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La CCITF inaugure sa première antenne régionale à Sfax

La Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF) a inauguré, vendredi 17 avril 2026, sa première représentation régionale en Tunisie à Sfax, en présence de l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen. La représentation sera dirigée par Syrine Ben Chérifa, désignée présidente de la commission régionale. Son plan d’action comprend l’organisation de rencontres économiques, des […]

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Tunisie : jusqu’à 33 degrés dans plusieurs régions

Le temps sera peu nuageux sur l’ensemble du territoire tunisien ce lundi, avant l’apparition progressive de passages partiellement nuageux durant l’après-midi sur les régions du centre et du sud, selon les prévisions de l’Institut national de la météorologie. Le vent soufflera du secteur sud, faible à modéré en matinée, puis se renforcera relativement au cours […]

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L’Iran et l’enjeu de la régulation des cryptomonnaies

La guerre en Iran met en lumière la dimension géopolitique des cryptomonnaies. Certes, son marché volatile fluctue fortement en fonction des derniers épisodes de la série sans fin que représente la confrontation irano-américaine qui se joue autour du détroit d’Ormuz. Ainsi, les actions liées aux cryptomonnaies ont chuté après le premier échec des négociations entre les États-Unis et l’Iran.

Il n’empêche, depuis le début de la guerre, les flux de cryptomonnaies (stablecoins et autres bitcoins, principale cryptomonnaie) à destination de l’Iran ont très nettement augmenté. Preuve que le pays (exclu du système financier traditionnel) utilise les cryptomonnaies pour tenter de contourner les sanctions occidentales/internationales et vendre son pétrole officiellement sous embargo.

Cet épisode invite à s’intéresser aux enjeux (y compris juridiques) soulevés par le phénomène des “crypto-actifs“ nés à la fin des années 2000. Le phénomène des crypto-actifs fait l’objet, progressivement et partiellement, d’une régulation et d’un encadrement juridiques aux différents niveaux (national, régional/européen et international). Une intervention juridique qui laisse des zones d’incertitudes et de vides juridiques, qu’exploitent les acteurs internationaux et transnationaux.

Les crypto-actifs revêtent en effet, une dimension géopolitique, comme l’atteste la manière dont les acteurs étatiques et non-étatiques s’en sont saisis dans le cadre de leurs stratégies de puissance.

 

Des défis pour les Etats et les banques

Les cryptomonnaies affectent des sphères d’activités traditionnellement liées aux activités étatiques et bancaires. Institués par des acteurs privés, ces instruments financiers non matériels se sont imposés à l’ère du numérique. L’émission de ces actifs numériques ou à forme digitale s’appuie sur des technologies comme la “blockchain“, soit un réseau informatique décentralisé qui permet à ses utilisateurs de partager des données et de procéder à des transactions directes, sans recours à la monnaie légale, en dehors de tout contrôle des banques, y compris des banques centrales. En cela, l’émergence d’un système financier décentralisé (autonome des États et des banques) basé sur la technologie blockchain concurrence les mécanismes du système financier mondial et affecte le principe ou la forme que prend la souveraineté monétaire des États.

Le phénomène nourrit aussi des interrogations juridiques délicates : quel est leur statut ? Quel régime leur appliquer (y compris sur le plan fiscal) ? Selon quelle forme de régulation (alors qu’ils ne relèvent d’aucune institution) ?

Si le marché des crypto-actifs ne cesse de croître et de se “normaliser“, son caractère très fluctuant (échappant à tout cours légal, les crypto-actifs sont particulièrement spéculatifs et donc risqués) et la nature de certains de ses centaines de millions d’utilisateurs (parmi lesquels des acteurs institutionnels et des Etats, mais aussi des organisations criminelles) tendent à justifier l’intervention de la puissance publique. Des réseaux criminels usent des cryptomonnaies pour réaliser des opérations de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme, tandis que des Etats, comme l’Iran, les utilisent pour contourner des sanctions économiques imposées par des États ou des organisations internationales.

