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Le Sahel au bord du gouffre

Pendant que le monde se focalise sur le Moyen Orient, le Sahel se défait, de la Méditerranée à la mer Rouge, de l’océan Indien aux côtes de l’Atlantique. Dans les sables brûlants du Sahel, l’État n’est plus qu’un fantôme, une fiction administrative en dissolution accélérée. Ce n’est pas un accident de l’histoire. C’est l’aboutissement d’une abdication collective, aux responsabilités partagées entre puissances coloniales avec la non viabilité de leurs découpages territoriaux, gouvernants, partenaires extérieurs complaisants et institutions internationales sourdes aux réalités qu’elles prétendaient transformer.

Yahya Ould Amar *

Les ruines sont désormais visibles – reste à savoir jusqu’où l’onde de choc ira. Le Sahel est devenu le laboratoire mondial de ce qui arrive lorsque l’État cesse d’être une promesse commune et que la souveraineté se fragmente entre milices, trafiquants, juntes, puissances étrangères et communautés abandonnées.

L’État fantôme

Il faut nommer les réalités sans détour, même lorsqu’elles dérangent, l’État sahélien est devenu une anomalie historique faute de viabilité durable.

La racine des conflits armés au Sahel n’est ni exclusivement religieuse, ni seulement ethnique ou climatique, elle réside d’abord dans la faillite de l’État comme arbitre légitime. Le contrat social s’est brisé. Trop souvent replié sur la capitale, capturé par des «élites» prédatrices, incapable de protéger, de redistribuer, de juger équitablement et d’assurer les services publics élémentaires, l’État a cessé d’apparaître comme une promesse commune pour devenir, dans de vastes périphéries, une présence intermittente.

Là où il ne protège plus, d’autres souverainetés s’installent comme les autorités tribales, les réseaux religieux, les milices communautaires, les groupes armés, les trafiquants et entrepreneurs de guerre.

La pauvreté, la corruption, l’exclusion de communautés entières, les rivalités pastorales et foncières, la pression démographique, les chocs climatiques avec la raréfaction de l’eau et des pâturages, la circulation des armes, les trafics transfrontaliers et les ingérences étrangères ne sont donc pas des causes isolées – ce sont les accélérateurs d’un même effondrement politique.

Entre promesses de développement trahies, générations sacrifiées, territoires abandonnés, populations déplacées et armées devenues arbitres du pouvoir, la frontière entre l’État faible et l’État fantôme a été franchie presque partout au Sahel, jusqu’à ce que les ruines rendent l’effondrement visible.

Lorsque l’État échoue trop longtemps, les peuples cessent d’y croire et finissent par accepter n’importe quel ordre, pourvu qu’il donne l’illusion d’une protection.

Il serait abusif d’imputer l’échec de la construction étatique au Sahel à un rejet supposé de l’État par les sociétés sahéliennes, comme si celui-ci n’était qu’une anomalie historique étrangère à leurs réalités.

De la fiction administrative à l’arc du chaos

Du Mali en lambeaux au Soudan dévasté, du Niger fragilisé à la Libye morcelée sur les rives méditerranéennes, jusqu’en Somalie aux abords de la mer Rouge et de l’océan Indien en passant par l’Ethiopie, se dessine une vaste continuité de délitement étatique qui reconfigure le flanc sud de l’Europe.

Seul Djibouti, préservé des déchirures qui l’avaient meurtri durant une décennie jusqu’en 2001, échappe aujourd’hui au délitement tragique des États de la région. Par sa stabilité, sa position stratégique en face du détroit de Bab El Mendeb, du Yémen et de l’Arabie Saoudite, son hospitalité et son rôle de carrefour entre la mer Rouge et la Corne de l’Afrique, il s’affirme comme une terre de refuge, de paix et d’investissement dans un environnement régional gagné par les conflits armés.

Il faut regarder cette réalité de délitement sans détour, avant que les foyers de crise aujourd’hui dispersés ne s’agrègent en un arc d’instabilité continu, reliant les rivages de l’océan Indien à ceux de l’Atlantique, la Méditerranée à la mer Rouge, faisant de l’Afrique le continent du chaos et de la désolation.

Ce que Paris, Londres et Washington décrivent comme un simple déficit de gouvernance relève en réalité d’une crise plus profonde, liée à l’épuisement d’un modèle étatique de façade, faiblement enraciné et toujours concurrencé par des loyautés plus anciennes — tribales, régionales, confessionnelles ou claniques. Longtemps maintenu par la rente, l’aide internationale et l’assistance militaire, l’État sahélien voit aujourd’hui ses trois béquilles s’écrouler en même temps.

