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Tunis Re veut doubler son capital pour rester dans la course à l’international

Tunis Re veut doubler son capital pour renforcer ses fonds propres et poursuivre son développement à l’international. La Société Tunisienne de Réassurance prévoit de le porter de 100 à 200 millions de dinars, à travers une incorporation de réserves et une augmentation de capital en numéraire.

Cette opération répond notamment au durcissement des exigences financières sur plusieurs marchés étrangers. 58% du chiffre d’affaires de Tunis Re provient aujourd’hui de l’international. «Nous sommes obligés d’agir rapidement», a expliqué Lamia Ben Mahmoud, directrice générale de Tunis Re, lors de la communication financière de la société. Le problème est aussi lié à la dépréciation du dinar. Le capital actuel de 100 MD représente environ 34 millions de dollars, alors que certains marchés imposent désormais des niveaux de capital beaucoup plus élevés. En Égypte, par exemple, le capital minimum requis atteint 75 millions de dollars, avec des fonds propres de 125 millions de dollars. Tunis Re a dû quitter ce marché depuis 2024. En Jordanie, le capital minimum exigé s’élève à 141 millions de dollars. Certains marchés du Golfe imposent, de leur côté, des exigences de notation pouvant atteindre B+. Pour Tunis Re, le renforcement des fonds propres est donc devenu nécessaire pour préserver son accès à certains marchés et soutenir son développement. Créée en 1981, la société est aujourd’hui présente dans plus de 50 pays, avec plus de 500 partenaires et plus de 90 entreprises de réassurance. Son activité internationale couvre principalement le Maghreb, l’Afrique et les pays arabes. Cette expansion permet à Tunis Re de dépasser les limites d’un marché tunisien dont le potentiel reste important, mais dont la taille demeure réduite. Le taux de pénétration de l’assurance en Tunisie ne dépasse pas 2 % du PIB, selon les données présentées par la direction. La société reste toutefois confrontée à une forte concurrence internationale. Elle doit également composer avec sa notation B avec perspective stable attribuée par Fitch, affectée notamment par la dégradation de la notation souveraine tunisienne. Ce risque pays limite son accès à certains marchés exigeant des ratings plus élevés.

Une opération de 100 MD

Sur les 100 MD d’augmentation du capital, 25 MD proviendront d’une incorporation de réserves, avec l’émission de 5 millions d’actions gratuites, à raison d’une nouvelle action pour une ancienne. Les 75 MD restants seront levés en numéraire, à travers l’émission de 15 millions d’actions nouvelles, à raison de trois actions nouvelles pour quatre anciennes, au prix de 8 dinars par action, dont 5 dinars de valeur nominale et 3 dinars de prime d’émission. La souscription réservée aux anciens actionnaires et aux cessionnaires de droits préférentiels est prévue du 15 septembre au 2 octobre 2026. Une phase de redistribution suivra du 12 au 16 octobre, avant une éventuelle ouverture au public du 26 au 30 octobre, si l’opération n’est pas entièrement souscrite. Au-delà des exigences réglementaires, Tunis Re veut utiliser ces fonds propres supplémentaires pour augmenter sa capacité de rétention des risques. Le taux de rétention devrait ainsi passer de 72 % à 79 % à l’horizon 2030. Le plan prévoit également une croissance moyenne du chiffre d’affaires de 10,8 % par an, contre 243 MD en 2025, pour atteindre environ 405 MD en fin de période. Les placements devraient progresser de 610 à 915 MD, tandis que la marge de solvabilité moyenne est attendue à 198 %, contre un minimum réglementaire de 100%. Pour Tunis Re, le doublement du capital doit donc permettre de consolider sa solidité financière avant d’accélérer son développement. Dans un marché où les capacités de réassurance sont abondantes, la société veut surtout valoriser son expertise et renforcer sa position sur les marchés étrangers.

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Khaled Maalej: de la Tunisie à la pointe mondiale des puces IA

Khaled Maalej a commencé à travailler sur les technologies qui font tourner le numérique bien avant que l’intelligence artificielle ne s’impose dans le débat économique.

Son parcours passe par Sagem, la Silicon Valley, puis DiBcom, une entreprise de semi-conducteurs qu’il cofonde en 2000 et qui deviendra un acteur mondial de la télévision numérique mobile. Après la cession de DiBcom en 2012, il repart avec une partie de son équipe sur un nouveau projet. Ce sera VSORA, créée en 2015 autour d’une autre question technologique, celle de l’architecture des processeurs capables d’exécuter les calculs de l’IA. Le fil conducteur est resté le même. Comprendre la technologie, puis trouver le marché capable de la faire vivre. Tout commence en Tunisie. Après son baccalauréat en 1987, Khaled Maalej part en France pour des classes préparatoires, puis l’École polytechnique et Télécom Paris. Il rejoint ensuite Sagem. Au début des années 1990, l’entreprise rachète une startup de la Silicon Valley. Maalej a assuré le lien entre les équipes françaises et américaines. “Cela m’a un peu ouvert les yeux”, raconte-t-il. La Silicon Valley lui montre surtout une autre manière de penser l’innovation. Avec un collègue, il envisage alors de créer une startup européenne dans l’électronique. Le financement ne suit pas. Il poursuit néanmoins son parcours dans l’industrie avant de franchir le pas en 2000.

