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Derrière la crise de l’eau, une inégalité invisible qui touche des milliards de femmes

Lire plus tardAujourd’hui encore, 2,1 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à une eau potable sûre, tandis que 3,4 milliards sont privées de services d’assainissement adéquats. Des chiffres qui illustrent l’ampleur d’un défi global, aux conséquences sanitaires, économiques et sociales majeures. Selon l’ONU, l’accès à l’eau reste profondément inégal. Dans de nombreuses […]

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Ce lundi à l’ARP : Nouvelle séance pour la Commission des finances et du budget

Lire plus tardLa Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple tiendra une nouvelle séance ce lundi 23 mars 2026, dans le cadre de ses réunions hebdomadaires régulières. Une séance prévue cet après-midi Selon les informations communiquées, cette nouvelle réunion se tiendra aujourd’hui, lundi 23 mars 2026, à partir de 14h30. […]

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Le prix du cuivre tombe à son plus bas niveau en trois mois

Lire plus tardLe prix du cuivre, à l’instar des autres métaux industriels, a enregistré une nette baisse sur le London Metal Exchange, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, qui pèse lourdement sur les perspectives économiques. Les cours du cuivre ont ainsi reculé aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis plus de trois […]

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Bourse de Tunis: Horaire d’hiver applicable à partir du 23 mars 2026

Lire plus tardA la Bourse de Tunis, l’horaire de cotation du mois de Ramadan applicable à partir du 1er jour du mois de Ramadan a pris fin le 19 mars 2026.  La Bourse de Tunis applique à partir d’aujourd’hui 23 mars 2026 l’horaire d’hiver 2026. Voici l’horaire de cotation  

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Maghrebia et Maghrebia Vie: les dividendes 2025 sont connus

Les deux sociétés cotées du Groupe Assurances Maghrebia ont annoncé les principaux chiffres relatifs à l’exercice 2025.

Le chiffre d’affaires des Assurances Maghrebia a évolué de 10,5%, à 300,654 MTND. Le résultat avant impôt s’est établi à 38,293 MTND contre 35,597 MTND une année auparavant, une amélioration de 7.5%. Le résultat net s’est élevé à 26,093 MTND contre 28,362 MTND, en repli annuel de 8%.

Le conseil d’administration a décidé de proposer la distribution d’un dividende de 2,900 Tnd par action (3,150 Tnd par action au titre de l’exercice 2024), distribuable à partir du 8 juin 2026 et de convoquer les actionnaires de la société pour une réunion de l’Assemblée générale ordinaire le 15 mai 2026.

Les actionnaires seront également convoqués en une Assemblée générale extraordinaire à la même date en vue de proposer une augmentation du capital social par incorporation des réserves portant le capital de 45 à 55 Mtnd. Cette augmentation de capital donnera lieu à l’émission de 1 000 000 d’actions gratuites d’une valeur nominale de 10 Tnd chacune, attribuées à raison de 2 actions nouvelles gratuites pour 9 actions anciennes avec jouissance à compter du 1er janvier 2026.

Quant à Maghrebia Vie, son chiffre d’affaires a progressé de 11,6% à 145,033 Mtnd. Le résultat avant impôt est de 29,346 Mtnd, une amélioration de 17,8%. Le résultat net est de 23,363 Mtnd contre 20,180 Mtnd en 2024, soit une amélioration de 15,7%.

Le conseil a décidé de proposer la distribution d’un dividende de 0,421 Tnd (0,363 Tnd au titre de l’exercice 2024) par action et de convoquer les actionnaires de la société pour une réunion de l’Assemblée générale ordinaire le 15 mai 2026.

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Israël | Netanyahu tire fierté de ce dont il devrait avoir honte

Israël a déjà éliminé une grande partie des directions qui l’entourent. Les cimetières du Moyen-Orient sont pleins à craquer des tombes d’hommes d’État, de commandants, de scientifiques, de journalistes et même d’intellectuels qu’Israël a assassinés. Un État qui tue autant de dirigeants ne peut être un membre respectable de la communauté des nations.

