Le groupe Imagine Human acquiert Saphir Consult, éditeur de Qualipro®, et devient un acteur de référence des solutions logicielles QSE dans 40 pays

Un entretien téléphonique a eu lieu, mercredi 2 avril, entre le président de la République, Kaïs Saïed, et le chef du gouvernement libyen d’unité nationale, Abdelhamid Dbeibah au cours duquel, ils ont échangé les vœux à l’occasion de l’Aïd al-Fitr.
L’entretien a également été l’occasion de réaffirmer la solidité des relations de fraternité entre les deux pays et les deux peuples frères.
Selon un communiqué, l’entretien a porté sur la coopération dans tous les domaines, notamment en ce qui concerne la coordination pour faciliter la circulation des citoyens et des marchandises dans les deux sens.
Avec TAP
L’article Le président Saïed et le chef du gouvernement libyen d’unité nationale échangent les vœux de l’Aïd est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Donald Trump, le président américain, a décrété, mercredi 2 avril, une nouvelle batterie de tarifs douaniers, applicables en partie dès le week-end (du 5 avril).
En effet, dans une première phase, tous les produits entrant aux Etats Unis seront taxés à hauteur d’au moins 10 % à partir du 5 avril. Et dans une deuxième phase, des droits de douanes entreront en vigueur sur les produits chinois à hauteur de 34 %. Les produits taiwanais subiront, eux, une taxe de 32 %. Ceux indiens seront taxés de 26 % de droits de douanes. Contre 24 % pour les japonais, et 20 % ceux venant l’Union européenne.
Bien évidement, le chef de la La Maison Blanche n’a pas épargné les importations de la Tunisie aux Etats-Unis qui subiront de 28 % de droits de douane. A noter au passage que la Tunisie exporte principalement de l’huile de l’olive aux USA, néanmoins la balance commerciale est excédentaire en faveur de la Tunisie.
En revanche, le Maroc ne subira due d’une taxe de 10 % seulement, a priori à cause de l’accord de libre-échange liant les deux pays. Tiens, Trump a des amis « pays »!
On y reviendra
L’article Donald Trump impose 28 % de droits de douane à la Tunisie est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
La guerre des changes est une dynamique où les pays s’efforcent de dévaluer leur monnaie pour rendre leurs exportations plus compétitives. Cette pratique, bien que tentante, a souvent des côtés sombres.
Dans les années 1930, des dépréciations successives ont engendré une spirale de récessions économiques, où aucun pays n’est réellement sorti gagnant. En ce sens, la guerre commerciale de Trump pourrait être vue comme un retour à des pratiques économiques désuètes, où l’absence de coopération internationale peut mener à un isolement économique.
Dans le contexte actuel, la Chine a souvent été accusée de manipuler sa monnaie pour favoriser ses exportations. Cela a conduit à des tensions croissantes, où les États-Unis, sous la direction de Trump, semblent vouloir appliquer des mesures de réciprocité, augmentant les droits de douane tout en appelant à une dépréciation significative du dollar.
L’idée est claire : en rendant le dollar moins fort, les exportations américaines gagneraient en compétitivité. Cependant, cette approche présente des risques considérables.
Sous l’influence de Stephen Miran, conseiller économique clé, Trump a fait le choix d’utiliser le dollar non seulement comme une monnaie d’échange, mais comme une arme dans la guerre commerciale.
L’idée est claire : en rendant le dollar moins fort, les exportations américaines gagneraient en compétitivité. Cependant, cette approche présente des risques considérables.
La dépréciation du dollar, couplée à des droits de douane élevés, pourrait provoquer une augmentation des prix à la consommation. Les produits importés deviendraient plus coûteux, ce qui générerait une inflation qui pourrait rapidement se transformer en une crise économique.
La crainte d’une inflation galopante pourrait également susciter des tensions sociales croissantes, notamment dans un climat politique déjà polarisé.
En outre, l’anticipation d’une dépréciation du dollar pourrait dissuader les investisseurs étrangers d’acheter des actifs libellés en dollars, mettant ainsi en péril la capacité des États-Unis à financer leurs déficits.