Les coups d’État militaires survenus ces dernières années au Mali, au Burkina Faso et au Niger constituent des symptômes avancés d’un affaissement profond de l’autorité publique, et des signaux d’alerte pour l’ensemble des États voisins. Les juntes ont pris le contrôle d’appareils bureaucratiques déjà fantomatiques, dont l’autorité est largement contestée à l’intérieur de leurs frontières. Ces régimes peuvent durer comme appareils de coercition, mais non comme projets politiques viables.

La démographie ajoute une dimension explosive que les analyses conventionnelles traitent, par myopie, comme un dividende accélérateur de croissance économique, alors qu’elle constitue le multiplicateur des crises. Une population qui double dans des États – en crise économique – qui s’affaiblissent, dans un environnement climatique qui se désertifie, cette équation n’a pas de solution pacifique à moyen terme.

Le changement climatique n’est pas une menace future au Sahel — c’est un fait présent et cumulatif. La zone de précipitations utiles recule vers le sud de 50 à 80 km par décennie.

Cette équation démographique et climatique rejoint une loi plus profonde de l’économie, les sociétés ne divergent pas seulement par leurs richesses, mais par les cercles cumulatifs — vertueux ou destructeurs — dans lesquels elles sont enfermées.

En effet, il existe, dans la théorie économique des nations fragiles, un seuil invisible – point critique où le revenu réel, la capacité productive et la puissance fiscale deviennent suffisants pour transformer la survie économique en dynamique cumulative de développement – mais décisif, en deçà, la pauvreté cesse d’être un simple retard de développement pour devenir une force d’aspiration vers le bas ; au-delà, l’accumulation du capital, de la confiance, de l’éducation, des infrastructures et des institutions peut au contraire produire une dynamique cumulative de prospérité.

Gunnar Myrdal avait montré que le sous-développement n’est pas un état immobile, mais un processus circulaire, la faiblesse des revenus réduit l’épargne, l’investissement et la qualité des services publics ; cette faiblesse dégrade à son tour la productivité, nourrit l’exode des compétences, accroît la défiance envers l’État, affaiblit la fiscalité, puis réduit encore davantage la capacité publique à protéger, instruire, soigner et équiper le territoire.

Le Sahel est précisément pris dans cette causalité cumulative négative, des États pauvres administrent des territoires immenses, jeunes, fragmentés et climatiquement vulnérables avec des ressources fiscales dérisoires ; leur impuissance économique devient impuissance politique, puis leur impuissance politique aggrave leur impuissance économique.

Tant qu’un pays ne franchit pas le seuil critique où l’investissement public, la sécurité, l’éducation, la justice et les infrastructures commencent à se renforcer mutuellement, il risque d’être aspiré par une spirale où chaque retard prépare le suivant, et où la pauvreté devient une architecture durable de la guerre.

La question décisive est de savoir si l’Etat sahélien n’est pas, en deçà de ce seuil critique de revenu, de capacité productive, donc condamné à devenir un État fantôme, non viable, trop pauvre pour protéger, trop faible pour administrer, trop absent pour unir, trop discrédité pour gouverner.

Dans cet immense espace sahélien de près de cinq millions de kilomètres carrés, l’État sahélien se défait sous nos yeux. Héritées des conférences coloniales de la fin du XIXᵉ siècle, ces architectures politiques — frontières tracées à l’équerre, découpages imposés à des sociétés complexes, indifférence aux réalités ethniques, linguistiques, religieuses et aux conditions mêmes de viabilité économique — n’ont que rarement réussi à se transformer en véritables nations.

Les groupes armés ne sont plus seulement des acteurs militaires. Ils sont devenus des prestataires de services : justice appliquée de façon cohérente là où les tribunaux étatiques ne sont que corruption organisée, redistribution économique là où l’État prélève sans donner, protection physique là où la sécurité est inexistante, parfois les armées nationales y commettent des atrocités. Leur modèle est l’administration territoriale. Ce sont les Talibans de 1994 à 1996 — et nous savons où cette trajectoire conduit.

Des dominos à des stades différents d’inclinaison

L’idée du cordon sanitaire — isoler le Sahel, contenir sa contagion par des frontières renforcées — se fracasse sur une réalité géographique et humaine qui la précède de plusieurs siècles, dans cet espace, les frontières n’ont jamais été des réalités physiques pour les populations y compris les frontières maritimes.

