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Un film explore les «biorégions» en Tunisie

L’espace CinéMadart à Carthage convie le public des cinéphiles à la projection en avant-première de l’essai documentaire sensoriel ‘‘Biorégions? / حدّ الأرض’’, produit par Wise en collaboration avec Ecologia Media Ecosystem. La projection est prévue le samedi 6 juin 2026, à 19 heures.

Le film explore la manière dont les écosystèmes façonnent les cultures humaines et invite à repenser les territoires au-delà des frontières politiques.

À travers des voyages immersifs dans différentes régions tunisiennes, le documentaire suit des activistes et des communautés locales à la découverte des liens profonds entre nature, identité, solidarité et mémoire collective.

À la croisée du documentaire immersif et de l’essai cinématographique, ‘‘Biorégions? / حدّ الأرض’’, met en lumière des réalités souvent invisibilisées : les savoirs écologiques locaux, les pratiques de solidarité communautaire, les relations au territoire ainsi que des façons alternatives d’imaginer les espaces à travers des continuités écologiques et culturelles.

Le documentaire part d’une réflexion autour du concept de «biorégion» : une manière de penser les territoires à partir des continuités écologiques, des cultures locales et des liens entre les sociétés humaines et leurs écosystèmes.

À travers plusieurs immersions à travers la Tunisie, le film explore comment les paysages, l’eau, les reliefs, les climats ou les ressources naturelles influencent les modes de vie, les savoirs, les formes de solidarité et les identités locales.

Le documentaire s’appuie sur différentes approches liées à l’écologie politique, à la géographie humaine ou à l’anthropologie environnementale, tout en gardant une relation très ancrée dans le terrain et les expériences vécues.

La notion de «biorégion» y est abordée non comme une frontière fixe ou un modèle administratif, mais comme une autre manière de lire les territoires : à travers les continuités naturelles, les usages humains et les relations qui relient les espaces au-delà des découpages classiques.

Le film donne une place importante aux rencontres. Habitants, chercheurs, agriculteurs, militants, artistes ou acteurs locaux participent à une parole multiple, où les savoirs scientifiques croisent les mémoires, les récits personnels et les réalités du quotidien.

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Palmarès des Prix littéraires Comar d’Or 2026

La cérémonie de proclamation des prix littéraires Comar d’Or pour le roman tunisien en langues arabe et française s’est déroulée, hier soir, samedi 23 mai 2026, au Théâtre de l’Opéra à la Cité de la culture de Tunis, dans une ambiance festive où littérature et musique ont meublé une soirée exceptionnelle, avec la participation, tout en douceur et élégance, de l’Orchestre symphonique de Carthage conduit par le maestro Hafedh Makni. (Photo : Hichem Ben Azzouz, Comar d’Or du roman tunisien en langue française). Vidéo de la soirée.

Latif Belhedi

Pour la direction des Assurances Comar, qui ont lancé ces prix en 1997, ce fut une occasion pour célébrer le trentième anniversaire de ces prix qui ont impulsé la production romanesque tunisienne, aidé à l’éclosion de nombreux talents littéraires et au développement de l’activité éditoriale nationale, ce dont témoigne le nombre record de romans examinés par les jurys cette année et qui ont approché la centaine contre à peine une vingtaine il y a trente ans. D’ailleurs, ce 30e anniversaire a été une occasion pour rendre hommage à tous ceux, romanciers, critiques littéraires et éditeurs, qui ont contribué à la promotion des Prix Comar d’Or et à leur succès grandissant, en Tunisie mais aussi à l’étranger.  

Avant de proclamer le palmarès, les présidents des deux jurys se sont félicités de la qualité d’une bonne partie des romans qu’ils ont eu à examiner et dont beaucoup auraient mérité de figurer dans le palmarès de cette année. Sauf qu’ils ont dû trancher dans le vif pour ne garder que six titres, trois en arabe et trois en français dont les auteurs ont été invités à recevoir leurs prix sous les applaudissements du public présent.

Sofiane Ben M’r’Rad, Prix Découverte, et Hella Fékih, Prix spécial du jury.

Nous reproduisons ci-dessous le palmarès des Prix Comar d’Or 2026 en langue française tel que présenté par le jury.

Le Prix Découverte a été attribué à Sofiane Ben M’Rad pour son roman ‘Tunis Arkana’, paru aux éditions Sikelli.

Un roman historique au souffle épique qui raconte avec acuité la difficile accession de la Tunisie au progrès et à la modernité au cours de la première moitié du 19e siècle. Et ce à travers un récit passionnant, où se mêlent ambitions, amours et intrigues sanglantes autour d’un précieux manuscrit caché dans la bibliothèque du bey à Manouba.

Le Prix spécial du jury a été attribué à Hella Feki pour son roman ‘Une reine sans royaume’, paru aux éditions JC Lattès. 

Un roman qui retrace, avec tendresse et poésie, les pérégrinations amoureuses et intellectuelles d’une reine malgache exilée, entre Alger, Tunis et Paris, à une période charnière de l’histoire de la colonisation française.

Ce texte écrit dans une langue élégante bruissant d’images poétiques est aussi une réflexion sur l’exil, la liberté et la soif d’émancipation des peuples soumis à l’occupation étrangère.

Le Comar d’Or a été attribué à Hichem Ben Azouz pour son roman ‘Sangoma, le guérisseur’, paru aux éditions Hykeyet. 

Un roman écrit avec une sensibilité à fleur de mots et qui relate l’expérience exceptionnelle d’un médecin tunisien en rupture de ban avec un système médical enfermé dans la logique froide de la technicité.

C’est aussi un voyage initiatique à travers l’Afrique, de Cap Angela en Tunisie à Cap Agulhas en Afrique du Sud, en quête de l’Homme, de sa mémoire, de sa culture et de sa sagesse ancienne. 

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Beirut Animation Nights à CinéMadart à Carthage

L’événement culturel et humanitaire Beirut Animation Nights se tiendra le jeudi 21 mai 2026 à partir de 18h30 au CinéMadart à Carthage. A cette occasion, seront projetés7 courts métrages d’animation d’auteur-trices issu-e-s du monde arabe (Liban, Jordanie, Maroc et Syrie). L’intégralité de la recette de la projection et des dons seront reversée à la Croix-Rouge libanaise afin de soutenir les efforts de secours d’urgence en faveur des victimes de l’agression sioniste contre ce pays frère et ami.

En raison de l’agression militaire israélienne en cours contre le Liban, qui a fait plus de 1 450 morts — dont 126 enfants — et déplacé plus de 1,2 million de personnes, soit près de 22 % de l’ensemble de la population libanaise, Beirut Animation Nights poursuit sa mission de promotion internationale des voix de l’animation libanaise tout en affirmant sa solidarité avec les populations les plus durement touchées.

Des familles entières ont été contraintes de fuir sans aucun refuge. Des écoles ont été transformées en centres d’hébergement, et plus de 40 % des élèves au Liban ont été déplacés.

Face à cette situation, la culture demeure l’un des outils les plus puissants de résilience et de dignité.

Le Programme de tournée internationale de Beirut Animation Nights propose une sélection itinérante de courts métrages d’animation provenant du Liban et d’autres pays du monde, issus des éditions actuelles et passées du festival.