L’approche protectionniste de Trump pourrait donc s’avérer contre-productive, tant sur le plan économique que politique. En effet, la hausse des prix due à l’inflation pourrait nuire à la classe moyenne américaine, réduisant ainsi le pouvoir d’achat et provoquant une montée des tensions sociales.
De plus, les déficits jumeaux des États-Unis – le déficit commercial et le déficit budgétaire – posent un défi majeur. Le financement des déficits dépend largement des investissements étrangers.
Cette situation pourrait se retourner contre l’administration, surtout à l’approche des élections de mi-mandat de 2026, où l’insatisfaction populaire pourrait se traduire par des pertes électorales.
De plus, les déficits jumeaux des États-Unis – le déficit commercial et le déficit budgétaire – posent un défi majeur. Le financement des déficits dépend largement des investissements étrangers.
Les investisseurs craignent une dépréciation du dollar, ils pourraient choisir de diversifier leurs portefeuilles en se tournant vers d’autres devises, comme l’euro ou le yuan. Cela pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt pour compenser le risque accru, annihilant ainsi les gains de compétitivité escomptés par la dépréciation du dollar.
Les répercussions de cette stratégie ne se limitent pas aux frontières américaines. Pour la Tunisie qui dépend fortement des exportations et des investissements étrangers, les implications pourraient être significatives.
Théoriquement, une dépréciation du dollar pourrait offrir une opportunité pour les exportations tunisiennes, rendant les produits tunisiens plus attractifs sur le marché américain. Cependant, la réalité est plus nuancée.
Une inflation accrue aux États-Unis pourrait entraîner une réduction de la demande pour les biens importés, y compris ceux en provenance de Tunisie. Les consommateurs américains, confrontés à des prix en hausse, pourraient réduire leurs dépenses, affectant ainsi les exportations tunisiennes.
De plus, l’incertitude économique liée à la guerre commerciale pourrait rendre les investisseurs étrangers plus prudents, entraînant une baisse des investissements directs étrangers en Tunisie, ce qui pourrait freiner la croissance économique du pays.
En outre, la nécessité de diversifier les marchés d’exportation devient encore plus pressante pour la Tunisie. En réponse à la guerre commerciale américaine, le pays pourrait envisager de renforcer ses liens commerciaux avec d’autres régions, notamment l’Union européenne et les pays d’Afrique, afin de réduire sa dépendance à l’égard du marché américain.
Pour la Tunisie, ces développements soulignent la nécessité d’une stratégie économique adaptative et résiliente. Face à une instabilité mondiale croissante, les décideurs tunisiens doivent naviguer avec précaution, en cherchant à diversifier les partenariats commerciaux et en renforçant la position du pays dans un environnement économique incertain.
En définitive, la guerre commerciale menée par l’administration Trump, centrée sur une dépréciation stratégique du dollar, soulève des questions sur la viabilité de cette approche à court et à long terme.
Tandis que les États-Unis tentent de protéger leur marché intérieur, ils s’exposent à des conséquences économiques indésirables qui pourraient nuire à leur position sur la scène mondiale.
Pour la Tunisie, ces développements soulignent la nécessité d’une stratégie économique adaptative et résiliente. Face à une instabilité mondiale croissante, les décideurs tunisiens doivent naviguer avec précaution, en cherchant à diversifier les partenariats commerciaux et en renforçant la position du pays dans un environnement économique incertain.
La coopération internationale et la planification stratégique seront essentielles pour atténuer les impacts négatifs de la guerre commerciale sur l’économie du pays.
==============================
* Dr. Tahar EL ALMI,
Economiste-Economètre.
Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,
Psd-Fondateur de l’Institut Africain
D’Economie Financière (IAEF-ONG)
L’article ECLAIRAGES – Le dollar et la guerre commerciale de Trump, une stratégie à double tranchant et ses implications pour l’économie tunisienne est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
L’économie américaine se trouve aujourd’hui à un point de rupture historique. Entre une dette fédérale vertigineuse, des taux d’intérêt élevés, un déficit budgétaire hors de contrôle et une inflation persistante, les marges de manœuvre de la première puissance mondiale s’amenuisent. Incapable de corriger ses déséquilibres par les outils budgétaires classiques, l’administration Trump serait tentée de recourir à des leviers monétaires non conventionnels : affaiblissement volontaire du dollar, restructuration sélective de la dette, voire lancement d’un crypto-dollar souverain. Mais ces choix — aux implications géopolitiques majeures — feraient peser un risque systémique inédit sur l’économie mondiale, en particulier sur celles des pays du Sud Global.
Yahya Ould Amar *
Ce basculement stratégique, inspiré de l’héritage du Plaza Accord, signale une redéfinition potentielle de l’ordre économique global, dans un climat politique américain profondément fragmenté, où la cohérence doctrinale et la discipline institutionnelle font défaut.
La conjonction d’un niveau élevé des taux d’intérêt, d’une inflation persistante et d’un endettement public historique — évalué à 36 500 milliards de dollars, dont 28 900 milliards arriveront à échéance au cours du mandat de Trump — réduit drastiquement la flexibilité budgétaire de l’administration américaine.
À ce fardeau s’ajoutent un déficit annuel de près de 1900 milliards de dollars et une charge d’intérêt estimée à près de 900 milliards de dollars par an. Or, avec un taux d’intérêt moyen actuel sur la dette fédérale de 2,7 %, la dette arrivant à maturité devra être refinancée à des conditions moins favorables, à des taux dépassant les 4%. Cette dynamique entraînera une hausse mécanique du service de la dette, qui pourrait passer de 900 milliards à plus de 1500 milliards de dollars par an dans les toutes prochaines années, exacerbant le risque d’effet boule de neige sur les finances publiques.
Dans ce contexte, les choix politiques, économiques et géostratégiques de Washington seront nécessairement subordonnés à une contrainte de soutenabilité budgétaire croissante, forçant l’administration Trump à arbitrer entre stabilité financière, ambition géopolitique et impératifs de croissance.
Certes, un ratio d’endettement public avoisinant aujourd’hui les 130% du PIB ne constitue pas, en soi, un facteur déclencheur immédiat de crise dans un monde où le dollar demeure la principale monnaie de réserve et où la demande pour les obligations du Trésor américain reste soutenue. Ce seuil ne devient véritablement critique qu’au-delà de 250%, niveau à partir duquel la confiance des marchés, à l’égard des États-Unis, pourrait vaciller, compliquant le financement des déficits et contraignant la Federal Reserve (FED) – la Banque centrale américaine – à des choix douloureux entre inflation, croissance et stabilité monétaire.
À ces vulnérabilités économiques majeures s’ajoutent des contraintes institutionnelles structurelles et une incertitude politique grandissante, nourrie par le caractère encore incertain des résultats de la politique économique menée à l’approche des élections de mi-mandat, prévues dans un an et huit mois. Ce scrutin, qui renouvellera l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi qu’un tiers des 100 sièges du Sénat, pourrait profondément reconfigurer les équilibres du pouvoir législatif et, partant, la capacité de l’exécutif à mettre en œuvre son agenda.
Le président Trump ne dispose ni d’un contrôle effectif sur le Congrès (élection de John Thune à la tête des sénateurs républicains, au détriment de Rick Scott, le préféré de Trump), ni d’un ascendant incontesté sur l’ensemble de son parti, limitant de facto sa capacité à abroger des textes structurants tels que l’Inflation Reduction Act – IRA (de nombreux États républicains bénéficient directement des investissements de l’IRA).
Cette fragilité politique est aggravée par une équipe économique fragmentée, où coexistent sans cohérence doctrinale des profils technocratiques, des faucons protectionnistes et des représentants des intérêts financiers de Wall Street.
