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La démocratie doit-elle se protéger du peuple ?

Des vagues de populisme traversent aujourd’hui le monde avec une puissance inédite. Aucun continent n’est épargné, aucun régime démocratique n’est à l’abri. De l’Amérique à l’Europe, de l’Inde à l’Amérique latine, le discours politique se simplifie, se durcit, se radicalise. Les slogans remplacent les programmes, l’émotion supplante l’argumentation, et la colère devient une ressource électorale. C’est le triomphe inquiétant du nombre et la défaite de la raison. Plaidoyer pour une démocratie entre élites à l’ère du populisme.

Zouhaïr Ben Amor *

Le populisme se nourrit d’un paradoxe fondamental : il prétend incarner le peuple tout en détruisant les conditions mêmes d’un jugement politique éclairé. Il érige l’opinion immédiate en vérité, la majorité numérique en légitimité morale, et transforme toute complexité en suspicion. Dans ce climat, l’intellectuel devient un ennemi, l’expert un traître, le scientifique un manipulateur.

Face à cette dérive, une question longtemps jugée indécente mérite aujourd’hui d’être posée sans faux-semblants : la démocratie peut-elle survivre lorsqu’elle abdique toute exigence intellectuelle ? Et plus encore : une démocratie fondée sur des élites instruites, responsables et contrôlées serait-elle plus démocratique que le règne aveugle du nombre ?

Le populisme : une pathologie interne de la démocratie

Contrairement à une idée répandue, le populisme n’est pas l’ennemi extérieur de la démocratie. Il en est une dérive interne, un excès logique. Il surgit lorsque la souveraineté populaire est réduite à sa forme la plus brute : le comptage des voix, indépendamment de la qualité du jugement qui les fonde.

Déjà, Platon voyait dans la démocratie athénienne un régime instable, vulnérable à la démagogie. Dans La République, il compare la cité démocratique à un navire confié à une foule ignorante, sourde à la compétence du pilote. Ce n’est pas le peuple en tant que tel que Platon critique, mais l’abandon de toute hiérarchie du savoir.

Plus près de nous, le politicien français Alexis de Tocqueville (1805-1859) identifie un danger majeur des sociétés démocratiques modernes : la tyrannie de la majorité. Celle-ci n’opprime pas par la force, mais par la norme, étouffant toute pensée dissidente sous le poids du consensus numérique (De la démocratie en Amérique).

Le populisme contemporain pousse cette logique à son extrême : il confond volonté générale et opinion majoritaire instantanée, souvent façonnée par les réseaux sociaux, les algorithmes et les émotions collectives. La démocratie devient alors un réflexe, non un processus de délibération.

L’égalité politique et le mythe dangereux de l’égalité cognitive

L’un des dogmes les plus intouchables de la modernité démocratique est l’idée que toutes les opinions se valent. Or cette affirmation, si elle est moralement séduisante, est intellectuellement intenable.

Être citoyen confère des droits égaux, mais ne produit pas automatiquement une compétence égale. Confondre égalité juridique et égalité cognitive revient à nier l’expérience, l’éducation, la formation, l’effort intellectuel. Cette confusion est au cœur du triomphe populiste.

Le philosophe et économiste britannique John Stuart Mill (1806-1873) l’avait parfaitement compris. Dans Considerations on Representative Government (1861), il propose un suffrage plural, où le vote des citoyens les plus instruits aurait un poids supérieur. Non par mépris social, mais par souci d’efficacité politique. Mill pose une question dérangeante mais rationnelle : pourquoi refuser à la politique ce que l’on exige de la médecine, de l’ingénierie ou du droit ?

On ne choisit pas un chirurgien par acclamation populaire. On ne confie pas un pont à un vote majoritaire. Pourquoi alors accepter que le destin d’une nation soit décidé sans exigence minimale de compétence ?

La révolte des masses et la fin du jugement

Le populisme est aussi un phénomène culturel profond. Le philosophe espagnol José Ortega y Gasset (1883-1955) dans La révolte des masses (1930), décrit l’avènement de l’«homme-masse» : un individu convaincu de son droit à décider de tout, sans effort préalable de compréhension.

L’homme-masse ne rejette pas seulement l’élite ; il rejette l’idée même d’excellence. Toute distinction est perçue comme une offense. Toute compétence devient arrogance. Cette mentalité trouve aujourd’hui un terrain idéal dans les réseaux sociaux, où la visibilité remplace la légitimité, et où la viralité tient lieu de vérité.

