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Mourad Zeghidi : la faim comme seul tribunal

09. Juni 2026 um 16:00

Il a pris la plume depuis sa cellule de la Mornaguia. Pas pour négocier, mais pour dire qu’il assume. Chaque mot prononcé, chaque analyse diffusée. « J’assume », écrit Mourad Zeghidi dans sa lettre du 8 juin, transmise par son avocat. Ce mot court, presque sec, résume tout ce que le pouvoir voudrait lui faire...

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Quand Ivanka Trump déclenche la « révolte des flamants roses » en Albanie ! 

09. Juni 2026 um 11:24

Colère et manifestations inédites en Albanie suite à un projet de tourisme de luxe porté par Ivanka, la fille du président américain, sur une île d’Albanie, une réserve protégée, dont les flamands roses sont devenus l’emblème. 

Décidément, là où les Trump passent, ils ne laissent dans leur sillage que désordre, désolation et gabegie. Ainsi, marchant sur les pas de son illustre paternel qui caressait l’idée folle de transformer la bande de Gaza en « Riviera du Moyen-Orient », Ivanka Trump a, à son tour, suscité la polémique en jetant son dévolu sur la réserve naturelle de Vjosa-Narta, en Albanie, avec l’idée d’y développer un vaste complexe hôtelier.

 

Lire aussi: Gaza, « Riviera du Moyen-Orient » : Tony Blair au four et au moulin

Parfum de corruption 

Mais le projet s’est heurté à une forte mobilisation populaire : depuis le samedi 6 juin, des milliers de manifestants se réunissent chaque soir dans les rues de Tirana pour défendre cet espace protégé. Un mouvement que certains surnomment déjà la « révolte des flamants roses » et qui s’insurge contre la politique d’un gouvernement qui vend ses terres.

Par ailleurs, Edi Rama, le Premier ministre albanais, est accusé de corruption. Aurait-il accordé un traitement de faveur à la famille Trump ? Ce dernier défend ce projet comme une étape importante dans la transformation du pays. L’Albanie aspirant à devenir une destination touristique de référence et ainsi tourner la page de son passé lié à l’URSS.

Pour sa part, le parquet spécialisé en matière de lutte contre la corruption et le crime organisé d’Albanie a ouvert des enquêtes sur l’origine des fonds utilisés pour acheter les titres de propriété des terrains concernés par le projet ainsi que sur la manière dont le cadre légal a été modifié pour permettre la signature de contrats sans appel d’offres.

Un coup de cœur coûteux 

Tout serait parti d’un coup de cœur lors d’une croisière en Méditerranée. « Nous étions sur le bateau d’un ami et nous nous sommes arrêtés pour nager. En fait, c’est comme ça qu’on l’a découverte et on est resté captivé », racontait récemment la fille de Donald Trump.

Or ce qui aurait pu rester un simple souvenir de vacances s’est transformé en un projet à plusieurs millions de dollars. Ainsi, avec son mari Jared Kushner, elle lance alors les démarches pour concrétiser ce projet, qui reçoit le feu vert des autorités albanaises fin 2024. Objectif : faire émerger sur cette île préservée une immense station balnéaire composée de cinq hôtels de luxe de 1000 chambres avec à la clé un investissement pharaonique de 5 milliards de dollars. Le hic c’est que le chantier se dresse sur les lagunes de Zvërnec et de l’île de Sazan ; deux sites à la biodiversité protégée.

Une catastrophe écologique 

En effet, le projet s’implante au delta du fleuve Vjosë, en Albanie, réputé pour être le dernier fleuve sauvage d’Europe et lieu refuge des oiseaux migrateurs. La lagune de Nartë, où compte s’implanter le complexe hôtelier, abrite une rare colonie de pélicans frisés et des espèces menacées comme la grenouille d’eau albanaise et des tortues caouannes; ainsi que des oiseaux migrateurs, dont des flamants roses qui sont devenus l’emblème de la contestation populaire  à l’échelle nationale.

« Le problème ne concerne pas seulement la transparence de ce processus, mais aussi le fait que tout cela s’est déroulé au mépris total de l’importance environnementale de cette zone », explique Denisa Kasa, militante de l’association albanaise de protection de l’environnement.

« Le chantier pourrait durer de 10 à 15 ans avec des dizaines, voire des centaines d’engins, et énormément d’ouvriers. En d’autres termes, la nature ne sera absolument pas préservée ». C’est ce qu’affirme notamment un militant écologique. Le symbole de ce soulèvement, ce sont les flamants roses, car le projet menacerait une zone où ils trouvent refuge.

La rue se rebiffe 

Sauf qu’entre-temps, le sujet est devenu explosif. Samedi dernier, la tension est montée d’un cran, lorsqu’une altercation a éclaté entre des habitants de la région et des agents privés, chargés de sécuriser le début des travaux. L’image d’un manifestant traîné sur plusieurs mètres a fait le tour du pays. Depuis, la contestation rassemble chaque jour des foules immenses dans les rues de la capitale. Certains brandissaient des drapeaux albanais rouges, d’autres arboraient des flamants roses gonflables ou découpés dans du papier, symbole de cet écosystème menacé. Avec le mot d’ordre d’exiger l’arrêt immédiat des travaux et l’abandon pur et simple de ce projet cher au couple Trump.

Morale de l’histoire : le scandale aura pris une dimension nationale; d’écologiste, le mouvement est devenu politique.

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La répression atteint les enfants

08. Juni 2026 um 16:00

Information numéro 1 : neuf élèves passant le baccalauréat ont été écroués la semaine dernière et devront comparaître devant la justice jeudi prochain. Ils risquent des peines de prison et l’exclusion des examens. L’histoire se passe à Bouarada, dans le gouvernorat de Siliana, où toute la ville est encore sous le choc. Ces jeunes ont...

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Coupe du monde et débat identitaire en France et ailleurs

08. Juni 2026 um 08:34

Le sport, en général, et le football, en particulier, ne sont pas coupés de leur environnement global. Non seulement ils s’inscrivent pleinement dans le cadre imposé par la société du spectacle et les lois du marché, mais ils n’échappent pas aux batailles idéologiques qui traversent la société politique. Les joueurs de l’équipe de France le savent très bien.

Forte d’individualités exceptionnelles, l’équipe de France est l’une des favorites de la Coupe du monde de football qui débute le 11 juin. Plutôt que de s’enorgueillir du nombre de stars qui composent son équipe nationale, certains préfèrent leur faire un procès en « francité ». En effet, comme à chaque Coupe du monde de football (depuis la fin des années 1990), le même débat suscité par la diversité des origines ethno-religieuses des membres de la sélection nationale (de Cherki à Mbappé, en passant par Olisé et Dembélé) a lieu. Pour beaucoup, les « Bleus » ne seraient pas assez « blancs ». Jean-Marie Le Pen (le père de Marine) considérait déjà qu’il y avait « trop de Noirs ». Un débat explosif à moins d’un an de l’élection présidentielle.