En l’absence de vision stratégique unifiée en raison des clivages idéologiques et d’un pilotage institutionnel stabilisateur, les orientations économiques de l’administration Trump pourraient non seulement accentuer la volatilité macroéconomique dans le monde, mais aussi perturber l’équilibre financier international, dans un contexte où la prévisibilité et la cohérence des politiques publiques deviennent des actifs critiques.
Face à la dérive de l’endettement, les réponses classiques – relèvement des impôts, réduction des dépenses discrétionnaires, retour à une stricte discipline budgétaire – apparaissent insuffisantes, voire inopérantes. Le total des recettes fiscales fédérales s’élève à environ 5 000 milliards de dollars par an, un niveau structurellement insuffisant au regard des besoins budgétaires actuels. Même en envisageant une hausse théorique de 50% des impôts, hypothèse économiquement irréaliste et politiquement inapplicable, le déséquilibre fondamental des finances publiques américaines ne serait pas résorbé.
Faute de marges budgétaires et conscient de la position centrale du dollar dans l’ordre monétaire international offrant une latitude unique dont aucun autre pays ne dispose, l’attention de l’équipe économique de Trump se déplace alors vers les leviers monétaires et commerciaux.
Dans la vision qui semble se dessiner, Trump attribue l’érosion de l’économie américaine à un dollar structurellement surévalué, conséquence directe de son statut de monnaie de réserve mondiale, qui attire les capitaux internationaux mais pénalise la compétitivité industrielle des États-Unis. Ce déséquilibre, amplifié selon lui par les subventions injustes accordées à l’industrie dans des pays comme la Chine, aurait conduit à la désindustrialisation, à l’explosion des importations et à la perte d’emplois — un diagnostic qu’il conviendrait toutefois de nuancer : le taux de chômage américain demeure proche de 4%, soit un quasi plein emploi, et l’économie regorge d’emplois de qualité dans les secteurs non industriels à haute valeur ajoutée notamment les technologies de pointe.
À cela s’ajoute, dans sa lecture, le rôle stratégique des États-Unis en tant que garant de la sécurité mondiale, qui engendre un fardeau militaire croissant, financé par une dette publique soutenable uniquement grâce à la primauté du dollar.
Dans ce cadre, Trump considère qu’un affaiblissement volontaire du dollar, combiné à une limitation des importations et à un rééquilibrage du partage des dépenses de défense avec les alliés, permettrait de restaurer l’appareil productif national. Ceux qui refuseraient ces nouvelles règles du jeu seraient, selon cette doctrine, privés de la protection sécuritaire américaine.
Cependant, cette analyse fondée sur la seule appréciation du dollar apparaît aujourd’hui discutable. Si le billet vert a connu d’importantes fluctuations, l’indice du dollar (DXY), mesuré face à un panier de six grandes devises, se situe actuellement autour de 104, un niveau déprécié par rapport à celui de janvier 1971, où il culminait à 120.
Cette vision n’est pas sans rappeler l’Accord du Plaza de 1985, lorsque les États-Unis, rejoints par la France, le Japon, l’Allemagne de l’Ouest et le Royaume-Uni, avaient coordonné leurs efforts pour provoquer une dépréciation du dollar, jugé alors excessivement fort. Ce précédent historique résonne aujourd’hui avec une acuité particulière, tant il semble offrir une grille de lecture intellectuelle aux orientations actuelles de la politique économique et stratégique américaine. L’affaiblissement délibéré du dollar, loin d’être une simple tactique conjoncturelle, s’inscrit de plus en plus clairement dans une doctrine cohérente visant à restaurer la compétitivité industrielle, rééquilibrer les charges géopolitiques et redéfinir les rapports de force commerciaux et sécuritaires.
Dans le contexte actuel de marchés financiers hautement interconnectés et dominés par des acteurs privés, tenter de piloter le niveau du dollar via une intervention concertée ou unilatérale serait infiniment plus complexe qu’à l’époque du Plaza Accord où la majorité des monnaies étaient encore administrées par les banques centrales et les marchés financiers jouaient un rôle beaucoup plus marginal dans les économies.