Il s’agit d’une manière de soutenir les familles déplacées du sud du Liban — en maintenant vivante la créativité libanaise sur la scène internationale tout en apportant une aide concrète à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Programme d’animation arabe (67 min)

Une sélection curatée d’œuvres d’animation d’auteur provenant du monde arabe : Liban, Jordanie, Maroc et Syrie. Ce programme explore les thèmes de la censure, de la mémoire, de l’exil, de l’amour et de la résistance. Des récits intimes et personnels aux voyages allégoriques d’envergure, il met en lumière la richesse et la profondeur de la scène contemporaine de l’animation arabe.

Il s’agit de ‘‘Downfall’’ de Rona Fayyad (3min,  Liban) ; ‘‘Shadows’’ de Rand Beiruty (14 min, Jordanie) ; ‘‘Crowman’’ de Yohan Abdelnour (7min, Liban) ; ‘‘Samt’’ de Chadi Aoun (15min,  Liban) ; ‘‘Shadow of the butterflies’’ de Sofia el Khyari (9 min, Maroc) ; ‘‘As i was a tree’’ de Jalal Maghout (17 min, Syrie) ; et ‘‘The weight of it all’’ de Melinda Mouzannar (1:55 min, Liban).

Billets disponibles au CinéMadart et en ligne sur ce lien

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Ouverture du second Institut Confucius en Tunisie

L’Institut Confucius du tourisme de l’Université de Sousse (Tunisie), fruit d’une collaboration entre l’Université des études internationales de Pékin (Bisu) et l’Université de Sousse, a été inauguré officiellement jeudi 14 mai 2026, devenant ainsi le deuxième Institut Confucius de Tunisie.

L’ambassadeur de Chine en Tunisie, Wan Li, a déclaré lors de la cérémonie d’inauguration que l’ouverture de cet institut s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour mettre en œuvre les conclusions du Forum sur la coopération sino-africaine et du Forum sur la coopération Chine-États arabes, et pour approfondir le partenariat stratégique entre la Chine et la Tunisie.

L’ambassadeur a souligné que cet institut marque un tournant dans l’enseignement du chinois en Tunisie, passant d’une approche traditionnelle à un modèle plus intégré, «Langue Plus», qui développe des compétences interdisciplinaires.

Li Biyou, président du Conseil universitaire de la Bisu, a indiqué que l’institut vise à former des professionnels maîtrisant à la fois le chinois et possédant une expertise dans le tourisme, afin de soutenir le développement culturel et touristique des deux pays.

Lotfi Belkacem, recteur de l’Université de Sousse, a déclaré que la création de cet institut marque une étape importante dans l’approfondissement du partenariat entre les deux pays, exprimant l’espoir que l’institut servirait de pont pour renforcer la compréhension mutuelle, promouvoir les échanges entre les peuples et contribuer à l’élargissement de la coopération bilatérale.

Le premier Institut Confucius de Tunisie, créé conjointement par l’Université des langues étrangères de Dalian (Chine) et l’Université de Carthage (Tunisie), a ouvert ses portes en 2019.

I. B. (D’après Xinhua).

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‘‘La Saga Massyle’’ | Aux confins de Carthage, au cœur de la Tunisie

Haut fonctionnaire, puis essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la politique tunisienne dont il connaît bien les arcanes pour y avoir été mêlé lui-même d’assez près, Ridha Ben Slama vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc en publiant son premier roman, ‘‘La Saga Massyle’’ (éditions Arabesques, Tunis, 2026, 285 pages), qui revisite une page lointaine et méconnue de l’histoire tunisienne.

Ridha Kefi  

Comme son titre l’indique, ‘‘La Saga Massyle’’ est une fresque historique où l’auteur a cherché à redonner vie à une période importante de l’histoire de la Tunisie qui s’étend de la fin du IVe siècle jusqu’à l’an 46 avant J.-C., et qui a vu une dynastie autochtone (comme on dit aujourd’hui) régner sur un immense territoire s’étendant des frontières occidentales et méridionales de Carthage jusqu’aux profondeurs des Aurès, soit une grande partie du territoire algérien actuel, avec pour «capitale» Thougga, la Dougga actuelle, site antique situé dans le nord-ouest de la Tunisie, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1997.

Quand on parle de l’histoire antique de la Tunisie, on a tendance à la réduire à celle de Carthage, empire maritime et commercial qui a régné sur la Méditerranée entre les IXe et IIe siècle av. J.-C. et dont les guerres menées contre Rome ont marqué l’histoire de l’humanité à cette époque. On évoque aussi les noms de Hanon, Magon, Hamilcar et autres Hannibal, et on oublie qu’au faîte du règne de la cité punique, un autre empire partageait le même territoire, l’empire Massyle, fondé par l’Aguellide (ou chef) Zelalsen (308-227 avant J.-C.) et qui fut longtemps l’allié de Carthage, protégeant ses frontières terrestres et lui fournissant les guerriers dont il avait besoin pour sécuriser ses navires sillonnant la Méditerranée, tout en l’approvisionnant en divers produits : blé, huile, bois, etc.

C’est ce roi Massyle dont la descendance a régné pendant plus de deux siècles à Thougga (et les immenses territoires que cette cité contrôlait par alliances tribales) que Ridha Ben Slama met en scène à travers un récit tout de bruits et de fureurs, où l’humaine condition apparaît dans toute sa complexité, entre courage et lâcheté, fidélité et trahison, amour et haine.

Et comme dans tout récit historique, ‘‘La Saga Massyle’’ reconstitue la vie quotidienne à cette époque lointaine avec une précision et un grand souci du détail qui sont le fruit d’un long travail de documentation historique effectué par l’auteur pendant plusieurs décennies. Car les historiens antiques, qui étaient très braqués sur les conflits ayant opposé Carthage et Rome, ont accordé peu d’intérêt aux autres peuples qui, à cette même époque, ont joué un rôle important, y compris dans l’issue de ces conflits.

Face à la rareté des sources, Ridha Ben Slama a dû faire un double travail : celui d’historien, pour reconstituer une époque et redonner corps et vie à un peuple marginalisé et presque oublié par l’histoire, puis celui de romancier en déclinant le fuit de ses recherches sous forme romanesque, le but étant de rapprocher les personnages du commun des lecteurs et de permettre à ces derniers de s’identifier à eux, à leurs faits et gestes, à leurs triomphes et infortunes, à leurs héroïsmes et déchéances. Et l’on peut dire qu’au final, le romancier n’a rien à envier à l’historien, puisque ‘‘La Saga des Massyles’’ se laisse lire avec autant d’intérêt (pour la découverte d’une page méconnue de notre histoire) que de plaisir (celui de suivre les péripéties d’une saga dont les personnages nous ressemblent tant).

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Tunisie au Mondial 2026 | Liste des 26 joueurs retenus

En prévision de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur des Aigles de Carthage Sabri Lamouchi a dévoilé, ce vendredi 15 mai 2026, la liste des 26 joueurs convoqués.

Gardien:

  • Aymen Dahmène;
  • Sabri Ben Hassan;
  • Mouhib Chamekh;

Défenseurs

  • Monatassar Talbi;
  • Dylan Bronn;
  • Omar Rekik;
  • Adem Arous;
  • Raed Chikhaoui;
  • Yan Valery;
  • Moutaz Neffati;
  • Mohamed Amine Ben Hamida;
  • Ali Abdi;

Milieux:

  • Ellyes Skhiri;
  • Mohamed Hadj Mahmoud;
  • Hannibal Mejbri;
  • Rani Khedhira;
  • Anis Ben Slimane;
  • Mortadha Ben Ouannes;
  • Ismael Gharbi;

Attaquants:

  • Khalil Ayari;
  • Sébastien Tounekti;
  • Elias Achouri;
  • Firas Chaouat;
  • Hazem Mastouri;
  • Elias Saad;
  • Rayan Elloumi.

