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Salah Bourjini, un diplomate tout terrain

Salah Bourjini, un diplomate tout terrainIl a su saisir chaque virage qui s’était présenté à lui, et en faire un nouveau tremplin de réussite. Salah Bourjini, économiste, haut fonctionnaire international, publie ses Mémoires d’une époque de guerres, d’hégémonie et de génocides (Editions Nirvana). Celui qui a été notamment représentant du Pnud (ONU) en Irak à la fin de la guerre Iran-Irak en 1988, puis après l’intervention américaine suite à l’invasion irakienne du Koweït en août 1990, apporte un témoignage précieux. Il décrit les dégâts colossaux causés par la guerre contre l’Iran, puis la situation dramatique en Irak, après «La Tempête du désert». En évacuant son poste, Salah Bourjini ...

Météo : Un samedi printanier !

Selon l’Institut National de la Météorologie (INM), les températures afficheront une légère hausse ce samedi. Les maximales oscilleront entre 17°C et 22°C sur le Nord, le Centre et le Sud-Est, tandis qu’elles grimperont entre 23°C et 27°C sur le reste du pays. Côté ciel, la journée débute avec un brouillard localement dense le matin, accompagné […]

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Décès du doyen Sadok Belaïd

Le juriste et professeur de droit constitutionnel Sadok Belaïd est décédé ce samedi à l’âge de 87 ans, selon une annonce faite par son collègue et professeur de droit Amine Mahfoudh.

Figure importante du droit public en Tunisie, Sadok Belaïd était connu pour son expertise en droit constitutionnel et pour ses nombreuses interventions dans le débat public sur les réformes politiques et institutionnelles du pays.

Universitaire respecté, il a enseigné pendant plusieurs années dans des institutions universitaires tunisiennes et s’est distingué par ses analyses sur l’évolution du système politique et juridique tunisien.

Il a également été doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis entre 1971 et 1977.

En 2022, il avait été chargé par le président Kais Saied de présider la commission consultative chargée d’élaborer un projet de nouvelle Constitution. Le travail de cette commission s’inscrivait dans le processus politique engagé après les décisions du 25 juillet 2021.

Toutefois, Sadok Belaïd s’était par la suite montré critique à l’égard de la version finale du texte constitutionnel publiée avant le référendum de juillet 2022, affirmant qu’elle différait du projet élaboré par la commission qu’il dirigeait.

La disparition de Sadok Belaïd marque la perte d’une personnalité intellectuelle et juridique influente qui a largement contribué aux débats constitutionnels et politiques en Tunisie au cours des dernières années.

Son décès a suscité des réactions dans les milieux universitaires et politiques, où beaucoup saluent le parcours d’un juriste engagé dans la réflexion sur l’État de droit et l’avenir institutionnel du pays.

Espacemanager présente ses sincères condoléances à sa famille

 

 

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Kenya : quand l’aventure exotique se transforme en pièges

Partir à l’aventure renforce notre caractère. Cela peut sembler anodin, mais il est clair que l’on apprend toujours des leçons tirées de ces expériences. Visiter le Kenya comme destination de loisir, mais aussi pour le travail, offre des bienfaits indéniables : observer les animaux lors d’un safari, profiter d’un littoral chaud et limpide, ou encore découvrir Nairobi, depuis les gratte-ciel comme le Kenyatta International Convention Centre.

Côté amabilité, cependant, le Kenya peut décevoir. On vous demande constamment de payer plus cher et les arnaques guettent. J’en ai payé le prix fort : à un comptoir MoneyGram, on m’a fait signer des papiers en prétendant que le système était fermé, refusant de me donner mes 50 dollars dus. Autre déception, dans un Bolt affiché à 220 KES (monnaie locale) en espèces, le chauffeur a exigé 300 KES. Aller au Kenya, c’est souvent se sentir pris pour un pigeon car tout a un coût. Ces mésaventures relèvent parfois du mauvais hasard, mais elles rappellent qu’il faut rester vigilant.