Pour mémoire, le volume des transactions sur le seul marché des changes équivaut, en à peine deux semaines, à l’intégralité du produit intérieur brut mondial annuel. Ce simple ordre de grandeur illustre à quel point les États ou banques centrales, malgré leur puissance nominale, pèsent peu face à la profondeur, la vitesse et la masse de feu des marchés financiers internationaux. Toute tentative de manipulation monétaire ou d’intervention unilatérale s’y heurte à des dynamiques systémiques largement hors de portée du contrôle public.
Les droits de douane instaurés par l’administration Trump apparaissent vraisemblablement comme le prélude à une stratégie plus large visant à refaçonner l’économie par le biais d’une dévaluation progressive du dollar, amorcée dès son arrivée au pouvoir. En combinant un retrait méthodique des engagements multilatéraux, des pressions accrues sur les partenaires traditionnels — notamment européens, canadiens, mexicains — ainsi que des incitations fiscales ciblées en faveur de l’investissement productif domestique, Trump initie une dynamique de désaffection relative envers le dollar.
Dans ce contexte, une mesure encore hypothétique mais de plus en plus discutée à Washington serait une restructuration explicite de la dette publique américaine. Celle-ci pourrait prendre la forme, entre autres, d’une taxation des coupons obligataires perçus par les non-résidents, d’une réduction unilatérale des taux faciaux des obligations du Trésor américain. Une telle évolution remettrait en cause l’intégrité perçue d’un pilier central de l’architecture financière mondiale : la dette souveraine américaine, dont moins d’un tiers est actuellement détenue par des entités étrangères, mais qui demeure le principal actif de réserve à l’échelle planétaire. Le risque majeur réside dans le reflux des capitaux étrangers hors des Titres du Trésor qui provoquerait une hausse brutale des taux d’intérêt américains, se répercutant instantanément sur les taux de référence internationaux.
Dans la logique doctrinale de l’équipe Trump, une telle restructuration de la dette publique ne pourrait qu’être suivie d’une intervention massive sur les marchés des changes. Faute de consensus international, notamment avec les alliés et partenaires des Etats-Unis, la stratégie américaine pourrait alors basculer vers des mesures unilatérales coercitives, visant à restreindre les flux de capitaux entrants ou à taxer les achats étrangers de titres du Trésor américain. Si de telles actions contribueraient mécaniquement à affaiblir le dollar, elles exerceraient en revanche une pression haussière sur les taux d’intérêt américains, allant à rebours des objectifs de relance économique et de soutenabilité budgétaire.
Une autre option envisagée serait d’imposer aux détenteurs étrangers une conversion forcée de leurs titres en obligations du Trésor à très longue maturité — 50 ou 100 ans —, peu liquides, mais adossées à des lignes de swap de court terme mises en place par la Réserve fédérale (FED). Ce mécanisme, reposant sur des accords bilatéraux entre la FED et d’autres banques centrales, permettrait à ces dernières d’obtenir des dollars contre leur propre monnaie, avec engagement de rachat à une échéance convenue, au même taux de change, majoré d’un intérêt. Cette architecture viserait à lisser les tensions de liquidité, tout en forçant une extension de la duration de la dette détenue par les non-résidents.
Parallèlement, l’administration pourrait également envisager la création d’un fonds souverain américain, financé par endettement ou réallocation budgétaire, dont l’objectif serait de procéder à des achats massifs d’actifs étrangers pour peser structurellement sur la valeur du dollar. Ce levier financier pourrait être combiné à des instruments de pression géopolitique — notamment tarifaires ou militaires — pour inciter, voire contraindre, des partenaires stratégiques tels que l’Europe, le Canada, le Japon, Taïwan, la Corée du Sud ou l’Arabie Saoudite à souscrire à des titres de dette à très long terme – 50 ou 100 ans.