Pour rappel, les Aigles de Carthage évolueront dans le groupe F et se lanceront dans la Coupe du monde 2026 face à la Suède le 15 juin.

Y. N.

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Lotfi Mechergui nommé DGA de la société MCC

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Après exactement dix-sept années passées en tant que directeur général de l’hôtel Golden Carthage à Gammarth, Lotfi Mechergui ouvre un nouveau chapitre de sa carrière.

C’est une évolution qui s’inscrit dans la continuité d’un parcours marqué par la stabilité, le développement et une vision managériale ayant largement contribué au rayonnement de l’adresse hôtelière.

Lotfi Mechergui, directeur général de l’hôtel Golden Carthage Tunis, vient d’être nommé directeur général adjoint du Montazah Les Côte de Carthage, la société propriétaire de l’hôtel et de tout le complexe qui l’entoure.

Une carrière riche en étapes

Au fil des années, l’hôtel Golden Carthage s’est imposé comme l’un des lieux incontournables de la banlieue nord de Tunis pour l’organisation d’événements professionnels, culturels et sociaux. Sous son impulsion, l’établissement a su fidéliser une clientèle diversifiée tout en cultivant une identité propre, mêlant hospitalité, proximité et sens du relationnel.

L’une des particularités de cette période restera également la place qu’occupait l’hôtel dans la vie artistique et mondaine. À l’occasion des grands rendez-vous, de nombreuses figures du monde culturel et médiatique s’y retrouvaient, portées par cette capacité qu’avait Lotfi Mechergui à fédérer autour de lui différents univers et à faire du Golden Carthage Tunis un espace de rencontres et d’échanges.

Une transition réussie

Mais au-delà de cette dimension relationnelle, son principal fait d’arme demeure sans doute la transition stratégique opérée après le départ de la chaîne Golden Tulip.

Un tournant important pour l’établissement, relevé avec succès sans impact sur la dynamique commerciale de l’hôtel. Bien au contraire, cette étape a permis l’émergence d’une marque locale affirmée, capable de consolider sa notoriété et de poser les bases d’un développement plus ambitieux.

Lire aussi: Golden Carthage, nouvelle marque hôtelière tunisienne

Fort de cette expérience, il se voit aujourd’hui confier de nouvelles responsabilités au sein de la Société Montazah les Côtes de Carthage. Il aura notamment pour mission d’accompagner et de piloter les futurs projets du groupe, avec une première phase axée sur la Libye puis, dans un second temps, sur l’Algérie.

Lire aussi: Golden Carthage se transforme en label hôtelier et entame une expansion à l’international

Une nouvelle mission à dimension régionale qui témoigne de la confiance accordée à un profil dont l’expérience opérationnelle et la connaissance du secteur hôtelier constituent désormais un atout stratégique pour l’expansion du groupe à l’international.

A la tête de l’hôtel, c’est Wissem Souifi qui a repris le flambeau.

©Destination Tunisie

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Ibn Khaldoun est tunisien et ne saurait être partagé

Ibn Khaldoun (1332-1406) n’a jamais évoqué l’Algérie comme entité politique au sens moderne du terme dans ses écrits. Il a plutôt parlé de l’Ifriqiya, région géographique et souveraine dont Tunis, sous la dynastie hafside, était la capitale et le cœur battant. Et il était convaincu que la stabilité de toute la région dépendait de celle de l’Ifriqiya… (Image : Statue d’Ibn Khaldoun au centre de Tunis).

Sami Jallouli *

L’implication d’une station de radio privée tunisienne dans la diffusion d’une distorsion flagrante de l’histoire et de l’identité tunisiennes, et dans l’attribution par l’un de ses intervenants d’Ibn Khaldoun à un pays autre que le leur, est extrêmement dangereuse…

Ibn Khaldoun était un savant tunisien. Né, élevé et instruit en Tunisie, il a évolué au sein de son contexte géographique, culturel, social et politique.

A propos d’un vol culturel et historique

L’affirmation selon laquelle l’Algérie aurait exercé une influence fondamentale sur ses écrits et, notamment, sa ‘‘Muqaddimah’’ relève non seulement d’une erreur historique, mais constitue une projection délibérée visant à attribuer le patrimoine intellectuel d’une nation à une autre. On pourrait le faire parfois par simple courtoisie, mais cela ne saurait devenir un fait d’histoire.

La spécialisation professionnelle de l’intervenant, qu’il soit vétérinaire ou historien, m’importe peu. Ce qui compte pour moi, c’est la rigueur intellectuelle et la neutralité éthique.

Les faits historiques ne sauraient être soumis aux caprices personnels. Le royaume de Numidie relevait historiquement de la sphère d’influence, tant territoriale que souveraine, de l’empire carthaginois. Saint Augustin, bien que né à Souk Ahras, a passé ses années de formation intellectuelle à Carthage, sachant que ces régions sont restées sous influence tunisienne pendant des siècles.

Ironie de l’Histoire, les Tunisiens, fondateurs du Caire et d’Al-Azhar, et qui ont posé les fondements de l’université Al-Qarawiyyin de Fès, n’ont pas organisé des séminaires pompeux pour tirer profit de ces réalisations pour pour s’approprier l’histoire d’autrui.

L’histoire instrumentalisée à des fins de propagande

Nul ne s’oppose à l’ouverture culturelle, mais la raison nous dicte de rejeter la falsification de l’histoire et sa transformation en outil de propagande pour se forger une légitimité illusoire au détriment de l’identité d’autrui. L’histoire est une science qui s’appuie sur les documents, non sur de simples récits fabriqués.

La Tunisie est fortement présente même à travers les symboles partagés. La grande combattante pour la liberté algérienne, Jamila Bouhired, dont j’ai eu l’honneur de parler lors d’un événement organisé par la Faculté de droit de Sousse, alors que j’étais étudiant, n’était pas considérée comme tunisienne, bien qu’elle fût de mère tunisienne originaire de Sfax. L’État tunisien l’a décorée de l’Ordre de la République en reconnaissance de son engagement. Nombre de figures de la révolution algérienne ont été accueillies par la Tunisie ou y sont nées, pourtant personne ne les a revendiqués comme tunisiens ni ne les a rattachés à la Tunisie. Nous mentionnons ces faits uniquement pour réfuter les fausses allégations.

Si l’on suivait cette logique, on dirait que les orientalistes qui ont écrit sur la Tunisie étaient tunisiens, on attribuerait le peintre suisse Paul Klee à la Tunisie parce qu’il y aurait découvert la lumière et les couleurs, selon ses dires, et on prétendrait que Farid Al-Atrash était tunisien parce qu’il avait chanté la Tunisie dans son fameux tube «Bissat Errih» !