Malgré cela, c’est un pays à voir si l’on cherche le dépaysement. On y sent aussi l’empreinte de la Chine, premier partenaire commercial du Kenya. Pékin renforce ces liens via le projet “La route de la Soie”, notamment le chemin de fer Mombasa-Nairobi.
Sur le plan économique, en 2026, un accord préliminaire permet à 98,2% des produits kényans d’accéder sans droits de douane au marché chinois, ciblant l’agriculture (avocats, thé) pour réduire le déficit commercial. Le Kenya fait toutefois face à une dette importante envers Pékin, qui pèse lourd sur ses finances.

D’autres observations marquent le voyage : absence de feux tricolores, circulation anarchique où tout le monde roule vite et comme bon lui semble.

Au final, le Kenya enseigne une leçon capitale : aventure exotique rime avec vigilance accrue, sans quoi le dépaysement peut tourner au cauchemar.

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Le département de l’Industrie est prêt à faire face à la hausse des prix du pétrole

Le département de l’Industrie est prêt, sur les plans financier et logistique, à faire face à la hausse des prix du pétrole (sur le marché international), en raison du conflit contre l’Iran; et ce, en coordination avec le ministère des Finances, a affirmé le secrétaire d’État, auprès de la ministre de l’Industrie, des Mines et […]

Cession des terrains domaniaux, dans plusieurs gouvernorats, à un prix réduit de 70% , au profit des ménages à faibles revenus

Des biens fonciers de l’Etat, dont des lots de terrain ont été cédés au profit des ménages à faibles revenus, dans les gouvernorats de Nabeul, Ben Arous, Manouba, Ariana et Gabès, moyennant un prix réduit de 70% de leur valeur réelle, a fait savoir vendredi, le ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières, […]

La Bourse de Tunis et ONU Femmes font sonner la cloche de l’égalité pour accélérer l’autonomisation économique des femmes en Tunisie

La Bourse de Tunis et ONU Femmes Tunisie ont célébré, jeudi, 6 mars 2026, la cérémonie mondiale « Ring the Bell for Gender Equality », à l’occasion de la Journée internationale des femmes. En rejoignant les places boursières du monde entier, cette initiative réaffirme l’engagement de la place de Tunis en faveur de l’égalité des genres […]

La stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat féminin à l’horizon 2035 en débat à Tunis

La stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat féminin à l’horizon 2035 a été au centre d’un atelier de travail organisé, ce vendredi, par le ministère de la famille, de la femme, de l’enfance et des séniors à l’Institut supérieur des cadres de l’enfance à Carthage Dermech.Cette stratégie vise à créer un cadre propice au développement […]

Roumanie : l’ambassade de Tunisie à l’écoute de la communauté, notamment les étudiants

L’ambassadeur de Tunisie en Roumanie, Sami Nagga, a organisé jeudi soir un repas de rupture du jeûne (iftar) au siège de l’ambassade, réunissant plusieurs membres de la communauté tunisienne résidant dans le pays, en particulier des étudiants, a indiqué vendredi le ministère des Affaires étrangères.Cette rencontre a offert l’occasion d’écouter les préoccupations et les aspirations […]

ARP: examen en commission d’un projet de durcissement des peines pour vols avec violence

La commission parlementaire de législation générale a examiné vendredi une proposition de loi visant à modifier plusieurs articles du Code pénal afin de renforcer les sanctions contre les vols avec violence.Réunie au siège de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), la Commission a auditionné des représentants du ministère de la Justice sur cette initiative législative présentée […]

Appel d’offres pour la réalisation d’une centrale de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque

Le Ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie annonce le lancement d’un nouvel appel d’offres (numéro 01-2026) pour la réalisation d’une centrale de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque dans la région de Bazma (gouvernorat de Kébili). Les principales composantes de ce projet consistent en la construction d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité […]