Dans ce contexte, la démocratie cesse d’être un régime de responsabilité pour devenir un théâtre d’indignations successives. Le jugement politique, qui exige lenteur, mémoire et complexité, est sacrifié au profit de réactions immédiates.

Effondrement du sens politique et banalisation de l’irresponsabilité

La germano-américaine Hannah Arendt (1906- 1975) a montré, notamment dans La crise de la culture, que le mal politique moderne ne procède pas toujours de la monstruosité, mais de la banalité, c’est-à-dire de l’absence de pensée.

Le populisme prospère précisément sur cette absence. Il ne demande pas aux citoyens de comprendre, mais de réagir. Il ne sollicite pas la raison, mais l’affect. Le vote devient un geste cathartique, non un acte réfléchi.

La démocratie, ainsi vidée de son exigence intellectuelle, devient vulnérable à toutes les manipulations. Elle se transforme en machine à légitimer l’irresponsabilité collective.

Faut-il alors confier la démocratie aux élites ?

Le mot «élite» est aujourd’hui presque imprononçable. Il évoque immédiatement l’arrogance, la domination, l’entre-soi. Pourtant, refuser toute forme d’élite revient à accepter implicitement le règne de l’incompétence.

Il faut ici être clair : il ne s’agit ni d’une élite de naissance, ni d’une élite de richesse. Il s’agit d’une élite de savoir, de responsabilité et d’éthique. Une élite sans privilèges héréditaires, soumise au contrôle, révocable, évaluée.

Dans toute société complexe, des élites existent de fait : scientifiques, ingénieurs, médecins, enseignants, juristes. La question n’est donc pas leur existence, mais leur place dans la décision politique.

Refuser leur rôle au nom d’un égalitarisme abstrait, c’est livrer la démocratie à ceux qui crient le plus fort, non à ceux qui comprennent le mieux.

Modèles possibles d’une démocratie protégée du populisme

Imaginer une démocratie entre élites ne signifie pas abolir le peuple, mais réintroduire des filtres rationnels.

Plusieurs modèles sont envisageables :

1. Un bicaméralisme renforcé : une chambre élue au suffrage universel, et une chambre de compétence (scientifiques, juristes, philosophes, économistes), avec droit de veto argumenté.

2. Un suffrage pondéré par le niveau d’instruction ou la formation civique.

3. Des conseils citoyens qualifiés, tirés au sort mais formés longuement avant toute décision.

4. Une démocratie délibérative, où le vote n’intervient qu’après un processus obligatoire d’information et de débat.

Ces modèles ne sont pas antidémocratiques ; ils sont antipopulistes.

Le danger inverse : technocratie et déshumanisation

Toute réflexion honnête doit reconnaître les risques d’une démocratie des élites. L’expertise peut devenir froide, déconnectée du vécu. Les élites peuvent se fossiliser, se reproduire, perdre tout contact avec le réel social.

Le théoricien de la politique, l’allemand Carl Schmitt (1888, 1985) rappelle que la politique ne peut jamais être réduite à une simple gestion technique. Elle implique des choix existentiels, des valeurs, des conflits irréductibles.

C’est pourquoi une démocratie entre élites ne peut être viable que si elle reste ouverte, pluraliste, contrôlée, et si le peuple conserve un droit de regard et de sanction.

Penser contre la foule pour sauver la démocratie

Il est temps d’oser une vérité inconfortable : la démocratie n’est pas sacrée par nature. Elle n’est qu’un outil fragile, qui ne fonctionne que si les citoyens sont capables de discernement.

Lorsque l’ignorance devient majoritaire, lorsque l’émotion remplace la raison, lorsque la compétence est méprisée, la démocratie se suicide lentement sous les applaudissements.

Peut-être faut-il alors accepter cette idée provocante : le salut de la démocratie viendra parfois d’une minorité lucide, et non de la majorité aveugle. Penser contre la foule n’est pas trahir la démocratie. C’est peut-être aujourd’hui la seule façon de la préserver.

* Universitaire.

Références bibliographiques (indicatives) :

Platon, La République.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique.

John Stuart Mill, Considerations on Representative Government.

José Ortega y Gasset, La révolte des masses.

Hannah Arendt, La crise de la culture ; Eichmann à Jérusalem.

Carl Schmitt, La notion de politique.

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    Maroc | Les retombées économiques de la CAN 2025  

    Les chiffres officiels communiqués par le gouvernement marocain à l’issue de l’organisation de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football mettent en lumière des retombées financières dépassant le milliard d’euros, ravivant le débat sur l’importance des retombées économiques attendues de la Coupe du monde Fifa 2030, que le Royaume coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. 