De même, personne n’a osé qualifier de suisse le romancier libyen Ibrahim Al-Koni, qui a écrit ses chefs-d’œuvre dans la tranquillité de la Suisse et y a remporté de nombreux prix, car la résidence est certes un lieu d’inspiration, mais elle ne confère pas l’identité…

L’histoire est un ensemble de faits prouvés

L’appartenance, l’origine et le cœur sont une chose, et le simple fait de voyager en est une autre… L’histoire n’est pas un désir, mais un ensemble de faits prouvés et consignés…
Il convient de noter que la présence de personnalités officielles ou militaires, même retraitées, à des programmes médiatiques doit s’accompagner d’une grande précision et d’une prudence verbale exemplaire, afin d’éviter toute instrumentalisation politique de bonnes intentions…

L’Algérie est un beau pays, et je ne crois pas qu’elle ait besoin de construire son histoire aux dépens de ses voisins. Elle possède déjà suffisamment d’atouts pour bâtir une histoire et une identité locales fortes…

* Conseiller juridique et blogueur.

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Hausse surprise des tarifs des musées en Tunisie : les agences de voyage prises de court

Publiée au Journal officiel à la veille de son entrée en vigueur, la hausse des tarifs d’accès aux musées et sites archéologiques en Tunisie a pris de court les agences de voyage. Liées par des contrats conclus parfois un an à l’avance, elles se retrouvent aujourd’hui contraintes d’en assumer le surcoût.

Ce n’est pas un poisson d’avril bien que la mesure entre en vigueur le 1er avril 2026. Les tarifs d’entrée aux sites archéologiques et musées en Tunisie ont subi une augmentation substantielle. Une décision conjointe du ministère de la Culture et celui des Finances aussi soudaine qu’inattendue parue au Journal officiel le 31 mars et qui a immédiatement suscité la réaction des professionnels du tourisme.

En première ligne, les agences de voyage qui regrettent une mesure prise sans concertation et surtout sans délai d’adaptation. « La plupart des agences tunisiennes qui intègrent les musées et sites dans leurs programmes élaborent leurs offres et signent leurs contrats avec les tour-opérateurs étrangers près d’un an à l’avance », explique un professionnel du secteur.

Conséquence directe : les tarifs étant déjà fixés et commercialisés auprès des clients finaux, les agences se retrouvent aujourd’hui dans l’impossibilité de répercuter la hausse. « Les voyageurs ont réservé sur la base des anciens prix. Le différentiel devra être supporté par les agences tunisiennes », précise-t-il, évoquant un impact financier immédiat.

Une hausse jugée brutale malgré son principe admis

Si le principe d’une revalorisation tarifaire n’est pas contesté, sa mise en œuvre fait débat. « Une augmentation était inévitable, mais elle aurait dû s’accompagner d’une amélioration des services, d’un meilleur entretien des sites et d’une stratégie progressive », estime ce même interlocuteur.

Plus encore, la méthode interroge. « Une décision de cette nature aurait dû être anticipée, étalée dans le temps et surtout concertée avec les fédérations du tourisme et les agences de voyage, qui représentent la principale source de revenus de l’Agence de mise en valeur du patrimoine. Ce n’est pas de la gouvernance, c’est de la précipitation, voire une forme de brutalité », tranche-t-il.

Une réforme tarifaire en deux étapes

La nouvelle grille tarifaire s’applique en deux temps : une première augmentation entrée en vigueur le 1er avril 2026, suivie d’une seconde au 1er janvier 2027.

Les tarifs sont désormais fixés comme suit :
-Catégorie A : 30 DT en 2026, puis 45 DT en 2027
-Catégorie B : 20 DT, puis 30 DT
-Catégorie C : 10 DT
-Catégorie D : 8 DT
-Catégorie E : 5 DT

Un tarif réduit de 1 dinar est maintenu pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés ainsi que pour les étudiants individuels.

Le billet combiné donnant accès au Musée national du Bardo et aux sites de Carthage est désormais proposé à 45 dinars en 2026 et 70 dinars en 2027, avec une augmentation annuelle de 5 % à partir de 2028.

Reclassification des sites majeurs à l’horizon 2028

À compter du 1er janvier 2028, plusieurs hauts lieux du patrimoine tunisien, dont Carthage, Kairouan et l’amphithéâtre d’El Jem, seront reclassés en catégorie A, entraînant une nouvelle hausse mécanique des tarifs.

Des mesures d’accompagnement limitées

Des tarifs préférentiels sont maintenus pour les Tunisiens, les résidents étrangers et les visiteurs individuels du Maghreb arabe, avec des prix variant entre 4 et 9 dinars selon les sites.

La gratuité reste applicable le premier dimanche de chaque mois, les jours fériés ainsi que les 18 avril et 18 mai.

Par ailleurs, les agences de voyage pourront bénéficier d’une ristourne de 10 %, à condition d’atteindre un chiffre d’affaires annuel de 20 000 dinars dès 2026, puis 30 000 dinars à partir de 2027.

Au-delà des ajustements tarifaires, c’est donc la question de la gouvernance et de la concertation qui est posée. Dans un secteur où l’anticipation est clé, cette décision « tombée du jour au lendemain » risque de perturber les programmes déjà signés entre les acteurs du tourisme en Tunisie et leurs partenaires internationaux, qu’il s’agisse de tour-opérateurs ou des compagnies de croisières qui élaborent leurs programmes et rendent publics leurs tarifs sur toute une saison, voire même par anticipation sur l’année suivante.

©Destination Tunisie

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Wissem Souifi, nouveau DG du Golden Carthage Hotel & Residence


Wissem
Souifi prend la direction du Golden Carthage Tunis avec l’ambition de hisser l’établissement au rang de référence internationale, portée par l’authenticité et l’excellence tunisiennes.

Le Golden Carthage Hotel & Residence, complexe de prestige niché sur les hauteurs de Gammarth, vient d’officialiser la nomination de Wissem Souifi au poste de directeur général. Il prendra officiellement ses fonctions le 23 mars 2026.

Cette décision stratégique s’inscrit dans une vision de croissance ambitieuse. L’objectif avec cette nomination est de consolider le statut de l’établissement en tant que référence de l’hôtellerie haut de gamme dans le bassin méditerranéen.


Un expert de l’hôtellerie internationale

Professionnel chevronné et respecté, Wissem Souifi apporte avec lui une expertise internationale bâtie à la tête d’établissements de luxe en Afrique et au Moyen-Orient. Son parcours est marqué par une capacité démontrée à piloter des transformations complexes dans des environnements hautement concurrentiels.

L’un de ses succès les plus récents et remarqués demeure la direction du complexe hôtelier de Tunis (ex-Laico). Il y a orchestré avec brio la transition vers l’enseigne Radisson Blu Hotel & Convention Center Tunis, repositionnant l’établissement comme un leader incontesté du tourisme d’affaires et de l’événementiel d’envergure.


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ision axée sur l’excellence et l’innovation

Pour le nouveau directeur général, ce défi représente une suite logique à son parcours d’excellence : « Rejoindre le Golden Carthage Hotel & Residence est une opportunité exceptionnelle de faire évoluer un établissement aussi emblématique. Notre ambition est de le propulser parmi les destinations de référence en Méditerranée, en misant sur l’excellence du service, l’innovation constante et la profonde authenticité de l’hospitalité tunisienne ».

Dès la saison estivale 2026, sous son impulsion, l’hôtel amorcera une phase de modernisation profonde. Ce plan de développement prévoit l’élévation de l’expérience client via des standards de service renforcés, la refonte de l’offre gastronomique pour séduire les palais les plus fins, la rénovation complète du Spa Antonin, véritable poumon de bien-être du complexe et la création de nouvelles suites de prestige, incluant une Suite Impériale d’exception.

