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Chute historique de la production pétrolière saoudienne

La guerre en Iran et la campagne des Houthis contre l’Arabie saoudite ont comprimé les routes d’exportation alors que les prix du pétrole dépassent 100 dollars. La production de pétrole brut du royaume a chuté de près de 2 millions de barils par jour en août, atteignant son niveau le plus bas depuis plus de 35 ans…

Riyad a indiqué à l’OPEP que sa production avait chuté de 1,9 million de barils par jour le mois dernier, pour atteindre 6,238 millions de barils par jour, selon le rapport mensuel du groupe rendu public le 11 septembre. Ce chiffre marque un nouveau plancher depuis les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février, ainsi que le niveau de production le plus bas du royaume depuis le début de la guerre du Golfe en 1990.

L’Arabie saoudite se trouve prise en étau entre les perturbations affectant ses deux principales voies d’exportation maritimes. Le trafic dans le détroit d’Ormuz est fortement restreint en raison du conflit irano-américain, ce qui l’oblige à dépendre davantage des routes de la mer Rouge.

Les forces houthies, soutenues par l’Iran au Yémen, ont également repris les hostilités contre les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite et ont décrété un blocus maritime contre le royaume…

La pression est déjà visible dans les données du transport maritime, les données provisoires de suivi des pétroliers compilées par Bloomberg montrant une baisse d’environ un tiers des exportations de pétrole brut saoudien en août.

L’Arabie saoudite a fermé son pipeline Est-Ouest jeudi après plusieurs attaques contre l’infrastructure dans les régions de Riyad et de Médine, selon une source officielle du ministère de l’Énergie. Le pipeline a été mis à l’arrêt à titre de mesure de précaution après les attaques survenues jeudi matin. Ces incidents ont fait des blessés, qui ont reçu les soins médicaux nécessaires, a indiqué le ministère…

Les menaces croissantes pesant sur les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb ont fait flamber les prix du pétrole. Le Brent a clôturé en hausse de 6,3 %, à 107,63 dollars le baril jeudi, tandis que le West Texas Intermediate a bondi à 102,48 dollars, les deux références atteignant ainsi leurs plus hauts niveaux depuis mai.

Ces bouleversements redessinent déjà les flux énergétiques mondiaux. La Russie a lancé cette semaine la première cargaison de son gigantesque projet pétrolier Vostok dans l’Arctique, ouvrant une nouvelle voie d’exportation via la route maritime du Nord qui, selon Rosneft, pourrait à terme fournir l’équivalent d’environ 730 millions de barils de pétrole par an.

Parallèlement, les États-Unis ont acquis le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières prouvées du Venezuela grâce à un vaste accord d’investissement. Le président Donald Trump a présenté ce pétrole comme un « cadeau » qui contribuera à reconstituer les réserves stratégiques de pétrole américaines.

Ces approvisionnements supplémentaires pourraient à terme atténuer la pression sur les marchés mondiaux. Cependant, le choc immédiat se fait déjà sentir chez les consommateurs américains. Le prix moyen national du diesel a dépassé 6 dollars le gallon pour la première fois jeudi, selon GasBuddy, après une hausse de près de 60 % depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran fin février.

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Flottille Soumoud : quatre mois de détention préventive supplémentaires pour quatre accusés

Le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier de Tunis a décidé de prolonger de quatre mois la détention préventive de quatre personnes poursuivies dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de corruption liés aux flux financiers de la « Flottille Soumoud ». Les personnes concernées sont Wael Naouar, Ghassan Henchiri, Nabil Chennoufi et Mohamed Boughdiri.

Une enquête judiciaire a également été ouverte contre plusieurs autres participants à la flottille, notamment Jawaher Channa, Sana Msahli et Mohamed Amine Bennour. Ils sont poursuivis, entre autres, pour des faits de « falsification, détention et usage de documents falsifiés, double comptabilité et usage de documents comptables », ainsi que pour d’autres chefs d’accusation.

L’enquête est menée par l’Unité nationale de recherche sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale de l’Aouina. Elle porte notamment sur des soupçons de constitution d’une entente en vue de blanchir de l’argent, d’escroquerie et de détournement, à des fins personnelles, de fonds provenant de dons, selon les éléments du dossier judiciaire.

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Ahmed Lamiri : quatre mois de détention supplémentaires

La détention préventive d’Ahmed Lamiri, ancien président de la Chambre nationale des bouchers, a été prolongée de quatre mois par le premier juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier. L’information a été révélée vendredi 11 septembre 2026 par l’Observatoire Freedom for Tunisia.

Incarcéré depuis mars 2026, il approche désormais les six mois de détention, sans qu’un jugement sur le fond n’ait été rendu. L’affaire fait suite à une plainte de la Société tunisienne des viandes, ayant conduit à sa garde à vue le 5 mars 2026, puis à un mandat de dépôt le 10 mars. Le dossier porte sur la gestion de cargaisons de viandes réfrigérées importées et sur les fonds liés à leur approvisionnement. Il est notamment poursuivi pour blanchiment d’argent, monopole et spéculation illicite, et abus de confiance qualifié, des accusations encore à l’instruction, non constitutives d’une condamnation.

Avant son arrestation, Ahmed Lamiri avait publiquement dénoncé, fin décembre 2025, de graves irrégularités touchant certaines cargaisons de viande importée : excès de graisse, absence de cachets sanitaires, non-conformité aux normes, ayant mené à la destruction ou au renvoi de certains lots. Il avait aussi alerté sur le gaspillage de fonds publics que représentaient ces importations.

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Wadii Rhouma limogé de la tête de l’Office national de la propriété foncière

Wadii Rhouma a été déchargé de ses fonctions de président-directeur général de l’Office national de la propriété foncière (ONPF), selon deux décrets publiés au Journal officiel de la République tunisienne (Jort) du vendredi 11 septembre 2026.

Les deux textes, datés du 10 septembre 2026, mettent fin à l’ensemble des responsabilités exercées par Wadii Rhouma dans l’administration chargée de la propriété foncière. En effet, le décret n°2026-221 le décharge de ses fonctions de PDG de l’ONPF, tandis que le décret n°2026-220 le décharge de son poste de conservateur de la propriété foncière, qu’il occupait en tant qu’inspecteur général de la propriété foncière.

Publiés séparément mais simultanément, et comme c’est souvent le cas, les deux décrets ne précisent ni les motifs de ces départs ni les noms des successeurs appelés à reprendre ces fonctions.

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Quel impact de la « kuwaitisation » de l’enseignement sur les coopérants tunisiens?

Dans le cadre d’un plan de restructuration budgétaire et de « kuwaitisation » de sa fonction publique, le ministère koweïtien de l’Éducation a engagé le licenciement de 7 019 enseignants expatriés. Une décision qui touche de plein fouet les coopérants arabes – parmi lesquels figureraient de nombreux enseignants tunisiens -, alors que le Golfe resserre ses critères d’emploi, indique un communiqué du département de l’Education.

Les premiers avis de résiliation de contrat ont commencé à être notifiés directement via l’application gouvernementale Sahel. Cette vague initiale, qui concerne 1 551 hommes et 5 468 femmes, vise à réduire les dépenses salariales annuelles de l’État koweïtien d’environ 42 millions de dinars koweïtiens (près de 137 millions de dollars).

Cette décision fait suite à un audit interne révélant un excédent global évalué à 33 268 enseignants dans les établissements publics du pays. Le ministère de l’Éducation précise que ce dégraissage s’effectuera progressivement afin d’aligner les effectifs sur les besoins réels des établissements.

Les disciplines principalement touchées par ces excédents couvrent un large spectre, allant des langues (arabe, anglais) aux spécialités du second cycle secondaire, en passant par l’éducation islamique, les mathématiques et sciences, l’éducation artistique, musicale et physique, etc. .

Remplacement par la main-d’œuvre locale et conséquences pour la Tunisie

Au-delà des coupes budgétaires, cette stratégie s’inscrit dans la nouvelle politique nationale du Koweït visant à remplacer les cadres expatriés par des diplômés locaux qualifiés, tout en restreignant le recrutement international aux seules matières en pénurie.

Bien que le communiqué officiel koweïtien ne détaille pas la répartition exacte par nationalité, cette mesure constitue un signal d’alarme pour la Tunisie. Le Koweït figure parmi les destinations traditionnelles de la coopération technique tunisienne (via l’ATCT) dans le secteur éducatif. Cette vague de résiliations de contrats, combinée à la réduction des flux de recrutement dans les autres monarchies du Golfe, risque d’accentuer la pression sur le marché du travail tunisien et de restreindre un canal clé de transfert de devises pour le pays.

Pour rassurer les coopérants, le ministère koweïtien a toutefois assuré que les procédures administratives et légales seraient strictement respectées et que les droits financiers des enseignants remerciés seraient pleinement préservés.

A suivre.

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Maisons russes en Afrique : la culture comme paravent ?