Gideon Levy *

Deux hommes en cravate, souriants, traversent le hall d’un immeuble de bureaux. Leur anglais est soigné. «Je suis vivant, mais j’ai cette carte», dit l’un d’eux en sortant de la poche de sa veste une carte à poinçonner comme celles qu’on utilisait autrefois dans les bus israéliens, bus qu’il n’a d’ailleurs jamais pris.

«Ne la lisez pas», dit-il à son compagnon, faisant semblant de lui cacher la carte. Le second détourne le regard. «Aujourd’hui, j’ai effacé deux noms sur cette carte, et vous voyez combien il m’en reste à faire sur cette série», dit le premier, tout en partageant le secret.

Assassin et fier de l’être  

«Vous savez ce qui est bien ?» demande le second. «Mon nom ne figure pas sur cette carte.» Les deux éclatent d’un rire qui détend l’atmosphère. «Vous êtes sur la liste des gentils», rassure le premier son ami. «Épaule contre épaule, nous nous débarrassons de ces fous furieux», dit-il en sortant à nouveau la carte de sa poche. «Nous les éliminons», se vante-t-il. «J’adore ça», répond son ami.

Ce n’est pas une série criminelle, ni un film de mafia, ni des assassinats dans la pègre, ni des tueurs à gages. Il s’agit du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, et de l’ambassadeur des USA en Israël, Mike Huckabee, qui envisage un État juif du Nil à l’Euphrate à leur image et à leur ressemblance, et qui tirent fierté d’actes de meurtre. Il n’y a pas d’autre mot pour le décrire. Netanyahou a publié la vidéo sur ses comptes de réseaux sociaux, fier d’être un parrain de la pègre. Il joue bien son rôle.

Crossing names off the list is good – doing it shoulder to shoulder with our American friends is even better.

Good to see Ambassador @GovMikeHuckabee. Always a pleasure.

🇮🇱🇺🇸 pic.twitter.com/FZrZN03IZI

— Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו (@netanyahu) March 17, 2026

Mais Netanyahou n’a pas besoin de faire preuve de talent d’acteur : la vidéo est fidèle à la réalité, ce n’est pas une fiction, mais un documentaire. Israël comme organisation criminelle, Netanyahu comme le chef de la mafia. Lui et les auteurs de la vidéo méritent des éloges pour leur honnêteté et leur volonté de montrer les choses telles qu’elles sont. Israël comme une mafia. Il devrait avoir honte d’en être fier. La Bulgarie utilisait autrefois des parapluies empoisonnés pour éliminer des dissidents et en a aujourd’hui honte. Israël tue par frappes aériennes et en tire fierté.

Pendant qu’il se réjouit, l’imagination s’emballe, et les médias ainsi que le public tremblent d’excitation à chaque assassinat.

Israël a déjà éliminé une grande partie des directions qui l’entourent. Les cimetières du Moyen-Orient sont pleins à craquer des tombes d’hommes d’État, de commandants, de scientifiques, de journalistes et même d’intellectuels qu’Israël a assassinés. Du poète Ghassan Kanafani à Beyrouth en 1972 au haut responsable iranien de la sécurité Ali Larijani à Téhéran en 2026, les cartes de la mort d’Israël se remplissent, jusqu’à ce qu’elles soient remplacées par de nouvelles.

La cible de l’assassinat, qui n’a pas été assassinée parce qu’elle n’est jamais née, ni la victime de l’assassinat sans successeur. Une seule différence entre les séries criminelles et les assassinats réels : sur Netflix, il reste parfois une place pour s’interroger sur la légitimité des actes. Dans le true crime israélien, ces questions ne se posent pas. Ils sont considérés non seulement comme légitimes, mais aussi comme une source de fierté.