Saisie de 81 quintaux de farine subventionnée dans une boulangerie à Mornaguia

Les brigades de contrôle économique relevant de la direction régionale du commerce à Manouba, ont procédé à la saisi de 81 quintaux de farine subventionnée dans une boulangerie classée située dans la délégation de Mornaguia, (gouvernorat de Manouba).Cette opération a été exécutée après avoir constaté que le propriétaire de ladite boulangerie utilisait ce type de farine […]

Attribution de la vocation universitaire à l’hôpital « Mahmoud Matri » à l’Ariana, à l’hôpital régional de Ben Arous

Un arrêté conjoint du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et du ministre de la santé, portant attribution de la vocation universitaire à l’hôpital régional « Mahmoud Matri » à l’Ariana et à l’hôpital régional de Ben Arous, a été publié au Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) numéro 26 en date du 6 mars 2026.Le même […]

Pluies éparses attendues, l’après-midi, sur les zones ouest du nord et du centre

Un brouillard localement dense marquera la matinée de samedi, avec quelques pluies éparses attendues sur les régions de l’extrême nord. Par la suite, des nuages passagers concerneront la plupart des régions, devenant parfois plus denses dans l’après-midi sur les zones ouest du nord et du centre, où des pluies éparses sont également prévues, selon l’Institut […]

La guerre des illusions au Moyen-Orient

Il est des guerres qui naissent d’une nécessité stratégique, et d’autres qui prennent forme dans l’ombre des illusions. La campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran qui s’est ouverte semble appartenir à cette seconde catégorie. À peine déclenchée, elle révèle déjà une accumulation de certitudes fragiles, de paris stratégiques hasardeux et de doctrines héritées d’un autre temps. Washington poursuit l’objectif d’une transformation politique imposée par la force en espérant provoquer un changement de régime à Téhéran, tandis qu’Israël agit au nom d’une refonte durable de son environnement régional.

Yahya Ould Amar *

Le Moyen-Orient a toujours été le théâtre de projets géopolitiques visant à le transformer ou le redessiner. La guerre actuelle met en lumière une chaîne d’illusions — américaines, israéliennes, régionales et même internationales — qui, combinées, transforment un calcul de puissance en un conflit dont nul ne semble aujourd’hui maîtriser les conséquences.

Comme jadis l’Empire perse — vaste puissance s’étendant de l’Inde à la Méditerranée — se dressa face à l’ambition d’Alexandre Le Grand, comme l’Empire ottoman résista aux entreprises britanniques, comme l’Amérique s’est heurtée aux montagnes afghanes, l’Orient rappelle sans cesse la même leçon, qu’il n’est pas un échiquier que l’on redessine à volonté. C’est une terre ancienne, faite d’empires, de peuples et de mémoires profondes — un sable mouvant qui finit toujours par engloutir ceux qui croient pouvoir le dompter.

Illusion américaine du changement de régime par la force

La première illusion est américaine. Elle s’inscrit dans une conviction que l’usage de la force provoque un changement politique rapide et fait naître spontanément des «démocraties» dociles.

Depuis l’Irak en 2003 jusqu’à la Libye en 2011, l’hypothèse implicite est la même, il suffit de frapper un régime autoritaire suffisamment fort pour le désorganiser, et les sociétés locales finiront par produire d’elles-mêmes un nouvel ordre politique plus favorable aux Etats-Unis.

Malgré les prétextes évoqués pour déclencher la guerre contre l’Iran, rien ne prouve que le président Trump se soucie de la démocratie ou du peuple iranien, ou des peuples d’autres pays opprimés par des autocrates ou des dictateurs dont certains comptent parmi ses amis.

L’idée que la décapitation du pouvoir iranien, combinée à des frappes massives et à une pression économique extrême – depuis près de cinquante ans – pourrait provoquer une crise interne majeure du régime, a constitué l’un des paris implicites de l’escalade.