Moins visible mais historiquement redoutablement efficace, l’approche qui consisterait à laisser l’inflation autour de 4% éroder progressivement la valeur réelle des dettes. Cette stratégie peut être pilotée de manière indirecte par des choix politiques : en exerçant une pression sur la Réserve fédérale pour qu’elle baisse ou limite les relèvements de taux, en nommant des gouverneurs favorables à une politique monétaire accommodante, et en façonnant un discours public centré sur la croissance et l’emploi. Trump a déjà demandé à la FED de faire baisser son taux directeur (Federal Funds Rate).
Plus audacieuse, mais porteuse d’un potentiel stratégique considérable, l’introduction d’une monnaie digitale souveraine américaine adossée aux titres du Trésor à maturités longues : 50 ou 100 ans – un crypto-dollar officiel – représenterait une véritable innovation de rupture dans l’ordre monétaire international.
Conçue comme un instrument exclusivement garanti par la dette fédérale à très long terme, et accessible aux banques centrales étrangères via un réseau sécurisé, cette devise numérique consoliderait le rôle des obligations du Trésor sur 50 ou 100 ans en tant que collatéral de référence à l’échelle mondiale. Un tel dispositif constituerait un levier inédit de projection de la puissance monétaire américaine à l’ère numérique.
Toutefois, affaiblir significativement le dollar reviendrait sans doute à un renchérissement des prix à l’importation aux Etats-Unis mais aussi à une remontée brutale des taux d’intérêt domestiques avec un risque systémique de panique des marchés financiers s’ils venaient à douter de la solvabilité ou de la fiabilité du Trésor américain. Une telle rupture de confiance dégraderait profondément la crédibilité du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale et rendrait à terme insoutenable le service de la dette fédérale.
Certes, ces scénarios comportent des risques majeurs mais l’histoire économique est sans appel : les grandes crises systémiques surviennent non parce qu’aucune solution n’existe, mais parce que les dirigeants refusent d’embrasser la complexité et d’agir à temps. L’inaction équivaudrait à exposer l’économie mondiale à une crise évitable, dont le fardeau pèserait de manière disproportionnée sur les pays les plus vulnérables. Mais comment espérer bâtir un consensus international équilibré lorsque l’administration américaine actuelle récuse les principes mêmes du multilatéralisme?
Enfin, une politique américaine visant à affaiblir le dollar s’accompagnerait vraisemblablement d’un apaisement des tensions géostratégiques, notamment en mer de Chine ou au Moyen-Orient, afin de maintenir un climat de faible risque systémique.
En évitant de déclencher un effet refuge vers leurs propres actifs, les États-Unis chercheraient à limiter l’appréciation involontaire de leur monnaie. Si le coût d’une telle stratégie est porté à l’échelle globale, ses retombées, dans cette perspective, pourraient paradoxalement favoriser la stabilité internationale et contribuer à une forme de paix systémique, au moins temporairement.
Si la vision de Trump, stratégiquement plausible, venait à concrétiser une politique américaine d’affaiblissement coordonné ou pas du dollar, les économies du Sud Global seraient en première ligne. Loin d’être un simple ajustement monétaire, ce projet représenterait une rupture majeure dans l’architecture économique mondiale, dont les conséquences se feraient sentir bien au-delà des frontières américaines.
La dépendance structurelle des économies du Sud au dollar — en tant que monnaie de facturation, d’endettement et de réserve — les rend particulièrement vulnérables à toute dévaluation du billet vert. Une telle évolution provoquerait une appréciation artificielle de nombreuses monnaies locales, détériorant leur compétitivité à l’export et réduisant la valeur réelle des réserves en dollars des pays. Dans les pays fortement dollarisés, cela se traduirait par une instabilité monétaire aiguë, une pression accrue sur les taux de change et des sorties de capitaux déstabilisatrices.
En parallèle, l’un des axes clés de cette vision reposerait sur l’éviction des investisseurs étrangers des obligations du Trésor américain pour faire baisser la demande en dollar, via des mesures fiscales ou réglementaires. Ce retrait forcé ferait mécaniquement grimper les taux d’intérêt américains, avec un effet domino immédiat sur les taux mondiaux. Pour les pays en développement, cela signifierait un accès plus coûteux et plus restreint aux marchés internationaux de capitaux, une contrainte budgétaire renforcée, et des arbitrages douloureux entre service de la dette et investissement dans les priorités nationales.
