La 29ème édition du Festival national du Théâtre expérimental de Médenine s’ouvrira ce samedi 30 mai 2026 à 20h00 au Complexe Culturel, avec la présentation de la pièce « Les Fugueuses ».
Coproduit par le Théâtre National Tunisien et Fabula Prod, ce spectacle est écrit et mis en scène par Wafa Taboubi. Il réunit sur scène une distribution prestigieuse, menée par Fatma Ben Saïdane et Mounira Zakraoui, aux côtés de Mohamed Bouzid, Oumaima Bahri, Lobna Noomene et Sabrine Omar.
L’intrigue suit six inconnus (cinq femmes et un homme) bloqués dans une station, liés par une attente interminable. Refusant de rebrousser chemin, ils s’unissent pour marcher vers un imaginaire plus vaste, bravant le doute et la peur pour tenter de changer leur destin.
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Assistante à la mise en scène : Abir Goumri Conception de musique : Heni Belhamadi Conception Costumes : Ghassen Douissa Régie son : Heni Belhamadi & Mohamed Hedi Touti Régie lumière : Fayçal Salah Régie plateau : Lotfi Jebali Costumes : Marwa Mansouri Régie de production : Adnen Abidi Chargée de production : Fatma Marsaoui Direction Artistique : Hajer Toumi Traduction en Français : Moez Awled Ahmed
Fable :
Une station… un jour ordinaire… cinq étrangères et, leur sixième, un homme. Tous en attente d’un … fait ordinaire qui se reproduit de manière régulière. Mais ce qui est attendu tarde à venir… un événement ordinaire et régulier. Les autres sont rentrés chez eux… une réaction normale et prévisible Mais nos six inconnus, eux sont restés … une réaction normale et prévisible. Ils ne sont pas rentrés… car ils ne sont pas habitués à ce qu’ils le fassent. Bien que leurs chemins divergent, ils s’accordent à marcher ensemble, laissant derrière eux la détresse de l’attente vers un imaginaire plus vaste .. Une attente plus grande…plus profonde, faite de peur et de douleur…… Ils changent de pas, espérant changer de destin…Mais ils se perdent…et le doute s’installe. Le doute de l’existence, du vide, du comment, du pourquoi, du quand et de l’après. Il y’aura quoi après ? ……pourquoi ne vient-il pas et pourtant ……ce qui est certain …..C’est qu’ils ne rebrousseront pas chemin.
Cet événement rendra hommage à l’immense héritage artistique libanais à travers une relecture symphonique inédite des œuvres emblématiques des Frères Rahbani et du Groupe des Cinq. La Presse — Le Carthage Symphony Orchestra donne rendez-vous aux mélomanes le mercredi 17 juin 2026 à 20h00 au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la culture pour […]
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Du 8 au 10 juillet 2026, la Tunisie organisera une mission de promotion de son huile d’olive au Sénégal. Les entreprises tunisiennes du secteur sont appelées à s’y inscrire avant le 8 juin, selon le Centre de promotion des exportations (Cepex)
L’opération réunira des exportateurs tunisiens et des importateurs et distributeurs sénégalais à travers des rencontres professionnelles B2B. Elle vise à faciliter les échanges commerciaux et à créer des partenariats durables sur le marché ouest-africain.
Au-delà du volet économique, cette mission cherche aussi à renforcer la notoriété de l’huile d’olive tunisienne et à mettre en avant son authenticité auprès des consommateurs sénégalais, notamment les segments à fort pouvoir d’achat.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet “Appui à la ZLECAf”, soutenu par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la GIZ, en partenariat avec le ministère tunisien du Commerce et du Développement des exportations et le Cepex.
L’espace CinéMadart à Carthage convie le public des cinéphiles à la projection en avant-première de l’essai documentaire sensoriel ‘‘Biorégions? / حدّ الأرض’’, produit par Wise en collaboration avec Ecologia Media Ecosystem. La projection est prévue le samedi 6 juin 2026, à 19 heures.
Le film explore la manière dont les écosystèmes façonnent les cultures humaines et invite à repenser les territoires au-delà des frontières politiques.