La Libye est le cas le plus éloquent. Elle n’est pas une victime de l’instabilité sahélienne — elle en est l’amplificateur structurel. La destruction de l’État libyen par l’intervention de l’Otan en  2011 a ouvert dans tout le Sahel un immense marché noir des armes, transformant les arsenaux libyens en carburant militaire du chaos régional.

Aujourd’hui bicéphale — Tripoli soutenue par la Turquie et le Qatar, Benghazi par les Émirats, l’Égypte et les successeurs de Wagner — la Libye entretient une partition dont chaque parrain tire profit et que personne n’a réellement intérêt à résoudre. Ses 1700 kilomètres de frontière commune avec le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Algérie sont des artères vitales pour les trafics de migrants, d’armes et de drogue.

Plus au Sud, le Nigéria — 230 millions d’habitants, premier producteur pétrolier du continent — vit une guerre civile rampante que les observateurs s’obstinent à traiter comme un problème de gouvernance régionale. Boko Haram et l’ISWAP (l’État islamique Afrique de l’Ouest) contrôlent des portions entières des États du Nord-Est depuis 2009. Leur connexion avec le GSIM sahélien est opérationnelle. Le Sahel et le Nigéria forment désormais un continuum sécuritaire. Un Nigéria en décomposition partielle serait une recomposition comparable en impact géopolitique à la désintégration soviétique — mais à une échelle démographique dix fois supérieure. Les États côtiers qui avaient été présentés comme des succès — Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal — voient leurs régions septentrionales pénétrées selon exactement le même modèle de diffusion qu’au Mali d’avant 2012, d’abord les zones rurales frontalières, ensuite les axes routiers, enfin les villes secondaires. La fenêtre d’action préventive se ferme dans les trois à cinq ans.

Si le verrou algérien céderait…

Il est un pays, l’Algérie, dont l’effondrement, que personne de la région ne souhaite, concentrerait en un seul choc géopolitique toutes les catastrophes évoquées jusqu’ici — et auquel les capitales occidentales consacrent une réflexion stratégique désespérément insuffisante, considérant le pays comme une menace en cas de conflit majeur. Non pas parce qu’une catastrophe est imminente mais parce qu’elle est calculable, et que ses effets seraient proprement incommensurables avec le basculement dans le chaos de plusieurs états de la région et au-delà.

L’Algérie est un pôle de stabilité régionale dont la continuité repose sur deux variables, le prix du pétrole et le pari sur son développement industriel. Le pays est engagé dans une transition industrielle réelle, soutenue par des investissements massifs et des projets structurants, réduisant à l’horizon 2030 sa dépendance aux hydrocarbures.

Les revenus des hydrocarbures financent la paix sociale avec des subventions massives sur les carburants, l’alimentation, emploi public à environ 34 % de la population active. Les réserves de change sont passées de 143 milliards de dollars en 2014 à 47 milliards en 2025. La fenêtre de viabilité financière se ferme dans cinq à sept ans, peut-être moins si la transition énergétique européenne et mondiale vers la décarbonisation réduit les prix et achats du gaz algérien.

Mais la menace algérienne brandie par une partie des élites et médias en Occident est tripolaire — et c’est précisément pourquoi elle est si difficile à articuler dans les chancelleries occidentales habituées à des diagnostics binaires.

Premier pôle : le risque d’effondrement interne

L’Algérie est solide, mais si le régime vacille sous la pression conjuguée d’une crise économique ou sanctions imposées et d’une déstabilisation orchestrée de l’extérieur, ce sont les 6000 kilomètres de frontières avec la Libye, le Niger, le Mali et la Mauritanie qui deviennent des passoires absolues. Si Alger bascule dans une instabilité ouvrant sur la Méditerranée, c’est une vague migratoire d’une ampleur sans précédent vers la France, l’Italie et l’Espagne, avec tout ce que cela aura comme impact politique en Europe.