    Habib Glenza

    Selon Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, l’accueil de la CAN au Maroc a généré des revenus directs supérieurs à 1,5 milliard d’euros soit environ 4,8 milliards de dinars tunisiens. Ce chiffre représente un peu moins que la totalité des recettes touristiques de l’exercice 2025 en Tunisie.

    Dans une déclaration accordée à l’agence espagnole Efe, le responsable marocain a souligné que l’événement a attiré plusieurs centaines de milliers de visiteurs étrangers, dynamisant de manière significative des secteurs clés tels que l’hôtellerie, le transport, le tourisme, et les services de manière générale, tout en favorisant la création de dizaines de milliers d’emplois.

    Mezzour a également insisté sur la dimension stratégique des investissements réalisés dans les infrastructures sportives et logistiques, estimant qu’ils s’inscrivent dans une vision de long terme dépassant largement le cadre ponctuel de la compétition panafricaine.

    Développement des services touristiques

    Pour l’économiste marocain Khalid Hams, l’intérêt de tels événements mondiaux ne se limite pas à des gains financiers immédiats. Il considère que l’organisation de grandes manifestations sportives contribue avant tout à renforcer l’image du Maroc sur la scène internationale. C’est un facteur déterminant dans l’attractivité du pays auprès des investisseurs et des touristes, a-t-il expliqué, ajoutant que la visibilité offerte par ces compétitions stimule l’investissement dans les infrastructures structurantes, notamment les réseaux routiers, les aéroports et les capacités hôtelières.

    Ces événements internationaux contribuent au développement des services touristiques et à la montée en compétence des ressources humaines dans les métiers de l’hôtellerie et du tourisme. L’expert anticipe des retombées durables, à moyen et long terme, dans les secteurs du transport et du tourisme, mais aussi dans l’artisanat, un domaine qui fait vivre près de cinq millions de Marocains. Cette dynamique devrait, selon lui, renforcer la croissance économique et générer une activité soutenue dans l’ensemble des secteurs connexes.

    Concernant les infrastructures sportives, Hams plaide pour une gestion durable des stades et des équipements, en encourageant leur exploitation tout au long de l’année à travers la diversification des disciplines et des événements, afin de garantir leur rentabilité et de limiter les coûts d’entretien.

    Il faut également mettre en exergue non seulement les superbes stades mis à la disposition des équipes participantes à cette CAN, mais surtout à la praticabilité des pelouses qui ont absorbé des quantités exceptionnelles d’eau, grâce à un système de drainage très efficace, rarement constaté sur des pelouses européennes        

    Une vision économique à l’horizon 2035

    De son côté, l’économiste Mohamed Jadri estime que le Maroc aborde l’organisation la Coupe du monde comme un instrument stratégique au service d’un projet économique global, et non comme une finalité sportive. Il explique que cette approche s’inscrit dans une ambition de transformation économique à l’horizon 2035, visant notamment à doubler le produit intérieur brut (PIB) pour dépasser les 260 milliards de dollars, contre environ 130 milliards actuellement. Cette vision prévoit également l’augmentation du taux d’activité des femmes à 45 %, la réduction des disparités territoriales et l’amélioration du revenu moyen des ménages, avec un objectif de croissance annuelle pouvant atteindre 8 %. 

    Parmi les autres objectifs figurent l’accueil de 26 millions de touristes par an, le développement de l’industrie automobile avec une production cible de 2 millions de véhicules, ainsi que le renforcement de la souveraineté alimentaire, énergétique et pharmaceutique du pays.                                                                                  Selon Jadri, l’organisation de la CAN a généré des centaines de milliers d’emplois dans les secteurs de la communication, de l’événementiel et des infrastructures. L’activité intense observée dans l’hôtellerie, la restauration et le transport aérien durant la compétition illustre, à ses yeux, le rôle de catalyseur économique joué par ce genre d’événements.

    L’économiste conclut en soulignant que les retombées économiques positives du Mondial 2023 dépasseront largement la période de la tenue de la compétition, grâce au renforcement de la visibilité du Maroc dans plus de 180 pays, attirant de nouveaux investissements étrangers. Les principaux bénéficiaires resteront, selon lui, les citoyens marocains, à travers les projets structurants tels que le train à grande vitesse, les autoroutes et les infrastructures génératrices de richesse et d’emplois.

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    Tunisie | Un ministère des antiquités pour quoi faire ?