Moscou poursuit sa conquête douce du continent africain. L’agence Rossotrudnichestvo, chargée de piloter les centres culturels russes à travers le monde, a annoncé la signature de nouveaux partenariats avec des structures locales dans huit pays : la RDC, le Sénégal, le Togo, le Mali, le Kenya, Madagascar, Sao Tomé-et-Principe et la Sierra Leone. Autant de « Maisons russes » qui viendront s’ajouter aux cinq déjà ouvertes en 2024 et aux neuf antennes étatiques revendiquées sur le continent, le tout piloté par une agence pourtant sous sanctions européennes depuis quatre ans, comme le soulignent nos confrères de RFI.

Officiellement, il ne s’agit que de diplomatie culturelle : cours de langue, projections de films, pièces de théâtre, promotion des « valeurs russes ». Une façade sympathique, presque anodine. Mais peut-on vraiment croire qu’un État sous embargo occidental, engagé dans une guerre et une confrontation frontale avec l’Europe, déploie autant d’énergie et de moyens sur un continent entier simplement par amour de l’art ?

Les services de renseignement européens, eux, n’y croient pas. Ils soupçonnent depuis longtemps ces instituts d’abriter des activités bien moins culturelles : recrutement, propagande, voire espionnage. L’épisode récent de Berlin, où l’antenne locale a été fermée dans un climat de tensions croissantes avec Moscou, illustre bien que ces établissements ne sont pas perçus, y compris en Europe, comme de simples médiathèques polyglottes.

Alors à quoi servent réellement ces Maisons russes qui fleurissent de Kinshasa à Freetown ? À diffuser Tolstoï et le cinéma soviétique, ou à consolider, sous couvert de culture, des réseaux d’influence, de renseignement et potentiellement de recrutement dans des pays où la présence russe – militaire via Wagner, économique, diplomatique – ne cesse déjà de s’étendre ? La multiplication de ces centres, dans un contexte géopolitique aussi tendu, mérite pour le moins d’être regardée avec un œil plus que circonspect.

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Consommer africain : Tunis au cœur de la nouvelle dynamique économique du continent

Le Parc des Expositions du Kram accueillera, du 5 au 7 novembre 2026, la première édition de l’Africa First Expo. Placé sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations de Tunisie, l’événement est organisé par la société El Baouaba, en partenariat avec l’Organisation tunisienne pour l’information du consommateur et l’Union africaine des consommateurs. Ce salon économique vise à promouvoir les produits et services africains, à stimuler le commerce entre les pays du continent et à renforcer la protection des droits des consommateurs.

La Chine sera le pays invité d’honneur de cette édition inaugurale. Sa présence vise à développer les échanges industriels et technologiques avec le continent, tout en favorisant les investissements directs, les transferts de compétences et le financement des infrastructures.

L’événement réunira des ministres, des ambassadeurs, des dirigeants d’entreprises, des investisseurs, ainsi que des représentants de chambres de commerce, d’universités et de centres de recherche. Des pavillons nationaux permettront à chaque pays participant de présenter ses opportunités d’investissement, sa production locale et ses atouts touristiques.

L’espace d’exposition couvrira un large éventail de secteurs économiques. Outre l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière, le textile et la cosmétique, le salon présentera des solutions dans le domaine de la santé, notamment les équipements médicaux, les laboratoires, l’industrie pharmaceutique et la e-santé. Le secteur du numérique sera représenté par des acteurs des technologies de l’information, de l’intelligence artificielle, des FinTechs, des GovTechs, des EdTechs, de la cybersécurité et des éditeurs de logiciels de gestion. Les services bancaires et financiers, les franchises et les technologies vertes compléteront l’offre.

Le programme prévoit des conférences sur le commerce intra-africain, le financement, l’industrialisation, l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et la formation professionnelle. Des démonstrations techniques en direct porteront sur la robotique, la mobilité électrique, l’aéronautique légère et la construction navale. Enfin, des zones dédiées aux jeunes entrepreneurs et aux startups, ainsi que des défilés de mode et des animations artistiques, viendront rythmer ces trois journées d’échanges.

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PGH dope sa rentabilité au S1 2026

Sur les six premiers mois de 2026, Poulina Group Holding  (PGH) a vu son chiffre d’affaires consolidé croître à 1,86 milliard de dinars, entraînant dans son sillage l’ensemble des indicateurs de rentabilité du groupe tunisien. Un semestre dynamique, assombri toutefois par une trésorerie de clôture passée dans le rouge.

Chez Poulina Group Holding, les chiffres du premier semestre 2026 dessinent une trajectoire commerciale ascendante. Les revenus d’exploitation consolidés se sont établis à 1,86 milliard de dinars au 30 juin, contre 1,73 milliard un an plus tôt, une progression tirée par des ventes brutes de 1,89 milliard de dinars, ramenées à ce niveau après déduction de 29,7 millions de dinars de réductions commerciales.

Cette dynamique commerciale s’est répercutée sur l’ensemble de la chaîne de rentabilité. La marge brute est passée de 593,7 à 662,9 millions de dinars d’une année sur l’autre. L’excédent brut d’exploitation a suivi la même trajectoire, franchissant le seuil des 296,5 millions de dinars contre 266,5 millions au premier semestre 2025. Quant au résultat d’exploitation, il s’est hissé à 178,3 millions de dinars, contre 164,6 millions un an auparavant.

Le bénéfice net consolidé part du groupe ressort à 94,9 millions de dinars, en progression sensible par rapport aux 73,4 millions enregistrés sur la même période l’an dernier. Sur la base des 180 millions d’actions composant le capital, nombre resté inchangé, cela porte le résultat net par action à 0,527 dinar.

 

 

 

 

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Panier de la ménagère : ce que les chiffres de l’INS ne disent pas

Panier de la ménagère presque vide, crédits refusés, prix qui s’envolent : sur le terrain, les Tunisiens évoquent une inflation à deux chiffres. L’INS, lui, annonce 5,4 %. Entre indicateur statistique et dépenses quotidiennes, l’écart mérite d’être décrypté.

Elle porte un couffin aux côtés de son mari, dans cette grande surface du centre-ville de Tunis. Tous deux sont professeurs. Son regard reste rivé sur les rayons, tantôt pour vérifier les prix, tantôt pour chercher, désespérément, une alternative plus abordable. À mesure qu’ils avancent, les arbitrages semblent s’imposer : comparer, renoncer, remplacer.

Nous nous présentons à elle et lui demandons comment se porte son couffin ces derniers temps. Elle se plaint aussitôt du coût de la vie et de la cherté qui ronge le quotidien. « Je ne suis pas économiste, je ne comprends rien à l’inflation », lâche son mari avant de conclure, dans un sourire amer : « Mais l’économie, c’est ce couffin presque vide que vous voyez devant vous ». Sur ces mots, il reprend son chemin vers la caisse.

Nous poursuivons notre tour et rencontrons un trentenaire que nous appellerons D. Bien qu’il affirme mener une vie aisée, il est chef d’agence bancaire, lui aussi dit observer la hausse des prix dans les affiches et les rayons. Puis, sur un ton plus bas, presque confidentiel : « L’inflation, je la vois surtout dans le regard de mes clients, quand ils viennent demander un crédit à la consommation ou un crédit logement ».

Deux témoignages, deux profils, une même conclusion : qu’ils connaissent ou non les chiffres de l’INS, les consommateurs évaluent d’abord l’évolution des prix à partir de leur panier, de leurs revenus et des arbitrages qu’ils doivent effectuer.

Ces regards désespérés interrogent. Pourquoi le ressenti de certains consommateurs semble-t-il si éloigné du chiffre officiel, alors que l’Institut national de la statistique (INS) annonce, dans son dernier communiqué, un taux de 5,4 % ? C’est dans la méthode même de calcul de l’inflation, mais aussi dans la structure des dépenses des ménages, qu’il faut chercher un début de réponse.

 

Lire aussi: Inflation en baisse, pouvoir d’achat sous pression : pourquoi les prix restent-ils élevés en Tunisie ?

Un panier statistique qui ne raconte pas tous les couffins

Pour mesurer l’évolution des prix, l’INS s’appuie sur l’Indice des prix à la consommation (IPC). Celui-ci repose sur un panier de référence dont les pondérations reflètent la structure des dépenses observée lors d’une enquête auprès des ménages. Les prix des biens et services qui composent ce panier sont, eux, relevés et actualisés chaque mois.

Ce panier compte aujourd’hui près de 720 produits, déclinés en 5 000 variétés, et ses pondérations reposent sur une enquête de consommation menée en 2015-2016 auprès des ménages. Elle a permis de fixer le poids de chaque poste de dépense : l’alimentation pèse pour 26,2 % du budget type, le logement pour 19 %, les transports pour 12,7 %, l’habillement pour 7,4 %, la santé pour 5,8 %, le reste du panier se répartissant entre éducation, loisirs, communication et autres services.

Sur le terrain, des enquêteurs relèvent chaque mois les prix réels dans près de 4 000 points de vente, des grandes surfaces aux souks hebdomadaires, répartis sur les 24 gouvernorats du pays et 22 zones rurales. Ces relevés sont ensuite agrégés selon une méthodologie statistique qui combine notamment des indices élémentaires de type Jevons et un indice agrégé de Laspeyres. L’ensemble permet d’établir l’Indice des prix à la consommation, à partir duquel est calculé le taux d’inflation publié chaque mois.