Deviner la prochaine cible

Quelle est la meilleure chose qu’Israël ait faite ces deux dernières années ? L’opération des bipeurs ? Une fierté nationale pour avoir estropié des centaines de personnes et tué des dizaines d’autres ? Ou peut-être l’élimination de Hassan Nasrallah et de ses hommes, de Yahya Sinwar et de son frère Mohammed, de l’ayatollah Ali Khamenei et de ses étudiants, de Khan Younès à Téhéran. Quel beau monde nous avons créé.

Les commentateurs des médias israéliens rivalisent pour deviner la prochaine cible et celle d’après, traçant des X. Le Premier ministre et l’ambassadeur tournent une vidéo écœurante sur les assassinats ciblés. «J’adore ça», dit l’ambassadeur, les yeux pétillants. Mais au-delà du prétentieux «quels héros nous sommes», on ne peut échapper à la vérité : l’assassinat est un euphémisme pour le meurtre. Ses planificateurs et ses exécutants sont des meurtriers. Un État qui tue autant de dirigeants ne peut être un membre respectable de la communauté des nations.

Quand le Premier ministre se vante de sa carte de pointage meurtrière, il n’est pas étonnant que des policiers des frontières assassinent une famille palestinienne pour le plaisir. Quand l’ambassadeur usaméricain dit qu’il «adore ça», il ne faut pas s’étonner du dégoût qu’inspire son pays.

La guerre est une chose laide. Les assassinats politiques n’en sont pas une composante inévitable ; ce sont des actes de meurtre.

D’après Haaretz / Traduit par Tlaxcala

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Un paradoxe tunisien | Accès quasi-universel aux infrastructures de base et stagnation économique

La Tunisie présente un paradoxe économique particulier : malgré un accès quasi universel aux infrastructures de base essentielles, le pays continue de faire face à des défis économiques structurels et territoriaux persistants. (Photo: Pont de Radès).

Les données de l’Institut national de la statistique (INS) confirment que la Tunisie est l’un des pays les mieux équipés d’Afrique du Nord en matière de couverture des services publics domestiques.

En 2023, l’accès au réseau d’eau potable atteignait 91,7 % des ménages, desservant environ 11,7 millions de personnes contre 7,5 millions en 1994.

De même, le secteur de l’électricité a quasiment atteint la saturation, le taux de raccordement passant de 86,8 % en 1994 à 99,9 % en 2023.

Ces résultats sont le fruit de décennies d’investissements publics soutenus, notamment à travers des programmes d’électrification rurale et d’extension du réseau d’eau.

Cependant, ces progrès en matière de services publics sont contrebalancés par d’importantes lacunes dans d’autres domaines d’infrastructures critiques, en particulier l’assainissement.

Dégradation de la qualité de vie

Bien que le pourcentage de ménages raccordés au réseau public d’assainissement soit passé de 39,1 % en 1994 à 65,4 % en 2023, environ 2,146 millions de ménages restent non raccordés. Cette disparité entre l’accès à l’eau et la couverture sanitaire constitue un obstacle majeur pour les politiques publiques, car des réseaux d’assainissement incomplets contribuent à la pollution environnementale et dégradent la qualité de vie dans les zones rurales et périurbaines.

Au-delà des statistiques techniques, ces infrastructures de base n’ont pas suffi à protéger le pays des difficultés économiques plus générales. L’environnement macroéconomique tunisien demeure contraint par une dette publique élevée, des pressions inflationnistes et une croissance atone, le chômage – notamment chez les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur – restant une source persistante de préoccupation sociale.

Si le gouvernement continue de privilégier les grands projets, tels que l’agrandissement prévu de l’aéroport de Carthage (1 milliard de dollars) et la modernisation du réseau routier programmée pour 2026, les experts soulignent que les infrastructures physiques, à elles seules, ne constituent pas une solution miracle. Une reprise durable nécessitera d’aller au-delà du simple renforcement des capacités et de s’attaquer également aux goulets d’étranglement structurels, d’améliorer la logistique et de réformer le climat institutionnel et d’affaires afin de mieux attirer les investissements et de stimuler la création d’emplois.