    La protection du patrimoine tunisien est une urgence réelle. Personne ne conteste l’état de vulnérabilité des sites archéologiques, ni l’ampleur des pertes causées par le pillage, l’abandon et l’improvisation institutionnelle. Pourtant, l’appel récent à la création d’un ministère des Antiquités et du Patrimoine, malgré son lyrisme mobilisateur, pose plus de problèmes qu’il n’en résout. (Photo : Les citernes d’Oudhna).

    Abdelhamid Larguèche *

    Derrière l’évidence de la cause se cache une vision idéologiquement clivante de la mémoire et politiquement risquée de l’action publique.

    Le texte repose sur une représentation quasi sacrée de la Tunisie comme «musée universel enfoui», faisant de l’archéologie le cœur exclusif de la souveraineté mémorielle. Or la mémoire nationale ne se réduit ni aux vestiges antiques ni aux sites monumentaux. Elle est aussi sociale, conflictuelle, coloniale, ouvrière, contemporaine… En hiérarchisant les mémoires et en sacralisant le passé lointain, on dépolitise l’histoire au lieu de la rendre vivante et partagée.

    Une inflation ministérielle dysfonctionnelle

    Plus problématique encore est la croyance implicite dans la solution institutionnelle miracle. Dans un État fragilisé, la création d’un ministère supplémentaire relève davantage du symbole que de l’efficacité. Les dysfonctionnements actuels — centralisation excessive, faiblesse des moyens, précarité des métiers du patrimoine, éloignement des territoires — ne seront pas corrigés par un changement d’organigramme. L’inflation ministérielle ne remplace ni une vision démocratique ni une réforme structurelle.

    Cet appel révèle aussi une posture familière : celle d’un entre-soi élitaire parlant au nom de la mémoire collective sans intégrer pleinement les habitants des régions concernées, les ouvriers du patrimoine, les jeunes chercheurs précaires ou les collectivités locales. La mémoire devient alors un domaine réservé, confisqué symboliquement par ceux qui en maîtrisent le langage, mais non nécessairement les usages sociaux.

    Surtout, dans le contexte tunisien actuel, marqué par les dérives bureaucratiques, la verticalité des décisions et la défiance envers les élites, l’appel à un «acte souverain» sans garde-fous démocratiques est risqué. La culture, lorsqu’elle est administrée verticalement, peut devenir un instrument de domination symbolique plutôt qu’un espace d’émancipation.

    Une autre voie est pourtant possible. Plutôt qu’un ministère de plus, la Tunisie pourrait se doter d’un Conseil supérieur de la culture et du patrimoine, instance indépendante, pluraliste et dotée de prérogatives propositionnelles. Placé sous contrôle parlementaire, ce Conseil garantirait à la fois l’autonomie vis-à-vis de l’exécutif et la redevabilité publique. Sa composition : chercheurs, professionnels de la culture et du patrimoine, collectivités locales, acteurs de la société civile et métiers souvent invisibilisés du secteur, permettrait de rompre avec la centralisation verticale et l’entre-soi décisionnel.

    La mémoire est un bien commun

    Chargé de définir des orientations stratégiques, d’évaluer les politiques publiques et de rendre des avis publics sur les projets de lois et de réformes touchant à la culture, à la mémoire et au patrimoine, ce Conseil constituerait un véritable levier de bonne gouvernance. Il favoriserait la transparence, la coordination institutionnelle et l’ancrage territorial des politiques culturelles, tout en reconnaissant la pluralité des mémoires, y compris locales, sociales et contemporaines.

    La question n’est donc pas de savoir comment administrer la mémoire, mais comment la démocratiser.

    La décentralisation réelle des politiques patrimoniales, la sécurisation des métiers, l’intégration des universités et la reconnaissance des mémoires locales et contemporaines constitueraient des leviers bien plus efficaces que la sacralisation institutionnelle du passé.

    La question n’est donc pas de savoir comment administrer la mémoire, mais comment la démocratiser.

    Car la mémoire n’est ni un décor ni un capital symbolique : elle est un bien commun, traversé de conflits, de récits multiples et d’enjeux sociaux.

    La protéger exige moins de solennité et plus de politique.

    * Historien.

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    Tunisie : Olfa Chamari Klibi nommée Directrice Générale par intérim de la CDC

    La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) de Tunisie annonce la nomination de Olfa Chamari Klibi en tant que Directrice Générale par intérim, suite au départ à la retraite de Nejia Gharbi, qui dirigeait l’institution depuis près de cinq ans. Olfa Chamari Klibi occupait précédemment le poste de Directrice du pôle Planification stratégique et Contrôle […]

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    Que signifie la confirmation de la note “B-” de la Tunisie par Fitch Ratings ?