Deuxième pôle : l’Algérie comme menace aux intérêts occidentaux

Ici, il faut nommer ce que les diplomates occidentaux ne formulent pas publiquement, que l’Algérie est un acteur hostile aux intérêts stratégiques de l’Occident sur plusieurs dossiers simultanés. Entre autres, ses achats d’armements russes massifs — Alger est le troisième importateur mondial d’armes russes après l’Inde et la Chine — envoient un signal explicite sur ses alignements stratégiques réels. Sa relation entretenue avec Moscou pendant et après l’invasion de l’Ukraine, son refus de condamner la Russie à l’Onu, et sa politique de non-alignement revendiquée, considérée comme une couverture diplomatique pour un penchant structurel anti-occidental. En cas de crise majeure, les bases aériennes et navales algériennes pourraient être utilisées — ou proposées — à des acteurs hostiles à l’Otan.

Troisième pôle : l’Algérie dans l’axe des puissances menaçantes

Et c’est ici que le tableau géopolitique prend sa dimension la plus inquiétante pour l’Occident. L’Algérie s’inscrit dans un axe de puissances dont chacune, à des degrés divers et selon des logiques propres, représente aujourd’hui un défi existentiel pour l’ordre occidental en Méditerranée et en Afrique. La Turquie d’Erdogan a construit une présence militaire en Libye, noué des alliances avec les juntes sahéliennes via la Diyanet et les marchands d’armes, et utilisé les flux migratoires comme levier de chantage systématique sur l’Europe. Elle est membre de l’Otan tout en sapant méthodiquement ses intérêts — combinaison paradoxale qui paralyse pour le moment toute réponse collective occidentale. L’Égypte du maréchal Sissi soutient Haftar en Libye, maintient des contacts réguliers avec Moscou et Pékin, et conduit une politique sahélienne visant à contrebalancer l’influence européenne et à sécuriser son flanc occidental — notamment via le Soudan, aujourd’hui en guerre civile avec des ramifications qui s’étendent jusqu’à la mer Rouge. Ces trois pays — Algérie, Turquie, Égypte — ne forment pas un bloc homogène. Mais ils partagent une caractéristique stratégique décisive en cas de conflit majeur, ils occupent les positions-clés du verrou méditerranéen, et leur politique étrangère est, dans les faits, structurellement incompatible avec les intérêts de sécurité européens.

Personne n’a intérêt à la paix

La Russie a déployé l’Africa Corps au Mali, au Burkina, au Niger, en Libye et en République centrafricaine pour un coût financé en partie via des concessions minières. Elle chasse l’Occident de ses zones d’influence historiques, accède à l’or malien, à l’uranium nigérien, aux diamants centrafricains, et — point capital — génère délibérément des flux migratoires supplémentaires qui alimentent les populismes européens et fragilisent l’Union Européenne.

La Chine prend les ressources sans faire la guerre et sans créer d’ennemis. Pékin est le premier partenaire commercial africain depuis 2009 déployant une stratégie d’offre sans conditionnalités avec des prêts sans exigences démocratiques, des investissements sans transparence. Elle installe des entreprises d’extraction dans les zones contestées, négocie avec les groupes armés aussi facilement qu’avec les gouvernements reconnus.

La réalité la plus difficile à accepter est qu’aucun des acteurs qui ont le pouvoir de stabiliser la région n’a réellement intérêt à le faire – exceptée l’Algérie en raison de sa région Touareg. C’est un système d’intérêts croisés, d’une cohérence perverse, qui maintient le chaos comme équilibre optimal pour chacun de ses participants — sauf pour les populations sahéliennes, qui en paient le prix de leur vie.

Le drame sahélien tient précisément à cette convergence monstrueuse, ainsi pour les populations, le chaos est une tragédie ; pour plusieurs acteurs extérieurs, il est devenu une ressource. Il ouvre des accès miniers, justifie des présences militaires, affaiblit les concurrents et permet à des puissances moyennes ou globales de peser à faible coût sur l’équilibre du monde. La guerre devient, dans certains espaces, une modalité de gestion des rapports de force. Le Sahel n’est donc pas abandonné par hasard, il est aussi exploité parce que son désordre produit des dividendes stratégiques.

L’âge des souverainetés fantômes

L’hypothèse d’un effondrement total de l’Etat sahélien est aussi peu probable que celle d’une stabilisation. Ce qui s’installe, c’est une souveraineté à géométrie variable, où l’État subsiste comme enveloppe formelle — siège à l’Onu, drapeau, monnaie — pendant que le territoire réel est administré par une mosaïque d’acteurs. Groupes armés, milices ethniques tiennent les axes routiers, juntes militaires dans les capitales, compagnies étrangères dans les périmètres miniers. Chacun prélève, chacun protège, chacun gouverne à sa manière. C’est un ordre parallèle, fonctionnel et durable, précisément parce qu’il rend services là où l’État a failli.

