’Afrique proconsulaire (le grenier de Rome), où l’élite locale aimait décorer ses villas et ses bains publics de mosaïques d’un raffinement rare.

Aujourd’hui, le monde de la mosaïque tunisienne et la coopération archéologique connaissent une période de grande effervescence, alliant protection institutionnelle, grandes expositions internationales et synergies trans-méditerranéennes.

La production de mosaïques en Tunisie représente actuellement une combinaison unique de préservation du patrimoine archéologique et d’artisanat d’art, un secteur dynamique qui emploie des centaines de maîtres mosaïstes et de jeunes apprentis, et exporte des œuvres dans le monde entier.

La production contemporaine se divise principalement en deux axes : la reproduction commerciale et la réinterprétation artistique, et les grands projets de restauration scientifique.

La cérémonie de présentation de l’œuvre au Japon a réuni les autorités locales japonaises, des représentants du ministère japonais des Affaires étrangères, le consul honoraire de Tunisie à Osaka et le président de l’Association d’amitié Kyushu-Tunisie.

Dans son discours, l’ambassadeur Chafra a exprimé l’espoir que «cette initiative contribuera à renforcer les échanges culturels et humains entre la Tunisie et le Japon et à consolider les liens d’amitié entre les deux pays».

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Patrimoine: Restitution de 210 pièces archéologiques à la Tunisie

Ces artefacts avaient été exportés temporairement dans les années 1990 dans le cadre des campagnes archéologiques internationales de l’Unesco sur le site de Carthage. Ils proviennent de fouilles scientifiques menées par l’équipe canadienne entre 1994 et 1999. Un lot de 210 pièces archéologiques originaires du site archéologique de Carthage a été restitué à la Tunisie […]

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Matthieu Brun : « La transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs »

En abordant les thèmes de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du climat, la question qui se pose est la suivante : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? C’est le ton du deuxième panel de la 27e édition du forum de L’Économiste Maghrébin, qui a mis l’accent sur les enjeux stratégiques liés à la sécurité alimentaire et à l’adaptation climatique. Sous le thème « Sécurité alimentaire, chaîne de valeur agricole et adaptation climatique : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? », les discussions ont porté sur la capacité du secteur agricole tunisien à se transformer face aux défis environnementaux, hydriques et économiques.

Le  Directeur scientifique de la Fondation Farm Matthieu Brun, défend une idée simple mais décisive : face au changement climatique, aucun agriculteur ne peut s’adapter seul. Dans son intervention, il insiste sur la nécessité de sortir d’une logique strictement individuelle pour penser des réponses collectives, territoriales et solidaires. À ses yeux, l’enjeu n’est pas seulement de préserver les rendements, mais de construire des systèmes agricoles capables d’absorber les chocs climatiques de façon durable.

Ainsi lors de son intervention, il met en avant le rôle des coopératives, des groupements d’agriculteurs et des dispositifs partagés. Dans un contexte de sécheresse, de tension sur l’eau et de hausse des coûts, mutualiser les équipements, partager les informations et organiser les filières devient un levier essentiel de résilience. L’adaptation climatique ne se joue donc pas uniquement dans les champs, mais aussi dans la manière dont les producteurs s’organisent entre eux.

Matthieu Brun insiste également sur la nécessité d’une approche territoriale. Les effets du climat ne sont pas homogènes : ils varient selon les zones, les cultures, les sols et les pratiques. Il faut donc des réponses ancrées dans les réalités locales, capables de tenir compte des spécificités de chaque bassin de production.  Cela signifie que cela  permet de mieux cibler les investissements, les formations et les politiques publiques.

Il rappelle enfin que la transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs. Les agriculteurs ont besoin de solutions concrètes, mais aussi de visibilité et d’accompagnement. C’est en structurant des collectifs solides, capables de partager les risques et les innovations, que le secteur pourra faire face à l’instabilité climatique.