 

Les tentatives de régulation

Les crypto-actifs sont l’objet de régulations nationales très diverses, plus ou moins permissives ou répressives. Pionnière en la matière, la France a pris l’initiative de définir un cadre juridique (“Loi Pacte“, 2019) pour des crypto-actifs qui ne sont pas considérés comme une monnaie et sont distribués par des plateformes contrôlées par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Si la France s’est dotée d’un cadre novateur, le marché des crypto-actifs bénéficie désormais, au sein de l’Union européenne, d’un cadre commun pour ses Etats membres.

Le Règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) vise en effet à instaurer une régulation uniforme des cryptomonnaies à travers l’Europe, impose des exigences strictes en matière de transparence, de lutte contre le blanchiment d’argent et de protection des consommateurs, tout en tentant de garantir une “sécurisation“ du marché.

Si ce texte n’échappe pas à des critiques et à des appels à la révision, il nourrit le débat sur la nécessité d’une régulation au niveau international.

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DECRYPTAGE – La gouvernance zombie – Une économie sous perfusion en Tunisie

Il est des économies qui vacillent sans jamais tomber, suspendues dans un entre-deux troublant où la vie persiste sans véritable vitalité. Des économies qui avancent, non par élan, mais par inertie entretenue. L’image est brutale mais éclairante : celle d’un corps maintenu en survie artificielle, perfusé à coups de liquidités, stimulé par des impulsions monétaires répétées, incapable pourtant de retrouver une respiration autonome. C’est cette métaphore qui s’impose aujourd’hui pour qualifier non seulement certaines dynamiques globales, mais aussi, en creux, les dérives plus silencieuses de l’économie tunisienne.

Car derrière les statistiques rassurantes, derrière les signaux conjoncturels interprétés avec empressement, une question fondamentale demeure : gouverne-t-on encore l’économie ou se contente-t-on de la maintenir à flot dans un pilotage à vue permanent, sans cap stratégique, sans transformation structurelle réelle ?

L’illusion statistique ou la tentation du court terme

Les cycles économiques modernes sont de plus en plus dominés par une obsession du chiffre immédiat. Un taux de chômage en baisse, une inflation contenue temporairement, un rebond de croissance trimestriel, deviennent autant de trophées politiques. Mais ces indicateurs, détachés de toute lecture structurelle, finissent par produire une illusion dangereuse : celle d’une amélioration durable. Dans le cas des économies avancées, en l’occurrence américaine, cette illusion repose sur une capacité quasi illimitée à injecter de la liquidité. La création monétaire, les déficits budgétaires et l’endettement massif deviennent des outils de stabilisation conjoncturelle. Mais ces outils, conçus à l’origine comme des instruments d’urgence, se transforment progressivement en mode de gestion permanent.

 

La gestion économique y oscille entre ajustements ponctuels et réponses conjoncturelles, souvent dictées par l’urgence sociale ou budgétaire. Le résultat est un pilotage à vue, où chaque décision vise à contenir une tension immédiate sans jamais s’inscrire dans une trajectoire cohérente de transformation.

 

Ce glissement est au cœur des critiques contemporaines, notamment dans les débats entre keynésiens pragmatiques et tenants d’une discipline monétaire plus stricte. Là où les premiers voient dans l’intervention publique un levier indispensable pour soutenir la demande, les seconds dénoncent une fuite en avant qui dissout les signaux économiques et affaiblit les incitations à la productivité. La Tunisie, à une échelle différente, n’échappe pas à cette logique. La gestion économique y oscille entre ajustements ponctuels et réponses conjoncturelles, souvent dictées par l’urgence sociale ou budgétaire. Le résultat est un pilotage à vue, où chaque décision vise à contenir une tension immédiate sans jamais s’inscrire dans une trajectoire cohérente de transformation.

