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Le poème du dimanche | ‘‘Explose ô cœur !’’ de Mohamed Laribi

Mohamed Laribi, dit Ibn Toumert, est poète, nouvelliste, journaliste, animateur de radio tunisien.

Né en 1915 à Tunis, il commence des études à l’université de la Zitouna sans les finir, se fait bohème et vit pleinement la marginalité. Publie ses articles et textes dans les revues et journaux. Rejoint le Groupe d’auteurs de l’entre-deux-guerres, Tahta Essour (Sous les Remparts). Part à l’étranger où il travaille à Radio Paris, Radio Brazaville et Radio Alger, en période coloniale. 

La poésie de Laribi est restée disparate, sans recueil. Sa vie semble tragique, pessimiste, il se considère comme un poète maudit. Il se suicide et décède, jeune, à l’âge de 31 ans, à Paris, en 1946.

Tahar Bekri

Explose ô cœur                        Démarre ô gémissement

Libérez yeux                            Toute larme prisonnière

Grondez  tonnerres                  Pleurez vents

Soyez lamentations                  Mon cœur triste est mort et se repose

Chantez oiseaux                      Le chant de la peine

Le matin a disparu                   Le soir s’élève la brume terrible couvre

Toutes les places                     Brisez ces verres

Répandez ce vin                              Permettez aux sourcils de froncer  

Voilez le sourire                               Aux sentiments des belles

Mon cœur mélancolique est mort Epuisé par les blessures

Il s’en est allé comme un étranger

Le matin a disparu                  Annonçant le coucher du soleil

Et le soufflement des vents         De trop de malheur       

Il n’a mouillé son écho             Des lèvres de l’aimée

Ni de l’ivresse                          Ni dit au revoir à un proche

Obscure obscurité                        Où est la lumière de l’espoir

Où est le port du salut             Pour le bateau du malheur

J’ai entendu la réponse           De l’écho du fracas

Et la casse des bois                 Il est mort et se repose

Traduit de l’arabe par Tahar Bekri

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Ma vie : ingénieur tunisien en France, l’équation salaire–coût de la vie–incertitude

Je m’appelle Yassine (prénom modifié), j’ai 33 ans. Je suis ingénieur informatique et je vis en France depuis cinq ans. À la base, mon plan était simple : travailler, progresser, économiser, construire une stabilité. Mais la vie ici ne se résume pas à un contrat et un salaire. Elle se joue aussi dans les détails : le coût de la vie, la solitude parfois, et cette impression tenace d’être toujours “de passage”, même quand on respecte tout et qu’on essaie de s’intégrer. Je gagne mieux qu’en Tunisie, c’est vrai. Mais je découvre aussi un pays où chaque poste de dépense […]

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Afrique : le faible poids d’un grand continent

Le 39e sommet de l’Union africaine (UA) s’est ouvert dans un contexte morose : le continent ne connaît toujours pas la paix. La conflictualité en Afrique est aujourd’hui caractérisée par une prolifération de groupes armés, dont certains extrémistes, violents et terroristes, avec des revendications locales et non nationales. Du Soudan à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les guerres régionales et autres crises humanitaires perdurent. Les tensions entre pays voisins (entre l’Algérie et le Maroc, entre l’Éthiopie et l’Érythrée, etc.) ne retombent pas.

 

Face à ces défis, l’UA n’a pas les moyens financiers (les Etats membres ne paient pas leurs contributions) et de volonté politique (ces mêmes Etats font prévaloir leurs stratégies et intérêts propres sur les aspirations panafricaines originelles de l’organisation). Bref, l’impuissance de l’Union africaine reflète l’éclatement du continent africain.

 

La faiblesse du poids géopolitique de l’Afrique

 

Le continent africain présente des vecteurs de puissance : sa superficie équivaut à plus de 30 millions de km², soit plus que la taille cumulée de la Chine, des Etats-Unis, de l’Inde et d’une partie de l’Europe) ; son poids démographique représente près de 1,5 milliard d’habitants, soit environ 20% de la population mondiale ; et ses richesses naturelles sont exceptionnelles. Par exemple, le continent détient un tiers des réserves mondiales de métaux ou minerais stratégiques comme le cobalt, le lithium, le cuivre ou le nickel, essentiels à la fois pour les biens de consommation de l’Europe, mais aussi pour la transition énergétique dans la lutte contre le changement climatique avec le développement par exemple des panneaux solaires et la construction de véhicules électriques.

 

Cette réalité factuelle contraste avec la faible puissance politico-diplomatique et économique de l’Afrique et des Africains sur la scène mondiale. Après une longue période coloniale, les indépendances nationales n’ont pas permis de rendre véritablement audible la voix des Etats africains. Aujourd’hui encore, les 54 pays que compte le continent sont relativement marginaux sur la scène internationale (aucun n’est membre du Conseil de sécurité de l’ONU et seule l’Afrique du Sud fait partie du G20 et des BRICS) comme dans l’économie mondiale (même si certains d’entre eux occupent une position non négligeable dans des secteurs stratégiques comme les hydrocarbures : Algérie, Libye, Nigeria, etc.). Dans la hiérarchie des puissances internationales, nombre d’Etats africains se trouvent parmi les plus faibles, tandis que le continent ne connaît pas de véritable leadership (en dépit de l’affirmation de l’Afrique du Sud).