Ce qui s’installe, c’est la privatisation de la souveraineté sur le monopole public de la contrainte, de l’impôt, de la justice et de la protection qui se disperse entre entrepreneurs de guerre, milices identitaires, compagnies étrangères, réseaux criminels et appareils militaires concurrents.

L’Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina, Niger — est moins une construction politique qu’une posture anticoloniale commune. Les juntes partagent un discours, pas une vision. Elles se heurtent aux mêmes contraintes structurelles que les régimes qu’elles ont renversés, sans l’aide internationale qui en masquait la fragilité, ni la légitimité démocratique qui en différait l’implosion. Africa Corps ne peut pas remplacer un État. L’or malien et l’uranium nigérien financeront un temps les appareils sécuritaires, pas le développement. D’ici 2028-2030, ces régimes auront soit négocié un retour partiel à une légitimité civile, soit sombré dans une violence interne que leurs propres armées ne maîtriseront plus.

Le vrai basculement géopolitique ne viendra pas du Mali ou du Burkina mais du Sénégal, du Ghana et surtout de la Côte d’Ivoire. Ces États ont servi de contre-exemples, de preuves que la gouvernance pouvait fonctionner en Afrique de l’Ouest. Leur déstabilisation partielle — déjà engagée dans leurs régions septentrionales — invaliderait définitivement le paradigme du développement par la gouvernance, promu depuis trente ans par les institutions de Bretton Woods.

Si un scénario mérite d’être qualifié de systémique, c’est la décomposition partielle du Nigéria. Avec une économie déjà sous pression, un Nord-Est en guerre depuis quinze ans et une fédération dont les lignes de fracture ethniques et religieuses n’ont jamais été véritablement suturées, le Nigéria n’est pas un État fragile au sens conventionnel — c’est un agrégat sous tension dont la rupture provoquerait un déversement humain sans équivalent dans l’histoire africaine contemporaine.

Le Soudan et la Somalie sont l’exemple de ce que devient un territoire quand l’État a définitivement cessé d’être le cadre de référence des populations. Deux géographies distinctes, deux trajectoires différentes, une même conclusion, l’irréversibilité à court terme.

Dans ce contexte, la stabilisation durable au Sahel est improbable avant plusieurs décennies.

Enfin, le Sahel révèle ce que devient le monde lorsque l’État cesse de protéger et d’unir, une souveraineté de façade, livrée aux milices, aux trafiquants et aux puissances extérieures. Ce naufrage est l’échec d’États sans contrat social, sans justice et sans enracinement. Le choix est entre la reconstruction patiente d’États légitimes, capables de rendre justice et de protéger les peuples, ou l’acceptation d’un monde où la peur remplacera la loi, où les milices remplaceront les institutions, et où la souveraineté ne sera plus qu’un mot imprimé sur des cartes.

* Economiste, banquier et financier.

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La Tunisie éliminée par le Mali aux tirs au but

La Tunisie quitte la Coupe d’Afrique des nations au terme d’un scénario aussi frustrant que douloureux. Les Aigles de Carthage ont été éliminés par le Mali aux tirs au but, après un match nul (1-1) à l’issue du temps réglementaire et des prolongations.

La Tunisie pensait pourtant tenir sa qualification. Sérieuse, disciplinée et longtemps maîtresse du jeu, elle avait fini par être récompensée à la 88e minute. Entré en jeu, Feras Chaouat surgissait au second poteau pour reprendre de la tête un centre millimétré d’Elias Saad et faire exploser le banc tunisien.

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Un penalty dans le temps additionnel qui fait basculer le match

Mais le sort en a décidé autrement. Dans le temps additionnel, une main de Yassine Meriah dans la surface offrait au Mali une ultime opportunité. Lassine Sinayoko transformait le penalty à la 90e+7, relançant une rencontre qui semblait acquise.

Les prolongations, fermées et tendues, n’ont pas permis à la Tunisie de reprendre l’avantage, malgré une supériorité numérique acquise dès la 26e minute après l’expulsion de Woyo Coulibaly pour une faute dangereuse sur Hannibal Mejbri. Un avantage que les Tunisiens n’ont jamais réellement su exploiter.

Aux tirs au but, le Mali s’est montré plus lucide. La Tunisie, elle, a laissé filer une qualification qui lui tendait les bras.