La grande anesthésie : quand la politique économique remplace la réforme

L’image de l’anesthésie généralement utilisée est particulièrement pertinente. Les politiques monétaires expansives et les stimuli budgétaires agissent comme des calmants puissants. Ils atténuent la douleur sans traiter la cause. Dans les économies avancées, cette anesthésie prend la forme de taux d’intérêt bas, voire négatifs, et de programmes massifs d’achats d’actifs. Mais cette stratégie pose une question essentielle : que se passe-t-il lorsque l’économie devient dépendante de ces injections ?

Le risque est celui d’une perte de substance économique. La productivité stagne, l’investissement réel recule au profit de la spéculation, et les déséquilibres structurels s’aggravent. L’économie semble fonctionner, mais elle ne crée plus de richesse durable. En Tunisie, l’anesthésie prend d’autres formes : subventions mal ciblées, endettement croissant, soutien artificiel à certaines entreprises publiques déficitaires. Là encore, ces mécanismes permettent de gagner du temps. Mais ils repoussent sans cesse le moment des réformes profondes, qu’il s’agisse de la fiscalité, du marché du travail ou de la gouvernance des entreprises publiques.

Ce phénomène rejoint les analyses critiques du “policy mix” contemporain, où la combinaison de politiques monétaires accommodantes et de politiques budgétaires hésitantes produit une zone grise : ni crise ouverte, ni véritable reprise.

Le spectre de la stagflation : une impasse théorique et politique

Parmi les risques évoqués depuis une quinzaine d’années, celui de la stagflation apparaît comme le plus redoutable. Il ne s’agit pas simplement d’une combinaison de stagnation économique et d’inflation, mais d’une situation où les instruments traditionnels de politique économique deviennent inopérants. Face à l’inflation, la réponse classique consiste à resserrer la politique monétaire. Face à la stagnation, il faudrait au contraire la relâcher. La stagflation place les décideurs dans une contradiction insoluble.

Ce scénario, longtemps considéré comme exceptionnel, revient aujourd’hui au cœur des préoccupations. Il met en lumière les limites du pilotage à vue : lorsque les décisions sont prises sans vision de long terme, les marges de manœuvre se réduisent progressivement jusqu’à disparaître. Pour la Tunisie, le risque n’est pas théorique. Une croissance faible, combinée à des pressions inflationnistes et à une dégradation des finances publiques, crée un terrain propice à une forme de stagflation larvée. Dans ce contexte, l’absence de réformes structurelles devient particulièrement préoccupante.

 

Lorsque les décisions sont prises sans vision de long terme, les marges de manœuvre se réduisent progressivement jusqu’à disparaître. Pour la Tunisie, le risque n’est pas théorique.

 

Dinar, souveraineté contrariée et illusion de maîtrise

Dans le contexte tunisien, la question monétaire ne se pose pas en termes de puissance mais de vulnérabilité maîtrisée. Là où le dollar agit comme un baromètre de domination globale, le dinar, lui, révèle les fragilités structurelles d’une économie insérée de manière asymétrique dans les flux internationaux. Car la monnaie, en Tunisie plus qu’ailleurs, n’est pas seulement un instrument technique : elle est le reflet d’un rapport de force, d’une crédibilité économique et d’une capacité — ou non — à peser sur son propre destin. Contrairement aux grandes puissances monétaires, la Tunisie ne bénéficie d’aucun privilège d’émission internationale. Elle ne peut ni monétiser ses déséquilibres à l’échelle mondiale, ni exporter les coûts de ses déficits. Le dinar est une monnaie sous contrainte, dont la stabilité dépend étroitement des réserves en devises, des équilibres extérieurs et de la confiance des partenaires financiers. Autrement dit, la souveraineté monétaire y est relative, encadrée, parfois même illusoire.

