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La crise des carburants dope-t-elle l’intérêt des Tunisiens pour les voitures électriques ?

Von: farhat
03. September 2026 um 09:01

Les voitures électriques et hybrides gagnent rapidement du terrain en Tunisie. La hausse des prix des carburants pousse de plus en plus d’automobilistes à regarder du côté des motorisations alternatives. Près d’une voiture particulière neuve sur six vendue actuellement est désormais équipée d’une motorisation électrique ou hybride. La perturbation du 20 août avait entraîné une rupture brutale des approvisionnements et provoqué une anxiété et une panique généralisées parmi la population, qui s’est massivement tournée vers les stations-service, engendrant de longues files d’attente et des ruptures de stock dans plusieurs stations.
Le président-directeur général (PDG) de la Société Nationale de Distribution des Pétroles (SNDP – Agil) en Tunisie, Khaled Bettine, a confirmé mardi 1er septembre 2026, que les récentes perturbations dans les stations-service tunisiennes n’étaient pas dues à une pénurie de carburant, mais à un arrêt brutal du transport de carburant depuis les dépôts de la société à Radès. Garantir l’approvisionnement en carburant est une responsabilité partagée entre les importateurs, les sociétés de stockage, les transporteurs, les distributeurs et les gérants de stations-service.

La Société Nationale de Distribution de Pétrole possède 228 stations-service réparties sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones reculées. La récente crise a mis en évidence l’importance de renforcer les capacités de transport de carburant, précisant qu’une perturbation, même minime, du système de transport peut rapidement entraîner des perturbations dans les stations-service. Il a indiqué qu’Ajil s’efforce de renforcer sa flotte, annonçant l’acquisition de six nouveaux camions qui entreront bientôt en service, avec la possibilité d’un agrandissement ultérieur.
 
 125.000 véhicules électriques en 2035
Le marché des voitures électriques en Tunisie connaît une accélération notable en 2026, porté par de nouvelles incitations fiscales et l’arrivée de marques principalement asiatiques. Entre janvier et juillet 2026, les véhicules électriques ont représenté plus de 12% du total des immatriculations dans le pays, traduisant une nette progression par rapport aux années précédentes (seulement 260 véhicules recensés fin 2024). La Tunisie vise la mise en circulation de 125.000 véhicules électriques et l’installation de 12.000 bornes de recharge d’ici 2035.
La hausse des carburants n’explique toutefois pas à elle seule ce basculement. L’élargissement de l’offre disponible en Tunisie, l’arrivée de nouvelles marques, notamment chinoises, ainsi que la multiplication des modèles hybrides à différents niveaux de prix contribuent également à rendre ces motorisations accessibles à davantage d’acheteurs. Mais avec une progression de ventes, ce mouvement est désormais suffisamment important pour modifier progressivement la physionomie du marché automobile tunisien. Dans le contexte de la transition énergétique, le PDG d’AGIL a annoncé que l’entreprise privilégie le développement des services de recharge pour véhicules électriques, affirmant que les stations-service ne seront plus de simples points de vente de carburant et précisant que l’entreprise a acquis l’équipement nécessaire à la création d’une trentaine de bornes de recharge pour véhicules électriques.

Celles-ci seront installées dans plusieurs de ces stations, notamment les plus importantes, sur les grands axes routiers et dans les zones touristiques et couvrent différentes régions du pays, y compris l’île de Djerba, ainsi que plusieurs grands axes routiers et des zones du Nord-Ouest. LaTunisie doit diversifier ses sources d’énergie et ne pas dépendre uniquement des énergies fossiles.

Il a soutenu que la poursuite de l’exploration pétrolière et gazière, en particulier dans le Sud du pays, doit s’accompagner du développement des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire et éolienne. Il a plaidé pour un soutien aux gisements de pétrole et de gaz, tant marginaux qu’en production, ainsi que pour des investissements dans l’énergie solaire, afin de réduire la dépendance aux importations d’énergie et de limiter la ponction sur les réserves de change.
Bref, la Tunisie est résolument engagée dans la transition vers une économie plus verte, en promouvant la voiture électrique et en limitant la consommation des carburants polluants. En alignant sa politique automobile sur les normes environnementales internationales, la Tunisie souhaite réduire son empreinte carbone et jouer un rôle actif dans la transition vers une mobilité plus durable. Elle a pris l’initiative de promouvoir l’adoption de véhicules électriques, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et atténuer les effets néfastes du secteur des transports sur l’environnement.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de développement durable et d’utilisation plus rationnelle des ressources énergétiques du pays. La promotion de la voiture électrique en Tunisie présente de nombreux avantages. Tout d’abord, elle permettra de réduire la dépendance du pays aux carburants polluants, contribuant ainsi à la préservation de l’environnement. De plus, les véhicules électriques sont moins coûteux à exploiter et à entretenir, offrant des économies significatives à long terme pour les propriétaires. Enfin, cette transition favorisera également le développement de l’industrie locale de fabrication de pièces et composants pour véhicules électriques, ouvrant de nouvelles perspectives économiques.

Kamel BOUAOUINA

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