Le premier acte avait pourtant été encourageant, avec une domination territoriale et un bon contrôle du rythme, même si les occasions nettes ont manqué. La sortie prématurée de Dylan Bronn, touché musculairement dès la 12e minute, a également perturbé l’équilibre défensif.

Le Mali affrontera en quart de finale le Sénégal, vainqueur du Soudan (3-1). Pour la Tunisie, cette élimination laisse un sentiment d’inachevé, celui d’un match globalement maîtrisé, mais perdu dans les toutes dernières minutes.

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Tunisie-Mali : Un huitième de finale sous haute tension à Casablanca

La sélection tunisienne affronte le Mali au stade Mohamed V de Casablanca en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Une confrontation directe entre deux équipes aux ambitions affirmées, dans un match à élimination où la marge d’erreur sera inexistante.

La Tunisie retrouve le Mali dans un duel qui s’annonce âpre et disputé. Les Aigles de Carthage abordent ce rendez-vous avec l’objectif clair de poursuivre leur parcours dans la compétition, face à une sélection malienne réputée pour son intensité physique et sa discipline tactique. Sur le papier, l’opposition apparaît équilibrée, chaque équipe disposant d’arguments solides pour faire la différence.

La Tunisie face à l’exigence du match à élimination

Pour la sélection tunisienne, ce huitième de finale marque l’entrée dans la phase décisive du tournoi. La gestion des temps forts, la solidité défensive et l’efficacité offensive seront déterminantes. Le staff technique mise sur l’expérience du groupe et sur la capacité des cadres à répondre présent dans un contexte de forte pression.

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Le Mali, un adversaire redoutable et structuré

Le Mali aborde cette rencontre avec la réputation d’une équipe difficile à manœuvrer. Son jeu direct, son engagement physique et sa capacité à exploiter les transitions rapides en font un adversaire dangereux. Les Maliens chercheront à imposer un rythme élevé et à pousser la Tunisie dans ses retranchements.

La rencontre sera dirigée par l’arbitre sud-africain Tom Abongile. Dans un match à fort enjeu et à intensité élevée, les décisions arbitrales seront scrutées de près, tant la moindre erreur pourrait peser lourd dans l’issue de la confrontation.

Sur quelles chaînes suivre Tunisie-Mali

Le match sera retransmis en direct sur beIN Sports Max 1, beIN Sports France 1, Sport TV 7, Sport Digital, Movistar Liga de Campeones, Channel4seven, et sur Max Sport 1.

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CAN 2025 : La composition probable de la Tunisie face au Mali

La sélection tunisienne s’apprête à défier le Mali en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. À la veille de cette rencontre décisive, le onze de départ pressenti des Aigles de Carthage se précise.

La Tunisie affronte le Mali samedi soir au stade Mohamed V de Casablanca pour une place en quarts de finale de la CAN 2025. Le coup d’envoi est fixé à 20h00. À quelques heures du match, la composition probable de la sélection tunisienne commence à se dessiner.

Un onze équilibré pour un match à enjeu

Selon les dernières indications, le sélectionneur tunisien devrait aligner Aymen Dahmene dans les buts. La ligne défensive serait composée d’Ali Abdi, Montassar Talbi, Dylan Bronn et Yan Valery. Au milieu de terrain, Ellyes Skhiri occuperait un rôle central, épaulé par Ferjani Sassi et Hannibal Mejbri.

Sur le plan offensif, Elias Achouri et Sébastien Tounekti devraient animer les couloirs, tandis que Hazem Mastouri est pressenti pour mener l’attaque tunisienne.

Un huitième de finale sous haute tension

La rencontre se disputera dans l’enceinte du stade Mohamed V, à Casablanca, et sera arbitrée par le Sud-Africain Tom Abongile. Face à un adversaire réputé pour sa solidité physique, les Aigles de Carthage devront faire preuve de discipline et d’efficacité pour espérer poursuivre leur parcours dans la compétition.

Ce huitième de finale représente un tournant pour la sélection tunisienne dans cette CAN 2025. Une qualification permettrait aux Aigles de Carthage de retrouver une dynamique positive et de renforcer leurs ambitions continentales.

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CAN 2025 : Sur quelles chaînes suivre Tunisie-Mali en huitièmes de finale

La sélection tunisienne affronte le Mali en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Une rencontre décisive, programmée à Casablanca, qui sera diffusée sur plusieurs chaînes internationales.