À travers des voyages immersifs dans différentes régions tunisiennes, le documentaire suit des activistes et des communautés locales à la découverte des liens profonds entre nature, identité, solidarité et mémoire collective.
À la croisée du documentaire immersif et de l’essai cinématographique, ‘‘Biorégions? / حدّ الأرض’’, met en lumière des réalités souvent invisibilisées : les savoirs écologiques locaux, les pratiques de solidarité communautaire, les relations au territoire ainsi que des façons alternatives d’imaginer les espaces à travers des continuités écologiques et culturelles.
Le documentaire part d’une réflexion autour du concept de «biorégion» : une manière de penser les territoires à partir des continuités écologiques, des cultures locales et des liens entre les sociétés humaines et leurs écosystèmes.
À travers plusieurs immersions à travers la Tunisie, le film explore comment les paysages, l’eau, les reliefs, les climats ou les ressources naturelles influencent les modes de vie, les savoirs, les formes de solidarité et les identités locales.
Le documentaire s’appuie sur différentes approches liées à l’écologie politique, à la géographie humaine ou à l’anthropologie environnementale, tout en gardant une relation très ancrée dans le terrain et les expériences vécues.
La notion de «biorégion» y est abordée non comme une frontière fixe ou un modèle administratif, mais comme une autre manière de lire les territoires : à travers les continuités naturelles, les usages humains et les relations qui relient les espaces au-delà des découpages classiques.
Le film donne une place importante aux rencontres. Habitants, chercheurs, agriculteurs, militants, artistes ou acteurs locaux participent à une parole multiple, où les savoirs scientifiques croisent les mémoires, les récits personnels et les réalités du quotidien.
La chanteuse Syrine Ben Moussa animera un concert de de «Malouf & chants arabo-andalous», le dimanche 7 juin 2026, à 19 heures, à l’Amphithéâtre Habib Bourguiba, à Fondation de la Maison de Tunisie, au n° 45 A Boulevard Jourdan, 75014 Paris. La chanteuse se produire ensuite le 11 juin à Cordoue et le 12 juin à Madrid en Espagne.
Les mélomanes pourront apprécier les rythmes envoûtants et les mélodies exquises du malouf et de la musique traditionnelle tunisienne.
La chanteuse sera accompagnée de 24 choristes (tunisiens, français, algériens, marocains, syriens…) dans un voyage musical riche en nostalgie et en émotions.
Depuis 2013, Syrine Ben Moussa réunit autour de son art du chant des passionnés d’horizons divers, arabophones et non arabophones, autour d’un même objectif : découvrir, faire vivre et transmettre le malouf tunisien, ce patrimoine musical séculaire qui nous rassemble et nous inspire.
Par sa présence et son soutien, le public aidera à la poursuite de cette belle aventure musicale et humaine.
Un livret avec l’ensemble des textes traduits en français leur sera distribué à l’entrée, apprend-on auprès des organisateurs.
Autour de Syrine Ben Moussa (chant et oud), on retrouvera Khalil Chekir (kanoun), Kais Siala (violon), Aymen Majoul (violon), Mohamed Salah Zouari (ney), Elyes Ghourabi et Hakim Kessa (percussions).
Artiste inclassable et voix puissante de la scène internationale, Emel Mathlouthi s’impose depuis plus d’une décennie comme une figure majeure de la création musicale engagée. Lors de son concert le 29 mai 2026 à la Cigale, la chanteuse franco-tunisienne offrira au public parisien une performance à la croisée des cultures, des luttes et des sonorités contemporaines.
Révélée au grand public par des titres devenus emblématiques comme ‘‘Kelmti Horra’’ («Je suis libre»)— véritable hymne du Printemps arabe — ou encore ‘‘Holm’’ («Rêve»), Emel a également marqué les esprits lors de la cérémonie du prix Nobel de la paix à Oslo en 2015 remis au quartette pour le dialogue national en Tunisie, composé du syndicat UGTT, de l’organisation patronale Utica, de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) et de l’Ordre des avocats, où elle interprète cet hymne de ‘‘Kelmti Horra’’, affirmant à cette occasion son engagement artistique et politique.
Si beaucoup la connaissent pour ces titres, il est impossible de réduire Emel à ces seuls succès. L’artiste franco-tunisienne a construit une discographie audacieuse et novatrice, saluée à l’international pour sa capacité à mêler musiques électroniques, influences traditionnelles et textes profondément engagés.