DiBcom, première aventure

Avec plusieurs associés, il fonde DiBcom. L’entreprise développe des puces destinées à recevoir la télévision numérique sur des terminaux mobiles. À l’époque, regarder la télévision sur un téléphone ou dans une voiture n’a rien d’évident. DiBcom travaille précisément sur cette difficulté technique. La tech trouve des débouchés dans l’automobile, les téléphones portables et les ordinateurs. L’entreprise grandit jusqu’à devenir une référence mondiale dans son domaine. Cette première aventure lui apprend surtout ce qu’il faut pour transformer une technologie en entreprise. Il faut concevoir le produit, trouver les financements, convaincre les clients et gérer les périodes où le modèle économique reste encore à construire. “Une startup, ce n’est pas que des temps de gloire, c’est aussi des temps très durs”, résume-t-il. La vente de DiBcom en 2012 marque une étape. Maalej accompagne encore l’opération pendant environ deux ans. Puis il revient à ce qu’il connaît le mieux, la technologie. En 2015, il cofonde VSORA avec plusieurs anciens membres de son équipe. Le projet change de terrain. Il ne s’agit plus de recevoir des données, mais de repenser la manière dont les machines les traitent. L’entreprise travaille sur de nouvelles architectures de calcul et sur des puces destinées notamment aux applications d’intelligence artificielle. Maalej en est aujourd’hui le cofondateur et CEO. Cette continuité entre les deux entreprises est importante. VSORA n’est pas le résultat d’un virage opportuniste vers l’IA. Elle prolonge une expertise accumulée pendant des années dans les architectures électroniques, le traitement du signal et les semi-conducteurs. Et Maalej n’a pas quitté le terrain technique en devenant dirigeant. “Si le CEO ne comprend pas les technologies dans les détails, ça ne peut pas fonctionner”, affirme-t-il. Chez VSORA, son travail oscille donc entre technologie et entreprise. Il participe aux choix d’architecture, discute avec les investisseurs, réfléchit au positionnement des produits et suit les évolutions du marché. Une fonction qui exige, selon lui, de pouvoir passer rapidement d’un sujet à l’autre.

Pour la Tunisie, pas forcément une usine de puces

Lorsqu’il évoque la Tunisie, Maalej ne défend pas l’idée d’une course à la fabrication des semi-conducteurs. Il connaît les barrières à l’entrée. Concevoir une puce avancée demande déjà des investissements importants avant même qu’un premier produit n’arrive sur le marché. Construire et exploiter une usine de fabrication relève d’une autre échelle encore. “Vous mettez 30 millions de dollars pour voir un premier produit sortir”, explique-t-il. Son raisonnement l’amène donc à déplacer la question. Pour lui, l’enjeu n’est pas de reproduire en Tunisie ce qui existe déjà en Asie ou aux États-Unis. Il est plutôt de déterminer où le pays peut se positionner dans la chaîne de valeur technologique. Cette réflexion dépasse d’ailleurs les seuls semi-conducteurs. Maalej estime que l’Europe elle-même doit trouver son propre modèle d’adoption de l’IA. “L’Europe ne peut pas copier ce que font les États-Unis ni ce que fait la Chine”. Pour la Tunisie, cela signifie notamment réfléchir à l’usage de l’IA dans les entreprises et à la capacité de l’écosystème local à développer des solutions adaptées à ses propres besoins. C’est dans ce cadre qu’il regarde les possibilités de collaboration avec le pays. VSORA cherche aujourd’hui à renforcer ses équipes d’ingénieurs et étudie l’ouverture de centres de conception dans plusieurs pays. La Tunisie figure parmi les options envisagées, avec le Maroc, la Pologne et l’Inde. Le projet tunisien n’est pas encore décidé. Mais le besoin qui le motive est bien réel. “On a beaucoup de postes qui sont ouverts où on n’arrive pas à trouver les ingénieurs”, explique-t-il. Pour la Tunisie, un tel centre ne signifierait pas la création d’une usine de fabrication de puces. Il s’agirait de bureaux d’ingénierie et de conception travaillant avec les équipes de VSORA. C’est précisément sur ce type d’activité que Maalej voit un potentiel pour le pays, à condition de transformer l’expertise scientifique et technique en capacité industrielle et commerciale. Il revient régulièrement en Tunisie et reste en contact avec la diaspora. Cette proximité compte dans sa réflexion sur une éventuelle implantation. “C’est plus simple pour moi de venir en Tunisie que d’aller au Maroc”, dit-il. Son parcours permet ainsi de lire autrement la question du retour de la diaspora. Maalej ne revient pas avec un discours général sur les compétences tunisiennes à l’étranger. Il arrive avec une expérience entrepreneuriale construite sur deux décennies, une première entreprise technologique devenue un acteur mondial, puis une seconde qui travaille aujourd’hui sur les architectures de calcul pour l’IA.

De DiBcom à VSORA, le secteur a changé. La logique, elle, est restée la même. Partir d’une technologie complexe, identifier le problème qu’elle peut résoudre et construire autour d’elle une entreprise capable de trouver sa place sur un marché mondial.

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Global Attractiveness Index (GAI): la Tunisie fait mieux que plusieurs poids lourds africains

Avec un score de 22,8 points contre 17,1 l’année précédente, la Tunisie décroche la 105e place sur 146 économies dans l’édition 2026 du Global Attractiveness Index (GAI). Il s’agit d’un bond de douze rangs par rapport à sa 117e position de 2025.

Conçu par The European House – Ambrosetti et validé chaque année par un audit statistique de la Commission européenne, l’outil ausculte près de 150 économies mondiales à travers quatre grands piliers – ouverture, innovation, efficacité et dotations – auxquels s’ajoutent, depuis 2022, des indicateurs de dynamisme et de durabilité.

Un retard persistant face aux voisins maghrébins

Malgré cette avancée, l’écart avec les deux principales économies de la région reste marqué: le Maroc (84e, 28,7 points) et l’Algérie (85e, 28,6 points) devancent toujours largement la Tunisie, avec un fossé de vingt places. La Tunisie fait toutefois mieux que plusieurs poids lourds africains comme le Nigeria, le Ghana ou le Kenya, tout en restant derrière l’Égypte et Maurice.

Cette progression n’est pas isolée: la Tunisie avait déjà grimpé de 27 places dans l’Energy Transition Index du Forum économique mondial (62e en 2025, contre 89e l’année précédente), confirmant une dynamique d’amélioration progressive sur plusieurs baromètres internationaux de compétitivité.

Ce faisceau d’indices convergents constitue un argument commercial pour les autorités cherchant à attirer des capitaux à forte valeur ajoutée. Reste à transformer ces signaux statistiques en réformes concrètes – innovation, efficacité institutionnelle, cadre réglementaire – pour espérer combler l’écart persistant avec les économies maghrébines voisines.