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Quand l’IA se trompe, qui paie ? Le maillon humain au cœur de l’AgriTech

Quand une IA se trompe en identifiant un ravageur chez un petit exploitant, il n’existe pas de « bouton annuler ». Une recommandation erronée, si elle n’est pas validée selon les conditions locales ou corrigée à temps, peut priver l’agriculteur de la totalité des revenus saisonniers et, dans certains cas, mettre en péril les réserves alimentaires d’une famille. C’est ce qui ressort de l’etude faite par la Banque mondiale. 

Toujours selon cette étude, l’IA réduit fortement le coût de l’expertise agronomique. Diagnostiquer une infestation, estimer des rendements ou évaluer la qualité des récoltes sont des tâches autrefois réservées à des spécialistes coûteux que l’IA rend plus accessibles. Mais une intelligence moins chère ne signifie pas une adoption plus aisée : elle augmente la valeur du facteur humain,  les personnes qui valident, adaptent et expliquent les recommandations de l’IA tout au long du cycle culturale.

Le fossé entre solutions technologiques et adoption est immense. Une étude de PwC et de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie indiennes montre que, malgré 3 000 entreprises d’AgriTech en Inde, leurs services ne touchent que 15 millions des 146 millions d’agriculteurs ; le secteur capte à peine 1% d’un marché potentiel de 24 milliards de dollars. Le frein principal n’est pas la technologie elle‑même, mais la capacité de distribution, autrement dit, les emplois et compétences nécessaires pour transformer ces outils en services réels.

Ces solutions créent des métiers souvent méconnus, situés entre la plateforme et l’exploitation : intermédiaires de confiance pour le dernier kilomètre ; techniciens pour maintenir les équipements ; agronomes « bilingues » qui interprètent et corrigent les conseils numériques ; responsables de la gouvernance des données veillant à qualité, consentement et traçabilité. Il ne s’agit pas de compétences numériques génériques, mais de fonctions précises assorties d’indicateurs mesurables (fiabilité du service, nombre de transactions, disponibilité des équipements). C’est cette précision qui rend l’investissement rentable.

Avant d’adopter une technologie, les agriculteurs posent cinq questions essentielles : fonctionnera‑t‑elle cette semaine sur ma culture ? Qui interviendra en cas de problème et qui paiera ? Que faire aujourd’hui  ? Est‑elle adaptée à mon microclimat et à mes pratiques ? Quelqu’un peut‑il me l’expliquer dans ma langue ? Ces préoccupations soulignent que la confiance dépend principalement des compétences humaines.

La priorité n’est donc pas seulement la formation, mais d’abord l’identification du vrai blocage dans le système : manque d’un métier clef, problème de coordination, ou lacune institutionnelle qu’aucune formation ne résoudra seule. Quand toutes les fonctions sont en place et soutenues par une architecture institutionnelle adéquate, la technologie peut tenir ses promesses ; sinon, elle restera expérimentale.

Un cercle vertueux est possible : l’AgriTech crée des métiers et des revenus qui rendent rentables les formations, tandis que les plateformes fournissent aux systèmes de formation des signaux de demande concrets (profils, employeurs, indicateurs de performance). Deux exemples indiens illustrent ce mécanisme : le programme Namo Drone Didi, qui lie drones, formation et maintenance au sein de groupes féminins pour créer des services communautaires de pulvérisation, et le projet NAHEP, qui modernise les universités agricoles et aligne les cursus sur les besoins du secteur (IA, agriculture de précision, analyse de données).

En conclusion, à l’ère de l’IA, le succès se mesure aux gains réels en productivité, sécurité et rentabilité pour l’agriculture, et à la création d’emplois qualifiés en milieu rural. Des initiatives ambitieuses comme AgriConnect (Groupe de la Banque mondiale), qui vise à aider 300 millions de petits exploitants d’ici 2030, soulignent que le déploiement à grande échelle dépendra de notre capacité à considérer les compétences professionnelles comme une infrastructure fondamentale, et non comme une simple question accessoire.