L’ambition est de positionner le Golden Carthage Tunis comme une destination incontournable sur la Côte de Carthage, capable d’attirer une clientèle internationale exigeante tout en valorisant l’excellence de l’hospitalité tunisienne.

Ambition internationale pour le Groupe Golden Carthage

Cette nomination s’inscrit également dans une restructuration globale du Groupe Hôtelier Golden Carthage. Le groupe entame une phase d’expansion audacieuse visant à exporter son savoir-faire au-delà des frontières tunisiennes. Il ambitionne désormais de devenir un acteur majeur du management hôtelier à l’échelle internationale. En s’appuyant sur l’expertise technique de ses équipes, il compte développer et gérer des établissements sur les marchés régionaux et mondiaux, portant ainsi les couleurs du management touristique tunisien à un niveau supérieur.

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Une liaison ferroviaire en projet pour desservir Tunis-Carthage

Selon les données officielles, le projet sera réalisée en trois phases distinctes, couvrant un total de plus de 20 kilomètres

Dans le cadre de son Plan de développement 2026-2030, l’État tunisien a annoncé hier un projet de création d’une nouvelle ligne de transport public ferroviaire destinée à améliorer la desserte de l’aéroport Tunis-Carthage et à renforcer la mobilité dans le Grand Tunis.

La première phase prévoit la réalisation d’un tronçon de 8 km reliant l’Avenue de la République à l’aéroport, en passant par le quartier de La Perle du Lac.

La deuxième phase, longue de 10 km, prolongera la ligne depuis La Perle du Lac jusqu’à la zone économique du Kram, également connue sous l’appellation Lac 3.

Enfin, une troisième phase de 4 km permettra d’étendre le réseau vers les quartiers des Jardins de Carthage, d’Aïn Zaghouan et de Bhar Lazreg, à proximité de l’hôpital Hôpital Mongi Slim La Marsa.

Parallèlement à ces développements d’infrastructure, un appel d’offres a été lancé pour l’acquisition de 30 rames ferroviaires destinées à exploiter cette future ligne.

Ce projet s’inscrit dans une volonté de fluidifier l’accès à l’aéroport et accompagner son plan d’extension qui a également été confirmé.

Image d’illustration générée par IA

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Extension de l’aéroport Tunis-Carthage : un choix stratégique qui interroge

Le gouvernement tunisien a officiellement tranché concernant l’avenir de l’Aéroport international de Tunis-Carthage. Il a dévoilé hier son projet d’extension, sans toutefois aborder la nature de son financement.

La décision annoncée officiellement hier en conseil des ministres a clarifié une fois pour toutes les grandes orientations de l’Etat pour ce qui concerne le futur de l’aéroport Tunis-Carthage, première porte d’entrée dans le pays par voie aérienne avec 60 % du trafic tous aéroports confondus.

Il n’y aura donc pas de nouvel aéroport à construire comme cela avait été évoqué, de même que l’option de délocalisation vers l’Aéroport international d’Enfidha-Hammamet n’est de toute évidence plus à l’ordre du jour.

Le schéma retenu est celui d’une extension des infrastructures existantes avec la réalisation d’un nouveau terminal d’une capacité de 11,5 millions de passagers, portant la capacité globale à 18,5 millions (contre une surcapacité de 7,2 de voyageurs actuellement) en plus de la rénovation de l’actuel terminal pour porter sa capacité à 7 millions de passagers.

Une orientation qui, si elle répond de toute évidence à une logique budgétaire évidente, soulève néanmoins plusieurs interrogations de fond.

Une décision avant tout économique ?

Tout porte à croire que le choix retenu repose essentiellement sur des considérations financières et des impératifs de rationalisation des dépenses publiques. L’extension apparaît comme la solution la moins coûteuse à court terme.

Mais cette approche privilégie-t-elle une vision stratégique à long terme ? Certains observateurs estiment que les conséquences des arbitrages actuels risquent d’être reportées sur les générations futures, notamment si le choix arrêté s’avérait inadapté.

Les professionnels du tourisme laissés en marge : Autre point sensible : l’absence de consultation élargie des acteurs du tourisme et du voyage. Les professionnels du secteur, en première ligne avec leurs partenaires internationaux et leurs clients, disposent pourtant d’une lecture fine des tendances du marché, des attentes des compagnies aériennes et de l’évolution des flux touristiques.

Leur expertise aurait pu enrichir le débat stratégique autour d’une consultation appelée à fixer les enjeux de compétitivité de la destination Tunisie.

La question de la gouvernance et de la qualité de service : Au-delà des infrastructures, plusieurs voix s’interrogent sur les méthodes de gestion actuelles au sein de l’aéroport. Les critiques portent notamment sur des processus jugés peu flexibles et insuffisamment orientés vers l’expérience passager.

Sans réforme structurelle de la gouvernance et des pratiques opérationnelles, une extension physique suffira-t-elle à améliorer la qualité de service ?

L’angle mort de la législation aérienne : Peu de débats publics ont également porté sur le cadre réglementaire de l’aviation civile. Or, la législation actuelle impose encore des restrictions notamment sur les droits de trafic, un facteur déterminant dans l’attractivité d’une plateforme aéroportuaire.

Le dossier de l’Open Sky semble par ailleurs avoir été relégué au second plan, alors même qu’une clause prévoit que l’aéroport de Tunis-Carthage bénéficie d’une période de « protection » de cinq ans. Une situation qui continue d’alimenter les interrogations sur la stratégie d’ouverture du ciel tunisien.

Et le rôle de Tunisair dans cette nouvelle configuration ?

La question de l’adaptation de l’aéroport aux besoins spécifiques de la compagnie nationale, Tunisair, demeure également posée. Le futur terminal a-t-il été pensé comme un véritable levier de croissance pour son trafic, avec des infrastructures alignées sur la nature de son réseau et ses ambitions de développement ?

La réponse à cette question sera déterminante pour la compétitivité de la compagnie et, par extension, pour le positionnement régional de Tunis.

Les riverains face à l’augmentation du trafic

Enfin, un point majeur semble peu abordé : l’impact sur les habitants de Tunis et des zones limitrophes. Les quartiers des Berges du Lac, de La Soukra ou encore de l’Ariana, situés dans le périmètre aéroportuaire et sous les axes de servitude aéronautique (couloirs d’approche et de décollage), pourraient voir les nuisances sonores s’intensifier proportionnellement à l’augmentation du mouvement des avions.

Les riverains ont-ils été consultés ? Des mesures d’atténuation sont-elles prévues dans les plans futurs ? L’argument stipulant que les avions sont moins bruyants évoqués par certains est particulièrement maigre.

Une vision à clarifier

L’extension de l’aéroport Tunis-Carthage constitue indéniablement un choix structurant pour l’avenir du transport aérien tunisien. Mais au-delà des chiffres et des capacités annoncées, c’est une vision globale qui est attendue : gouvernance modernisée, cadre réglementaire adapté, intégration des besoins des compagnies, concertation avec les professionnels et prise en compte des impacts environnementaux.

Car un aéroport n’est pas seulement une infrastructure. C’est un outil stratégique au service d’un pays, de son économie et de ses citoyens. Et dans ce dossier, à l’heure où cet article est publié, aucune information n’a filtré sur le budget consacré et sur sa provenance. L’information officielle s’est limitée à indiquer que le projet entre dans le cadre du Plan de développement 2026-2030.