Cette contrainte structurelle expose le pays à une double tension. D’un côté, la nécessité de préserver la valeur du dinar impose une discipline macroéconomique rigoureuse, souvent synonyme de politiques restrictives. De l’autre, les exigences sociales et politiques internes poussent à des arbitrages de court terme, parfois incompatibles avec cette discipline. C’est dans cet entre-deux que s’installe une forme de pilotage à vue monétaire, où l’on ajuste sans cesse sans jamais redéfinir le cap.

Par ailleurs, dans un monde où les équilibres monétaires internationaux se recomposent, la Tunisie se retrouve davantage spectatrice qu’actrice. La remise en question progressive de l’hégémonie du dollar, la diversification des échanges vers d’autres zones monétaires ou encore l’émergence de nouvelles alliances financières pourraient, en théorie, offrir des marges de manœuvre supplémentaires. Mais en pratique, ces évolutions accroissent surtout l’incertitude et complexifient la gestion des équilibres extérieurs.

Ainsi, loin d’être un levier de puissance, le dinar devient un révélateur des limites du modèle économique tunisien. Il cristallise les tensions entre souveraineté affichée et dépendance réelle, entre ambition politique et contraintes financières. Et dans ce contexte, l’absence d’une stratégie économique claire transforme la politique monétaire en simple outil d’ajustement défensif. Car sans vision d’ensemble, sans articulation cohérente entre politique budgétaire, commerciale et monétaire, la gestion du dinar ne peut être qu’une navigation à vue. Une navigation où chaque décision vise à éviter le déséquilibre immédiat, mais où l’horizon stratégique reste désespérément flou.

 

La remise en question progressive de l’hégémonie du dollar, la diversification des échanges vers d’autres zones monétaires ou encore l’émergence de nouvelles alliances financières pourraient, en théorie, offrir des marges de manœuvre supplémentaires.

 

Le capitalisme sans boussole : entre Hayek (1) et la dérive contemporaine

La citation généralement attribuée à Hayek résonne avec une acuité particulière. Elle renvoie à une critique profonde du pouvoir monétaire et de ses dérives potentielles. Mais le paradoxe est frappant : les économies contemporaines ne sont ni pleinement keynésiennes, ni véritablement hayékiennes. Elles oscillent entre intervention massive et dérégulation partielle, sans cohérence doctrinale.

Ce flou théorique se traduit par une instabilité pratique. Les politiques économiques deviennent réactives, fragmentées, souvent contradictoires. Le pilotage à vue n’est plus seulement une contrainte, il devient une norme. En Tunisie, cette absence de doctrine claire se manifeste par une succession de mesures ponctuelles, souvent déconnectées les unes des autres. L’économie avance, mais sans direction.

La dernière bulle ? Ou la répétition d’un cycle sans fin

L’avertissement final de bon nombre d’économistes – “la prochaine bulle pourrait être la dernière” – doit être pris moins comme une prédiction que comme un signal d’alerte. Les bulles économiques sont inhérentes aux cycles financiers. Mais leur fréquence et leur ampleur semblent s’accroître dans un système dominé par la liquidité et la spéculation. Chaque crise/conflit est suivie d’une réponse monétaire encore plus massive, qui prépare les conditions de la suivante. Ce cercle vicieux est au cœur des critiques du capitalisme financier contemporain. Pour la Tunisie, l’enjeu est différent mais lié : éviter de devenir un simple réceptacle des chocs externes, sans capacité de résilience interne. Cela suppose de rompre avec le pilotage à vue et de construire une véritable stratégie de développement.

Sortir de la gouvernance zombie : une exigence politique avant d’être économique

Au fond, la question posée par cette tribune dépasse le cadre économique. Elle touche à la nature même de l’action publique. Un gouvernance qui se contente de gérer l’urgence, qui privilégie l’apparence de stabilité au détriment de la transformation, finit par s’enfermer dans une forme de paralysie. Elle devient une “gouvernance Zombie”, présent mais impuissant, actif mais inefficace.