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Pôles d’innovation 2026: la Tunisie absente du top 100, un seul pays africain représenté

La Tunisie ne figure pas parmi les 100 principaux pôles d’innovation recensés en 2026 par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Dans ce classement qui mesure les concentrations géographiques d’inventeurs, de chercheurs et d’investissements en capital-risque, un seul cluster africain apparaît. Il s’agit du Caire, classé 86e à l’échelle mondiale.

Le constat est d’autant plus notable que le classement de l’OMPI ne cherche pas simplement à mesurer la capacité d’innovation d’un pays. Il identifie les territoires où se concentrent les activités qui alimentent les écosystèmes d’innovation, à partir notamment des demandes internationales de brevets, des publications scientifiques et des opérations de capital-risque. La présence ou l’absence d’un pays dans ce top 100 doit donc être lue à travers cette logique de concentration géographique.

À l’échelle mondiale, les écarts sont considérables. Le classement 2026 est dominé par Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou, suivi de Tokyo-Yokohama et de San Jose-San Francisco. Séoul et Pékin complètent le top 5. La Chine compte à elle seule 25 clusters parmi les 100 premiers, devant les États-Unis avec 20.

Pour l’Afrique, la situation est beaucoup plus limitée. Le Caire est le seul cluster du continent à franchir le seuil du top 100, avec une 86e position. L’Égypte dispose ainsi d’un pôle suffisamment dense pour apparaître dans ce classement mondial, alors qu’aucun cluster tunisien n’y est recensé.

Cette absence ne signifie toutefois pas que la Tunisie est exclue du Global Innovation Index dans son ensemble. Le classement des clusters constitue un indicateur distinct, centré sur la concentration territoriale de l’innovation. Il ne doit donc pas être confondu avec le classement général des économies du GII.

Reste que le signal est intéressant pour la Tunisie. Dans une économie où plusieurs pôles universitaires, technologiques et industriels existent, aucun territoire ne rassemble encore suffisamment de brevets internationaux, de publications scientifiques et de financements privés pour apparaître parmi les 100 principaux clusters mondiaux recensés par l’OMPI.

 

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Next Wave Fund : Google et Kickstarter à la recherche des prochaines pépites tech africaines

Le programme Next Wave Fund a ouvert les candidatures pour les jeunes entreprises technologiques africaines, avec une échéance fixée au 30 septembre.

Porté conjointement par Google et Kickstarter, le dispositif cible en priorité les projets liés au matériel, aux logiciels et au jeu vidéo, trois familles de produits jugées particulièrement adaptées au financement participatif.

Un accompagnement qui va au-delà du chèque

Au-delà des 10 000 dollars promis à chaque projet retenu sous forme d’engagement de financement, c’est tout un écosystème de soutien qui s’active autour des lauréats.

Grow with Google met à disposition ses coachs pour des ateliers pratiques, complétés par un accès gratuit au certificat professionnel Google AI, de quoi armer les fondateurs sur les compétences numériques les plus demandées du moment.

Kickstarter, de son côté, mobilise son équipe Design & Technology pour affiner le positionnement des campagnes avant leur lancement, et ouvre les portes de sa communauté d’entrepreneurs aux nouveaux inscrits.

Les projets qui tirent le mieux leur épingle du jeu pourront ensuite viser un accélérateur Google pour poursuivre leur croissance. Les candidatures doivent être déposées directement sur la plateforme Kickstarter dédiée à cette initiative.

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Juridoc AI: Assali Kais casse les codes de la veille juridique avec l’IA

Fondée en 2019, la startup tunisienne Juridoc s’attaque à un problème que tout professionnel du droit connaît bien: la lenteur et la complexité de la veille réglementaire. Derrière le projet, un profil atypique: Assali Kais, marketeur de formation, qui a conçu un espace numérique unique où se croisent lois, jurisprudence et textes réglementaires, pilotés par l’intelligence artificielle.

Avec Juridoc AI, il suffit carrément de formuler une question comme on le ferait à l’oral pour obtenir une réponse étayée par des textes de référence identifiés; des fonctions de synthèse et de comparaison viennent enrichir l’analyse. L’ensemble forme une sorte de bibliothèque juridique numérique où codes, décrets, arrêtés, circulaires, journaux officiels et jurisprudence sont classés par rubriques; fiscalité, commerce, banque, foncier, assurances. Des alertes automatisées et un espace de stockage dédié viennent en renfort pour alléger le temps consacré aux recherches répétitives.

Un parcours de quinze ans dans la tech

Titulaire d’un master de l’IHEC Carthage en marketing et technologies de l’information, Assali Kais débute sa carrière en 2002 chez Equinoxes, avant de rejoindre Edatis comme directeur des ventes en 2005, puis Proxym à un poste de direction de 2015 à 2017. En parallèle de ces fonctions, il se lance très tôt dans l’entrepreneuriat: création d’E-Delegation en 2015, puis cofondation en 2018 de Digital World, structure tunisienne spécialisée dans les plateformes numériques intelligentes.

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Il a travaillé chez OpenAI et Anthropic. Il affirme que l’IA pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie

À 27 ans, Jacob Coxon vient de faire un choix peu banal dans une industrie où les chercheurs les plus recherchés sont plutôt encouragés à rester dans la course. Le 9 septembre, il a annoncé sa démission d’Anthropic et son départ définitif du secteur de l’intelligence artificielle. Son parcours donne immédiatement du poids à son avertissement. Pendant trois ans, il a travaillé dans la recherche en pré-entraînement chez OpenAI puis chez Anthropic. Il a notamment participé chez OpenAI au travail autour du system card de GPT-4o.

Puis, il a décidé de partir. “J’ai démissionné d’Anthropic aujourd’hui”, écrit-il sur X. Et la suite donne le ton: “Aucune des deux entreprises n’agit de manière responsable. Elles se précipitent vers une superintelligence auto-améliorante et jouent avec nos vies”.