À cela s’ajouteraient les retombées d’un climat commercial globalement plus conflictuel, caractérisé par le retour aux logiques bilatérales, les mesures de rétorsion et la fragmentation des chaînes d’approvisionnement — autant de facteurs qui affaibliraient l’intégration des pays du Sud dans le commerce mondial.
Enfin, au-delà de l’impact financier immédiat, la vision de Trump remettrait profondément en question les fondements du multilatéralisme économique. En substituant aux règles collectives une logique de rapports de force, les États-Unis fragiliseraient davantage encore des institutions déjà sous tension, comme l’OMC, le FMI ou la Banque mondiale — précisément celles où les pays du Sud peuvent encore faire entendre leur voix. Sur le plan monétaire, la perte de confiance dans le dollar pourrait contraindre ces pays à diversifier leurs ancrages, sans qu’aucune alternative crédible (euro, yuan, monnaies régionales) ne soit véritablement prête. Ce processus, s’il est précipité, risque d’aboutir à une fragmentation monétaire désordonnée, propice aux crises de change et à l’érosion des régulations financières nationales.
Au-delà de la sphère diplomatique, la réponse du Sud Global doit être financièrement structurante. Il s’agit d’accélérer la diversification des ancrages monétaires par la mise en place de mécanismes régionaux robustes : paniers de devises pour le commerce intra-Sud, fonds de réserves multilatéraux, et accords de swap entre banques centrales du Sud.
Simultanément, le développement de marchés de capitaux régionaux devient un levier indispensable pour réduire la dépendance au dollar : cela implique le renforcement des bourses régionales, la création ou la consolidation d’agences de notation indépendantes, et un soutien accru aux banques publiques de développement. Cette stratégie vise à accroître la souveraineté financière, à amortir les chocs liés à la hausse des taux internationaux, et à offrir aux économies du Sud une capacité de financement endogène, plus prévisible et mieux adaptée à leurs priorités structurelles. Il s’agit de bâtir une architecture économique plus résiliente, fondée sur la coopération Sud-Sud, l’innovation monétaire et la réduction des asymétries systémiques.
En somme, la doctrine émergente autour d’un dollar affaibli, d’un repli fiscal et d’un désengagement multilatéral marque une rupture avec l’ordre économique qui a prévalu depuis l’après-guerre. Si cette stratégie offre, à court terme, une illusion de réindustrialisation et de souveraineté budgétaire, elle ouvre en réalité la voie à une instabilité financière accrue, à une fragmentation monétaire mondiale et à une remise en cause des équilibres multilatéraux.
Pour les économies du Sud Global, l’enjeu est vital : il ne s’agit plus seulement de s’adapter, mais de construire une réponse proactive et coordonnée, afin de préserver leur souveraineté économique et d’éviter d’être les victimes collatérales d’une nouvelle ère de désordre financier international.
* Economiste, banquier et financier.
L’article Dévaluation stratégique du dollar | Le retour du Plaza Accord ? est apparu en premier sur Kapitalis.
Les réserves en devises de la Banque centrale de Tunisie remontent à 101 jours d’importation, selon les données de la BCT. Ci-après les données provisoires pour le 02 avril 2025 concernant les avoirs nets en devises de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). Variation des avoirs nets en devises en une JOURNEE Date Avoirs Nets […]
L’article Réserves en devises de la BCT au 2 avril 2025 est apparu en premier sur Tunisie.
téL’Institut national de la météorologie (INM) a annoncé que le temps sera nuageux. Le vent sera relativement fort et la mer sera agitée. Les températures maximales varient entre 20°C et 26°C dans la plupart des régions.
L’article Prévisions météo pour ce jeudi est apparu en premier sur Tunisie.