Traduit de l’anglais.

Source ; APA News.

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Avec “Gabriem”, Omar S’habou signe un livre de profondeur et de lumière

Lire plus tardParu fin février 2026 aux Éditions Nirvana, “Gabriem”, le nouveau livre d’Omar S’habou, s’impose déjà comme une parution singulière dans le paysage éditorial tunisien. Présenté comme un texte de réflexion intime et spirituelle, l’ouvrage est préfacé par Abdelaziz Kacem et propose une traversée intérieure où se croisent conscience, foi vécue, quête de sens […]

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Le 1er workshop tunisien sur la rhéologie  

L’Association tunisienne de rhéologie (Trheos), présidée par Professeure Dorra Ghorbel, organise son 1er workshop international sur le thème : «Rhéologie et développement durable».

Ce workshop, qui se tiendra les 10 et 11 avril 2026 à l’Institut national des sciences appliquées de Tunis (Insat), mettra l’accent sur la manière dont la rhéologie, la science de l’écoulement et de la déformation de la matière, peut révolutionner les matériaux et les processus industriels respectueux de l’environnement.   

Organisé sous le patronage de Professeure Nadia Mzoughi Aguir, présidente de l’Université de Carthage, en collaboration avec l’Insat, l’Institut national de recherche agronomique de Tunisie (Inrat) et son projet PR2I-D4P2 MIFASG, l’Ecole supérieure des industries alimentaires de Tunis (Esiat), Symbio Club et Chem Club Insat, et avec les support des sociétés NETZSCH, HTDS, Anton Paar, LED, TA Instruments, Pharmalabo, Esilab et Brookfield, vise à combler le fossé entre la recherche en rhéologie et les objectifs urgents en matière de durabilité. 

Le Workshop international Trheos 2026 facilitera les discussions entre experts internationaux sur les sujets suivants : conception de matériaux écoresponsables ; bioéconomie et biopolymères ; durabilité alimentaire, produits de santé et de soins durables ; mise en œuvre et durabilité ; efficacité énergétique et gestion des ressources et des déchets.

Il s’agit pour les participants d’aller au-delà de la théorie pour présenter des applications concrètes dans lesquelles la rhéologie contribue à une économie verte et circulaire, à l’utilisation rationnelle des ressources, à une consommation responsable et à la réduction de l’impact environnemental.

Site web officiel de l’association Trheos.  

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Tunisie | Le numérique, ultime frontière de la souveraineté

Alors que la Tunisie s’apprête à naviguer dans les eaux troubles du plan de développement 2026-2030, il est temps de sortir des incantations budgétaires pour affronter la réalité : notre indépendance ne se jouera pas dans les salons feutrés de la diplomatie financière, mais sur le terrain de la maîtrise technologique. Le numérique n’est plus un luxe de technocrates ; c’est le nouveau contrat de souveraineté que l’État doit signer avec ses citoyens.

Abdelwaheb Ben Moussa *

L’illusion des dernières années a été de croire qu’une couche de vernis technologique suffirait à masquer les archaïsmes de notre administration. Soyons clairs : numériser un processus absurde ne fait que rendre l’absurdité plus rapide. Pour réussir ce quinquennat, il faut un courage politique de rupture : simplifier avant de coder. La transformation digitale doit être le scalpel qui débarrassera l’économie tunisienne des kystes bureaucratiques qui étouffent l’initiative privée.

Aujourd’hui, laisser nos données souveraines — qu’elles soient bancaires, fiscales ou identitaires — errer sur des serveurs hors de nos frontières est une faute stratégique. La souveraineté numérique n’est pas un repli frileux, c’est une protection active. Le déploiement d’un cloud souverain national n’est pas une option technique, c’est la construction des remparts de notre sécurité économique au XXIe siècle. Sans maîtrise de la donnée, l’indépendance de décision n’est qu’un slogan creux.