Mais la réalité au Moyen Orient est presque inverse. Les sociétés confrontées à une attaque extérieure ont souvent tendance à se rallier à l’État, même lorsque ce dernier est contesté. En Iran, les premiers effets du conflit semblent confirmer ce schéma. Les bombardements n’ont pas provoqué l’effondrement du régime ; ils ont au contraire marginalisé l’opposition interne et renforcé le réflexe de défense nationale.

À cette première illusion s’en ajoute une seconde, plus lourde de conséquences, la croyance que la guerre peut rester un instrument politique contrôlable.

Toute stratégie militaire repose sur une hypothèse implicite de sortie. Or la confrontation actuelle révèle l’érosion profonde de la confiance iranienne dans tout processus de négociation avec les Etats-Unis. Les cycles répétés de pourparlers, brusquement interrompus par des actions militaires de Washington, ont laissé une empreinte durable, aux yeux de Téhéran, la parole américaine n’est plus crédible.

Dans ces conditions, toute tentative de dialogue peut être interprétée comme une manœuvre tactique plutôt que comme une véritable ouverture diplomatique.

Ainsi se met en place un mécanisme redouté, plus la guerre se prolonge, plus il devient difficile de trouver un interlocuteur crédible pour y mettre fin, les principaux dirigeants ayant été éliminés physiquement, le vide politique rend toute négociation non seulement improbable, mais suspecte par avance. Trump peut toujours siffler la fin de la partie, en déclarant «sa» victoire.

Illusion israélienne de remodeler le Moyen-Orient par la force

Du côté israélien, l’illusion est d’une autre nature, plus ancienne et plus ambitieuse. Elle relève d’une doctrine stratégique profondément ancrée, la conviction que le pays peut, par une série d’attaques militaires décisives portées aux autres, transformer durablement son environnement régional et «changer le visage du Moyen-Orient», selon la formule récurrente de Netanyahu. Cette vision remonte aux analyses formulées dans les années 1980 et 1990, depuis les réflexions d’Oded Yinon jusqu’au rapport A Clean Break. Elle repose sur l’idée que l’affaiblissement militaire de ce que certains qualifient d’«axe de la résistance» pourrait, à terme, ouvrir la voie à un nouvel équilibre régional plus favorable à Israël.

Dans cette lecture, le Moyen-Orient demeure marqué par la fragilité de structures étatiques souvent issues des héritages coloniaux et traversées par de profondes lignes de fracture ethniques, religieuses ou communautaires. L’hypothèse implicite est que l’exploitation ou l’accentuation de ces dynamiques internes pourrait contribuer à redessiner l’environnement géopolitique régional de manière à réduire durablement les menaces pesant sur la sécurité d’Israël.

Dans une telle logique, cela pourrait susciter l’inquiétude d’autres puissances régionales, qui pourraient redouter qu’une dynamique de recomposition ne finisse par affecter l’ensemble du Moyen-Orient.

Des États comme l’Égypte ou la Turquie, dont la stabilité repose sur des équilibres politiques et territoriaux complexes, pourraient difficilement rester indifférents à toute dynamique régionale qui banaliserait l’idée d’une recomposition des États du Moyen-Orient le long de lignes identitaires ou confessionnelles.

Pourtant, cette ambition porte en elle des risques abyssaux et des limites structurelles, car la supériorité technologique et aérienne peut briser des armées, paralyser des infrastructures et éliminer des chefs ; elle ne refaçonne pas les nations ni les âmes. Le risque majeur est celui du boomerang stratégique, un Iran humilié mais uni dans le martyre, un Hezbollah régénéré, une radicalisation régionale qui alimentera de nouvelles générations de résistance asymétrique.

Les limites sont plus profondes encore, les bombardements n’ont jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, renversé durablement un régime déterminé ni fait naître l’ordre espéré. Ils durcissent au contraire les sociétés, transforment les dictatures en symboles nationaux et épuisent l’agresseur lui-même.

L’histoire géopolitique est impitoyable, aucun empire n’a jamais réussi à imposer durablement sa volonté à l’Orient, par la seule force des armes.