Une méthode conforme aux standards internationaux, mais qui n’échappe pas aux limites classiques des indices de prix. Lorsque les habitudes de consommation évoluent plus vite que le panier de référence, l’inflation mesurée peut ne plus refléter avec la même précision la situation de tous les ménages. Ces difficultés renvoient à des biais de mesure bien documentés dans la littérature économique, notamment ceux associés à l’effet Boskin.

Le décalage ne signifie pas pour autant que le chiffre officiel serait faux. Il rappelle surtout qu’un indice moyen ne mesure pas nécessairement la hausse des dépenses de chaque famille.

Quand l’alimentation pèse davantage dans le quotidien

Une analyse que confirme, chiffres à l’appui, l’universitaire économiste Aram Belhaj. Interrogé par L’Économiste maghrébin sur la hausse de l’inflation à 5,4 % en août, contre 5,1 % en juillet, il insiste sur la nécessité de distinguer l’inflation officielle de celle subie individuellement par les ménages.

Selon lui, le panier de référence, construit à partir d’une enquête datant de 2015-2016, peut ne plus correspondre pleinement aux habitudes de consommation des Tunisiens plusieurs années plus tard, un décalage qui, précisément, éclaire l’écart ressenti par notre couple de professeurs ou par D.

Belhaj pointe en particulier le poids de l’alimentation, davantage touchée par la hausse des prix que la moyenne générale : l’inflation alimentaire atteignait 7,8 % en août, avec des envolées spectaculaires sur certains produits, la volaille ayant pris 16,5 %, la viande ovine 14,7 % et les fruits 14,4 %.

Ces hausses peuvent peser particulièrement sur les ménages dont le budget est fortement consacré à l’alimentation. Elles contribuent à expliquer pourquoi certains foyers peuvent subir une augmentation de leurs dépenses supérieure à l’inflation moyenne. Le taux publié par l’INS mesure en effet l’évolution d’un panier statistique représentatif, et non celle du panier propre à chaque ménage.

Cette distinction est essentielle : une inflation moyenne de 5,4 % ne signifie pas que tous les ménages ont vu leurs dépenses augmenter de 5,4 %. La structure du budget, les produits achetés et leur fréquence de consommation peuvent produire des écarts importants.

Une inflation à deux chiffres ? Une hypothèse, pas un chiffre officiel

Pour l’économiste, un panier de consommation véritablement actualisé, intégrant plus fidèlement le logement, la santé, l’éducation et les services, pourrait conduire à un taux d’inflation sensiblement supérieur à celui publié par l’INS, et atteindre, dans certains cas, des niveaux proches de 10 %.

Cette estimation dépend toutefois de la structure de consommation retenue et ne constitue pas un taux officiel alternatif. Elle illustre plutôt la possibilité que certains profils de ménages subissent une hausse des dépenses nettement supérieure à la moyenne nationale.

Il faut également distinguer l’inflation annuelle de la hausse cumulée des prix. Le chiffre de 5,4 % mesure l’évolution moyenne des prix sur douze mois. Il ne renseigne ni sur l’augmentation du panier d’un ménage particulier, ni sur la hausse accumulée depuis plusieurs années. Or, c’est souvent cette accumulation des augmentations qui structure le ressenti des consommateurs…

Le sentiment d’une inflation à deux chiffres exprimé par le couple de professeurs et D. ne peut donc pas être considéré, à lui seul, comme une mesure statistique de l’inflation réelle. Il traduit néanmoins une pression économique concrète, qui peut varier fortement selon les revenus, les dépenses et les habitudes de consommation.

Au-delà du panier, les causes structurelles

Belhaj va plus loin et pointe les limites de certaines réponses de politique économique face aux pressions inflationnistes. Il se montre notamment critique envers la hausse du taux d’intérêt directeur de la Banque centrale, jugeant qu’elle ne s’attaque pas aux véritables racines du phénomène.

Selon lui, le problème relève d’abord de contraintes d’offre ; faiblesse de la production, difficultés de stockage et de distribution, poids de l’économie parallèle ; davantage que d’une demande excessive. Une nouvelle hausse des taux reste, selon lui, envisageable, mais elle ne suffira pas à elle seule à résoudre l’équation.

Pour l’économiste, seules des réformes structurelles touchant l’investissement, la production, l’énergie et l’eau permettraient, à terme, de faire reculer durablement les pressions sur les prix…

L’écart tient à plusieurs facteurs : la structure de consommation de chaque famille, le poids des produits les plus fortement touchés par la hausse, l’évolution des habitudes de dépense et l’accumulation des augmentations au fil des années.

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Commerce des services : la Cnuced plaide pour une meilleure exploitation des données nationales

Le commerce mondial des services a explosé ces dix dernières années, porté par la numérisation. Un nouveau rapport de la Cnuced, présenté le 11 septembre à Pékin en marge de la Foire internationale de Chine pour le commerce des services, indique que les exportations mondiales de services ont atteint 9,7 billions de dollars en 2025, en hausse de 8,3 % sur un an et près du double de leur niveau d’il y a dix ans.

Intitulé « Mesurer la servicification et les impacts du commerce et des politiques de services » et réalisé avec le soutien financier de la Chine, le rapport met en avant le phénomène de « servicification » : les services (finance, transports, logistique, télécoms, conseil…) ne forment plus un secteur isolé mais irriguent l’ensemble des chaînes de production, expliquent les auteurs du rapport. Ils représentent 30 à 35 % de la valeur ajoutée industrielle et environ 20 % dans l’agriculture.

Cette contribution reste toutefois très inégale selon le niveau de développement des pays : les services pèsent pour environ un tiers des intrants des exportations industrielles dans les pays développés, contre 27 % dans les pays en développement et seulement 13 % dans les pays les moins avancés.

Le manque de données, un frein aux bonnes politiques

Le rapport souligne que les statistiques commerciales agrégées ne suffisent pas à mesurer si cette montée en puissance des services crée réellement de meilleurs emplois, plus de productivité ou une économie plus diversifiée. Or les gouvernements disposent souvent déjà, sans le savoir, de la majorité des données nécessaires — il s’agirait surtout de mieux les croiser.

Deux exemples illustrent ce potentiel : en Équateur, les entreprises entrées sur les marchés d’exportation de services numériques ont vu leurs effectifs croître d’environ 21 % ; en Uruguay, les fournisseurs locaux liés aux exportateurs de bœuf vers la Chine ont enregistré une forte hausse de leurs ventes.

L’ambassadeur jamaïcain Richard Brown a insisté sur la nécessité de donner plus de poids, dans les discussions multilatérales, au renforcement des capacités statistiques, condition d’une élaboration de politiques et de négociations mieux informées.

Croiser fiscalité, douanes et emploi

La Cnuced recommande aux États de développer des données désagrégées par partenaire commercial, secteur et mode de fourniture, en connectant données fiscales, douanières, commerciales et d’emploi via des identifiants communs, tout en préservant l’anonymat. Un appui des partenaires au développement (financement, outils numériques, expertise) et une coopération Sud-Sud sont jugés nécessaires pour surmonter les obstacles techniques et réglementaires.

L’ambassadeur italien Luigi Maria Vignali a salué un rapport offrant des outils concrets pour identifier des opportunités de partenariats commerciaux, thème qui sera au centre d’une session du Forum public de l’OMC consacrée au commerce des services entre l’Italie et l’Afrique, prévue le 16 septembre 2026.

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La relance de la Tunisie doit partir des régions : l’exemple du Kef

Agriculture, industrie, emploi des jeunes et coopération transfrontalière : les leviers d’un développement territorial plus équilibré.

 

La Tunisie ne pourra pas construire une croissance durable et inclusive en concentrant les investissements, les emplois et les services dans quelques pôles économiques. Une véritable politique de relance doit partir des territoires, prendre en compte leurs réalités propres et transformer leurs ressources en opportunités concrètes pour leurs habitants : emplois, revenus, services publics, investissements et perspectives d’avenir.

Le gouvernorat du Kef illustre particulièrement bien ce défi. La région dispose de terres agricoles importantes, de ressources hydriques et minières, d’un patrimoine historique et culturel remarquable, d’espaces naturels préservés, d’une position frontalière stratégique et d’un potentiel humain considérable. Pourtant, ces atouts ne se traduisent pas encore par une dynamique économique à la hauteur de ses potentialités.

Le problème du Kef n’est donc pas l’absence de ressources. Il réside davantage dans leur insuffisante valorisation, la fragilité du tissu industriel, la faiblesse de l’investissement privé, l’insuffisance des infrastructures et le départ d’une partie de la population active vers les grands pôles économiques. Cette situation doit être replacée dans un contexte national marqué par la nécessité de construire une croissance plus inclusive.

Au deuxième trimestre 2026, le PIB tunisien a progressé de 2,3 % sur un an et de 1,4 % par rapport au trimestre précédent. Cette amélioration demeure toutefois insuffisante si la croissance ne s’accompagne pas d’une réduction des disparités territoriales.