    L’agence de notation internationale Fitch Ratings a confirmé, le 28 janvier 2026, la note souveraine à long terme de la Tunisie à “B-”, assortie d’une note de recouvrement de “RR4”, et a annoncé le retrait du pays de sa liste des entités sous observation (UCO – Under Criteria Observation). Cette décision s’inscrit dans le cadre […]

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    Tunisie : L’état d’urgence prolongé jusqu’au 31 décembre 2026

    Le décret n°15 du 30 janvier 2026, portant prolongation de l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national jusqu’au 31 décembre 2026, a été publié au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), dans son numéro 14 de l’année 2026. La précédente prolongation de l’état d’urgence avait été décrétée le 29 décembre dernier pour une durée […]

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    Secteur du leasing : croissance à deux vitesses avec ATL en tête d’affiche

     Le secteur du leasing coté à la Bourse de Tunis a clôturé l’exercice 2025 avec des engagements globaux atteignant 4 607 millions de dinars, enregistrant une progression de 6% sur un an. Cette performance confirme la résilience opérationnelle des sociétés de leasing dans un contexte macroéconomique marqué par un coût du refinancement élevé et un cadre prudentiel plus exigeant.

    Selon l’analyse de l’intermédiaire en bourse Amen Invest, les capitaux propres sectoriels se sont renforcés de 8% pour atteindre 743 millions de dinars, tandis que les produits nets de leasing ont progressé de 9%, soutenus par la croissance des encours et une meilleure efficacité opérationnelle. Le ratio des engagements classés s’établit à 8,5% du total sectoriel, représentant 390 millions de dinars, un niveau globalement conforme aux exigences de la Banque Centrale de Tunisie.

    Une dynamique commerciale contrastée entre opérateurs

    Cette croissance sectorielle modérée masque toutefois une forte hétérogénéité entre les différents acteurs du marché. Tunisie Leasing & Factoring consolide son statut de leader avec 645 millions de dinars d’approbations, en hausse de 10,1%, et un encours dépassant 1 109 millions de dinars. La société confirme ainsi sa stratégie de volume maîtrisé sur le marché.

    ATL se distingue par la meilleure dynamique commerciale du secteur, affichant une hausse spectaculaire de 24,7% de ses approbations et une progression de 10,5% de son encours. Cette performance traduit un positionnement offensif sur les segments porteurs de croissance.

    BH Leasing confirme son redressement progressif avec une augmentation de 11% de ses mises en force, tandis que CIL maintient un taux de transformation exceptionnel de 91,7%, révélateur d’une discipline commerciale élevée dans la sélection des dossiers.

    À l’opposé, plusieurs acteurs demeurent sous pression. Attijari Leasing a enregistré un repli marqué de ses approbations de 9,9%, malgré une stabilité relative de l’encours. Hannibal Lease affiche la plus forte contraction du secteur avec un recul de 11,9%, signalant des arbitrages plus prudents en matière de risque. Best Lease recule également en production de 3,3%, mais parvient à améliorer sensiblement sa rentabilité opérationnelle avec un résultat net en hausse de 13%.

    Recentrage vers les secteurs résilients

    L’analyse de la structure des approbations révèle une préférence marquée pour les activités à rotation rapide et à visibilité élevée. Les services et le commerce demeurent le principal moteur du secteur, représentant 51% des approbations totales. Le tourisme conserve sa deuxième position, soutenu notamment par Tunisie Leasing & Factoring, ATL et Hannibal Lease.

    L’agriculture se distingue par la plus forte croissance relative, avec une progression de 10,7% des approbations et de 13,6% des mises en force, bénéficiant d’un regain d’investissement dans ce secteur. En revanche, l’industrie reste structurellement sous pression, tandis que le secteur du bâtiment et des travaux publics affiche une reprise fragile et volatile.

    Cette allocation sectorielle traduit une gestion prudente du risque dans un contexte de visibilité macroéconomique encore limitée, où les opérateurs privilégient la sélectivité commerciale à la course aux volumes.

    Amélioration de la qualité du portefeuille

    Sur le plan de la gestion du risque, Tunisie Leasing & Factoring, qui concentre mécaniquement une part significative des engagements classés du secteur en raison de la taille de son encours, a vu son taux de créances classées s’améliorer à 8,10% en 2025 contre 8,59% en 2024. Ce niveau demeure globalement en ligne avec la moyenne du marché, ce qui atténue le risque de concentration apparente.