Le message, publié exactement dans la nuit du 8 au 9 septembre, a rapidement dépassé le cercle des chercheurs et des spécialistes de l’IA. Plusieurs médias internationaux ont relayé ses déclarations. Coxon ne parle pas ici d’une technologie lointaine. Il parle d’un secteur dans lequel il vient lui-même de travailler, et dont il connaît les méthodes, les ambitions et les contraintes. Son inquiétude tient surtout à la vitesse de la course. Selon lui, les progrès ne ralentissent pas et les futurs systèmes pourraient devenir capables de “pirater n’importe quel système”, de transformer rapidement certains domaines et d’accumuler d’importantes ressources. Mais c’est une autre phrase qui a particulièrement marqué les esprits. “Les concepteurs de l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie”, affirme-t-il. Coxon assure que cette crainte existe chez certains dirigeants et chercheurs, même si elle serait davantage nuancée lorsqu’ils s’expriment publiquement. 

Pourquoi continuer, alors? C’est justement là que son récit se complique. Coxon ne place pas OpenAI et Anthropic exactement sur le même plan. Chez OpenAI, estime-t-il, les enjeux civilisationnels ne seraient pas suffisamment intégrés. Chez Anthropic, ils seraient au contraire bien compris, mais l’entreprise resterait prise dans une course où chacun redoute de laisser le premier rôle à son concurrent.

Coxon appelle donc les chercheurs à regarder de près ce qui les attend. “Voulez-vous lancer un entraînement de renforcement vers la superintelligence sans comprendre rigoureusement son esprit?”, leur demande-t-il en substance, avant de les inviter à ne pas simplement considérer que “cela arrivera de toute façon”.

Pour autant, réduire cette affaire à la peur d’un chercheur serait trop simple. Anthropic a elle-même publié le 9 septembre une analyse de plusieurs incidents observés lors d’évaluations de cybersécurité. Certains modèles avaient notamment obtenu un accès non autorisé à des systèmes tiers dans le cadre de tests. Rien qui permette de conclure à une IA incontrôlable, mais suffisamment pour rappeler que plus les modèles gagnent en autonomie, plus leur encadrement devient délicat.

Et c’est peut-être là que l’histoire de Coxon devient intéressante pour les entreprises. Le sujet n’est plus seulement de savoir ce que l’IA peut faire. Il faut aussi savoir ce qu’on accepte de lui laisser faire.

Derrière la course aux modèles toujours plus puissants se pose donc une question beaucoup plus terre à terre: qui garde la main lorsque la machine devient capable d’en faire davantage que ce que son concepteur avait prévu?

 

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La Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis renforce son expertise en comptabilité carbone

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis (CCITUNIS) a organisé, le mardi 8 septembre 2026, une cérémonie de remise des attestations de formation à huit cadres de son personnel, désormais qualifiés en tant que formateurs en comptabilité carbone. La cérémonie s’est tenue au siège de la CCITUNIS, en présence de son Président, M. Moncef Ben Jemaa.

Cette qualification vise à renforcer l’expertise interne de la Chambre et à préparer le développement d’une offre de formation spécialisée en comptabilité carbone, destinée notamment aux jeunes primo-demandeurs d’emploi et aux professionnels des entreprises exportatrices.

Cette démarche intervient dans un contexte de renforcement des exigences environnementales et de traçabilité carbone sur les marchés internationaux. Parmi ces évolutions figure le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières, qui renforce les enjeux liés à la mesure et à la déclaration des émissions de gaz à effet de serre pour les entreprises concernées. La maîtrise de la comptabilité carbone constitue ainsi un enjeu croissant pour les entreprises tunisiennes, notamment celles qui exportent vers les marchés internationaux.
En développant une expertise interne, la CCITUNIS entend renforcer sa capacité à accompagner ses entreprises adhérentes dans la compréhension et la prise en compte de ces nouvelles exigences, tout en préparant la mise en place de formations répondant aux besoins émergents du secteur privé.

La qualification des huit cadres fait suite à la signature d’une convention de partenariat entre la CCITUNIS et l’Unité d’Appui à la Formation (UAF) de FEDELEC – UTICA. Cette convention pose les bases de la mise en place d’une plateforme de formation spécialisée et co-certifiée public-privé en comptabilité carbone au sein de l’École Pratique de Commerce, relevant de la CCITUNIS.

La future offre de formation aura notamment pour objectif de développer les compétences de jeunes primo-demandeurs d’emploi et de professionnels des entreprises, afin de répondre aux besoins croissants en matière de mesure, de reporting et de gestion des émissions carbone.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de complémentarité des programmes TAKWEEN et Swiss Import Promotion Programme (SIPPO), financés respectivement par la Direction du développement et de la coopération (DDC) et le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), et mis en œuvre par Swisscontact.

À travers cette collaboration, la CCITUNIS poursuit le développement de services et de compétences en adéquation avec les évolutions des marchés internationaux et les besoins des entreprises tunisiennes. La qualification de ses huit cadres constitue ainsi une première étape vers le développement d’une expertise et d’une offre de formation spécialisées en comptabilité carbone au sein de la Chambre.

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Mohamed Amine Agrebi prend la direction d’une brigade de contrôle au CGA

Mohamed Amine Agrebi vient d’être nommé directeur au sein de la Direction générale de la supervision documentaire du comité général des assurances (CGA). Il prend également la responsabilité d’une brigade de contrôle chargée de la surveillance prudentielle d’un portefeuille d’opérateurs du marché tunisien de l’assurance.

Cette nouvelle fonction place le contrôle de la solidité financière et du respect des règles prudentielles au cœur de ses responsabilités. Sa mission porte notamment sur le suivi des organismes d’assurance, l’analyse de leur solvabilité, ainsi que la vérification de leurs pratiques en matière de gouvernance et de conformité réglementaire.