Son dernier album, ‘‘Mra’’ («Femme»), réunit 30 artistes et productrices du monde entier, parmi lesquelles Ami Yerewolo, Lyzza, Alyona Alyona, Camélia Jordana et Jehnny Beth. ‘‘Mra’’ est un manifeste pop-électro pour l’émancipation féminine. Toutes les collaboratrices — productrices, musiciennes, artistes — sont des femmes, souvent peu reconnues mais d’un talent immense.
L’album traverse les genres avec une liberté rare, mêlant trap africain, batucada, reggaeton arabe, hip-hop et drum’n’bass, portés par des mélodies vibrantes et des paroles puissantes.
Ce projet vient couronner une carrière exceptionnelle, marquée par des collaborations avec des figures majeures telles que Valgeir Sigurdsson, Robert Del Naja, Tricky, Vitalic ou encore Barbara Pravi. Sa musique a également trouvé écho dans l’univers du jeu vidéo, notamment avec ‘‘Assassin’s Creed’’.
Sur scène, Emel Mathlouthi propose bien plus qu’un concert : une expérience immersive, intense et profondément humaine, où la musique devient un acte de liberté.
Si l’Inde se targue aujourd’hui d’être une puissance nucléaire garantissant son indépendance, un objectif que l’Iran s’efforce d’atteindre avec toutes les difficultés que l’on sait, il n’en demeure pas moins que l’idéologie chauvine qui y prédomine actuellement ne la préserve pas des revendications particularistes menaçant son intégrité territoriale.
Dr Mounir Hanablia *
Il est toujours ardu de faire la part du vrai dans un récit autobiographique, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un d’homme d’État. En Inde Advani, l’auteur de ‘‘Ma vie, mon pays’’, en fut indubitablement l’un des plus grands, et son parcours est là pour le confirmer, même s’il s’est fait en dehors du Parti du Congrès que le récit occidental à travers Gandhi et la famille Nehru, a encore tendance à privilégier en tant que représentant légitime de la destinée du pays.
Il est vrai qu’Advani soit issu du courant idéologique traditionaliste faisant de la culture hindoue le substrat nécessaire commun à tout Indien. Dans quelle mesure, cela demeure matière à débat entre les «sécularistes authentiques» auxquels il se rattache qui estiment que l’Autre, le musulman, ne peut que l’accepter afin de donner un gage à son patriotisme, et ceux de son Parti, le Bharatiya Janata, pour qui l’étranger venu par la conquête du pays est exclu de la nation de jure comme de facto ; particulièrement après la Partition et la création du Pakistan. Mais même en faisant la part belle au «sécularisme» affiché par le Parti du Congrès et qualifié de «faux» par l’auteur du livre, on en reviendra toujours aux commentaires du journaliste Sikh Khushwant Singh, pour qui en Inde il n’existe aucune raison valable d’imposer aux minorités de toujours démontrer leur patriotisme. En effet, faudrait-il exiger d’un musulman de pratiquer dans un cadre public un rituel directement inspiré par des manifestations de la foi hindoue pour ne pas s’exposer à l’ire de ses concitoyens ?
Naturellement Advani, chassé de son pays, le Sindh, incorporé au Pakistan lors de la partition, et réfugié en Inde, ne pouvait que nourrir une hostilité envers qui il voyait une menace pour la sécurité et l’intégrité territoriale de son pays.
Devenu ministre de l’Intérieur en 1998 Advani a certes entamé des pourparlers avec les indépendantistes du Kashmir mais il s’agissait évidemment de conclure un accord politique définitif imposé à une population brisée par le contre-terrorisme systémique pratiqué sur une grande échelle par l’armée et la police.
En effet, selon les vues de l’Etat indien, le problème du Kashmir, un territoire n’ayant aucun statut constitutionnel particulier si ce n’est un article provisoire qui a perduré plus de 40 ans, n’était qu’une sédition soutenue de l’extérieur et usant du terrorisme pour arriver à ses fins.