Au cours de la même période, le taux de chômage national s’est établi à 14,9 %, avec 622 400 personnes sans emploi. Le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a atteint 35,4 %. Tandis que celui des diplômés de l’enseignement supérieur s’est élevé à 26,6 %. Ces données sont nationales et ne peuvent être appliquées mécaniquement au gouvernorat du Kef. Elles illustrent néanmoins l’ampleur du défi auquel sont confrontées les régions de l’intérieur.

La question centrale est donc la suivante : comment transformer les ressources du Kef en une véritable dynamique de création de valeur, d’emplois et d’attractivité territoriale ?

 

Le Kef face au défi démographique

La situation démographique du Kef constitue un véritable signal d’alerte. Selon les données régionales de l’Institut national de la statistique, la population du gouvernorat s’élevait à 237 832 habitants au 1er juillet 2024, contre 247 844 habitants en 2023. Cette évolution représente une baisse d’environ 4 % en une année.

Ces chiffres doivent cependant être interprétés avec prudence, compte tenu de l’évolution des bases statistiques à la suite du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024.

L’INS a recensé 11 972 169 habitants en Tunisie en 2024. Alors que l’estimation nationale au 1er janvier 2026 atteignait 11 992 843 habitants.

Derrière ces statistiques se trouvent surtout des parcours humains. Des jeunes quittent Le Kef pour poursuivre leurs études ou chercher un emploi. Des agriculteurs réduisent leurs activités faute de financement, d’équipements ou de débouchés. Des entrepreneurs renoncent à investir en raison des difficultés foncières, administratives, financières ou logistiques.

La baisse démographique ne constitue donc pas seulement un phénomène statistique. Elle traduit également une perte progressive d’attractivité économique et sociale. Lorsqu’un territoire ne parvient plus à offrir suffisamment d’emplois, de services et de perspectives, il voit partir une partie de ses forces vives. À terme, ce phénomène affaiblit la consommation locale, réduit l’investissement, fragilise les services et accélère la perte de compétences. La priorité doit dès lors être claire : créer les conditions permettant aux habitants de rester, mais aussi à ceux qui sont partis de revenir et d’investir dans leur territoire.

 

Transformer les ressources en emplois

L’agriculture demeure l’une des principales bases économiques du Kef. Les céréales, l’élevage, l’oléiculture, les amandiers, les parcours et les ressources forestières constituent des atouts majeurs. Mais produire ne suffit plus. Le véritable enjeu consiste désormais à transformer localement une part beaucoup plus importante de cette production afin de conserver sur le territoire une plus grande partie de la valeur créée.

Le Kef ne doit plus se contenter de produire et d’expédier ses matières premières vers d’autres régions. Il doit développer des chaînes de valeur locales reliant la production, la transformation, le conditionnement, la commercialisation et, lorsque cela est possible, l’exportation.

Plusieurs filières pourraient être structurées autour de cette ambition :

  • le conditionnement et la transformation de l’huile d’olive ;
  • la production de lait, de fromages et de produits laitiers dérivés ;
  • la conservation et la surgélation des fruits et légumes ;
  • la transformation de la tomate et la fabrication de produits alimentaires ;
  • l’abattage, la transformation et le conditionnement des viandes ;
  • la fabrication d’aliments pour bétail ;
  • la valorisation des plantes aromatiques et médicinales ;
  • la transformation du bois d’olivier et des produits forestiers ;
  • la valorisation des ressources naturelles et des matériaux locaux ;
  • le recyclage et la valorisation des déchets.

L’objectif n’est évidemment pas de multiplier les projets de manière dispersée. Il s’agit au contraire de construire des écosystèmes économiques territoriaux cohérents, capables de relier producteurs, transformateurs, entreprises de services, centres de formation, structures de recherche et réseaux de commercialisation.

Une telle démarche permettrait d’améliorer les revenus des producteurs, de créer des emplois non agricoles, de favoriser l’émergence de petites et moyennes entreprises et de renforcer progressivement la base productive du gouvernorat.

La modernisation agricole doit également bénéficier aux petits exploitants. La mutualisation des équipements, le développement de sociétés de services agricoles, l’amélioration de l’accès au financement et le développement de mécanismes adaptés d’assurance agricole constituent des leviers essentiels.

Enfin, l’agriculture doit être beaucoup plus étroitement connectée à la formation professionnelle et à la recherche appliquée. Les établissements universitaires et de formation du Kef peuvent jouer un rôle déterminant dans la gestion de l’eau, l’amélioration des rendements, l’agriculture biologique, l’élevage, la transformation agroalimentaire et l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques.

Une stratégie régionale en cinq priorités

La relance du Kef doit s’inscrire dans une stratégie claire, lisible, réaliste et mesurable. Cinq priorités peuvent constituer le socle de cette stratégie.

  1. Moderniser l’agriculture

La première priorité consiste à améliorer la productivité agricole sans compromettre les ressources naturelles. Cela suppose notamment la réhabilitation des périmètres irrigués, l’entretien des pistes agricoles, une meilleure maîtrise de l’eau et une adaptation progressive des cultures aux effets du changement climatique.

L’agriculture biologique, les produits du terroir et les filières à forte valeur ajoutée peuvent également contribuer à améliorer les revenus des exploitants et à renforcer l’identité économique du territoire. L’enjeu n’est pas simplement de produire davantage, mais de produire mieux, transformer davantage et vendre mieux.

  1. Développer une industrie fondée sur les ressources locales

Le Kef a besoin d’une industrialisation adaptée à ses ressources et à sa position géographique. Les petites et moyennes unités agroalimentaires, les entreprises de transformation, les activités liées aux matériaux, au recyclage et aux services industriels peuvent constituer les bases d’un nouveau tissu productif régional.

La création annoncée d’une zone industrielle de 80 hectares à Sers représente à cet égard une opportunité importante. Sa réussite dépendra toutefois de la disponibilité effective des infrastructures nécessaires : routes, énergie, gaz naturel, télécommunications, gestion des déchets et services d’accompagnement. Une zone industrielle ne doit pas être conçue comme un simple espace foncier. Elle doit proposer aux entreprises un écosystème complet, compétitif et attractif.

  1. Investir dans les compétences

Aucune stratégie de développement régional ne peut réussir sans investissement massif dans les compétences. Les formations proposées doivent être davantage alignées sur les besoins actuels et futurs du territoire : agroalimentaire, maintenance industrielle, irrigation, élevage, logistique, commerce transfrontalier, numérique, tourisme culturel et services.

Les jeunes doivent pouvoir accéder à l’apprentissage, aux stages, aux incubateurs et pépinières d’entreprises, au financement et à un accompagnement entrepreneurial de proximité. L’entrepreneuriat ne doit cependant pas être présenté comme une simple réponse individuelle au chômage. Il doit être construit comme un véritable écosystème régional, associant formation, financement, accompagnement, innovation, réseaux professionnels et accès aux marchés.

  1. Transformer la frontière en opportunité

La proximité de l’Algérie constitue un avantage stratégique encore insuffisamment exploité. La frontière ne devrait pas être considérée uniquement comme une ligne de séparation, mais comme un espace potentiel de circulation, de coopération, d’échanges et d’investissement.

Le Kef pourrait développer davantage les plateformes d’entreposage, les services logistiques, les activités de transit ainsi que les partenariats tuniso-algériens dans l’agroalimentaire, l’artisanat, les services et le tourisme. Une coopération transfrontalière mieux structurée pourrait permettre aux entreprises locales d’élargir leurs marchés, de développer des partenariats et de mieux exploiter la position stratégique du gouvernorat.

  1. Valoriser le patrimoine et le territoire

Le Kef possède un patrimoine historique, culturel et naturel exceptionnel qui peut soutenir un modèle touristique différent du tourisme balnéaire traditionnel. Circuits historiques, randonnée, maisons d’hôtes, gastronomie, artisanat, produits du terroir, patrimoine minier et tourisme de nature peuvent constituer autant de sources de revenus pour les populations locales.

Mais un site historique ou un paysage naturel ne devient une véritable ressource économique que s’il est accessible, entretenu, signalé, sécurisé et intégré dans une offre touristique cohérente. La valorisation du patrimoine doit donc être pensée en réseau plutôt que sous forme de projets isolés.

Un tourisme fondé sur l’identité du territoire

Le développement touristique du Kef doit reposer sur une idée simple : faire du territoire lui-même un produit touristique. Cela implique de mieux articuler patrimoine, nature, artisanat, gastronomie, hébergement rural, randonnée, thermalisme et mémoire industrielle.

 

« Un village, un produit »

Le développement du concept « Un village, un produit » pourrait constituer l’un des instruments de cette stratégie. Chaque territoire pourrait progressivement construire une identité économique autour d’un ou de plusieurs produits emblématiques : artisanat, produits du terroir, huiles essentielles, plantes aromatiques et médicinales, savons naturels, miel biologique, bois d’olivier, tissage ou sculpture sur pierre.

Cette démarche pourrait s’appuyer sur les familles et les populations locales qui développent des gîtes ruraux, en intégrant à ces structures des activités artisanales, des démonstrations de savoir-faire et des espaces de commercialisation des produits locaux. La création de villages d’artisanat spécialisés permettrait également de renforcer la visibilité des productions locales et de créer de nouveaux pôles d’attraction.