Car frapper l’Iran aujourd’hui, c’est réveiller la Perse éternelle, celle qui a vu passer Cyrus, Darius, les Sassanides, les Safavides… et qui sourit encore devant les empires éphémères.

Le Moyen-Orient n’est pas seulement un espace stratégique ; c’est aussi un espace de mémoires, d’identités et de récits historiques profondément enracinés. Les guerres y modifient les équilibres de puissance, mais elles ne transforment pas les imaginaires collectifs qui structurent les sociétés.

Dans une région façonnée par des siècles de conflits et de rivalités, la paix n’est pas une concession mais l’expression la plus élevée de la stratégie. Les guerres peuvent déplacer des frontières, elles ne transforment jamais les sociétés. Seule la paix a la capacité de modifier les perceptions, de reconstruire les imaginaires politiques et de créer les conditions d’un ordre durable.

Dans un Moyen-Orient épuisé par les cycles de violence, la véritable audace est bien de rendre enfin possible la prochaine paix.

Illusion du parapluie sécuritaire américain

La guerre révèle également les failles d’un autre pilier de l’ordre régional, la sécurité garantie par des alliances avec les Etats-Unis. Depuis plusieurs décennies, les monarchies du Golfe ont construit leur stabilité autour d’un partenariat sécuritaire étroit avec les États-Unis, complété par l’acquisition de systèmes de défense avancés mais technologiquement bridés par rapport à ceux fournis à Israël.

Ce modèle repose sur une double hypothèse que la présence américaine dissuade les adversaires, et la technologie peut neutraliser la plupart des menaces, ce qui n’a pas été observé lors de l’attaque israélienne sur le Qatar en 2025. Mais la guerre actuelle expose les failles de cette architecture. Les bases américaines installées dans la région constituent certes un instrument de dissuasion, mais elles deviennent aussi des cibles dans un conflit ouvert. Quant aux systèmes antimissiles, ils restent confrontés à une limite de saturation ou de stock disponible localement ou produit aux Etats-Unis. Dans une guerre prolongée mêlant drones, missiles balistiques et attaques asymétriques, la défense technologique se révèle bien vulnérable que coûteuse.

Une autre illusion se dissipe à mesure que le conflit se prolonge qui est celle d’une guerre régionale maîtrisable. Les marchés financiers ont immédiatement réagi aux premières frappes par une volatilité brutale et des pertes massives, révélant la sensibilité extrême de l’économie mondiale à toute perturbation dans une région qui concentre encore une part importante de l’approvisionnement énergétique mondial. Les premières estimations évoquent déjà des pertes de plusieurs milliers de milliards de dollars sur les marchés internationaux dans les premiers jours du conflit, sans compter les impacts sur la croissance et l’inflation.

Dans un système économique profondément interconnecté, une guerre régionale au Moyen-Orient devient rapidement un choc systémique pour l’ensemble de l’économie mondiale.

La guerre, qui semblait au départ un calcul stratégique régional, devient ainsi un facteur d’instabilité systémique.

Illusion confessionnelle et mémoire des quatorze siècles

Une autre illusion, plus ancienne et profondément enracinée, tient à la lecture confessionnelle du Moyen-Orient. Depuis quatorze siècles, la fracture entre sunnites et chiites nourrit l’imaginaire politique et alimente périodiquement, dans les Etats sunnites du Moyen Orient, la crainte d’une influence iranienne s’exerçant à travers les communautés chiites présentes. Ces dernières vivent pourtant depuis des siècles au cœur de ces sociétés — du Liban à l’Irak, du Koweït à l’Arabie Saoudite — où les loyautés nationales, sociales et politiques se révèlent bien plus complexes que ne le suggère la seule grille confessionnelle. Mais l’attaque récente de bases américaines et autres lieux dans le Golfe par l’Iran a ravivé des peurs anciennes, réveillant le spectre d’un clivage qui traverse l’histoire islamique depuis près de quatorze siècles. Ainsi, derrière l’affrontement géopolitique ressurgissent des inquiétudes historiques qui continuent de façonner les perceptions stratégiques de la région.