Ce débat sur l’identité de l’équipe nationale française a une forte connotation raciste, car il est porteur d’une idée nauséabonde : les Noirs de l’équipe de France ne seraient pas de véritables Français. Comme si la France était monocolore et avait une religion officielle, obligatoire. Derrière cette obsession identitaire, il y a une même peur, celle d’un « grand remplacement » des « bons Gaulois aux racines chrétiennes », par des enfants d’immigrés musulmans issus des banlieues…

La catégorisation communautaire de l’équipe de France fait ainsi écho à la représentation fragmentée de la société française. La communautarisation ethno-raciale et/ou ethno-culturelle de la représentation de l’équipe de France conforte le doute sur ce qui unit la société elle-même. Le prisme purement identitaire sape la cohésion nationale. Ce système de représentation entretient un climat de méfiance et de suspicion généralisé.

Comment en est-on arrivé là ?

L’obsession pour l’identité qui a fait irruption ces dernières décennies n’est pas le fruit du hasard, mais d’une bataille ou stratégie politique : certains partis et forces politiques instrumentalisent la question identitaire (à travers les thèmes de l’immigration, de la nationalité ou de la sécurité) pour accéder et/ou rester au pouvoir. Le sport en général et le football en particulier n’échappent pas à cette instrumentalisation, car par définition, ce ne sont pas des mondes coupés du monde, des spectacles coupés de la réalité française, de sa violence, de son racisme.

Malgré les bouleversements (la France n’a plus d’Empire, son corps social est de moins en moins rural et catholique) et l’accélération de l’Histoire, la période coloniale perdure dans les imaginaires et représentations politiques et sociales de son temps. Faute de travail sur eux-mêmes, cet inconscient colonial continue de nourrir un regard et des préjugés sur les descendants d’anciens territoires (perdus) de la République, des individus et citoyens encore identifiés comme (enfants d’)immigrés – condamnés qu’ils sont à une perpétuelle réassignation identitaire ou d’intégration bien que nationaux depuis deux ou trois générations.

Loin de la complexité de cette notion d’identité, le débat public est dominé par une vision réductrice de l’identité de chacun (renvoyée à une identité présumée, à une « case » communautaire), à une vision monolithique et immuable d’une identité française animée par une représentation essentialiste et figée de l’identité « française » : blanche, chrétienne, par nature… Une telle représentation largement connotée par le racisme et la xénophobie (contre les minorités) nourrit le rejet de notre diversité et du multiculturalisme qui caractérise notre société : les pseudos « Français de souche » symboles d’une homogénéité ou pureté originelle sont opposés aux « Français d’origine étrangère », de culture musulmane, et donc étrangers aux racines « judéo-chrétiennes », aux valeurs de la République, qui se retrouvent pris dans la mécanique infernale d’une chaîne de soupçons : Arabes/musulmans, musulmans/islamistes, islamistes/terroristes…

La question identitaire se pose parfois en d’autres termes pour certaines équipes nationales. Il s’agit en particulier, comme dans le cas de la Tunisie, de la question de la double nationalité de certains joueurs, à qui certains n’hésitent pas non plus à faire un mauvais procès en patriotisme. Des polémiques qui le plus souvent annoncent un échec sportif … national.

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Nozha Sekik : Sans elle, personne ne parlerait des potières de Sejnane

07. Juni 2026 um 10:17

Plusieurs années durant, elle a remué ciel et terre pour que soient reconnues les potières de Sejnane et leurs œuvres en terre cuite.

Avec patience et persévérance, Nozha Sekik a sillonné la région des Mogods et milité pour la mise en valeur et la reconnaissance artistique des potières de la région.

On peut sans se tromper affirmer que sans l’enthousiasme et l’acharnement de Nozha Sekik, ces potières n’auraient pas le rayonnement qui est le leur.

Il convient donc de rendre hommage à une battante qui à un moment fut bien la seule à y croire et souhaiter que l’élan qu’elle a imprimé au travail des potières se consolide toujours davantage grâce à celles et ceux qui ont pris le relais.

Aujourdhui retraitée, ethnologue et anthropologue, Nozha Sekik a mérité de la Tunisie et a accompli un travail gigantesque à l’Institut national du patrimoine dont elle compte parmi les chercheurs émérites.

Nozha et Jomaa la potière

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Tunisie : Avec 17% de la population, les séniors sont-ils un levier de croissance ?

07. Juni 2026 um 07:00

Ils constituent un vivier pour le tissu économique. Qu’il s’agisse du soutien qu’ils peuvent apporter aux entreprises ou du marché qu’ils constituent, ils sont à même d’être d’une grande utilité. Le tout est d’investir des efforts afin d’en profiter.

« La Tunisie est confrontée à une transformation démographique majeure qui redéfinit progressivement les enjeux sociaux et sanitaires du pays. Selon les résultats du dernier recensement relayés par Radio France Internationale (RFI), les personnes âgées de plus de 60 ans représentent désormais 17 % de la population tunisienne. En l’espace d’une décennie, leur nombre a triplé, faisant de la Tunisie le pays africain où le rythme du vieillissement démographique est le plus rapide », écrivions-nous mardi 2 juin 2026 dans ce même site.

Lire aussi : La Tunisie fait exception en Afrique : le pays vieillit à un rythme record

Une information qui ne peut se passer de commentaires. Nous l’avions nous-mêmes fait. Ce vieillissement pose de nombreuses questions au pays qui se doit d’évoluer en fonction de cette réalité indéniable. Beaucoup évoquent, à ce sujet, les soucis de santé publique que cela pose. Mais aussi les besoins de financement des retraites. D’autant plus que l’emploi ne connaît pas la croissance espérée. Et que nombre de jeunes notamment parmi ceux ayant de hauts revenus prennent le large. Pour aller travailler à l’étranger. Sollicités qu’ils sont pour leur niveau de connaissances et de compétences.

Ne faut-il pas cependant voir les choses autrement ? Dans la mesure où les séniors – c’est ainsi que l’on appelle les personnes de plus de 60 ans – sont un trésor pour l’économie. Beaucoup sont en bonne santé et peuvent et aider le monde du travail et constituer un réservoir pour la consommation des biens et services.

La formule est à trouver

Côté aide aux activités économiques, l’expérience professionnelle, mais aussi le réseau de connaissances, pour ne citer que ces deux aspects, peuvent être utiles au tissu économique. Mais comment en profiter ? Les avis divergent ici au sujet d’un emploi rémunéré pour les séniors. Il faudra pourtant trouver une formule qui ne nuise pas aux uns et aux autres. Surtout en matière d’emplois des jeunes. Et considérer que cela peut aggraver le chômage et l’état des caisses sociales.