Plusieurs localités pourraient jouer un rôle particulier :

Nebeur, située à proximité du barrage Mellègue, pourrait devenir un point d’appui pour la randonnée, le tourisme rural, les produits du terroir et les activités liées aux plantes aromatiques.

Sakiet Sidi Youssef, en raison de sa position frontalière et de sa proximité avec les massifs forestiers, pourrait renforcer sa vocation de carrefour commercial, artisanal et touristique entre la Tunisie et l’Algérie.

Touiref, implantée au cœur d’un espace forestier, pourrait devenir un relais majeur des circuits de randonnée et de découverte de la forêt, tout en développant des activités liées au bois, aux plantes aromatiques et à la distillation.

Kalaât Snène, porte d’accès à la Table de Jugurtha, pourrait développer une offre artisanale spécifique autour du tissage traditionnel, de la sculpture sur pierre et de la valorisation des savoir-faire locaux.

 

Préserver et valoriser la mémoire du territoire

La richesse naturelle et historique du Kef justifie également la création de nouveaux équipements culturels capables de préserver et de transmettre la mémoire du territoire. Des écomusées à Touiref et à Nebeur pourraient ainsi être envisagés afin de documenter la faune, la flore, les paysages et les savoir-faire liés aux ressources naturelles.

Ces structures pourraient également devenir des lieux de sensibilisation, de recherche et d’interprétation, tout en constituant des étapes des circuits de tourisme écologique et de randonnée.

À Djérissa, la création d’un musée d’archéologie minière à ciel ouvert permettrait de préserver la mémoire d’une activité qui a profondément marqué l’histoire économique et sociale de la région. L’inventaire des vestiges, leur documentation, leur conservation et leur intégration dans un parcours d’interprétation permettraient de transformer ce patrimoine industriel en un véritable produit culturel et touristique.

Le thermalisme : une ressource encore sous-exploitée

Le potentiel thermal du gouvernorat constitue également une opportunité de diversification touristique.

Hammam Mellègue

Situé à proximité du Kef, Hammam Mellègue dispose d’un patrimoine thermal et historique remarquable. Les vestiges d’anciens thermes témoignent de l’ancienneté de l’exploitation des eaux du site. La source, dont la température est d’environ 45 °C, bénéficie d’une fréquentation importante et d’une réputation ancienne auprès des curistes.

Le développement du site pourrait s’appuyer sur un projet intégré associant :

  • la valorisation du patrimoine thermal antique ;
  • la modernisation des infrastructures d’accueil ;
  • la création d’un établissement thermal répondant aux standards contemporains ;
  • le développement d’activités de bien-être et de remise en forme ;
  • l’intégration du site dans les circuits de tourisme thermal, culturel et naturel.

Une expertise scientifique et médicale devrait naturellement déterminer les propriétés et les indications thérapeutiques reconnues des eaux avant toute communication à caractère médical.

Hammam Bazez

Hammam Bazez constitue également une ressource susceptible d’être valorisée dans le cadre d’une stratégie de tourisme thermal et rural. Le site demeure cependant insuffisamment aménagé et nécessite, en préalable à tout investissement, une étude technique, hydrogéologique, sanitaire et environnementale permettant d’évaluer précisément le potentiel de la source. À terme, le site pourrait être intégré à une offre associant thermalisme, bien-être, tourisme rural et découverte des espaces naturels.

Valoriser le patrimoine archéologique et culturel

Le Kef dispose d’un patrimoine archéologique particulièrement riche, mais encore insuffisamment intégré dans une stratégie touristique globale.

La création de musées archéologiques au Kef et à Dahmani permettrait de mieux conserver et présenter la mémoire historique des villes et de leurs territoires.

À Dahmani, des possibilités pourraient être étudiées autour du site de Mdeina ou du site mégalithique d’Ellès, en fonction des études scientifiques et de faisabilité. Parallèlement, un effort doit être consacré à l’inventaire, à la documentation et à la mise en valeur des sites archéologiques.

Les sites déjà identifiés, notamment le site archéologique de Sidi Zin et les grottes de Sidi Mansour, pourraient progressivement être intégrés à des circuits touristiques thématiques.

La médina du Kef doit également occuper une place centrale dans cette stratégie. Sa valorisation passe par l’animation culturelle, la création de circuits thématiques, la valorisation de l’artisanat, la réhabilitation du bâti patrimonial et le développement de parcours d’interprétation.

La médina de Dahmani pourrait, elle aussi, faire l’objet d’un programme spécifique de réhabilitation et de mise en valeur. L’objectif est de passer d’un patrimoine simplement conservé à un patrimoine vivant, accessible, animé et créateur de valeur.

Les conditions de réussite : un véritable écosystème territorial

La réussite de cette stratégie suppose toutefois plusieurs mesures d’accompagnement.

Le premier chantier concerne le cadre réglementaire. Il convient d’examiner les contraintes qui limitent actuellement l’installation de gîtes ruraux et d’activités touristiques complémentaires dans les espaces agricoles ou à proximité des espaces forestiers, tout en préservant les équilibres environnementaux et fonciers.

Le deuxième chantier concerne les mécanismes d’incitation. La création et la réhabilitation de gîtes ruraux, les projets portés par les populations locales, les activités artisanales et la transformation des produits du terroir doivent pouvoir bénéficier de dispositifs d’accompagnement adaptés.

Le troisième chantier concerne les infrastructures touristiques douces, notamment les pistes pédestres et équestres permettant de relier les différents sites naturels, culturels et touristiques.

Une étude exploratoire pourrait identifier les tracés, les niveaux de difficulté, les points d’intérêt, les équipements nécessaires et les conditions de sécurisation des parcours. L’objectif est de créer progressivement un réseau territorial cohérent, dans lequel chaque site renforce l’attractivité des autres.

Commencer par les régions, revenir vers les habitants

La véritable rupture doit être à la fois institutionnelle et méthodologique.

Les politiques régionales ne doivent plus être conçues exclusivement depuis la capitale avant d’être ensuite déclinées dans les territoires. Elles doivent être élaborées avec les territoires et à partir de leurs réalités.

Agriculteurs, entreprises, municipalités, universitaires, associations, entrepreneurs et habitants doivent être associés à la définition des priorités.

Commencer par les régions signifie d’abord écouter leurs besoins réels.

Revenir vers elles signifie ensuite garantir des résultats visibles : des emplois créés, des entreprises implantées, des investissements réalisés, des services améliorés, des productions transformées localement et des jeunes accompagnés.

Pour Le Kef, cette stratégie pourrait être évaluée à partir d’indicateurs simples et régulièrement suivis :

  • nombre d’emplois créés ;
  • volume des investissements privés réalisés ;
  • nombre d’entreprises implantées ;
  • volume des produits agricoles transformés localement ;
  • nombre de jeunes formés et accompagnés ;
  • évolution des exportations régionales ;
  • amélioration des infrastructures ;
  • amélioration de la couverture numérique ;
  • fréquentation touristique ;
  • nombre de projets touristiques et artisanaux créés ;
  • évolution de l’attractivité démographique du territoire.

Ces indicateurs permettraient de passer d’une logique de projets dispersés à une véritable politique de résultats territoriaux.

Faire du Kef un laboratoire du développement régional

La relance de la Tunisie ne pourra être durable si elle laisse une partie de ses régions à l’écart.

La croissance ne doit pas être mesurée uniquement à travers l’évolution du PIB national. Elle doit également être appréciée à travers la capacité de chaque territoire à créer de la richesse, générer des emplois, retenir ses jeunes, attirer des investissements et offrir des perspectives d’avenir à ses habitants.

Le Kef possède les ressources nécessaires pour devenir un laboratoire d’une nouvelle politique régionale.

Son avenir peut s’appuyer sur cinq leviers complémentaires : la modernisation de l’agriculture, la transformation locale des ressources, une industrialisation adaptée au territoire, l’investissement dans les compétences et la valorisation de son patrimoine naturel, culturel et historique.

À ces leviers s’ajoute un avantage stratégique majeur : sa position frontalière, qui peut être transformée en espace de coopération économique avec l’Algérie.

Mais la région ne demande pas seulement de nouveaux projets. Elle a besoin d’une vision, d’une coordination, d’une gouvernance territoriale efficace et d’un engagement durable.

Le défi est donc de passer d’une politique qui consiste à apporter ponctuellement des projets aux régions à une politique qui fait des régions elles-mêmes les moteurs de leur développement.

Le Kef peut être l’un des territoires où cette nouvelle approche prend forme.

La relance de la Tunisie doit partir des régions. Et si elle doit commencer quelque part, Le Kef peut être l’un des territoires qui montrent la voie.

 

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Haythem Ayachi

Enseignant/chercheur

Institut supérieur de la comptabilité et d’administration des entreprises (ISCAE)

Université de La Manouba

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USA – Inflation : nouveau signal d’alerte pour la Fed

L’inflation américaine à la production s’est accélérée en août, atteignant 5,4 % sur un an, contre 4,8 % en juillet. Cette nouvelle progression, largement alimentée par la hausse des coûts de l’énergie, intervient à quelques jours de la prochaine réunion de la Réserve fédérale (Fed) et complique davantage les perspectives de politique monétaire.