L’IA contre l’informel : le choc de transparence

Dans un pays où l’économie souterraine défie l’État, l’intelligence artificielle (IA) est notre meilleure alliée. L’intégration de l’IA dans le back-office de nos banques ne doit pas seulement servir à optimiser les profits, mais à révolutionner l’inclusion.

En affinant le scoring de risque, nous pouvons enfin ramener vers le secteur formel ces milliers de PME et d’entrepreneurs marginalisés par un système bancaire trop frileux. C’est par la technologie, et non par la seule coercition fiscale, que nous gagnerons la bataille de la transparence.

Le défi du mix énergétique : l’intelligence ou le déclin

Enfin, l’ambition de porter à 35 % la part des énergies renouvelables d’ici 2030 (contre à peine 4 ou 5% aujourd’hui, alors que la pays souffre d’un déficit énergétique structurel estimé à près de 60%), exige un saut qualitatif.

Le pilotage de cette transition, le couplage entre « Green Finance » et « Smart Grids », demande une expertise analytique que nous ne pouvons plus importer.

La Tunisie doit cesser d’être une simple consommatrice de solutions clés en main pour devenir un pôle d’ingénierie numérique régionale.

Le chemin vers 2030 est étroit. Il exige de rompre avec les vieux réflexes d’un État-providence à bout de souffle pour embrasser un État-stratège, agile et résolument tourné vers la modernité. Si nous manquons le virage de la souveraineté numérique, nous ne serons que les spectateurs passifs de notre propre déclassement.

* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.

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Trump publie une vidéo moqueuse de Starmer en pleine crise iranienne

Lire plus tardEn pleine escalade géopolitique au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump a suscité la polémique en partageant, dimanche, une vidéo satirique visant le Premier ministre britannique Keir Starmer, sur sa plateforme Truth Social. La séquence, issue de la version britannique du célèbre programme télévisé Saturday Night Live, montre une caricature du dirigeant britannique […]

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TN Live – Guerre Iran–Israël | L’or et l’argent plongent sur les marchés

Lire plus tardAu 24e jour de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, l’escalade se poursuit avec une intensification des frappes et des opérations militaires sur plusieurs fronts. L’Iran a annoncé le lancement d’une 75e vague de missiles, بينما le Hezbollah multiplie les attaques contre le nord d’Israël. Sur le terrain, les conséquences s’alourdissent […]

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Les lignes de fracture d’un monde sous tension : stagflation globale et vulnérabilités maghrébines

Il y a des moments dans l’histoire économique où les chiffres cessent d’être de simples indicateurs pour devenir des signaux d’alerte. Nous sommes précisément à l’un de ces points de bascule. La guerre au Moyen-Orient ne constitue pas seulement un épisode géopolitique de plus dans une région coutumière des tensions ; elle agit comme un révélateur brutal des déséquilibres accumulés au cœur de l’économie mondiale. L’avertissement formulé par Joseph Stiglitz (**) prend, dans ce contexte, une résonance particulière : la stagflation n’est plus un risque théorique, elle redevient une possibilité tangible. Et dans cette recomposition accélérée, le Maghreb se retrouve à la croisée des vulnérabilités et des recompositions stratégiques.

 

La notion de stagflation, longtemps reléguée aux crises pétrolières du XXe siècle, réapparaît aujourd’hui dans un contexte profondément transformé. Elle n’est plus seulement le produit d’un choc énergétique, mais le résultat d’une combinaison complexe de facteurs : déséquilibres monétaires, fragmentation commerciale, tensions géopolitiques et mutation technologique.

Aux États-Unis, cette dynamique prend une forme particulièrement préoccupante. La croissance, bien que positive en apparence, repose sur des bases étroites et déséquilibrées. L’essor de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques masque une réalité plus contrastée : celle d’une économie dont les moteurs traditionnels – industrie, consommation de masse, investissement productif – montrent des signes d’essoufflement.