 

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Le Dictionnaire amoureux de la Tunisie, un acte d’espérance pour une terre millénaire

C’est un livre-hommage que la romancière Fawzia Zouari a consacré à la Tunisie : son Dictionnaire amoureux de la Tunisie, paru chez Plon et dont les éditions Cérès ont acquis les droits d’édition et de distribution en Tunisie, paraît à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance. L’écrivaine franco-tunisienne en retrace la genèse dans un entretien accordé à L’Économiste maghrébin.

Quatre années de travail au total, deux d’écriture et deux d’attente, pour un volume d’environ cinq cents pages qui constitue avant tout un hommage à une terre millénaire. Romancière, journaliste et essayiste, la lauréate du Prix des cinq continents de la Francophonie en 2016 y mobilise ses différentes expériences d’écriture sans céder à une nostalgie convenue. Elle décrit un exercice de liberté totale, qui finit par révéler son propre attachement à la Tunisie. Ce projet est né d’une proposition de l’éditeur, qui lui a confié un volume de la collection du Dictionnaire amoureux. Il avait d’abord hésité entre Frédéric Mitterrand et elle, avant que ce dernier ne tranche en sa faveur : « C’est Frédéric Mitterrand qui lui a dit : laisse Fawzia en parler », rapporte-t-elle. L’un comme l’autre auraient pu mener ce projet. L’éditeur, dont la famille a vécu en Tunisie, s’est engagé dans l’aventure avec enthousiasme. Deux années supplémentaires d’attente ont suivi la remise du manuscrit, la collection étant très sollicitée chez Plon. La publication a été programmée pour coïncider avec l’anniversaire de l’indépendance.

La découverte d’un attachement révélé par l’écriture

Aucun projet personnel préconçu ne présidait à l’écriture. L’autrice de Ce pays dont je meurs est entrée dans ce travail sans a priori, s’interrogeant sur sa légitimité dans un tel exercice. Le principe même du genre a levé ses hésitations : il ne s’agissait ni d’objectivité historique ni de rigueur anthropologique, mais d’un regard libre sur ce qui lui tient à cœur. Cette liberté lui a permis de mobiliser ses différentes approches : certains sujets relevaient de la documentation, d’autres d’une démarche journalistique d’enquête, d’autres encore d’un regard littéraire et subjectif. Le Kef, dont elle est originaire, ne pouvait être abordé que depuis cette expérience vécue. C’est au fil de l’écriture qu’elle découvre cet attachement : « Je commençais à écrire et je me rendais compte qu’en écrivant je redécouvrais mon attachement à ce pays. »

Un récit destiné au monde, au-delà des frontières

Interrogée sur le récit tunisien, celui d’un pays qui a donné son nom à un continent, doté de la première constitution et berceau d’une des premières figures féminines fondatrices d’empire, elle refuse l’idée d’un récit limité aux seuls Tunisiens. Il s’agit au contraire de dépasser les représentations réductrices, souvent limitées à des plages et à Carthage. « Quelqu’un demande à un Américain ce que c’est que la Tunisie, il répond : des plages et Carthage. » Le livre s’inscrit contre cette image réductrice et rappelle la profondeur historique et culturelle du pays.

L’autrice ne se situe pas dans une posture d’analyse sociologique, mais dans une démarche de transmission et de valorisation. Elle cherche à faire connaître la Tunisie au-delà de ses frontières, en rappelant ce que ce territoire a apporté à l’histoire mondiale. Aucun sujet n’a été volontairement écarté : la révolution de 2011, événement récent mais structurant, trouve naturellement sa place.