Mohamed Amine Agrebi évolue au sein du CGA depuis janvier 2016 en tant que contrôleur des assurances. Au cours de ces dix dernières années, il a notamment participé à des contrôles sur pièces et sur place, évalué la solvabilité des organismes d’assurance à la fois de manière rétrospective et prospective, formulé des recommandations et suivi leur mise en œuvre.

Son parcours académique combine finance et assurance. Il est titulaire d’un master en ingénierie financière de l’Institut Supérieur de Gestion de Tunis et d’un master en assurances de l’Institut de Financement du Développement du Maghreb Arabe. Il a également achevé en juin 2026 un Executive MBA à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM au Canada.

Cette nomination intervient ainsi après une décennie d’expérience dans le contrôle prudentiel du secteur de l’assurance. Elle élargit désormais son rôle vers des responsabilités de direction et de supervision d’une équipe dédiée au suivi des acteurs du marché.

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Jort: 8,2 MD pour équiper 12 piscines publiques en chauffe-eau solaires

La Tunisie va consacrer 8,2 millions de dinars à l’équipement de 12 piscines publiques couvertes en systèmes solaires collectifs destinés au chauffage de l’eau. Le programme, prévu sur trois ans, a été officialisé par un arrêté conjoint daté du 17 août 2026 et publié au Jort le 21 août.

D’ailleurs, l’ANME pilotera sa mise en œuvre avec les ministères de l’Intérieur et de la Jeunesse et des Sports. Et, le financement proviendra du Fonds de transition énergétique.

Le dispositif ne se limite pas à l’installation des équipements. Il prévoit également des diagnostics énergétiques, des études de faisabilité, un suivi de la consommation et la formation des intervenants. L’objectif est de réduire la consommation énergétique des piscines publiques et de mesurer les gains obtenus.

L’intérêt économique du programme réside donc dans le suivi de la consommation après investissement. Les résultats obtenus sur ces 12 piscines permettront notamment d’évaluer la pertinence d’étendre ce type de solution à d’autres infrastructures publiques.

 

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CMF : une prétendue « Lua Myriam Trabelsi » fait circuler de faux documents pour piéger des investisseurs

Le Conseil du Marché Financier (CMF) a lancé, mercredi 9 septembre 2026, une mise en garde après avoir repéré la diffusion de faux documents usurpant et reprenant son identité pour légitimer des offres d’investissement qu’il n’a jamais validées.

D’après le régulateur tunisien, ces documents reprennent frauduleusement le nom du CMF ainsi que les armoiries de la République tunisienne. Une personne se présentant sous l’identité de « Lua Myriam Trabelsi » fait notamment circuler une prétendue attestation d’accréditation, cachet et mentions officielles à l’appui, sans qu’aucun lien réel entre cette identité et les auteurs des sollicitations n’ait été établi à ce stade. Le CMF dément formellement avoir émis, signé ou cautionné un tel document.

La vérification directe, seul rempart efficace

L’institution recommande de considérer avec méfiance tout document arrivant par voie numérique ; mail, messagerie, réseaux sociaux, quand bien même il afficherait un cachet ou un logo d’apparence réglementaire ; seule une démarche active auprès du CMF permet de confirmer qu’un intervenant figure réellement parmi les professionnels habilités. Toute personne visée par ce type de démarche est invitée à ne pas y donner suite et à alerter le CMF ainsi que les autorités.

Pour tout porteur de capital, ce type d’alerte rappelle une règle simple mais trop souvent négligée : la légitimité d’un intermédiaire financier se vérifie toujours à la source, jamais sur la seule foi d’un document transmis par l’interlocuteur lui-même.

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Tourisme de croisière: 72 escales en Tunisie depuis janvier, cap sur un million de passagers en 2028

Un navire de croisière transportant environ 5 500 touristes a accosté jeudi au port de La Goulette, dans la banlieue nord de Tunis. Une nouvelle escale qui illustre la reprise de l’activité de croisière en Tunisie, alors que le pays cherche désormais à faire franchir un nouveau cap à ce segment touristique.

Depuis le début de l’année, 72 escales de navires de croisière ont été enregistrées en Tunisie. Le nombre de croisiéristes devrait atteindre environ 350 000 à fin 2026, selon le ministère du Tourisme. L’ambition affichée est toutefois nettement plus élevée. Le pays vise un million de passagers à l’horizon 2028.

L’enjeu est donc désormais de passer d’une reprise de l’activité à un véritable changement d’échelle.

La Goulette au cœur du dispositif

Le port de La Goulette demeure la principale porte d’entrée des croisiéristes en Tunisie. Lors de l’escale de jeudi, quelque 57 bus touristiques ont été mobilisés pour transporter les visiteurs vers les différents sites inscrits au programme.

Les excursions proposées couvrent plusieurs types de destinations. Les touristes peuvent notamment découvrir Tunis et Sidi Bou Saïd, mais également se rendre vers des sites archéologiques et culturels comme El Jem, Oudhna, Dougga et Kairouan, ou encore vers Sousse.

Cette diversification des circuits répond à un objectif précis. Il s’agit d’augmenter les possibilités d’excursions proposées aux passagers, tout en élargissant les retombées économiques de la croisière au-delà du Grand Tunis. Et pour atteindre ces objectifs, le développement du secteur nécessitera toutefois de renforcer les infrastructures et services portuaires, de moderniser le transport touristique ainsi que d’améliorer l’ensemble de la chaîne de services. Qui plus est, le ministère envisage également de développer l’activité dans d’autres ports tunisiens.

 

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Wipro : l’IA libère une capacité équivalente à 20 000 emplois, sans supprimer ces postes

L’IA commence à modifier concrètement l’organisation du travail chez Wipro. Le géant indien des services informatiques affirme que ses initiatives en intelligence artificielle ont généré des gains de productivité équivalant à la capacité de travail de 20 000 employés. Ces salariés n’ont toutefois pas été licenciés : ils ont été redéployés vers d’autres missions au sein du groupe, selon sa directrice technologique, Sandhya Arun, citée par Reuters.