Dans ce contexte, le choc géopolitique agit comme un amplificateur. Il ne crée pas la crise, il en accélère la manifestation. L’augmentation brutale des prix de l’énergie, combinée à une incertitude généralisée, perturbe les mécanismes d’ajustement traditionnels et enferme l’économie dans une dynamique contradictoire : inflation persistante et croissance atone.

Le détroit d’Ormuz : épicentre d’un choc systémique

Au cœur de cette séquence se trouve un point géographique dont l’importance dépasse largement sa taille : le détroit d’Ormuz. En temps normal, il constitue une artère fluide du commerce mondial. En période de crise, il devient un verrou stratégique capable de désorganiser l’ensemble du système énergétique global.

La flambée des prix du pétrole qui a suivi son blocage n’est pas un simple épisode spéculatif. Elle traduit une réalité structurelle : la dépendance persistante de l’économie mondiale aux hydrocarbures. Malgré les discours sur la transition énergétique, le pétrole demeure le socle invisible de la production, du transport et des échanges.

Cette dépendance confère au choc actuel une dimension systémique. Il ne s’agit pas seulement d’une hausse des coûts énergétiques, mais d’un renchérissement généralisé de l’ensemble des chaînes de valeur. Chaque secteur, de l’agriculture à l’industrie, en passant par les services, se trouve affecté, directement ou indirectement.

L’incertitude comme nouvelle variable économique dominante

L’un des aspects les plus marquants de la crise actuelle réside dans l’ampleur de l’incertitude qu’elle génère. Cette incertitude n’est pas seulement liée à la durée du conflit ou à l’évolution des prix de l’énergie ; elle concerne l’ensemble des règles du jeu économique.

Les entreprises, confrontées à des politiques commerciales imprévisibles et à des coûts de production volatils, hésitent à investir. Les ménages, de leur côté, adoptent des comportements de précaution, réduisant leur consommation et augmentant leur épargne. Ce double mouvement contribue à freiner la croissance, renforçant ainsi les risques de stagnation.

Dans ce contexte, les outils traditionnels de politique économique montrent leurs limites. Les banques centrales, en particulier, se trouvent dans une situation délicate. Relever les taux pour contenir l’inflation risque d’aggraver le ralentissement économique ; les maintenir à un niveau bas pourrait alimenter davantage les tensions inflationnistes. Ce dilemme illustre parfaitement la nature stagflationniste de la crise.

Le paradoxe du dollar et la crise de confiance

Un autre élément clé de cette séquence réside dans l’évolution inattendue du dollar. Contrairement aux schémas classiques, la montée du protectionnisme ne s’accompagne pas d’une appréciation de la monnaie américaine. Au contraire, celle-ci tend à s’affaiblir.

Ce phénomène traduit une transformation plus profonde : l’érosion de la confiance dans le système économique américain. Les politiques commerciales erratiques, combinées à une polarisation politique accrue, contribuent à fragiliser la crédibilité des États-Unis en tant que pilier du système monétaire international.

La faiblesse du dollar agit alors comme un multiplicateur d’inflation. En renchérissant le coût des importations, elle alimente la hausse des prix, neutralisant les effets attendus des mesures protectionnistes. Cette dynamique renforce le caractère auto-entretenu de la stagflation.

Le Maghreb face à une triple contrainte : énergie, finances et stabilité sociale

Dans ce paysage global sous tension, les économies du Maghreb apparaissent particulièrement exposées. Leur vulnérabilité repose sur une triple contrainte qui se renforce mutuellement : dépendance énergétique, fragilité budgétaire et sensibilité sociale à l’inflation.

Pour la Tunisie, le choc pétrolier se traduit immédiatement par une dégradation des équilibres externes. L’augmentation de la facture énergétique alourdit le déficit commercial, exerce une pression sur les réserves en devises et limite la capacité d’intervention de l’État.