    Perspectives conditionnelles pour 2026

    D’un point de vue fondamental, le secteur du leasing tunisien termine l’année 2025 sur une croissance maîtrisée, une rentabilité en amélioration graduelle et une qualité d’actifs globalement sous contrôle, malgré des disparités notables entre les différents acteurs.

    Les perspectives demeurent positives mais conditionnelles pour l’exercice à venir. Elles dépendent principalement de l’évolution des conditions de refinancement, de la stabilité du cadre réglementaire et de la capacité des sociétés à maintenir une discipline stricte en matière de gestion du risque.

    Le secteur s’impose ainsi comme un secteur défensif à rendement raisonnable, privilégiant la solidité bilancielle et la sélectivité commerciale. Dans un marché de plus en plus standardisé, la différenciation entre opérateurs se jouera moins sur la taille des portefeuilles que sur la qualité de l’origination des dossiers, la gestion rigoureuse du risque et l’efficacité opérationnelle.

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    BNA H24 décroche trois Gold Awards aux Tunisia Digital Awards 2026

    La Banque nationale agricole confirme son leadership en matière de transformation digitale en remportant trois prix Gold lors de la 4ᵉ édition des Tunisia Digital Awards 2026, organisée le 28 janvier 2026 :

    Best Website Award

    Best Mobile App Award

    Best E-Commerce Experience Award

    Ces distinctions consacrent l’excellence de la nouvelle plateforme digitale BNA H24, en reconnaissant la qualité des expériences proposées, l’innovation technologique des solutions déployées et l’orientation résolument client qui guide la stratégie digitale de la banque.

    Une reconnaissance fondée sur des critères d’excellence rigoureux

    ———

    Le Best Website Award a été attribué à la BNA Bank au regard des critères suivants :

    • La richesse et la pertinence du contenu,
    • La structure et la fluidité de la navigation,
    • La conception visuelle,
    • Les fonctionnalités, l’interactivité et l’innovation,
    • Ainsi que l’expérience globale offerte aux utilisateurs.

    ———

    Le Best Mobile App Award distingue quant à lui la performance de l’application BNA H24 selon des critères clés tels que :

    • L’utilité et la valeur ajoutée pour les utilisateurs,
    • La qualité de l’expérience utilisateur (ux/ui),
    • Les performances, la stabilité et la fiabilité,
    • Ainsi que les exigences élevées en matière de sécurité et de confidentialité.

    ———

    Enfin, le Best E-Commerce Experience Award récompense l’excellence des parcours transactionnels de la banque, évalués sur la base de :

    • L’UX/UI et le design,
    • La performance technique,
    • L’innovation fonctionnelle,
    • L’optimisation des taux de conversion (CRO),
    • La performance business et la satisfaction utilisateur.

    Une dynamique de reconnaissance confirmée

    Cette triple consécration intervient quelques semaines seulement après l’élection de la BNA Bank en tant que Marque de l’Année 2026, confirmant la solidité de sa vision stratégique, la pertinence de ses choix digitaux et la confiance renouvelée de ses clients et partenaires.

    À travers ces récompenses, la BNA Bank réaffirme son ambition de placer le digital au cœur de la création de valeur, de proposer des parcours clients toujours plus fluides, sécurisés et performants, et de contribuer activement au développement de l’écosystème digital tunisien.

    Une distinction dans un écosystème digital hautement compétitif

    Pour cette édition, les Tunisia Digital Awards ont distingué les meilleures réalisations digitales à travers 14 catégories, conçues pour valoriser l’excellence, la créativité et l’innovation dans le digital en Tunisie.

    Outre les catégories remportées par la BNA Bank, figurent notamment : Best Big Data & Analytics, Digital Innovation, Best Digital Campaign, SEO/SEA Campaign, Community Management, Content & Influence, entre autres.

     

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    Iran–États-Unis : accord en vue, lignes rouges intactes

    L’Iran souhaite « conclure un accord » avec les États-Unis, a affirmé, vendredi 30 janvier, le président américain Donald Trump, après que Téhéran s’est dit disposé à reprendre le dialogue…

    « Je peux vous dire qu’ils veulent conclure un accord », a déclaré Donald Trump aux journalistes dans le Bureau ovale. Interrogé sur l’existence d’un ultimatum adressé à l’Iran, il a répondu par l’affirmative, sans fournir de détails.