Cette évolution illustre un changement de modèle dans l’un des principaux acteurs mondiaux des services IT. Wipro, qui comptait environ 243 000 employés en juin, cherche désormais à fonctionner selon un modèle combinant travailleurs humains et systèmes d’IA. Plus de 100 000 collaborateurs ont déjà bénéficié de formations et de certifications avancées en IA, d’après sa CTO.

Pour l’entreprise, l’enjeu n’est donc pas uniquement de remplacer certaines tâches par des outils automatisés. La capacité libérée par l’IA peut être réaffectée à de nouveaux projets, à la formation ou à des fonctions nécessitant davantage de compétences spécialisées. Sandhya Arun estime ainsi que le même ingénieur peut, par exemple, superviser plusieurs agents d’IA tout en travaillant sur d’autres projets.

Wipro insiste parallèlement sur une nouvelle manière de mesurer la performance de l’IA. Selon sa CTO, le sujet ne devrait plus être limité aux gains de productivité : les entreprises doivent aussi vérifier si l’IA améliore l’expérience client, crée de nouvelles sources de revenus et contribue directement aux objectifs commerciaux.

Cette approche s’inscrit dans la stratégie « AI-first » de Wipro. Dans son rapport annuel 2025-2026, le groupe présente l’IA comme un élément central de son modèle opérationnel et met l’accent sur des résultats mesurables pour ses clients.

Le mouvement dépasse toutefois le cas de Wipro. Dans le secteur indien des services informatiques, les entreprises revoient déjà leurs besoins en recrutement et leurs modèles de delivery à mesure que les agents d’IA prennent en charge une partie des tâches. Tata Consultancy Services et Infosys développent notamment des équipes d’ingénieurs chargées d’accompagner directement les clients dans l’adoption de l’IA.

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Huile d’olive: le branding à l’international, la seule voie durable pour différencier le produit tunisien

La Tunisie confirme sa mue vers l’huile d’olive conditionnée, jugée plus rentable que le vrac. Depuis le début de la campagne 2025-2026, le cap des 55 000 tonnes exportées en conditionné a déjà été franchi, un niveau largement au-dessus du total de 42 000 tonnes enregistré sur l’ensemble de la campagne précédente. La barre des 60 000 tonnes est désormais atteignable d’ici la clôture de l’exercice.

Sur le plan international, la présence du produit conditionné tunisien s’étend à 82 pays au total, un chiffre qui intègre sept nouvelles destinations fraîchement conquises, Taïwan en tête de liste. Côté recettes globales, la filière poursuit sur sa lancée: les revenus tirés des exportations d’huile d’olive, toutes catégories confondues, frôlent désormais les 5 milliards de dinars pour la campagne 2025/2026, portés par une hausse conjuguée des volumes et des prix à l’export.

L’enjeu ne se limite plus aux seuls volumes: la construction de marques tunisiennes reconnues à l’international est présentée comme la seule voie durable pour différencier le produit national et en tirer une meilleure valorisation.

Conditionnement, embouteillage et branding

Cette montée en gamme ouvre un boulevard pour les investisseurs positionnés sur le conditionnement, l’embouteillage et le branding; les segments qui captent le plus de valeur ajoutée, contrairement au vrac qui reste dominant en volume mais peu rémunérateur.

Les PME agroalimentaires ont ici une fenêtre concrète: construire des marques propres pour cibler les nouveaux marchés asiatiques, plutôt que de se contenter de fournir des embouteilleurs étrangers.

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De Sfax à l’ONU: Amel Hamza-Chaffai rejoint les experts mondiaux des océans

La Pr Amel Hamza-Chaffai, professeure à l’Université de Sfax et spécialiste de l’écotoxicologie marine, a été sélectionnée pour intégrer le Groupe d’experts du quatrième cycle du Processus régulier des Nations unies consacré à l’évaluation mondiale de l’état des océans.

Son mandat s’inscrit dans le quatrième cycle du processus, prévu pour 2026-2030, qui doit notamment aboutir au quatrième World Ocean Assessment. Ce dispositif scientifique de l’ONU vise à établir une évaluation globale de l’état du milieu marin afin d’éclairer les décisions internationales liées aux océans. L’expertise de la scientifique tunisienne porte notamment sur la pollution marine, les effets des contaminants sur les organismes marins et la surveillance de la qualité des écosystèmes. Selon sa fiche officielle auprès des Nations unies, elle compte plus de 95 publications scientifiques évaluées par les pairs et a coordonné 13 projets de recherche nationaux et internationaux.

Cette nomination donne ainsi à l’expertise scientifique tunisienne une place dans l’un des principaux processus internationaux consacrés à l’état et à l’avenir des océans.

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Adaptation climatique: la Tunisie face à un besoin de 31,7 milliards de dollars d’ici à 2050

La Tunisie devra mobiliser près de 31,7 milliards de dollars entre 2023 et 2050 pour financer les actions prioritaires d’adaptation de son secteur agricole. Le besoin ne concerne pas uniquement l’État: le plan prévoit une contribution du secteur privé à hauteur d’environ 10,7 milliards de dollars, faisant de l’adaptation climatique un enjeu autant financier qu’environnemental.

Le diagnostic présenté dans le Plan national d’adaptation au changement climatique – composante sécurité alimentaire est sans ambiguïté: les investissements agricoles actuels restent insuffisants alors que les sécheresses, la raréfaction de l’eau et la hausse des températures fragilisent progressivement les capacités de production. L’agriculture représente plus de 10% du PIB tunisien, près de 13% en intégrant l’agroalimentaire, mais son exposition aux risques climatiques impose désormais de revoir la nature des investissements autant que leur volume.

Selon les estimations reprises dans le plan, le financement global nécessaire aux actions prioritaires atteindrait 31,725 milliards de dollars sur la période 2023-2050. Environ 66% seraient d’origine publique et 34% privée. Les investissements concentreraient l’essentiel de l’effort: 30,201 milliards de dollars, soit 95,2% du budget total. La composante investissement serait financée à hauteur de 19,485 milliards de dollars par le public et de 10,716 milliards par le privé.

