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Elias Kurdy, ou l’art qui interroge le monde

Le lancement de la Saison Méditerranée à Marseille les 16 et 17 mai 2026 a porté une émotion profonde : celle d’un dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, reliant passé et futur, mais aussi entre ce qui se perd et ce qui s’obstine à demeurer. Parmi les moments forts de cette ouverture, l’exposition Archéologie du futur d’Elias Kurdy au Château de Servières à Marseille se dessine comme un lieu de silence et de résonance. À travers ses sculptures, Elias Kurdy offre bien plus qu’une exposition : une mémoire de son vécu, qui invite avant tout à ressentir, plutôt qu’à simplement comprendre.

Arrivé à Marseille en septembre 2012 pour poursuivre des études d’architecture qu’il avait entamées, Elias raconte exclusivement à l’Economiste Maghrébin avoir obtenu son visa pour la France après un passage prévu à Tunis. Lié au Liban par ses origines, il évoque aussi des liens familiaux et médicaux qui l’attachent à Beyrouth : soigné là-bas en 2009-2010, il garde une dette de gratitude envers les médecins libanais qui ont sauvé son bras.

Son exposition interroge “ l’archéologie du futur”, expression proposée par Jean-Marc Prévost. Pour Elias, il ne s’agit pas tant d’anticiper une archéologie à venir que de repenser collectivement la manière dont on narre l’histoire. Il invite à revoir les représentations familières, par exemple la carte de la Méditerranée, dont l’axe et l’orientation conditionnent notre lecture du monde, afin de briser les images reçues et de permettre à chacun d’inventer sa propre histoire. Selon lui, ces récits individuels peuvent contribuer à construire une histoire collective plus inclusive.

En outre, il souligne que l’art est en grande partie futile. Tout en concluant: “Je crois vraiment que l’art est futile. Je pars de cette pensée‑là et je continue à travailler parce que je ne peux pas faire autre chose. Mais je pense que si mes pièces aident à ouvrir une conversation entre deux personnes à ce sujet, ou par rapport à ce qu’il se passe autour de nous, ou à ce qui s’est passé, ou encore à ce que ces objets signifient pour nous et pour les gens à venir, je suis déjà ravi.”

Une chose est certaine : si ses pièces parviennent à susciter une conversation entre les personnes ou sur le sens des objets pour les générations futures, c’est justement là que l’art trouve sa raison d’être la plus lumineuse.

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Beirut Animation Nights à CinéMadart à Carthage

L’événement culturel et humanitaire Beirut Animation Nights se tiendra le jeudi 21 mai 2026 à partir de 18h30 au CinéMadart à Carthage. A cette occasion, seront projetés7 courts métrages d’animation d’auteur-trices issu-e-s du monde arabe (Liban, Jordanie, Maroc et Syrie). L’intégralité de la recette de la projection et des dons seront reversée à la Croix-Rouge libanaise afin de soutenir les efforts de secours d’urgence en faveur des victimes de l’agression sioniste contre ce pays frère et ami.

En raison de l’agression militaire israélienne en cours contre le Liban, qui a fait plus de 1 450 morts — dont 126 enfants — et déplacé plus de 1,2 million de personnes, soit près de 22 % de l’ensemble de la population libanaise, Beirut Animation Nights poursuit sa mission de promotion internationale des voix de l’animation libanaise tout en affirmant sa solidarité avec les populations les plus durement touchées.

Des familles entières ont été contraintes de fuir sans aucun refuge. Des écoles ont été transformées en centres d’hébergement, et plus de 40 % des élèves au Liban ont été déplacés.

Face à cette situation, la culture demeure l’un des outils les plus puissants de résilience et de dignité.

Le Programme de tournée internationale de Beirut Animation Nights propose une sélection itinérante de courts métrages d’animation provenant du Liban et d’autres pays du monde, issus des éditions actuelles et passées du festival.