 

De plus, à défaut d’intégration continentale politique et économique, il est difficile de considérer l’Afrique comme une unité ou actrice globale, un « continent-puissance » des relations internationales parlant d’une seule voix. L’Union Africaine (UA) demeure relativement inaudible sur la scène internationale, même si elle a officiellement pris place en tant que nouveau membre du G20 (septembre 2023) et que les Etats africains tentent de s’organiser pour mieux peser (avec d’autres puissances secondaires) dans les organisations et conférences internationales (COP comprises). Certains affichent même leur volonté de rejoindre les BRICS, pour renforcer leur statut international dans un contexte de reconfiguration des équilibres mondiaux.

 

La faiblesse du poids géoéconomique de l’Afrique

 

Un déficit d’influence politique des pays africains qui traduit un déficit de puissance économique. Certes, on observe des progrès de l’intégration régionale, l’émergence de marchés intérieurs liée à la puissante poussée démographique et urbaine, à la progressive densification des infrastructures, et des prémices de diversification économique favorisés par la diffusion du numérique. Il n’empêche, l’Afrique est le continent le moins développé au monde et ne représente qu’environ 3% du PIB mondial. Avec l’échec des projets de développement post-indépendance, l’Afrique compte trente-deux des quarante-six pays les moins avancés (PMA) définis par les Nations unies, et les données du développement y sont, quels que soient les indicateurs, les plus faibles du monde. Une pauvreté qui se conjugue à des situations de plus en plus inégalitaires.

 

Un retard de développement socio-économique accru dans les pays d’Afrique subsaharienne et d’Afrique centrale, et dont les causes structurelles sont liées : au poids de l’héritage colonial (avec des cadres étatiques et institutionnels relativement fragiles), à des défaillances de la gouvernance publique (avec en particulier le fléau de la corruption au sein de l’appareil politique et administratif), à des infrastructures insuffisantes ou défaillantes, à des situations politiques instables, à des foyers de tensions et de conflits (intra-étatiques ou interétatiques) persistants ou récurrents (au Sahel, en Afrique centrale, dans la Corne de l’Afrique), à des ressources naturelles (à l’origine d’industries extractives) exportées sans transformation et donc avec une faible plus-value, à des richesses inégalement réparties et captées par une oligarchie (sur fond de corruption endémique), à une transition démographique inachevée, à l’impact du réchauffement climatique (alors que le continent contribue de façon marginale aux émissions de gaz à effet de serre), etc.

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Carrefour vend sa filiale roumaine pour 823 millions d’euros : un tournant stratégique

Le distributeur français Carrefour a annoncé, le 12 février 2026, l’ouverture de négociations exclusives avec Paval Holding en vue de la cession de l’intégralité de ses activités en Roumanie, sur la base d’une valeur d’entreprise de 823 millions d’euros. À travers cette opération, le groupe assume une logique de recentrage. Carrefour indique vouloir concentrer ses efforts sur ses trois marchés “cœur” : la France, le Brésil et l’Espagne, dans le cadre d’une transformation stratégique engagée depuis 2025. Un périmètre important : 478 magasins et 3,2 milliards d’euros de ventes En Roumanie, Carrefour exploite un réseau multi-formats totalisant 478 points de […]

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Rayen Hamzaoui | Appels à une grâce présidentielle

Le collectif de soutien à Rayen Hamzaoui vient de lancer un appel au président de la République ainsi qu’à la ministre de la Justice, pour demander une grâce présidentielle.

Arrêté le 19 mai 2023, l’ancien maire d’Ezzahra Rayen Hamzaoui a été condamné à une peine de trois ans de prison et sa libération officielle est ainsi prévue pour le 19 mai 2026. À ce jour, il a déjà purgé la quasi-totalité de sa peine.

Le collectif souligne qu’il ne reste plus que deux mois environ avant sa sortie naturelle et c’est ce faible reliquat de peine qui motive aujourd’hui cette demande de clémence, afin de permettre à Rayan Hamzaoui de retrouver les siens.

Les soutiens de Rayen Hamzaoui sollicitent ainsi une grâce à l’occasion de la Fête de l’Indépendance (le 20 mars) ou la fête de l »Aïd el-Fitr, moment de rassemblement familial par excellence.

« Nous demandons à ce que sa famille ne soit pas privée de la joie de passer l’Aïd à ses côtés », peut-on lire dans l’appel diffusé par ses amis et les habitants d’Ezzahra entre autres soutiens de l’ancien maire.

Y. N.

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