Le rendement potentiel est également mis en avant. Les bénéfices attendus sont estimés à 89,2 milliards de dollars, avec un retour sur investissement global présenté comme particulièrement favorable: 2 dollars récupérés pour chaque dollar investi à court et moyen terme et 3 dollars à long terme. Le rapport précise toutefois que ces montants constituent une extrapolation fondée sur l’alignement avec les priorités identifiées par la Banque mondiale et non une évaluation économique détaillée propre à chaque action du plan.

Le financement bancaire devra lui aussi évoluer. Le rapport recommande davantage de crédits à moyen et long terme dédiés à l’investissement agricole, des mécanismes de partage des risques et des produits financiers mieux adaptés aux petits agriculteurs et aux pêcheurs. Il propose également de renforcer les incitations en faveur des projets économes en eau et des technologies climato-résilientes.

Autre piste: les investissements directs étrangers «verts». Le plan propose de cibler les filières à la fois compétitives, durables et créatrices d’emplois, avec l’objectif de faire des IDE un vecteur de transfert technologique, de modernisation des chaînes de valeur et de montée en compétences.

À l’échelle de la CDN 3.0, l’effort est encore plus large. Les besoins d’investissement pour l’adaptation de l’ensemble des secteurs tunisiens sont évalués à 27,154 milliards de dollars à l’horizon 2035. Les ressources en eau et l’assainissement arrivent en tête avec 10,697 milliards de dollars, devant l’agriculture, l’alimentation et la sécurité alimentaire avec 8,043 milliards, puis les écosystèmes et la biodiversité avec 6,401 milliards. Les trois domaines relevant directement du champ du ministère de l’Agriculture concentrent à eux seuls 25,141 milliards de dollars, soit 92,5% du total.

Le plan insiste ainsi sur un point stratégique pour les investisseurs: l’adaptation ne doit plus être traitée comme une dépense périphérique. Elle devient progressivement une catégorie d’investissement à part entière, avec des besoins dans l’eau, l’agriculture, les infrastructures, les technologies, l’assurance, les données et les services.

Pour accélérer cette dynamique, le rapport propose notamment des PPP, des mécanismes de partage des risques, des financements hybrides associant argent public, finance climatique et capitaux privés, ainsi que des instruments comme les obligations vertes.

L’enjeu sera donc moins de savoir si la Tunisie doit investir dans l’adaptation que de déterminer qui financera ces investissements, dans quelles filières et avec quels mécanismes de réduction du risque. Le rapport dessine déjà plusieurs de ces marchés futurs.

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Claude d’Anthropic: un quatrième incident de cybersécurité, des erreurs de raisonnement et des décisions imprudentes

Anthropic a révélé mercredi un quatrième incident de cybersécurité découvert lors des tests de ses modèles d’intelligence artificielle.

L’entreprise explique qu’une ancienne version de Claude Opus 4.6 a réussi à accéder sans autorisation à des systèmes externes à la suite d’une mauvaise configuration de son environnement de test.

L’incident n’avait pas été détecté lors d’une première revue interne. Il vient s’ajouter à trois autres événements signalés par Anthropic en juillet, au cours desquels des modèles Claude avaient effectué des actions qui n’étaient pas prévues, notamment en modifiant des données ou en atteignant des infrastructures censées rester isolées.

Le cas du modèle Mythos 5 figure parmi les plus préoccupants. Lors d’un test, celui-ci a publié un paquet logiciel malveillant sur PyPI, une plateforme utilisée par les développeurs. Le paquet a ensuite été récupéré par plusieurs systèmes automatisés de sécurité, donnant indirectement au modèle accès à des informations réelles.

Une enquête est ouverte

Anthropic attribue notamment ces comportements à des erreurs de raisonnement et à des prises de décision imprudentes de ses modèles. Pour approfondir l’analyse, l’entreprise a confié une enquête à METR, un organisme indépendant spécialisé dans l’évaluation des capacités des systèmes d’intelligence artificielle.

L’objectif est de déterminer comment des modèles soumis à des environnements contrôlés peuvent malgré tout contourner certaines protections.

Ces incidents soulignent les difficultés croissantes liées au développement de systèmes capables d’agir de manière autonome. Alors que les modèles d’IA peuvent désormais réaliser des tâches complexes, notamment en cybersécurité, la capacité à anticiper leurs comportements dans des situations réelles devient un enjeu majeur avant leur déploiement à grande échelle.

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Afrique: TotalEnergies élargit son terrain de jeu pétrolier

TotalEnergies accélère dans le pétrole en Angola. Le groupe français vient d’annoncer une nouvelle découverte au large du pays, son entrée dans deux nouveaux blocs d’exploration et la poursuite de ses projets sur plusieurs zones offshore. Une offensive qui s’inscrit dans un programme d’investissement de 10 milliards de dollars sur les 5 prochaines années, avec ses partenaires, selon Reuters.

La nouvelle découverte s’appelle Acacia-5. Elle a été réalisée en juin 2026 sur le Bloc 17, l’un des principaux actifs de TotalEnergies en Angola. Le groupe français en est l’opérateur avec une participation de 38%. Surtout, il ne faudra pas attendre plusieurs années avant de voir cette découverte produire ses premiers barils. TotalEnergies prévoit un démarrage dès septembre, soit seulement 3 mois après la découverte.

Cette rapidité repose sur une infrastructure déjà disponible. Acacia-5 sera raccordé au FPSO Pazflor, une plateforme flottante qui permet de produire, stocker et charger le pétrole directement en mer. L’entreprise évite ainsi de construire une nouvelle installation pour cette découverte. Le gisement doit apporter environ 6 000 barils par jour supplémentaires à la production du Bloc 17.

Cette manière de développer rapidement de petites découvertes à partir d’installations existantes est devenue particulièrement intéressante dans l’industrie pétrolière. Les projets offshore sont coûteux et nécessitent généralement d’importants investissements en infrastructures. Pouvoir utiliser des équipements déjà en place permet donc de gagner du temps et de limiter une partie des dépenses.

