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Manouba | Destruction de 5 hectares de tomates irriguées aux eaux usées

Cinq hectares de cultures de tomates, saisis en flagrant délit d’irrigation illégale avec des eaux usées, ont été détruits à Tebourba dans le gouvernorat de la Manouba.

Les forces de l’ordre et les services régionaux ont procédé à l’exécution d’un arrêté portant sur la destruction par la force publique de ces cinq hectares de plantations situés dans la zone de Chouigui, relevant de la délégation de Tebourba. Cette intervention fait suite à une opération de contrôle survenue le mois dernier.

Selon l’agence Tap, le propriétaire du domaine agricole avait été pris en flagrant délit alors qu’il irriguait ses cultures de tomates en utilisant des eaux d’assainissement non traitées (eaux d’égout), ce qui représentait un risque sanitaire immédiat pour les consommateurs.

À la suite de ce constat, le gouvernorat a dépêché sur les lieux une commission régionale mixte. Celle-ci était composée de représentants de la Commissariat régional au développement agricole (CRDA), de la direction régionale de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) et de l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE).

Le rapport d’inspection de la commission a confirmé la contamination des cultures et la violation flagrante des lois environnementales et sanitaires en vigueur, ajoute la même source. Sur la base de ces conclusions, le gouverneur de Manouba a émis un arrêté officiel de destruction des récoltes, mettant ainsi fin à une menace sérieuse pour la santé publique.

Y. N.

Ph. Tap

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Tomates irriguées aux eaux usées : Cinq hectares détruits à la Manouba

Les autorités ont procédé, ce lundi, à la destruction de cinq hectares de cultures de tomates dans la région de Chouigui, à Tebourba (gouvernorat de la Manouba), après la découverte de leur irrigation par des eaux usées, selon une décision du gouverneur de la Manouba exécutée avec le concours des forces de l’ordre.

D’après les informations rapportées par l’agence TAP, le propriétaire du terrain avait été surpris, le mois dernier, en train d’utiliser des eaux provenant du réseau d’évacuation des eaux usées pour irriguer ses plantations. Une commission régionale composée notamment du Commissariat régional au développement agricole, des services de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires et de l’Agence nationale de protection de l’environnement avait alors effectué une inspection sur place.

Des eaux issues d’un réseau de drainage

Les investigations ont révélé que l’agriculteur avait détourné des eaux issues d’un réseau de drainage entretenu par une société privée. Ces eaux étaient ensuite stockées dans un bassin artificiel avant d’être utilisées pour irriguer des cultures de tomates encore au stade végétatif.

Selon les autorités locales, cette pratique représente un danger direct pour la santé publique, en raison des risques de contamination bactérienne et chimique liés à l’utilisation d’eaux polluées dans l’agriculture. Le dossier comporte également une infraction relative à l’atteinte au domaine public hydraulique, après l’installation de barrages de fortune dans le lit de l’oued Ben Guita traversant la zone concernée.

L’opération de destruction a été supervisée par les unités de la Garde nationale de Tebourba sous la coordination des autorités locales. Les services régionaux ont réaffirmé leur volonté de renforcer les contrôles contre les irrigations anarchiques et l’utilisation d’eaux non conformes dans les périmètres agricoles.

Ce type d’affaires n’est pas inédit

Ce type d’affaires n’est pas inédit dans le gouvernorat de la Manouba. En 2020 déjà, des hectares de cultures maraîchères irriguées avec des eaux polluées avaient été détruits à Oued Ellil après des analyses ayant confirmé un risque sanitaire pour les consommateurs.

Lire aussi : Irrigués avec des eaux usées, deux hectares de légumes détruits à la Manouba

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Tunisie : Plus de 90 % des eaux usées traitées restent inexploitées

Alors que la question de l’eau s’impose comme l’un des défis majeurs des prochaines décennies, la Tunisie continue de sous-utiliser une ressource pourtant disponible : les eaux usées traitées. Selon l’expert en développement et en ressources hydriques Hussein Rahili, plus de 90 % de ces eaux restent aujourd’hui inexploitées, alors qu’elles pourraient contribuer à réduire la pression sur les ressources hydriques du pays.

Invité de l’émission « Houna Tounes » sur les ondes de Diwan FM, l’expert a estimé que la Tunisie accuse près de 30 ans de retard dans la valorisation de cette ressource non conventionnelle.

Une ressource hydrique importante

La Tunisie dispose d’un réseau relativement développé d’infrastructures d’assainissement. Selon les données évoquées par Rahili, 127 stations d’épuration sont actuellement réparties sur l’ensemble du territoire.

Chaque année, plus de 300 millions de mètres cubes d’eaux usées arrivent dans ces stations pour être traitées. À titre de comparaison, la consommation domestique annuelle d’eau en Tunisie est estimée entre 450 et 500 millions de m³.

Malgré ce potentiel important, seulement 5 à 7 % des eaux usées traitées sont aujourd’hui réutilisées, notamment dans certains périmètres irrigués.

Une gestion de l’eau fragmentée entre plusieurs ministères

Pour l’expert, le principal obstacle ne réside pas dans les capacités techniques de traitement, mais dans l’organisation institutionnelle de la gestion de l’eau.

En Tunisie, les compétences sont réparties entre plusieurs ministères. Les ressources hydriques conventionnelles relèvent du ministère de l’Agriculture, tandis que les eaux usées traitées sont gérées par l’Office national de l’assainissement (Onas), rattaché au ministère de l’Environnement. Les eaux de source et les eaux minérales dépendent pour leur part du ministère de la Santé.

Cette fragmentation complique la mise en place d’une politique hydrique intégrée, pourtant nécessaire pour optimiser l’utilisation de l’ensemble des ressources disponibles.

Transport de l’eau et pertes dans le système hydrique

Rahili souligne également un problème d’aménagement. Les volumes les plus importants d’eaux usées traitées sont produits dans les grandes agglomérations, notamment le Grand Tunis et les régions du Sahel, alors que les besoins agricoles se situent souvent dans d’autres régions.

La réutilisation de ces eaux suppose donc des investissements dans le transport et la redistribution de l’eau vers les zones agricoles.

Au-delà de la question des eaux traitées, le système hydrique tunisien souffre également de pertes importantes. Selon les estimations évoquées, 20 à 25 % de l’eau potable est perdue dans les réseaux de distribution, notamment en raison du vieillissement des canalisations.

Dans les périmètres irrigués, les pertes peuvent atteindre 30 à 33 %. Par ailleurs, l’évaporation dans les barrages représenterait entre 600 000 et 700 000 m³ d’eau par jour, sous l’effet notamment des températures élevées.

Un retard par rapport à plusieurs pays

Dans plusieurs pays confrontés au stress hydrique, la réutilisation des eaux usées traitées est devenue un pilier des politiques de gestion de l’eau. À Chypre, par exemple, près de 90 % des eaux usées traitées sont réutilisées, principalement dans l’irrigation agricole. En Jordanie, cette proportion atteint également près de 85 à 90 %.

Avec 5 à 7 % seulement d’eaux traitées réutilisées, la Tunisie reste donc très loin de ces niveaux, malgré un potentiel estimé à plus de 300 millions de m³ d’eaux usées traitées chaque année.

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