©Destination Tunisie

 

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Golden Carthage se transforme en label hôtelier et entame une expansion à l’international

Le Golden Carthage à Gammarth amorce un virage stratégique en se déployant en tant que label hôtelier tourné vers l’international misant sur les compétences tunisiennes.

L’hôtel Golden Carthage Tunis, propriété de la MCC (Montazah les Côtes Carthage, à capitaux saoudiens que préside Tariq Jalal) entre dans une nouvelle phase. Il s’agit de la création d’une nouvelle société de gestion hôtelière qui va exporter le label Golden Carthage sur les marchés maghrébins.

Concrètement, cette nouvelle société a signé le 12 février 2026 un contrat de gestion pour compte d’un nouvel établissement comprenant hôtel et appart-hôtel situés à Tripoli en Libye qui seront dénommés Haroun Golden Carthage. Ce complexe a une capacité de 190 chambres en catégorie 4 étoiles et devrait ouvrir ses portes en mars 2026.

D’autres projets sont également prévus en Libye au cours de la prochaine période.

En Algérie, des négociations sont également à un stade avancé pour la prise en gestion d’un tout nouvel hôtel situé à Alger sous le même label Golden Carthage.

La société est également tournée vers la Mauritanie où elle envisage également une implantation sur un marché jugé en pleine expansion.

Cérémonie de signature de prise en gestion pour compte de l’hôtel Haroun de Tripoli

Ressources humaines tunisiennes

Ce déploiement s’appuiera sur des compétences essentiellement tunisiennes. A commencer par la direction générale de cette société qui sera pilotée par Lotfi Mechergui.

L’hôtel de Tripoli sera dirigé lui aussi par un Tunisien, en l’occurrence Khaled Bouaarada qui sera accompagné par plusieurs hauts cadres dont notamment le futur chef de l’hôtel.

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Madart Carthage reprend toutes ses activités

Fondé par Raja Ben Ammar et Moncef Sayem en 1994, Madart Carthage est un ciné-théâtre rayonnant sur toute la banlieue nord de Tunis.

Repris par une équipe de jeunes activistes culturels, cet espace a connu une fermeture prolongée afin d’accomplir d’importants travaux de restauration et de maintenance.

Ayant rouvert progressivement durant ces dernières semaines, Madart Carthage vient d’atteindre sa vitesse d’élan et l’a annoncé aujourd’hui à ses nombreux amis et son public.

C’est avec un dessin de Héla Lamine que l’équipe de Madart Carthage a fait part de cette nouvelle sous le signe des retrouvailles.

Welcome back et bonne reprise !

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Aigles de Carthage : Sami Trabelsi et son staff, limogés

Au lendemain de l’élimination de la sélection tunisienne en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, la Fédération tunisienne de football a officialisé une rupture à l’amiable avec l’ensemble du staff technique. Une décision qui marque la fin d’un cycle, dans un contexte sportif jugé insuffisant.

La Fédération tunisienne de football (FTF) a annoncé, dimanche soir, la résiliation à l’amiable des contrats liant l’ensemble du staff technique de l’équipe nationale. Cette décision intervient moins de 24 heures après l’élimination des Aigles de Carthage en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, disputée au Maroc.

Un premier tour en demi-teinte

La Tunisie a vu son parcours s’arrêter à l’issue d’une rencontre disputée face au Mali, conclue par une séance de tirs au but perdue (3-2), après un match nul (1-1) au terme du temps réglementaire et des prolongations, samedi soir à Casablanca. Une issue cruelle, mais qui n’a pas suffi à masquer les limites affichées tout au long de la compétition.

Lors de la phase de groupes, les Aigles de Carthage n’ont enregistré qu’une seule victoire, obtenue lors du match d’ouverture face à l’Ouganda (3-1). Le reste du parcours s’est résumé à une défaite contre le Nigeria (3-2) et un match nul face à la Tanzanie (1-1), des résultats qui ont permis à la Tunisie d’arracher la qualification pour les huitièmes de finale à la deuxième place du groupe C.

La fédération tourne la page

Sans entrer dans les détails des prochaines orientations techniques, la FTF acte ainsi la fin d’un staff dont le bilan à la CAN n’a pas répondu aux attentes, dans un climat de plus en plus critique autour du rendement de la sélection nationale. Cette rupture ouvre désormais la voie à une nouvelle phase de réflexion, à l’approche des prochaines échéances continentales et internationales.

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Ghannouch vibre au rythme du cinéma avec les JCC

Dans une ambiance festive et en présence de nombreuses personnalités du monde artistique, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) ont démarré jeudi soir à la Maison de la Culture de Ghannouch dans le gouvernorat de Gabès et se poursuivront jusqu’au 27 décembre.

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre d’une initiative visant à soutenir la décentralisation culturelle au service du rayonnement du cinéma tunisien dans les diverses régions du pays.

Le premier jour a été marqué par la projection du documentaire ” Le Clown de Gaza ” d’Abdul Rahman Sabbah qui a attiré un public nombreux et de tous âges, témoignant de la passion des habitants de Ghannouch pour le cinéma, de leur soif de films et de leur engagement profond envers la cause palestinienne.

Le programme de cette manifestation comprend des ateliers de formation spécialisés dans le domaine de l’interprétation face à la caméra et dans les techniques modernes d’industrie cinématographique dirigées par des experts et des réalisateurs professionnels.

Des projections destinées au public sont également prévues et les cinéphiles auront l’occasion de voir “Une journée presque ordinaire” de Selim Belhiba, “Les enfants de Fatma” d’Abdelhamid Bouchnek et “Pierre-Feuille-Ciseaux ” de Cherifa Benouda qui remporté le prix Prix Ciné-Promesse lors de la 36e édition des JCC ainsi que film tunisien “Ilef” de Saber Bakouch à la clôture de cette manifestation.

De nombreux intellectuels de la région ont convenu que le JCC ont constitué un événement culturel important pour la ville qui a contribué à sa dynamisation culturelle. Ils ont ajouté que cela prouve encore une fois la grande popularité du cinéma dans les différentes régions du gouvernorat de Gabès et  souligné le besoin urgent d’un cinéma dans la région.

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Tunisie–Chine : Discussions sur l’aéroport de Tunis, le port d’Enfidha et Taparura

Une délégation de China CAMC Engineering Co., Ltd. a été reçue par la FIPA-Tunisia pour faire le point sur des projets en cours et examiner de nouvelles opportunités d’investissement. Les échanges ont porté sur plusieurs chantiers majeurs, dont l’aéroport de Tunis-Carthage, le port en eau profonde d’Enfidha et le projet Taparura à Sfax.

La coopération tuniso-chinoise dans le domaine des infrastructures a été au centre d’une rencontre tenue au siège de l’Agence Foncière pour l’Investissement en Tunisie. Les discussions ont réuni les responsables de la FIPA-Tunisia et une délégation de China CAMC Engineering Co., Ltd., filiale du groupe public chinois SINOMACH, autour de projets structurants pour l’économie tunisienne.

Aéroport, port et Taparura à l’ordre du jour

La réunion a permis d’évaluer l’état d’avancement du projet du Centre sportif pour la jeunesse de Ben Arous, réalisé avec la participation de CAMCE. Elle a également ouvert la voie à l’exploration de nouveaux investissements dans des infrastructures de grande envergure, considérées comme prioritaires pour le développement du pays.