Les pressions inflationnistes se sont de nouveau renforcées aux États-Unis en août. Selon les données du département du Travail publiées jeudi 10 septembre, l’indice des prix à la production (PPI) a progressé de 0,4 % sur un mois.

Sur un an, le PPI atteint ainsi 5,4 %, contre 4,8 % le mois précédent. Le rythme annuel dépasse légèrement les prévisions des économistes et reste très supérieur à l’objectif d’inflation de 2 % fixé par la Réserve fédérale.

Cette accélération constitue un nouveau signal de persistance des tensions inflationnistes dans la première économie mondiale. Elle intervient alors que la hausse des prix de l’énergie, notamment du pétrole et des carburants, est alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et le conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Les prix de l’énergie ont augmenté de 4,2 % en août, contribuant fortement à la progression de l’indice. Le diesel a notamment enregistré une envolée de 24,1 % sur un mois et de près de 78 % sur un an, avec des répercussions sur les coûts du transport, de la logistique et de nombreuses activités industrielles.

Les prix des biens ont également progressé de 1,1 %; tandis que plusieurs services ont connu des augmentations. Les tarifs aériens ont notamment grimpé de 4,2 %, tandis que les prix des services hospitaliers ont également augmenté. Les composants électroniques ont, eux, subi une pression supplémentaire liée à la demande croissante associée aux investissements dans l’intelligence artificielle.

Même en excluant les composantes les plus volatiles que sont l’alimentation et l’énergie, la progression reste significative. Le PPI sous-jacent a augmenté de 0,2 % en août et de 4,6 % sur un an, contre 4,3 % en juillet. Cette évolution reste préoccupante pour la Fed, qui surveille particulièrement les composantes susceptibles de se transmettre durablement aux prix à la consommation.

Les chiffres renforcent ainsi le sentiment que le reflux de l’inflation américaine pourrait être plus lent que prévu. Le PPI constitue également l’un des éléments pris en compte dans le calcul de l’indice des dépenses personnelles de consommation, le PCE, qui sert de référence privilégiée à la Réserve fédérale.

La Fed face à un dilemme

Ces données arrivent à un moment particulièrement sensible pour la politique monétaire américaine. La prochaine réunion de la Fed est prévue les 15 et 16 septembre, avec une décision sur les taux attendue le 16 septembre. Avant la publication du PPI, les marchés anticipaient déjà une possibilité significative de relèvement des taux. Après la publication des chiffres, cette probabilité a encore augmenté, les opérateurs considérant désormais plus sérieusement l’hypothèse d’un resserrement monétaire.

La situation place la Fed devant un arbitrage délicat. D’un côté, une inflation supérieure à l’objectif de 2 % plaide pour une politique monétaire plus restrictive. De l’autre, un relèvement des taux risque de peser sur l’activité économique et l’investissement.

Les marchés attendent donc désormais avec une attention particulière les chiffres de l’indice des prix à la consommation (CPI), dont la publication doit apporter un éclairage supplémentaire sur l’évolution de l’inflation directement supportée par les ménages.

Le marché du travail offre un autre signal

Le département du Travail a également publié les chiffres hebdomadaires des demandes d’allocations chômage. Elles ont diminué de 1 000, à 206 000 au cours de la semaine achevée le 5 septembre, contre 205 000 attendues par les économistes interrogés par Reuters. Le marché du travail demeure donc relativement solide. Les demandes hebdomadaires évoluent depuis plusieurs semaines dans une fourchette étroite. Alors que l’économie américaine a créé 162 000 emplois en août, soit sa meilleure performance mensuelle depuis cinq mois.

Cette résistance de l’emploi réduit également la pression en faveur d’un assouplissement monétaire rapide. Pour la Fed, l’équation devient ainsi particulièrement complexe : une inflation qui accélère, un marché du travail qui reste résilient et des prix de l’énergie fortement orientés à la hausse.

La publication du CPI sera dès lors déterminante pour préciser la trajectoire des taux. En attendant, la hausse de l’inflation à la production constitue un nouveau rappel que le retour durable des prix vers l’objectif de 2 % de la Fed reste loin d’être acquis.

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Eau potable à Sfax : un partenariat tuniso-japonais de quatre ans pour anticiper 2060

La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) et l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA Tunisie) ont engagé un projet de coopération technique de quatre ans. Il vise à élaborer un Schéma Directeur d’Alimentation en Eau pour le gouvernorat de Sfax à l’horizon 2060.

Une nouvelle coopération technique entre la Tunisie et le Japon vient d’être lancée pour renforcer durablement les services d’eau dans le gouvernorat de Sfax. Selon un communiqué de la JICA publié jeudi 10 septembre 2026, ce projet doit aboutir à l’élaboration d’un Schéma Directeur d’Alimentation en Eau à l’horizon 2060. Il est destiné à apporter une réponse pérenne aux difficultés d’approvisionnement que connaît la région.

Pour mener à bien cette mission, la JICA déploiera une équipe d’experts japonais qui accompagnera la SONEDE pendant quatre ans, à compter de l’arrivée de la première mission en Tunisie.

Au-delà du schéma directeur, le projet prévoit également l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan de Gestion de la Sécurité Sanitaire de l’Eau (PGSSE) propre au gouvernorat de Sfax. Il doit en outre permettre de renforcer les capacités de la SONEDE dans l’amélioration de l’efficacité de l’adduction et de la distribution de l’eau, avec un accent particulier sur la réduction des eaux non facturées.

Ce partenariat s’accompagnera d’un transfert de technologies et de savoir-faire japonais au profit des ingénieurs et cadres de la SONEDE, à travers l’appui direct des experts, des formations techniques et des échanges d’expériences programmés tout au long du projet. Sur le plan formel, le procès-verbal des discussions relatives à ce projet a été signé le 21 août 2026 par le PDG de la SONEDE, Abdelhamid Mnaja, et le chef de mission d’étude de planification détaillée au siège de la JICA, Masahito Miyagawa.

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Textile-habillement : un groupe de travail conjoint pour sécuriser l’emploi du secteur

Un groupe de travail conjoint verra le jour entre le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement, avec pour mission de préserver la stabilité de la main-d’œuvre et la continuité des activités des entreprises du secteur.

Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH) ont acté, jeudi, la création d’une instance conjointe destinée à rechercher des solutions pour stabiliser la main-d’œuvre du secteur et assurer la pérennité de l’activité des entreprises.

La rencontre s’est déroulée au siège du ministère, sous la présidence du ministre, Riadh Chaoued, indique un communiqué du département. À cette occasion, les deux parties se sont également entendues sur la mise au point d’un plan d’action commun consacré à la formation et à l’emploi dans la filière.

Un volet communication a par ailleurs été arrêté : un plan conjoint doit permettre de valoriser l’image du secteur textile et habillement, en faisant connaître davantage ses débouchés en matière d’emploi ainsi que les atouts qu’il propose. Les échanges ont aussi porté sur un renforcement de la coordination entre les services du ministère et la Fédération, dans le but de cerner les besoins des entreprises en effectifs et en compétences, puis d’y apporter des réponses. L’organisation de journées de recrutement au bénéfice des entreprises du secteur figure également parmi les mesures retenues.

Les discussions ont en outre permis de passer en revue les difficultés rencontrées par la filière, en particulier celles touchant à la main-d’œuvre, tout en ouvrant la voie à de nouvelles pistes de partenariat et de coopération dans les domaines de la formation professionnelle et de l’emploi.

Riadh Chaoued a insisté sur la volonté de son ministère de rester à l’écoute du tissu productif national, qu’il place au rang de partenaire stratégique pour bâtir une politique publique à la fois inclusive et globale, une démarche qui s’inscrit, selon lui, dans l’effort collectif du pays pour progresser sur le plan économique, créer de l’emploi et consolider la cohésion sociale. Il a par ailleurs mis en avant l’importance stratégique de la filière textile-habillement, qu’il estime capable de générer de la richesse, de préserver des emplois et de dynamiser l’économie du pays, invitant à accélérer la mise au point de réponses partagées face aux difficultés que traversent les entreprises du secteur.

Pour sa part, le président de la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement, Haithem Bouajila, a fait part des difficultés majeures de la profession, formation, emploi, insertion professionnelle. Il a plaidé pour une révision des textes de loi qui, selon lui, freinent l’essor du secteur.

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Crise Alger-Abou Dhabi : la Tunisie en première ligne face aux secousses régionales

La rupture brutale des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis, officialisée jeudi 10 septembre 2026, place la Tunisie au cœur d’une équation géopolitique complexe. Alors qu’Alger a sommé l’ambassadeur émirati de quitter le territoire sous 48 heures et fermé son espace aérien aux appareils émiratis, Tunis observe avec une extrême prudence l’onde de choc subie par son environnement immédiat.

La Tunisie se retrouve indirectement exposée aux retombées de ce bras de fer diplomatique.