Il s’agit d’une manière de soutenir les familles déplacées du sud du Liban — en maintenant vivante la créativité libanaise sur la scène internationale tout en apportant une aide concrète à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Programme d’animation arabe (67 min)

Une sélection curatée d’œuvres d’animation d’auteur provenant du monde arabe : Liban, Jordanie, Maroc et Syrie. Ce programme explore les thèmes de la censure, de la mémoire, de l’exil, de l’amour et de la résistance. Des récits intimes et personnels aux voyages allégoriques d’envergure, il met en lumière la richesse et la profondeur de la scène contemporaine de l’animation arabe.

Il s’agit de ‘‘Downfall’’ de Rona Fayyad (3min,  Liban) ; ‘‘Shadows’’ de Rand Beiruty (14 min, Jordanie) ; ‘‘Crowman’’ de Yohan Abdelnour (7min, Liban) ; ‘‘Samt’’ de Chadi Aoun (15min,  Liban) ; ‘‘Shadow of the butterflies’’ de Sofia el Khyari (9 min, Maroc) ; ‘‘As i was a tree’’ de Jalal Maghout (17 min, Syrie) ; et ‘‘The weight of it all’’ de Melinda Mouzannar (1:55 min, Liban).

Billets disponibles au CinéMadart et en ligne sur ce lien

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Musées, lecture, peinture : et si la culture ralentissait le vieillissement cellulaire ?

Une étude publiée en mai 2026 dans Innovation in Aging établit un lien entre la participation régulière à des activités artistiques et culturelles et un ralentissement du vieillissement biologique d’environ 4 %, mesuré à partir de marqueurs épigénétiques chez 3 556 adultes britanniques.

Les chercheurs de l’University College London ont croisé les habitudes culturelles de participants à la « UK Household Longitudinal Study » avec plusieurs indicateurs biologiques du vieillissement obtenus par analyses sanguines. Pour estimer le rythme du vieillissement cellulaire, ils ont utilisé des horloges épigénétiques, des outils qui analysent certaines modifications chimiques de l’ADN appelées méthylations. Les personnes déclarant pratiquer une activité artistique au moins une fois par semaine présentaient un vieillissement biologique environ 4 % plus lent que celles qui s’y adonnaient rarement, avec un âge biologique inférieur d’environ un an en moyenne. Il s’agit ainsi de la valeur ajoutée de la culture.

Les activités retenues dans l’étude comprennent la lecture, l’écoute musicale, le chant, la peinture, la photographie, les travaux manuels, ainsi que les visites de musées, de galeries ou de sites historiques. Les effets apparaissaient plus marqués chez les adultes de plus de 40 ans et chez ceux pratiquant plusieurs formes d’activités culturelles.

Les auteurs indiquent que l’ampleur de cette association est comparable à celle observée dans des études portant sur la pratique régulière d’une activité physique. L’étude est de nature observationnelle. Les résultats établissent une corrélation statistique sans permettre de conclure à un lien de causalité direct entre pratiques culturelles et ralentissement du vieillissement. La prise en compte de facteurs tels que le revenu, le niveau d’éducation, le tabagisme ou l’indice de masse corporelle ne suffit pas à exclure l’influence d’autres variables liées au mode de vie.

Ces travaux figurent parmi les premiers à examiner le lien entre activités culturelles et biomarqueurs du vieillissement biologique. Un domaine jusqu’ici principalement étudié sous l’angle de la santé mentale, du stress et du bien-être.

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Madart Carthage reprend toutes ses activités

Fondé par Raja Ben Ammar et Moncef Sayem en 1994, Madart Carthage est un ciné-théâtre rayonnant sur toute la banlieue nord de Tunis.

Repris par une équipe de jeunes activistes culturels, cet espace a connu une fermeture prolongée afin d’accomplir d’importants travaux de restauration et de maintenance.

Ayant rouvert progressivement durant ces dernières semaines, Madart Carthage vient d’atteindre sa vitesse d’élan et l’a annoncé aujourd’hui à ses nombreux amis et son public.

C’est avec un dessin de Héla Lamine que l’équipe de Madart Carthage a fait part de cette nouvelle sous le signe des retrouvailles.

Welcome back et bonne reprise !

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