Sur le plan budgétaire, la situation est tout aussi préoccupante. Le maintien des mécanismes de subvention devient de plus en plus coûteux, tandis que les marges de financement se réduisent. Cette contrainte budgétaire limite la capacité de l’État à amortir le choc pour les ménages et les entreprises.

Mais c’est peut-être sur le plan social que les implications sont les plus sensibles. L’inflation, en particulier celle liée à l’énergie et aux produits de base, affecte directement le pouvoir d’achat. Dans des économies où la consommation constitue un moteur essentiel de l’activité, cette érosion peut rapidement se traduire par un ralentissement généralisé.

L’Algérie et la Libye : des amortisseurs relatifs mais fragiles

Dans cet environnement, les pays exportateurs d’hydrocarbures du Maghreb, comme l’Algérie et la Libye, bénéficient d’un effet d’aubaine à court terme. La hausse des prix du pétrole améliore leurs recettes d’exportation et renforce leurs positions budgétaires.

Cependant, cet avantage reste fragile. Il dépend étroitement de l’évolution des prix internationaux et ne résout pas les défis structurels liés à la diversification économique. Par ailleurs, une dépendance excessive aux hydrocarbures expose ces économies à une volatilité accrue, limitant leur capacité à planifier sur le long terme.

Vers une reconfiguration stratégique du Maghreb

Au-delà des risques immédiats, la crise actuelle ouvre également un espace de réflexion stratégique pour le Maghreb. Elle met en lumière la nécessité d’une transformation profonde des modèles économiques.

La question énergétique apparaît comme centrale. La transition vers les énergies renouvelables n’est plus seulement un enjeu environnemental, mais une impératif de souveraineté économique. Le potentiel solaire et éolien de la région constitue un atout majeur, encore largement sous-exploité.

Par ailleurs, la recomposition des chaînes de valeur mondiales offre une opportunité de repositionnement. La proximité géographique avec l’Europe pourrait permettre au Maghreb de s’imposer comme une plateforme industrielle et logistique alternative, dans un contexte de relocalisation partielle des activités.

Enfin, la coopération régionale, longtemps entravée par des considérations politiques, apparaît plus que jamais nécessaire. Une intégration économique renforcée permettrait de mutualiser les ressources, d’élargir les marchés et d’accroître la résilience face aux chocs externes.

In fine : entre vulnérabilité et nécessité de transformation

La crise actuelle agit comme un révélateur impitoyable des fragilités du système économique mondial. Elle rappelle que la stabilité apparente des dernières décennies reposait sur des équilibres précaires, aujourd’hui remis en cause.

Pour le Maghreb, l’enjeu dépasse la gestion conjoncturelle du choc. Il s’agit d’engager une transformation structurelle capable de réduire les vulnérabilités et de saisir les opportunités offertes par la recomposition en cours.

Car dans un monde marqué par l’incertitude et la fragmentation, la capacité d’adaptation ne suffit plus. Seule une stratégie proactive, fondée sur la diversification, l’innovation et la coopération, permettra de transformer les crises en leviers de développement.

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(**) Joseph Stiglitz est un économiste américain de renom, né le 9 février 1943. Il est principalement connu pour ses travaux sur l’asymétrie d’information et sa critique virulente du néolibéralisme et de la gestion de la mondialisation. 

Points clés de sa carrière

  • Prix Nobel : il a reçu le prix Nobel d’économie en 2001 (partagé avec George Akerlof et Michael Spence) pour ses analyses des marchés où les participants ne disposent pas des mêmes informations.
  • Fonctions officielles : il a été président du Conseil des conseillers économiques du président Bill Clinton (1995-1997) et économiste en chef de la Banque mondiale (1997-2000).
  • Enseignement : il est actuellement « University Professor » à l’Université de Columbia. 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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