Sortir de cette gouvernance implique un changement de paradigme. Il ne s’agit pas simplement d’ajuster les politiques existantes, mais de redéfinir les priorités, de restaurer la cohérence et de réhabiliter le temps long. Dans le contexte tunisien, cela suppose un courage politique rare : celui de rompre avec les logiques de court terme, d’assumer les coûts des réformes et de construire un récit économique crédible. Car au-delà des chiffres et des indicateurs, une économie est d’abord une trajectoire collective. Et sans cap, même les économies les plus résilientes finissent par dériver.

La gouvernance zombie n’est pas une fatalité. Mais elle est le produit d’un renoncement progressif à penser l’économie autrement que comme une suite de crises à contenir. Et tant que ce renoncement perdurera, le pilotage à vue continuera de produire ce qu’il produit toujours : une illusion de mouvement, dans une réalité d’immobilisme.

 

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(1) Les théories de Friedrich Hayek reposent sur une défense radicale de la liberté individuelle et une méfiance profonde envers l’intervention de l’État dans l’économie. Ses travaux lui ont valu le Prix Nobel d’économie en 1974.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Liban : un soldat Israélien détruit une statue du Christ, tollé mondial et excuses officielles

Lire plus tardUne vidéo montrant un soldat israélien en train de briser la tête d’une statue du Christ à coups de marteau, après l’avoir renversée dans un village du sud du Liban, a provoqué une vague d’indignation à l’échelle mondiale sur les réseaux sociaux. Face à l’ampleur de la polémique, les autorités israéliennes ont finalement reconnu les faits et présenté des excuses officielles. Dans un premier temps, l’authenticité de la vidéo avait été mise en doute. Le porte-parole de l’armée israélienne avait indiqué qu’une vérification était en cours, précisant que si les images s’avéraient réelles, elles ne refléteraient pas les […]

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L’administration Trump charge le FMI et la BM

Il y a des discours qui passent inaperçus, et d’autres qui sonnent comme une mise en demeure. Celui prononcé les 16-17 avril 2026 à Washington, lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), appartient clairement à la seconde catégorie. Dans cette déclaration officielle intitulée «Statement by Mr. Bessent, United States», le secrétaire au Trésor américain déroule une critique frontale, presque idéologique, de l’évolution récente de ces deux institutions.

Moktar Lamari *  

Derrière les formules diplomatiques, c’est une véritable tentative de redéfinition de leur rôle qui se joue — avec des implications lourdes pour des pays comme la Tunisie.

Dès l’ouverture, le ton est donné. L’administration de Donald Trump revendique une ligne économique claire : croissance robuste, discipline budgétaire, énergie abondante et dérégulation.

Ce cadrage n’est pas neutre. Il sert de référence pour juger l’action du FMI et de la BM, accusés d’avoir dérivé de leur mission originelle.

Le reproche central tient en deux mots : mission creep. Selon Washington, le FMI s’est dispersé dans des domaines jugés «extrinsèques» — climat, genre, développement social — au détriment de son cœur de métier : la stabilité macroéconomique et financière.

Le message est brutal : revenir aux fondamentaux ou perdre en crédibilité.
Derrière cette critique, il y a une vision du monde où l’économie est séparée du social et du politique, une vision qui tranche avec les approches plus holistiques défendues ces dernières années.

Moins de flexibilité et plus d’orthodoxie

Mais la critique ne s’arrête pas là. Les États-Unis exigent un FMI plus dur, plus discipliné dans ses prêts. Les programmes doivent être fondés sur des conditionnalités «significatives», des projections crédibles et une analyse rigoureuse de la soutenabilité de la dette.

Autrement dit, moins de flexibilité, plus d’orthodoxie. Pour les pays emprunteurs — dont la Tunisie — cela signifie une chose : les prochains programmes pourraient être encore plus exigeants, avec un accent accru sur les réformes structurelles, la mobilisation fiscale interne et la responsabilité des gouvernements.