Il y eut par ailleurs durant son mandat la guerre de Kargil, puis l’attaque terroriste du parlement de New Delhi, deux évènements qui imposèrent la médiation américaine afin d’éviter une nouvelle guerre indo pakistanaise. Mais c’est indubitablement le massacre du Gujarat en 2002 dont furent victimes des milliers de musulmans qui a constitué l’un des faits les plus marquants de son mandat ministériel et qui remet en question jusqu’à un certain point la sincérité de sa vision pragmatique de la politique.
Certes le responsable direct, le Chef Ministre de l’Etat, en fut Modi, appelé des années plus tard à occuper le poste de Premier ministre. Néanmoins Advani en tant que ministre de tutelle le soutint et s’opposa à une démission que la majorité de la classe politique exigeait, à commencer par le Premier ministre Vajpayee. D’autant que beaucoup de témoignages impliquaient directement dans les émeutes autant le gouvernement du Gujarat, autrement dit le chef ministre Modi, que la police obéissant directement à ses ordres, ainsi que ses complices, les soutiens politiques hindous du parti de la majorité.
Advani a justifié son soutien à Modi par le triomphe électoral remporté ultérieurement par ce dernier dans son État. Mais le massacre n’a-t-il pas grandement contribué à ce triomphe ?
D’autre part l’argument, celui du succès électoral ultérieur, utilisé par un homme se prévalant toujours de faire passer l’intérêt général du pays avant celui de son propre parti politique, ne saurait faire oublier la violation de la Constitution par un gouvernement incapable d’assurer sa mission première, la protection des vies et des biens de tous les habitants.
Complice du massacre, Advani ne l’a vraisemblablement pas été, et rien en tout cas ne le prouve, pas plus que nul ne lui en a fait grief. Mais en couvrant son subordonné, et en confiant l’enquête aux services de son choix, le ministre de l’Intérieur du Centre n’a certainement pas contribué à faire toute la vérité sur l’affaire. Et l’assassinat un mois après de Hiren Pandiya, un ancien ministre de l’Intérieur du Gujarat et rival de Modi dans son propre parti, ne l’a rendue que plus ténébreuse selon la célèbre journaliste Rana Ayyub.
Mais Advani a-t-il fait réellement une entorse à ses principes plus qu’à la Constitution ? Si on en croit le rôle qu’il a joué en 1992 en tant que Président de son Parti, en déclenchant la marche sur la mosquée Babri d’Ayodhya, il est permis d’en douter. Après avoir mobilisé et conduit des foules en transe, il a prétendu que le résultat final, sa destruction, avait été un fait imprévu et honteux détournant le mouvement de sa finalité première en signant son échec. Quelle finalité ? Peut-être la réconciliation entre hindous et musulmans. Mais on ne voit pas comment celle-ci aurait pu avoir lieu dans l’ambiance d’exacerbation des passions qui prévalait.
Advani a prétendu que si le Comité de Défense de la mosquée Babri en avait accepté le démantèlement et le transfert ailleurs, il aurait demandé à ses coreligionnaires de le considérer comme un solde de tout compte relativement à des revendications futures sur d’autres mosquées.
On ignore combien d’églises ont été détruites ou pillées lors de la conquête de la Grande Bretagne par les Vikings entre le VIIIe et le XIe siècles mais ces derniers n’avaient pas l’habitude de les comptabiliser ni de s’en prévaloir. Qui plus est ils ont eu la bonne idée de se convertir à la foi du pays conquis. Il n’est venu à l’idée jusqu’à ce jour d’aucun homme politique anglais de demander des comptes sur le sujet aux Scandinaves afin de leur faire rendre gorge. On peut dire la même chose des Gallo-romains relativement à leurs conquérants francs.
Question de fierté, selon elle, la fibre nationaliste hindoue prétend rétablir l’intégrité territoriale de son pays en en reconstruisant les temples qui s’y élevaient il y a 1000 ans en lieu et place des moquées bâties plus tard par les conquérants venus d’Asie Centrale.
A propos de réconciliation, comment ignorer le voyage de l’auteur après la fin de son mandat ministériel, au Pakistan en 2005 en tant que chef de son Parti, le BJP ? Après y avoir visité un site de restauration de temples hindous, il s’était recueilli sur la tombe du fondateur de l’état Med Ali Jinnah qu’il avait qualifié de grand chef d’État séculariste qui avait promis de concéder à tous ses citoyens des droits égaux indépendamment de leurs convictions religieuses et de préserver les minorités.