Un terrain de rivalité d’influence

Citée dans le dossier, la Tunisie fait l’objet de pressions croissantes. Des partis politiques comme El-Bina avaient déjà alerté sur des démarches émiraties visant à inciter Tunis à normaliser ses relations avec Israël, une perspective fermement rejetée par l’Algérie et en contradiction avec la position historique tunisienne.

Un défi diplomatique et sécuritaire 

Voisin direct et crucial sur les plans énergétique et sécuritaire, l’Algérie demeure un partenaire vital pour Tunis, tout comme les Émirats constituent un investisseur stratégique dans la région. La diplomatie tunisienne doit désormais maintenir une neutralité stricte pour préserver ses intérêts majeurs.

Des enjeux de souveraineté et de transport aérien

Le détournement des vols émiratis contournant l’espace aérien algérien risque de saturer les couloirs aériens régionaux survolant le territoire tunisien.

La protection de la diaspora

Tunis suit avec attention le sort de ses 150 000 ressortissants établis dans le Golfe, dont une part importante réside aux Émirats arabes unis.

Lire aussi : L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis

Cette rupture historique met fin à plus de 50 ans de présence diplomatique émiratie à Alger. Le ministère algérien des Affaires étrangères a justifié sa décision par la multiplication d’« agissements provocateurs et hostiles » d’Abou Dhabi, sur fond de différends profonds : soupçons d’espionnage, rivalité au Sahel, rapprochement émirato-marocain et accords d’Abraham.

De son côté, Abou Dhabi a déploré une décision gérée par « des énigmes » plutôt que par la raison, tout en espérant une crise temporaire. Pour l’heure, les autorités tunisiennes n’ont émis aucune déclaration officielle, privilégiant une observation prudente face à une situation hautement évolutive.

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Près de 50 000 jeunes et élèves tunisiens dans les écoles italiennes 

La communauté tunisienne en Italie compte désormais plus de 23 000 mineurs, soit plus d’un Tunisien sur cinq, selon le ministère italien du Travail et des Politiques sociales*. La présence des enfants tunisiens se confirme également dans les écoles italiennes, avec près de 25 000 élèves inscrits durant l’année scolaire 2023-2024, en hausse de 8,6 % sur un an.

Au 31 décembre 2024, 112 486 ressortissants tunisiens résidaient légalement en Italie, soit une progression de 12,8 % par rapport à 2023. La communauté tunisienne représente ainsi 3 % de l’ensemble des ressortissants extracommunautaires vivant légalement dans le pays et constitue la dixième communauté non européenne.

Les mineurs représentent 20,8 % de cette communauté, contre 17,3 % en moyenne pour l’ensemble des communautés non européennes. La proportion d’enfants tunisiens est donc nettement supérieure à celle observée chez les autres populations extracommunautaires.

Une natalité deux fois et demie supérieure à celle des Italiens

Cette forte présence des enfants s’accompagne d’un taux de natalité particulièrement élevé. Il atteint 14,4 naissances pour 1 000 habitants chez les Tunisiens, contre seulement 5,4 pour 1 000 dans l’ensemble de la population italienne. Certains diront que le processus d’inversion du vieillissement est en marche dans le pays.

Selon le rapport annuel 2025 sur la communauté tunisienne en Italie, ce taux figure parmi les cinq plus élevés enregistrés pour les principales communautés non européennes. Le ministère italien du Travail y voit notamment un indicateur de l’installation progressive de familles tunisiennes dans le pays.

Plus 1 300 mineurs tunisiens non accompagnés

Parallèlement à cette installation familiale, la Tunisie reste l’une des principales nationalités parmi les mineurs étrangers non accompagnés présents en Italie. Au 30 juin 2025, 1 308 mineurs tunisiens non accompagnés étaient recensés dans le pays. Leur nombre a toutefois reculé de 39 % en un an.

Les Tunisiens représentaient près de 80 % (7,9 % plus précisément) de l’ensemble des mineurs étrangers non accompagnés et constituaient la quatrième nationalité la plus représentée. Cette population était très majoritairement masculine : les garçons représentaient 97 % des effectifs.

Autre caractéristique marquante : 63,7 % de ces mineurs étaient âgés de 17 ans, selon les données citées dans le rapport du ministère italien du Travail.

Près de 25 000 élèves dans les écoles italiennes

La présence tunisienne est également bien implantée dans le système éducatif italien. 24 981 élèves tunisiens étaient scolarisés au cours de l’année 2023-2024, soit 3,3 % de l’ensemble des élèves non européens.

Le primaire concentrait la plus forte proportion des effectifs, avec 35,2 %, soit environ 8 793 enfants. Le préscolaire comptait 4.247 élèves, le premier cycle du secondaire 5 995 et le second cycle 5 946.

Les filles représentaient 47,1 % des élèves tunisiens. Leur part atteignait 50,4% dans le second cycle du secondaire, contre 44,6 % dans le premier cycle.

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* Ces chiffres sont issus du rapport annuel 2025 sur la communauté tunisienne en Italie, élaboré par le ministère italien du Travail et des Politiques sociales avec Sviluppo Lavoro Italia. Le rapport mobilise notamment les données de l’Istat et du ministère italien de l’Éducation.

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Magasin Général : le bénéfice net multiplié par plus de dix au premier semestre 2026 

La Société Magasin Général (SMG) a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026, affichant un résultat net de 5,3 millions de dinars (MDT), contre 0,4 MDT un an plus tôt. Et ce, dans un contexte de hausse des ventes et de forte baisse des charges financières. Les commissaires aux comptes ont assorti leur conclusion sans réserve d’un paragraphe d’observation lié à un contrôle en cours de la CNSS.

Au 30 juin 2026, le réseau de la Société Magasin Général comptait 104 points de vente. Les ventes de marchandises se sont élevées à 590,9 MDT sur le premier semestre 2026, contre 550,7 MDT un an plus tôt et 1 161,1 MDT sur l’ensemble de l’exercice 2025. En intégrant les autres produits d’exploitation, le total des produits d’exploitation atteint 610,5 MDT, contre 570,8 MDT au premier semestre 2025.

Le résultat d’exploitation ressort à 8,4 MDT, contre 5,9 MDT au premier semestre 2025 (15,2 MDT sur l’exercice 2025 complet). Les charges financières nettes ont fortement diminué, à 0,9 MDT contre 3,7 MDT un an plus tôt. Le résultat des activités ordinaires avant impôt atteint ainsi 8,1 MDT, contre 1,9 MDT au premier semestre 2025.

Après un impôt sur les sociétés de 2,8 MDT (contre 1,5 MDT), le résultat net de la période s’établit à 5,3 MDT, contre 0,4 MDT au 30 juin 2025 et 5,3 MDT pour l’ensemble de l’exercice 2025. Le résultat par action ressort à 0,336 dinar, contre 0,027 dinar un an plus tôt.

Les charges de personnel ont progressé à 52,0 MDT, contre 46,8 MDT un an plus tôt, la société évoquant l’entrée en vigueur de la loi n° 2025-9 du 21 mai 2025 portant interdiction de la sous-traitance, qui a entraîné une augmentation de l’effectif consécutive à l’intégration de ressources auparavant mobilisées via des contrats de sous-traitance.

Un bilan porté à 726,8 MDT

Le total des actifs de la SMG s’élève à 726,8 MDT au 30 juin 2026, contre 698,8 MDT au 30 juin 2025 et 710,2 MDT au 31 décembre 2025. Les stocks nets atteignent 108,9 MDT, les créances clients nettes 31,9 MDT et les autres actifs courants nets 150,2 MDT. Ce dernier poste incluant 113,9 MDT de créances sur les sociétés du groupe.

Les capitaux propres après résultat s’établissent à 93,0 MDT, contre 82,8 MDT au 30 juin 2025. Le total des passifs ressort à 633,8 MDT, contre 616,0 MDT un an plus tôt, dont 418,4 MDT de dettes fournisseurs, 113,0 MDT de concours bancaires et autres passifs financiers courants et 24,9 MDT d’emprunts non courants.

Une trésorerie nette toujours négative mais en amélioration

Les liquidités et équivalents de liquidités s’élèvent à 21,9 MDT au 30 juin 2026, contre 12,4 MDT un an plus tôt. En tenant compte des concours bancaires courants, la trésorerie nette ressort à -22,4 MDT, contre -43,5 MDT au 30 juin 2025 et -44,7 MDT au 31 décembre 2025.

Les flux de trésorerie provenant de l’exploitation se sont établis à 19,7 MDT sur la période, contre 39,8 MDT au premier semestre 2025. Les flux liés aux activités d’investissement ont représenté une sortie de 10,9 MDT. Tandis que les flux de financement ont dégagé un apport net de 13,5 MDT, contre une sortie de 20,6 MDT un an plus tôt.

La société a reçu, le 25 juin 2026, une notification de contrôle de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) portant sur les exercices 2023 à 2025. À la date d’arrêté des états financiers intermédiaires, ce contrôle était toujours en cours et aucun redressement n’avait été notifié. La direction estime qu’il n’existe pas, à ce stade, d’éléments justifiant la constatation d’une provision complémentaire.