Un passage clé du discours concerne la dette. Washington critique implicitement les situations où les ressources du FMI servent à rembourser d’autres créanciers officiels, transférant ainsi le fardeau sur les pays débiteurs.

Cette remarque vise en filigrane les tensions entre créanciers occidentaux et émergents, notamment la Chine. Le message est clair : il faut restructurer plus vite, plus franchement, au risque sinon d’asphyxier les économies fragiles.

Côté BM, la charge est tout aussi sévère. L’institution est appelée à abandonner son objectif de 45 % de financements climatiques, jugé «inefficace» et «distorsif». Là encore, le virage est idéologique : priorité à la croissance, à l’énergie — y compris fossile — et à l’emploi.

Haro sur les engagements climatiques

Le discours insiste même sur la nécessité de financer le gaz, le pétrole et le charbon pour soutenir le développement. Une ligne qui entre en contradiction frontale avec les engagements climatiques globaux.

Pour les pays du Sud, le message est ambivalent. D’un côté, Washington insiste sur la nécessité de soutenir les pays les plus pauvres, de renforcer leurs capacités et de promouvoir leur autonomie. De l’autre, il exige que les pays à revenu intermédiaire «graduent», c’est-à-dire sortent du système d’aide.

Pour la Tunisie, coincée dans cette catégorie intermédiaire sans réelle capacité d’autofinancement, le risque est évident : être jugée trop pour bénéficier d’un soutien substantiel, mais trop fragile pour s’en passer.

Et les «amis» et«ennemis» dans tout cela ? Le discours ne les nomme pas explicitement, mais les lignes sont visibles. Les alliés sont ceux qui adhèrent à une économie de marché ouverte, respectent les règles et favorisent le secteur privé. Les autres — ceux qui restreignent la demande intérieure, manipulent les politiques industrielles ou dominent via des entreprises publiques — sont implicitement ciblés. C’est une lecture géopolitique de l’économie mondiale, où les institutions financières deviennent des instruments d’influence.

Priorité à l’énergie abondante et bon marché

Sur l’inflation et la croissance, le discours reste étonnamment discret en apparence, mais lourd de sous-entendus. La priorité donnée à l’énergie «abondante et bon marché» traduit une inquiétude face aux tensions inflationnistes.

Pourtant, aucune remise en question des politiques américaines n’est évoquée. Or, pour beaucoup d’observateurs — notamment dans le monde arabe — les choix énergétiques et géopolitiques américains ont contribué à alimenter les chocs pétroliers récents et l’instabilité au Moyen-Orient.

C’est là que le lecteur tunisien doit lire entre les lignes. Quand Washington parle de stabilité, il parle aussi de contrôle. Quand il prône la croissance, il impose un modèle. Et quand il critique le FMI, il ne cherche pas à l’affaiblir, mais à le réaligner sur ses propres priorités.

Des champs de bataille minés

Au fond, ce discours marque un tournant : celui d’un retour assumé à une vision plus dure, plus stratégique, des institutions de Bretton Woods.

Pour la Tunisie, qui espère toujours un accord avec le FMI, le signal est clair : les marges de négociation se réduisent, les exigences vont s’intensifier, et le contexte géopolitique pèsera plus que jamais sur les décisions économiques.

Dans les couloirs feutrés de Washington, une réalité s’impose : le FMI et la BM ne sont pas seulement des institutions techniques. Ce sont des champs de bataille minés, et où se redéfinit l’ordre économique mondial. Et les pays comme la Tunisie restent des petits spectateurs — mais souvent, des grands perdants, les premiers impactés.

* Economiste universitaire.

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La météo du lundi 20 avril 2026

Le temps sera clair, ce lundi 20 avril 2026, puis nuageux, l'après-midi, dans le Centre et le Sud, a fait savoir l'Institut national de la météorologi

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météo

L'Iran ne veut pas de nouveaux pourparlers avec les USA

L'Iran ne compte pas pour l'heure participer à de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis, qui avaient de leur côté annoncé renvoyer une équipe de né

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