Les échanges ont porté sur plusieurs dossiers stratégiques, notamment l’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage, la réalisation du port en eau profonde d’Enfidha et le projet Taparura à Sfax. Ces chantiers sont présentés comme des leviers clés pour renforcer la connectivité, la logistique et l’attractivité économique de la Tunisie.

Un acteur chinois de premier plan

Le directeur général de la FIPA-Tunisia, Jalel Tebib, a mis en avant l’importance des investissements déjà réalisés par CAMCE et souligné la dynamique actuelle visant à accélérer la mise en œuvre des grands projets d’infrastructure, notamment à travers des partenariats public-privé. Il a réaffirmé la volonté des autorités tunisiennes de consolider la coopération économique avec leurs partenaires internationaux.

China CAMC Engineering Co., Ltd. est une entreprise publique relevant directement du gouvernement chinois, spécialisée dans les projets clés en main à l’international. Cotée à la Bourse de Shenzhen depuis 2006, elle est active dans de nombreux pays et constitue un acteur majeur de l’ingénierie et des infrastructures à l’étranger.

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JCC dans les régions : Une première édition régionale à Ghannouch

La délégation de Ghannouch accueille, pour la première fois, du 25 au 27 décembre 2025, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) dans les régions, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir la décentralisation culturelle au service du rayonnement du cinéma tunisien dans les diverses régions du pays.

Le programme de cette manifestation qui se tient au Centre culturel de Ghannouche, comprend des ateliers de formation spécialisés dans le domaine de l’interprétation face à la caméra et dans les techniques modernes d’industrie cinématographique dirigées par des experts et des réalisateurs professionnels.

Des projections destinées au public sont également au programme, avec en ouverture la projection du film palestinien “Le Clown de Gaza” d’Abdulrahman Sabbah et en clôture le film tunisien “Ilef” de Saber Bakouch. Les cinéphiles auront également l’occasion de voir ” ne journée presque ordinaire” de Selim Belhiba, “Les enfants de Fatma” d’Abdelhamid Bouchnek et “Pierre-Feuille-Ciseaux ” de Cherifa Benouda qui remporté le prix Prix Ciné-Promesse lors de la 36e édition des JCC, dont la clôture a eu lieu samedi soir à la capitale.

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JCC 2025 – Le soir où la parole a été confisquée

La cérémonie de clôture de la 36ᵉ édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) n’a pas seulement surpris par sa forme inhabituelle : elle a révélé, de manière brutale et publique, une confiscation de la parole au cœur même d’un festival historiquement fondé sur l’expression et le débat.

Une cérémonie de clôture marquée par le malaise

Lors de la cérémonie de clôture de la 36ᵉ édition des Journées cinématographiques de Carthage, un sentiment de vide et d’étrangeté s’est immédiatement imposé, aussi bien aux spectateurs présents dans la salle qu’à ceux qui suivaient l’événement à distance. La salle apparaissait clairsemée et, surtout, plusieurs jurys — au moins deux — étaient absents, non seulement de la scène mais de la salle elle-même. L’absence la plus visible restait celle du jury de la compétition des longs métrages de fiction, pourtant au cœur de toute cérémonie de clôture.

La forme même de cette clôture a accentué le malaise. Les prix ont été annoncés rapidement, sans lecture de motivations, sans discours d’aucune sorte. Les lauréats, appelés sur scène, n’ont pas eu accès à un micro pour remercier ou s’exprimer. Cette absence totale de parole a surpris, voire choqué. Le contraste entre l’importance symbolique d’une clôture et la pauvreté de sa mise en scène a été immédiatement perçu comme problématique.

Des interrogations immédiates et des prises de parole publiques

Dès le soir même, puis le lendemain, les interrogations se sont multipliées. Que s’était-il passé ? Pourquoi les jurys étaient-ils absents ? Pourquoi cette cérémonie semblait-elle privée de toute parole, alors que les JCC se sont toujours revendiquées comme un espace d’expression et de débat ? Ces questions, d’abord murmurées dans les coulisses et sur les réseaux sociaux, ont rapidement pris une dimension publique.

C’est dans ce contexte qu’est apparue la lettre ouverte du réalisateur Brahim Letaief, adressée au Président de la République. Membre du jury Première œuvre – Prix Tahar Chériaa, il portait ainsi la contestation depuis l’intérieur même des instances artistiques du festival. Par ce geste, le débat quittait le seul cadre organisationnel du festival pour être porté sur le terrain institutionnel et symbolique. Peu après, la déclaration du jury de la compétition des longs métrages de fiction est venue apporter un éclairage précis et argumenté sur les raisons de son absence, confirmant qu’il s’agissait d’un désaccord de fond concernant le rôle du jury et la suppression de sa parole lors de la cérémonie.

La publication successive de ces deux textes a provoqué une indignation largement partagée. Cinéastes, professionnels du secteur, mais aussi simples citoyens ont exprimé leur incompréhension et leur colère face à ce qui était désormais perçu non comme un incident isolé, mais comme une atteinte aux principes mêmes sur lesquels le festival s’est construit.

Une prise de position professionnelle : Dorra Bouchoucha et l’ARFT

Dans ce climat, la productrice Dorra Bouchoucha a jugé nécessaire de publier à son tour une mise au point, en français et en anglais. Elle y affirme que, si la décision de priver jurys et lauréats de parole avait été connue à l’avance, elle ne se serait ni déplacée pour la cérémonie de clôture, ni levée pour remettre ou recevoir un prix par intérim. Elle précise également que seule la retransmission en direct sur la chaîne nationale l’a conduite à rester et à monter sur scène.

Surtout, elle insiste sur un point fondamental : elle ne cautionne pas ce qui s’est produit et refuse d’être associée à une démarche qu’elle juge contraire à ses principes et aux fondements mêmes des JCC, construits depuis près de soixante ans comme un espace de parole libre. En rappelant que priver le festival de cette dimension revient à en altérer l’essence, elle rejoint, par un autre biais, les préoccupations exprimées par le jury et par Brahim Letaief.

Dans le même mouvement, l’Association des Réalisateurs de Films Tunisiens (ARFT) a publié, le 22 décembre 2025, un communiqué estimant que la crise survenue lors de cette 36ᵉ édition ne pouvait être réduite à un incident isolé. L’association y évoque des dysfonctionnements structurels et insiste sur la nécessité de préserver l’indépendance du jury et la séparation entre décision artistique et intervention administrative.

À travers ces prises de parole successives, ce qui se dessine n’est pas un simple désaccord ponctuel autour d’une cérémonie, mais une inquiétude profonde concernant la place accordée à la parole artistique, à l’indépendance des jurys et à la lisibilité des processus décisionnels.

Une crise de confiance aux effets durables

À moyen terme, les conséquences de ce qui s’est produit lors de cette clôture risquent d’être à la fois structurelles et symboliques. Dans le fonctionnement d’un festival international, les fragilités ne naissent pas uniquement de difficultés financières ou de défaillances organisationnelles, mais surtout lorsque se fissure le lien de confiance qui unit jurys, cinéastes, producteurs, partenaires et publics. Or, ce qui s’est joué à Carthage touche précisément à ce lien, dans ce qu’il a de plus sensible : la légitimité de la parole artistique.