    Plus tôt dans la journée du vendredi 30 janvier, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, avait indiqué que « si les négociations sont justes et équitables, la République islamique d’Iran est prête à y participer », réaffirmant que son pays « n’a jamais cherché à se doter de l’arme nucléaire ». Il a toutefois insisté sur le fait que les capacités de défense et les missiles iraniens « ne feront jamais l’objet de négociations », soulignant que « la sécurité du peuple iranien ne regarde personne d’autre ».

    Parallèlement, Washington a annoncé de nouvelles sanctions visant plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, Eskandar Momeni, en lien avec la répression des manifestations. Le département du Trésor américain a accusé ce dernier de superviser des forces impliquées dans des violences meurtrières contre des manifestants.

    Sur le dossier nucléaire, Donald Trump a rappelé jeudi que « le temps presse », tout en disant espérer éviter une action militaire contre l’Iran. Selon le site Axios, tout éventuel accord inclurait notamment le retrait de l’uranium enrichi iranien, des limites au programme de missiles de longue portée et un changement de politique régionale de Téhéran.

    À Istanbul, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a jugé « vitale » la reprise des négociations afin de « calmer les tensions régionales ». Ankara craint qu’une escalade militaire ne provoque une nouvelle crise migratoire à ses frontières et se prépare à renforcer ses dispositifs de sécurité.

    Le climat reste extrêmement tendu pour Téhéran, marqué par une forte présence militaire américaine dans le Golfe et par l’inscription récente des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, une décision vivement dénoncée par les autorités iraniennes.

    Mais pour plusieurs analystes, un compromis reste envisageable, mais seulement au terme de longues négociations et à condition que les préoccupations sécuritaires de l’Iran, notamment vis-à-vis des États-Unis et d’Israël, soient prises en compte.

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    Tunisie | Appel à la création d’un ministère des Antiquités

    Un groupe d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes ont publié, le 27 janvier 2026, une «Déclaration de souveraineté sur la mémoire», dont nous reproduisons ci-dessous, la traduction, où ils appellent à la création d’un «ministère des Antiquités et du Patrimoine» pour mieux préserver la mémoire nationale des pillages et des destructions. (Photo: site archéologique de Carthage).

    Nous, soussignés, intellectuels, créateurs et gardiens de l’histoire, lançons cet appel urgent et souverain, fort de notre profonde conviction que la Tunisie, ce territoire géographique héritier d’une longue histoire, est en réalité un musée universel enfoui.

    Car dans chaque ville, dans chaque village, dans chacune de nos cités, des civilisations gisent enfouies sous le sol, attendant qu’un État leur rende leur dignité.

    La grandeur de la Tunisie réside dans la diversité, la richesse et l’étendue de son patrimoine, qui gît sous nos pieds à chaque coin de rue. Ici, l’histoire ne se limite pas aux sites de Carthage, El Jem, Sbeitla, Chemtou, Bulla Regia ou Kerkouane… ou d’autres sites connus ou découverts, elle coule dans les veines de la terre, depuis le quai du port punique englouti de Ras Salakta, jusqu’aux ruines de Kairouan révélées par les inondations, et depuis les côtes de Mahdia, Nabeul et Monastir qui recèlent des trésors révélés à chaque tempête, jusqu’aux forteresses du nord et aux plaines du sud. Car la Tunisie dans son ensemble représente un réservoir de mémoire humaine, et cette «exception civilisationnelle» – si l’on peut dire – ne peut rester otage d’une dépendance administrative déficiente vis-à-vis du ministère des Affaires culturelles.

    La subordination de ce patrimoine à des structures administratives secondaires constitue un lent assassinat de l’identité. La politique d’«urgence culturelle» et les alertes lancés après chaque évènement climatique, un pillage ou une destruction systématique, ne sont que des palliatifs sans effet.

    Aujourd’hui, notre patrimoine oscille entre la fragilité de la protection juridique et des carences structurelles, laissant nos trésors dans chaque village et chaque ville exposés à un pillage silencieux et à une destruction publique, une situation qui n’est plus acceptable dans un pays qui comprend que la réappropriation de l’histoire est le premier pas vers la libération de l’avenir.

    Nous renouvelons notre appel à la création immédiate et sans délai d’un ministère des Antiquités et du Patrimoine, une structure souveraine indépendante dotée d’une autonomie financière et d’une volonté politique claire et inébranlable, disposant d’équipes de terrain permanentes dans tout le pays et d’un budget à la hauteur du patrimoine menacé, œuvrant à la fouille, à la protection et à la valorisation des antiquités.