Faut-il s’orienter vers le statut de “travailleur“ et donc une patente ? Ou carrément opter pour un certain cumul retraite-emploi rémunéré ? La formule est à trouver, du moins pour ceux qui accepteraient de prolonger leur vie professionnelle au détriment d’un repos et du rituel café-mosquée. Ou encore voyage, excursion et randonnée.

L’autre débat qui se doit d’être initié : comment profiter de ce public de séniors pour développer des activités qui leur sont propres ? On regrette, à ce propos, que nombre de nos entrepreneurs ne réfléchissent pas en termes de “séniors“. Contrairement à de nombreux autres pays, il n’existe pas en Tunisie, par exemple, de restaurants pour diabétiques. Pourtant, 1,4 million de personnes adultes (dont évidemment des séniors) sont atteintes de diabète. Et allez demander un substitut de sucre ou édulcorant dans un café, un salon de thé ou encore un restaurant ! Or les séniors peuplent ces lieux.

Des opportunités

Ils ont souvent du temps libre et de l’argent à dépenser du fait qu’ils n’ont plus d’enfants à charge. Y a-t-il, comme on le voit sous d’autres cieux, des rayons pour séniors dans nos supermarchés ? Ou carrément des boutiques, des agences de voyages, des hôtels ou des espaces de loisirs dédiés ? Le marketing nous apprend l’importance des niches ; comprenez des petits segments très spécifiques d’un marché.

On voit du reste naître dans notre pays une certaine conscience de l’importance d’asseoir une économie des séniors. Rappelons, à ce titre, la tenue il y a une année, le 15 mai 2025, du premier forum Silver Économie en Tunisie. Une rencontre qui a montré que les séniors peuvent constituer des opportunités à divers niveaux. Et pas seulement comme beaucoup peuvent le penser. Au niveau du marché de la santé et de l’autonomie des personnes âgées. Mais aussi de l’habitat, des loisirs, du tourisme, des services à la personne, des médias,… le tout est d’investir dans cette niche.

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Lifestyle : Entre Bab Djedid et Bab Menara, Rania réveille Dar Dou

06. Juni 2026 um 10:12

Depuis un mois, Dar Dou accueille ses premiers visiteurs dans un écrin ensoleillé de la rue Ben Rejeb, dans l’ancien quartier andalou de la médina de Tunis.

À quelques pas de Bab Djedid, à l’embouchure de la rue du Riche, la rue Ben Rejeb s’étire en longueur jusqu’à la rue Mohsen et Hammam Daoulatli.

C’est là, dans un quartier qui oscille entre mémoire khorassanide et legs andalou que Rania a eu un coup de foudre irrésistible pour une ancienne demeure quasiment en ruines et ayant changé de mains à plusieurs reprises.

Cinq années plus tard, Dar Dou vient de voir le jour et offre un havre de paix non loin de Bab Menara et ses souks traditionnels.

Comme les nombreuses maisons d’hôtes de la médina, Dar Dou contribue à la gentrification des quartiers environnants et offre une expérience de qualité au cœur d’une maison ancestrale.

Originalité de cette demeure : elle possède deux puits dont l’un servait à cultiver un jardin aujourd’hui disparu. C’est au cours des travaux de rénovation que Rania a littéralement découvert ce puits dont l’accès était caché sous une cloison.

Restaurée, embellie et mise aux normes d’un accueil personnalisé, la maison aux deux puits mise sur la sérénité dans l’intimité. Seulement trois chambres, un patio convivial et une salle à manger qui ouvre directement sur une cuisine lumineuse.

Après plus de trois ans d’un chantier aux multiples aléas, Rania savoure l’instant. Grâce à son implication, la maison jadis en ruines n’est plus qu’un souvenir fixé par quelques photos.

Forte de son désir de revenir vers le quartier paternel et d’une volonté d’exceller, Rania qui est également photographe, rayonne et partage ses créations qui s’affichent sur les murs de Dar Dou après avoir animé l’une des portes de Tunis.

Désormais, jour après jour, Rania apporte son rêve à une médina qui frémit et réapprend un art de vivre qui l’avait longtemps désertée.

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Snapshot : Mûriers centenaires massacrés à la médina de Tunis

05. Juni 2026 um 14:45

Qui a pris la décision de détruire les mûriers de la rue de la Driba dont, désormais, il ne reste plus que des moignons ?

Pourtant, ces arbres centenaires paraient tout un quartier, restent liés à la vénérable Rachidia voisine et donnaient leur ombre généreuse aux passants et aux riverains ?

Pourquoi ce massacre ? Est-ce la ville qui a liquidé ces arbres à la tronçonneuse ou bien les édiles ont-ils simplement laissé faire ?

Triste réalité qui vient ôter à la médina des arbres qui sont une partie de son identité.

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Un nouveau camouflet politique pour Trump ?

05. Juni 2026 um 11:33

La Chambre américaine des représentants a adopté mercredi 3 juin un texte ordonnant le retrait des troupes américaines dans la guerre contre l’Iran. Un texte qui revêt un caractère avant tout symbolique mais un camouflet pour Donald Trump qui a engagé son pays dans ce conflit hasardeux, ruineux et sans issue.

Le Congrès américain qui se rebiffe enfin contre les pouvoirs exorbitants du président des Etats-Unis ? « Qui ferait quelque chose d’aussi antipatriotique » ? Ainsi s’est indigné Donald Trump en réaction au texte ordonnant le retrait des troupes américaines dans la guerre contre l’Iran. Tout en insinuant que cette initiative perturbait les pourparlers en cours avec l’Etat islamique car les députés qui l’ont approuvé « savent bien où en sont les négociations», a-t-il précisé le 4 juin sur son réseau Truth Social en accusant au passage les députés démocrates de « préférer voir notre pays échouer plutôt que de m’accorder une nouvelle, parmi tant d’autres, victoire ».

Déclarations contradictoires

Donald Trump qui est pressé de trouver une porte de sortie, a déjà laissé entrevoir plusieurs fois ces derniers jours un accord proche, sans résultat tangible. Depuis le Bureau ovale, il a déclaré que les discussions avec Téhéran se déroulaient « très bien » et pourraient aboutir « ce week-end ». Il a même déclaré le jour même qu’il « aimerait rencontrer » Mojtaba Khamenei, considérant dans une interview au site du New York Post que le guide suprême iranien était réellement « impliqué » dans les décisions de Téhéran.

Pour sa part, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a insisté mercredi lors d’une audition parlementaire sur le fait que les opérations militaires majeures contre l’Iran étaient terminées malgré les nouveaux affrontements entre l’Iran et les Etats-Unis.