Les Aigles de Carthage disputent un match à fort enjeu face au Mali pour une place en quarts de finale de la CAN 2025. La rencontre se jouera samedi soir au stade Mohamed V de Casablanca. Les supporters tunisiens pourront la suivre en direct sur de nombreuses chaînes étrangères.

Un rendez-vous décisif à Casablanca

Tunisie–Mali se tiendra au stade Mohamed V, une enceinte mythique du football africain. Le coup d’envoi est prévu à 20h00, dans un contexte de forte pression sportive, les deux sélections visant la qualification pour le tour suivant de la compétition continentale.

Une large diffusion internationale

Le match sera retransmis en direct sur plusieurs chaînes selon les zones géographiques. Dans la région MENA, la diffusion sera assurée par beIN Sports Max 1. En France, les téléspectateurs pourront suivre la rencontre sur beIN Sports France 1.

Le match sera également diffusé au Portugal sur Sport TV 7, en Allemagne sur Sport Digital, en Espagne sur Movistar Liga de Campeones, au Royaume-Uni sur Channel4seven, ainsi qu’en Bulgarie sur Max Sport 1.

Cette large couverture télévisée témoigne de l’intérêt suscité par l’affiche Tunisie–Mali, opposant deux sélections ambitieuses. La rencontre devrait rassembler une forte audience, notamment parmi la diaspora tunisienne à travers l’Europe.

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CAN 2025 : Préparation ajustée des Aigles avant le choc face au Mali

À l’approche du huitième de finale contre le Mali, la sélection tunisienne affine ses réglages. Une séance d’entraînement marquée par plusieurs absences et un programme millimétré avant le déplacement à Casablanca.

La sélection tunisienne poursuit sa montée en puissance en vue de son rendez-vous décisif face au Mali, comptant pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. La rencontre se disputera au complexe Mohammed V de Casablanca, dans un contexte d’élimination directe où chaque détail compte.

La dernière séance d’entraînement a été marquée par une gestion prudente de l’effectif. Elyes Saad a effectué un travail spécifique en salle, tandis que Hannibal Mejbri a été ménagé en raison de la fatigue. De son côté, Elyes Achouri s’est contenté d’une préparation individualisée, à l’écart du groupe.

Cap sur Casablanca

Les Aigles de Carthage prendront la route de Casablanca dès le lendemain matin. Le programme prévoit une séance d’entraînement en fin d’après-midi sur le terrain annexe du complexe Mohammed V, ultime répétition avant le match.

Sur le plan médiatique, le sélectionneur national Sami Trabelsi s’exprimera lors de la conférence de presse officielle, accompagné du défenseur Yan Valery, pour évoquer l’état de l’équipe et les enjeux de cette confrontation.

Un duel équilibré en perspective

La Tunisie s’est qualifiée pour ce tour à élimination directe en terminant deuxième de son groupe avec quatre points, un parcours similaire à celui du Mali, également deuxième de sa poule. Une configuration qui promet un affrontement serré entre deux sélections habituées aux joutes continentales et déterminées à poursuivre leur aventure dans la compétition.

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CAN 2025 : Un trio sud-africain pour diriger Tunisie-Mali

La Confédération africaine de football a levé le voile sur le corps arbitral chargé du huitième de finale entre la Tunisie et le Mali. Une désignation marquée par une forte présence sud-africaine, aussi bien sur le terrain qu’à l’assistance vidéo.

La Confédération africaine de football a officialisé la liste des arbitres appelés à officier lors du choc des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations opposant la sélection tunisienne à son homologue malienne.

La direction du match a été confiée à l’arbitre sud-africain Tom Abongile, qui sera assisté sur les lignes par son compatriote Siwela Zakhele et par le Lésothien Phatsoane Souru. Un quatuor complété par le Mauricien Ahmad Imtehaz Heeralall, désigné comme quatrième arbitre.

Une VAR aux commandes internationales

L’assistance vidéo sera assurée par un duo issu de l’Afrique australe. Le Zimbabwéen Chimene Brighton a été retenu comme arbitre principal à la VAR, épaulé par la Zambienne Diana Chikitesha.

Cette désignation intervient à l’approche d’une rencontre à fort enjeu, disputée dans le cadre des matches à élimination directe, où la moindre décision arbitrale peut peser lourd dans l’issue de la qualification.

Un rendez-vous décisif à Casablanca

La Tunisie et le Mali croiseront le fer au stade Mohamed V de Casablanca pour une place en quarts de finale de la CAN 2025. Un duel très attendu entre deux sélections habituées aux joutes continentales, dans un contexte de pression maximale.