    Transformer les sites historiques, d’un «fardeau de préservation» en un «levier de développement» et de croissance économique, grâce à la recherche scientifique, la numérisation et le tourisme culturel, est essentiel pour restaurer la dignité historique de la Tunisie et le rayonnement international qu’elle mérite.

    La Tunisie, ensevelie sous les décombres de la négligence, attend un acte de souveraineté qui sauvera son patrimoine de l’oubli.

    Nous appelons le Parlement, le gouvernement et la société civile et politique à assumer leur responsabilité historique avant que la confiance des générations ne soit perdue.

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    Succès historique de MSB | La Tunisie accueille pour la 1ère fois la conférence AACSB Elevate Mena

    La Mediterranean School of Business (MSB) a marqué l’histoire en accueillant pour la première fois en Tunisie la conférence AACSB Elevate Moyen-Orient et Afrique du Nord, réunissant pendant quatre jours plus de 100 doyens, doyens associés et responsables de programmes internationaux issus d’écoles de commerce d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

    Avec une participation record, supérieure aux éditions précédentes organisées à Dubaï et au Caire, l’événement a confirmé la place de la Tunisie comme acteur incontournable dans le paysage mondial de l’enseignement du management.

    «Cet événement reflète qui nous sommes et ce que nous pouvons accomplir ensemble. Je tiens à remercier sincèrement chacun de mes collaborateurs, professeurs et personnel administratif, pour leur confiance et leurs efforts quotidiens afin d’aider notre institution à grandir et à avoir un impact significatif dans notre région», a déclaré Leila Triki, doyenne de la MSB.

    Temps forts de la conférence

    Pendant deux jours de conférences plénières, de tables rondes et de sessions interactives de haut niveau, les participants ont analysé l’évolution du rôle des business schools face aux transformations technologiques rapides, aux mutations géopolitiques et aux enjeux de durabilité.

    Les échanges ont porté notamment sur l’intégration responsable de l’intelligence humaine et artificielle, l’avenir des normes d’accréditation, l’impact de la recherche, la co-création avec les entreprises, l’entrepreneuriat, ainsi que l’équilibre entre diplômes et compétences. Porté par une forte mobilisation d’experts régionaux et internationaux, l’événement a favorisé un dialogue constructif, des collaborations concrètes et des perspectives opérationnelles, confirmant sa place de plateforme de référence pour l’innovation, l’impact et la coopération régionale en matière de formation en management.

    Une vision partagée pour l’avenir

    En réunissant à Tunis des dirigeants de grandes écoles de management, des représentants du monde économique et des organisations internationales, la conférence Elevate Mena 2026 a permis d’examiner comment l’enseignement du management peut contribuer à bâtir des institutions tournées vers l’avenir et à façonner des sociétés plus inclusives au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

    «Elevate Mena s’est affirmé comme un carrefour régional de dialogue et de collaboration, réunissant les acteurs clés de l’enseignement du management. Le choix de la Mediterranean School of Business (MSB) pour accueillir cette conférence s’impose naturellement, puisqu’elle est la première et la seule école de commerce accréditée AACSB en Tunisie et dans toute l’Afrique francophone», a souligné Ihsen Zakri, vice-président Emea Growth and Engagement, AACSB International.

    A propos de AACSB International : fondée en 1916, AACSB International (Association to Advance Collegiate Schools of Business) est l’organisme mondial de référence en matière d’accréditation et d’amélioration continue des écoles de commerce. Présente dans plus de 60 pays, AACSB regroupe un réseau de plus de 1 900 institutions, entreprises et organisations engagées à transformer l’enseignement du management. Son accréditation est reconnue comme le standard le plus exigeant au niveau international, garantissant la qualité académique, l’innovation pédagogique et la pertinence des programmes face aux besoins du marché.

    A propos de la MSB : créée en 2002 à Tunis, la Mediterranean School of Business (MSB) est une école pionnière en Afrique et dans la région Mena, reconnue pour son excellence académique et son ouverture internationale. Membre de l’Université Méditerranéenne (SMU), MSB propose des programmes de licence, master et MBA accrédités et enseignés en anglais, favorisant une pédagogie interactive et centrée sur l’étudiant. Grâce à son corps professoral international, ses partenariats académiques et ses liens étroits avec le monde des affaires, MSB forme des leaders capables de relever les défis d’un environnement global, innovant et en constante évolution. La recherche constitue également un pilier essentiel de sa stratégie globale, renforçant l’innovation pédagogique et l’impact académique de l’école à l’échelle régionale et internationale.

    Communiqué.

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