« Nous ne menons plus de frappes soutenues en Iran pour affaiblir leurs forces armées, car l’opération Epic Fury est terminée », a-t-il déclaré après avoir assuré la veille lors d’une autre audition parlementaire que « la guerre était terminée ».

Mais l’optimisme des Américains a été douché par le ministre des Affaires étrangères iranien qui a affirmé mercredi soir qu’il n’y avait « aucun progrès tangible » dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Une guerre « illégale et impopulaire »

C’est dans ce contexte d’incertitudes sur les négociations en cours entre les Etats-Unis et l’Iran que la résolution adoptée mardi 3 juin par les élus de la Chambre des représentants des Etats-Unis et s’appuyant sur la Constitution qui donne au Congrès le pouvoir exclusif de déclarer la guerre, a ordonné à l’administration Trump de cesser les hostilités en Iran. Et ce, faut-il le souligner, grâce aux voix de quatre députés républicains.

En effet, si la loi permet au président de déclencher des hostilités pour répondre à une menace imminente, elle exige qu’il obtienne l’autorisation du Congrès sous 60 jours. Mais début mai, Donald Trump est passé outre cette date limite en arguant que le conflit, débuté le 28 février par des frappes américaines et israéliennes, était terminé en raison du cessez-le-feu en cours.

Un argument contesté par les démocrates qui rétorquent que des forces américaines sont toujours engagées sur place pour faire respecter un blocus des ports iraniens.

« C’est un message fort et sans équivoque à l’adresse de Donald Trump de la part des Américains, Il est temps de mettre fin à cette guerre illégale et profondément impopulaire », ont déclaré les élus démocrates de la commission des affaires étrangères.

L’arme du veto présidentiel

Toutefois, cette résolution revêt un caractère avant tout symbolique et politique : pour s’imposer face au président, le Congrès aurait besoin d’une majorité des deux tiers dans les deux chambres afin de surmonter le veto présidentiel. Ce qui est politiquement très difficile, voire impossible aujourd’hui. D’ailleurs, une résolution similaire avait passé une étape-clé de procédure au Sénat à la fin de mai, et l’adoption à la chambre haute pourrait avoir lieu dès cette semaine.

Mais, même en cas d’adoption par les deux chambres du Congrès après la navette parlementaire, Donald Trump posera sans doute son veto pour empêcher la promulgation du texte. Retour à la case départ.

Cependant, le texte adopté mercredi dernier et qui vise en réalité à réaffirmer l’autorité du pouvoir législatif sur cette question face au pouvoir exécutif, représente un camouflet pour Donald Trump qui a engagé les Etats-Unis, sans l’aval du Congrès, dans un bourbier dont il a du mal à se sortir.

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Snapshot : Passage Garibaldi au cœur de Tunis

04. Juni 2026 um 11:28

Je n’ai oublié ni la place ni le passage Garibaldi dont une plaque émaillée continue à signaler la présence feutrée. Arpenter le passage en jetant un coup d’œil subreptice aux portes des immeubles.

Aller jusqu’au bout du passage qui finit en impasse puis revenir sur la place Garibaldi et se souvenir de la rue de Rome, du lycée italien et des dizaines de boutiques où tailleurs, coiffeurs et chapeliers gagnaient leur vie.

Chaque fragment compte, chaque pièce s’emboîte avec une autre, chaque bribe de mémoire est signifiante. Je rassemble des lambeaux de sens, des scories du temps.

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Trump à Netanyahou : « Tu es cinglé, tout le monde te déteste »

03. Juni 2026 um 10:35

La tension diplomatique entre Israël et les États-Unis est montée d’un cran suite à un échange téléphonique houleux durant lequel Donald Trump aurait remonté les bretelles à Netanyahou au sujet des frappes au Liban, et notamment à Beyrouth.

 

C’est dans son langage fleuri que Donald Trump s’en est pris d’une manière violente à Benyamin Netanyahou, sans doute le dirigeant étranger le plus proche de lui. Invité à sept reprises à la Maison Blanche, le Premier ministre israélien appartient presque au premier cercle du président américain. Un lien forgé par des années de convergence politique, d’affinités idéologiques et de relations personnelles étroites.

« T’es complètement cinglé » 

Ainsi, le site américain Axios a rapporté, lundi 1er juin, une conversation téléphonique houleuse entre le président des Etats-Unis et le Premier ministre israélien. Citant un officiel américain, le média affirme que Donald Trump a vu rouge en constatant que Benyamin Netanyahou souhaitait bombarder Beyrouth, dans le cadre de l’offensive de l’armée israélienne contre le Hezbollah

« T’es complètement cinglé ! Qu’est-ce que tu fous ? Tu serais en prison sans moi. Je t’ai sauvé les fesses. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça », lui aurait lancé le milliardaire républicain, faisant référence au procès pour corruption visant le Premier ministre israélien depuis 2020.

Ce n’est pas la première fois que les échanges entre les deux dirigeants sont houleux. Le 19 mai dernier, ils avaient échangé au sujet d’un possible accord avec l’Iran lors d’un entretien téléphonique décrit comme particulièrement difficile. Selon une source citée par Axios, « Netanyahou était rouge de colère ». Le média rapporte également que Donald Trump aurait déclaré au cours de cette conversation que Benyamin Netanyahou « fera tout ce que je lui demanderai de faire » en ce qui concerne les décisions relatives à l’Iran.

L’équation libanaise

Étonnante remontrance adressée au dirigeant israélien, lui qui a su convaincre Donald Trump de s’engager dans le bourbier d’un conflit aux conséquences incertaines avec l’Iran.

Que lui reproche-t-il aujourd’hui ? De mener au Liban une offensive militaire devenue difficile à maîtriser contre la milice chiite du Hezbollah, officiellement pour assurer la sécurité des Israéliens vivant à proximité de la frontière libanaise. Depuis le 2 mars dernier, ces frappes ont fait quelque 3 400 victimes côté libanais et coûté la vie à 27 soldats israéliens. Elles ont également eu pour effet de compromettre les négociations avec l’Iran visant à mettre un terme à une guerre qui aura ébranlé l’économie mondiale et qui, localement, risque de faire perdre la majorité au locataire de la Maison Blanche alors que élections de mi-mandat approchent dans un climat économique tendu.

« A quelques mois des élections de mi-mandat, le timing n’est pas bon pour le républicain qui avait promis la destruction rapide du régime iranien », explique un analyste politique. Tout en ajoutant que « le président américain semble s’être fait avoir par la rhétorique de Netanyahou. Là où il pensait faire un bon coup géopolitique, il se retrouve embourbé dans une situation pire qu’avant avec le détroit d’Ormuz fermé, les prix de l’essence toujours aussi hauts et des mauvais sondages ».

