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ITA Airways opère un 3e vol quotidien entre Tunis et Rome  

ITA Airways inaugure un troisième vol quotidien entre Tunis et Rome et signe un premier accord avec Comites Tunisia (le comité des Italiens en Tunisie). Les détails de cette collaboration ont été présentés à l’Agenzia Nova par Domenico Bianco, directeur d’ITA Airways pour l’Afrique du Nord, et Sandro Fratini, président de Comites Tunisie.

Un nouveau vol quotidien entre Tunis et Rome, des tarifs préférentiels pour la communauté italienne résidente et une collaboration inédite en Afrique du Nord : tels sont les piliers de l’accord signé entre ITA Airways et Comites Tunisie.

Cette initiative vise à renforcer les liens de la compagnie aérienne avec la communauté italienne de Tunisie, en constante expansion, et qui compte désormais, selon Fratini, plus de 10 000 personnes résidant dans le pays, dont environ 7 800 concentrés dans la région d’Hammamet.

Selon Bianco, la décision d’introduire un troisième vol quotidien sur la liaison Tunis-Rome s’explique par «l’excellente performance du marché tunisien», qui a permis à la compagnie aérienne de «miser» sur une expansion opérationnelle à compter du 2 juin 2026. Ce nouveau vol décollera de Tunis à 5h30 et atterrira à Rome Fiumicino à 7h55, complétant ainsi une offre qui permettra à ITA Airways d’opérer trois vols quotidiens entre les deux pays.

Pour la compagnie, ce nouvel horaire représente avant tout un choix stratégique en matière de connectivité internationale. «Cette nouvelle fréquence nous permettra d’exploiter pleinement le potentiel du réseau au départ du hub de Rome Fiumicino», a expliqué Bianco à Nova, soulignant comment ce vol permet aux passagers tunisiens de se connecter rapidement à des liaisons intercontinentales, notamment vers l’Amérique du Nord, ainsi que vers les principales destinations européennes en début de matinée. Le directeur a également souligné l’importance du vol du soir au départ de Rome, connu comme le «dernier vol», qui décolle de Fiumicino à 22h00. L’arrivée à Tunis est prévue à 22h20, permettant ainsi aux voyageurs de profiter pleinement de leur journée dans la capitale italienne.

«Un client tunisien ou résident tunisien peut partir à 5h30 du matin, arriver à Rome à 7h55 et, en théorie, revenir le soir même», a souligné Bianco, insistant sur l’avantage concurrentiel pour les clients professionnels, institutionnels et les voyageurs d’affaires.

Mais l’élément véritablement novateur réside dans l’accord conclu avec Comites Tunisia, qu’ITA Airways présente comme un projet pilote. «Il s’agit du premier accord de ce type que nous avons dans le domaine que je couvre», a déclaré M. Bianco, expliquant que les membres des comités des Italiens à l’étranger pourront bénéficier de tarifs préférentiels auprès des agences de voyages partenaires et au guichet ITA Airways de Tunis, sur simple présentation de leur carte de service délivrée par le Comites.

Pour ITA Airways, les Comités représentent «un interlocuteur privilégié, grâce à ses liens avec une communauté italienne de plus en plus importante et structurée», a ajouté Bianco.

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‘‘La Saga Massyle’’ | Aux confins de Carthage, au cœur de la Tunisie

Haut fonctionnaire, puis essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la politique tunisienne dont il connaît bien les arcanes pour y avoir été mêlé lui-même d’assez près, Ridha Ben Slama vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc en publiant son premier roman, ‘‘La Saga Massyle’’ (éditions Arabesques, Tunis, 2026, 285 pages), qui revisite une page lointaine et méconnue de l’histoire tunisienne.

Ridha Kefi  

Comme son titre l’indique, ‘‘La Saga Massyle’’ est une fresque historique où l’auteur a cherché à redonner vie à une période importante de l’histoire de la Tunisie qui s’étend de la fin du IVe siècle jusqu’à l’an 46 avant J.-C., et qui a vu une dynastie autochtone (comme on dit aujourd’hui) régner sur un immense territoire s’étendant des frontières occidentales et méridionales de Carthage jusqu’aux profondeurs des Aurès, soit une grande partie du territoire algérien actuel, avec pour «capitale» Thougga, la Dougga actuelle, site antique situé dans le nord-ouest de la Tunisie, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1997.

Quand on parle de l’histoire antique de la Tunisie, on a tendance à la réduire à celle de Carthage, empire maritime et commercial qui a régné sur la Méditerranée entre les IXe et IIe siècle av. J.-C. et dont les guerres menées contre Rome ont marqué l’histoire de l’humanité à cette époque. On évoque aussi les noms de Hanon, Magon, Hamilcar et autres Hannibal, et on oublie qu’au faîte du règne de la cité punique, un autre empire partageait le même territoire, l’empire Massyle, fondé par l’Aguellide (ou chef) Zelalsen (308-227 avant J.-C.) et qui fut longtemps l’allié de Carthage, protégeant ses frontières terrestres et lui fournissant les guerriers dont il avait besoin pour sécuriser ses navires sillonnant la Méditerranée, tout en l’approvisionnant en divers produits : blé, huile, bois, etc.

C’est ce roi Massyle dont la descendance a régné pendant plus de deux siècles à Thougga (et les immenses territoires que cette cité contrôlait par alliances tribales) que Ridha Ben Slama met en scène à travers un récit tout de bruits et de fureurs, où l’humaine condition apparaît dans toute sa complexité, entre courage et lâcheté, fidélité et trahison, amour et haine.

Et comme dans tout récit historique, ‘‘La Saga Massyle’’ reconstitue la vie quotidienne à cette époque lointaine avec une précision et un grand souci du détail qui sont le fruit d’un long travail de documentation historique effectué par l’auteur pendant plusieurs décennies. Car les historiens antiques, qui étaient très braqués sur les conflits ayant opposé Carthage et Rome, ont accordé peu d’intérêt aux autres peuples qui, à cette même époque, ont joué un rôle important, y compris dans l’issue de ces conflits.

Face à la rareté des sources, Ridha Ben Slama a dû faire un double travail : celui d’historien, pour reconstituer une époque et redonner corps et vie à un peuple marginalisé et presque oublié par l’histoire, puis celui de romancier en déclinant le fuit de ses recherches sous forme romanesque, le but étant de rapprocher les personnages du commun des lecteurs et de permettre à ces derniers de s’identifier à eux, à leurs faits et gestes, à leurs triomphes et infortunes, à leurs héroïsmes et déchéances. Et l’on peut dire qu’au final, le romancier n’a rien à envier à l’historien, puisque ‘‘La Saga des Massyles’’ se laisse lire avec autant d’intérêt (pour la découverte d’une page méconnue de notre histoire) que de plaisir (celui de suivre les péripéties d’une saga dont les personnages nous ressemblent tant).

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