Ce commentaire avait suscité des réactions parmi les Pakistanais pour qui leur pays étant musulman ne pouvait être qualifié de séculier. Il avait surtout provoqué la colère de ses propres partisans en Inde pour qui le Pakistan n’était qu’un Etat terroriste qui avait chassé ses habitants hindous et qui cherchait à démembrer l’Inde avant de la conquérir pour y propager l’Islam.
Malgré le soutien apporté par les plus hautes instances de son parti il avait en rentrant démissionné de son poste de Président. On peut se demander si tout cela n’avait pas été une kabbale l’obligeant à laisser le champ libre à Modi, celui qui quelques années plus tard allait accéder au pinacle du pouvoir après avoir fait du Gujarat son fief personnel.
En effet, il est douteux que Advani ait entrepris son voyage dans un pays aussi problématique pour l’Inde, sans l’avoir préparé minutieusement dans tous ses détails, particulièrement ceux dotés d’une forte valeur symbolique.
Néanmoins, si son ambition de conclure la paix avec le Pakistan a été indéniable, il n’en a pas moins affirmé clairement que ce pays indépendant de l’Inde fait partie selon lui de la sphère culturelle hindoue, de l’Hindutva.
Autrement dit, la réconciliation ne serait qu’un processus qui progressivement aboutirait à une réunification politique des deux pays.
Il est douteux que cette vision des choses n’annonce pas des conflits futurs. Dans un pays qui a toujours fait peu de cas de l’Histoire, le réveil brutal à la conscience nationale au XIXe siècle sous le joug colonial prétend conférer à son peuple des caractéristiques immuables qui nient la légitimité de tous les apports qui n’y seraient pas conformes. C’est au nom d’une telle vision des choses que l’apport de l’islam dans l’Histoire du sous-continent est nié en étant réduite à une destruction ininterrompue de temples.
Eu égard à cela Advani prouve qu’en Inde, entre vrais et faux laïcs, la différence n’est que de degrés et qu’on peut très bien se rendre au Pakistan au nom de la paix tout en cautionnant le massacre de ses propres concitoyens.
Ainsi que le prouvera plus tard l’actuel gouvernement Modi, la vision d’Advani lorsqu’elle sera menée à son terme aboutira au démembrement et à l’ouverture du Kashmir à la colonisation hindoue, à l’emprisonnement de millions de personnes qualifiées d’étrangères dans des camps de concentration, et au lynchage par des comités de vigilance de tous ceux dont la fouille révèlera le transport de pièces de bœufs.
Si l’Inde se targue aujourd’hui d’être une puissance nucléaire garantissant son indépendance, un objectif que l’Iran s’efforce d’atteindre avec toutes les difficultés que l’on sait, il n’en demeure pas moins que l’idéologie chauvine qui y prédomine actuellement ne la préserve pas des revendications particularistes menaçant son intégrité territoriale.
Par-delà son passé de militant et d’homme politique de premier plan rescapé des prisons en ayant été emprisonné à quatre reprises, particulièrement lors de la lutte contre l’«état d’urgence» imposé par Indira Gandhi entre 1975 et 1977, c’est d’ailleurs cette inquiétude sur la disparition des deux grands partis politiques indiens au bénéfice des partis régionalistes, qu’Advani avouera avoir confiée à l’un de ses rivaux politiques lors d’une rencontre fortuite dans un aéroport.
* Médecin de libre pratique.
‘‘My Country My Life’’, L.K. Advani, éd. Rupa & Co., 1er janvier 2008, 986 pages.
Un siècle de luttes, de revendications et d’engagements féministes enfin réunis dans un même ouvrage. Publié aux éditions Santillana sous la direction de l’historienne Dalenda Larguèche, le « Dictionnaire des féministes – Tunisie, un siècle de féminisme » retrace les parcours et les combats de plus d’une centaine de femmes ayant marqué l’histoire du féminisme […]
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Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche vient de lancer un vaste programme de cybersécurité en imposant l’installation et l’activation d’un logiciel antivirus sur l’ensemble des postes informatiques de ses administrations centrales.