Or le front libanais cristallise l’un des points majeurs de crispations dans les discussions : Téhéran refuse de signer tout accord avec les Américains tant que les hostilités israéliennes contre le Hezbollah libanais ne s’arrêtent pas.

Et c’est dans ce contexte explosif que Donald Trump a été contraint d’endosser le rôle de pompier. Alors que le Premier ministre israélien menaçait, le 1er juin, de frapper la banlieue sud de Beyrouth, le président américain est intervenu en urgence en annonçant sur son réseau Truth Social un cessez-le-feu, coupant court à l’opération envisagée contre la capitale libanaise. Cette intervention n’a toutefois pas infléchi la détermination de Benyamin Netanyahou, qui a aussitôt réaffirmé sa volonté de poursuivre les opérations militaires dans le sud du Liban, où plusieurs frappes ont encore été menées lundi 1er et mardi 2 juin.

Surenchère

Au risque de défier « le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche » ? Sous la pression de l’aile la plus radicale de sa coalition, farouchement opposée à toute ingérence américaine dans le dossier libanais, Benyamin Netanyahou ne paraît pas disposé à céder aux injonctions de Donald Trump sur le dossier libanais.

« C’est le moment de dire non à notre ami, le président Trump », a ainsi lancé le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure de l’extrême droite nationaliste. Cette surenchère intervient alors qu’une nouvelle session de pourparlers entre Israël et le Liban s’est tenue à Washington, le 2 juin. Dans le même temps, le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense, Israël Katz, affichent des ambitions croissantes au Liban, envisageant d’étendre la zone d’influence israélienne jusqu’au fleuve Zahrani, situé à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Se tenir par la barbichette

Alors, s’agit-il d’un simple accroc diplomatique ou du début d’une rupture durable entre Donald Trump et le sulfureux dirigeant israélien ? À ce stade, il s’agirait davantage d’un regain de tensions entre deux alliés stratégiques que d’un véritable divorce. Car malgré leurs divergences ponctuelles, les liens qui unissent Washington et Tel-Aviv demeurent profonds : Israël reste largement tributaire du soutien militaire et financier américain; tandis que les États-Unis continuent de considérer l’État hébreu comme son bras armé au Proche-Orient.

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Snapshot : Sidi Bou Said et les nouveaux stands

03. Juni 2026 um 09:17

Le tourisme à Sidi Bou Said bat son plein alors que de nouveaux stands destinés aux commerçants viennent de voir le jour.

Aux couleurs de la ville, ces stands ont été installés au grand parking qui sert de stationnement pour tous les visiteurs.

Ces stands municipaux devraient être livrés aussitôt que possible et remplacer quelques bicoques de fortune en attendant d’aménager le souk spontané qui anime le parking du village.

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Entre Alger et Rabat, la bataille se joue aussi dans les profondeurs marines

02. Juni 2026 um 11:37

Dans le contexte d’une rivalité stratégique entre les deux géants du Maghreb que sont l’Algérie et le Maroc, la marine marocaine préparerait l’achat de ses premiers sous-marins conventionnels afin de combler son retard face à son voisin algérien.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 40 milliards d’euros de dépenses militaires pour l’Algérie, contre près de 20 milliards pour le Maroc. En 2026, les deux poids lourds du Maghreb affichent les budgets de défense les plus élevés du continent africain et dominent également largement le marché des importations d’armement.

Rivalités stratégiques

Ainsi, dans un rapport publié en avril 2025, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) révèle qu’Alger et Rabat auront concentré à eux seuls 87 % des achats d’armes réalisés en Afrique du Nord entre 2020 et 2024. Une illustration frappante de la course aux armements que se livrent les deux voisins, liés par l’histoire mais opposés par de profondes rivalités stratégiques dans le contexte d’un environnement sécuritaire complexe marqué par les tensions régionales, les défis sahéliens et les mutations des alliances internationales.

Mais au-delà de leur antagonisme, Alger comme Rabat justifient toutefois ces investissements par la nécessité de moderniser leurs forces armées et de renforcer leur souveraineté stratégique.

Guerre sous-marine

C’est dans ce contexte que plusieurs médias spécialisés dans les questions de défense affirment que le Maroc étudie la possibilité d’acquérir ses premiers sous-marins militaires d’ici 2027. Le projet, qui n’a fait l’objet d’aucune annonce officielle de la part des autorités marocaines, viserait à renforcer les capacités de la Marine royale dans des espaces maritimes stratégiques reliant l’Atlantique à la Méditerranée.

A cet égard, notons que le Maroc poursuit depuis plusieurs années un programme de modernisation de ses forces navales. Le royaume a donc renforcé sa flotte de surface avec de nouvelles frégates et développé ses moyens de surveillance maritime afin d’améliorer le contrôle de ses espaces maritimes. Et ce, d’autant plus que le détroit de Gibraltar, situé entre les côtes marocaines et espagnoles, constitue l’un des principaux points de passage maritimes au monde entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée.

Ainsi, et même si les réflexions seraient encore à un stade préliminaire et qu’aucun contrat n’aurait été signé à ce jour, Rabat examinerait différentes offres internationales pour l’acquisition de trois sous-marins conventionnels et de deux patrouilleurs maritimes

Pour l’heure, le choix se porterait d’un côté sur le coréen KSS-III, porté par Hanwha Ocean, mis en avant pour ses délais de production plus rapides et ses coûts plus compétitifs face aux offres européennes. De plus, ce bâtiment est présenté comme l’un des modèles conventionnels les plus avancés actuellement disponibles, avec des capacités destinées aux missions de surveillance maritime, de renseignement et de dissuasion.

Selon les éléments relayés par la presse spécialisée, les discussions avec la Corée auraient pris de l’ampleur après une visite ministérielle marocaine à Séoul au printemps 2025. Les échanges ne porteraient plus uniquement sur les volets terrestres et de défense aérienne, notamment autour du char K2 Black Panther et du système Cheongung II, mais s’étendraient désormais au secteur naval.

De l’autre côté, le Scorpène du constructeur français Naval Group, déjà  en service dans plusieurs marines étrangères et qui est notamment utilisé pour des opérations de patrouille, de protection des espaces maritimes et de collecte de renseignements. Ce sous-marin conventionnel est réputé pour sa furtivité et sa polyvalence (lutte antisurface et anti-sous-marine, appui au renseignement).

Outre les modèles sud-coréen et français, le sous-marin russe Amour 1650 figure parmi les solutions mentionnées dans certaines publications spécialisées. Des analystes estiment toutefois que Rabat pourrait privilégier des partenariats avec des industriels européens ou asiatiques, notamment pour les questions de maintenance, de formation des équipages et de coopération technologique.