Les commissaires aux comptes ont repris ce point dans un paragraphe d’observation, précisant que l’issue de la procédure ainsi que ses incidences financières éventuelles ne pouvaient être déterminées avec précision à la date de leur examen.

Circulaire de la BCT sur le financement des importations

La société indique que la circulaire de la Banque centrale de Tunisie n° 2026-04 du 26 mars 2026, qui impose aux importateurs de produits « non prioritaires » de financer intégralement leurs opérations sur fonds propres, n’a pas eu d’impact significatif sur son activité ni sur sa performance au titre de la période. Sa filiale Centrale Magasin Général (CMG), spécialisée dans la vente en gros, a ajusté sa structure de financement, sans incidence significative sur son activité ou sa performance.

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Land’Or : le bénéfice net grimpe à 8,3 MDT au premier semestre 2026

Le groupe agroalimentaire Land’Or a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026, faisant état d’un résultat net de 8,3 millions de dinars (MDT), contre 4,6 MDT un an plus tôt, porté par une croissance des ventes à l’export et une hausse du chiffre d’affaires global à 110,6 MDT. 

Sur les six premiers mois de 2026, les revenus de Land’Or se sont établis à 110,6 MDT, contre 96,4 MDT au 30 juin 2025. Le chiffre d’affaires local a progressé à 87,4 MDT (contre 82,6 MDT). Tandis que le chiffre d’affaires à l’export a bondi à 23,2 MDT, contre 13,9 MDT un an auparavant. La société attribue notamment cette évolution à l’ouverture de lettres de crédit entre la Libye et la Tunisie.

En intégrant les autres produits d’exploitation, le total des produits d’exploitation atteint 111,6 MDT, contre 97,3 MDT au premier semestre 2025 et 203,4 MDT sur l’ensemble de l’exercice 2025.

Résultat d’exploitation et résultat net en nette progression

Le résultat d’exploitation ressort à 13,4 MDT au 30 juin 2026, contre 9,0 MDT un an plus tôt (21,4 MDT sur l’exercice 2025 complet). Après prise en compte de charges financières nettes de 2,8 MDT (contre 3,4 MDT), de produits de placements de 0,9 MDT et d’autres gains ordinaires de 0,2 MDT, le résultat des activités ordinaires avant impôt s’élève à 11,6 MDT, contre 6,6 MDT au premier semestre 2025.

Après un impôt sur les sociétés de 3,3 MDT (contre 2,0 MDT), incluant une contribution de sécurité sociale de 0,4 MDT, le résultat net de la période atteint 8,3 MDT, contre 4,6 MDT au 30 juin 2025 et 13,0 MDT pour l’ensemble de l’exercice 2025. Le résultat par action s’établit à 0,604 dinar, contre 0,333 dinar un an plus tôt.

Un bilan renforcé à 215,2 MDT

Le total des actifs de Land’Or s’élève à 215,2 MDT au 30 juin 2026, contre 188,7 MDT au 30 juin 2025 et 210,6 MDT au 31 décembre 2025. Les actifs non courants totalisent 108,5 MDT. Alors que les actifs courants atteignent 106,7 MDT, dont 45,7 MDT de stocks nets et 22,5 MDT de créances clients nettes.

Les capitaux propres du groupe s’établissent à 120,5 MDT, contre 109,3 MDT un an plus tôt. Le total des passifs ressort à 94,7 MDT, contre 79,3 MDT au 30 juin 2025, dont 22,6 MDT de concours bancaires et autres passifs financiers courants et 14,5 MDT d’emprunts non courants.

La trésorerie de clôture s’établit à 16,2 MDT au 30 juin 2026, contre 7,2 MDT un an plus tôt et 14,8 MDT au 31 décembre 2025. Les flux de trésorerie liés à l’exploitation ont généré 8,7 MDT sur la période (contre 7,3 MDT au premier semestre 2025). Tandis que les flux liés aux activités d’investissement ont représenté une sortie de 4,4 MDT et ceux liés au financement une sortie de 2,9 MDT.

Renforcement de la filiale marocaine

Au cours de la période, Land’Or a participé à une augmentation de capital de sa filiale Land’Or Maroc pour un montant de 3,0 MDT. Le management a par ailleurs constaté une dépréciation supplémentaire de 1,0 MDT sur les titres de cette filiale, dans un contexte de marché marocain du fromage marqué par une pression concurrentielle sur les prix.

Les comptes clients au 30 juin 2026 incluent une créance brute de 14,5 MDT sur Land’Or Maroc, provisionnée à hauteur de 14,4 MDT. Land’Or reste par ailleurs caution solidaire, aux côtés de la BERD, d’un prêt accordé à sa filiale Land’Or Maroc Industries, dont l’encours restant dû s’élève à 14,9 MDT au 30 juin 2026.

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Le Venezuela projette de produire 500 000 barils de pétrole d’ici 2028

La compagnie pétrolière vénézuélienne, North American Blue Energy Partners (NABEP), soutenue par l’administration Trump, prévoit de porter sa production de pétrole brut à 500 000 barils en 2028.

La NABEP ambitionne de porter sa production à 500 000 barils par jour d’ici fin 2028, contre environ 200 000 barils aujourd’hui. Jusqu’à présent, l’augmentation de l’offre a été financée par l’autofinancement. Tout investissement externe contribuerait à accélérer la croissance, indique l’entreprise, dans un mail cité par Bloomberg News.

La compagnie pétrolière s’est retrouvée sur le devant de la scène ces dernières semaines lorsque l’administration Trump a signé ce qu’elle a qualifié de « plus important accord pétrolier de l’histoire mondiale ». Aux termes de cet accord, la NABEP a obtenu des concessions de 100 ans pour exploiter 17 gisements, qui recèlent des réserves prouvées estimées à 65 milliards de barils.

L’accord conclu avec le gouvernement américain « accélère simplement le rythme » du plan de développement de NABEP, explique la compagnie. L’augmentation de la production pétrolière du Venezuela est devenue l’une des principales priorités du président Donald Trump, car le prix de l’essence et du diesel a explosé suite au conflit avec l’Iran.

A noter que la NABEP a décuplé sa production ces deux dernières années. Elle est désormais le deuxième producteur de pétrole privé du Venezuela, derrière Chevron Corp., qui a récemment annoncé son intention d’accroître sa production dans le pays…

Cet accord sans précédent entre le gouvernement américain et la NABEP représente un enjeu majeur pour l’administration Trump. Frustrés par la lenteur des compagnies pétrolières internationales telles qu’ExxonMobil Holdings Corp. et ConocoPhillips, les États-Unis ont accepté de collaborer avec la NABEP et son PDG, Alejandro Betancourt, afin de négocier cet accord avec le régime vénézuélien.

L’accord a surpris nombre d’acteurs du secteur pétrolier, étonnés par la prise de participation de 35 % du gouvernement américain dans le projet. Ses partisans affirment toutefois qu’il permettra d’accélérer la production. Tandis que l’implication du gouvernement américain devrait rassurer les autres investisseurs quant à la sécurité de leurs placements à long terme.

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Mathématiques en berne : la Tunisie face au risque d’une économie sans compétences

La Tunisie voit son capital scientifique s’éroder progressivement, avec un coût économique largement sous-estimé, alerte l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) dans une note d’analyse publiée jeudi et intitulée « Le capital scientifique, un levier de croissance ».

Selon l’institut, cette érosion ne résulte pas uniquement des performances scolaires, mais d’un affaiblissement plus global de la capacité du système éducatif à produire, renouveler et valoriser les compétences scientifiques dont l’économie aura besoin. Faute d’indicateurs réguliers et d’un cadre de suivi dans la durée, les décideurs peinent à anticiper ces fragilités et à orienter les politiques publiques en conséquence.

Les mathématiques occupent une place à part dans ce constat. En développant les capacités de raisonnement, d’analyse quantitative et de résolution de problèmes, elles irriguent la plupart des métiers à forte valeur ajoutée. Leur affaiblissement ne touche donc pas seulement les filières scientifiques : il compromet la capacité du pays à disposer d’une main-d’œuvre apte à évoluer dans une économie de plus en plus numérique et technologique.

Face à ce constat, l’IACE appelle à trois chantiers prioritaires : mettre en place un système national de suivi des compétences scientifiques, définir une trajectoire nationale de développement de ce capital, et renforcer la gouvernance interministérielle de cette politique.

Pour l’institut, le défi tunisien ne se limite pas au niveau des ressources allouées à l’éducation : il réside surtout dans la capacité à transformer cet investissement en compétences génératrices d’innovation, de productivité et de valeur.

Dans une économie fondée sur la connaissance, la qualité des apprentissages scientifiques devient en effet une condition essentielle du développement, au point que l’IACE propose de considérer le capital scientifique comme une véritable infrastructure immatérielle stratégique, au même titre que les infrastructures physiques, nécessitant une vision de long terme, des mécanismes de suivi et une gouvernance assurant la continuité des choix publics, par-delà les cycles politiques et budgétaires.

Au-delà des seules mathématiques, conclut la note, c’est bien l’ensemble du capital scientifique national que la Tunisie doit désormais reconnaître comme un pilier de sa compétitivité future.

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