Illusion iranienne

Il serait toutefois erroné de considérer que seules les Etats-Unis et Israel nourrissent des illusions stratégiques, l’Iran lui-même fonde sa stratégie sur un pari inverse, celui de la résilience. Depuis plusieurs décennies, la doctrine militaire iranienne repose sur la conviction qu’un adversaire technologiquement supérieur peut être épuisé dans une guerre longue, grâce à la profondeur territoriale, à la dispersion des infrastructures et à l’usage de moyens asymétriques. Cette stratégie n’est pas sans rationalité. Mais elle comporte elle aussi des dangers telles que la destruction progressive des infrastructures et la pression économique interne. La résilience peut prolonger une guerre mais ne garantit pas nécessairement une victoire.

Illusion de la protection Russe ou chinoise

Une autre illusion selon laquelle la Chine ou la Russie pourraient offrir aux États menacés un véritable contrepoids face à la puissance occidentale.

Depuis une décennie, l’affirmation de Pékin et le retour militaire de Moscou ont nourri l’idée que l’érosion de l’hégémonie américaine ouvrirait un nouvel espace pour ces puissances. Mais l’expérience récente invite à la prudence. De l’Irak à la Libye, de la Syrie au Venezuela, et aujourd’hui à l’Iran, le soutien des grandes puissances rivales de Washington reste diplomatique, économique ou technologique. Lorsque le risque d’une confrontation directe avec les États-Unis apparaît, les solidarités proclamées cèdent toujours devant les calculs stratégiques.

La guerre actuelle rappelle cependant une réalité constante que la Chine et la Russie ne risquent jamais une confrontation directe pour défendre des partenaires lorsque leurs intérêts vitaux ne sont pas en jeu. Ces partenariats ou alliances sont souvent solides dans les discours et beaucoup plus incertaines lorsque les risques d’escalade deviennent existentiels.

Illusion de l’Onu comme gardienne de la paix

Mais la désillusion la plus profonde concerne un autre pilier de l’ordre international contemporain, la croyance que le droit international et les institutions multilatérales pouvaient offrir une protection minimale aux États.

Depuis 1945, l’architecture construite autour de l’Onu portait l’ambition d’un système où la force serait, sinon abolie, du moins encadrée par des règles collectives. Pour les États l’existence d’un droit international, d’instances de médiation et d’un Conseil de sécurité chargé de préserver la paix représentait l’espoir d’un monde où la puissance brute ne serait plus l’unique arbitre des conflits. Or les guerres du XXIe siècle ont révélé l’écroulement de cet édifice normatif.

Les résolutions paralysées par les rivalités entre grandes puissances, les vetos successifs qui neutralisent toute action collective, ont neutralisé les mécanismes de sécurité conduisant à une Onu devenue simple observateur des crises. Là où les États les plus fragiles espéraient trouver un bouclier juridique, ils découvrent aujourd’hui un système incapable de contraindre les puissances lorsqu’elles décident d’agir.

Aux yeux du Sud global, le droit international n’apparaît plus comme une protection effective mais comme un langage moral incapable de résister aux logiques de puissance. Quant à l’Onu, elle ressemble aujourd’hui à une architecture diplomatique héritée d’un monde disparu.

L’une des conséquences les plus inquiétantes de cette évolution est le retour progressif d’un système international où la sécurité repose avant tout sur la capacité des États à se défendre eux-mêmes. Dans ce monde qui réapparaît, les garanties juridiques se révèlent inopérantes, les alliances incertaines et les institutions internationales impuissantes.

Lorsque les rapports de force deviennent l’arbitre des crises, l’ordre international cesse d’être véritablement juridique pour redevenir essentiellement militaire.

Au fond, les guerres fondées sur des illusions commencent souvent par la promesse d’une victoire rapide ou d’un nouvel ordre régional. Elles se terminent plus fréquemment par des compromis tardifs, négociés après des destructions immenses et des équilibres encore plus fragiles.