Avantage à l’Algérie

Rappelons à ce propos que l’éventuelle acquisition de sous-marins constituerait une évolution majeure pour les forces navales marocaines. Le royaume chérifien ne dispose actuellement d’aucun sous-marin opérationnel, contrairement à l’Algérie voisine.

Pour sa part, la flotte sous-marine algérienne se compose de six sous-marins d’attaque conventionnels à propulsion diesel-électrique de classe Kilo construits par les chantiers navals russes. Ces bâtiments sont reconnus pour leur redoutable discrétion acoustique, ce qui leur vaut le surnom de « trous noirs » par l’OTAN et sont équipés pour mener des missions de lutte anti-surface et anti-sous-marine. Cette capacité lui confère depuis plusieurs années une avance notable dans le domaine de la guerre sous-marine en Afrique du Nord et en Méditerranée occidentale.

Affaire à suivre…

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Siciliens, Italiens, Tunisiens : Le grand-père de Rosette Gabriele

02. Juni 2026 um 10:30

L’aventure tunisienne de la famille de Rosette Gabriele a commencé en 1920, lorsque quittant Pantelleria, son grand-père a acheté un vaste terrain à Mornag.

Tout était à faire : d’abord défricher, pour ensuite labourer et enfin semer. Pour cela, il fera venir ses enfants de Sicile, enverra ses trois filles à l’école mais pas ses quatre garçons.

Ouvriers de leur propre père

Costauds et rompus au travail de la terre, Salvatore, Fortunato, Giuseppe et Giovanni voyaient leur destin tracé un peu malgré eux. Ils seront des garçons de ferme, ouvriers de leur propre père.

Les quatre garçons grandiront entourés de métayers tunisiens, apprendront à la perfection la langue du pays et seront de parfaits modèles d’intégration. Nostalgiques des écoles dont ils ne fréquenteront pas les classes, ils apprendront à lire et écrire seuls, avec les manuels et les cahiers de leurs sœurs Maria, Anita et Adèle.

De Pantelleria à Mornag

Giovanni, le père de Rosette, est né à Pantelleria et n’arrivera en Tunisie qu’à l’âge de neuf ans. Depuis, il a toujours vécu et travaillé à la ferme. Née à Palerme, son épouse Vittoria Cusimano a quant à elle rejoint la Tunisie à l’âge de 5 ans. Tous deux, après leur mariage, se sont consacrés à leurs trois enfants dont Rosette est la cadette.

En un jour fatal, la famille Gabriele allait tout perdre. Le labeur d’un demi-siècle s’évanouira après le décret de nationalisation des terres agricoles appartenant à des étrangers. De manière indiscriminée, ce décret dépouillait aussi bien les riches colons que les agriculteurs qui possédaient des parcelles qu’ils travaillaient eux-mêmes.

Une place au soleil en Italie ?

Les Gabriele quitteront la Tunisie en 1965 pour chercher une place au soleil en Italie. Les filles devront travailler pour assurer la subsistance de la famille alors que Giovanni ne trouvera pas d’emploi. Après ces années difficiles, la sœur et le frère de Rosette iront en Sardaigne. Pour elle, le chemin de vie sera différent puisque le pays natal l’ayant aimanté, elle reviendra en Tunisie en 1998.

Née à Ben Arous, Rosette a fréquenté l’école primaire de la rue Sidi Sabeur et le lycée de la rue de Russie. Ni elle ni sa sœur n’iront au bout de leurs études à cause de la perte des terres familiales et l’exil en Italie.

Yosra et Rosette

Plus tard, celle que ses amis tunisiens ont prénommé Yosra, en éloge à sa droiture et à son maniement parfait de la langue arabe, travaillera dans une entreprise locale, assurant les tâches du secrétariat et de la traduction.

Fidèle à son pays natal, Rosette a décidé d’y vivre et a même demandé la nationalité tunisienne. Retraitée, elle maintient vive, la présence des Gabriele, pense souvent à ses parents dont les surnoms de Juanino et Fitouria lui reviennent toujours à l’esprit.

Des racines plurielles

Très bien intégrée, vivant simplement, Rosette n’oublie pas pour autant ses racines siciliennes et les membres de sa famille qui vivent en Italie. Mais pour elle, c’est le quartier tunisois de la Petite Sicile qui demeure son socle et son horizon quotidien.

Ses nombreux amis lui rendent bien sa fidélité inébranlable et attendent le jour où elle recevra sa nationalité. Alors, enfin, Rosette Gabriele sera une Tunisienne d’origine sicilienne en même temps qu’elle est une Italienne dont le cœur bat à l’unisson de son pays natal.

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Tribune – Banques publiques tunisiennes à l’horizon 2030 : le levier de la souveraineté numérique

01. Juni 2026 um 17:30

À l’heure où le Plan de Développement 2026-2030 s’apprête à être soumis au parlement, le système financier tunisien se trouve à un moment charnière de son histoire moderne. Pour les banques publiques, l’enjeu dépasse désormais la simple consolidation des équilibres comptables ou la mise à niveau technique de l’outil de travail. Il s’agit de redéfinir structurellement leur rôle dans un paysage macroéconomique en recomposition rapide, où la souveraineté numérique – définie comme la maîtrise stratégique de la donnée et des architectures d’intelligence artificielle – s’impose comme le pivot du développement national.

 

 

 

Les indicateurs de performance de l’exercice 2025 confirment la résilience et la solidité du pôle bancaire public. La progression soutenue des produits nets bancaires (PNB) de plusieurs grands établissements de la place témoigne d’un retour à des niveaux de rentabilité robustes, consacrant leur rôle historique de stabilisateurs du système financier national.

Toutefois, cette santé financière retrouvée doit aujourd’hui servir de tremplin à une inflexion stratégique majeure. À l’horizon 2030, la mission des banques publiques ne peut plus se limiter au soutien traditionnel des équilibres budgétaires de l’État. Elle doit impérativement muer vers un rôle de catalyseur direct de l’économie réelle, ciblant en priorité le tissu des TPME et l’investissement productif. Cette grande transition managériale suppose une exploitation scientifique et fine de la donnée financière, seule capable d’affiner le scoring prédictif, d’éclairer la décision de crédit et de réduire l’asymétrie d’information qui pénalise nos acteurs économiques.

 

Du système d’information à l’intelligence stratégique de l’État

Les chantiers de digitalisation menés ces dernières années – modernisation des architectures centrales (*Core Banking*), sécurisation des flux de paiement et mise en conformité réglementaire – constituent des jalons techniques indispensables. Ils ne représentent pourtant que le préambule d’une mutation beaucoup plus profonde.