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Et le ministère prévient que tout manquement exposerait les systèmes à de graves risques susceptibles de compromettre la continuité du service public et l’intégrité des données de l’État. Car la menace est prise au sérieux. En effet, les cyberattaques par virus ou logiciels malveillants peuvent aujourd’hui provoquer des dommages considérables, allant de la fuite de données souveraines à la paralysie totale des services numériques. Ce déploiement massif vise à devancer ces scénarios en adoptant une posture résolument préventive.
Pour garantir l’efficacité de l’opération, les services centraux sont tenus de respecter scrupuleusement les protocoles techniques établis et d’assurer une coordination permanente avec la direction de l’informatique. L’objectif affiché du ministère est de doter l’administration d’un environnement numérique hautement sécurisé, gage de résilience face aux menaces croissantes du cyberespace.
Le Chœur de Chants Grecs de Tunis, sous la direction du Maestro Zied Ben Amor, chantera son nouveau répertoire, le 2 juin à 19h pour l’Association Diar El Amal à l’Espace Mad’art. La première partie sera assurée par Yaensen qui présentera ses dernières créations. Toutes les recettes seront reversées à l’Association Diar ElAmal qui s’occupe […]
En marge de la 27ᵉ édition du Forum de l’Économiste Maghrébin 2026, Mokhtar Ben Mechichi, directeur technique à Pépinière Mabrouka, souligne que les mécanismes d’encouragement à l’investissement agricole demeurent avant tout fiscaux. Si la législation prévoit certains avantages pour soutenir le secteur, les subventions directes restent encore peu perceptibles sur le terrain, leur application concrète étant jugée incertaine et difficile à anticiper pour les agriculteurs.
Selon lui, le principal défi de l’agriculture tunisienne réside aujourd’hui dans sa capacité d’adaptation face aux changements climatiques. Dans les régions du sud, notamment à Médenine et Tataouine, les agriculteurs font face à une réalité complexe : contrairement aux évolutions du climat, les terres agricoles ne peuvent pas être déplacées. L’enjeu consiste donc à identifier des cultures à la fois rentables et adaptées aux nouvelles conditions climatiques, soit à travers l’introduction de nouvelles espèces, soit grâce à des variétés plus résistantes aux contraintes locales.
Mokhtar Ben Mechichi estime également que cette transition ne peut reposer uniquement sur les agriculteurs. Elle nécessite un accompagnement étroit de la recherche scientifique, des ingénieurs agronomes et des institutions publiques, notamment des ministères concernés, afin de développer des solutions concrètes adaptées aux spécificités de chaque région.
Malgré ces défis, il rappelle que l’agriculture tunisienne dispose d’importants atouts. Le pays bénéficie notamment d’un fort taux d’encadrement et de compétences reconnues, avec des ingénieurs qualifiés dont l’expertise est appréciée aussi bien en Tunisie qu’à l’international. Ces ressources humaines constituent un levier essentiel pour accompagner l’évolution technologique du secteur et proposer des solutions adaptées au contexte local.
Il insiste enfin sur le fait que l’agriculteur demeure un acteur central du développement économique. En dépit des contraintes climatiques, le secteur agricole continue d’offrir de réelles perspectives grâce aux avancées scientifiques, à une meilleure connaissance des sols et à l’évolution constante des techniques culturales.
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Entre pédagogie et poésie, la nouvelliste Madiha Jamel redéfinit le conte pour enfant comme un outil d’apprentissage aux mille visages. À l’heure où l’école cherche à embrasser toutes les intelligences, elle en dessine les possibles, du livre illustré à l’intelligence artificielle, en passant par la voix et le théâtre. Rencontre avec une architecte de l’imaginaire.
Madiha Jamel le confie d’emblée : le conte pour enfants n’est plus un simple divertissement. Dans un échange accordé à L’Économiste Maghrébin, l’écrivaine défend avec éloquence une thèse aussi simple que renversante : la narration destinée aux plus jeunes constitue un dispositif pédagogique à part entière, aussi rigoureux qu’adaptable, notamment dans le parcours scolaire.