Le Moyen-Orient, qui a déjà vu passer tant d’empires et de projets géopolitiques, pourrait bien rappeler une fois de plus à ceux qui prétendent le transformer que la puissance militaire peut briser des États, mais qu’elle ne suffit jamais à refaçonner durablement les sociétés.

* Economiste, banquier et financier.

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Il était une fois Dr Slim Maherzi

Il venait tout juste de célébrer, le cœur débordant de bonheur, la naissance de son petit-fils Aziz. Il était si fier et si heureux d’être un jeune grand-père avec cette joie lumineuse qui restera à jamais gravée dans nos mémoires. Père de famille exemplaire, époux aimant, il incarnait la générosité dans tout ce qu’il entreprenait.

Lotfi Maherzi *

D’abord brillant volleyeur au club de l’Avenir de la Marsa, puis joueur décisif au sein de l’équipe nationale de Tunisie, il participa aux plus grandes compétitions internationales, portant haut les couleurs de son pays lors des Coupes du monde et des Jeux olympiques

Mais c’est auprès des enfants qu’il trouva sa véritable vocation. Après une longue formation de pédiatre, il devint rapidement une figure incontournable de La Marsa où des générations entières ont grandi en passant par son cabinet.

Pour beaucoup et notamment pour les plus modestes, il fut bien plus qu’un médecin : un repère, une présence rassurante, un homme qui savait écouter et comprendre plaçant toujours la solidarité, l’entraide et le partage au cœur de son engagement. Toujours attentif aux plus humbles et aux plus démunis, il leur tendait la main sans jamais attendre un retour. Son aide, discrète mais constante, était guidée par une conviction simple : celle que la dignité humaine méritait soutien et compassion.

La parole libre du citoyen médecin

Mais le Dr Slim Maherzi ne pouvait pas se contenter de soigner les enfants. Il voulait aussi soigner sa cité, convaincu que l’engagement ne devait pas se limiter aux mots. Il décida alors de mettre son cabinet entre parenthèses pour se consacrer à sa ville. Élu démocratiquement à la tête du conseil municipal de La Marsa avec un projet profondément citoyen, il entreprit, le temps d’un printemps, à redonner à la ville ce qui faisait sa singularité réputée : son visage lumineux, sa culture et son esprit d’avant-garde.

Pendant un moment, ce rêve a pris forme, mais face aux inerties et aux pesanteurs de la machine bureaucratique, aux réticences du politique et à l’hostilité de la mafia de l’immobilier, il a su se retirer avec dignité, fidèle à ses principes et à sa conscience. Refusant toute compromission, il préféra la noblesse du silence et la force de l’intégrité à l’attrait des honneurs ou des concessions.

Mais ce retrait ne fut jamais un renoncement. Car même loin du pouvoir municipal, il continua d’incarner la parole libre du citoyen médecin, opposant aux puissants de l’époque la seule force qui ne trahit jamais : celle de la parole juste et de la foi en la justice.

Toujours au service de son prochain.
Une écoute attentive aux pulsions de la cité.

Des graines d’espoir, de fraternité et d’entraide

Homme de culture, doté d’une immense curiosité intellectuelle, d’une éthique et d’une déontologie irréprochables, débatteur hors pair, le Dr Slim Maherzi était un patriote exemplaire, un homme de convictions et de valeurs, un exemple de bonté et d’engagement.

Sa disparition laisse un vide immense, laissant derrière lui le silence et la peine. Une perte pour La Marsa, une tragédie pour sa famille, une désolation pour tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître et pour ceux qu’il a aidés, inspirés et aimés. Par ses gestes, ses paroles, son regard bienveillant et sa droiture inébranlable, il a semé autour de lui des graines d’espoir, de fraternité et d’entraide. Que sa mémoire continue d’éclairer nos chemins et que son souvenir reste à jamais honoré et respecté.

* Historien.

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