Fondées en 1966, les Journées cinématographiques de Carthage sont le plus ancien festival du monde arabe et d’Afrique. Elles ont été pensées dès leur origine comme un festival militant, profondément politique au sens noble du terme, conçu comme un espace de visibilité, de débat et de liberté d’expression pour les cinémas d’Afrique, du monde arabe et du Sud global. Cette histoire n’est pas un simple arrière-plan : elle fonde l’identité du festival et conditionne la manière dont ses décisions sont perçues, en Tunisie comme à l’international.

Le risque d’un déclassement symbolique du rôle de juré

L’une des conséquences les plus lourdes de cet épisode concerne la place même du jury au sein des JCC. Aujourd’hui encore, être membre du jury reste un honneur et un engagement symbolique fort, impliquant un investissement personnel important et une responsabilité artistique assumée publiquement.

Or, la 36ᵉ édition introduit un doute majeur : celui de la reconnaissance effective du rôle du jury. Lorsque des jurés expliquent publiquement que leur parole a été empêchée, que leurs motivations n’ont pas été lues et que leur présence sur scène a été rendue impossible, ce n’est pas un simple malaise ponctuel qui s’exprime, mais un signal envoyé à tous les professionnels susceptibles d’être invités à l’avenir.

À moyen terme, ce signal peut avoir un effet dissuasif. Des cinéastes reconnus pourraient hésiter à accepter de siéger dans un jury, ou poser des conditions plus strictes quant au respect de leur rôle et de leur parole. Ce risque est d’autant plus préoccupant que les JCC ne disposent pas, contrairement à d’autres festivals de la région, de la capacité à attirer régulièrement de grandes signatures internationales, comme a pu le faire le Festival international du film du Caire avec Naomi Kawase ou Nuri Bilge Ceylan. Si le prestige symbolique du rôle de juré venait à s’éroder, c’est toute l’architecture institutionnelle du festival qui serait fragilisée.

La lisibilité des prix et la question de la légitimité artistique

La deuxième conséquence touche à la lisibilité et à la valeur symbolique des prix. Les JCC ont historiquement bâti leur réputation sur la clarté de leurs choix artistiques et sur la légitimité de leurs palmarès. Lorsque le processus de remise des prix devient opaque ou semble déconnecté de ceux qui les ont attribués, cette légitimité s’affaiblit.

La question soulevée par Brahim Letaief à propos du Tanit d’Honneur attribué au film La voix de Hind Rajab est, à cet égard, centrale. Si cette interrogation a pu se poser publiquement, c’est précisément parce que le jury a été privé de parole et n’a pas pu expliquer ses motivations lors de la cérémonie de clôture. Jointe au téléphone, la présidente du jury de la compétition des longs métrages de fiction, Najwa Najjar, a affirmé que ce Tanit d’Honneur a bien été décerné par le jury. Il n’en demeure pas moins que le simple fait que cette question ait pu émerger révèle une crise de lisibilité du processus décisionnel et met en cause une ligne rouge essentielle : la séparation entre décision artistique et décision administrative.

L’effacement du débat artistique et l’injustice faite aux films

Une autre conséquence majeure de cette clôture est l’effacement presque total du débat artistique. Au lendemain d’un festival, les discussions devraient porter sur les films, les choix du jury et les désaccords critiques. Or, cette fois, l’attention s’est déplacée presque exclusivement vers la cérémonie elle-même et les controverses qu’elle a suscitées.

Cette situation est injuste pour l’ensemble des professionnels dont le rôle est de prolonger la vie des films par l’analyse, mais surtout pour les lauréats, privés à la fois de parole sur scène et de l’attention médiatique qu’un prix aux JCC est censé leur offrir. Les films n’ont qu’un temps très limité pour exister dans l’espace public. En laissant la clôture occulter totalement les œuvres, le festival a fini par parler de lui-même, au détriment du cinéma.

La mémoire du festival et la peur d’un précédent

Au-delà des effets immédiats, cet épisode est appelé à s’inscrire durablement dans la mémoire des Journées cinématographiques de Carthage. Institution ancienne, les JCC reposent autant sur leurs archives que sur une mémoire professionnelle faite de crises, de ruptures et de moments charnières, qui structurent durablement le rapport des jurés et des cinéastes au festival.

Cette 36ᵉ édition risque ainsi d’être retenue moins pour ses films que comme un moment de rupture. Plus préoccupant encore, elle installe la peur d’un précédent : si la parole des jurys a pu être neutralisée une fois, rien ne garantit qu’elle ne le sera pas de nouveau. Dans les institutions culturelles, ce type de précédent est particulièrement corrosif, car il nourrit le doute, la méfiance et modifie durablement les comportements futurs.

La confiance institutionnelle, une fois entamée, ne se répare pas par des ajustements techniques ou communicationnels. Elle laisse des traces durables et influence la perception des éditions suivantes. C’est cette mémoire silencieuse, mais persistante, qui constitue l’un des risques majeurs pour les JCC.

Une lecture internationale et l’image culturelle de la Tunisie en jeu

Cet épisode a immédiatement fait l’objet d’une lecture internationale dépassant largement le cadre d’une cérémonie de clôture mal organisée. La diffusion multilingue de la déclaration du jury, la lettre ouverte de Brahim Letaief et la prise de position publique de Dorra Bouchouhca ont inscrit l’événement dans un espace discursif global.

Dans les milieux culturels internationaux, les festivals sont perçus comme des baromètres du rapport entre culture, pouvoir et liberté d’expression. Carthage occupe, à ce titre, une place singulière dans l’imaginaire du monde arabe, africain et du Sud global. Lorsque des jurés internationaux expliquent que leur parole a été empêchée, et que des professionnels tunisiens ressentent le besoin de s’exprimer publiquement pour défendre des principes fondamentaux, le signal envoyé dépasse immédiatement le champ du cinéma.

Cette lecture internationale affecte directement l’image culturelle de la Tunisie. Les JCC ont longtemps incarné une vitrine culturelle fondée sur le débat, l’engagement et la liberté d’expression. Ce capital symbolique, construit sur plusieurs décennies, se trouve aujourd’hui fragilisé.

Il ne s’agit pas d’affirmer que cette image est définitivement remise en cause, mais qu’elle entre dans une zone d’incertitude. Or, dans le champ culturel international, l’incertitude est souvent plus dommageable qu’une position clairement assumée. Le silence, l’absence de clarification ou la dilution des responsabilités laissent place à des interprétations durables. Lorsque la liberté de parole semble pouvoir être suspendue, même ponctuellement, c’est l’ensemble du récit culturel national qui est affecté.

Une exigence de clarification

Ce qui s’est produit lors de la clôture de la 36ᵉ édition des JCC ne pourra être ni effacé ni réduit à un simple dysfonctionnement organisationnel. Parce qu’il a été public et largement relayé, cet épisode appelle une clarification à la hauteur de l’histoire du festival.

Nées comme un festival militant, profondément politique au sens noble du terme, les Journées cinématographiques de Carthage ont été conçues comme un espace de résistance, de débat et de liberté d’expression pour les cinémas d’Afrique, du monde arabe et du Sud global. Cette dimension constitue leur ADN même. La priver, même ponctuellement, revient à en altérer la nature profonde.

La question posée par cette 36ᵉ édition dépasse donc largement une cérémonie de clôture. Elle interroge l’avenir même des JCC : resteront-elles fidèles à ce qu’elles ont toujours été — un espace de liberté et de parole — ou accepteront-elles que cette essence soit progressivement fragilisée ?

Neïla Driss

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