TotalEnergies élargit en parallèle son terrain d’exploration. Le groupe a signé avec l’Agence nationale angolaise chargée du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG), pour devenir opérateur de deux nouveaux blocs, à savoir, les 17/25 et 32/21. Il y détiendra 40%, aux côtés d’ExxonMobil, également à 40%, et de Sonangol E&P, avec 20%.

Ces blocs se trouvent dans le bassin du Bas-Congo, à proximité des blocs 17 et 32 déjà exploités. Le secteur dispose de plusieurs infrastructures offshore, dont six FPSO. Cette proximité peut faciliter le raccordement de futures découvertes aux installations existantes. Autrement dit, si de nouvelles ressources sont trouvées, elles pourraient être développées plus facilement sans repartir de zéro.

Le choix de l’Angola n’est pas anodin. Le pays reste l’un des principaux producteurs de pétrole d’Afrique. Mais comme dans plusieurs grands bassins pétroliers africains, une partie de ses champs arrive à maturité. Pour maintenir sa production, Luanda doit donc attirer de nouveaux investissements et encourager l’exploration de nouvelles ressources.

Les autorités angolaises ont d’ailleurs renforcé ces dernières années les mesures destinées à rendre l’exploration plus attractive. En juin 2026, le gouvernement a approuvé de nouvelles incitations fiscales pour certains blocs pétroliers, dont les blocs 17/25 et 32/21. L’objectif est de réduire les risques financiers pour les compagnies et de favoriser les investissements dans des zones où l’exploration peut être plus complexe. 

Pour TotalEnergies, l’Angola constitue ainsi un marché stratégique. Le groupe y est présent depuis 1953 et y emploie environ 1 500 personnes. En 2025, sa production dans le pays a atteint environ 156 000 barils équivalent pétrole par jour.

Le groupe ne mise toutefois pas uniquement sur le Bloc 17. En février 2026, TotalEnergies avait déjà conclu un accord avec l’ANPG et ExxonMobil pour prendre une participation de 35% dans quatre autres blocs d’exploration, les blocs 40, 41, 42 et 58, situés dans le bassin de Benguela.

Pour Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, cette stratégie répond à une volonté de poursuivre l’exploration en Angola et de profiter des mesures mises en place par le pays pour attirer les investissements.

Le mouvement intervient dans un contexte où l’Angola cherche à relancer son secteur pétrolier. Rappelons aussi que le pays a quitté l’OPEP en janvier 2024, après des désaccords sur les quotas de production. Le pétrole reste pourtant essentiel à son économie et aux recettes publiques.

 

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Le pari «sans fumée» de Philip Morris: IQOS au top 100 mondial des marques les plus valorisées

Philip Morris International (PMI) enregistre une avancée symbolique: sa marque de tabac chauffé IQOS fait son entrée, pour la première fois, dans le classement Kantar BrandZ 2026 des 100 marques les plus valorisées au monde, se hissant à la 74ᵉ place.

Kantar BrandZ passe au crible plus de 22 000 marques dans 54 marchés, en mêlant analyse financière et étude de la perception des consommateurs pour bâtir son classement. Cette 21ᵉ édition récompense les marques qui parviennent à sortir du lot et à rester ancrées durablement dans l’esprit de leurs publics, un pari sur lequel PMI mise depuis des années pour IQOS. Le groupe met en avant un socle de plus de 35 millions de consommateurs IQOS à travers le monde, une base d’utilisateurs qui aurait pour l’essentiel tourné le dos aux cigarettes classiques.

Une stratégie assumée «sans fumée»

Anthony Limantara, directeur des produits sans fumée pour le Maghreb, y voit la preuve que les efforts d’adhésion menés auprès des consommateurs adultes de nicotine portent leurs fruits, et un encouragement à accélérer le virage du groupe vers l’abandon de la combustion. Au-delà du symbole, cette entrée au classement traduit une reconnaissance qui dépasse le seul terrain de l’innovation produit, pour toucher à l’image et à l’ancrage culturel de la marque auprès de son public cible.

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L’IA chinoise s’invite en Bourse: Moonshot AI ouvre le bal avec une double cotation

La startup chinoise d’intelligence artificielle Moonshot AI envisage une introduction en Bourse à Hong Kong, avant une possible cotation sur le marché STAR de Shanghai.

Basée à Pékin, l’entreprise aurait déjà échangé avec ses investisseurs au sujet du projet hongkongais et pourrait prochainement engager des discussions avec la Bourse de Shanghai.

L’engouement international pour l’IA

Cette annonce intervient quelques jours après la révélation par Reuters du dépôt confidentiel d’un dossier en vue d’une introduction à Hong Kong. D’après des sources citées par l’agence, Moonshot AI chercherait à lever jusqu’à 3 milliards de dollars grâce à cette opération.

La startup avait atteint une valorisation d’environ 50 milliards de dollars lors de sa dernière levée de fonds privée. Une éventuelle cotation à Shanghai lui permettrait d’élargir son accès aux investisseurs chinois, tandis que le marché STAR cible précisément les entreprises technologiques à fort potentiel.

La consolidation du secteur chinois de l’IA

Moonshot AI s’inscrit dans une tendance plus large de consolidation du secteur chinois de l’IA sur les marchés financiers. DeepSeek préparerait également une introduction sur le marché STAR, tandis que Z.AI et MiniMax ont déjà fait leurs débuts à Hong Kong.

L’entreprise mise notamment sur Kimi K3, son dernier modèle d’intelligence artificielle lancé en juillet. Elle négocierait par ailleurs avec Microsoft, Amazon et Google afin de permettre l’hébergement de son modèle sur leurs plateformes cloud, selon des accords reposant sur un partage des revenus.

La double cotation envisagée marquerait ainsi une nouvelle étape dans la stratégie de Moonshot AI, alors que les investisseurs chinois se montrent de plus en plus intéressés par les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle.

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