L’absorption nécessaire de la dette technologique (systèmes *Legacy*) et l’augmentation mécanique des charges d’investissement qui l’accompagne ne doivent pas être appréhendées comme des coûts d’exploitation subis, mais bien comme des investissements de souveraineté. Sans une infrastructure financière nationale autonome, robuste et hautement sécurisée, le risque est réel de voir notre système bancaire relégué au rang de simple consommateur dépendant de solutions exogènes, avec toutes les vulnérables stratégiques que cela implique.

L’intégration de l’intelligence artificielle et des technologies d’*Open Banking* ouvre ici une perspective décisive. Elle doit permettre de passer d’un modèle bancaire purement transactionnel à un modèle prédictif et inclusif, capable d’anticiper les risques systémiques et d’intégrer les segments de la population historiquement tenus à l’écart du circuit formel.

 

Le capital humain, condition sine qua non de la résilience numérique

Aucune trajectoire technologique ne saurait s’incarner sans une politique ambitieuse du capital humain. Le secteur public bancaire évolue désormais dans un marché des compétences mondialisé, caractérisé par une fuite des cerveaux et une concurrence féroce pour les profils hautement qualifiés (data scientists, experts cyber, ingénieurs IA).

Pour retenir ces talents, la seule politique salariale ne suffit plus ; l’enjeu réside dans la capacité des institutions publiques à proposer des projets porteurs de sens et de souveraineté nationale. L’adossement à l’écosystème des startups innovantes, l’interopérabilité des plateformes et la mobilisation de l’expertise de la diaspora sont les leviers indispensables pour bâtir une communauté de compétences. À ce prix, la banque publique tunisienne pourra achever sa mue pour devenir une « banque-plateforme », agile, interconnectée et nativement tournée vers l’utilisateur.

 

Vers un nouveau contrat technologique pour la Tunisie

L’adoption finale du Plan 2026-2030 par les institutions de la République doit acter l’émergence d’un nouveau contrat de confiance entre l’État, le régulateur, le citoyen et les institutions financières. Dans cette configuration neuve, la transformation digitale n’est plus une finalité technique, mais le bras armé de la résilience économique nationale.

À l’échéance de la décennie, la performance globale d’une banque publique ne se mesurera plus exclusivement à la croissance arithmétique de la taille de son bilan, mais à sa trajectoire de gouvernance stratégique. Sa légitimité dépendra de sa capacité à sécuriser, valoriser et mettre la donnée financière au service exclusif du développement du pays. La souveraineté numérique n’est plus une option de communication : elle est le fondement même de la pérennité du modèle bancaire tunisien.

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Note : les analyses exprimées relèvent d’une réflexion personnelle et prospective et n’engagent pas les institutions auxquelles l’auteur est rattaché.

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Le désespoir de Netanyahu

01. Juni 2026 um 12:11

Parlant de l’invasion sanglante du Liban, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé le 31 mai un « changement radical de politique. » Sur le terrain, les envahisseurs israéliens progressent de plus en plus profondément à l’intérieur du Liban, atteignant des zones situées au nord du Litani où ils ont pris d’assaut le château de Beaufort.

Construit par les Croisés au milieu du XIIe siècle, le château de Beaufort surplombe le fleuve Litani. C’est la deuxième fois que les troupes israéliennes s’emparent de cette forteresse. La première fois remonte à la guerre 1982 déclenchée par Menahem Begin et Ariel Sharon… Au temps des drones et des missiles, la prise de cette forteresse ne revêt aucune importance militaire ou stratégique pour les envahisseurs. Cela n’a pas empêché Netanyahu de se vanter que « la conquête du château prouvait qu’Israël était plus uni et plus fort que jamais. »

La réalité est que Netanyahu est dans un état désespéré. C’est ce désespoir qui le pousse à engager son pays dans le bourbier libanais dans lequel il s’est englué en 1982 et en 2006 et duquel Israël se retira défait, humilié, la mort dans l’âme et la queue entre les jambes.

De nombreuses raisons expliquent le grand désespoir qui afflige Netanyahu et le pousse à cette fuite en avant suicidaire non seulement pour lui, mais pour le pays qu’il prétend diriger et défendre.

Tout d’abord, et malgré l’étrange intervention de Trump auprès du président israélien Isaac Herzog pour obtenir que son ami soit gracié, c’est-à-dire lavé des crimes de corruption dont il est accusé, Herzog a refusé la grâce et la justice a répondu ‘niet’ à la demande de grâce formulée par le corrompu lui-même, invoquant « l’intérêt national ».

Ensuite, il ne reste que trois mois pour les élections, prévues en septembre prochain. Plus l’échéance électorale arrive, plus Netanyahu est angoissé de se voir défait et, à la suite de sa défaite hautement probable, menotté et jeté en prison.

Une autre raison du désespoir de Netanyahu est l’énorme fossé entre les nombreux fronts ouverts (Gaza, Cisjordanie, Liban, Syrie, Yémen, Iran) et une armée épuisée, au bout du rouleau et dont les stocks en matériel de guerre et en munitions se réduisent de jour en jour. Une situation décrite par le chef d’état-major israélien en ces termes : « Pour pouvoir combattre sur les fronts que nous avons ouverts, il nous faut six armées… »

Mais la principale raison du désespoir de Netanyahu vient de la tournure désastreuse pour Israël et les Etats-Unis de la guerre contre l’Iran et sur laquelle il comptait pour transformer son pays minuscule en « une grande puissance régionale » et concrétiser son rêve du « Grand Israël du Nil à l’Euphrate ».

Netanyahu rêvait depuis 40 ans de cette guerre qui, dans son monde illusoire, serait le moyen magique qui ferait disparaitre comme par enchantement tous les obstacles qui se dressent face aux folles ambitions du projet sioniste.

Et quand il a pu enfin trouver un président américain qui lui ferait sa guerre contre l’Iran, son rêve se transforma en cauchemar à deux reprises. La première fois en juin 2025, quand l’Iran riposta de manière si dévastatrice pour Israël et si inattendue par Trump et Natanyahu que celui-ci pria celui-là d’arranger un cessez-le-feu avec les Iraniens.

La deuxième fois, février-mars 2026, le cauchemar de Netanyahu est plus grand encore. Après plus de cinq semaines de combats et des conséquences dévastatrices pour les agresseurs, c’est l’Iran qui émerge de la désastreuse mésaventure israélo-américaine comme une vraie grande puissance régionale. Il utilise contre les agresseurs une arme qui s’avère plus efficace que l’arme nucléaire : le détroit d’Ormuz…

Avec un Iran plus fort et plus défiant qu’il n’a jamais été, Netanyahu, désespéré et la mort dans l’âme, voit son projet de domination du Grand-Moyen-Orient et d’expansion des frontières d’Israël « du Nil à l’Euphrate » s’effondrer comme un château de cartes.