Dans un communiqué conjoint daté du 2 avril 2025, les syndicats de base de Tunisie Telecom de Tunis, Ben Arous, Ariana, Manouba, Jendouba, Le Kef, Monastir, Kairouan, Sidi Bouzid, Sfax, Gafsa et Kébili, ainsi que la fédération générale du groupe Tunisie Telecom, ont dénoncé l’attribution de primes jugées inéquitables à une minorité de responsables au […]
L’article Prime jugée inéquitable à Tunisie Telecom : 12 syndicats et la fédération s’indignent d’un traitement jugé « discriminatoire » est apparu en premier sur Tunisie.
Le président de la République, Kais Saied, a reçu ce mercredi 2 avril 2025 au Palais de Carthage, la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzeri pour une réunion consacrée à la préparation du prochain Conseil des ministres. Ce rendez-vous a été l’occasion pour le chef de l’État de réaffirmer sa vision d’une gouvernance rapide, claire […]
L’article Tunisie : Kais Saied exige l’exclusion des relais de désinformation et défend la révolution est apparu en premier sur Tunisie.
D’après les prévisions de l’Institut national de la météorologie, le temps sera légèrement nuageux dans l’ensemble des régions du pays tout au long de la journée. Le vent soufflera du secteur est. Il sera fort dans la région de Serrat et au sud, où des tourbillons de sable pourront se former localement. Dans le reste […]
The post Tunisie: Prévisions météorologiques pour le jeudi 3 avril 2025 first appeared on Directinfo.
L’ICT Africa Summit 2025 se tiendra du 21 au 23 avril 2025 au Palais des Expositions d’Alger, Pavillon A, Safex, Algérie. Cette édition du salon marque la convergence historique de trois événements majeurs : le Digital Africa Summit, ICT Maghreb et Alvetic.
Cette synergie crée une plateforme pour l’innovation, la collaboration et la transformation numérique en Afrique. Les participants découvrent les dernières innovations technologiques, rencontrent des leaders de l’industrie et des startups prometteuses, explorent les opportunités de partenariat et d’investissement et prennent part à des conférences de haut niveau, des ateliers et des sessions de réseautage.
Cette année, grâce au B2B Lab, la plateforme intelligente de matchmaking B2B, ils peuvent avoir des rencontres professionnelles intéressantes, trouver des partenaires pour développer leur business, planifier des rendez-vous d’affaires qualifiés avant et pendant l’événement, rencontrer d’autres participants dans l’espace B2B dédié pour maximiser leur présence et leurs opportunités commerciales.
L’article Alger accueille l’ICT Africa Summit 2025 est apparu en premier sur Kapitalis.
Une décision unilatérale qui ébranle le commerce mondial La nouvelle salve de taxes douanières imposées par Donald Trump à l’encontre d’une centaine de pays a provoqué une onde de choc à travers le globe. Présentés comme des droits « réciproques », ces prélèvements entreront en vigueur à partir du 5 avril à 6h01 (heure française), […]
L’article Tout le monde est perdant : colère mondiale après les nouveaux droits de douane de Trump est apparu en premier sur Tunisie.
♈ Bélier Énergie positive, mais attention aux excès. Vous êtes dans une phase de regain d’enthousiasme, surtout sur le plan professionnel. Les idées fusent, mais veillez à ne pas tout précipiter. Conseil : canalisez votre énergie vers un projet clair plutôt que de vous disperser. ♉ Taureau Un besoin de sécurité accentué. Vous ressentez le […]
L’article Horoscope du 3 avril 2025 : une journée propice aux décisions audacieuses pour les signes d’air est apparu en premier sur Tunisie.
1922 : Staline, l’ascension silencieuse du futur maître de l’URSS Le 3 avril 1922, Joseph Staline est nommé secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, une fonction apparemment administrative, mais qui se révélera être le levier principal de son pouvoir absolu. Succédant à Lénine dans un contexte post-révolutionnaire, Staline utilise habilement ce poste pour […]
L’article Le 3 avril à travers l’Histoire : de Staline à l’iPad, un jour qui a marqué le monde est apparu en premier sur Tunisie.
© Mosaique FM
© Mosaique FM
© Mosaique FM