Une Tunisie loin des clichés touristiques

Le dictionnaire s’éloigne des images de carte postale. Il ne se réduit ni aux plages ni aux symboles folkloriques. Sidi Bou Saïd, par exemple, n’est pas présenté comme un décor touristique, mais comme un lieu porteur d’une tradition spirituelle liée au soufisme. L’autrice part de son expérience vécue, elle qui vient du Kef, et non d’un lieu vitrifié pour le tourisme. « Derrière cette image de carte postale, il y a une histoire millénaire. Ce petit pays a joué un rôle majeur dans l’histoire mondiale. » Cette profondeur historique structure l’ensemble de l’ouvrage, pensé pour durer et être relu dans le temps, indépendamment des évolutions du pays.

À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance, Fawzia Zouari refuse toute posture militante ou tout jugement sur l’actualité. Installée entre plusieurs pays, elle revendique une distance qui lui permet d’écrire hors de toute position politique. Le livre s’inscrit dans une temporalité longue, celle de l’histoire. « C’est cet héritage ancien qui continue de structurer le pays et sur lequel s’appuie son rapport au monde. » .Elle conclut sur une idée d’espérance : « Toujours. Il faut espérer dans ce pays. Le ciel y est serein. Quelles que soient les périodes traversées, la Tunisie donne une forme de sérénité. C’est cette profondeur historique qui nourrit la fierté. »

 

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« Mes jardins secrets » de Amina Bouslama : Dévoiler son univers intérieur

A travers son exposition personnelle « Mes jardins secrets », à découvrir jusqu’au 6 juin 2026 à la Cité de la culture Chedly Klibi, l’artiste plasticienne tunisienne, Amina Bouslama, invite le public à une immersion sensible dans un monde où le rêve, la couleur et l’introspection se rencontrent. La Presse — Accueillie dans l’espace « Concept Store » de […]

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« L’art, expression esthétique ou nécessité d’équilibre intérieur ? » à AlGallery : Entre science, conscience et inconscient

A la croisée de la science, de la conscience et de l’inconscient, la galerie AlGallery a accueilli une table ronde autour d’une question aussi intime qu’universelle : « L’art, expression esthétique ou nécessité d’équilibre intérieur ? ». Organisée en marge de l’exposition « It’s probably me… » de Sahar Bettaieb, la rencontre a réuni médecins, artistes, universitaires et […]

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En salles – « Michael » de Antoine Fuqua : Un hommage qui évite les fissures !

Un film biographique de 2026 qui s’inscrit dans un projet très encadré, porté par des producteurs et ayants droit soucieux de maîtriser son image, dans un contexte où son héritage reste hautement sensible. Entre contraintes industrielles et recherche de consensus, le récit semble traversé par de nombreux ajustements et concessions. L’univers de Michael Jackson a […]

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Mokhtar Ben Mechichi : oliviers, cultures, régions.. le climat redessine la carte agricole tunisienne

En marge de la 27ᵉ édition du Forum de l’Économiste Maghrébin 2026, Mokhtar Ben Mechichi, directeur technique à la pépinière Mabrouka, s’est exprimé. Il estime que le paysage agricole tunisien ne sera plus le même dans les années à venir; et ce, en raison des changements climatiques.

Il souligne que le secteur agricole est déjà engagé dans une dynamique de transformation continue. Puisque chaque année, on observe une migration progressive de certaines espèces et variétés d’une zone vers une autre.

A cet égard, ce phénomène illustre une adaptation forcée aux nouvelles conditions climatiques qui touchent l’ensemble du territoire. Il cite notamment l’exemple de variétés d’oliviers traditionnellement cultivées dans le sud. Lesquelles commencent aujourd’hui à être implantées de plus en plus vers le nord.

Ainsi, cette évolution s’explique par le fait que même les régions septentrionales connaissent à leur tour des changements climatiques. Ceux-ci modifient les équilibres agricoles.

Dans ce contexte, l’agriculteur se retrouve dans l’obligation d’adapter ses choix en fonction de la rentabilité et des nouvelles conditions de production. Ce qui a pour conséquence qu’il replante des variétés du sud, jugées plus performantes dans certaines situations, au nord. De la sorte que cela participe à cette recomposition du paysage agricole national.

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