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CAN 2025 : La Tunisie face au Mali pour un huitième de finale sous haute pression

Qualifiée sans éclat au terme de la phase de groupes, la sélection tunisienne s’apprête à disputer un huitième de finale décisif face au Mali, samedi soir au stade Mohamed V de Casablanca. Un rendez-vous crucial pour des Aigles de Carthage en quête de rachat et de certitudes dans cette Coupe d’Afrique des Nations 2025.

La Tunisie retrouvera le Mali samedi à 20h00 au stade Mohamed V, dans l’un des huitièmes de finale les plus attendus de cette CAN 2025. Après un parcours en demi-teinte lors du premier tour, marqué notamment par un nul concédé face à la Tanzanie, les Tunisiens abordent cette rencontre avec l’obligation de hausser nettement leur niveau de jeu.

Face à eux, une solide sélection malienne, réputée pour son intensité physique, sa discipline tactique et sa capacité à imposer un rythme élevé. Le duel s’annonce équilibré, avec peu de marge d’erreur pour les deux équipes dans ce format à élimination directe.

La Tunisie sommée de réagir

Critiquée pour la qualité de son jeu durant la phase de groupes, la Tunisie sait que le temps des calculs est révolu. Le staff technique et les joueurs sont attendus sur leur capacité à corriger les insuffisances observées, notamment dans l’animation offensive et la gestion des temps forts.

Ce huitième de finale représente un véritable test de caractère pour un groupe engagé dans une phase de transition, mais déterminé à redonner confiance au public tunisien et à rompre avec les éliminations précoces des précédentes éditions.

Le Mali, un adversaire sans complexe

De son côté, le Mali aborde ce rendez-vous avec ambition et sérénité. Habitués aux grands rendez-vous continentaux, les Aigles maliens comptent sur leur cohésion collective et leur engagement pour bousculer une équipe tunisienne encore en quête de stabilité.

Le duel promet un affrontement intense au milieu de terrain, où la maîtrise du jeu et la rigueur défensive pourraient faire la différence.

Au-delà d’une simple qualification pour les quarts de finale, ce Tunisie–Mali pourrait marquer un tournant dans la trajectoire des Aigles de Carthage dans cette CAN 2025. Une victoire relancerait la dynamique et redonnerait de l’élan à une sélection sous pression, tandis qu’une élimination confirmerait les difficultés persistantes du football tunisien sur la scène africaine.

Historique des confrontations

L’historique des confrontations Tunisie-Mali en Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est équilibré, marqué par une rivalité intense, notamment un match mémorable de la CAN 2021 avec l’arbitre Janny Sikazwe interrompant le match prématurément (défaite tunisienne 1-0).

Cela reste l’un des épisodes les plus mémorables de cette rivalité. Lors d’un match qui restera dans les annales, l’arbitre zambien Janny Sikazwe a sifflé beaucoup trop tôt, interrompant la rencontre de manière controversée. Dans une interview après coup, il révèlera avoir été victime d’une insolation. Cet incident unique a marqué les esprits et demeure une anecdote incontournable dès que l’on évoque les confrontations Mali – Tunisie.

Sur l’ensemble de leurs confrontations, la Tunisie compte 6 victoires contre 5 pour le Mali, avec 2 matchs nuls. Les deux nations se sont affrontées neuf fois dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations avec 4 succès pour la Tunisie et 3 pour le Mali.

En phase finale de la CAN, les statistiques sont en faveur du Mali :

  • CAN 1994 : 26 mars 1994 / Tunisie – Mali 0-2
  • CAN 2019 : 28 juin 2019  / Tunisie – Mali 1-1
  • CAN 2021 : 12 janvier 2022 / Tunisie – Mali 0-1
  • CAN 2023 : 20 janvier 2024 / Tunisie – Mali 1-1

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CAN 2025 : le calendrier complet des matchs du groupe A

Dans le cadre de la phase de poules de la CAN 2025, le calendrier des matchs du groupe A se présente comme suit :

le Maroc a battu les Comores 2-0 lors du match d’ouverture, tandis que Mali et Zambie se sont quittés sur un score de 1-1.

Les prochaines rencontres sont :

Zambie-Comores, le vendredi 26 décembre à 18h30, suivi de Maroc-Mali à 21h le même jour.

Le lundi 29 décembre, deux matchs sont prévus :

Zambie-Maroc et Comores-Mali, tous deux à 20h.

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