Enfin, Netanyahu est désespéré face aux voix de personnalités influentes en Israël qui commencent à s’exprimer de plus en plus fort pour réclamer le retour à « la politique préconisée par Ben Gourioun ». D’après la presse israélienne qui se fait l’écho de ces voix, « Ben Gourioun affirmait qu’Israël est un petit pays avec une petite armée et n’a pas les moyens de conquérir d’autres terres. Il nous faut vivre à l’intérieur de nos frontières et mettre sur pied une armée défensive et non offensive. »

Ses successeurs, de Menahem Begin à Benyamin Netanyahu, ont tous pris le contre-pied du « conseil de sagesse de Ben Gourioun ». Le réveil est cauchemardesque pour le peuple israélien et ses dirigeants.

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Snapshot : Est-ce la bonne heure pour arroser l’avenue Bourguiba ?

01. Juni 2026 um 09:51

Sur l’avenue Bourguiba, les équipes municipales et un camion-citerne font leur apparition matinale autour de 8 heures.

L’arrosage du terre-plein de l’avenue est alors entamé à grande eau malgré la présence des personnes déjà installées sur les bancs publics.

De toute évidence, ce n’est pas la bonne heure et le nettoyage devrait être logiquement avancé d’une ou deux heures.

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Le PSG, outil du soft power du Qatar

31. Mai 2026 um 18:49

Le Paris Saint-Germain (PSG) est à nouveau champion d’Europe. Une victoire sportive pour la capitale française, mais aussi une victoire pour le soft power de son propriétaire étatique : le Qatar. Sa stratégie d’investissement et de communication autour du PSG s’inscrit elle-même dans une stratégie de diplomatie par le sport. Celle-ci est un succès incontestable et représente un atout non négligeable au moment où la monarchie du Golfe vit une période sous tension et au rythme de la guerre en Iran.

 

Sport, football et Soft power

Qu’il s’agisse d’un moyen ou d’une finalité, la puissance n’est pas réductible au déterminant traditionnel de la force militaire. La notion de soft power théorisée par J. Nye (devenue extrêmement populaire au tournant des années 2000) traduit ainsi l’idée de pouvoir atteindre ses objectifs, sans recours à la force, par la « capacité à séduire ».

En tant que pratique internationale, le soft power inclut divers types de stratégies d’influence, dont la rétribution et la persuasion/séduction.

 

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Le soft power, tel que décrit par Joseph Nye, ne se confond pas avec la propagande, le lobbying et la « diplomatie publique », qui vise à convaincre du caractère fondé et juste de sa politique étrangère à travers la construction et la propagation d’un narratif. Les stratégies d’influence illustrent la sophistication et la multiplication des vecteurs de puissance.

Qu’il s’agisse d’un moyen ou d’une finalité, la puissance n’est pas réductible au déterminant traditionnel de la force militaire. La puissance internationale est le produit d’une combinaison complexe de critères, de facteurs, de déterminants ou de (res)sources, à la nature protéiforme.

Parmi les principaux vecteurs du soft power, il y a la culture, le droit, l’innovation technologique, la langue, mais aussi le sport. Celui-ci représente à la fois un marché économique florissant et un outil d’influence, comme en témoigne l’enjeu de l’organisation de grandes compétitions sportives internationales.

Le football, avec son caractère populaire et universel, est au cœur de ce phénomène. La prochaine Coupe du monde aux Etats-Unis sera un moment géopolitique qui risque d’illustrer le déclin de la capacité d’attraction et de séduction des Etats-Unis présidés par D. Trump.

 

Le PSG, outil de soft power du Qatar

En 2011, l’achat du PSG par le fonds souverain du Qatar (via sa filiale Qatar Sports Investments – QSI) s’inscrit dans la stratégie d’investissement délibérée du micro-Etat, où le sport joue un rôle croissant dans la stratégie d’influence. Une opération qui marque un tournant pour le club de football de la capitale française (opération dans laquelle le président Sarkozy a joué un rôle décisif) et pour le soft power de la monarchie du Golfe. Le montant de la transaction n’est pas officiel, mais les estimations varient entre 70 et 100 millions d’euros. Aujourd’hui, la valeur du club est estimée à 4,25 milliards d’euros. Une explosion de la valorisation du club qui témoigne de la réussite économique de cet investissement, qui prolonge ainsi la réussite sportive de ce projet.

Les victoires du PSG et la qualité de son jeu spectaculaire représentent autant de valeurs ajoutées pour l’image internationale, symbolique et médiatique du Qatar, qui se trouve désormais associée à la réussite et à l’attrait du club de la capitale emblématique du luxe mondial. Le Qatar est désormais ancré dans l’imaginaire collectif, dans le monde arabe comme dans le monde occidental. Et son image ne cesse de s’améliorer, au moment où des puissances de la région, on pense à Israël en particulier, cèdent à l’hubris et à la seule force, voient leur image mondiale plus négative que jamais…

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Snapshot : Une porte bien mystérieuse qui cachait une ambassade

31. Mai 2026 um 12:14

Cette porte est celle de la chancellerie de l’ancienne ambassade d’Italie. Elle se trouve rue de Russie, pratiquement en face des anciennes imprimeries Finzi.

Sur le chemin des écoliers, je suis passé des milliers de fois devant cette porte puis, juste à quelques pas, je me suis toujours arrêté devant les marches monumentales qui permettent d’accéder à l’ambassade.

J’ai souvent observé cette porte. À quel ébéniste fût-elle confiée et de quel bois est-elle faite ? Parfois, je la voyais s’entrouvrir et se refermer aussitôt derrière un visiteur.

Mes yeux se sont toujours posés sur la sculpture qui surmonte cette porte. Et aussi sur le treillis en fer forgé qui la coiffe. Aujourd’hui encore, lorsque je passe dans ce quartier, j’ai le même regard sur cette porte.

Mystérieuse, elle semble immobile, figée dans le bois et hors du temps. Et même si l’ambassade a déménagé depuis longtemps, cette porte m’intrigue toujours.

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Snapshot : Si Sbeitla réveillait son théâtre antique

30. Mai 2026 um 11:41

Au sud de Kairouan, au cœur de la steppe, Sbeitla se souvient encore de l’Antiquité, au temps de Sufetula, ses capitoles et ses basiliques byzantines.

Dans le site antique de cette ville du centre-ouest de la Tunisie, un théâtre somnole. Il semble rêver à ceux de Carthage et de Dougga qui accueillent des festivals internationaux réputés. Il semble attendre une initiative qui le sortirait de l’oubli et rétablirait la joie.

Délaissé, accueillant de rares manifestations culturelles, ce théâtre pourrait constituer une chance rare pour Sbeitla. Pour l’heure, il attend et peut-être songe-t-il à un destin similaire à celui de l’amphithéâtre d’El Djem devenu l’épicentre de toute une ville.

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