Pour elle, tout enseignant digne de ce nom peut exploiter le conte, à condition d’accepter d’emblée la diversité des rythmes et des compréhensions au sein d’une même classe. Chaque élève possède sa propre méthode de perception : l’un est réceptif à l’écoute, l’autre à la lecture silencieuse, un troisième au seul toucher de l’image. Le conte, alors, apparaît comme un objet multitexte, là réside sa modernité. Il mêle illustration et texte calibré, se prête au théâtre, à l’enregistrement audio, au livre sonore, à l’atelier de peinture, voire au film généré par l’intelligence artificielle. Toutes ces ramifications, accessibles à l’instituteur curieux, métamorphosent le récit en support didactique d’une efficacité rare. Encore faut-il, précise-t-elle, que l’enseignant soit lui-même un lecteur assidu, capable d’en saisir les subtilités.
Pour l’enfant qui souffre de difficultés d’apprentissage, écrire ou lire un conte devient une voie d’accès à soi-même et au monde, plus douce et plus directe que les rapports méthodiques ou les grilles classiques. La fiction l’autorise à exprimer ses peurs, ses craintes, à se reconnaître dans un personnage, comme dans un miroir rassurant. Par la répétition, la diversification poétique, le dialogue et des illustrations qui disent ce que les mots taisent, le conte prend en compte les différenciations pédagogiques. Il renforce la langue, la mémoire, et crée un lien privilégié entre le parent et l’enfant lors des lectures partagées.
Mais Madiha Jamel va plus loin : elle alerte sur une blessure souvent invisible. Les enfants en situation de fragilité scolaire subissent fréquemment l’intimidation de leurs camarades. Le conte, alors, peut devenir un outil pour le psychologue — une bibliothérapie à part entière —, mais aussi pour la formation des enseignants, invités à déceler ces souffrances et à y répondre par la puissance de l’allégorie.
Son dernier conte pour enfants, paru aux éditions Al Bayati, illustre cette ambition avec une délicatesse remarquable. Illustré par Sami Majid Al Bayati, il aborde le TDAH et les troubles de l’attention à travers l’histoire d’un papillon qui adore voler. À l’école, l’héroïne ailée ne parvient pas à rester en place sur sa chaise. Jusqu’à l’intervention d’un personnage bienveillant, qui l’aide à apprendre autrement, par le jeu, l’aventure et le vol. L’enfant, en suivant ce papillon, apprend à s’identifier sans honte, et peut-être à s’accepter.
Par sa plume aussi précise que généreuse, Madiha Jamel rappelle que la littérature de jeunesse porte en germe une révolution silencieuse : celle d’une école qui ne laisse personne au sol, pas même les âmes les plus vagabondes.
La Tunisie a reçu, durant le mois de mai, un don d’équipements et de matériels de la part de la Chine destiné à l’aménagement et à la valorisation du site archéologique de Ben Arous, en prévision de son ouverture au public à la fin du mois de juillet prochain.
L’annonce a été faite mardi 26 mai 2026 par Nizar Ben Slimane, chercheur à Institut national du patrimoine (INP), cité par Mosaïque FM, ajoutant que ce don s’inscrit dans le cadre de la coopération scientifique et technique entre l’INP et le Centre national de recherche archéologique de Chine. Il marque la phase finale du projet bilatéral lancé après la signature d’un accord de coopération entre les deux institutions à la fin du mois de juin 2023.
Selon Ben Slimane, les équipements fournis permettront d’aménager le parcours de visite à l’intérieur du site et d’installer des panneaux d’orientation et d’information retraçant l’histoire et les différentes composantes archéologiques du lieu. Cette dernière phase a également été précédée par des travaux de restauration visant à protéger les structures mises au jour.
Auparavant, une équipe mixte de chercheurs tunisiens et chinois avait mené des prospections géophysiques, des fouilles stratigraphiques ainsi que des études sur les objets archéologiques découverts afin de déterminer avec précision les différentes périodes d’occupation du site.
Le site archéologique de Ben Arous a été découvert de manière fortuite en 2019, lors des travaux de construction du Complexe culturel et sportif pour la jeunesse, lui aussi financé par la Chine. Il s’étend sur une superficie de 9 000 mètres carrés.